13
avr

Les humeurs d’Anaïs (51) : J’ai un poids sur ma balance, il s’appelle Casta

51C’est de saison : on parle des problèmes de poids partout : à la TV, dans la presse…  ça n’arrête plus, je suis envahie, étouffée, je deviens obsédée par les milligrammes, les grammes, les centigrammes, les kilogrammes.  Je rêve de Fantasia version balances qui dansent autour de moi sur une musique assourdissante, je me réveille en sanglots longs, je cours me peser pour vérifier que je n’ai pas dépassé le cap des cent kilos qui ferait se raidir l’aiguille diabolique.

Là où je reste pantoise, c’est d’entendre, et à de nombreuses reprises, les adeptes de la maigreur se défendre de cautionner la mode de la maigreur en évoquant un retour au gras via… Laetitia Casta.  « Avant, on avait Kate Moss la mince, maintenant, regardez Mesdames et Messieurs, voici venu le temps (de l’île aux enfants) de la pulpeuse Laetitia Casta, voyez comme la mode évolue bien ».

Je vais vous confier un secret : si la Casta est pulpeuse, moi je suis adipeuse, je suis obèse, je suis un morse féminin, je suis une éléphante, je suis une montgolfière, je suis un soufflé au fromage, je suis une charlotte au chocolat.

Si la Casta est maintenant le symbole du retour aux femmes rondes dans la mode… le chemin est encore long pour faire accepter la vraie rondeur !   

J’investigue sur le net : Laetitia Casta mesure 1m70, a pour mensurations 90C-61-90, d’autres sources mystérieuses parlent de 88D-60-88.  Quoi qu’il en soit, elle est loin d’être obèse.  Et prétendre qu’elle symbolise la rondeur est une insulte aux petites rondes, mini rondes, grosses rondes ou toutes autres rondes qui lisent ou entendent ça.

My God, c’est clair et net, on n’est pas sorties de l’auberge, Mesdames...
 
Illu de Mako. 
balance4

6
avr

Les humeurs d'Anaïs (50) : mourir en couleurs

50e billet d'humeur ce dimanche, que le temps passe vite ma bonne Dame !
 
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Dans la presse quotidienne namuroise (et sans doute ailleurs), depuis un petit temps déjà, j'ai remarqué que la couleur avait tout envahi : les pages sport, les publicités, les petits annonces immobilières et… les nécrologies.
 
Ainsi, il est dorénavant possible d'insérer une photo en couleurs dans un faire-part de décès, une annonce de remerciement ou une commémoration.
 
Bien sûr, faut vivre avec son temps ma bonne Dame, elle est révolue l'époque où notre feuille de chou quotidienne était en noir et blanc et rien qu'en noir et blanc. 
 
Bien sûr, le progrès ne vaut que s'il est partagé par tous, et par conséquent par toutes les rubriques du journal, mais faut-il vraiment en arriver à coloriser l'intégralité de la totalité de tout ? 
 
Vous me direz, les familles des défunts apprécient sans doute ce dernier hommage haut en couleurs, puisqu'ils fournissent une photo. 
 
Moi je trouve ça encore plus morbide.  La mort est triste, difficile, et y mettre de la couleur ne changera rien.  C'est mon point de vue et je le partage avec moi-même (et avec vous, ô lecteurs, mais je peux comprendre que vous ne partagiez pas le mien, de point de vue… vous me suivez ?)
 
Rien à faire, je trouve ça morbide, la couleur dans les nécrologies.
 
Mais c'est sans doute car je me suis toujours refusée à ce que ma photo paraisse où que ce soit, même contre une somme d'argent pharaonique… (Quoique, pouvez-vous répéter ?  Vous avez dit combien ?  ça mérite réflexion, en effet…)
 
Quoi qu'il en soit, vu mon "photogénisme" exacerbé, je suis contre l'insertion de ma photo où que ce soit de mon vivant, je suis contre l'insertion de ma photo dans mon propre faire-part de décès, alors par pitié, vous qui hériterez de mon énorme fortune, épargnez-moi la photo en couleurs.  Histoire que je ne me retourne pas dans ma tombe…


30
mar

Les humeurs d'Anaïs (49) : Y'a plus de saison ma bonne Dame

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(Cette semaine, mes humeurs sont jaunes...) 
 
