16
sep

Les humeurs d’Anaïs (24)

Qué novèles ?

C’est un week-end chargé que celui-ci pour Namur et ses habitants.  C’est le week-end que j’attendais impatiemment, lorsque j’étais encore étudiante (qui a pensé « alors, ça fait un bail » ?), car il compensait divinement la dure réalité de la rentrée scolaire qui précédait.

Je vous l’avoue humblement, et vous pouvez me croire, pour moi, les Fêtes de Wallonie ont toujours été très « soft » : concerts (ah les concerts du Grognon en pleine semaine, avec les stars des hit-parades d’antan), feux d’artifice (dans mon jeune temps, tirés de la Citadelle), hamburgers et sucre à volonté, et surtout, surtout, des heures et des heures à arpenter les rues namuroises et à patienter dans les bouchons de la place du Vieux et du piétonnier.

Bref, un week-end fatigant, amusant et gras, mais pas spécialement alcoolisé.  Non non, je le jure sur la tête des escargots de la place d’Armes.

Bon, y’a bien eu cette fois où j’avais un chouia abusé de péket et où j’ai usé de mon charme fou pour séduire tout spécimen mâle qui passait à ma portée (25, j’espère qu’aucun d’entre eux ne lit ce 7dimanche), mais y’a prescription.

Bon, y’a aussi eu cette fois où j’avais un chouia abusé de péket et où j’ai fait un concert improvisé des grands succès de Marie Laforêt lors d’un karaoké public (j’espère aussi qu’aucun lecteur ne s’en souvient), mais y’a aussi prescription.

Depuis lors, je suis redevenue une très sage fille.  Super sage.  Hyper sage.  Jusqu’à cette année…

Car cette année, Namuroises, Namurois, le mot « péket » est entré officiellement dans le dictionnaire, en grand belgicisme devant l’éternel.  C’est ty pas une bonne nouvelle ça une fois ?

Alors faut bien fêter ça, Mesdames et Messieurs…

Je fêterai dès lors dignement l’officialisation du mot « péket ».  Et je compte sur vous pour faire de même.

Bonnes fiesses à tous !
24

9
sep

Les humeurs d’Anaïs (23)

Des humeurs d’Anaïs très anciennes ce dimanche, avec un billet écrit de longue date, mais toujours d’actualité… 7Dimanche dispose en effet d’une quinzaine de billets en réserve, de formats divers, dans lesquels ils puisent en fonction de l’espace qui m’est imparti.  Quant à mon blog, je dispose au bas mot d’une centaine de billets en réserve.  Ce billet est dès lors follement d’actualité… hamster je suis, dans tous les domaines, même pour les dossiers à traiter au bureau, au grand dam de boss adoré.

NB : Vous constaterez, du moins ceux qui lisent le 7Dimanche, que je n’aurais pas pu être prof de math, puisque pour moi 4 + 6 + 6 + 6 + 6 = 22…  Y’a aussi une chtite faute d’orthographe qui n’existe pourtant pas dans la VO (mais je crois me souvenir l’avoir corrigée après l’envoi du texte, grossière erreur de ma part…).  Je précise tout ça, sinon mon bon ami Raphaël va me sauter à la gorge à première lecture.  

Le hamster

« Le hamster stocke ses provisions, qu'il emmagasine dans ses bajoues »

Je suis un hamster réincarné en femme fatale.

Exemple : j’achète un service pour quatre personnes.  Ensuite, en grande cuisinière que je suis, j’estime que quatre ce n’est vraiment pas suffisant.  Je repère un service pour six personnes.  Ne voulant pas commettre la même erreur, j’en prends deux, tant qu’à faire.  Nous en sommes donc à seize personnes.  Je réalise enfin que je n’aime plus mon service, et je m’offre un autre service pour douze personnes.  Vingt-huit personnes peuvent ainsi venir manger chez moi.  Il ne me reste qu’à apprendre à cuisiner !

Au niveau des vivres périssables ou de consommation courante, c’est pire.  J’ai dû connaître des guerres ou des famines dans une autre vie, je ne vois que ça pour justifier un tel comportement, hein Docteur Psy ?  Je stocke tant que je peux.  Et comme mon petit côté radin me fait adorer les promos, je stocke de plus belle… J’ai ainsi de quoi me laver les cheveux durant deux ans, de quoi prendre des douches durant quatre ans, de quoi prendre des bains durant six ans, et de quoi faire des lessives durant trois ans.  Je stocke également les pâtes, mais je les consomme tellement vite que je ne parviens pas à garder une vitesse de stockage de croisière, dommage…  (sur ce point je me dois de trouver une solution prochainement, sous peine de crises d’angoisse nocturnes répétitives).  

