30
jui

Les pigeons et moi, c’est une grande histoire d’amour (et une minute blonde involontaire permanente)

Dieu sait que j'aime les animaux.

Même les pigeons.

Enfin, je les aimais. Jusqu'à ce qu'ils fassent tout pour se faire haïr, les vilaines bêtes.

C'était l'été, il faisait chaud et je me baladais, bras nus, en ville, ignorant tout du danger qui se profilait à l'horizon.  Pas de surprise, bien sûr, vous l'aurez deviné.  Un specimen moqueur a plané au-dessus de moi, visé, tiré, et patatras, une énorme fiente bien baveuse sur le bras.  Ma première fiente de pigeon.  Sur le bras droit.  Esske ça porte bonheur de recevoir une crotte de pigeon sur le bras droit ?  J'ai encore le souvenir de cette sensation de chaleur, du fou rire qui a suivi, du regard dégoûté des passants (en plein après-midi ensoleillé, y'avait foule), du mouchoir que j'ai désespérément cherché pour limiter les dégâts et de la maigre consolation de savoir qu'il aurait pu viser mon Tshirt, le vilain pas beau.  Et l'odeur, que dire de l'odeur.  J'ai toujours cru qu'une crotte de pigeon ça ne sentait rien.  Ne me demandez pas pourquoi.  Je sais qu'une crotte de chien, ça pue.  Je sais qu'une crotte humaine, ça pue.  Donc la logique veut que les crottes de pigeons puent aussi.  Et je vous le confirme.  Une crotte de pigeon, ça pue.  Une odeur particulièrement écoeurante, répugnante.  

Des recettes de pigeon à me fournir ?

C'était l'été, il faisait chaud et je mangeais en bonne compagnie, allanguie en terrasse, ignorant tout du danger qui se profilait à l'horizon.  Toujours pas de surprise, bien sûr.  Un specimen moqueur s'est installé sur le toit, a pris position, visé, tiré, et patatras, une énorme fiente qui amorce sa descente.  Elle eût pu tomber d'un coup sec, paf, dans mon assiette.  Mais c'eût été trop beau.  Elle a donc préféré, cette fiente, rebondir d'abord sur l'auvent du restaurant, avant d'exploser en dizaines de petits paquets de fientes qui sont ensuite tombées, parsemant mon assiette et mon verre.  Malheureux hasard, nous étions plusieurs, mais je fus la seule victime.  Ben voyons.  Sale bête.  Mais la plus sale bête, ce fut la serveuse, qui n'a même pas proposé de me rapporter une autre boisson fraîche.  Après tout, est-ce ma faute si ce pigeon a élu domicile sur le toit de l'établissement ?  Décidément, le client n'est plus roi, ma bonne Dame (petite page d'anti-pub, c'est au Passé Simple à Namur, qu'on laisse le client se débrouiller avec la fiente de pigeon qui atterrit dans l'assiette et le verre).

Des recettes de pigeon à me fournir ?

C'était hier, il faisait chaud et je mangeais ma mauvaise tartine au fromage en me promenant en ville.  J'aime pas le pain.  Et j'aime pas le fromage.  Alors le pain au fromage, c'est décidément pas ma tasse de thé, mais on peut pas se nourrir exclusivement de lasagnes et de hamburgers ma bonne dame.  J'arrive donc au pire morceau de la tartine : la croûte.  Je l'approche sans appétit de mes lèvres non charnues (on rêve toutes de lèves charnues qui ne demandent qu'à être embrassées, mais en ce qui me concerne, faudrait les gonfler au silicone ou les mordiller sauvagement pour les rendre appétissantes), lorsqu'un pigeon gourmand s'envole, se précipite sur moi et tente de me piquer mon frugal repas.  Je sens encore la caresse de sa plume sur ma main et le souffle provoqué sur mon visage par le battement de ses ailes.  Bête animal.  S'il l'avait demandée poliment, je la lui aurais volontiers donnée, ma croûte.

Alors, tout bien réfléchi, j'aime plus trop les pigeons...

Une illu de Titoun, illustratrice pétillante que je vous invite à découvrir.

TUP 2

10:47 Écrit par Anaïs dans Anaïs et ses blondieuseries | Lien permanent | Commentaires (11) |  Facebook | |  Imprimer | | | Pin it! |

22
jui

I’m loosing my mind ou « Anaïs, la serial minutes blonder »

Chais pas ce que j'ai en ce moment, mais je cumule minute blonde après minute blonde, lesquelles me font de plus en plus croire que j'ai le ver solitaire du cerveau.  Vous connaissez ?  Moi non plus, mais je ne vois que ça comme explication.

