21
déc

La minute blonde : le bus de trop

Ereintée par une dure journée de labeur, je me traîne comme un escargot namurois vers l'arrêt de bus.  Je monte, tel un zombie famélique, dans le bus lorsque celui-ci daigner arriver, et je me laisse transporter jusqu'au lieu de ma correspondance.

A l'arrivée, ô miracle, ma correspondance est là.  D'habitude, je repère le second bus, mais le temps de descendre du premier et de courir élégamment (gloups) pour l'attraper au vol, pffff, il a disparu.  C'est toujours la même rengaine.  Si je suis en retard, il est déjà parti.  Si je suis en avance, il est en retard et je poireaute un quart d'heure.

Mais ce jour là est miraculeux.  Ce jour là, mon second bus est là.  Il m'attend.  Je descends du premier.  Il m'attend.  Je traverse la bande de droite.  Il m'attend.  Je traverse la bande de gauche.  Il m'attend.  Pour la petite histoire, à la gare de Namur, ils ont mis un « îlot » pour piétons entre les deux double bandes de circulation.  Avec des feux.  Non synchronisés, tant qu'à faire.  Histoire de faire rager les pauvres piétons.  De les faire poireauter tant que faire se peut sur ce minuscule îlot aussi dangereux que les abords du circuit de Francorchamps lors du grand prix.  Soit.

Après avoir traversé, j'accélère le pas jusqu'au bus, histoire qu'il ne démarre pas au moment même où je l'atteins, ce qui m'arrive, bien entendu très souvent.

C'est vraiment mon jour de chance.  Je monte dans le bus, et me mets à rêvasser à ma future soirée pantoufles/TV/série débile.

Je ne rêvasse qu'à moitié, car le chauffeur fait subir un interrogatoire à une pauvre dame qui a perdu son abonnement et n'a pas d'argent pour payer un ticket.  Il l'avertit qu'il va remplir un papier provisoire et qu'elle ira s'acquitter de sa dette ensuite. 

Le bus démarre.  Mais... Mais... le chauffeur ne prend pas la bonne direction.

Je comprends immédiatement : il se rend à la gare des bus, histoire de remplir le fameux papier provisoire.  Fichtre, que de temps perdu.

Qu'importe, je suis planquée au chaud, je saisis mon livre et je me laisse bercer par le ronron du moteur.

Mais... Mais... le bus n'entre pas dans la gare des bus.  Il poursuit sa route et part... en direction de mon bureau.  Aaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaargh.  Sacrilège.  Me voilà repartie vers boss chéri, si c'est pas malheureux. 

Histoire de garder bonne contenance, je feins l'indifférence totale, je sonne et je descends au prochain arrêt

Je cours ensuite comme une folle afin de retourner au point de départ, où m'attend mon petit bus chéri que j'aime et qui me reconduira chez moi.

Ce jour-là était tout compte fait miraculeux.

Blonde !

07:45 Écrit par Anaïs dans Anaïs et ses blondieuseries | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook | |  Imprimer | | | Pin it! |

8
déc

La minute blonde : un signe du destin...

Il y a des jours comme ça, où le destin tente désespérément de faire un signe, de mettre en garde.

Un dimanche d'été (ça fait un bail, j'ai attendu qu'il y ait prescription au cas zoù quelqu'un qui serait passé par hasard durant mes mésaventures se souviendrait de tout ça...).  Grasse matinée.  Je rêvasse, regardant le plafond.  Quand soudain, une vision apocalyptique : une araignée.  Sur MON plafond (et non "au plafond", même si souvent, je pense que j'en ai effectivement une).  La pauvre ne sait pas qu'elle s'expose à une mort certaine en élisant domicile chez moi.

Je saisis immédiatement un balai, je monte sur un tabouret et j'entame la chasse à l'arachnide.  Perfide, l'arachnide.  Elle s'échappe, je tente de me mettre en travers de son chemin, en vain.  Je me tends, je m'étends... et je m'étale !  Mon pied finit sa chute sur un flacon de parfum qui traînait par là (vous me direz "que fait un flacon de parfum sur le sol", je sais je sais, bordélique je suis, bordélique je resterai).

Aïe !

