25
mar

L'assaut

J'ai vu L'assaut.

Et j'ai été glacée.

D'effroi.

De froid.

Ou plutôt, de froid, puis d'effroi.

Passque j'ai vu L'assaut dans une salle de cinéma, à l'Eldorado, sans chauffage.  Bien sûr, on a été averties de la situation... une fois les places achetées... Bien sûr, de petits papiers annonçaient la panne.  De petits papiers noyés dans la masse de papiers : tarifs, horaires, paperasse en tous genres.  Bien sûr, une fois les places en main, on s'est dit que "quand faut y aller, faut y aller".

Ou plutôt (bis) que "quand faut cailler, faut cailler".

Passqu'on a caillé, je vous le garantis.  Malgré mon manteau que j'ai gardé et fermé le plus possible.  Malgré mon écharpe strelli noué autour de ma tête comme un tchador, même que ça démangeait ferme au bout d'une heure, là-dessous.

Mais à part ça, ben ce film, il était fameux de chez fameux.

Il raconte, comme tout un chacun le sait, l'assaut du GIGN lors de la prise d'otages par le GIA d'un avion d'Air France, en 1994.  Je m'en souvenais vaguement.  Dingue comme on se souvient toujours "vaguement" de ces drames.  Mes faibles souvenirs m'ont permis d'appréhender le film en toute innocence : je connaissais juste la toute fin, pas les tenants et aboutissants.

Voilà un film tourné à la manière d'un reportage, ou presque, ce qui m'a permis de me plonger encore plus dans l'horreur de ces heures qui ont dû être longues pour les otages, très très longues.  Un film aux coloris très pâles, qui accentuent la froideur des faits.  Mais sans violence exacerbée.  Il en faut un peu, c'est tout de même un assaut.  Mais cette violence est proposée tout en retenue, en pudeur.  Froide, elle aussi, glaciale, comme l'air ambiant de ma salle de cinéma, mais en pudeur, sans exagération, sans américanisation peut-être.   Et tout en pudeur encore, ce film nous montre que ces "sauveurs" du GIGN ne sont que des hommes, avec des familles, des failles et des peurs.  Qu'ils ont dû zapper l'espace de quelques heures.  Chapeau.

Attention seulement, si vous êtes comme bibi du genre à stresser dès qu'une mouche pète dans un film, vous allez vous cramponner à votre siège.  Et je vous prie de croire que moi, qui étais en attente d'une visite en cardiologie qui me transformerait en cheval de trait (récit bientôt), j'ai bien eu peur qu'il explose, mon pauvre chtit coeur angoissé.

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23:07 Écrit par Anaïs dans Anaïs fait son cinéma | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook | |  Imprimer | | | Pin it! |

8
fév

Mister Nobody

Y’a quelques mois déjà, j’ai vu Mister Nobody, ce film primé aux Magritte du cinéma, le premier festival belge à la Oscar et César…

J'ignore pourquoi, j'ai toujours cru que ce film était une comédie.

Une comédie déjantée. 

Bon, déjanté, ça l'est, mais comique, que nenni.  Que du contraire.  Déçue Anaïs ?  Nan, que du contraire (bis).

Le film me séduit presque immédiatement même si je n’y comprends rien de prime abord (j’ai été rodée quelques jours auparavant en matière de début de film incompréhensible, avec Inception).

Est évoqué l’effet papillon, dont le battement d’aile à un coin du monde peut provoquer une tornade à l’autre coin du même monde.  J’adore.

Est également évoquée la théorie du silence imposé par l'ange à l'enfant à naître, afin qu’il ne révèle rien de ce qu’il sait d’avant sa naissance.  Un silence imposé dont le nouveau né gardera une trace au-dessus de la lèvre.  J’adore.

Et le ton est donné.  Et je vais adorer. Je n’en doute plus.

L’histoire ?  Les histoires, voulez-vous dire.  Impossible à vous raconter, il faut le voir, c’est tellement complexe, et tellement bien monté, tellement bien imaginé.

Mister Nobody raconte des vies, des suppositions, des rêves, des extrapolations, des envies, des existences qui s’imbriquent, s’influencent, se modifient… difficiles à cerner… à comprendre… à suivre parfois… Un enfant, un adulte, un vieillard : une seule personne, plusieurs destins.  Des tas de destins. Je ne pourrais rien dire de plus… il faut le voir pour le comprendre, ou à tout le moins entrer dans l’histoire et être sous le charme de Mister Nobody.

