14
oct

Gloria de Marianne Maury Kaufmann

gloria
Paru sur Madmoizelle. 

Gloria, on ne sait pas grand-chose d’elle.  Même pas son âge.  Même pas son nom de famille.  Même pas sa profession.  Mais on sait le principal : c’est une femme, comme toi, comme moi.  Qui a des coups de blues, qui aime la mode, qui a un psy, qui est amoureuse, qui a des complexes, qui rit, qui râle, qui déprime…  Une femme, tout simplement.

Il m’aura suffi de voir la couverture en librairie, perdue entre quarante autres couvertures, pour avoir une folle envie de découvrir la vie de Gloria.

Et je t’avoue que j’ai bien fait.  Cette découverte fut une réussite.  J’ai adoré.  J’ai beaucoup ri, sans doute car je m’y suis tant reconnue, dans la vie de Gloria, notamment lorsqu’elle évoque son problème de strings dont elle ne sait que faire depuis qu’elle a découvert le shorty, drame ô combien existentiel, tu en conviendras.

Ça se déguste comme un macaron.  Ou comme plusieurs macarons.  Car si tu commences, tu ne pourras plus t’arrêter avant d’avoir lu la dernière page, je te le promets.  Ça se lit vite, c’est de la BD, mais c’est tellement drôle, tellement vrai, que c’est une BD à avoir toujours sous la main (au petit coin par exemple) pour en redéguster une tranche à chaque occasion (et dieu sait que les occasions sont fréquentes… au petit coin).

Ma cote d’amour : 8/10 (8 et pas 10, parce que décidément, c’est trop vite lu).

Trois bonnes raisons de lire Gloria :
- si tu es une femme une vraie, avec ses travers, tu reconnaîtras dans cet ouvrage
- si tu as entamé une psychothérapie, tu éclateras souvent de rire
- si, on t’a raconté, à toi aussi, tant de bobards quand tu étais petite

Une bonne raison de ne pas lire Gloria :
- si tu préfères un ouvrage de 1600 pages à lire durant plusieurs heures, tu risques de rester sur ta faim

18:15 Écrit par Anaïs dans Anaïs joue à MadmoiZelle | Lien permanent | Commentaires (2) |  Facebook | |  Imprimer | | | Pin it! |

14
sep

« La double vie de Pénélope B. », par Anne-Solange Tardy : quand une bloggueuse devient écrivaine…

Paru sur Madmoizelle. 
 
Lors d’un zapping sur blogs (je ne zappe jamais à la TV, mais keske je peux zapper sur les blogs, ma parole), je découvre qu’une bloggueuse (Anne-So, pour ne pas la citer) a écrit un bouquin.  Pour elle, tout s’est déroulé comme dans un véritable conte de fées (ouiiii, les fées existent) : un éditeur passe par hasard sur son blog, aime sa plume, lui propose d’écrire un livre, et non, elle ne se réveille pas à la fin, car ce n’est pas un rêve.  

Abracadabra, quelques mois plus tard, le voilà : « La double vie de Pénélope B. », par Anne-Solange Tardy.

Je décide alors que je dois im-pé-ra-ti-ve-ment lire ce bouquin, dont la couverture me fait déjà définitivement craquer : rouge et glamour, j’aurais presque envie de la dévorer.

La patience étant une qualité dont les fées ne m’ont pas gratifiée à la naissance, je fonce, le jour de la parution en France, dans trois librairies belges, mais bien sûr le précieux ouvrage ne s’y trouve pas.  La Gelbique a encore et toujours deux guerres de retard au niveau édition.

J’use alors de toutes mes relations, je soudoie toutes les personnes que je connais sur le net, je supplie l’auteur de me faire livrer son manuscrit par courrier express, par avion, par pigeon voyageur, voire à pied, si elle a envie de faire une petite marche jusque dans mon chtit pays.

Bingo.  Merci les fées de m’avoir dotée de la persévérance à la naissance.  Quelques jours plus tard, je tiens le livre, oserais-je dire la brique, entre mes blanches mains (semblables à celles de Blanche-neige, mais la comparaison s’arrêtera là).

Je le palpe, je le hume, je le serre contre moi.  Je l’aime.  Il est magnifique. (Et en plus, il est dédicacé).
 
Mais il n'est pas que magnifique, loin de là.  Et c’est là son principal attrait : il est bien écrit.

Très très bien écrit.