Je pars ensuite rejoindre des amies pour un repas sympathique et légèrement arrosé.  On mange, on boit, on rigole, on regarde le temps passer.  On se sépare, smack smack, à bientôt.  Je prends le bus.  Je me sens légère légère, il fait beau.  Je descends du bus avec grâce... et je trébuche sur une souche d'arbre mesquine.  Mais que fait donc une souche d'arbre dans un quartier résidentiel ?  Incapable de me retenir à quoi que ce soit, je fais un vol plané... et je m'étale !  Me voici donc à plat ventre en pleine rue.  Derrière moi, j'entends ronronner le moteur du bus, qui n'a pas encore repris sa route.

Aïe !

Vous pensiez que l'aventure s'arrêterait là ?  C'est compter sans ma blonditude...  Ô douleur, la blonditude ronge ma vie.

Retour au bercail, sans encombre.  Petite heure de repos, pour me remettre de mes émotions, panser mes plaies, laver mes fringues souillées par la chute et oublier cet événement dramatique (ah si, dramatique) de mon existence.

Réveil.

Vu la chaleur ambiante, je décide d'arroser les quelques plantes qui ornent ma jolie terrasse (waw, comme je me la pète).  Je saisis mon joli petit arrosoir en galvanisé.  Je le remplis.  J'arrose.  Vu la petitesse de l'objet, un second remplissage s'impose.  Ce que je fais.

Pour une raison toujours inexpliquée, lorsque je sors à nouveau pour continuer à arroser, je le fais en marche arrière.  Va comprendre.  Et il y a une petite marche entre le living et la terrasse.  Toute petite.  Si petite que je l'oublie.  Et que je trébuche, toujours en marche arrière.  J'atterris ensuite sur mon postérieur, que j'ai, fort heureusement rebondi (ça a parfois du bon de faire un mètre de tour de cul), et je me retrouve les quatre fers en l'air, estomaquée par cette troisième chute en quelques heures.

Aïe.

Trois chutes qui résonnent comme un signe du destin ?  En tout cas, comme une invitation à rester couchée, envers et contre tout. 

Bonne nuit.

06:15 Écrit par Anaïs dans Anaïs et ses blondieuseries | Lien permanent | Commentaires (5) |  Facebook | |  Imprimer | | | Pin it! |

2
fév

La minute blonde anthologique

J'ai vécu hier la minute blonde la plus démentielle de toute mon existence de blonde.  Enfin sans doute la plus démentielle, car mon existence n'est point finie.  Démentielle car c'est pas moi qui ai joué la blonde, pour une fois.  Et démentielle car elle a provoqué un giga fou rire et qu'à l'heure où je vous écris, rien que d'y songer me donne encore une irrésistible envie de me marrer.

(Précision : je la publie bien entendu avec l'autorisation expresse de son auteure).

Nous voilà donc, par un vendredi soir froid et sinistre, réunies, Mostek, Moustique et moi, pour une soirée entre nanas.  Histoire de remonter le moral des troupes, de fêter le nouveau job de Moustique, de discuter, de manger des Mars glacés (enfin sur ce coup-là, j'attends toujours), de rire, de pleurer et de mater des DVD.  Mostek a apporté tous ses nouveaux DVD : que du stressant thrillant angoissant hémoglobinant.  Moustique propose Dirty dancing : adjugé.

Commence alors la séance DVD-Coca-souris Côte d'Or qui sont en fait des éléphants.  En VO, Dirty Dancing, pour la toute première fois.  Et bien croyez-le ou pas, c'est pour moi une immense déception, cette VO.  Le film en perdrait presque sa saveur, tant moi y'en a être habituée à la VF, à la voix sensuelle de Johnny, à la voix gamine de Bébé, et aux répliques cultes, qui ne sont pas pareilles en anglais ma bonne dame : on laisse pas bébé dans un coin, fait plus sec à l'intérieur, j'peux plus passer de toi, Jhoooonny, Frédérique c'est pour moi le nom d'une vraie femme.  Grosse séquence nostalgie, violons et sensualité.  Grand moment d'anthologie Swayzienne (une pensée pour lui, passqu'il va très très beaucoup mal et ça me fait très très beaucoup de la peine).