A la fin, j’étais toute perturbée. Tout le film chamboule, il inquiète, il fait peur parfois (à un moment je me suis surprise à avoir une angoisse de mort fulgurante, vraiment scotchant).  Il fait réfléchir au destin, au hasard, aux choix de vie, à leurs conséquences, et puis aussi à l’immortalité, à l’amour… à tout ce qui fait et règle notre existence, en fin de compte.  En même temps, il distille une dose de poésie et de romantisme bien nécessaire.  Sans oublier les images, parfois poétiques elles aussi, parfois surnaturelles (ça m’a vaguement rappelé The Truman show, parfois) ou futuristes.  Un peu de tout…

Et la musique, rhaaa la musique, ben un peu de tout également, et surtout tout ce que j’aime, un thème au piano magnifique (composé par le frère de Jaco Van Dormael), Sweet Dreams d’Eurythmics, Mister Sandman (bring me a dream), et puis un morceau classique qui me fait planer dont j’ai oublié le titre, comme d’habitude (je pense ne l’avoir jamais connu d’ailleurs, le titre de ce morceau).

Clair, ce n’était pas une comédie, même si parfois l’humour pointe le bout de son nez.  Mais pas une comédie, ah que nenni.  Mais quel film ! Waw.

Et puis, après un film aussi… aussi… ben aussi tout ça, je me devais d’écouter les commentaires audio.

Histoire d’en apprendre plus. 

J’ai ainsi appris que le début du film était incompréhensible, et que c’était voulu (ouf, me vlà rassurée). J’ai appris que le tatouage sur la tête du psy… ben c’était les lettres P, S et Y.  Je n’avais pas remarqué.  J’ai appris que les deux filles du réalisateur (superbes) jouent les anges, et que lorsqu’elles ont enlevé leurs ailes à la fin du tournage de la scène… les enfants n’en revenaient pas qu’elles puissent le faire, alors qu’elles étaient des anges quoi ! J’ai appris que l’une des scènes était tournée face au miroir, puis à travers le miroir, avec tout le mobilier inversé.  Je n’avais pas remarqué.  J’ai appris que le maquillage de Jared Leto « vieux » prenait cinq heures.  Je n’avais pas remarqué que c’était le même acteur.  J’ai appris que les codes couleurs, jaune, rouge, bleu, dont j’avais conscience, étaient bien plus étendus que je  ne l’avais noté.  J’ai appris que les codes couleurs n’étaient pas seuls, que d’autres codes étaient présents, comme l’eau, les nuages copiés-collés….  Je n’avais pas remarqué.  Un film, c’est un travail de précision extrême… dont on n’a pas toujours immédiatement conscience.  Je ne vais pas vous énumérer tout ce que j’ai appris, ce serait saoulant, surtout si vous n’avez pas vu le film, mais ça confirme à quel point les bonus apportent un plus au film.  Je ne comprends pas ces personnes qui ne regardent jamais les bonus, quel dommage…  rien que pour tous ces exemples, pour tout ce que j’ai appris en plus, les bonus, moi j’aime ça.  Non, j’aime pas ça, j’adore ça.

Et puis, en cherchant l’affiche à insérer sur ce billet, j’ai compris pourquoi je l’imaginais comique, ce film : à cause de cette affiche.  A cause du rouge, couleur du clown.  Et à cause des grands yeux bleus de l’acteur.   

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07:54 Écrit par Anaïs dans Anaïs fait son cinéma | Lien permanent | Commentaires (6) |  Facebook | |  Imprimer | | | Pin it! |

3
fév

Ce soir sur France 3 (de mon temps : FR3)

Un magnifique film avec Elsa Zilbetruc et Kristin Scotttruc.  Diffusé hier sur La 2 en Gelbique. Emouvant comme tout, vraiment superbe : Il y a longtemps que je t'aime.

A voir !

