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jui

J'ai testé le diable s'habille en Prada made in Belgium

Lorsque je suis partie à l'autre bout de la Belgique (ah si, Diegem, c'est l'autre bout de la Belgique), découvrir la rédac d'un big méga magazine de la mort qui tue, j'étais aussi surexcitée qu’Andréa lors de son premier jour à Runway, ou que Carrie lorsqu’elle se rendait à la rédac de The New-York Star.

Bref, survoltée.

Et munie de quatre plans, trois itinéraires, l'horaire de tous les trains Namur/Diegem et Diegem/Namur de la journée.  

Parée pour l'excursion.

Ce que je n'avais pas imaginé, c'est que la SNCB ait du retard.  Dingue non ?  Meuh non, pas le retard, mais le fait que je n’y aie pas songé.  ça doit être dû au fait que je n'utilise plus le train quotidiennement.  J'imaginais qu'avec les années, l'évolution des technologies, les mises à jour des horaires, tout cela avait progressé.  Que nenni.

A peine sur le quai, dix minutes de retard. Sauf que ma correspondance vers Diegem part neuf minutes après mon arrivée à la capitale.  Y'a donc un tout petit stuut.  Un stuut de soixante secondes.  

Là où la SNCB a progressé, c'est dans la précision des retards.  D'abord annoncé comme dix minutes, le retard passe ensuite à onze, puis douze, pour redescendre à onze.  Quel suspens, pire que Shining ma bonne Dame.

Le train arrive enfin, miracle, avec onze minutes de retard.  Quelle précision.  Je comate durant une bonne partie du trajet.  Nous arrivons à destination avec neuf minutes de retard, vive la SNCB qui parvient à rattraper son retard en route.  Puis je cours, telle une gazelle poursuivie par un lion, vers le quai où m'attend encore ma correspondance... qui me file sous le nez.  Je hais la SNCB, c'est définitif.

Une petite demi-heure plus tard, me voilà enfin en route vers Diegem, le nouveau monde, la terre promise : là où se trouve le siège de Sanoma magazine. SANOMA !  Reste à le trouver.  Car j’imaginais Diegem comme une petite ville sympatoche, pleine de marchands de glace, de cafés, de foule qui fait du shopping mais qui est prête à m’indiquer le chemin le plus glamour pour atteindre une rédaction.  Meuh non, Diegem, c’est un zoning.  Aussi désert que Namur un dimanche.  Pire encore.  Je scrute donc mon plan durant trois bonne minutes.  Y’a juste comme un hic (comme dirait Jenifer) : le plan m’indique DEUX gares.  Argh, c’est une malédiction, la SNCB me hait, c’est définitif.  Là-bas, au loin, j’aperçois un homme.  Sauvée.  Les hommes ont le sens de l’orientation, c’est bien connu.  Je cours vers lui et lui demande mon chemin.  Miracle, il parle français.  Pas de bol, il a le sens de l’orientation d’une poule pondeuse.  Il me conseille de faire demi-tour, de passer sous la gare et d’aller vers la gauche, là-bas.  C’est cela oui.  J’ai des doutes (sur le gémissement des crevettes - Sara Mandiano).  Je fais oui oui merci merci au revoir au revoir.  Mais je continue ma route.  Et je fais bien.  Après une marche longue comme un jour sans pain (et surtout sans croissant), je vois un bâtiment, au loin, à côté d’un hôtel (bon à savoir pour la prochaine fois).  Je m’attendais à trouver un SANOMA énooooooooooorme, en lettres d’or géantes.  Meuh non, les lettres font 3 centimètres et je ne parviens à lire qu’en arrivant à bon port.

A bon port... mais rouge écrevisse, mourant de chaud et de soif, transpirant comme un bédouin au Sahara (mauvais exemple, les bédouins ne transpirent pas, c’est bien connu), et en retard.  Ça s’appelle rater son entrée.  Je voulais avoir le glamour de Carrie et Andréa réunies, c’est un bide total.

