6
jan

Mes humeurs dans la Meuse

(avec grand retard, because un grand repas au bureau qui m'a empêchée d'aller sur mon pc hier soir, voici une chtite chronique parue dans la Meuse récemment)

Où sont les p......... ? (à chanter sur l'air de « Où sont les feeeemmes ? »

L'autre jour, me promenant dans ma ville adorée, j'ai réalisé que les vitrines à néons roses et mauves avaient disparu.  Totalement disparu.  Tout se perd, ma bonne Dame.

De mon temps, enfin du temps oùsque j'étais gamine, lorsqu'on passait rue Saint-Nicolas, il était obligatoire de ne pas regarder les « filles de joie » qui squattaient plusieurs immeubles, habillées (pour peu qu'on puisse les qualifier d'habillées) de bas résilles et de guêpières, voire d'un peignoir en satin pour les plus pulpeuses et/ou les plus âgées.  Une longue cigarette apportait la touche finale (à l'époque, le tabac était mieux vu que leur profession).  Mais il était interdit de regarder. 

Bien sûr, l'enfant que j'étais à l'époque, frêle et innocente (tout se perd, je l'ai déjà dit), prenait un malin plaisir à regarder, et, surtout, à questionner « Keskelles font maman, les femmes dans la vitrine ?  Je veux le même truc en plumes que la Madame en rose !  Elles ont pas froid, papa, à être toutes nues comme ça ?  » 

S'ensuivaient quelques explications vaseuses, sous forme de borborygmes incompréhensibles tentant d'expliquer une profession inexplicable à une enfant naïve jouant encore avec la Barbie apportée par Saint-Nicolas.  Explications qui se concluaient inéluctablement par un « tu comprendras quand tu seras plus grande ».  Fin de la discussion.

Maintenant, je suis plus grande, et j'ai tout compris.  Tout.  Absolument tout.  J'ai aussi compris qu'elles avaient quitté les lieux, sans doute car cela fait tâche dans une cholie ville comme la mienne.

Mais il est une chose que je ne comprends toujours pas à l'heure actuelle : oùsquelles sont ?

meusemoi

 

30
déc

Mes humeurs dans la Meuse

(paru dans la Meuse chais plus quand, mais on s'en moque, c'était en décembre)

Ces expressions qui ne servent à rien

L'autre jour, en rentrant chez moi dans le blizzard namurois (ben non j'exagère pas, fait froid en cette saison), j'ai été prise d'un furieux hoquet.  Le genre de hoquet bien bruyant qui fait mal là, là et là.  Le genre de hoquet qui dure, au point qu'on sent la mort venir (oui, on peut mourir d'un hoquet récurrent, paraît même que Pie XII en est mort).  Je me suis alors surprise à penser illico « « enfant hoquetant, enfant bien portant ».

Puis j'ai pensé « my god, keske c'est débile ces expressions-remonte-moral de vieilles grands-mères en panne d'inspiration ».  Même si leur but est louable, je le conçois, elles sont bateau de chez bateau (les expressions, pas les vieilles grands-mères, entendons-nous bien).

Ainsi, outre « enfant hoquetant, enfant bien portant », y'a aussi, dans le même genre débile :

« un de perdu dix de retrouvés » (pas envie des « dix », juste du « un »)

 « mariage pluvieux mariage heureux » (c'est cela oui, « mariage ensoleillé, mariage râté »)

« Loin des yeux près du cœur » (ou l'inverse)

« Après la pluie vient le beau temps » (même Monsieur Météo sera d'accord)

Que du positif quoi, histoire de se dire qu' « à toute chose malheur est bon ».  Ah ben en voilà un nouveau, qui m'est venu tout naturellement en écrivant, c'est dire si nous sommes imprégnés et conditionnés par cette culture du dicton.

Vous en connaissez d'autres, des expressions qui ne servent à rien qu'à rien ?

meusemoi

 

 

4
déc

Mes humeurs dans la Meuse : lettre au grand Saint

(d'habitude, vous l'avez en différé, mais vu l'actu - ben oui, il descend du ciel samedi - voilà déjà ma bafouille de la Meuse)

Cher Saint-Nicolas

J'ai décidé cette année de m'adresser publiquement à toi, passqu'il semble que tu m'aies drôlement oubliée ces dernières années, fourbe que tu es.  C'est pas passque je suis grande (et vieille et ridée) que j'ai plus droit à des cadeaux, nom d'un petit Père Fouettard malhonnête.

Aussi, j'aimerais (j'écris « j'aimerais », mais il va de soi que je pense « j'exige ») que tu apportes dans mes petits souliers :

1.- un ticket gagnant à l'Euromillions (là où tu vis, doit bien y avoir moyen de tricher rien qu'un tout petit peu, non ?)

