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jui

Les humeurs d’Anaïs (14)

Un petit coup et puis s'en va

Je suis sciée. Sidérée. Stupéfaite. Par le nombre de femmes qui pratiquent ou ont pratiqué au moins une fois le "coup d'un soir" : quasi plus de 60 %. Et plus de 50 % d'entre elles sont prêtes à renouveler l'expérience (source : Flair).

Adieu les femmes à la Laura Ingals, romantiques, douces, fidèles, aimant l'amour et la tendresse. Celles qui cherchent une relation stable et durable. Qui s'habillent chez Laura Ashley et qui aiment encore les dîners aux chandelles avec un homme galant qui leur fera la cour des semaines durant avant de tenter un chaste baiser (bon j'exagère un tantinet, mais vous suivez mon raisonnement j'imagine).

Vive les femmes à la Lara Croft, fonceuses, lubriques et n'aimant que le sexe, rien que le sexe. Celles qui cherchent le plaisir à tout prix, au détriment de toute autre chose. Qui s'habillent chez Morgan et qui aiment la relation expéditive, la satisfaction du besoin immédiat sans autre forme de drague.

Anaïs il est temps que tu voies la réalité en face. Nous sommes en 2007. Faut évoluer !

Pour tout vous dire, je fais moi aussi partie de ces 60 % ayant essayé … mais également des 50 % qui ne souhaitent pas réitérer. J'en garde un souvenir impérissable au niveau nullité absolue : noyée par l'alcool, je me suis quasi endormie, et ensuite enfuie comme une voleuse pour regagner mes pénates et mon lit king size de célibattante.

Rien à faire, je resterai toujours une femme qui se fringue en Strelli (écharpe uniquement, vu mon budget limité d'employée basique) et attend encore le prince presque-charmant, même si l'idée du bel inconnu qui surgit dans ma vie pour une nuit, rien qu'une nuit, me séduit un tantinet… mais c'est une autre histoire que je vous raconterai ultérieurement ! Promis…
14

27
mai

Les humeurs d’Anaïs (13)

Les phrases qui tuent

On y passe tous un jour. Comment ça, pas vous ? Vous ne perdez rien pour attendre. Elles vous guettent au coin d’une bouche : les phrases qui tuent. L’air de rien. Ni vues ni connues. Elles s’immiscent au détour d’une conversation anodine. On ne les attend pas. On les prend en pleine poire. Au départ on dirait presque un compliment, mais la chute est lourde, très lourde. Souvent, on est tellement éberlués qu’on ne trouve rien à répondre. On reste paf (paf la célibattante, paf l’écrivaine en herbe, paf le thon, pas l’amoureuse), bouche bée, yeux tremblants, mains grandes ouverte (ou l’inverse). Et on les ressasse, des mois, des années durant. Je dis « on », mais je pense « je ». La flemme de remplacer ces « on » par des « je » et surtout d’accorder les verbes, vous me pardonnez ?

Bien sûr, y’a les phrases qui tuent les célibattantes : « alors, toujours célibataire ? Oui ! Mais tu t’envoies en l’air parfois, tout de même ? », « Quand est-ce que tu nous présentes enfin ton petit copain ? »

Y’a également les phrases qui tuent les amoureuses : « T’as un joli décolleté, mais je trouve que tu devrais faire du banc solaire », « Ouf, mini mini la jupe, dommage que tes jambes ne soient pas parfaites », « Viens dans mes bras mon cœur, aaaargh, t’as pas un peu forci ces derniers temps ? »

Ensuite y’a les phrases qui tuent les écrivaines en herbe : « J’ai lu ton dernier billet d’humeur, ben t’écris bien quand même, finalement ! », « T’as vraiment des lecteurs dans 7dimanche ? »

Enfin y’a les phrases qui tuent les thons « Meuh non t’es pas moche, mais la fille là-bas, par contre, elle, elle est super jolie tu trouves pas », « Pas mal ta nouvelle coiffure, ça change de la coupe informe que tu arbores depuis vingt ans »…

A l’avenir, avant de prononcer une phrase qui tue, tournez-la sept fois entre vos neurones.

 

Add. du 30/5 : nouvelle phrase qui tue "Anaïs, n'essaie pas de rentrer dans la voiture, elle est trop près du mur, même si tu étais mince tu n'y arriverais pas"... 1313bis

 

 

20
mai

Les humeurs d’Anaïs (12)

Ce matin, je suis fatiguée. Mais je dois aller chercher mon 7Dimanche. J’ère dont jusque la salle de bains, je m’habille tant bien que mal, et je pars vers la boulangerie, avec pour projet, exceptionnellement, de prendre deux croissants pleins de beurre au beurre.