Le pitch ?  Une bretonne, récemment montée à Paris, découvre la branchitude de la capitale (le dictat des marques n'est pas près de tomber en désuétude à Paris, croyez-le) et se crée un blog… qui l’entraîne, presque malgré elle, dans une double vie dont elle n’imaginait pas les conséquences.  

Je ne t’en dirai pas plus… car je le sens, je le sais, tu vas te ruer dans la première librairie venue pour te le procurer.  Car, en plus, il est pas cher : 14,90 eur pour des heures de lecture, une tranche de vie parisienne, 342 pages de rire et 30 chapitres de bonne humeur, je te le dis, c’est pas cher !

Ce livre, il est drôle (dès les remerciements, j’étais pliée en deux de rire), il est tendre et il est captivant.    En bref, il est génial, je ne trouve pas d’autre mot (même si je suis convaincue que Pénélope B. va illico m’envoyer un mail pour me dire que « ‘génial’,  c’est dépassé à Paris, trèèèèès chèèèèère Anaïïïïs, vois-tu, tout qui utilise ce terme est immédiatement qualifié de has been, voyons Anaïïïïs… »).

C’est bien simple, du moment où je l’ai commencé, je n’ai pu m’arrêter : je l’ai lu dans le bus, je l’ai lu dans mon bain, je l’ai lu dans mon lit, et je l’ai terminé en douce au bureau (honte sur moi), quasiment en sautant une ligne sur deux tant je voulais connaître la fin.  Ensuite, j’ai ressenti ce petit pincement au cœur, ce vide, ce manque tellement révélateur que l’on endure systématiquement lorsque l’on referme définitivement ce que j’appelle un « bon  bouquin ».

Message subliminal pour mes fées à moi : je voudrais aussi être riche, talentueuse, belle et célèbre, vous pouvez y réfléchir ?

Pour résumer : drôle, réaliste, fashion, attendrissant aussi.  Tout cela dans un seul livre.  A ne pas manquer.

Trois bonnes raisons d’aimer « La double vie de Pénélope B. » :

-    Si tu lis quotidiennement des blogs, tu adoreras découvrir l’envers du décor et, crois-moi, tu ne liras plus jamais tes blogs adorés avec le même oeil
-    Si tu écris un blog, tu ne pourras que te reconnaître, parfois, dans cette tranche de vie d’une bloggueuse attachante et bidonnante
-    Si tu ne lis jamais de blogs (d’ailleurs, c’est quoi un blog ?), cette plongée dans le monde mystérieux et drôle de la blogosphère te convaincra de t’y mettre illico
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07:42 Écrit par Anaïs dans Anaïs joue à MadmoiZelle | Lien permanent | Commentaires (12) |  Facebook | |  Imprimer | | | Pin it! |

24
aoû

J'ai testé la bague au doigt (bis)

Une nouvelle qui se répand comme une traînée de poudre, en Suisse, en Belgique, en France...  Jugez plutôt !  Joli comme tout hein !

Si vous ignorez ce dont je parle, cliquez ici pour lire l'article. 

Et que ça ne vous empêche pas d'aller répondre au sondage, on a dépassé la moitié des votes à atteindre, youpie... Continuez, même si le billet vainqueur se profile à l'horizon (on se croirait dans Secret Story)...

baguebleue

bague

08:43 Écrit par Anaïs dans Anaïs joue à MadmoiZelle | Lien permanent | Commentaires (11) |  Facebook | |  Imprimer | | | Pin it! |

15
aoû

Samantha bonne à rien faire – Sophie Kinsella

samantha
Petite critique de livre parue hier sur Madmoizelle, ce « magazenligne » (je viens d’inventer ce mot, pardonnez-moi) formidable qui a eu l’idée (formidable aussi, gnark gnark) de me faire confiance et de publier certains de mes billets.  C’est tellement merveilleux que j’en reviens toujours pas…  Pour retrouver tous mes billets parus sur Madmoizelle, cliquez ici.

Qui ne connaît pas Sophie Kinsella et ses délirantes histoires de l’Accro du shopping ?