L’accueil est accueillant, lumineux, dégagé, plein de magazines et de personnes tirant des piles de magazines : Flair, Gaël, Gaël Maison, Télé Moustique...  En deux temps trois mouvements, et moyennant un chtit trajet en ascenseur, je découvre l’univers rédactionnel, mais surtout la rédaction de Flair.  Comme c’est étrange, de découvrir le côté obscur de la force de ce magazine que je lis depuis le tout premier numéro.  De mettre des têtes sur des noms (têtes que je reconnais un tantinet, via les photos parues dans le mag).  Je suis envahie d’une bouffée de nostalgie.  Premier numéro, encarts noir et blanc, chroniques d’Anne et de son chien, un yorkshire si je n’ai pas perdu mon neurone (sans oublier mari et fifilles), Mademoiselle Toulemonde... souvenirs souvenirs.  La rédac’ chef, dans son bureau, me fait un petit signe gentil (ouf, rien à voir avec Miranda Priestly).  L’ambiance est conviviale, les PC sont beaux comme tout (j’aime les pommes, c’est décidé), et les journalistes sont belles comme tout, et jeunes, et minces, et souriantes.  Je me sens toute toute toute petite.  Et moche et grosse et vieille, mais détails que tout cela.

Passque je suis pas là en touriste, non mais.  C’est du sérieux que tout cela.  On est là pour parler de choses sérieuses.  Réunion, verre d’eau, discussions, oh vlà le dernier numéro encore inédit qui sort demain, je peux voir please, suggestions, et patati et patata et blablabli et blablabla, décisions, adjugé.  Emballé c’est pesé.

Une demi-heure plus tard, je rejoins la gare, sur un petit nuage moutonneux.  Je flotte.  Je vole.  J’ai dû maigrir durant la réunion, je vois que ça.  Je souris béatement au soleil qui brille.  Les oiseaux sont beaux.  J’attends mon train.  Il est beau.  Il a du retard.  On s’en fout !  Je fais une escale à Bruxelles, je m’offre un tas de macarons, des Hello Kitty en souvenir de cette journée.  Je rentre chez moi.  Le soleil est encore là.  Je suis contente contente contente.  

Contente, passque la rédac’ de Flair m’a fait une chtite place en son sein, passqu’à partir de ce 2 juillet, tadaaaam, j’ai mon petit bout de chronique, mes quelques centimètres carrés de chronique, mon bébé chronique dans ce magazine chouchou que je lis depuis toujours, ma petite chronique de blogueuse à moi rien qu’à moi, toute belle toute rose.  C’est tout petit tout beau, et chuis contente, tout simplement.  Et puis y’a « mon air dans la tête », dont je vous livrerai les paroles sur ce blog chaque mercredi.  C’est sans doute tartignolle et exagéré d’être si contente, mais je m’en moque, chuis toute émotionnée.  Et excitée.  Et survoltée.  Et j’assume.  On ne se refait pas ma bonne Dame !

Si la curiosité vous titille, zieutez le mag, page 33 (comme chez le médecin, ah ah ah, comme je suis drôle), ou allez sur www.flair.be, rubrique blogs.

Le bébé chronique ne sera pas retranscrit ici, puisqu’il est dispo sur le site du mag’.  Mais comme il est assorti de l’air dans la tête, passque vous le savez, j’ai toujours une chanson en tête, j’ai envie de recopier la chanson de la semaine, histoire que vous aussi vous l’ayez dans la tête, gnark gnark...  A noter que parfois, seul le titre est en rapport avec la chronique ou mon humeur, pas nécessairement toutes les paroles... passque non, ce n’est pas une chronique écologique, ze vous le jure.

Dernière chose, cet été, en dernière page de Flair, on découvre l'équipe en photo, et, par la même occasion, un peu de Sanoma.  Sympa.

J’espère que tout ça vous plaira...

L’air du jour... Allô le monde - Pauline

Il paraît que les nouvelles ne sont pas si bonnes
Que le moral descend
Et que les forces t'abandonnent
J'entends
Tous les gens
Parler de tes histoires
Que l'avenir qui t'attend
Se joue sur le fil du rasoir

Qu'en est-il de l'amour,
Des larmes et de la peine ?
De la vie de tous les jours,
De la paix sereine ?

 Allô le monde ?
Est-ce que tout va bien ?
Allô le monde ?
Je n'y comprends plus rien
Allô le monde ?
Prends soin de toi
Allô le monde ?
Ne te laisse pas aller comme ça, comme ça

Quel est le nom du mal dont tu subis la fièvre
Les étranges idéaux, les hystéries funèbres ?
Dis-moi ce que je peux faire de ma petite place,
Quels sont les actes et les mots qui peuvent t'aider à faire face ?

Pousser à la révolte,
Pour faire le premier pas,
Semer pour qu'on récolte,
Pour crier ton effroi