22
mar

Les femmes de biloute

Un titre d'une bêtise folle pour vous annoncer que j'ai vu, coup sur coup, Les femmes de l'ombre et Bienvenue chez les Ch'tis.

A la base, le but était d'aller voir Paris, le dernier Cédric Klapish, dont la bande-annonce de plus de 4 minutes faisait déjà que mes poils se dressent sur mes bras (vous me direz, longs comme ils sont – les poils, pas les bras – pas étonnant qu'ils se dressent facilement – si je pouvais les dresser pour qu'ils restent calmement non dressés, j'en serais ravie – vous comprendre ?).  Mais, avec la folie Ch'tis, zont annulé Paris.  Sans préavis.  Et les Ch'tis, on avait prévu d'y aller en semaine.  Et même si on avait voulu y aller là, tout de suite, à la place de Paris, c'était complet, complètement complet.  Minute de râlerie intense.  Ensuite, décision d'aller voir les Femmes de l'ombre, avec une belle brochette féminine (Sophie Marceau, Marie Gillain, Julie Depardieu…) et le tout craquant Julien Boisselier. 

Vu l'engouement provoqué par le film de Danny Boon, nous décidons de prendre illico des places pour la séance "nocturne".  En général, je ne vais jamais à cette séance tardive, vu mon grand âge.  J'ai tendance à m'assoupir instantanément.  Ou à lutter contre le sommeil durant des heures, alors que ma tête dodeline de gauche à droite, c'est d'un glamour fou.  Mais avec les Ch'tis, clair que je ne risquais nullement de m'endormir. 

Alors on a vu les deux.

Les femmes de l'ombre.  A voir.  Absolument.  Parce qu'elles sont souvent méconnues, ces femmes de l'ombre, qui ont risqué leur vie pour lutter contre l'envahisseur nazi.  Prévoyez des mouchoirs.  Les actrices sont superbes de crédibilité.  Julien Boisselier sobre et attachant.  Et j'ai braillé un chtit peu ("brailler" étant un terme typiquement ch'ti).  Et la question qui vient en tête à la fin : qu'aurais-je fait, moi, si j'avais eu mon âge en 1940, si j'avais connu cette période affreuse ?  A méditer.  Et à voir.  Absolument.

Bienvenue chez les Ch'tis.  A voir.  Absolument.  Surtout si vous êtes du Nord, ou de Gelbique.  Et même du Sud, car vous en apprendrez sur notre mode de vie, là-haut, dans le froid polaire et le blizzard, où chaque jour nous prenons le risque de perdre nos orteils en allant travailler malgré les congères.  Je n'ai pas l'accent ch'ti, j'ai l'accent namurwès, mais j'ai noté des similitudes, notamment dans cette expression "je te dis quoi", qui signifie "je te tiens au courant", ou dans les "barraques à frites", que nous connaissons également dans cette bonne vieille Gelbique, et que les sudistes ne semblent pas comprendre (l'expression « je te dis quoi ») ni connaître (la « barakafrit »).  Une bonne dose de rire.  Du rire comme j'aime.  Pas la grosse rigolade faite de tartes à la crème.  Du rire intelligent.  Et de l'émotion, aussi, ce qui ne gâche rien.  Danny Boon est extra.  Kad est extra aussi, il l'est d'ailleurs dans tous ses rôles.  A voir.  Absolument.

Entre les deux, détour pipi-room, petite glace (toujours pas su résister à l'appel du marketing, pourtant je lutte).  Puis installation dans la salle.  Où nous réalisons, ô drame international, que nous n'avons plus en poche nos tickets pour les Ch'tis, sans doute jetés avec nos déchets de glace de la séance précédente (ben oui quoi, deux films, deux glaces).  C'est l'instant T.  Où la paranoïa se met en branle.  Le délire commence.  Angoisse suprême.  Paranoïa fortement influencée, vous le constaterez, par le film vu précédemment.  Et si la gestapo nous repérait, nous, dans cette salle sans nos tickets ?  Nous n'avons même plus nos capsules de cyanure !  Ce gros bonhomme qui déambule dans les rangées, cherchant des places vacantes pour les retardataires, n'est-il pas là également pour tenter de nous retrouver ?  De nous capturer.  Emprisonner.  Et on riait, on riait.  Le film n'avait pas commencé que nous étions déjà mortes de rire.  Puis le film a commencé, et j'ai failli véritablement mourir de rire.  Les asthmatiques le savent, quand on rit, on asthme (ce verbe n'existe pas, mais je fais ce que je veux, c'est mon blog).  J'ai tellement ri, que j'ai asthmé, of course.  Mais j'ai survécu, alléluia.