Ne parlons pas des magazines, livres et autres paperasses « qui peuvent toujours servir », on frôle la catastrophe si j’ai un jour le feu ici…  J’ai trois bibliothèques pleines de livres, dont une ne contenant que des livres non encore lus (j’attends la pension pour m’y mettre).  Il y a quelques semaines je me suis débarrassée de la Princesse de Clèves et de Vipère au Poing, ainsi que d’un atlas géographique dans lequel la Gaule existe encore…

Le domaine des fringues est également révélateur : j’ai décidé une fois pour toute de les garder, ad vitam aeternam, la mode étant un éternel recommencement.  Plus envie de pleurer des larmes de sang en repensant à ce top si démodé dont je me suis débarrassée il y a trois ans, et qui serait parfait avec ma nouvelle petite jupe mauve… Terminées ces souffrances de bas étage.  Je suis cependant en net progrès : je viens de jeter, très récemment, un stock de 49 chaussettes trouées, ayant compris, après quatre ans de garde, que je ne les repriserais jamais.  L’épreuve fut douloureuse, mais je suis fière d’annoncer que j’y suis parvenue.

Un collègue m’a dit vendredi que lorsque je mange mes tartines le matin au bureau, j’ai une tête de hamster… quand je vous disais que je l’avais été dans une autre vie !
23

2
sep

Les humeurs d’Anaïs (22)

Levée à l’aube comme chaque dimanche, pour aller chercher mon 7Dimanche.  La boulangerie devrait enfin avoir rouvert ses portes et je vais m’offrir deux giga pains au chocolat ainsi qu’un gros gâteau pour tout à l’heure.  Vive les bombes caloriques, c’est dimanche (ceux qui ont, même furtivement, pensé que pour moi les bombes caloriques, c’est tous les jours… et bien, peuvent rester, car ils ont raison, glups).

J’arrive sur place et drame incommensurable : cette satanée boulangerie est encore fermée.  Titchu, c’est pire que les congés du bâtiment, les congés des boulangeries.

Second drame incommensurable : aucun 7Dimanche ne m’attend.  D’habitude je trouve deux grosse piles de journaux ligotés.  Ici rien.  Le néant absolu.  Zont été press-napés, mes 7Dimanche.  

Me vlà donc en route vers la boulangerie suivante, où je trouve enfin mes précieux journaux.  J’aurais retourné la terre entière (Namur) pour les trouver, j’aurais usé de mon fidèle destrier (du bus) pour aller les chercher au bout du monde (de ma rue), mes 7Dimanche.

Les humeurs d’Anaïs sont un peu particulières ce dimanche, car exceptionnellement, elles ne sont pas inédites.  Vu l’impact qu’a eu mon billet « Wallonieland, 29 août 2011 », j’ai souhaité le proposer à 7Dimanche pour qu’il soit publié.  Etant donné le ton très différent de celui adopté dans mes billets d’humeur habituels, étant donné le sujet abordé, un peu délicat, je craignais que la censure le refuse.  Il n’en fut pas ainsi.  Je remercie donc 7Dimanche, et en particulier mon « boss », d’avoir couché sur papier ma lettre Wallonieland, dans son intégralité, soit plus du double de mon quota dominical.  Pour ceux qui n’ont pas accès au 7Dimanche et qui n’ont pas lu mon billet du 29 août (comment ça !  Je vais me fâcher si vous ne lisez pas TOUS mes billets !  Y’en a trop ?  Je sais…), je vous le reproduis ci-dessous.  

Wallonieland, le 29 août 2011

Chère Elke,

Comment vas-tu depuis tout ce temps ?   J’espère que tu te portes bien, ainsi que Wim et les petits, qui doivent avoir bien grandi déjà.  Vous nous manquez, j’espère que tu le sais.  Je t’envoie quelques photos de nous, prises lors de notre séjour au Danemark, j’espère que la censure n’y trouvera pas à redire, aucun site de Wallonielande n’étant visible sur les clichés, je l’affirme sur l’honneur.

J’ai tenté à maintes reprises d’obtenir un passeport pour venir te voir en Vlaanderenland, en vain.  Je sais que je ne l’obtiendrai que lorsque je serai parvenue à décrocher le concours du bilinguisme.  Ne t’inquiète pas, je vais chaque semaine suivre mes cours, et d’ici cinq à six ans, je pense que je m’en sortirai suffisamment pour réussir.

On m’a dit que le mur avait été rehaussé, car cinq wallonielandais avaient tenté de le franchir, voulant montrer la mer du Nord à leurs enfants, paraît-il.  Quelle inconscience.  Ils ont été fusillés, pour l’exemple.  Dommage.  Mais ça fera cinq chômeurs de moins ici, doit-on dire chez vous, et puis je comprends que vous ne souhaitiez plus prendre de risque, surtout depuis que ce village près de la frontière a été incendié lorsque des wallonielandais ont projeté ces boules de feu par-dessus le mur après avoir ligoté les sentinelles.

