16
sep

Opération culturons-nous - deuxième

(Pour que le titre de ce billet sonne juste, je vous conseille de faire un « clap » de vos mains, façon cinéma, ça sera parfaitement parfait).

WARNING : ce billet risque de n'intéresser que les namurwès... pour les autres, entamez la lecture en ayant en tête le risque d'assoupissement qu'il pourrait engendrer (en espérant que l'assoupissement ne gagne point les namurwès, sinon je suis foutue).

Me voilà donc à nouveau en route, munie de mes précieux sésames obtenus la veille, en ce fameux WE de journées du patrimoine. Dans le but de découvrir l'envers du décor du Cinéma Caméo et du Théâtre.  Ça promet d'être scherp, vu le court laps de temps entre les deux visites, mais j'y crois. 

J'y crois jusqu'au moment où la première visite, savoir celle du cinéma, commence et où l'orateur nous gratifie d'un « nous allons passer une petite heure ensemble ».  Argh, je veux mourir.  Hier, l'employée du cinéma m'a dit « ça dure une demi-heure ».  Bon, faut te faire une raison ma petite Anaïs, de un, ces journées du patrimoine sont un exemple type de désorganisation et de désinformation totale, de deux, tu ne verras pas le théâtre.

Je décide donc de profiter à fond de ma visite du cinéma, et d'oublier celle du théâtre, après avoir versé une petite larme de tristesse (bien souvent, en effet, une larme sert à exprimer la tristesse).

Notre hôte du jour, j'ai déjà pu l'écouter lors d'une exposition au Grand Manège d'il y a quelques années, ayant pour thème la fête foraine.  Je sais d'emblée que je vais passer un bon moment, c'est l'orateur idéal, passionné et jovial.  Il a bossé vingt ans au Caméo, c'est dire s'il en sait sur les coulisses de cette salle qui a bercé mon enfance.

Nous commençons par un petit historique du cinéma, inventé non par les Frères Lumière mais par Edisson.  Là, je crains le pire : l'histoire, c'est pas mon fort.  Mais le côté anecdotique l'emporte sur le côté historique, et je me repais de ce que j'apprends.

Que l'expression « avoir de gros roberts » vient d'une très ancienne publicité pour du lait de marque Robert, dans laquelle des biberons grossissaient, grossissaient et grossissaient encore...  Dingue non ?  Ah si, c'est dingue.

Qu'une femme adultérine, surprise en compagnie de son amant, à l'époque où les citoyens étaient filmés et où les films étaient diffusés en public, fut condamnée à divorcer, et que ce cas fit jurisprudence.  A cet instant, je songe aux caméras de la télévision locale, qui ont filmé l'assemblée durant un long moment... Y a-t-il des couples adultérins dans la salle ?

Que des tombolas étaient organisées dans ce cinéma, il y a belle lurette, avec à la clé un cochon vivant.  J'aurais vachement (sans mauvais jeu de mots) aimé voir ça.

Que sont venues dans ce cinéma, au moment oùsqu'on y chantait entre les projections, des stars telles Bourvil, Johnny, Sylvie Vartan... Excusez du peu.

Que les Aristochats fut diffusé dans deux cinémas en même temps, avec un pauvre projectionniste contraint de courir changer les bandes toutes les douze minutes, dans chacun de ces cinémas.  Qu'après quatre jours, il a abandonné et s'est offert une cuite, sans doute pour oublier.

Suit un débat bien passionnant sur les entractes, présents dans certaines villes comme Mons, mais absents dans ma ville.  Question d'habitude et de mentalité.  Pour ma part, je hais les entractes, ça casse l'ambiance.  Apparemment je ne suis pas la seule.

Séquence nostalgie au souvenir des films qui nous ont marqués.  Pour ma part, ET.  Dont le succès nous avait obligés à nous rendre à une projection matinale.  J'apprends alors que cette situation s'expliquait par le choix de la salle pour la diffusion, limitée à cent personnes.  Dingue, vraiment dingue, l'orateur se souvient de tout, absolument tout.

Nous évoquons ensuite les films à succès et les bides.  Le père Noël est une ordure, gros bide qui ne devra son succès qu'aux projections à la TV qui suivront.  Les visiteurs, dont personne ne voulut au départ, qui fut diffusé sans aucun espoir de succès.

