26
mar

Mes humeurs dans la Meuse

(paru jeudi dernier)

Pétages de durite en série

Aujourd'hui, l'heure est grave.  Car le sujet est grave.  Depuis quelques jours, je n'entends parler que de fusillades.  Fusillade dans une église de l'Illinois.  Fusillade dans une école allemande.  Fusillade en Alabama.  Sans compter le drame récent survenu dans une crèche belge, que nul n'ignore, à moins de revenir d'un périple de six mois sur Saturne. 

A croire que ça devient systématique, quand on va mal (enfin vraiment très très mal), de prendre une arme et de passer ses nerfs sur d'innocentes victimes. 

Alors, à force d'entendre parler de ce genre de drames, j'ai développé une sorte de paranoïa aiguë et fulgurante au bureau : à chaque fois qu'un client est mécontent, je l'imagine surgissant à l'accueil, armé jusqu'aux oreilles, le corps encerclé de grenades, l'œil hagard et la bouche baveuse, assassinant mon boss, mes collègues et moi-même.  Passque bon, vu que ça arrive un peu partout, ça peut tout à fait se produire dans mon petit bureau, hein, faut pas se voiler la face. 

Par conséquent, j'ai échafaudé des plans pour échapper au tueur fou : m'enfermer dans les toilettes, sortir par la fenêtre en m'accrochant du mieux que je peux au grand sapin qui jouxte mon bureau, me cacher dans une armoire, utiliser un collègue grand et fort comme bouclier humain...

Y'a qu'un scénario que je n'ai pas encore imaginé dans mon esprit stressé : que ce soit moi qui pète un câble et tire un beau matin sur mon boss, mes collègues et surtout les clients, au risque de tacher les beaux murs blancs de grandes giclées de sang bien frais.

meusemoi

19
mar

Mes humeurs dans la Meuse

(paru la semaine dernière dans la Meuse)

Entendu récemment à la TV : 45 dollars la tasse de café à Miami.

Mais pas n'importe quel café, ma bonne Dame.  Un café « prédigéré ».  Oui, vous lisez bien, un café qui pousse je ne sais plus où, mais qui est, ça je le sais, prédigéré par une civette de la région.  On récupère ensuite les graines prédigérées dans... les excréments de ladite civette, et l'affaire est dans le sac. 

Internet m'apporte quelques infos complémentaires : il s'agit du Kopi Luwak, cultivé en Indonésie, et bel et bien prédigéré par les enzymes de l'estomac d'une civette portant le doux nom de Luwak.  Sa saveur serait douce, caramélisée et incomparable, mais sa production limitée à un peu plus de 200 kilos par an.

Ce qui explique dès lors le prix de ce café.  Un café qui connaît un franc succès.

Où va le monde, je vous le demande.

Passqu'à ce train là, je peux, moi aussi, prédigérer du café, du thé, du chocolat ou quoi que ce soit, et revendre mes excréments à qui voudra, pour en faire un breuvage vendu au prix du caviar, ou presque.

Mieux encore, et plus facile, je peux, s'il y a des amateurs, vendre des bouteilles remplies de l'air que je respire.  Ou de l'air que j'expire.  Ou, uniquement s'il y a des amateurs toujours, vendre des extraits de pets d'Anaïs Valente, c'est toujours de l'air, mais de l'air vraiment totalement indubitablement... personnalisé.  Et vu que je suis championne toutes catégories dans le domaine des ballonnements, ma fortune est assurée.

Non mais, sans blague, le monde devient vraiment un grand n'importe quoi, non ?

meusemoi

12
mar

Mes humeurs dans la Meuse

(paru la semaine dernière)

Jamais sans mon soutien-gorge

J'ai récemment remarqué une chose incroyablement incroyable, occupée que j'étais à regarder des dizaines de milliers de séries américaines (vive le streaming) : les actrices made in USA ne quittent jamais leur soutien-gorge.

Si je peux comprendre qu'elles soient « harnachées » pour faire du shopping, garder leurs marmots, parler à des morts ou courir après des bandits, je ne parviens pas à trouver la raison pour laquelle les scénaristes ne prévoient pas de déshabillage lors des scènes les plus torrides.

Docteur Mamour prouve sa virilité à Meredith ? Soutien-gorge.

Julian entraîne Brooke dans la chambre ?  Soutien-gorge.

Carlos démontre à Gabrielle qu'être aveugle n'a rien détruit de ses instincts bestiaux ?  Soutien-gorge.

Hank baise toute la Californie ?  Soutiens-gorges.

Quelles que soient l'heure et la position adoptée, le « porte loches » est de rigueur.

Il en va de la sorte pour toutes les séries américaines.  Alors que la France adore nous montrer un max de nibards, des petits, des gros, des plats, des rebondis, des fermes, des pendouillants... aux Etats-Unis, ils semble que les seins soient classés « secret défense ».

