6
mai

Les humeurs d’Anaïs (10)

Les défauts d’Anaïs

Anaïs, elle est susceptible.

Et il y a une chose à ne jamais me dire. Jamais.

JAMAIS.

« Tu es susceptible, toi ! »

Logique.

Pourtant, nombreux sont ceux qui prennent un malin plaisir à me le dire « tchu, t’es susceptible » « ouh me regarde pas comme ça, quelle susceptibilité ma parole » « Ohlala Anaïs sois pas si susceptible, je rigoooole ».

Faut-il n’avoir qu’un neurone pour dire à quelqu’un de susceptible qu’il est susceptible, non ? Non ? Ben si ! Dire à quelqu’un de susceptible qu’il est susceptible, c’est comme dire à un gros qu’il est gros. Il le sait, pas besoin de le lui rappeler, ça va heurter sa… susceptibilité. Ben voyons.

Et moi, vu que, quand je râle, c’est totalement l’inverse de quand je ris, à savoir que quand je râle, ça se voit, ça se voit vraiment vraiment, et ça crée de grosses tensions, quand je tire une gueule d’enfer mais que je dis « non, non je râle pas » des éclairs plein les yeux (mes yeux peuvent devenir un orage violent un soir d’été en moins de temps qu’il ne faut pour me dire « comme t’es susceptiiiiip Anaïs »). Mes yeux foncés lancent de tels éclairs que tout est clair, éclair ! Et pourtant j’essaie, de ne pas râler, je me conditionne, je mords sur ma chique, mais c’est plus fort que moi, je rumine, je ressasse, je me questionne durant des jours (et durant des nuits), « mais pourquoi on m’a dit ça, essqu’on m’aime pas ? essque j’ai fait kééékchose de mal ? ». Alors que l’auteur du délit n’a même plus aucun souvenir de m’avoir fait la moindre remarque ! Passqu’en plus d’être susceptiiiip, je suis rancunière… mais c’est une autre histoire.

Au secours docteur psy.

29
avr

Les humeurs d’Anaïs (refusé)

censure

Et voici le billet que j’avais proposé mais qui a été refusé et remplacé par « mon cœur, mon amour ». A savoir que j’ai fourni un stock de billets pour plusieurs semaines, mais qu’en fonction de l’actualité, de mon inspiration ou de mes envies, je propose parfois autre chose pour un dimanche bien précis, en l’occurrence le Télévie de samedi prochain. Je m’en voudrais de ne pas publier ce billet que j’aime beaucoup.

Le crabe

Détrompez-vous, je ne vais pas vous narrer une journée à la côte belge, avec son lot de coquillages, de châteaux de sable, de vagues frigorifiantes, avec ses gaufres et ses glaces, avec son repas en terrasse fait de moules, soles ou autres crabes.L’heure est grave.

Samedi prochain, la télé œuvre pour la vie. Elle se monopolise pour la recherche contre le crabe, pas le crabe mayonnaise, le méchant crabe, qui attaque au hasard, qui ne lâche ses proies qu’au prix de lourds traitements et d’un combat souvent inégal.

Je sais, vous êtes tellement sollicités de toutes parts (pour soutenir les blessés du gros orteil droit à Wagadougou, pour interdire la vente de fourrure de mygales, pour lutter contre la peste des fourmis d’Egypte) que vous ne prêtez plus aucune attention à ces courriers qui envahissent vos boîtes, à ces hommes et femmes qui tentent de vous vendre de l’ONG aux caisses de supermarché.

Je sais, je sais. Je suis un peu pareille également.

Mais le crabe frappe sans merci, sans répit. Demain, je serai peut-être sa victime. Demain, vous serez peut-être ses victimes.

Alors, ce samedi 5 mai, lorsque vous serez derrière votre écran, que vous entendrez parler du Télévie, dont la grande soirée de clôture se déroule dans notre capitale de la Wallonie (waw), ne fermez pas vos yeux, ne bouchez pas vos oreilles, souvenez-vous du billet d’Anaïs, saisissez votre téléphone et donnez. Un euro, dix euros, un million d’euros, comme on le dit «les petits pavés font les grandes avenues».

Et si je ne vous ai toujours pas convaincus, sachez que, lors de votre appel, vous aurez peut-être la chance de proposer votre don à un animateur de la chaîne privée belge, ou, mieux, la très grande chance, que dis-je, l’extrême honneur, la joie ultime, de proposer votre don à … moi-même. Oui, vous avez bien lu ! Si c’est pas une super bonne nouvelle ça…

Alors, convaincus ?

29
avr

Les humeurs d’Anaïs (9)

Voici le billet publié ce dimanche.

« Mon cœur, mon amour »

« Je hais les couples qui me rappellent que je suis seule », chante Anaïs. Pas l’Anaïs qui signera ce billet, votre dévouée, mais l’autre, celle qui chante.

Ce morceau résume mon état d’esprit du moment. En un tout petit minuscule (microscopique) quart d’heure, j’apprends la naissance de deux histoires d’amour. Deux ! Voilà donc quatre personnes amoureuses alors que je me morfonds devant ma TV (sans même une de mes séries débiles vénérées pour me consoler, que le monde est cruel).