Une fois le film fini nous zappons sur TF1 et c'est le moment de la minute blonde, mais je ne pouvais passer sous silence cette vision de Dirty Dancing.  Sur TF1 donc, c'est la soirée de l'étrange qui n'a absolument rien d'étrange si ce n'est Dechavanne et Carmouze qui se trémoussent comme deux vers solitaires déneuronés dans un intestin bourré-massacre.

Soudain, le concours du jour.  Enfin un des concours du jour, passque dans ce genre d'émission, y'a un concours avant chaque page de publicitéééééééééés : on annonce le gagnant, on relance la machine pour empocher des sousous sur le compte des téléspectateurs-pigeons.

Le gagnant de l'instant T : « Serge Pignon de Montreuil ».

Et là, comme dans un film, comme au ralenti, Moustique se tourne vers moi et me dit : « c'est dingue, dans ces jeux-là, ce sont toujours des 'petits de' qui gagnent ».

Silence.

Regards stupéfaits.  De Mostek à moi.  De moi à Moustique.  De Mostek à Moustique.

Silence.

Je sens la minute blonde d'anthologie (après l'anthologie Swayzienne, nous restons dans les moments à marquer d'une pierre blanche) arriver en même temps que le fou rire.

Je réponds enfin « mais Moustique, Moustique, Moustique... »

Réponse « ben oui quoi, encore hier, y'avait un jeu, c'est encore un 'petit de' qui a gagné ».

Re-silence.

Re-regards stupéfaits. De Mostek à moi.  De moi à Moustique.  De Mostek à Moustique.

J'insiste « Moustique, mais Moustique, c'est pas ça... Anaïs Valente de Namur, Moustique Trucmuche de Namur, Mostek Bazar de Namur ».  Alors la pièce tombe. Elle a trouvé la fente dans le kinder.

Et le fou rire est là, et bien là.  Vraiment là.

Il restera d'anthologie (décidément), ce fou rire.

Il est clair qu'aucune de nous trois ne regardera plus jamais les résultats de jeux sans avoir un petit sourire en coin.  Il est clair que ni Mostek ni moi ne regarderont plus jamais les résultats de jeux sans avoir une pensée charitable pour Moustique.  Merci Moustique, une fameuse soirée d'anthologie, qu'on a passée chez toi.

Blonde !

 

06:30 Écrit par Anaïs dans Anaïs et ses blondieuseries | Lien permanent | Commentaires (11) |  Facebook | |  Imprimer | | | Pin it! |

27
jui

La minute scientifique

Grande discussion scientifique avec mes collègues vénérées ce jour : kesk'un faucheur, une faucheuse, un faucheux et un cousin...  Vous-mêmes, saurez-vous faire la différence sans consulter Robert ?

Tout ça à cause du magnifique blog d'Olivier !

14:30 Écrit par Anaïs dans Anaïs et ses blondieuseries | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook | |  Imprimer | | | Pin it! |

16
jui

Une minute blonde ... : Un sac rouge comme un steak saignant

Vous êtes gâtés aujourd'hui, un billet + un gratuit... à découvrir ici...

En fait c'est un billet pour un concours organisé par une blogueuse, que j'ai totalement oublié de publier ici au préalable... Donc un inédit, pour lequel vous pouvez voter en indiquant votre choix en commentaire, s'il vous amuse... j'avoue que cette mésaventure ne m'a pas énormément amusée sur le coup...

Bonne lecture.

 

Un sac rouge comme un steak saignant

Lorsque j'étais jeune, soit il n'y a pas si longtemps (qui oserait dire que je suis vieille ?), j'étais fada de sacs.  Oh, pas des sacs Gucci, Chloé ou Prada, que nenni, point mon budget ma bonne Dame.  Mais des marques plus démocratiques, telles Boo, Paquetage ou Esprit.  J'en avais toute une collection, des sacs à dos, des sacs besaces, des sacs plus chic, dans toutes les couleurs possibles et imaginables.

A cette époque, je m'étais donc offert un magnifique sac d'une couleur indéfinissable, entre le framboise écrasée et la prune avant épluchage (oui, j'épluche mes prunes, et alors).  Je l'aimais mon sac, comme tous mes sacs durant leurs premiers jours de cohabitation, of course (ensuite, j'ai tendance à me lasser, je me lasse très vite, ce qui explique la taille de ma garde-robe et l'absence d'homme dans ma vie, mais soit, là n'est pas le sujet de ce billet).