La morale de cette histoire ?  Après un film d'une tristesse et émotion folle, rien ne vaut un film d'une drôlerie extraordinaire, pour contrebalancer les sentiments.  ça devrait d'ailleurs être proposé en pack : 1 + 1 gratuit. 

Sur ce, je m'en vais vaquer à mes occupations, hein biloute.
femmesombrechtis


11:15 Écrit par Anaïs dans Anaïs fait son cinéma | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook | |  Imprimer | | | Pin it! |

19
mar

Une soirée rose bonbon : le côté obscur du côté "bonbon"


Afin de résister à la tentation du dieu marketing (et aux prix démentiels du complexe cinématographique), nous avons tout prévu : des chips, des gauf' et des boissons, le tout importé du supermarché du coin.  Passque bon, je vous le disais, mais j'insiste, les tarifs pratiqués par le cinéma sont proches de ceux du caviar et du champagne.  C'est "t'honteux", ma bonne Dame !  Et bien sûr, on a beau manger comme quatre avant de partir, une fois arrivées au ciné, on a toujours soif ou faim.  C'est passqu'y mettent le chauffage à fond et diffusent des odeurs particulières exprès pour nous inciter à boire et manger, moi j'en suis sûre, c'est pas officiel, mais si je vous le dis, zavez qu'à me croire.

Donc nous avons tout prévu et nous ne céderont point.  La séance de ciné à 15 eur because glace, bonbons et popcorn, c'est terminé, TER-MI-NE.  Capice ?

Ce que nous n'avions pas prévu, c'est le petit pipi pré-séance qui nous oblige à passer près du coin "douceurs", tellement près, si près qu'on ne peut résister à aller jeter un œil, comme ça, juste au cas zoù… Promis, on ne cédera point, on ne cédera p… argh, ils ont rentré ma glace préférée, celle à la fraise et au cake, d'habitude, ils ne l'ont jamais.  C'est fait exprès je vous dis.  Immédiatement, c'est comme si toute ma vie ne tournait plus qu'autour de cette glace, comme si j'en rêvais depuis toujours.  Il m'en faut une !  Au passage, Mostek et Moustik en prennent aussi, et puis plein de bonbons de toutes les couleurs.  Et voilà, on est encore les dindons de la farce, les pigeons des petits pois.

Passage en caisse.  Anaïs a l'esprit taquin.  Je fais des réflexions que je trouve drôlissimes : "de mon temps, les bonbons c'était 21 francs les cent grammes, c'est vraiment du vol", "quoi, tu paies 7,3 eur pour ta glace et ta boisson, purée comme c'est cher", "on ne devrait vraiment plus rien acheter ici, ça suffit de se faire pigeonner".  Et je me marre.  Mais la caissière ne se marre pas.  C'est nul.  C'est pas passqu'elle est là pour encaisser qu'elle peut pas admettre que les tarifs sont prohibitifs, non ?

Nous regagnons ensuite notre salle et je m'apprête à déguster ma glace fraise-cake (strawberry pieces of cake, nom officiel), lorsque, catastrophe catastrophiquement catastrophique, je réalise que je n'ai pas de cuillère.  Normalement, la cuillère se trouve dans le couvercle, astucieux hein.  Mais je dois avoir choisi l'unique pot strawberry pieces of cake au monde dans lequel on a oublié d'insérer la cuillère.  Quand je vous dis que je suis maudite (que celui ou celle qui a une poupée vaudou à mon effigie se dénonce immédiatement).  Maudite !  Me vlà donc repartie au "shop" pour échanger ma glace, qui dans l'intervalle s'est transformée en milk-shake.  La gentille caissière, qui se souvient de moi, accepte du bout des lèvres l'échange, après m'avoir conseillé de "regarder sous le couvercle" (ben voyons, ça se voit tant que ça que je suis kinder ?  J'ai l'air d'avoir un seule neurone dépressif ou quoi ?).  Je prends donc un nouveau pot et, dans un élan de bonté pour ceux qui me suivront, et afin d'éviter qu'ils se chopent un pot non seulement sans cuillère, mais également avec une glace-fondue-recongelée, ce qui est, vous en conviendrez, infect, j'ouvre le pot et je le jette violemment dans le fond du congélateur.  Na.