Elle nous revient avec une tout autre héroïne, un tout autre scénario, mais toujours aussi délirant : Samantha est une avocate renommée, débordée, overbookée et stressée.  Rien ne compte pour elle que ses projets professionnels et la promotion qui l’attend.  Manque de bol, elle commet une bévue effroyable le jour même de ladite promotion et fait perdre une somme d’argent monstrueuse à son plus gros client.  Paniquée, elle s’enfuit sans donner son reste, et se retrouve, par une série de malentendus abracadabrants, bonne à tout faire chez un riche couple anglais.  Elle qui ne sait pas faire cuire un œuf va se retrouver confrontée à des difficultés plus ardues encore que le pire des dossiers qu’elle a traités dans sa vie d’avocate…

Voici donc un livre à la Sophie Kinsella, à savoir toujours dans une certaine démesure, mais tellement drôle.  Qui n’a jamais eu cette sensation de devenir une femme débordée par son travail ou son existence, qui en oublie les petits plaisirs simples de la vie : regarder un coucher de soleil, patauger dans l’eau un soir d’été, dévorer un pain qui sort du four… et aimer, tout simplement.  Qui n’a jamais eu le sentiment d’être totalement dépassée par la situation, qu’il s’agisse de boucler un dossier ou de faire cuire un cake ?  

Cette jolie histoire, quoique farfelue, garde le mérite de nous faire réfléchir, entre deux crises de fou rires, au sens de la vie.  Joli pari pour un livre issu, il faut le dire, de la « chik lit ».

De plus, je te promets une scène de jardinage trèèèèès trèèèèèès particulière.  Après lecture, tu seras toute chose, et tu ne regarderas plus jamais une framboise du même œil…  Rien que pour cette scène, qui se trouve à la page… euh non, je garderai le secret (je te vois d’ici te ruer en librairie pour ne lire que ces quelques pages, grosse coquine !), le livre vaut le détour.

Message subliminal pour l’auteur : à quand un nouveau volume de l’accro du shopping ?

3 bonnes raisons d’aimer Samantha bonne à rien faire…
- si tu cherches de quoi te détendre à la plage et sous le soleil
- si tu te reconnais dans la description « femme d’affaires débordée »
- si tu te reconnais dans la description « cuisinière du dimanche »

2 bonnes raisons de bouder Samantha bonne à rien faire…
- si tu n’as pas aimé la série des « Accro du shopping » (mieux vaut alors ne pas insister)
- si les histoires délirantes rocambolesques ne te font pas rire

En conclusion : un chouette livre, à dévorer de préférence au soleil, doigts de pieds en éventail.  

Ma note : 8/10

20:49 Écrit par Anaïs dans Anaïs joue à MadmoiZelle | Lien permanent | Commentaires (6) |  Facebook | |  Imprimer | | | Pin it! |

21
jui

Fils à papa

Paru sur Madmoizelle.be. (si vous m'y cherchez, cliquez sur "rédac" à droite en haut, Ecriveuz, et cherchez Anaiiiiiiiiis.

Il m’a invitée au resto et j’ai accepté. Nous n’avons pas beaucoup discuté, mais je fais confiance au destin qui m’a déjà tellement gâtée (ne riez pas sous cape, riez plutôt à gorge déployée devant ce trait d’humour aussi fin que ma ligne). Et puis il fait beau. Et puis j’ai envie d’être en terrasse. J’adore les terrasses. Que ne donnerais-je pas pour un repas en terrasse. Tout. N’importe quoi. Bêta.

Me voilà donc partie en direction de la terrasse où je suis censée le retrouver.

Il m’attend. Il est là. Pitiéééé, je peux partir en courant. Non, ma bonne Dame, votre éducation vous l’interdit. Vous avez vécu suffisamment de lapins dans votre courte (enfin courte, laissez-moi rire) vie pour en faire subir un à la gent masculine. Assumez assumez.

J’assume.

J’y vais. Le pas lourd. La démarche lente. Je ne le sens pas. C’est physique. C’est viscéral.

Il est petit. Même assis, il semble petit. Ratatiné sur sa chaise. Lunettes. J’adore les lunettes sur les bruns ténébreux, pas sur les petits ratatinés. Ça fait intellectuel. Ça me rappelle trop mon adolescence où mes lunettes à moi m’ont valu ce surnom. Passque j’avais des bésicles. Passque j’étais première de classe. Du coup j’étais taxée d’intellectualisme. Faux. Je n’en touchais pas une, ou presque. Les apparences sont tellement trompeuses. Keske j’en pouvais moi si j’avais le QI et la plastique de Sharon Stone. Meuh non je rigole. Pour la plastique, s’entend. Bref, l’intello de service, c’était moi. Du moins le croyaient-ils. S’ils avaient su qu’à l’époque déjà je passais plus de temps devant Santa Barbera ou Beverley Hills que sur mes notes de cours. Etudier me répugnait. Je n’aimais qu’une chose : les dissertations. Déjà.