L'an dernier à cette époque, nous nous préparions à un mois d'avril caniculaire, et vlà que cette année, quasiment à la même époque, il neige.  Y'a plus de saison ma bonne Dame.  Où va le monde !
 
Mais bon, on va pas se plaindre, même si parler météo semble être le sujet préféré des belges.
 
Passque c'est beau la neige.  Très très beau.
 
Elle crée une ambiance feutrée incomparable.  Inégalable.  Un silence étonnant.  Une atmosphère douce qui donne envie de se lover sous une couette et de rêver devant une comédie romantique.  Mais la neige, elle tombe toujours les jours oùsqu'on doit travailler, c'est nul.
 
Elle recouvre ma ville d'un manteau blanc et fait oublier la pollution, les déchets, les rues dégradées et les nids de poule.  Mêmes les toits deviennent tous beaux tous égaux tous blancs.   La citadelle namuroise est superbe, plus majestueuse que jamais.  Grandiose.  Mais quand elle fond, la neige, on patauge dans la gadoue la gadoue ouh la gadoue (Jane Birkin).
 
Et puis on peut s'amuser à manger les flocons, faire des batailles de boules ou des bonhommes de neige avec une carotte en guise de nez et une pipe dans la bouche.  On peut se laisser tomber pour marquer la neige de l'empreinte de son corps, puis battre des bras pour la transformer en ange.  On peut faire un igloo et y entrer pour manger un esquimau.  On peut (enfin surtout les hommes), écrire son nom en lettres capitales, en y faisant pipi.
 
C'est ludique la neige. 
 
Pourtant je mange plus les flocons, je fais plus de batailles de boules ou des bonhommes avec une carotte.  Je ne me laisse jamais tomber dans la neige.  Je ne fais pas non plus d'ange dans la neige.  Ni d'igloo.  Et je ne suis pas un homme pour y écrire mon nom.
 
J'ai grandi.  C'est pas chouette de grandir.  Vraiment pas chouette.
 
C'est décidé, la prochaine fois qu'il neige, je redeviens gamine !  Pas vous ?
 
Et un bonhomme de neige made by Raphaël pour illustrer ce billet, ainsi qu'une vue sublime de ma Citadelle made by Olivier
neige
20080325 Citadelle sous la neige-01

23
mar

Les humeurs d'Anaïs (47) : envie de meurtre

Y'a des jours comme ça.

Où dès le matin, c'est la cata.

Où un client se pointe et, de son sourire niais aux grosses lèvres charnues (j'ai horreur des lèvres charnues) d'où coule un filet de bave (uniquement dans mon imagination, mais ça complèterait le tableau), ose me demander "Alors, Mlle Valente, toujours pas rencontré l'âme sœur ?"

A-t-on idée de poser cette question un mois après la Saint-Jelediraipoint.  Et puis d'abord, comment il le sait que je suis célibataire, hein ?  Aucune idée, mais ça ne l'autorise pas à se permettre ce genre de question.  On est au bureau crétonerre, au bureau ! ça m'horripile au plus haut point, ce genre de comportement familier, comme si on avait gardé les rats ensemble.  D'autant que je n'ai pas la possibilité de répondre comme bon me semble, du genre "ça ne vous regarde point" ou "si c'est pour qu'il finisse gros et moche comme vous, je préfère pas" ou "si si, mais vu que c'est une femme, je la cache" ou "de quoi je me mêle, rondidju".  