Je mets mon manteau, je sors de chez moi, je ferme la porte à double tour. Je fais deux cents mètres, lorsque je réalise que ma démarche est étrange. Lente. Et pour cause, baissant les yeux vers le sol, je réalise que j’ai gardé mes pantoufles. D’immondes charentaises aussi glamour qu’un pot de chambre rempli. Détail qui tue : le motif peau de vache desdites charentaises… (qui a dit « ça lui va bien, la peau de vache ? »)

Ça ne m’était jamais arrivé, encore… J’en ai souvent rêvé. Je viens de le vivre. Retour au pas de course at home, pour autant qu’on puisse courir avec des peaux de vache aux pieds.

Je vous le promets, cet après-midi, sieste obligatoire. Y’a plus d’jeunesse.

Peurs primales

Les zhommes ont peur d'être catalogués "PT". Petit Trilili. Trop petit, trop fin, trop mou, trop inactif, et j'en passe… Voilà leur obsession. Quelle angoisse dans les vestiaires du club de sport : et que j'essaie de regarder celle du voisin histoire de me rassurer, et que je compare à vue de nez les différents formats…

Franchement, il est temps de cesser de croire que votre engin de mâle en rut est le seul maître à bord du bateau de l'amour (waw comme je suis romantique) : y'a des monceaux d'autres choses à faire en sus (sans mauvais jeux de mots) de l'acte en lui-même : dois-je vous faire un dessin ? Vous expliquer les 1001 façons de rendre une femme folle de désir ?

Oyé oyé, soyez donc rassurés Messieurs : la majorité d'entre nous se contrefiche de la taille de votre sexe tant vénéré. Ce qui compte, c'est la performance, les compétences, la tendresse, la douceur et l'harmonie.

Et lorsque je parle d'harmonie, j'entends harmonie des corps. Saviez-vous que le Kama Sutra (qui n'est pas qu'un recueil de positions tarabiscotées réservées aux athlètes) classe les hommes, selon la grandeur de leur sexe, en « lièvres », « taureaux » ou « étalons ». Les femmes sont, elles, classées en « biches », « juments » ou éléphantes ». Il vous reste à trouver votre alter ego en matière de taille, et le tour est joué, à vous la belle vie.

J'imagine d'ici la nouvelle tactique de drague "bonsoir, vous habitez chez vos parents ? vous faites quoi dans la vie ? je peux vous offrir un verre ? êtes-vous biche, jument ou éléphante ?". ll suffit ensuite d'éviter la claque, d'expliquer le raisonnement Kama Sutresque, et je vous promets des nuits torrides pour les siècles des siècles. Amen.

Demain je m'y mets "Jeune biche bien sous tous rapports cherche lièvre même âge pour rapports harmonieux, écrire au bureau du journal avec mensurations".
12

13
mai

Les humeurs d’Anaïs (11)

Et voilà le billet choisi…

Pendre la crémaillère de façon… originale

Avez-vous vous aussi déjà eu cette idée saugrenue qui me traverse systématiquement l’esprit lorsque j’ai un nouveau logement : l’envie d’inaugurer chaque pièce avec mon Namoureux (du moins quand j’en ai un…). Quand je parle d’inaugurer, vous avez compris j’espère, nul besoin de vous faire un dessin, hein ? Rassurez-moi, vous y pensez aussi, hein, dites-moi, histoire de me confirmer que je ne suis pas une obsédée perverse qui ne pense qu’à ça ?

L’autre jour une amie m’annonce « ça y est on a les clés de notre nouvel appart ». D’abord j’entame les considérations d’usage (mais déjà la luxure envahit mon esprit) : « t’as pris quelle couleur pour le carrelage de la salle de bains, chauffage mazout ou gaz, cuisine équipée ou pas, balcon, orientation, travaux à faire, date de déménagement… », bref tout ce qui démontre un intérêt grandissant pour leur petit nid d’amour (bisque bisque rage, mon nid d’amour à moi attend toujours le père oiseau, ça doit être un oiseau migrateur frileux qui refuse de revenir dans le Nord ma parole).

Elle m’annonce ensuite que l’intégralité des autres appartements, bien que terminés, sont inoccupés et, comble du comble, ouverts, accessibles, vides, libres ! Mon imagination se met en puissance mille niveau délirium tremens.