Vous voulez des exemples de ma versolitaireducerveauite aiguë ?

L'autre jeudi, un peu après les saints de glace, je vais sur le marché acheter des plantes d'été, de celles qui doivent être plantée après les saints de glace, d'où ma précision, of course.  Et durant toute la journée, je raconte aux personnes que je croise que j'ai acheté des plantes là, qu'on met au balcon, les trucs d'été.  Jamais moyen de me souvenir du nom de ces plantes.  Bon, l'info n'est pas passionnante pour mes interlocuteurs, clair, mais est-ce normal, dix fois d'affilée, de buter sur le mot « géranium » ?

Le même jeudi, quelqu'un me dit « tu fais pas ton âge hein, t'as quel âge au fait, moi je te donne... (trois ans de moins, yesssss) ».  Et moi, entendant l'âge qu'on me donne, je manque de m'étrangler, pensant que la personne me vieillit.  Passque, d'un coup, je suis persuadée d'avoir dix ans de moins que mon âge.  Non, franchement, ça m'a fait peur.  Surtout que, je vous le jure, je n'étais sous l'influence d'aucune substance, ni drogue, ni alcool, ni moquette.

Un autre jour, un jour comme les autres, je prends ma douche, me lave les dents, me sèche les cheveux, m'habille, enfin rien que du très classique.  Puis je quitte la salle de bains et me dirige vers le living.  Et là, quelque chose de bizarre.  Et je réalise que j'ai oublié de mettre lunettes.  Ça peut paraître banal, mais quand on sait qu'elles ne quittent mon nez, depuis ma tendre enfance, que pour le bain ou le lit, c'est dire si mon cerveau est dans un sale état.  D'autant que sans lunettes, j'ai la vue d'une taupe de cent dix ans.

Quelques jours plus tard, je suis dans ma cuisine pour fermer la fenêtre.  Il me semble qu'il fait vachement chaud.  Mais chaud, chaud, chaud.  Or, dehors, il fait normal.  Un temps de merde à la belge quoi.  Et je comprends, une des plaques électriques de ma cuisinière est allumée.  Et vu que j'ai plus cuisiné depuis deux jours, tirez-en les conclusions qui s'imposent.  C'est ma facture d'électricité qui va aimer.

Hier, toujours dans ma cuisine, je décide de me cuire des pâtes.  J'ai pour habitude, en attendant que l'eau boue/boude/bouille/bouse, de jouer du piano, ça m'occupe, plutôt que de regarder la casserole d'un air bovin en attendant les bulles.  Je me dirige ensuite vers ladite casserole et y plonge mes pates.  Mais elles ont l'air bizarre.  Très bizarre.  Et pour cause, l'eau ne bouait/boudait/bousait/bouillait pas...  Vite vite, je les ai extirpées de là.

Et tout ça ne sont que des exemples, ceux dont je me souviens, parmi des centaines du genre.

Non, franchement, j'ai besoin de vacances, d'une thalasso, de médicaments, d'une psychothérapie, je sais pas, mais j'ai BESOIN.

06:30 Écrit par Anaïs dans Anaïs et ses blondieuseries | Lien permanent | Commentaires (10) |  Facebook | |  Imprimer | | | Pin it! |

26
mai

Blonde... mais pas moi...

(publiée avec l'autorisation de l'intéressée, of course).

Lorsqu'elle m'a raconté cette minute blonde, j'ai de suite pensé à un billet, passque je ne pouvais décemment vous laisser dans l'ignorance d'une telle minute blonde.

Un matin, dès l'aube, à l'heure où blanchit la campagne, elle se fit toute jolie car on venait la chercher.  On ?  Je n'en sais pas plus.  Ami.  Amant.  Futurhomdesavie.  Peu importe.  L'essentiel c'est qu'elle l'attendait en bas de son immeuble, impatiemment.  Sans doute encore un peu endormie, digérant à peine son café matinal et ses deux croissants (j'extrapole j'extrapole, sinon le billet fera quatre lignes, ça vous plairait un billet de quatre misérables lignes ?).

Et elle s'impatientait, car il n'arrivait pas.  Sans doute était-il un peu en retard.  D'ailleurs elle ne l'avait pas volé, elle qui est toujours en retard.  Toujours.  Donc, moi, en mauvaise fille que je suis, je jubile de la savoir attendant quelqu'un en retard, gnark gnark.  Ça me tue, ces gens toujours en retard.  Mais ce n'est pas le sujet du billet.

