8
avr

Les humeurs d’Anaïs (6)

J’ai grossi. Enfin mon billet d’humeur a grossi. Il s’est empâté. J’aime bien ce nouveau format. Et, incroyablement incroyable, il est publié dans son intégralité. Miracle de Pâques. Bonne fête des cloches à tous, comme on dit véci.

Sens dessus dessous…

J’ai souvent en tête le scénario catastrophe suivant : je traverse cette énorme avenue, comme chaque matin à l’aube, au péril de ma vie, pour rejoindre mon ch’tit bureau adoré, et Paf l’Anaïs (sur le même thème que Paf le chien). Ambulance, infirmiers et médecin, aaaah, craquant le médecin (tant qu’à faire autant viser haut directement, infirmier, peuh). Je distingue ses traits séduisants au travers du sang qui colle sur mon pauvre visage tuméfié. Je sens que lui aussi est troublé par ma présence. Direction hosto. En route, vu mes nombreuses fractures et contusions, il me déshabille (et pas seulement du regard). Et c’est là que le drame national se produit : j’ai mis cette monstrueuse culotte grisâtre (qui fut blanche en des temps lointains) dont l’élastique s’est en partie désagrégé, qui n’a plus de culotte que le nom. Docteur Love est sous le choc. Tout espoir s'envole, il a perdu son petit air énamouré pour n’être plus que le professionnel qui soigne cette pauvre victime de l’amour.

Afin d’éviter de louper si aisément l’homme de ma vie, j’ai fait le serment de toujours, quoi qu’il arrive, mettre des dessous assortis.

Et chaque matin, dans un état semi-comateux, c'est la valse (ou la valse hésitation) des shortys anti-fesse-molle, des strings saucisson (allons, Mesdames, on a toutes connu ça, le string si moulant qu'on ressemble à une mutation génétique femme-salami dans son filet) et des balconnets-t'as-vu-y'a-du-monde… Etre belle dessous comme dessus !

Je me dois d'être fin prête !

Tenez ce matin par exemple j’ai mis mon str… euh non mon sho…, enfin non, finalement, c’est pas raisonnable, zavez qu’à deviner !

Reste tout de même un infinitésimal petit détail à régler : mes chaussettes trouées et mes jambes de yéti.

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photo bia-bouquet.be6

1
avr

Les humeurs d’Anaïs (5)

Voici ma chronique du jour.

Depuis plusieurs jours je me creuse la tête pour vous pondre une petite farce bien inattendue bien drôle bien mémorable. Rien. Nada. Niente. Pas d’inspiration. Un trou béant à la place du cerveau. Pourtant, un 7Dimanche qui sort le 1er avril, ça n’arrive pas tous les jours, croyez-moi. D’ailleurs, la prochaine fois, ce sera le 1er avril … 2012. Dans cinq ans ! Imaginez où j’en serai, où vous en serez, dans cinq ans. 1527 jours. 36648 heures.

Imaginons.

Dans cinq ans, on pourra percer un ballon de baudruche un premier avril sans provoquer des crises d’angoisse à l’attentat. Le terrorisme et les guerres auront disparu. (Et les mines antipersonnel, vous pouvez les anéantir d’un coup sec, si je le demande poliment ?)

Dans cinq ans, on pourra se balader en Namourette toute l’année, jouir d’une ville sans PV, regarder la TV pour zéro euro zéro eurocent. Les taxes auront été abolies. (Et contre les crottes de chien, vous pouvez faire quelque chose ?)

Dans cinq ans, on sera tous dans une forme éblouissante. Le vaccin anti-sida aura été diffusé sur l’entièreté du globe, tandis que l’inventeur du traitement anti-cancer recevra le prix Nobel. (Et le vaccin anti-stress, peut-on inventer le vaccin anti-stress ?).

Dans cinq ans, la poésie, la communication, la tendresse et le respect seront des matières obligatoires dans les programmes scolaires. L’école formera des Humains. (Et un cours de ménage-repassage-changement de langes-cuisine pour les gamins, on pourrait l’ajouter, dites ?)

Dans cinq ans, on aura inventé la cigarette sans fumée, l’alcool sans cirrhose, la voiture sans essence, le hamburger sans graisse et les barres chocolatées sans carie. Petits et grands seront ravis. (Et la frite-mayo zéro calorie, vous avez ça en stock ?)

Dans cinq ans, je serai mariée fière de l’être, je nagerai dans le bonheur et je me serai expatriée à Monaco (c’est très mode en Belgique en ce moment) après avoir fait fortune grâce à mon best seller. Et j’écrirai toujours mon petit billet dans ces pages… si vous le voulez bien. (Rassurez-moi, vous le voulez bien ?)