Je bave d’envie, je rage de jalousie, je me liquéfie de désespoir, je me tuméfie de sinistrose. Pourquoi pas moi ? Je veux et j’exige (à répéter vingt fois) une réponse. POURQUOI PAS MOI ?

Je sais, je sais, inutile de me faire la morale, je devrais me réjouir du bonheur des autres, d’autant que ce sont de bonnes copines, qui méritent l’amour avec un grand A, les chabadabas, les déclarations enflammées et tout le saint tremblement. D’ailleurs je vais me réjouir, les féliciter, écouter leurs bonheurs, accepter la présentation de l’élu, tenir la chandelle à chaque sortie, les regarder se bisouiller sans arrêt et faire semblant que ce bonheur qui m’explose à la figure ne me fait rien de rien.

Et dans mon for intérieur, le petit démon jalousie va me faire imaginer un scénario digne du pire des films d’horreur. Je les invite, tous les quatre (autant faire d’une pierre quatre coups) à une sympathique petite soirée entre amis. Dès leur arrivée, je leur propose un jeu, je les oblige, sous la menace, à se mettre entièrement nus. Première honte : exposer qui sa cellulite, qui ses bouées ventrales à l’élu de son cœur. Je les enduis ensuite de miel et je lâche un ours. On va voir ce qu’on va voir ! Non mais, on ne peut impunément exposer son bonheur tout neuf à Anaïs sans risquer des représailles dignes de ce nom. Seul problème… où trouver un ours féroce de nos jours ? Je ne connais que ce bon vieux Nours de mon enfance, tout câlin tout doux. Et puis si l’ours féroce préférait ma chair moelleuse à la leur ? Et puis la prison, très peu pour moi, j’aime pas la bouffe de cantine.

Bon. Je resterai la gentille Anaïs, la douce Anaïs et je me contenterai de leur servir mon succulent plat de spaghetti bolognaise home made (merci les bocaux), avec un grand sourire du type « zêtes mignons les petits zamoureux ».

Au fait, arsenic ou mort aux rats dans la sauce bolo ?
9

22
avr

Les humeurs d’Anaïs (8)

Quelle surprise ce matin en voyant la place que je prends dans le 7Dimanche. Heureusement que j’ai renoncé à acheter un croissant avec le 7Dimanche (pour cause d’arrivée imminente de bourrelets bien gras), je me serais étranglée avec de stupéfaction. A ce train là, j’aurai bientôt une page entière pour délirer tranquille… (si du moins ce train là ne fait pas grève – oh je sais c’est mesquin de narguer ainsi mon Boulu préféré).

Autre surprise, je m’attendais à un autre billet, que j’aime (j’en ris toute seule, c’est grave docteur psy ?). Mon « chef » à 7Dimanche m’avait bien dit qu’il adorait le « pour ou contre »… A croire qu’il n’aura pas su attendre une semaine de plus… petit filou.

Vu que « pour ou contre » n’est pas très grand (ben oui quoi, maintenant je me force à écrire mes billets du 7Dimanche sur des confettis pour être sûre qu’ils soient publiables – je sais chuis trop bavarde on me le répète sans cesse), donc vu la taille, zont rajouté mon tout tout tout tout tout tout tout premier billet, là ousque je me présentais (ça n’était jamais paru). En réalité, il reste plus de la moitié de la présentation à publier une autre fois : zavez pas remarqué, je parle des écharpes Strelli mais pas des lasagnes Farniente, ça prouve bien qu’il manque une partie, isn’t it ?

Je lis avec stupeur que « ma plume incisive et mon anonymat suscitent bien des commentaires »… Je le savais qu’une horde de fans envahissait régulièrement la rédaction de 7Dimanche en menaçant d’étrangler mon « chef » avec une écharpe Strelli s’il ne révélait pas mon adresse, j’en étais sûre que les mails tombaient par milliers dans la boîte du rédacteur en chef de ma feuille de chou dominicale préférée. Je vais bientôt devoir engager une secrétaire pour répondre à tout mon courrier. Mais moi, je n’oublierai pas sa fête, le 3e jeudi d’avril… (ouh comme je me la pète avec ma quasi demi page ce dimanche)

Pour ou contre ?

Je lis un des mini sondages très en vogue en ce moment dans les magazines belges, et qui fleurissent sur les sites web comme les jonquilles à l’approche du printemps : « pour ou contre les sites de rencontres ? »

Comment ça « pour ou contre les sites de rencontre » ???

Je ne comprends pas du tout le sens de cette question ridicule. Comment pourrait-on être « contre » les sites de rencontres ? En vertu de quoi ? Pourquoi être contre une initiative somme toute sympa, malgré ses dérives (et je suis bien placée pour les connaître, les dérives : entre les plans Q, les plans X, les plans F comme foireux, toutes l’alphabet va y passer) ?

C’est un peu comme si on demandait « pour ou contre le chocolat », « pour ou contre l’orgasme », « pour ou contre les fous rires », « pour ou contre le bonheur », « pour ou contre l’amour ».