Donc elle attendait qu'il passe la prendre.  Et il arriva.  Elle se précipita dans la voiture, tellement heureuse qu'il arrive enfin.  Elle déposa son paquetage sur le sol du véhicule, et se tourna enfin vers lui, prête à l'embrasser.  Sur la bouche ou sur la joue, nul ne le sait.  Je n'ai pas investigué.  Si elle passe sur ce blog, elle donnera la précision qui s'impose.  Enfin, si elle le souhaite.  Et si elle passe ici.

C'est l'instant T de l'histoire, l'instant où elle s'apprête à l'embrasser.  Son visage se tourne, au ralenti, comme dans un film avec Julia Roberts (ou Meg Ryan, je verrais bien Meg Ryan dans cette scène), ses lèvres s'entrouvrent légèrement (et si c'est Meg Ryan nouvelle version, lesdites lèvres sont épaisses et charnues, of course), avides de ce qui va suivre.  Puis elle réalise qu'elle ne connaît pas l'individu auprès duquel elle s'est assise.  Tout bonnement ! Elle ignore qui il est.  Son impatience à voir arriver son ami l'a fait ouvrir la portière, déposer ses sacs, s'asseoir, refermer la portière et enfin s'approcher doucement du conducteur sans lui jeter un regard.  Elle s'était pourtant dit « tiens, je pensais qu'il avait une voiture blanche, pas une noire ».  Elle avait aussi pensé « tiens, pourquoi fait-il un tel créneau pour se garer correctement, alors qu'on repart immédiatement ». 

Cette (més)aventure de blonde (si si, c'est de la blonde attitude à l'état pur) lui aura valu de rencontrer l'employé du salon de coiffure là, tout près de chez elle.  Peut-être lui offrira-t-il une coupe à l'occasion...

Blonde...

Et vous, des minutes blondes à confesser ?

Et une illu de Miss Minimo made exprès pour l'occasion, merci Miss Minimo...

blondepte

06:00 Écrit par Anaïs dans Anaïs et ses blondieuseries | Lien permanent | Commentaires (8) |  Facebook | |  Imprimer | | | Pin it! |

28
avr

La minute blonde : il est pas dur mon œuf ? (à dire avec l’intonation de « il est pas frais, mon poisson ? »)

Le hasard fait que, peu de temps après avoir reçu six vrais œufs d'une amie, j'ai reçu un vrai œuf d'un collègue.  Un vrai œuf d'une vraie poule, qui vit toute seule dans son petit cabanon, gambade gaiement la journée, rentre au bercail en râlant à la tombée du jour (je l'invente pas, on me l'a raconté), et va se réfugier à l'étage de sa maison, pour échapper aux fouines.  Et cette lady poule, ben, elle m'a offert un œuf.

Que du bonheur.

Bon, une omelette avec un seul œuf, c'est peu copieux.  J'aurais pu tenter un œuf à la coque, mais il faut chronométrer, et je ne suis pas douée.  Moi, je suis la pro de l'œuf dur, celui qu'on laisse cuire des minutes et des minutes, et qui est toujours bon à déguster ensuite.

Donc, je plonge mon œuf dans un poêlon rempli d'eau, et je mets le tout à chauffer.

Il fait bon (c'est ce week-end), ma porte-fenêtre, celle qui donne sur ma terrasse où batifole mon nouveau transat, est ouverte.  Les oiseaux chantent et la vie est belle.  Il est genre 18 heures, le soleil est encore bien présent, même s'il commence à bailler de sommeil.

Durant la cuisson, je regarde Envoyé Spécial que j'ai enregistré, un reportage sur Vincent Lindon.  J'adooore cet acteur.  Je l'adorais du temps de L'étudiante, je l'adorais du temps de Mademoiselle Chambon, je l'adorais du temps de Welcome, je l'adore je vous dis.  Et le reportage est adorable.  Et captivant. 

Soudain, j'entends un bruit de pétard.  Un feu d'artifice ?  Bizarre autant qu'étrange, passqu'il est encore tôt.  Sauf erreur, pour un feu d'artifice, faut qu'il fasse noir non ?  Comme aucune autre fusée n'explose, j'en déduis qu'il s'agit d'un pétard.  Vilains enfants qui utilisent des pétards.  Paaaaas bieeeeen.

Un bon quart d'heure plus tard, il commence à faire frisquet.  Je me dirige vers la porte-fenêtre, afin de la fermer, lorsqu'une abominablement abominable odeur de brûlé me transperce le cap, le pic, la péninsule. 