Et vous, dans cinq ans ?

Puisse tout ceci ne pas être un poisson d’avril !
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25
mar

Les humeurs d’Anaïs (4)

Vous aurez donc une heure de moins pour lire mon blog ce dimanche. Snif. Lisez tout de même ma petite chronique dominicale que voici.

Vous connaissez cette émission : Vis ma vie.

Je me verrais bien y participer, mais pas sur n’importe quel thème (vous en doutiez ?). Vis ma vie d’éboueur non, Vis ma vie de chirurgien non, Vis ma vie de pilote d’avion non.Mais Vis ma vie dans la jet set, ça je veux bien essayer. Vis ma vie de chroniqueuse je signe tout de suite. Vis ma vie de glandeuse j’y cours j’y vole. Vis ma vie au Festival de Cannes, j’en rêve. Je vais proposer à l’ex de Benji (Flavie) un melting pot de tout : Vis ma vie de jet setteuse journaliste glandeuse à Cannes. Je passerai ma journée à écrire des chroniques sur les stars internationales qui graviront les marches (quand il s’agit de grimper autant de marches avec des chaussures Manolo (j’ignore à quoi ça ressemble mais selon le Diable s’habille en Prada ce sont des godasses ultra chics) hissée sur des talons de 17 centimètres, on ne peut parler que d’ascension douloureuse), à me faire monter des petits dej et des plateaux repas ultra chic et à me faire masser par un grand brun musclé entièrement à mon service (j’ai bien dit entièrement). Flavie, t’es d’accord ?

Ils ont aussi un second thème : Vis ma vie – mon patron à ma place. Aaaah quel fantasme, mettre durant 24 h mon boss à ma place, lui donner des ordres, le faire bosser pour moi. « Jules, apportez-moi un café sans lait deux sucres » (je déteste le café mais pour l’occasion je veux bien m’y mettre), « Jules photocopiez-moi cela dix fois et que ça saute », « Jules allez me chercher un sandwich au saumon ». Je sens que je serais une vraie garce avec lui (ce qu’il ne mérite absolument pas car il est toujours très respectueux – jamais un compliment ni un mot qui laisserait entendre que mon travail est bien fait, mais jamais de critiques infondées ou de haussement de voix). Je mettrais Jules au standard téléphonique histoire de voir comment il s’en sort. Comme ça serait drôle. Je le lui ai déjà proposé, il a ri, juste ri. Je garde donc espoir de le convaincre (lui faire miroiter une entrevue avec la belle Flavie pourrait jouer en ma faveur). Par contre je crains que le retour à la réalité soit difficile pour moi, si du moins il n’est pas estampillé C4 immédiatement. Cela restera donc dans le domaine du rêve.
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Add. Nuages, mon chercheur officiel du net, que je remercie du fond du cœur, m’a fourni cette image de chaussure Manolo, si chiccccc non ? ça restera du domaine du rêve, de une j’en ignore le prix, de deux moi perchée si haut, dans mes rêves !manolo_bis

18
mar

Les humeurs d’Anaïs (3)

Un dimanche matin comme je déteste, il drache, il fait gris, la sinistrose assurée pour toute la journée. Et j’ai fait un cauchemar (mais c’est une autre histoire que je vous conterai tout à l’heure). Je me lève, dès potron-minet (waw j’avais tellement envie de la placer un jour, cette expression), tel un zombie épuisé, et je me traîne à la boulangerie. J’ai une folle envie de croissants, d’autant que j’ai acheté une confiote fraises rhubarbe qui m’a l’air succulente… et light ! Croissant + confiture light = absurdité de la vie d’Anaïs. De l’ANCIENNE vie d’Anaïs. Je mangerai ma new confiture avec du pain, voili voilà.

L’avantage de cette boulangerie est que, parce que l’énorme caisse (ils ont doublé le stock depuis que j’ai ma chronique) de 7Dimanche, bien verte, trône à l’entrée, et par un savant jeux de miroirs, je « sais », bien avant d’arriver, que ma feuille de chou dominicale m’attend sagement. Dix mètres avant la ligne d’arrivée, je commence déjà à frémir tel un scampi dans une poêle, à me réjouir, à stresser (et s’ils avaient décidé d’arrêter les humeurs d’Anaïs ?), à vibrer (ça sera quoi cette semaine ?).

Enfin, j’arrive à destination et je saisis fébrilement mes deux exemplaires (un que je garde entier, histoire de montrer à mes petits enfants « regardez les mioches, les débuts de votre célébrissime mère-grand », un ousque je découpe consciencieusement la chtite chronique pour la ranger dans une farde – farde que je n’ai pas encore, d’ailleurs, faut que j’investigue pour en trouver une jolie).