Enfin, je déguste ma glace, avec au fond de moi la sensation de m'être encore fait avoir.  Mais que c'est bon !

Promis, la prochaine fois, j'achète rien.  Mais vraiment rien.
(Et une image de la glace, dont le nom est finalement strawberry cheesecake, mais chuis trop fade pour changer - qui a dit "fade comme Moustik et Mostek ?")
glace

13:00 Écrit par Anaïs dans Anaïs fait son cinéma | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook | |  Imprimer | | | Pin it! |

19
mar

Une soirée rose bonbon : 27 robes


C'est une soirée filles, nénettes, girls, gamines ou meufs, comme vous voulez.  Mais que des filles.  A savoir Mostek, Moustik et moi, la bande girly par excellence, fans de Dirty Dancing et de Pretty Woman (même pas honte).  Des girls qui ont décidé d'aller voir 27 robes, le jour de sa sortie (c'est dire notre impatience), la nouvelle comédie romantique avec la blonde de Grey's Anatomy que j'ai oublié son nom mais son personnage c'est Lizzie celle qui aime George vous suivez ?

Mais pour qu'une soirée filles soit parfaitement réussie, on commence par s'empiffrer de frites au paprika avec un wrap (prononcez-le bien, à l'anglaise, car si vous le prononcez comme moi vrrrrrap, le serveur ne retiendra pas son fou-rire – mais bon, mignon comme il est, on lui pardonne tout, et puis j'ai qu'à savoir bien parler anglais tiens).  Au poulet, le wrap, avec de la sauce cocktail mais sans oignon cru.  Important, le "sans oignon cru", surtout quand on ne les digère pas, et qu'on a des relents d'oignon pendant les douze heures qui suivent la dégustation, malgré l'ingestion ultérieure de chocolats ou autres glaces.  Donc, sans oignon.  Avec un Ice tea pêche non pétillant.  Important aussi le "non pétillant", ça évite de roter durant toute la séance.

Et oui, on ne rajeunit pas ma bonne Dame, y'a des précautions à prendre maintenant, pour les soirées filles.

On papote, on cause, on babille, on discute.  De quoi ?  Ben de trucs de filles quoi : des collègues qu'on n'aime pas, des mecs qu'on voudrait aimer, du sexe qu'on voudrait pratiquer et de nos problèmes intestinaux qu'on voudrait éradiquer, une vraie "cacatastrophe".  Que du glamour.

Puis on va voir 27 robes.  Armées de munitions : chips, glaces, bonbons de toutes formes et couleurs et boissons.  De quoi faire un billet rien que sur le sujet.  D'ailleurs je vais faire un billet rien que sur le sujet (à lire à 13 heures).  Quelle réactivité Anaïs.  Je sais je sais, faut battre le fer tant qu'il est chaud.

27 robes, c'est l'histoire d'une éternelle demoiselle d'honneur.  27 fois, qu'elle l'a été.  A l'américaine, avec les robes colorées en froufrous, satin, dentelle.  Des robes meringuées.  Elle en rêve, pour elle, d'un grand mariage avec demoiselles d'honneur.  Avec son boss chéri, dont elle est secrètement amoureuse…  En attendant, sa vie est un peu morne (comme la mienne, tiens).  Lorsque sa sœur cadette débarque et que boss chéri en tombe amoureux, cette vie morne explose en morceaux…  Un très joli film.  Drôle (à prononcer droooole comme rôle, et non droll comme troll – moi je dis droll et on se moque de moi, sont pas gentils les gens).  Romantiiiiiiiiik à souhait.  Mignon.  Kiférêver beaucoup au grand amour.  Et puis le grand amour de l'héroïne (je ne vous révèle rien, dès qu'on le voit à l'écran on devine que ça sera LUI), il est brun, aux yeux bleus, et d'un ténébreux à faire frémir une Anaïs.  Un film que je conseille à toutes les romantiques.  Un peu guimauve, c'est clair, mais en vraies filles qu'on est (et on assume), on a adoré.  A-DO-RE.  Je parle pour trois là.  Mais je sais qu'elles seront d'accord même si elles ne commenteront pas pour confirmer (trop fades, les collègues, bien trop fades).
robes

06:00 Écrit par Anaïs dans Anaïs fait son cinéma | Lien permanent | Commentaires (2) |  Facebook | |  Imprimer | | | Pin it! |

11
fév

Deux films sinon rien


Journée cinéma.  Deux films.  D’affilée.

