18
mai

Les humeurs d’Anaïs (56) : Fast food TV

Faut vivre avec son temps ma bonne Dame.

De mon temps, donc du temps oùsque j’étais jeune, les feuilletons, on les regardait à heure fixe, chaque jour ou chaque semaine.  La préparation psychologique durait sept jours : plus que sept fois dormir, plus que six fois dormir… A l’heure H, on débranchait le téléphone, on n’était là pour personne.  C’était l’heure du sacro Saint feuilleton.

Une saison de Melrose Place durait plus de six mois, chaque mercredi, à 20 heures, sur RTL.  Santa Barbara durait quinze ans, d’ailleurs je n’en ai jamais vu la fin.  Essque Eden et Cruz finissent ensemble heureux avec beaucoup d’enfants ?  Aucune idée.

De nos jours, on vit dans l’ère de la fast food TV ma bonne Dame.

A raison de trois épisodes de Grey’s Anatomy par semaine, la saison est vite dévorée.  Et encore, si ça ne va pas assez vite, zou, je file sur internet visualiser les épisodes suivants, et que ça saute.

La TV numérique envahit nos foyers.  Ils appellent ça la TV à la carte : quand je veux où je veux comme je veux.

Moi je dis que ça perd un peu de son charme, le charme qui faisait que, comme le Renard attendait le Petit Prince et se préparait le cœur pour cette rencontre, je me préparais à retrouver mes héros de série, à heure fixe, à jour fixe.  C’était le bon temps, qu’est mort et qui ne reviendra plus.

56

11
mai

Les humeurs d'Anaïs (55) : A elles

Aux mamans fêtées, aux mamans oubliées, aux mamans réelles, aux mamans virtuelles, aux mamans câlins, aux mamans chagrins, aux mamans colliers de nouilles, aux mamans collages en feutrine, aux mamans sévères, aux mamans rigolotes, aux mamans d’hier, aux mamans d’aujourd’hui, aux mamans plaisir, aux mamans sourires, aux mamans endeuillées, aux mamans chagrinées, aux mamans césarienne, aux mamans vergetures, aux mamans amoureuses, aux mamans malheureuses, aux mamans d’hier, aux mamans d’aujourd’hui, aux mamans poules, aux mamans coqs, aux mamans douceur, aux mamans rigueur, aux mamans biberons, aux mamans nichons, aux mamans fleuries, aux mamans furies, aux mamans incomprises, aux mamans bêtises, aux mamans gâtées, aux mamans désoeuvrées, aux mamans landaus, aux mamans sacs ventraux, aux mamans au foyer, aux mamans PDG, aux mamans en devenir, aux mamans en attente, aux mamans célibattantes, aux mamans rêves, aux mamans uniques, aux mamans multiples, aux mamans esseulées, aux mamans entourées, aux mamans valseuses, aux mamans rockeuses, aux mamans absentes, aux mamans en cendres, aux mamans de sang, aux mamans de cœur, aux mamans bonheurs, aux mamans rétros, aux mamans « yo », aux mamans orgueilleuses, aux mamans malheureuses, aux mamans bio, aux mamans petits pots, aux mamans coincées, aux mamans délurées, aux mamans cadeaux, aux mamans bobos, aux mamans Dior, aux mamans en or, aux mamans tendresse, aux mamans paresse, aux mamans multicolores, aux mamans multiculture.

A elles toutes, à vous toutes, et à la mienne…

Bonne fête.

55

4
mai

Les humeurs d'Anaïs (54) : Scènes d’odeurs quotidiennes

J'ai compris récemment pourquoi je tenais tant à mon anonymat...  Une personne qui connaît une personne qui connaît une personne qui connaît une personne qui me connaît a été informée de mes billets dominicaux.  Par un hasard que je ne m'explique pas, elle a croisé mon chemin.  Et elle a été dire à la personne qui connaît une personne qui connaît une personne qui connaît une personne qui me connaît que j'étais vraiment un thon (je cite), que je ne ressemblais pas au dessin du 7dimanche (ça c'est clair, le dessin est inspiré d'un site web qui crée des personnages, on a donc quasi tous la même tête...).  Bon, elle n'a pas tort, je ne suis pas une top biche loin de là, je l'ai toujours dit, mais quel intérêt d'aller dire une telle chose ?  Et là je me suis susurré à l'oreille (au sens figuré, car parler à sa propre oreille est tout bonnement impossible) : ma petite Anaïs, tu aurais mieux fait de garder ton secret bien au chaud dans ta culotte (comme la chanson de Renaud), parce que la méchanceté des gens n'a aucune limite... Je le savais, en voilà encore une preuve.  Enfin soit.  Les vilaines gens sont partout, mais la pire laideur est finalement intérieure.  Amen.
 
Scènes d’odeurs quotidiennes
 
Huit heures du matin.  Odeur d’ail.  Insoutenable.  Les mangeurs d’ail ont-ils conscience des conséquences de leurs actes, de grand matin ?  Savent-ils que sentir l’ail plus de douze heures après l’avoir ingurgité est signe qu’ils ne le digèrent pas et qu’ils feraient mieux de s’abstenir ?

Neuf heures du matin.  Odeur de transpiration.  Comment peut-on sentir la transpiration si tôt dans la journée.  Je n’ose imaginer l’évolution de la situation au fil des heures.  Dieu m’en préserve.

Dix heures du matin.  Les médémes partent faire leur marché.  Ça sent la laque.  Forte.  Fixation extrême d’Elsève.  Ça pique au nez.