L'historique de C'est arrivé près de chez vous, projeté à Cannes suite à un concours de circonstances extraordinaire, me passionne également.  Je déteste ce film, du moins je l'ai détesté à l'époque.  Je le reverrais bien actuellement, afin d'affiner mon jugement.

Ensuite, nous passons aux choses sérieuses, avec la visite des salles de projection de Rumba et In Bruges, ce fameux film avec un acteur américain (je crois) beau comme un dieu (je crois aussi).  Découverte des pellicules.  Ah bon, on n'est pas à l'ère du numérique ?  Que nenni !  Dans le temps, il fallait cinq bobines (le nom officiel m'échappe) pour faire un film d'une heure trente.  Maintenant une seule suffit, mais une fameuse, large de ouf, je n'ai pas le compas dans l'œil, mais plusieurs dizaines de centimètres.  Fameux matos. 

J'apprends que la diminution de l'éclairage après les lancements et les pubs et le rallumage après la séance... oh et puis non, je n'en dirai pas plus aujourd'hui, car cette agréable visite m'a donné une folle envie de tester projectionniste pour un prochain article dans la Meuse...  ça promet d'être passionnant, je vous le dis.

06:00 Écrit par Anaïs dans Anaïs fait son cinéma | Lien permanent | Commentaires (5) |  Facebook | |  Imprimer | | | Pin it! |

15
sep

Opération culturons-nous

 

Découvrant un peu par hasard que ce WE, ce sont les journées du patrimoine en Gelbique, je propose à Mostek d'aller nous culturer un peu en visitant les coulisses du théâtre de Namur et du Cinéma Caméo.

L'opération est prévue pour samedi après-midi.

Y'a juste un gros blèm, un très gros blèm : impossible de savoir à quelle heure exactement nous rendre sur place.  L'organisation est aussi formidable que celle d'un premier jour de soldes : le site web indique certaines heures pour les visites au Caméo et des visites non-stop au théâtre.  Fabuleux.  J'appelle donc le Caméo afin de savoir s'il faut réserver.  Mon  interlocutrice me rétorque que ce n'est pas le cinéma qui organise, m'indique les heures de visites, qui ne coïncident absolument pas avec celles du site web et me précise qu'il ne faut pas réserver.  Le programme « papier » des festivités, lui, indique encore d'autres heures.  Pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué ?  Trois sources d'informations, trois horaires différents.  Ça va être cotton.

La météo étant aussi nébuleuse que les renseignementss reçus, savoir qu'il pleut comme vache qui pisse, comme on dit ici (et peut-être ailleurs aussi), nous décidons, afin de mettre toutes les chances de notre côté, de commencer par le théâtre, oùsque les visites ont lieu non stop, pour notre grand bonheur.  Nous irons ensuite à la visite de fin de journée de notre bon vieux cinéma.

Une petite demi-heure pour trouver une place de parking, ouvrir les parapluies, courir entre les gouttes et arriver devant la porte du théâtre.  Fermée.  Qui s'entrouvre à peine, genre pour laisser passer un agent du FBI en mission top secrète, lequel nous indique que tout est complet jusqu'au lendemain, que les visites n'ont absolument pas lieu en permanence mais toutes les heures et qu'il faut prendre un ticket et que c'est limité à vingt personnes et patati et patata.  Je prends donc mon précieux ticket, non sans avoir râlé quelques instants, pour la forme.

Nous nous dirigeons ensuite vers le Caméo, histoire de réserver nos places pour la visite ayant lieu, d'après les indications reçues par téléphone (prions pour qu'elles soient correctes), une heure trente plus tard.

Chance absolue : l'heure et correcte.

Malchance absolue : tout est complet.

Jusqu'au lendemain.  Je prends donc mon précieux ticket, non sans avoir râlé quelques instants, cette fois pas pour la forme, mais passque je râle vraiment.

Comme il nous reste du temps à tuer, vu qu'on a payé le parcmètre (enfin maintenant ça s'appelle un horodateur) pour deux heures de culture intense, nous décidons d'aller nous culturer au rayon Hello Kitty des carteries et magasins pour enfants (j'achète un carnet de notes orné de la précieuse petite chatte), au rayon pulls d'un magasin où tout est pour rien ou presque (j'achète un choli pull mauve) et au rayon pâtes d'une pizzeria (j'achète un Fanta bien sucré et un trio de pâtes bien gras). 

