27
nov

Hatchi

 

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(A ne pas confondre avec Atchikatchikatchik aïe aïe aïe ou avec atchoum, le nain de Blanche-Neige).

Je n’ai pas souvenance que ce film soit sorti en salles à Namur, mais j’ai peut-être zappé…

C’est donc suite à de bons conseils, et à un copier coller sur mon super disque dur externe de la mort qui tue la vie, que j’ai, en ce samedi soir (enfin, en ce samedi fin d’après-midi), décidé de regarder Hatchi.

On m’avait dit de préparer mes mouchoirs, mais j’ai pas suivi le conseil.  Après tout, des films sur les chiens, sur la mort, voire sur les deux, ben ça existe depuis des lustres, je suis blasée.  Et les chiens, ça me fait pas vraiment pleurer. 

Et puis y’a Richard Gere, le seul, l’unique, alors j’allais plus baver comme un chiot que pleurnicher, non ?

Vous connaissez l’histoire d’Hatchi ?

Si vous préférez ne pas la connaître, ne lisez pas ce qui suit.

Hatchi est un chien qui a vécu au Japon.  Tous les jours, il allait attendre son maître à la gare.  Jusqu’au jour du décès de ce dernier, en 1925.  Le lien entre eux était si fort qu’Hatchi a passé les neuf années suivantes, jusqu’à sa mort en 1934, à continuer à l’attendre à la gare.  Il n’a fait que ça, attendre.  Et ça l’a rendu célèbre.  Maintenant, y’a même une statue de lui à l’endroit où il attendait.

Oui, bon, en soi, c’est clair que c’est une histoire émouvante comme tout : le chien qui attend en vain, la statue...  Comme toutes les histoires de fidélité : les chiens qui font cent mille bornes pour revenir chez leur maîtres, les chats qui s’usent les coussinets pour rejoindre leur domicile, les iguanes qui arrachent un doigt à leur maître… oups non, ça c’est pas émouvant, c’est sanglant.

Donc, ça allait être émouvant.

Ben j’ai pas pleurniché.

Pas pleuré.

J’ai sangloté.  A gros bouillons, comme dans la chanson de Brel (Orly).

Mais sangloté !

Et sans mouchoir.

J’en ai même chopé une migraine à droite, fait rare, d’habitude je les ai à gauche, mes migraines.

Et des yeux gonflés comme ceux d’un merlan frit… avant qu’il soit frit.

Et des larmes qui me dégoulinent dans le cou.  Et entre les nénés.  Nan, j’étais pas en déshabillé de soie, j’étais en pyjama pilou (hé, ça caille), mais ça a coulé du cou aux nénés, voilà tout.

Ce film, il est d’un triiiiiiiste.

Les images sont superbes.

Richard aussi, tant qu’à faire.

Et que dire du chien.  Ses petits yeux émouvants.  Son amour fou. Sa fidélité. Son poil qui ternit au fil des ans, de l’attente, alors que sa loyauté ne ternit pas, elle, ben ça m’a fait brailler comme un veau qui vient de naître.

Bon, clair que tout est fait pour susciter l’émotion.  Zont même mis de la neige sur ce pauvre chien qui attend.  On l’imagine frigorifié, affamé et tutti quanti, avec de la neige glaciale plein le poil.  Quand je vous dis que c’est hyper triste...

Vraiment une magnifique histoire, à voir en famille.  Ça sera peut-être moins éprouvant.  Passque moi, là, en ce samedi soir, me vlà atteinte de sinistrose.

Et l'histoire d'Hatchi, le vrai, en fait appelé Hachiko, c'est ici.

 

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21:27 Écrit par Anaïs dans Anaïs fait son cinéma | Lien permanent | Commentaires (4) | Tags : hatchi, richard gere |  Facebook | |  Imprimer | | | Pin it! |

23
oct

Le FIFF – day 6 – Le nom des gens

Et voilà, déjà le dernier jour, soirée de clôture.  Keske ça passe vite. Keske ça fatigue.  Mais keske c’est bon, le FIFF.  Après la classique liste des films primés, sans remise de Bayards, of course, puisque nous sommes dans la salle sans VIP, la seule qui accepte les vassaux, un dernier film, last but not least.

Avec Le nom des gens, revoilà Jacques Gamblin, qui tombe amoureux de la pétillante Sara Forestier, dans une comédie bourrée d’humour (oups, logique pour une comédie), mais vachement touchante aussi. 

