6
oct

Fiff – day 6 – Thérèse Desqueyroux

 

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Il y a comme ça des livres qui marquent l'adolescence, en bien ou en mal.  En bien, L'écume des jours.  En mal, La princesse de Clèves et Thérèse Desqueyroux.

De ce dernier ouvrage, je ne garde aucun souvenir, sinon que je ne l'ai pas aimé.  Je ne sais plus pourquoi, à part un sentiment diffus d'ennui durant toute la lecture. 

Aucun souvenir de l'histoire de Thérèse, donc, lorsque je m'apprête à visionner la version de Claude Miller (son dernier film, malheureusement), attirée par la présence de ma chérie Audrey Tautou et de mon chouchou Gilles Lellouche.

Les images sont belles, les robes font rêver et rappellent cette époque pourtant peu charitable avec les femmes.  On s'imagine une jolie histoire romantique, que nenni.  Il s'agit d'un mariage de convenance, histoire d'agrandir le nombre d'hectares de pins familiaux.  Punt.  Audrey Tautou est belle et fragile, en apparences.  A l'intérieur, je la sens forte et froide, ce qui se confirme dès qu'elle se met à agir.  A détruire.  Les espoirs de son amie, folle amoureuse, d'abord.  Jalousie ?  La santé de son époux, Bernard, ensuite. Ennui ?  En ce qui le concerne, par contre, difficile de ressentir de l'empathie, tant il est aussi attachant que… ben que rien.  Et il l'est de moins en moins au fur et à mesure du film, au point que Thérèse en paraît presque attachante… presque.

On la dit hors normes et avide de liberté, avant-gardiste et libre, je ne vois qu'une femme glaciale, qui n'aime personne, sans doute pas elle-même non plus.  Pas moyen, pour moi, d'aller au-delà, alors que je devrais…  mais je ne parviens pas à la comprendre, rien à faire, ce qui explique sans doute pourquoi je n'avais pas compris le livre au moment de ma lecture.  Rien à faire, Thérèse Desqueyroux et moi, ça ne colle pas.  Et puis j'ai en permanence une folle envie de leur mettre des claques, à tous.  Thérèse, pour sa froideur.  Son mari, Bernard, pour son apathie stupéfiante.  Et les autres, simplement parce qu'ils sont là, à ne rien faire, véritablement.  "Comment tu as pu nous faire une chose pareille", lui dit son père, sans s'interroger sur le pourquoi…

Audrey Tautou est parfaite dans son rôle.  Gilles Lellouche l'est tout autant.  Sans oublier Anaïs Demoustier.  Le film est beau à regarder, bien joué, pas trop long.  Mais j'ai eu du mal, ça doit être la malédiction "Thérèse Desqueyroux" qui se perpétue…

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20:52 Écrit par Anaïs dans Anaïs fait son cinéma | Lien permanent | Commentaires (2) |  Facebook | |  Imprimer | | | Pin it! |

6
oct

Fiff – day 6 – Hors les murs

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"C'est une histoire d'amour, ce n'est pas une histoire homosexuelle" (Matila Malliarakis).

Et c'est une magnifique histoire d'amour que celle d'Ilis (liberté en albanais) et Paulo (tiens, phonétiquement, le même prénom que mon âne d'Hiver nomade, vous direz-vous, en effet ça m'a fait bizarre vu que j'ai vu les deux films à la suite l'un de l'autre).  Une belle histoire.  Et comme le dit le réalisateur "on rit beaucoup au début, on pleure beaucoup à la fin". 

Une rencontre, un coup de foudre, un amour fusionnel, drôle, crédible (merci les acteurs, tous deux fabuleux), puis une séparation inattendue, et la souffrance qu'elle engendre, puis les retrouvailles…  Voilà un film qui scotche dès la première minute, mais vraiment la première, dans ce bar, because c'est super bien interprété, c'est vivant et captivant immédiatement, on les aime de suite, Ilis et Polo, et on veut qu'ils soient heureux, on veut un conte de fées,  on veut une happy end, quand bien même fut-il homo, passqu'on s'en fout, seul l'amour compte, il est si rare !

A découvrir impérativement, croyez-moi, Hors les murs c'est un premier film parfaitement réussi, c'est du très bon cinéma belch', une fois.  En plus, il sort en France le jour de mon anniv, quééén hommage.  