Alors j'applique mon sourire le plus niais, je mordille mes lèvres fines histoire de les faire enfler un tantinet, histoire qu'il ressente cette grande complicité entre nous (qui se ressemble s'assemble), je bombe le torse, et je le regarde, en silence.  Je deviens rose, puis coquelicot et enfin pervenche.  Je m'emberlificote dans un bégaiement proche du mutisme et je parviens à ne pas répondre.

Mais, je râle.  Je rââââââle.  Deux heures plus tard, je pense encore à ce que j'aurais pu dire, à ce que j'aurais dû dire pour lui rabattre son caquet.

Avec un décalage horaire, j'ai trouvé.  La prochaine fois, je sais ce que je lui dirai, même si je joue ma place sur ce coup là : "Et vous Monsieur Grosdeslèvres, toujours pas divorcé ?".

Na.
48

16
mar

Les humeurs d’Anaïs (47) : Donnez do-do-donnez (Enrico Macias)

 
Ce matin, me suis réveillée vers 8h30.  Songeant à aller chercher mon 7Dimanche, je me rendors.  Et je rêve.  De mon article du jour, qui est incompréhensible.  Gros problème de mise en page, juste sur mon article.  Les mots se mélangent, les phrases sont tronquées, l’article est illisible et le lien vers mon blog, pour les téméraires qui auraient tenté d’y aller, a disparu.  Comble du comble : le nom de mon patron apparaît en grosses grosses lettres dans le titre du billet.  Aaaaaaaaaaaaaaaaaargh, j’hurle mon désespoir et mon cri me réveille en sursaut.  Puis je vais chercher mon 7Dimanche, priant tous les saints que ce ne soit pas un rêve prémonitoire.

Et non, et en plus c’est un article qui me tient à coeur aujourd’hui.  Lisez-le, parlez-en.  Soyez prêts au pire, afin que si le pire arrive, un autre meilleur puisse en être la conséquence.  Amen.

Et trouvez des infos ici pour la Belgique.
Et ici pour la France.

 
Les humeurs d’Anaïs (47) : Donnez do-do-donnez (Enrico Macias)

Je tombe (patatras) sur un article intitulé « le don d’orgasmes ».  Aaaaargh, c’est quoi ça ?  On peut donner ses orgasmes ?  Où ?  Pourquoi ?  Comment ?  Quand ?  Je suis sciée.  Je veux recevoir des orgasmes, en particulier celui d’un homme, histoire de comparer.

Je dévore l’article, avide d’informations croustillantes.

C’est à n’y rien comprendre.  C’est quoi cet article ?

Aaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaah : « le don d’organes ».  Apprends à chausser correctement tes bésicles, ma petite Anaïs.

Qu’importe, le don d’organes, ça m’intéresse aussi.  J’ai ma carte de donneuse depuis des lustres, du temps oùsqu’on n’était pas encore considéré comme ayant donné son accord tacite.  Moi mon accord, ils l’ont depuis le début.  Et tout qui me connaît un peu sait que j’ai ma carte sur moi, je ne cesse de le répéter…

Je ne sais si je crois au paradis, je ne sais si je crois en l’enfer, je ne sais si je crois à une vie après la mort, mais je sais que si ma mort pouvait être utile à autrui, ça serait pour moi une petite consolation.  Alors je donne je donne je donne : mes yeux de myope, mes poumons encrassés, mon cœur d’artichaut, mes reins de chameau, mon foie de chocolat-addict.  Prenez et usez en tous, ceci est mon corps livré pour vous.

Personne n’aime parler de la mort, encore moins de sa propre mort.  Mais posez-vous cette question « Ma mort, celle de mon enfant, celle de mon époux, sera-t-elle inutile ou pas ? »  Tout le monde peut un jour avoir besoin d’un organe… même vous.

Alors donnez !

Détail important : le principe est « qui ne dit mot consent », donc si vous ne dites rien, la loi est en faveur du prélèvement d’organes.  Cependant, vos proches peuvent s’y opposer, refus impossible en cas de déclaration expresse de votre part.  Alors, si comme moi vous voulez donner… notifiez-le à l’administration communale. 

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