2.- à défaut, un ticket gagnant au Lotto (ça rapporte moins, mais je m'en contenterai, chuis pas difficile)

3.- un homme à tout faire pour le ménage la lessive le repassage le bricolage le cuisinage (faut bien que ça rime)

4.- un brun ténébreux galant drôle riche beau gentil tendre bon amant romantique et tout et tout et tout

5.- si un « tout en un » est disponible, savoir homme à tout faire brun ténébreux riche bon amant, je suis preneuse, pourvu qu'il soit encore en parfait état de fonctionnement ou sous garantie

6.- si le brun ténébreux est totalement introuvable, un vibro de qualité fera l'affaire en attendant mieux

7.- la beauté et la jeunesse éternelle (t'es cap de faire du beau avec du moche et du jeune avec du vieux hein ?)

8.- comme je ne suis pas égoïste (enfin juste un petit peu), pour mes compatriotes Namurois : un joli Grognon (ben quoi, je crois bien en toi, laisse-moi croire au Père Noël)

9.- et, comme d'habitude, tradition oblige, chocolats, massepain, mandarines, spéculoos et autres friandises bien grasses et bien sucrées

Merci Saint-Nicolas.  A samedi.

 meuse41208

2
déc

Mes humeurs dans la Meuse : Anaïs a eu trois orgasmes cette nuit

Warning : c'est le rédac chef qui choisit les titres, toute ressemblance avec moi serait fortuite (argh, shame on me).

J'ai tout récemment lu, sur le profil d'un de mes « amis » Facebookien (sur Facebook, c'est bien connu, nous sommes tous amis et nous nous aimons tous d'amour) l'information suivante « XXX emménage avec YYYY, qui est une bombe au pieu » (par souci de confidentialité, les noms des protagonistes ne seront pas dévoilés, même sous la torture - pour une somme d'argent conséquente, me contacter).

J'ai ensuite revêtu mon costume virtuel de docteur psy, et j'ai analysé mon propre profil, ainsi que ceux de mes innombrables amis dont je ne connais pas la moitié, pour immédiatement réaliser à quel point ce réseau virtuel, qu'il soit utilisé à des fins amicales ou professionnelles, servait de défouloir à ses membres, qui se déclarent tour à tour fatigués heureux mariés en rut largués en vacances reviendus effrayés amoureux en partance au restaurant au cinéma au théâtre au lit, et j'en passe...  On saura tout, ma bonne Dame.

Facebook est devenu, semble-t-il, le plus gigantesque journal intime non intime de tous les temps.  Captivant.  Passionnant.  Lassant.  Effrayant.  Courant.

J'ai donc pris une bonne résolution : dorénavant, j'écrirai tout tout tout sur Facebook.  J'ai bien dit tout :

Anaïs a mangé du poulet et des haricots blancs au petit déj

Anaïs a eu trois orgasmes avec une bête de sexe cette nuit

Anaïs a regardé Sex & the City en s'épilant la foufoune

Anaïs a rencontré hier soir un mec qui en a une énoooooooooooorme

Anaïs a perdu deux grammes et a mangé dix-sept Melo cakes pour fêter ça

Anaïs kissed a girl and liked it (copyright Katy Perry)

...

C'est ainsi.  Tout tout tout vous saurez tout sur Anaïs.

meusemoipt

meuse201108

20
nov

Mes humeurs dans la Meuse : irréductibles ?

(Paru récemment dans la Meuse)

Irréductibles ?

« Nous sommes en 2008 avant Jésus-Christ ; quasi tout le bord de Meuse jambois est occupé par des immeubles à appartements... Tout ? Non ! Car une petite maison peuplée d'irréductibles jambois résiste encore et toujours à l'envahisseur. Et la vie n'est pas facile... ».

Cette citation un tantinet adaptée vous rappellerait-elle quelque chose ?  Bingo !

Elle m'est venue en tête un beau jour, ou plutôt un moche jour, en remarquant qu'une nouvelle construction poussait, tel un champignon vénéneux, en bord de Meuse, côté Jambes. 

A ce jour, près du pont des Ardennes et à gauche de cette monstruosité de building obèse et disgracieux qui fait offense à tout désir d'esthétisme (et gâche ma vue sur citadelle, mais soit, cette considération est purement égoïste de ma part), n'avaient poussé que deux petits immeubles à l'allure relativement agréable.  Entre les deux, une petite maison un peu écrasée résistait envers et contre tout.

Et puis voilà, une vision d'horreur m'a récemment fait réaliser que c'en était fait de cette irréductible maison.  En l'espace de quelques mois, la voilà détruite et remplacée par une nouvelle construction en chantier.  Un troisième immeuble coincé entre les deux autres.

Désespoir profond.  Larmichette.

Passque tout fout le camp.  Mon passé fout le camp.  Balayé par les enjeux financiers des investisseurs.  Mon bord de Meuse fout totalement le camp.  Qui sait si, dans un avenir relativement proche, les quelques petites maisons déjà prises en sandwiches et les grandes maisons mosanes jolies comme des cœurs ne vont pas être sacrifiées au profit du dieu pognon ?

Il est temps de lutter, ô jambois, pour préserver ce qui peut encore l'être !

meusemoipt

meuse241008