Le principe de la rencontre est en soi hyper positif, que ce soit pour l’amour d’une vie, d’une tranche de vie ou d’une nuit, que ce soit par le biais d’une marieuse, d’une agence matrimoniale, dans une discothèque ou sur un site internet. Après tout qu’importe, l’important c’est d’aimer (Obispo). Qui sont encore ces rabat-joie qui sondent le peuple sur des choses sympas ? Pourquoi pas « pour ou contre la guerre en Irak », « pour ou contre le mariage des chiens », « pour ou contre le billet d’Anaïs », qu’au moins le débat soit possible !

Comme le disait la pub anti-sida (du temps de ma jeunesse), moi je suis contre ceci, contre cela, contre, contre, contre, contre… tout contre…

Au fait, 56 % des sondés se déclarent en définitive contre les sites de rencontres. A coup sûr, ce sont 56 % de mariés fiers de l’être. Peuh.

Je suis à 100 % contre les mariés fiers de l’être, na.


Mais qui est Anaïs, cette jeune Namuroise mystérieuse ? Anaïs nous a rejoint depuis quelques semaines et, comme sur Internet, sa plume incisive et son anonymat suscitent bien des commentaires. Qui est-elle ? Est-ce qu’elle invente ou pas les détails de sa vie privée qu’elle livre ainsi en pâture au public ? Anaïs a accepté de se dévoiler un peu, un tout petit peu, en quelques phrases…

Anaïs est belge mais surtout et pour toujours namuroise.
Elle est célibataire mais partage sa vie avec un rat.
Elle adore les écharpes Strelli et les chaussettes Wibra.
Elle est teigne mais peut-être adorable si elle veut.
Elle est un tantinet obsédée mais ne pratique actuellement que le safe sex (l’abstinence).
Elle est hypocondriaque mais pas du tout maniaque.
Elle est tellement indépendante mais désespérément fleur bleue.
Elle est raide dingue de séries télé débiles.
Elle collectionne les trucs en –ite (bronchite, collectionnite, bordélite…)
Elle a autant de coups de cœur que de coups de blues.
Elle ne cuisine pas mais accepte de faire la vaisselle.
Elle recherche l’homme idéal mais sait que ce n’est qu’illusion.
Elle rêve d’un homme galant mais pas trop gnangnan.
La suite …lors d’un prochain épisode.
8

15
avr

Les humeurs d’Anaïs (7)

Ce dimanche, mon billet a encore grossi. J’ai maintenant droit à mon quart de page. Youpie. Je suis persuadée que c’est grâce à l’intervention de mes millions de lecteurs qui réclament de l’Anaïs, encore plus d’Anaïs… Ou alors, zavaient rien à raconter sur Namur en ce dimanche plein de soleil ? Quoi qu’il en soit, je m’en moque, je suis contente, ma chronique est parue en intégralité, bien qu’elle soit plus petite que mes billets précédents, j’ai un quart de page, la vie est belle, y’a du soleil, je suis la plus jolie du pays de Candy, je vais bronzetter un peu, manger léger, lire, me promener, en profiter et voilà voulou.

Tout ça pour vous mettre un peu de baume au cœur avant la lecture de ce billet, somme toute, un tantinet tristounet. Have a nice day.

Les humeurs d’Anaïs : marié deux enfants

Je lis dans la presse « mort d’un homme de 30 ans, marié deux enfants en bas âge ».

Un décès n’est-il pas un décès, point barre ? Non, il est clair que si le défunt est jeune, c’est très triste. Si le défunt est jeune et marié, c’est dramatique. Si le défunt est jeune, marié et père, c’est une catastrophe. Et s’il est jeune, marié et père d’enfants très jeunes, c’est un cataclysme.

Je ne peux le nier, le décès d’une personne jeune est plus inconcevable, révoltant. La logique des choses voudrait que les seniors nous quittent avant, eux qui ont déjà eu une longue vie, réussie ou pas.

Ainsi, moi qui ne suis ni mariée ni mère (mais encore jeune, je l’affirme), n’aurais-je aucune valeur marchande sur le marché de la tristesse journalistique ? « Anaïs est décédée hier, malgré son âge encore relativement jeune, elle ne laisse aucun époux triste, aucun enfant, réjouissons-nous, sa mort n’attristera pas grand monde ». Brrrr ça me fait froid dans le dos.

Il faut se rendre à l’évidence, ma mère sera inconsolable face à cette erreur de la nature (après tout c’est à elle de partir en premier, snif), mon père sera indifférent comme toujours, mes amis seront un peu tristes puis m’oublieront, mon boss sera complètement sous le choc « mon dieu qui va reprendre ses dossiers, elle a bien choisi son moment ! ». Quant à vous, lecteurs, vous ne réaliserez pas le drame qui se noue. En l’absence de nouveaux billets, absence qui perdurera, vous penserez « Vilaine Anaïs, elle a dû rencontrer l’amour et elle nous plante là, comme ça », puis vous irez vaquer à d’autres occupations et la vie continuera.

Dans tous les cas, la vie doit continuer, mais certaines pertes sont plus regrettables que d’autres… Je fais partie des autres, faut pas se leurrer.
7