23
avr

La minute blonde : on n'attrape pas les mouches avec du vinaigre

Hier je me concocte un bon petit repas bien sain bien savoureux : tranches de roast-beef (rosbif pour les nuls en langue de Shakespeare) froid, salade de pommes de terre, tomates et œufs, que je déguste en plein soleil sur ma splendide terrasse. Le bonheur si je veux.

Vu que j'ai acheté des portions dignes de Grosse Bouffe (grosse bouffe a faim, grosse bouffe a très faim) – oui j'ai acheté, ACHETE, je n'ai ni cuit le rostbeef, ni cuit les patates, ni coupé les tomates, ni cuit les œufs, et j'ai pas honte – donc vu la taille des portions, je laisse la moitié au frigo pour ce soir. Mmmmmh, je vais me régaler. Evidemment, en grande fadasse devant l'éternel, je mets les barquettes semi-ouvertes au frigo. ça sert à ça, non, un frigo, à stocker du brol qui doit rester au frais …

En rentrant de bureau-chéri, ouvrant mon frigo, j'en vois sortir une mouche. Une grosse mouche. Croyez-vous qu'elle était éblouie par la lumière, après une nuit dans le noir complet ? Que nenni. Pensez-vous qu'elle voletait lamentablement, en manque d'oxygène ? Que nenni. Croyez-vous qu'elle était toute bleue de froid, tremblant après l'épreuve qu'elle venait de subir ? Que nenni. En pleine forme, la mouche.

Un doute m'assaille comme les occupants du cheval de Troie. Cette mouche aurait-elle eu le culot, l'audace de s'attaquer à mes victuailles, ou pire, de pondre sa progéniture dans mon roast-beef, sacrebleu.

Je m'approche prudemment dudit roast-beef, je l'inspecte en long et en large et y trouve un petit amalgame jaunâtre. Pas des asticots grouillant, non, juste des petits bâtonnets jaunes. Me voilà rassurée, les mouches ne pondent pas des bâtonnets jaunes, ça se saurait. Mais alors, que sont-ce ces bâtonnets jaunes sur mon repas de ce soir ? Un baby maïs ? Non. Du curry ? Non. Des grains de coriandre ? Non. Des minuscules bouts de poivron jaune ? Non. Des crottes de canari ? Non. Des œufs de mouche ? …

Je fonce sur le net, et mon ami Google me fournit un paquet de photos d'œufs de mouche. Les œufs de mouche sont en forme de bâtonnets jaunes. ..

Y'a qu'à moi que ça arrive ce genre de trucs hein, vous pouvez le dire…

Voilà. C'est un désastre.

PS : ça fait un bail que je devais vous pondre (aaaah admirez cette subtile allusion aux œufs) un billet sur les mouches. Elles m’en veulent personnellement. L’autre jour y’en a une qui s’est carrément posé sur le sandwich que j’avais en main. Bien sûr elle a choisi le côté jambon. J’ai poussé un cri strident, au moins elle est sourde maintenant.

Que vais-je manger ce soir ?

Blonde.oeufs

19:02 Écrit par Anaïs dans Anaïs et ses blondieuseries | Lien permanent | Commentaires (8) |  Facebook | |  Imprimer | | | Pin it! |

16
avr

La minute blonde : l’œuf ou la poule ?

Ce soir Anaïs cuisine.

Ce soir Anaïs va faire une omelette.

Ne ricanez pas, je sais comment faire une omelette. M’enfin (Gaston). Je suis incapable de faire une crêpe, car doser savamment œufs, lait et farine est bien au-dessus de mes compétences culinaires. Mais casser trois œufs, les mélanger, ajouter un tas de brol (champignons, lardons, patates, ciboulette, tomates, oignons, fromage) et jeter le tout violemment dans une poêle, ça je sais faire. J’appelle ça des œufs brouillés car il en ressort un magma bizarroïde mais néanmoins délicieux (sauf quand je le brûle, dans 74 % des cas).