Par un dimanche estival et ensoleillé (vous voyez donc que ça date de mon jeune temps, du temps oùsque l'été était encore synonyme de soleil et pas encore de tornades, neige ou autres canicules anormales), je me préparais pour un resto entre copines célibataires.  Un resto gastronomique en terrasse, le bonheur.  Nirvanesque.  Et pour l'occasion, j'avais sorti une petite robe glamour, des escarpins à talons (presque) hauts et, bien sûr, mon tout nouveau sac.

Tout nouveau tout beau.

Fière, qu'elle était, l'Anaïs.

Le repas se passe.  Bien.  Très bien.  Et très bon.  Foie gras en entrée, avec son petit confit d'oignons.  Steak d'autruche en plat principal.  Moelleux au chocolat en dessert.  Le tout arrosé de champagne, vin rouge, vin blanc et j'en passe. 

Etant donné mon appétit de moineau boulimique et surtout étant donné la taille gargantuesque du fameux steak d'autruche (que je vous conseille, soit dit en passant, l'autruche étant un animal délicieux, bien qu'hargneux de son vivant), je décide d'emporter un doggy bag, non pour moi (nan, je le jure, je n'emporte jamais de doggy bag dans les restos gastros, je ne le fais qu'avec les pizzas, promis juré), mais pour le félin qui partageait ma vie, à l'époque.

En douce, je glisse le morceau du volatile géant dans une serviette, que j'emballe elle-même dans une autre serviette, elle-même entourée d'une troisième serviette, et je glisse le tout dans mon nouveau sac framboise-prune.  Et le tour est joué.  Ni vu ni connu.

Notre journée se poursuit dans un bar à cocktails et je rentre ensuite chez moi, tard dans la nuit, grisée tant par cette folle journée entre filles que par les grammes d'alcool ingurgités.

Un gros dodo, et il n'y paraît plus.  Fort heureusement, car, le lendemain, une journée de travail m'attend.  Puis une seconde journée.  Puis une troisième.  Une quatrième.  Et enfin une cinquième, me menant au week-end.

C'est le vendredi matin que les conséquences du drame commencent à se faire sentir, dans les deux sens du terme.  Une odeur suspecte dans mon living, que je pense venir du félin, féru d'offrandes odorantes à mon égard, surtout le matin avant mon départ, dans sa litière à peine changée.  Tant qu'à crotter, autant le faire en présence de l'humain, n'est-il point ?  Une fois au bureau, j'ai cependant l'impression que l'odeur m'a suivie, mais j'attribue bêtement cela à un mirage olfactif, sans plus.  De retour chez moi, je constate que l'odeur devient vraiment pestilentielle.  Une décharge à l'abandon, à côté, c'est du pipi de chat, si vous me pardonnez l'expression.  L'odeur ne ressemble plus du tout à une odeur féline.  Clairement.  Indubitablement.  J'entame alors des fouilles dans mon frigo, dans ma poubelle, en vain.  Me penche sur mon évier afin d'en repérer les effluves.  En vain.  Sniffe mes dessous de bras, dans l'espoir d'une révélation fulgurante, genre pustule infecté mal placé.  En vain.

En désespoir de cause, je m'apprête, en attendant d'aller consulter un spécialiste en matière de "nez qui pourrit", à sortir de chez moi afin de rejoindre quelques amis lorsque, saisissant mon sac framboise-prune afin d'y glisser mes clés, je comprends enfin.

Tout.

D'un coup.

D'un bon coup d'odeur nauséabonde récurrente.

L'odeur vient du sac.

Alléluia, j'avais enfin comprendu.

Et je vous le certifie, le steak d'autruche faisandé, ça ne sent pas le poulet grillé !

Depuis lors, j'ai tout essayé, déo pour WC, Numéro 5 Chanel, Fébreze, rien n'y fait.  Mon sac framboise-prune a toujours cette vieille odeur de volaille puante.  Amoindrie.  Mais toujours là.

Illu issue de Petit Bordel.

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09:03 Écrit par Anaïs dans Anaïs et ses blondieuseries | Lien permanent | Commentaires (9) |  Facebook | |  Imprimer | | | Pin it! |