Le pitch : Bahia Benmahmoud, jeune femme extravertie, se fait une haute idée de l'engagement politique puisqu'elle n'hésite pas à coucher avec ses ennemis pour les convertir à sa cause - ce qui peut faire beaucoup de monde vu qu'en gros, tous les gens de droite sont ses ennemis. En règle générale, elle obtient de bons résultats. Jusqu'au jour où elle rencontre Arthur Martin - comme celui des cuisines - quadragénaire discret, adepte du risque zéro. Elle se dit qu'avec un nom pareil, il est forcément un peu facho. Mais les noms sont fourbes et les apparences trompeuses...

J’ai adoré l’analyse faite des noms, un jeu auquel je me livre sans cesse au bureau, j’ai d’ailleurs un billet en préparation sur le sujet (mais j’ai des billets en préparation sur tout, je sais).  J’ai adoré la complicité entre les personnages.  J’ai adoré cette référence à la politique, faut le faire, savoir me faire rire avec de la politique.  Bref, ben j’ai adoré.  Un film qui fait du bien au moral.

Et puis c’est fini, oooooooooooh, mais on revient l’an prochain, aaaaaaaaaah (sans aucune référence à la fin de Secret Story, of course, vous savez combien je suis trop culturée pour m’abaisser à regarder ce genre de choses – mais bon, chuis déçue pour Stéphanie, tout de même).

Conclusion de cette sixième et dernière journée :

- j’ai pas réveillé Mostek, qui s’était préparé un petit lit d’appoint sur son siège de cinéma, avec manteau en guise d’oreiller, pas eu le cœur d’interrompre une si jolie sieste

- bien eu peur, à un moment, de revivre l’aventure intestinale de la veille (mais à quoi bon vous en parler, je sens bien que vous vous en fichez, comme vous vous fichez de ce FIFF, alors je boude, na).

 

Conclusions générales de ce FIFF :

- Mostek a vraiment bien dormi

- y’en a marre des VIP qui squattent les bonnes places, sans payer, alors que la populace, dont je fais partie, se farcit l’achat d’un PASS pour être reléguée aux pires endroits de la salle

- y’en a marre que les VIP puissent entrer avant tous les pigeons qui font la file depuis une heure

- y’en a marre que ceux qui paient leur pass ne soient pas sûrs de pouvoir entrer dans les salles

- après trois FIFF, je continue à me demander pourquoi ce Festival International du Film FRANCOPHONE propose des films en langue étrangère… quelqu’un sait ?

- au bout de huit jours, les pubs répétitives et toujours identiques deviennent insupportables, malgré l’humour fou qui nous fait délirer « Fiff-froid hein ce soir ? Rho oui, FIFF-frisquet », « Keskon met sur sa tartine ?  Ben du Berhin (du beurre hein) » - ça ne fait rire que nous et c’est pas grave

- j’adoooore toujours autant le FIFF et son ambiance toute particulière, même si j’ai râlé avant

- mon top 3 : Incendies, Elle s’appelait Sarah, No et moi et La reine des pommes… bon ça fait un top 4, tant pis.  Mon top du top reste bien sûr Incendies.

- mon regret, ne pas avoir vu Les petits mouchoirs, et accessoirement, ne pas avoir bavé devant la belle gueule d’amour de son réalisateur…

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15:47 Écrit par Anaïs dans Anaïs fait son cinéma | Lien permanent | Commentaires (3) |  Facebook | |  Imprimer | | | Pin it! |

22
oct

Le FIFF – day 5 – Nous trois – Ensemble c’est trop – Elle s’appelait Sarah

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Après une journée de relâche because Calogero en concert acoustique, trop beau, trop près, trop formidable, nous revoilà au FIFF.  Calogero parvient à nous faire un concert acoustique tour à tour rock, puis romantique, puis rock, puis à nouveau calme.  Que du bonheur, que du bonheur, que du bonheur total et infini.  Rhaaaaaaaaaaaaaaa, Caloooooooooooooooo. (Photo de Mostek)

Le lendemain donc, des étoiles encore plein les mirettes et des mélodies calogeriennes (à ne pas confondre avec carolorégiennes), il est temps de reprendre nos bonnes habitudes de cinéphiles.

Mais vu la météo particulièrement estivale, nous commençons par un délicieux repas en terrasse de chez Exki. Le soleil est fabuleux, j’ai même un peu trop chaud, c’est dire.