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16
jan

Still walking

« Le dimanche, en général, on lit au lit, mais cette année, j’ai juste eu l’énergie de regarder des DVD, donc le dimanche, parfois, on mate des DVD. »

C’est l’histoire d’un enfant qui a grandi en pensant qu’il ne satisfaisait pas aux attentes de son père.  C’est l’histoire d’un enfant qui revient dans la maison familiale pour l’anniversaire de la mort de son aîné, accompagné de son épouse et de son fils qui n’est pas vraiment son fils.  C’est l’histoire d’un enfant qui retrouve sa sœur et ses parents, dans une atmosphère pleine de non-dits, de secrets, de silence… et d’amour.  Surtout de l’amour, malgré tout.

Un film hyper touchant, avec des images superbes, de l’émotion, de l’humour, de la tendresse et une jolie découverte d’un bout de culture japonaise, faite de pudeur, de sushis, de fleurs de lilas roses et de veuves avec enfants qu’on ne devrait pas épouser…  Et puis d’amour, mais ça je l’ai déjà dit.  Tout ça, c’est la vie.  Et puis la mort.  Mais surtout la vie. Rien ne se passe et tout se passe.  Rien ne s’exprime, mais tout se ressent. Plus rien n’est à espérer, alors que tout espoir est encore permis. 

Très joli film.  A voir.

Et grâce à ce film, j’ai appris quelque chose : les papillons jaunes sont les blancs qui ont survécu à l’hiver.  Qui me l’a dit ?  Je ne m’en souviens plus…

Maintenant je n’ai qu’une envie, voir Nobody Knows…

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08:37 Écrit par Anaïs dans Anaïs fait son cinéma | Lien permanent | Commentaires (4) |  Facebook | |  Imprimer | | | Pin it! |

2
jan

Cinq films sinon rien : Un balcon sur la mer – The next three days - Les émotifs anonymes – Bébé mode d’emploi - Raiponce

Avant de choper cette satanée grippe/bronchite, je me suis lancée, bien par hasard, dans marathon-cinéma : cinq films en sept jours.  Pas mal hein ?

D’autant que je les ai tous aimés, et c’était pas gagné…

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Premier film : Un balcon sur la mer.  On hésite avec Libre échange, mais on décide de commencer par Un balcon sur la mer.  Mauvaise idée vu que depuis lors Libre échange n’est plus programmé qu’à 22h, titchu, comme si j’avais encore l’âge d’aller au ciné si tard ma bonne Dame. 

J’adore la petite gueule d’amour de Jean Dujardin, mais pas dans les comédies genre Brice de Nice, que je ne regarderais pas, même sous la torture.  D’autant que les rôles graves lui vont si bien, mais si tellement bien.  Un superbe film dans lequel le passé ressurgit à travers le mensonge, quand notre héros retrouve par hasard son premier amour, perdue de vue depuis qu’il a quitté l’Algérie : mais est-elle réellement celle qu’elle prétend être ?  Les images sont magnifiques et l’histoire émouvante, même si parfois un peu longuette.  Jean Dujardin et Marie-Josée Croze sont parfaits.

 

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Changement de registre avec le second film : The next three days.  Remake américain de Pour elle, fabuleux film avec Vincent Lindon et Diane Kruger, thriller de Fred Cavayé, ce réalisateur qui vient de sortir A bout portant, dont je vous parlais récemment.  Remake qui raconte le combat d’un homme pour faire libérer sa femme, injustement condamnée pour meurtre.  Pour la faire libérer à tout prix…

Alors, bien sûr, pour les remakes, j’ai toujours une angoisse (j’ai d’ailleurs failli avoir une attaque d’apoplexie en découvrant la bande-annonce de The dinner, soi-disant remake du Dîner de cons, tant je ne pouvais croire que cette bande-annonce totalement ridicule pouvait avoir un lien avec ce petit bijou français).  J’angoissais aussi du fait que je connaissais déjà l’histoire…  Et bien j’ai pas été déçue du tout, que du contraire.  Bien sûr, c’est plus américain, en toute logique, avec plus d’action et un peu moins de psychologie, mais le film captive du début à la fin, Russel Crowe est trop attachant en mari prêt à tout pour sauver celle qu’il aime, les deux heures passent à une vitesse folle et j’étais scotchée à mon siège durant tout le film.  Pour résumer : j’ai adoré.  Et puis la toute dernière scène, qui n’existe pas dans Pour elle, ces quelques secondes supplémentaires, ça m’a bien fait rire.  Voilà voilà.