Et j’ose lui faire ma suggestion : « oh la la, mais c’est génial ma chérie, tu vas pouvoir repérer les chambres de tous les autres apparts avec ton homme et y faire l'amour, sans en oublier une seule (et les salles de bains aussi, et les cuisines aussi… si vous en avez l’énergie et l’envie). Songe aux années à venir, quand vous connaîtrez vos voisins, que vous irez prendre l’apéro les uns chez les autres, garderez vos enfants respectifs, vous raconterez vos petits secrets… toi et ton Namoureux, vous aurez toujours, bien au chaud, ce début de fou rire en songeant que vous avez été les premiers à pendre la crémaillère de la débauche chez eux ! »

Depuis cette suggestion, elle ne répond plus à mes mails, ignore mes SMS. Y’a un lien ? Aurais-je outré sa pudeur par mes idées bizarres ?
11

13
mai

Les humeurs d’Anaïs (refusé)

censureÇa va devenir une habitude, le billet proposé pour ce dimanche a été refusé. Sans préavis. L'avantage est que vous avez donc deux billets pour le prix d'un, si c'est pas une affaire ça ma bonne Dame ! Moi qui envisageais de faire une surprise à ma môman. J’allais arriver à l’improviste, « bonne fête patati patata ». Ensuite, je lui tendrais, l’air grave, l’extrait du 7Dimanche. Elle le lirait et, bien sûr, s’exclamerait « Oooooh ma chérie d’amour, comme c’est joliment écrit, merci de m’avoir découpé ça ». Et je répondrais, d’un air conspirateur « Oooooh mais Môman, non seulement je te l’ai découpé, mais je te l’ai écrit ». Elle s’exclamerait « Ooooooh ma chérie d’amour, c’est nin possip, c’est donc toi cette talentueuse jeune femme que je lis avec assiduité chaque Dimanche, qui teste des vibros, qui divague et fantasme sur des bruns ténébreux, qui dépense son argent à des robes de cocktail ou des écharpes Strelli, je suis tellement fièèèèèèèèère de toi… » Et là, elle s’évanouirait. Drame. Les urgences. Vite. Rien de grave. L’émotion, rien que l’émotion. Champagne à la gloire d’Anaïs, etceteri etcetera…

Mes plans s’effondrent comme la Tour de Pise menace de le faire depuis 1174 (quéééé culture hein).

Donc je vous le publie tout de même, et j’en profite pour souhaiter aussi une heureuse non-fête des mères à toutes celles qui ne sont pas maman. Après tout hein, je vois pas pourquoi les mamans auraient le monopole de cette journée, on est toutes maman de quelque chose : d’un chat, d’un chien, d’un rat, d’un blog, d’un dessin, voire simplement maman dans le fond de ses tripes et de son coeur …

Voilà voilà :

A elles.

Aux mamans fêtées, aux mamans oubliées, aux mamans réelles, aux mamans virtuelles, aux mamans câlins, aux mamans chagrins, aux mamans colliers de nouilles, aux mamans collages en feutrine, aux mamans sévères, aux mamans rigolotes, aux mamans d’hier, aux mamans d’aujourd’hui, aux mamans plaisir, aux mamans sourires, aux mamans endeuillées, aux mamans chagrinées, aux mamans césarienne, aux mamans vergetures, aux mamans amoureuses, aux mamans malheureuses, aux mamans d’hier, aux mamans d’aujourd’hui, aux mamans poules, aux mamans coqs, aux mamans douceur, aux mamans rigueur, aux mamans biberons, aux mamans nichons, aux mamans fleuries, aux mamans furies, aux mamans incomprises, aux mamans bêtises, aux mamans gâtées, aux mamans désoeuvrées, aux mamans landaus, aux mamans sacs ventraux, aux mamans au foyer, aux mamans PDG, aux mamans en devenir, aux mamans en attente, aux mamans célibattantes, aux mamans rêves, aux mamans uniques, aux mamans multiples, aux mamans esseulées, aux mamans entourées, aux mamans valseuses, aux mamans rockeuses, aux mamans absentes, aux mamans en cendres, aux mamans de sang, aux mamans de cœur, aux mamans bonheurs, aux mamans rétros, aux mamans « yo », aux mamans orgueilleuses, aux mamans malheureuses, aux mamans bio, aux mamans petits pots, aux mamans coincées, aux mamans délurées, aux mamans cadeaux, aux mamans bobos, aux mamans Dior, aux mamans en or, aux mamans tendresse, aux mamans paresse, aux mamans multicolores, aux mamans multiculture.

A elles toutes, à vous toutes, et à la mienne…

Bonne fête.