Morale de l'aventure : il est bien plus aisé de culturer son inculture et sa gourmandise que sa culture, c'est clair et net.

Récit des visites dominicales demain...

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29
aoû

Mes amis Mes amours

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Le plus dur, lorsque l'on sort d'un film magnifique, c'est cette sensation triste qui envahit tout.  Cette rupture souvent trop brutale, après une heure trente minutes dans un autre monde.  Ce dur retour à la réalité.  Cette nécessité de se dire que ce n'était qu'un film, que les personnages disparaissent à tout jamais au moment où la lumière se rallume.  Que plus jamais ils n'évolueront.  Jamais.

J'ai ressenti ça après la projection de « Mes amis Mes amours », film tiré du roman éponyme (argh, j'adore placer un mot intelligent, à l'occasion) de Marc Levy, roman non encore lu même s'il occupe une place de choix dans ma bibliothèque.

Contrairement à l'adaptation américaine de « Et si c'était vrai », j'ai ressenti l'esprit de Marc Levy durant tout le film, de par l'ambiance, de par le phrasé, de par l'humour totalement non made in America, et c'est tant mieux.  C'est là que je me dis qu'il eût mieux valu adapter Et si c'était vrai en France, pour y garder cette ambiance si particulière du livre, qui est introuvable dans le film.  Mais soit, je suis là pour parler de « Mes amis Mes amours ».  Une réussite.  Un juste mélange d'humour et de tendresse, d'amitié et d'amour, de rires d'enfants et de nostalgie.  Avec des acteurs formidables, dont Vincent Lindon tristounet et romantique, Florence Foresti à la fois touchante et drôle, Virginie Ledoyen belle et écorchée vive et Pascal Elbé brun et ténébreux (ce qui suffit déjà à mon bonheur, vous vous en doutez).  Et puis les enfants, pierres d'achoppement de l'histoire.  Ajoutez à cela quelques personnages secondaires aux rôles bien plus que secondaires et des rues londoniennes qui donnent immédiatement l'envie d'aller vivre là-bas.  Secouez.  Puis dégustez.

J'ai donc dégusté.

Et dégusté encore et encore.  Et ce qui a rendu la dégustation encore meilleure, c'est que durant tout le film, à chaque moment d'émotion, je me disais « ça ne durera que le temps d'un film, c'est vrai... mais demain, tu remets ça, tu liras ».

Et je l'ai fait.

Le lendemain, j'ai lézardé au soleil toute la journée.  Et j'ai lu.  J'ai tout lu.  J'ai retrouvé Mathias, Antoine, Sophie et Audrey.  J'ai revécu l'émotion du film, même si quelques détails différaient, même si quelques personnages étaient plus approfondis, même si quelques scènes variaient.  J'ai à nouveau vibré.  J'ai à nouveau rêvé.  Et j'ai à nouveau pleuré.  Durant toute une journée, à peine entrecoupée par une pause poulet - salade - œuf dur dévorés en plein soleil, avec une légère brise, sans jamais quitter mon livre des yeux.

Et bien moi, j'appelle ça du bonheur à l'état pur.

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06:00 Écrit par Anaïs dans Anaïs fait son cinéma | Lien permanent | Commentaires (5) |  Facebook | |  Imprimer | | | Pin it! |

28
aoû

Séances ciné at home avec DVD post

Mes pérégrinations télévisuelles ont continué de plus belle avec DVDpost (cf le logo rouge à gauche, si vous voulez bénéficier de locations gratuits et si vous êtes belges...).

J'ai donc eu récemment le plaisir de visualiser quatre films dont je n'avais en fait pas entendu parler.  Je me suis dit que c'était ainsi l'occasion de découvrir de l'inédit.  Quatre films que je juge comme « moyens », soit n'étant ni des navets, ni des chefs-d'œuvre du cinéma.

Des détails ?  Des détails.

Tu vas rire, mais je te quitte.  Un film français avec la superbe Judith Godrèche en actrice désabusée par ses uniques tournages dans une sitcom ou des pubs.   Très drôle à certains moments, rasoir à d'autres.  Un zeste de romantisme en bonus.  Ça se laisse regarder, mais ça n'est pas inoubliable.  Il s'agit d'une adaptation du livre d'Isabelle Alexis.  Livre que je n'ai pas lu, mais à mon humble avis, le livre est mieux...