Extraits :

 

 

La bande-annonce, à ne pas regarder si, comme moi, vous n'aimez pas en savoir trop avant d'aller au cinoche (car elle en dit trop…).  Personnellement je suis ravie de ne pas l'avoir vu préalablement, histoire de garder la surprise de tous ces moments d'exception :

 

 

19:44 Écrit par Anaïs dans Anaïs fait son cinéma | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook | |  Imprimer | | | Pin it! |

6
oct

Fiff – day 6 – Hiver nomade

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Quand j'ai dit que j'avais passé un moment extraordinaire en regardant Hiver nomade, documentaire d'une heure trente qui raconte un épisode de transhumance en Suisse, j'ai bien senti qu'on me prenait pour une folle dingue…

Et pourtant…

La transhumance, bien sûr, je savais ce que c'était, mais je l'imaginais dans les montagnes.  Ici, c'est d'une transhumance dans les villages dont il s'agit, durant les quatre mois d'hiver, afin que les moutons trouvent de l'herbe, engraissent, pour le plaisir de nos palais.  Quatre mois à parcourir le territoire suisse, les routes, les autoroutes, les champs, les villages de plus en plus envahis par les lotissements, de moins en moins fournis en nourriture pour nos herbivores laineux.

Avec Hiver nomade, j'ai suivi Carole et Pascale durant quatre mois.  J'ai vu leur complicité.  Je les ai vus se chicaner, aussi.  Je me suis demandé s'ils étaient ensemble, car ce n'était pas visible clairement.  J'ai su qu'ils étaient ensemble lors d'un long échange de regards. 

J'ai vu 800 moutons courir.  De dos.  J'ai réalisé que certains moutons avaient une toute petite queue, d'autre une bien longue.  Ouais, je sais, ça importe peu, mais c'est étrange non ?  Ben si !

J'ai vu un chiot apprendre son métier très rapidement.

J'ai vu Polo, l'âne, prendre la relève de son congénère blessé, et être peu motivé.  Je l'ai vu se coucher sur le sol, épuisé ou fainéant, j'ai eu pitié de lui, j'ai eu envie d'aller l'aider.

J'ai vu Marylin la brebis avoir une promotion, devenir meneuse, avec sa chtite clochette.  J'ai cru comprendre qu'elle aurait alors la vie sauve, en fin de carrière, contrairement à tous les autres qui finiront en gigot.

J'ai vu des images superbes, la neige, la lune, la campagne.

J'ai eu froid, mais tellement froid, durant toute la séance, de les imaginer dormir à même le sol, avec cette neige, cette humidité.

J'ai entendu peu de musique et pour une fois c'était tant mieux, car la "musique" naturelle, le bruit des sabots, de la course des animaux, de la nature, suffisait amplement à créer l'ambiance.

J'ai été émue de l'accueil chaleureux qui leur était réservé sur leur passage.  Enervée de ceux qui les chassaient.

J'ai ri aussi, en voyant les moutons s'éparpiller au grand dam de Carole et Pascale, en voyant Polo imposer son museau de façon incessante, alors que Carole tentait de manger, en voyant les chiens renverser certains moutons dans leur enthousiasme à faire leur job.

J'ai salivé en voyant les bergers fêter Noël à grand renfort d'huîtres et de foie gras.  Puis en voyant un repas entre amis, fondue fromage, que je n'ai plus mangée depuis l'enfance, dégoûtée que je fus.  Ça m'a donné envie de retenter le coup…

J'ai été émue à la fin, après quatre mois en leur compagnie.

J'ai été stupéfaite de ma propre capacité à m'émouvoir rien qu'en matant des bestiaux, alors que ça n'avait rien de triste.  La larme à l'œil que j'ai eu, je vous le dis, mais ne le répétez pas, il en va de ma réputation.  Rien qu'en revoyant la bande-annonce, j'ai à nouveau la larme à l'oeil, je savais pas que les moutons me faisaient un tel effet pardi, je vais peut-être devoir me mettre au tricot !

J'ai entendu une chanson magnifique que je ne parviens pas à vous retrouver, qui disait notamment "to observe the world with open eyes".  C'est ce que font Carole et Pascale, et c'est ce qu'ils m'ont appris à faire durant une heure trente.  (On entend la chanson dans la bande-annonce)

Bref, j'ai vu un magnifique film, qui sort prochainement en Suisse.  J'espère qu'il sera visible en Gelbique, car il vaut vraiment le détour.

Le site : http://www.hivernomade.ch/

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19:05 Écrit par Anaïs dans Anaïs fait son cinéma | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook | |  Imprimer | | | Pin it! |

6
oct

Fiff – day 6 – A perdre la raison

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Nouvelle occasion de voir un film sorti récemment en salles et non encore vu par Bibi.  Il faut dire que j'ai longtemps hésité à voir ce film controversé : serait-ce du voyeurisme ?  Sans doute un peu, mais pas totalement, car il est clair que j'ai une grosse grosse tendance à vouloir comprendre le pourquoi du comment en matière d'affaires criminelles.

Si pour moi certains criminels ne valent pas la peine qu'on s'y attarde, tant la motivation de leurs actes est claire et nette (genre ceusses qui enferment des gamines dans des caves pour les violer, ceusses qui tuent leur ex et sa famille à l'arbalète ou ceusses qui emmènent leur pauvre gamin pour le fracasser sur des rochers après l'avoir fait appeler maman pour lui dire adieu et rendez-vous au paradis blanc), d'autres méritent qu'on s'y attarde.  Ou du moins le pense-je, ce qui n'est sans doute pas le cas de la majorité, mais j'assume.