Une omelette, ça demande beaucoup plus de savoir-faire. Elle se doit d’être parfaitement ronde, parfaitement plane, parfaitement dorée. Pas baveuse, je ne supporte pas les omelettes baveuses depuis qu’enfant, dans un resto en bord de rivière dans un moulin (je m’en souviens parfaitement c’est dire le traumatisme subi), on m’a servi une omelette baveuse que je dénommerais plutôt pas cuite du tout et que j’ai été incapable d’ingurgiter.

Ce soir, j’ai trois véritables œufs. Des œufs de vraies poules. Des poules élevées dans un vrai jardin, par un vrai particulier. Pas des poules en HLM qui pondent des œufs comme moi des billets (oh j’adore cette comparaison). Pas des poules élevées à rien qui pondent des œufs qui ne goûtent rien et dont le jaune n’a même plus la couleur du jaune d’œuf.

Avec trois vrais œufs de vraies poules, je me dois de faire une vraie omelette. Sans rien y ajouter, à la rigueur une pincée de poivre, pour goûter le vrai goût des vrais œufs.

Je mélange artistiquement mes trois œufs. Je répands doucement le mélange dans la poêle bien chaude.

C’est magnifique. Je rosis de plaisir et de fierté. Ma première vraie omelette aux vrais œufs.

L’instant est grave.

Pour ne pas que l’omelette soit baveuse, je dois la retourner, comme le faisait toujours ma tendre maman lorsqu’elle me préparait mes repas (nostalgie qui me tord l’estomac de plaisir).

Je prends ma spatule Tupperware anti-accroche (important), je la glisse précautionneusement sous l’omelette dorée à souhait, je soulève doucement l’omelette… aaaaaaaaaaaaaaaaaaïïïïïeeeeeeeeeeeeee, mon doigt vient de heurter le bord de la poêle à 426 degrés celcius. N’est-il pas temps d’inventer les bords de poêles qui restent froids (vite vite, faire breveter cette idée génialissime). Sous la douleur, moi doigt est agité d’un soubresaut en un réflexe inné et salvateur… réflexe qui envoie valser l’omelette aux quatre coins de la cuisine.

Le résultat est une catastrophe, cf photo. Qu’ajouter d’autre à ce désastre, ce cataclysme culinaire.

Reste à goûter cette vraie omelette cassée aux vrais œufs, histoire d’avoir une maigre compensation. Et bien je vous le donne en mille : aucune différence, elle goûte l’œuf, même pas un goût de véritable œuf, un goût d’œuf, sans plus, rien de transcendant.

Après les œufs brouillés, je viens d’inventer les œufs cassés.

Qui a un vrai remède pour un doigt vraiment brûlé ? Un cataplasme à l’œuf, vous en pensez quoi ?

Blonde !omelette

20:25 Écrit par Anaïs dans Anaïs et ses blondieuseries | Lien permanent | Commentaires (14) |  Facebook | |  Imprimer | | | Pin it! |

7
avr

La minute blonde : états d’âne

Vacances j’oublie tout. Plus rien à faire du tout. La mer est belle. Le ciel est beau. La vie est belle.

Je suis dans un petit village grec magnifique, celui aux toits bleus, archi connu. Le nom va me revenir.

Grisée par l’instant paradisiaque, je retombe dans la réalité lorsqu’on m’étale les choix qui s’offrent à moi pour rejoindre le bateau (ouiiiiii, vous avez pigé, c’était lors de ma croisière oùsque j’ai dansé sur le pont devant toutes les caméras) :

- choix numéro 1 : à pied (il faut savoir que ça descend en zig-zag sur la falaise, via un petit chemin infesté de crottes d’ânes, enfin de mules – la mule est née du croisement entre âne et cheval : taille de petit cheval caractère de gros âne). J’aime pas marcher quand ça descend, et puis c’est pas original, pas rigolo, pas « souvenir impérissable ».