Je m’abrite dans le renfoncement d’une vitrine et je lis (ouais je sais, c’est débile de ne pas pouvoir attendre, mais j’assume ma débilité chronique). Et là, aaaaaaaaaaargh, une faute. My God, Mon Dieu, mon dimanche est définitivement anéanti, y’a une faute dans ma chronique. Oh c’est nin possip’, ça doit être 7Dimanche qui a mal retranscrit, je vais les …, les … et aussi les … Je rentre dare dare dans mon home sweet home glacial, j’allume le PC hystériquement, et j’ouvre le document chéri. Patatras, ma vie s’écroule lamentablement : c’est moi qui ai fait la faute. Je vais me …, me … et me … Voilà ce qui arrive quand on envoie un billet en express, sans le relire attentivement. Ça m’apprendra !

Résultat (sans la fôôôôôôôôte) :

Ma liberté de choisir

Je bosse à temps partiel. Et j’assume.

Parce que… oups.

Voilà, je l’écris moi-même spontanément, ce « parce que ». Cette justification que tout le monde attend. On doit toujours tout justifier en ce bas monde, et que la justification soit sensée et acceptable par la société, sinon gare à tes fesses ! Je passe déjà mon temps à justifier que je sois célibataire à mon âge avancé (mais tu fais quoi pour te trouver un mec convenable, dépêche toi, vite vite, et à ton âge, ne fais plus la fine bouche), que j’ai pas d’enfants (attention hein, le temps passe, dépêche toi, à ton âge tes chances d’être fertile sont en train de se dilapider à la vitesse grand V), que ceci, que cela, me voilà maintenant obligée de justifier mon emploi du temps !

La vrai raison est simple : je ne vois pas pourquoi j’irais me tuer à bosser cinq jours entiers par semaine, alors que je peux en bosser moins et utiliser ce temps libre pour moi (on n’est pas des bêtes tout de même).

Vient alors la question piège : mais qu’est-ce que tu fais pendant ce temps, chèèèèèèèèèèèèèèère Anaïs ?

Traduction : Ben oui quoi, qu’est-ce que tu fais vu que t’as pas de gosses à aller chercher at school, pas de vieille grand-mère à veiller chaque soir, pas un job de serveuse le soir à mi-temps, pas de mari à qui préparer un bon petit repas, bref toi qui n’a aucune raison VALABLE de ne pas venir comme tout le monde faire tes huit heures de turbin quotidiennes, qu’est-ce que tu fous, hein, allez avoue, crache le morceau.

Alors je laisse planer un doute … je suis agent secret, glandeuse de 5 à 7, maîtresse d’hommes mariés, prostituée à mes heures, chroniqueuse célèèèèèèèb, pilote de l’air, blogueuse anonyme, bénévole dans un centre de réfugiés, caissière blonde chez Delhéééés, liée à un grand présentateur de RTL TVI mais je peux pas dire qui, testeuse professionnelle de matelas chez Ikéa, membre du panel TV et condamnée à la regarder 18h/24 (jolie condamnation), journaliste chez Flair, femme de ménage chez ma voisine. Tout est possible avec tant d’heures de liberté chérie…

Et ça râle, ça jacasse, ça cancane. Anaïs on l’aime pas, elle est égoïste de ne pas faire temps plein comme tout le monde (jalousie), elle a gagné au Lotto ou quoi de pas devoir faire temps plein comme tout le monde (jalousiiiie), elle est paresseuse si elle veut pas faire temps plein comme tout le monde (jalousiiiiiiiiiiiiiiiiiiiie).

La bave du crapaud n’atteindra pas la blanche colombe. Sauf si le crapaud est un prince charmant à qui une méchante sorcière a jeté un sort, bien sûr.


A noter que dans la publication, zont remplacés Flair par 7Dimanche, pas folles les guêpes !3

17
mar

Une fois dormir

Vous vous demandez quel sera le thème du billet de demain dans 7dimanche, je m’en doute. Je ne doute pas que c’est votre principal sujet de préoccupation ce samedi soir. « Va-t-elle nous bassiner avec son célibat, son gras, ses fantasmes, ses râleries incessantes ou ses petites joies ? ».

Et bien vous ne le saurez … que demain.

Parce que moi aussi, je le saurai demain. Et oui, chers fidèles de la secte-Anaïs, nous sommes logés à la même enseigne… Ma surprise sera pareille à la vôtre, demain… Mon attente en me rongeant les ongles est identique à la vôtre.

Quelle cruauté cruelle.