Outre le côté très asseptisé de ces ébats tournés en sous-vêtements, je trouve pour ma part que voir la femme ainsi accoutrée enlève toute crédibilité à la scène.  Déjà que les orgasmes obtenus en trois coups de cuillère à pot flanqueraient des complexes à toute femme normalement constituée, si en plus faut garder son balconnet pour atteindre le septième ciel, où va le monde ma bonne Dame.

Passque bon, ça vous êtes déjà arrivé à vous, Mesdames, de faire l'amour en soutien-gorge (exception faite dles petits coups rapides dans un ascenseur ou dans la réserve du bureau) ?  Si oui, contactez-moi, qu'on en débatte.

meusemoipt

6
mar

Mes humeurs dans la Meuse

Paru dans la Meuse la semaine dernière

Qui veut gagner des millions ?

La veuve d'un américain de 55 ans, décédé d'un cancer du poumon, vient d'obtenir 3 millions de dollars (deux pour elle-même, un pour son fils) d'un fabricant de cigarettes condamné par un tribunal de Floride.

Y'a qu'aux States que ce genre de truc arrive, ma bonne Dame.  Quoique... et si j'essayais ?

Je réclame un million d'euros à mon fabricant de lasagnes, pour taux de cholestérol en hausse.

Je réclame un million d'euros au TEC, pour tous les rhumes attrapés sur les barres des bus, dans les courants d'air et sur les quais.

Je réclame un million d'euros à mon éditeur, pour destruction neuronale consécutive à stress chronique.

Je réclame un million d'euros à mon ancien prof d'anglais, pour traumatisme permanent durant plus de deux ans.

Je réclame un million d'euros à tous les fabricants de chocolat, pour ma cellulite mal placée.

Je réclame un million d'euros à Dieu le père, pour cette pluie qui fait frisotter mes cheveux.

Je réclame un million d'euros à mon fastfood de la rue du Pont, pour ce kilo-là et celui-ci.

Je réclame un million d'euros à mon boss chéri, passque le travail c'est vraiment pas la santé.

Je réclame un million d'euros à la ville de Namur, passque j'ai failli m'étaler sur la neige récemment.

Enfin, je réclame un million d'euros à ma chère maman, passqu'elle aurait pu songer à me « pondre » blonde aux yeux bleus non myopes.  Na.

Au fait, ma prochaine chronique vous sera livrée toute chaude de l'île du Pacifique où je vais élire domicile dès que j'aurai touché mes millions.  Que du bonheur.

meusemoi

24
fév

Mes humeurs dans la Meuse...

Paru il y a peu dans la Meuse

Une fracture très très particulière

L'info qui a défrayé la chronique cette semaine, ce n'est pas la première bourde publique d'Obama, ce n'est pas le xième rachat de Fortis, ce n'est pas Justine Henin qui devient journaliste, naaaaaaaaan.

L'info de la semaine, c'est le Docteur Sloane qui s'est « fracturé le pénis ».  Enfin qui a eu le pénis fracturé par sa jeune et jolie (tiens ça sonne comme le mag' de mon adolescence) petite amie.

Je parle bien sûr du tout dernier épisode d'une de mes séries télé favorites, Grey's Anatomy.  Donc d'une fiction.  Une fiction, of course, ma bonne Dame, passque la fracture du pénis n'existe pas, puisque le pénis ne contient pas d'os, qu'on se le dise.  Ressortez vos vieux cours d'éducation sexuelle pour apprendre le B.A.-BA de l'érection.  Bref, point de véritable facture... ou presque, puisqu'il s'agit en réalité d'une rupture du corps caverneux (si vous ignorez ce qu'est un corps caverneux, ressortez vos vieux cours patati patata).

Le plus étonnant est que cet épisode semble avoir fait trembler tous les spécimens mâles qui peuplent l'Amérique, sans oublier tous les spécimens mâles européens qui regardent le streaming, puisque 65 % des recherches Google après la diffusion mentionnaient « fracture du pénis ».

Alors, Messieurs... on s'offre une petite crise d'angoisse ?  On va pratiquer l'abstinence durant quelques semaines, jusqu'à ce que cet épisode ne soit plus qu'un lointain souvenir ?  On va calmer les ardeurs de Madame tant que faire se peu ?  On va prendre des douches froides chaque soir ?

Je n'ai pour ma part qu'un conseil à vous donner : n'angoissez pas, continuez comme d'habitude, mais évitez si possible les positions tarabiscotées comme la brouette russe, la fleur de lotus inversée, le cavalier sur un orteil, le tigre féroce, la cuillère tordue et le tournicoti tournicoton.

Vous n'avez jamais entendu parler de ces positions ?  Tant mieux, vous ne courez dès lors aucun risque.  CQFD.

meusemoi