Ainsi, en découvrant sur la Retebef l'an dernier l'histoire de cette jeune fille ayant tué son beau-fils, un tout chtit gamin, d'une façon vraiment sordide, en le brûlant à l'huile si je me souviens bien, outre d'autres tortures ignobles, j'ai pu mieux comprendre comment elle a pu en arriver là.  Comprendre, sans pour autant excuser.  J'ai oublié le nom de cette jeune fille, mais je me souviens autant du récit de l'horreur qu'a vécue cet enfant avant de succomber que de celui de l'histoire de son bourreau, et de la lettre qu'elle a écrite de sa prison, qui m'avait totalement bouleversée.  Cela n'excuse en rien ce qu'elle a fait, cela tente juste de l'expliquer, car, comme je le disais dans ma chronique sur Dead Man Walking, avant de devenir instrument de meurtre, tout criminel a été quelqu'un.

En découvrant que Jean-Pierre Malmendier dont la fille Corine (l'affaire "Marc et Corinne") a été assassinée et Jean-Marc Mahy, un meurtrier, sont devenus amis et ont écrit un livre ensemble, qui permet de mieux comprendre leur cheminement, je me dis que tout est possible...

Voilà pourquoi j'ai voulu voir A perdre la raison, car il ne suffit pas de dire de la femme ayant inspiré ce film "c'est un monstre, égorger ses enfants, elle mérite la peine de mort" et basta.  Non, moi je veux comprendre ce qui l'a conduite à agir de la sorte, ce par quoi elle est passée, comment elle a pu en arriver là.  Comment tous ceux qui tuent leurs enfants en arrivent là, qu'il s'agisse d'un déni de grossesse, d'une dépression ou d'un désir de mourir soi-même en "sauvant" ses petits.

Et je pense que Joachim Lafosse, c'est aussi ce qu'il a voulu dire dans son film, et il a réussi.  Parfaitement.  Que dire de plus ?  L'histoire, on la connaît, nul besoin de la raconter, mais, durant près de deux heures, on entre dans la vie de cette mère, on l'accompagne dans le bonheur, l'amour, le mariage, puis les grossesses, la fatigue, le désespoir, la solitude, l'étau humain fait de son époux et de cet homme, sauveur familial autoproclamé, la violence, le pouvoir du fric, et enfin l'inexplicable, le drame, le coup de folie, l'irréparable.

Emilie Dequenne est formidable en femme d'abord lumineuse puis qui s'éteint au fil des années.  Je lui tire mon chapeau pour ce rôle qu'elle incarne à la perfection.  Elle bouleverse à un point que je n'aurais imaginé.  Un vrai talent.

Après la projection, les questions réponses avec le représentant de l'équipe du film permettent de mieux comprendre encore ce fait divers qui porte si mal son nom, fait divers que, surprise, les Français présents dans la salle ignoraient totalement, s'interrogeant durant tout le film sur l'identité de l'assassin ou la catastrophe potentielle qui tuerait les enfants (la première scène annonce la couleur).  Incroyables ces Français, qui ignorent encore qu'au-delà de l'hexagone, il y a un monde, si, si, je vous le jure, la planète bleue comprend d'autres pays et continents.

Mon moment "préféré" : la souffrance présente et à venir incarnée par Emilie Dequenne, la solitude intense, la détresse absolue, dans la voiture, au son de "femmes je vous aime".  Emotion intensément intense, et larmes larmement larmoyantes de ma part.

Merci Monsieur Joaquim Lafosse, pour cet éclairage que vous proposez, qui permet de faire la nuance entre "monstre" et "innocente".

 

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et ma prochaine lecture :

14:04 Écrit par Anaïs dans Anaïs fait son cinéma | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook | |  Imprimer | | | Pin it! |

5
oct

Fiff – day 5 – Ceci n'est pas un film de cow-boy

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Au Fiff, on voit aussi des courts-métrages.  J'en parle rarement, je l'avoue, car peu me plaisent ou me marquent au point de m'en souvenir une fois que le long métrage qui suit se termine…

Tel n'est pas le cas de Ceci n'est pas un film de cow-boy, un court métrage hilarant mais vecteur d'un message ô combien important.

Tout se passe dans les toilettes d'un lycée.  D'un côté deux potes, l'un a vu Retour à Cold Mountain et en parle, avec un langage parfois châtié, mais totalement irrésistible.  De l'autre, deux amies qui discutent du père de l'une d'elles, homosexuel.

Vingt minutes de poilage intégral, avec à la clé un appel à la tolérance et au respect de cette différence, que demander de plus ?

Ben de le voir un peu partout, à la télé, sur Facebook ou sur le net, pardi !

Alleye un chtit bout :

23:50 Écrit par Anaïs dans Anaïs fait son cinéma | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook | |  Imprimer | | | Pin it! |