Et je comprends.

Mon œuf dur, ben il est super archi dur, sur ce coup là.

Plus une goutte d'eau.

Juste un œuf dur d'un côté, cramé de l'autre, et toute fissuré de partout.

Et une odeur, rho, une odeur.

Et je comprends.

Je me souviens de cette histoire que mon père m'a souvent racontée : il y a des années, il avait mis des œufs à cuire.  Durs.  Beaucoup.  Genre six.  Puis il les a oubliés.  Puis il a entendu un pétard.  Puis un autre, et un autre, et un autre, et encore un autre et un autre.  Et ça l'exaspérait, tous ces pétards, jusqu'à ce qu'il aille voir ses œufs et comprennent, en les voyant.  Sans eau.  Cramés.  Et fissurés.  Tilt, fait le neurone d'Anaïs.

Et je vais vous dire...

Il avait bien raison, mon paternel : un œuf dur qui explose, ça fait vraiment le bruit d'un pétard.

Blonde.

 

06:15 Écrit par Anaïs dans Anaïs et ses blondieuseries | Lien permanent | Commentaires (6) |  Facebook | |  Imprimer | | | Pin it! |

2
avr

Du péchon du péchon encore du péchon, du péchon du péchon toujours du péchon

A chanter sur l'air de « des petits trous, des petits trous, encore des petits trous » (S. Gainsbourg).

Hier, c'était le 1er avril.  Moi, je suis nulle pour faire des blagues, je manque cruellement d'imagination à ce sujet.  Donc je m'abstiens, en général.

Et hier matin, j'avais oublié qu'on était le 1er avril.  Quand mon réveil sonne, je me traîne comme une larve ambulante jusqu'à la salle de bains, je mets la radio à fond pour entendre météo et nouvelles sous ma douche (seul moment où je m'informe, faut au moins que j'entende quelque chose) et je fonce sous l'eau bouillante.

Et j'entends que la commune de Mouscron va tenter un projet pilote : des couples de hamsters (homos ou hétéros, je sais pas, mais par deux quoi) avec petite roue, vont être installés dans des familles, afin d'y produire de l'électricité.  10 % de la consommation annuelle, qu'ils vont produire.  Et je me dis « mais c'est dingue, pourquoi n'y a-t-on pas pensé plus tôt ».  Et puis je me dis « pourquoi n'y a-t-on pas pensé à Namur ».  Et je me dis encore « 10 % pour une famille, ça fera beaucoup plus pour moi ».  Et je me dis enfin « je veuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuux ».

Puis je sors de ma douche, je m'habille, me brosse les dents, mets mon manteau, prends mon sac, jette un dernier regard sur ma femme mon fils et mon domaine mon rat devenu tout d'un coup totalement inutile (pourkwaaa j'ai pas deux hamsters ?) puis je pars bosser.

Une fois arrivée, une collègue me parle du fabuleux poisson d'avril fait à son tendre époux : elle a laissé un petit mot disant, en substance « marre de toi et de nos enfants, je te quitte et je retourne chez ma mère ».  Je ne trouve pas ça drôle.  Mais pas du tout.  Et mon imagination se met en branle : et si le mari la prenait au mot et rétorquait « ta décision tombe à pic, j'ai une maitresse depuis six mois, ça m'arrange, casse-toi, qué bonheur » ?  Et si, pire, dans un élan de désespoir, il se suicidait ?  Pire encore, s'il assassinait leurs enfants communs, avant de se donner la mort ?  Pire du pire, s'il assassinait leurs enfants, puis sa femme, sans qu'elle ait le temps de crier « poisson d'avriiiil », puis se suicidait ?  Non, franchement, je ne trouve pas ça drôle.

Et tout d'un coup, je me souviens de cette info géniale entendue à la radio, sans me souvenir exactement, mais sachant que c'était génial, hyper génial.  Et je sais.  Je sais.  Je comprends.  C'était un péchon d'avril.

Pfffffffff, pour  une fois qu'une nouvelle était intéressante, sans parler meurtres, cambriolages, viols, famines ou télé réalité, j'aurais dû m'en douter, ça ne pouvait qu'être un péchon d'avril.  Sacrebleu.

Illu que j'ai piquée sur le blog de Miss Gally (j'ai honte et m'en excuse), passque le personnage, on dirait moua, sale caractère compris, c'est rigolo. 

1eravril

15:23 Écrit par Anaïs dans Anaïs et ses blondieuseries | Lien permanent | Commentaires (5) |  Facebook | |  Imprimer | | | Pin it! |