Treize heures.  Suffit de demander, ma bonne Dame : à gauche la pizza quatre fromages, à droite la portion de frites mayo, derrière la lasagne bolognaise, devant la gaufre chaude dégoulinante de chocolat.  Des saveurs plus que des odeurs.  Enfin, j’apprécie.

Seize heures.  Les tendres épouses s’apprêtent à rejoindre leur tendre époux (ou tendre amant) pour un verre en terrasse (ou un cinq à sept dans une chambre d’hôtel).  Ça sent le parfum, capiteux, fleuri, sucré, frais.  Un peu de tout (comme pour le fromage belge).

Vingt heures.  De retour chez moi.  Pas d’odeur.  Le néant.  Le vide intersidéral.  Drame existentiel : aurais-je perdu l’odorat ?  Que nenni.  Je n’ai plus rien dans mon frigo, aucun petit plat qui mijote sur la cuisinière, pas de gratin qui se dore la pilule dans le four.  SOS ventre creux, y’a quelqu’un ?

On a beau dire, on a beau faire, sans les odeurs, bonnes ou mauvaises, la vie est tellement terne.
54

27
avr

7dimanche - Les humeurs d’Anaïs (53) : Grain de folie

J’ai un jour entendu que les grains de beauté n’étaient pas tous présents à notre naissance, à savoir qu’ils continuent d’apparaître durant toute notre vie. 
 
Je m’en vais de ce pas vérifier l’info sur le net.
 
Bon je ne trouve que des infos castrophiquement catastrophiques, sur les grains de beauté pas ronds pas beaux qui sont des cancers et sur le soleil pas gentil pas innocent qui donne le cancer.  J’abandonne les recherches sinon je vais passer ma soirée à scruter attentivement chacun de mes grains de beauté à la recherche d’un signe suspect.  Et me faire un tour de rein en examinant ceusses de l’arrière de mon corps de déesse, et ceusses cachés dans les plis de gras (oh ça va je plaisante, j’en suis pas là – qui a dit « pas encore » ?).
 
Question : le nombre de grains de beauté est-il proportionnel à la beauté de l’individu ?  Dans ce cas je suis à moi toute seule la fille d’Estelle Lefébien (ben si, vous la connaissez, mais sous le nom d’Estelle Hallyday – je risque un procès là), de Claudia Chou Fleur, de Monica Bertolli et de Carla Brunetti. 
 
Parce que j’en ai déjà pas mal, et j’en découvre de nouveaux chaque année.
 
Bon, je ne fais pas l’inspection de ma carcasse, donc je ne découvre que ceux qui sont sous mes yeux.  Et keske j’ai à portée d’œil ?  Mes nénés.  Il y a quelques années, j’ai donc eu l’honneur de voir naître un tout nouveau tout beau grain de beauté sur mon décolleté, côté gauche.  A-do-ra-ble.  Et cette année, rebelote, à droite, plus bas, plus petit, mais tout mimi.  Vous m’en direz des nouvelles.  Enfin au sens figuré.  Pour le sens propre, je les réserve à futurhomdemavie, mes grains (grains de beauté et grain de folie, il aura tout le pack).  Qu’il se grouille car bientôt je ne serai plus qu’un grain de beauté géant, au train où vont les choses (et vu sa lenteur à se faire connaître, cet homdemaviedemesdeux).
53

20
avr

Les humeurs d'Anaïs (52) : Pour la confidentialité des pensées !

Des chercheurs américains ont récemment révélé qu’il serait bientôt possible, de « lire dans les pensées », et ce via une technique scientifique complexe sur laquelle je ne m’étendrai pas outre mesure.

Cette information m’a immédiatement remis en tête ce fameux sketch « la drague », où le public entendait les pensées de Guy Bedos et de Sophie Daumier en train de danser un slow.  A mourir de rire.

Et puis j’ai gambergé…

Mon boss me refourgue un nouveau dossier à traiter en urgence et m’entend penser « c’est cela oui, il va filer direct au classement vertical ce dossier, là je suis dans une partie captivante de cartes, pas le temps ».

Un client me pose quelques questions idiotes au téléphone et, outre mes explications, perçoit nettement ce que je pense de lui « purée, il est tellement bête, va falloir encore que je répète tout trois fois dans un langage bébé ».

Lors d’un premier rendez-vous au restaurant, un homme me complimente sur ma tenue et mon élégance (j’extrapole fortement), et moi je me dis, et il entend, « ça compense ta tenue ringardissime à souhait ». 

Le serveur me demande ensuite si le repas m’a plu, je réponds par l’affirmative avec un sourire, mais mes pensées s’échappent vers lui « même un bistro dîner me semble meilleur ».

Mon rendez-vous me raccompagne ensuite chez moi et conclut par « on se revoit très bientôt, tu veux ? ».  Je marmonne un vague oui, largement couvert par le fond de ma pensée qui hurle « jamais de la vie, plutôt me faire nonne illico ».

Mon meilleur ami m’annonce qu’il a rencontré l’amour de sa vie.  J’affiche un sourire crispé mais ne peux retenir ma pensée « et ma vie à moi qui s’écroule, tu ne t’en doutes pas, alors je t’aime en secret depuis dix ans ».

Ah non décidément, la lecture de mes pensées représente un cauchemar que je ne souhaite vivre pour rien au monde… même (et surtout) s’il m’était donné de lire les pensées de ceux qui m’entourent et de découvrir enfin ce qu’ils pensent réellement de moi. 

Rassurez-vous, cette « lecture des pensées » n’est prévue que pour dans 30 à 50 ans.  D’ici là, nous avons largement de quoi entamer un domptage ferme de nos pensées … 

52