- choix numéro 2 : en téléférique. Aaaaaargh, ça va pas la tête non. Un téléférique. Dans ce pays dont je ne sais rien, ou si peu. Qu’en est-il des normes de sécurité ? Le système a-t-il été révisé ? Et si tout s’effondre lorsque je suis dedans ? « La célèbre écrivaine belge Anaïs meurt dans un terrible accident de téléférique. Depuis lors, son livre s’arrache comme des petits pains ».

- choix numéro 3 : à dos de mule. Je dois avoir pris trop de soleil car je ne fais ni une ni deux, j’oublie les normes de sécurité des mules, je ne demande pas de quand date leur dernier contrôle technique, j’accepte illico. Et je me retrouve perchée sur le dos de cette sale biesse. Je réalise illico l’horreur de la situation : contrairement à ce que j’ai cru, les bêtes ne sont pas attachées entre elles et guidées par un gentil grec à mon service. Non. Point du tout. Ma mule connaît le chemin et entame la descente, seule (enfin avec moi sur le dos). Pire : les grecs, disséminés sur le chemin, hurlent comme des damnés pour que les mules accélèrent le pas. Ben oui, elles sont des tas et des tas à faire l’aller retour mer/village. Et ça descend en zig zag. A chaque zig je pense que je vais valser illico dans l’océan. A chaque zag je m’accroche désespérément à la petite sangle qui sert de rennes. Je vis un enfer. Et ça descend raide de chez raide. A chaque pas j’ai la sensation que je vais devancer l’animal tant il est nerveux. Et je hurle des choses, ni du français ni du grec, des borborigmes violents qui reflètent ma stupeur et mes craintes, comme dirait l’autre, je pousse des cris de « porc frais » (cris d’orfraie). Un guide comprend mon désarroi. Ou plutôt, il est attéré par mon attitude. Alors qu’il demande une énième fois à ma bestiole d’accélérer, je crie que non, je refuse qu’elle accélère, je veux descendre, pitié, sauvez moi mon Dieu, je crie, je pense n’avoir jamais tant crié de toute mon existence. Il me prend en pitié (et surtout veut faire taire la harpie que je suis devenue) et s’empare de la sangle pour me mener à bon port. A l’arrivée, je m’effondre lamentablement, jambes tremblantes, paumes de mains en sang tellement je me suis accrochée à tout ce que je trouvais. Alors les canassons en tous genres, c’est définitivement terminé.

J’en porte encore les stigmates.

PS : le village, c’est Santorin.

PS : voilà l’animal, zavez vu son regard vicieux ?mule2

17:06 Écrit par Anaïs dans Anaïs et ses blondieuseries | Lien permanent | Commentaires (7) |  Facebook | |  Imprimer | | | Pin it! |

7
avr

La minute blonde : danse avec moi

Je suis allée voir « Danse avec lui ». Rien à faire. J’adore Mathilde Seigner (enceinte oui je sais, et si je l’avais oublié, les 112.478 recherches ayant atterri sur mon site via ce mot-clé me l’ont rappelé). Je l’adore comme actrice. Point barre.

Très beau film, sensible, prenant. Pas très gai gai. Mais un chouette moment.

Les chevaux y sont superbes aussi.