Pour commencer léger, « Enfin veuve », une comédie mignonne avec Michèle Laroque en veuve joyeuse contrainte de faire « mauvaise figure » face à sa famille compatissante et solidaire dans l’adversité du deuil.  A la fois drôle, léger et touchant, un film qui se regarde avec plaisir et qui laisse de la bonne humeur dans l’air après le mot « fin ».

En parlant de veuves joyeuses, deux avaient élu domicile dans notre rangée.  Tout au bout, mais leurs bavardages étaient exaspérants au possible.  D’autant plus exaspérants que je fus contrainte d’émigrer vers elles pour échapper à un spectateur tardif de trois mètres de haut au bas mot, qui, le vilain, s’était installé devant moi.  

Comme les veuves joyeuses n’en finissaient pas de faire leurs commentaires, j’ai osé un petit « chuuuut » (je sais, j’ai un caractère de chienne de garde, mais le cinéma, pour moi, se déguste dans le noir, dans le calme et sans odeurs – qui a dit « reste chez toi, râleuse » ?).  La veuve plus joyeuse du tout s’est alors rebellée d’un « qu’elle retourne d’où elle vient, celle-là »…. Oups.  Non, retourner devant le géant, impossible.  Décidément, les vieilles personnes ne sont plus ce qu’elles étaient.  

Ensuite, deux heures et un cinéma plus loin, « Atonement » ou « Reviens-moi », avec la superbe Keira Knightley et le non moins craquant James Mac Avoid.  Les images sont belles.  L’atmosphère est à la fois légère de par les prises de vue et l’amour naissant et lourde de par l’avenir sombre qui se profile à l’horizon.  Une angoisse sourde qui ne cessera durant deux heures.  On sait, on sent, on ressent, que la  happy end ne sera pas pour cette fois.  Un film que d’aucuns trouvent lent.  Pas moi.  Pas vu le temps passer, passionnée que j’étais par la beauté des personnages, de l’histoire, de la bande-son et par la qualité d’interprétation.  Une histoire dure et poignante, qui prouve, si besoin en est, que tout, dans la vie, peut avoir des conséquences inimaginables.  Un effet papillon au sens dramatique du terme.  Keira Knightley est superbe, comme à l’accoutumée.  Je l’adore.  C’est définitif.  Et son partenaire n’a rien à lui envier, tant en matière de jeu que de plastique.  On en mangerait, du James Mac Avoid, matin, midi et soir.  

Cerise sur le gâteau : un bout de Clair de Lune de Debussy… Rien qu’un bout, mais suffisant pour me faire me liquéfier.

Une belle histoire.  Et en parlant d’histoire, encore une preuve de mon inculture, il m’aura fallu la totalité du film pour répondre à cette question qui me turlupinait : comment, alors que l’action se déroule en 1939, peut-on y voir des scènes du débarquement de Normandie… Réponse : ma chtite Anaïs, il s’agit du débarquement des anglais, pas des américains… Déneuronée.  Ad vitam.

Morale de l’histoire : au vu de mon état à la fin du second film (incapable de bouger, de parler ou d’essuyer mes yeux tout mouillés), je préconise de commencer par « Reviens-moi », pour l’émotion, pour finir par « Enfin veuve », pour oublier l’émotion.

12:45 Écrit par Anaïs dans Anaïs fait son cinéma | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook | |  Imprimer | | | Pin it! |

28
déc

Entre « Enchanted » et « Il était une fois », mon choix est fait

Quelqu’un pourrait-il m’expliquer pourquoi l’affiche américaine du film, titre original « Enchanted », dont je vous parle au billet précédent, présente les deux héros en train de tomber zamoureux, sous un ciel tout bleubleu, avec l’écureuil rigolo et un petit zoizieau en cerise sur le gâteau, bref un univers enchanté et féérique, alors que l’affiche européenne d’  « Il était une fois » présente la vilaine marâtre et sa dangereuse pomme, son regard transperçant, ses ongles noirs effrayants, le tout sous un ciel sinistre et lourd, bref un univers effrayant et angoissant.

On veut nous traumatiser ou quoi ?

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11:30 Écrit par Anaïs dans Anaïs fait son cinéma | Lien permanent | Commentaires (8) |  Facebook | |  Imprimer | | | Pin it! |