Comment vont tes parents ?  As-tu pu avoir une dérogation pour leur rendre visite en Wallonieland, comme tu le souhaitais ?  Ou sont-ils parvenus à quitter la zone sans encombre pour retourner chez eux ?  Quelle malchance qu’ils aient été par là-bas durant l’érection du mur.  

Je continue à travailler en zone neutre, mais ce n’est pas facile, surtout avec les deux heures d’attente aux barrages chaque matin et chaque soir.  Les fouilles corporelles ne sont pas agréables non plus.  Depuis le temps, pas moyen de faire comprendre aux sentinelles que je ne tenterai plus d’emporter quoi que ce soit chez moi.  J’ai retenu la leçon depuis mon incarcération.

J’ai revu l’autre jour ce film sur cette famille allemande qui avait réussi à survoler le mur de Berlin au moyen d’une montgolfière.  Tu te souviens, nous l’avions vu ensemble.  Cela fait si longtemps.  Et cela nous avait semblé tellement irréel, tu te souviens ?  Cela m’a donné quelques idées, mais je n’en dirai pas plus, de crainte que la censure refuse de te transmettre cette lettre.

Je te joins quelques DVD français, ainsi que quelques Flair francophones, j’espère que tu auras le droit de les garder.  Si tu as des Flair néerlandophones, je serais ravie de les recevoir, je pense pouvoir les garder en arguant de mon souhait d’obtenir un passeport bilingue.

Nous partons demain en vacances à Dunkerke.  En souvenir du bon vieux temps, La Panne, Coxyde.  La mer du Nord, en France, n’a pas tout à fait la même saveur, mais tu sais que même par les dunes, il est impossible d’atteindre cette bonne vieille Belgique, oups ça m’a échappé, ce bon vieux ancienland.  La mer me manque tant, tu sais.  J’ai affiché cette photo que tu avais prise, elle me rappelle cette époque folle où nous y passions nos vacances, ensemble.

Tu trouveras en annexe, comme convenu par la législation, la traduction flamande de cette lettre.

Nous vous faisons de gros bisous et gardons espoir de vous revoir bientôt en chair et en os.

Anaïs, Zhom et petitsdhom.

PS : A l’occasion, envoie-nous quelques grains de sable bien de chez vous, enfin de chez nous, enfin je ne sais plus…

22

26
aoû

Les humeurs d’Anaïs (21)

21
J’adresse toute ma gratitude à Boulu, qui m’aura inspiré ce billet gravé à jamais sur papier journal.

Etrangement, j’ai discuté hier de cette découverte scientifique (ignorant que le billet paraîtrait ce jour, vous savez que c’est toujours autant la surprise pour vous que pour moi).  

Nous nous promenions sur une big méga brocante hypra célèbre (j’ai nommé celle de Temploux), mangeant une pipe d’Ardennes (je vous passe les blagues dignes d’ados attardées auxquelles nous nous livrions), lorsqu’un monsieur a allumé la sienne, de pipe, et nous a fait subir les effluves écoeurantes de son engin (je parle toujours de la pipe).  

M’est venue alors une autre idée de tatouage, dans le style « fumer tue », « la pipe tue », à interpréter dans les deux sens du terme… J’ai beaucoup ri de ma trouvaille digne également d’une ado attardée.  Mais vous comprendrez mieux en lisant le billet qui suit…

Découverte scientifique révolutionnaire

J’apprends sur un blog que le sexe oral cause plus de cancers de la gorge que le tabac ou l’alcool.  Glups.  C’est à en avaler de travers, n’est-ce pas ?  A n’en plus dormir.  

Comment vont faire les hommes victimes de réplétion chronique, si cette info est réelle et si leurs femmes ne souhaitent plus pratiquer ? (NDLR : j’ai décidé de faire usage de certains mots nouveaux, afin d’enrichir mon vocabulaire, et le vôtre, par la même occasion : réplétion, n.m. : état d’un organe qui est surchargé, rempli).

Une recherche sur le net s’impose, afin de vérifier ce qu’il en est exactement.  Je tape « sexe oral cancer gorge tabac », 20.900 résultats !!!  Je me contenterai du premier.

En effet.  

C’est scientifiquement prouvé.  SCI-EN-TI-FI-QUE-MENT.  Je l’ai lu.  Je l’ai vu de mes yeux vus, et vous engage, Mesdames et Messieurs (surtout Mesdames, si vous tenez à conserver la santé) à faire pareil.

Quelle nouvelle !