Pourtant moi j’ai peur des chevaux. C’est tellement haut un cheval. La seule fois où je suis montée sur un cheval (hormis les chevaux de bois, mais sont hors concours non ?), c’était lors d’une foire. Vous savez, cet enclos rikiki où tournent inlassablement quelques pauvres canassons. Je n’oserais pas, même sous la torture (inutile de m’agiter des lasagnes Farniente sous le nez, non c’est non) vous révéler mon âge lors de cette expérience. Toujours est-il que je me retrouve perchée sur un petit cheval bien sympa. Puis il se met à tourner. Et le pire commence. Un cheval qui tourne en rond, et vite en plus (si si je vous jure il allait bien à 5 à l’heure c’te sale bête), ça fait effet centrifugeuse. Moi j’avais beau me raccrocher à tout ce que je trouvais : le harnais, la selle, la crinière, les oreilles, les cils, les paupières, les babines… rien à faire. Je me sentais partir vers l’extérieur. L’horreur. J’ai réussi tant bien que mal à m’accrocher malgré les accélérations fulgurantes à 7 à l’heure. Mais j’ai détesté ça. M’a fallu une semaine pour m’en remettre. Courbaturée des doigts, j’étais ! Heureusement, personne n’a eu la génialissime idée d’immortaliser cette scène épique. Mon honneur est sauf.

Depuis lors, j’aime pas les chevaux, trop hauts, trop rapides, trop centrifugeurs. Enfin si, je les aime, mais de loin, de très loin.

Mais ils ne sont rien à côté des ânes. A suivre…

15:29 Écrit par Anaïs dans Anaïs et ses blondieuseries | Lien permanent | Commentaires (2) |  Facebook | |  Imprimer | | | Pin it! |

27
mar

La minute blonde : simple comme un coup de fil

En grande pro des problèmes techniques au bureau (ne riez pas, ce n’est pas une blague blonde, c’est la plus pure et stricte vérité vraie), me voilà chargée de régler de gros problèmes, à grands coups de manipulations du serveur informatique et autres appareils qui n’en font qu’à leur tête. Afin d’agir avec une liberté de mouvement, je me saisis du seul téléphone sans fil du bureau : celui de boss tant aimé.

Et durant une période interminable, j’erre de bureau en bureau pour régler les problèmes, avec l’aide de helpdesk efficaces. (A noter que le boss joue son blond en tentant à plusieurs reprises d’utiliser sa ligne via son téléphone « à fil », ligne que j’emploie, ça va de soi, ce qui m’oblige à rappeler quinze fois le helpdesk en m’excusant de la bêtise humaine – mais ce n’est pas le sujet du billet).

Une fois les 17 problèmes résolvus (pour les obsédés d’orthographe, il ne s’agit pas d’une faute mais d’un nouveau verbe créé par bibi : résolvre un problème), j’ai en tête toutes les infos et questions nécessitant approbation par la direction, à savoir Monsieur boss. J’attends donc qu’il raccroche pour obtenir ladite autorisation. J’attends, j’attends, ça dure, ça dure.

Je propose de rappeler mon interlocuteur, vu que boss a la langue aussi pendue qu’une secrétaire blonde ayant pour seule passion sa french manucure.

Je raccroche et constate que oh, sidérant hasard, boss a également raccroché.

Je cours, je vole tel le papillon à une étoile (M. Berger) annoncer les directives en haut lieu.

Et là, surprise, comme c’est étrange, personne. Nadie. Niemand. Nobody. Soit boss à un don d’invisibilité et est là, à m’observer, narquois, sans que je le voie, soit il s’est téléporté en urgence dans un autre lieu.

Je ressors, dans un état proche du choc, pour dire à ma collègue : « m’enfin, il était là, au téléphone, y’a trente secondes, c’est quoi ce beans ? »

Et en un quart de seconde, je croise un regard tellement compatissant, tellement compréhensif, que j’en attrape la chair de poule. Elle me prend pour une folle, je l’ai lu dans ses yeux. Avec la voix qu’on prend pour parler à une personne très âgée ou très bête, elle me dit, lentement, doucement « mais Anaïs, il n’a jamais été au téléphone, ni dans son bureau. TU employais sa ligne… »

Glups. Peut-on considérer la bêtise comme faute grave ?

Blonde !

07:07 Écrit par Anaïs dans Anaïs et ses blondieuseries | Lien permanent | Commentaires (9) |  Facebook | |  Imprimer | | | Pin it! |