Only you.  Une comédie romantique américaine déjà ancienne à laquelle on ne croit pas réellement, tellement c'est incohérent.  Dommage, car ça se passe à Venise et à Rome, et le héros du jour est mmmmmmh.  L'héroïne est hyper craquante aussi.  C'est mignon, sans plus.

Un baiser s'il vous plait.  Un film français très étrange, avec Virginie Ledoyen qui embrasse son meilleur ami, pour le consoler.  Et c'est là que les catastrophes commencent.  Impossible de dire si j'ai aimé ou pas, tant c'est ... bizarre.

Crazy in love.  Une histoire d'amour américaine entre deux héros atteints du syndrome d'Asperger.  Crédible, mignon, drôle.  Même si parfois, on a envie de frapper les héros, tellement ils sont saoulants.  Mais on leur pardonne, passqu'ils sont émouvants.  Un très chouette film.  Les acteurs y sont parfaits.

Avez-vous vu ces films ?  Vous ont-il plu ?  Et enfin, question habituelle, des films à me conseiller pour mes prochaines séances ?

08:12 Écrit par Anaïs dans Anaïs fait son cinéma | Lien permanent | Commentaires (4) |  Facebook | |  Imprimer | | | Pin it! |

27
aoû

Le premier jour du reste de ta vie

Ben moi, je dois vous l'avouer, dans un film, c'est souvent le titre qui m'attire.  Et ce titre là, il m'a donné immédiatement envie de voir le film, sans même en savoir plus.  Passque ça m'a rappelé cette jolie chanson.  Et surtout passque j'aimerais faire de cette phrase mon leitmotiv : aujourd'hui est le premier jour du reste de ma vie.  Histoire d'avoir toujours en tête le fait qu'elle est précieuse, ma petite vie merdique, et que chaque seconde passée à ne pas en profiter est une seconde perdue.  Comme c'est joli ce que j'écris.  Et comme je ne l'applique pas du tout, perdant mon temps à râler, me lamenter, dormir, manger ou zieuter des conneries à la TV.

Mais soit.

J'ai donc profité de mes congés pour aller à l'Eldorado, mon p'tit ciné namurois, me délecter de ce film, après avoir tout de même lu le résumé, résumé qui n'a fait qu'accroître mon envie : cinq jours décisifs dans la vie d'une famille, cinq jours après lesquels rien ne sera plus jamais comme avant.  Cinq personnages clé, cinq vies qui s'entrecroisent et se partagent.  Cinq moments forts.

Le film a commencé fort étrangement, passque dans la salle, zont oublié d'éteindre.  Et bien ça fait tout drôle, de voir un film, enfin le début d'un film, avec la lumière.  Mais surtout, y'a eu un léger problème technique, qui a fait que les premières images étaient toutes étirées.  Etirées vers le haut.  Et le bas.  Allongées quoi. Mais au début, j'ai cru que c'était moi qui déraillais.  Jacques Gamblin, Zabou, Déborah François, tout longs, ça fait bizarre de chez bizarre.  J'ai un moment songé à avertir une ouvreuse, puis, au moment où une gentille dame derrière moi se dévouait, tout est rentré dans l'ordre, et j'ai pu rentrer enfin dans l'histoire.

Une histoire simple, finalement.  Une histoire comme toutes les autres.  L'histoire d'une famille.  Qui s'aime.  Se dispute.  Se respecte.  Se manque, parfois.  Chacune des cinq parties du film se concentre sur un des membres de la famille, tout en maintenant l'interaction avec les autres.  Une réussite.  Zabou y est parfaite.  Gamblin est craquant, lorsqu'il n'est pas tout allongé.  Déborah François est attachante et belge (cocorico).  L'attachement aux personnages nait illico, dès la première scène (enfin, je l'imagine, passque pour moi, la première scène est vague, vu que je n'arrêtais pas de me demander si j'étais atteinte d'une maladie du cerveau, au vu des têtes des acteurs). 

J'ai ri, j'ai pleuré, j'ai su dès la première minute que j'allais pleurer à la dernière minute.

Bref, j'ai adoré.  Un super moment, que je vous conseille.  A voir absolument.

premierjour

09:45 Écrit par Anaïs dans Anaïs fait son cinéma | Lien permanent | Commentaires (2) |  Facebook | |  Imprimer | | | Pin it! |