Revenons à nos moutons, en l’occurrence cette terrasse où siège l’intello qui m’attend impatiemment. On dirait un Fils à Papa intello.

Qu’importe Anaïs, ne te fie pas aux apparences. Crois en ton étoile. Crois en la lasagne bien chaude que tu vas commander sur cette terrasse bien chaude également. A défaut de coup de foudre amoureux, crois en un coup de foudre gustatif.

Je m’approche et je m’installe en face de Monsieur Fils à Papa.

Et l’enfer commence. Il est d’un ennui mortel. Je l’écoute me débiter son monologue aussi passionnant que la lecture de l’encyclopédia universalis, sirotant le coca qu’il a daigné m’offrir. D’apéritif, il n’est pas question.

Il bosse pour papa (j’avais vu juste, un Fils à Papa), dans la big méga société de papa cotée en bourse au profit inversement proportionnel à la taille de fiston. En quelques instants, je sais tout de la société de papa.

Pause. La carte arrive. Je salive en pensant à la lasagne qui va m’occuper quelques instants. Fils à Papa me propose un carnaval de pâtes. J’aime pas les carnavals de pâtes. Toujours cette vague impression qu’on me sert les restes en mini-portions. Mais sur cette terrasse encore toute chaude du soleil de l’après-midi, on ne sert les carnavals de pâtes que pour deux. J’accepte donc de prendre un carnaval de pâtes, à contrecoeur.

Une fois le problème de la commandé réglé, Fils à Papa en revient à son sujet de prédilection : la boîte de papa. Et la voiture que la boîte de papa lui a offerte : direction assistée par diverses choses dont GPS mondial, ABtruc pour freiner à la vitesse de l’éclair, jantes en or, sièges en cuir de baleine, lecteur DVD (très utile, le lecteur DVD, pour se mettre en pilotage automatique sur l’autoroute, regarder Pretty Woman et se crasher au premier virage), mini bar (moi j’appelle ça une boîte à gants réfrigérée mais qu’importe). Ah qu’elle est jolie la voiture payée par la boîte de papa.

Le repas arrive, interrompant notre discussion passionnante. Je n’ai toujours pas su en placer une. Ce qui me permet une concentration minimale : de temps en temps un regard, de temps en temps un petit signe approbateur de la tête, de temps en temps un grognement, et le tour est joué. Qu’il mange, ça me fera des vacances.

J’ai rêvé trop vite. Manger ne l’empêche pas de parler. Je me plonge attentivement dans mon trio de pâtes, histoire de le faire taire, en vain. Il embraye sur son GSM. Enfin, le GSM offert par la boîte de papa. Avec toutes les fonctions possibles et imaginables : lecteur MP3, ouvre boîte, « organizer », couteau suisse, 869 sonneries, pliable en huit. Ah bon, un GSM ça ne sert pas qu’à envoyer des SMS et à ne pas entendre les gens appeler ? Première nouvelle.

J’entame difficilement la phase digestive. Ma concentration est identique à celle d’un unicellulaire. Mes paupières sont aussi lourdes que l’ego de mon Fils à Papa, lequel me parle maintenant de la carte de crédit de la société de Papa. En or la carte, waw qu’elle est belle. J’ose une question « le repas de ce soir, payé par la société de Papa via la carte de crédit de la société de Papa ? »

Il prend l’air outragé de l’homme accusé d’un manque de galanterie, ne me propose point de dessert, règle l’addition et s’en va, carte de crédit de Papa dans le portefeuille en crocodile du Pérou offert par la boîte de Papa, retrouver sa voiture subsidiée par l’entreprise de Papa.

Oups, il a oublié le GSM dernier cri … Je ne pousse aucun cri pour l’avertir, et je vais prendre mon bus, avec mon abonnement payé par bibi, dans mon sac mon vieux GSM sans fonction subsidié par bibi, dans mon portefeuille Mickey, une Visa bleue qui ne connaît pas la couleur de l’or. Je suis bien. Je respire. Il fait doux. Faut que je rentre, chez moi (Brel).

A noter dans mon carnet magique pour m’en souvenir : un repas en terrasse, d’accord, mais pas avec n’importe qui.

Et un dessin de Flo, qui a magnifiquement cerné la "chose", savoir le fissapapa... Merci Flo (allez la découvrir dans mes liens d'Artisss)filsapapapt

11:39 Écrit par Anaïs dans Anaïs joue à MadmoiZelle | Lien permanent | Commentaires (17) |  Facebook | |  Imprimer | | | Pin it! |