En plus du fameux « pas ce soir chéri, j’ai la migraine », on va pouvoir s’en sortir à grands coups de « non chéri, tu n’y penses pas, songe aux risques, tu veux pas avoir ma mort par cancer sur la conscience tout de même… »

Je propose dès lors que notre petit pays vote une nouvelle loi, comme pour les paquets de tabac obligatoirement ornés de « le tabac tue » ou autres joyeusetés du même genre, une loi qui obligera les hommes à se faire tatouer sur le sexe, en grand (enfin si c’est possible, sans vouloir, bien entendu, remettre en cause la taille de leurs attributs) « sucer tue ».

Merci à Magritte qui m'a autorisée à utiliser sa célèbre oeuvre (comment ça, je deviens mytho ?) 

pipe

19
aoû

7dimanche est reviendu - Les humeurs d’Anaïs aussi (20)

7dimanche est reviendu, enfin.  Tout bronzé, en pleine forme après quatre semaines de vacances.  C’est ty pas une super nouvelle ?

7h25, je m’extrais de mon petit lit douillet pour me traîner (première fois depuis quatre semaines, la vie est dure) jusqu’à la boulangerie.  Pour me motiver, j’ai prévu d’acheter deux croissants pur beurre.  Je songe aux dimanches enneigés, pluvieux, venteux à venir… et une bonne idée de petite annonce m’envahit « JF encore jeune, bien sous tous rapports, cherche livreur dominical de 7dimanche (et croissants à l’occasion), adresse disponible sur demande, bonne rémunération (reconnaissance éternelle), amitié possible voire plus si affinités ».  

7h30, me voici devant la boulangerie.   Fermée.  Closed.  Drame.  Désespoir profond.  Quatre tas de 7dimanche gisent sur le sol, uniquement retenus par des liens plastifiés.  Tout seuls.  Abandonnés.  Voués à une mort certaine vu la pluie qui s’annonce.  J’en sauve un, non sans mal, car je ne suis pas munie de ciseaux.  Extraire un 7dimanche de son paquet d’amis est un exploit, mais j’y parviens.  En voilà un de sauvé.  Courrez vite sauver les autres, par pitié.  Vous pourrez y lire ceci… (au fait, le billet auquel je fais allusion ci-dessous, il se trouve ici)
20

"Le prestige de l’uniforme, ça vous parle ?

Ou plutôt le fantasme de l’uniforme… car c’est bel et bien d’un fantasme qu’il s’agit…

Jusqu’à il y a peu, j’aurais soutenu mordicus que l’uniforme ne me faisait aucun effet.  Je dis bien aucun.  Un militaire haut gradé ? Peuh.  Un marin tout de blanc vêtu ?  Peuh.  Un valeureux pompier ? Peuh.  Une enveloppe vestimentaire, rien de plus.  En dessous, un homme comme les autres, identique aux cadres sup, aux informaticiens, aux ouvriers ou aux caissiers de supermarché.  

Et puis…

Les habitués de mon blog savent que j’ai un petit faible pour mon Docteur Mamour à moi, pas le Docteur Mamour de Grey’s Anatomy, mais mon médecin à moi rien qu’à moi, en chair, en os, en yeux de braise et en chevelure brune ténébreuse (pour les petits nouveaux, vous en saurez plus sur mes aventures Docteur Mamouresques en allant zieuter mon blog).  

L’autre jour, je me rendais chez lui pour mon contrôle trimestriel, toute guillerette malgré les examens qui me pendaient au nez (« soufflez, Miss Anaïs, fort, plus fort, encore plus fort », « montrez-moi votre langue Miss Anaïs, histoire que je la photographie », « et comment se porte votre reflux gastrique ces derniers jours » - glamourissime, je vous le concède).

J’attends patiemment sur ma petite chaise, optant pour une posture qui, bien que nonchalante, laisse percevoir mon charme fou et le désir que j’ai de lui.

Lorsque…

Mon Docteur Mamour arrive.  Sans sa blouse de médecin.

Et bien, j’ai honte de l’avouer, mais le voir s’approcher de moi, simplement vêtu d’un jean et d’une chemise (ce qui équivaut, entendons-nous, pour un médecin, à être nu), ne m’a pas fait l’effet escompté.  Tout d’un coup, je l’ai trouvé moins grand, moins sexy, moins beau, moins brun et moins ténébreux.  

Morale de l’histoire : j’ai succombé, moi zossi, au prestige de l’uniforme.  Et à partir de ce jour, je fantasme sur les militaires/pompiers/médecins/infirmiers/marins bruns ténébreux.

Avis aux amateurs."


Merci à Serge Dehaes, oui vous lisez bien, le grand Serge Dehaes, dessinateur officiel (et officiellement débordé) de Flair, qui m’a si gentiment fourni ce dessin jamais paru dans Flair,  un inédit messieurs dames.  Il m’a par la même occasion inspiré ce billet dominical…  Son site.
Pompier dehaes