 

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Troisième film : Les émotifs anonymes

Un film qui réunit Benoît Poelvoorde dans ce qu’il a de plus émouvant et Isabelle Carré dans ce qu’elle a de plus timide, je ne pouvais pas manquer ça.  J’adore Isabelle Carré depuis « Se souvenir des belles choses ».  J’adore Poelvoorde car il est namurois et que les rôles qui misent plus sur l’émotion que sur l’humour lui vont à merveille.  Et j’adore le duo Carré / Poelvoorde, que j’avais découvert dans « Entre ses mains », un thriller génial.  Dans les émotifs anonymes, ils interprètent un patron de chocolaterie et sa nouvelle collaboratrice, qui tombent sous le charme l’un de l’autre sans oser se l’avouer, because eux être émotifs anonymes.

Et bien je n’ai vraiment pas été déçue.  Ce film est plein d’humour tout léger tout émouvant.  Plein d’émotion tout légère toute drôle.  Et plein de chocolat tout doux tout savoureux.  Il séduit de la première à la dernière minute.  Ça va peut-être vous étonner, mais dans ce film, Poelvoorde m’a rappelé Bourvil : hyper touchant et à la fois si drôle.  Et la scène où il chante, ben je n’ai qu’une chose à dire : waaaaaaaaaaaw.  Le jour où quelqu’un me chante ça avec la même émotion, je l’épouse sur le champ (et non sur le chant, quoique…).

Voilà une comédie romantique à la belge à voir et revoir, car elle fait un bien fou.

Et puis, si j’ai tant aimé ce film, c’est sans doute car, après l’avoir vu, j’ai réalisé l’évidence : je suis, moi aussi, une émotive anonyme.  Sacrebleu, va falloir que je me soigne, y’a des réunions à Namur ?

 

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Film suivant : Bébé mode d’emploi.

Rendez-vous était pris pour aller voir Love et autres drogues, avec Anne Hathaway.  Sauf que le soir venu, pas de Love et autres drogues à l’affiche, malgré une sortie annoncée le jour même.  Va comprendre.

Notre choix se porte alors sur Bébé mode d’emploi, avec Katherine Heigl, bien que je ne sois absolument pas convaincue.  Déjà, je pense que c’est la suite de En cloque mode d’emploi.  Cela me semble logique, pas vous ?  Mais En cloque mode d’emploi, j’ai pas aimé, trop d’humour gras américain à mon goût.  Alors une suite… je crains le pire.

Mais bon, on a décidé d’aller au ciné, faut choisir un film, celui-là me semble le « moins pire ».

J’y vais donc les pieds de plomb.

Et j’en ressors les pieds légers, tant j’ai aimé cette petite comédie sans humour gras américain et pleine de romantisme.  Drôle juste ce qu’il faut.  Touchante aussi, j’y suis allée de ma  petite larmichette.

Bon, pas un film à Oscars, mais un bon divertissement pour une chouette soirée entre filles.

 

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Enfin, dernier film : Raiponce.

Quoi de mieux qu’un petit Disney au moment des fêtes, pour avoir le cœur en joie ?   Qui plus est, le 50e Disney !

Raiponce représente à 100 % le genre de dessin animé que j’aime, so romantic, so conte de fées, so prince charmant sauvant jolie princesse.  J’aime.  Et j’assume.  Raiponce, j’ai autant aimé que Cendrillon, autant que La belle et la bête, c’est dire si j’ai aimé, car ces deux-là sont mes préférés de toute ma vie.

J’ai bien ri durant ce film, surtout avec le petit caméléon trop craquant tout plein.  Et puis keske c’était émouvant. J’ai carrément pleure, c’est dire si l’heure était grave, car pleurer en matant un dessin animé, à mon âge, c’est limite…  Tant pis, j’assume aussi.  Et les chansons sont hyper chouettes.  Tout comme les images, of course.

Bref, un tout bon Disney.

Mais un détail : ils pourraient pas proposer des diffusions exclusivement réservées aux adultes ?  Je dis ça je dis rien hein.  Mais y’a trop de mômes quand c’est du Disney, c’est exaspérant.

Et puis, juste une petite chose, pour ceusses et celles qui ont vu Raiponce : hein qu’elle est vachement plus craquante en brune, notre petite héroïne…

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