Ensuite, petits shoppings dans quelques magasins.

Et c’est là que j’ai la pire idée de toute ma vie.  Mostek m’entraine vers un nouvel endroit, un bar à smoothies, jus, milkshakes et cafés, dans la galerie en face de l’Eldo, comment s’appelle ce passage déjà ?  Et tandis qu’elle s’offre un café, j’opte pour un milkshake au spéculoos.  Délicieux.

Mais à peine l’ai-je terminé, je réalise mon erreur : il me reste sur l’estomac, et sur les intestins.  C’est vrai que je ne bois plus jamais de lait, et je dois avoir mon système digestif détraqué par ces diables d’antibiotiques que j’ai ingurgités.  Bref, j’ai mal au bide avant même la dernière gorgée.  Je profite néanmoins du film, Nous trois, une histoire pas joyeuse joyeuse, avec Emmanuelle Béart.  L’histoire se passe en 1972, fabuleuse année, et raconte les tentatives d’un enfant pour rendre sa mère plus heureuse, en la poussant dans les bras de leur nouveau voisin.  Un choix qui ne sera pas sans conséquences.  Un film dur malgré quelques pointes d’humour bien placées. Et puis y’a les décors, et les fringues, qui à eux seuls méritent le détour.  Sans oublier Jacques Gamblin.

Ensuite, nous voilà reparties à l’étage, dans cette salle étriquée que je déteste tant.  Pour visionner Ensemble c’est trop, une comédie avec Nathalie Baye (après la mère, la fille, euh, non après la fille, la mère) en épouse trompée par Pierre Arditi, qui se réfugie chez son fils et devient un tantinet… envahissante.  Après dix minutes, je réalise combien le temps va me sembler long.  Passque mes intestins font la java, because le milkshake.  Mais je me concentre pour pas y penser.  Après quinze minutes, je ne pense plus qu’à ça.  J’ai l’impression d’être en phase pré-accouchement, tellement j’ai des « contractions », sauf qu’en fin de compte, je vais pas accoucher d’un joli bébé, si vous voyez ce que je veux dire.  Je tiens le coup plus d’une heure, mais le supplice est atroce et j’ai des sueurs froides à force de tenter de paraître dans un état normal.  Quand soudain, c’est la révolte intestinale et en deux minutes, j’expédie mon écharpe Strelli et ma bouteille d’eau au sol, j’avertis Mostek que ma vessie n’en peut plus (passque dire « mes intestins se rebellent », ça la fout mal), elle me rétorque qu’il reste que dix minutes, mais je sais que j’ai plus dix minutes, je le sais je le sais je le sais, alors je fais lever toute la rangée, avec une honte incommensurable, et je me précipite aux toilettes, manquant au passage de marcher sur un pauvre chien guide d’aveugle tout noir qui dort au traves de l’escalier.  Ah ben oui, préoccupée par mes ennuis intestinaux, j’oublie de vous préciser qu’il s’agit d’une séance « amis des aveugles », soit un film auxquels s’ajoutent des commentaires utiles aux non-voyants, qui situent l’action, indique qui entre ou sort et donnent des détails importants.  Passionnante expérience.  J’ai fermé les yeux à plusieurs reprises pour me mettre en situation (et pour faire des injonctions intestinales du genre « pitiéééééééé, épargnez-moi, calmez-vous, relaxez-vous »).  Bon, retour à mes moutons, enfin à mes boyaux.  Je me précipite donc aux toilettes et je ne vous dirai qu’une chose : il était moins une.  Après une bonne dizaine de minutes, je rejoins la salle, mais pas ma place, trop honte de déranger à nouveau les gens, et je visionne la fin du film, enfin totalement zen et extrêmement heureuse d’avoir recouvré la maîtrise de mon organisme.

Il est 20 h et des poussières, et tandis que Mostek va se chercher un plat de nouilles asiatiques, je m’installe dans la file pour Elle s’appelait Sarah, fort attendu par bibi.  Moi, je mange rien, j’ai eu ma dose, mon estomac aussi, mes intestins aussi.  Tout ce que je veux, c’est que mon organisme tienne le coup durant l’heure, au bas mot, de file qui nous attend.  Alors on attend.  En mangeant (Mostek).  En parlant.  En râlant (Mostek, moi et d’autres) sur ceux qui sont pas foutus de passer une heure sans fumer, et enfumer ceux qui les entourent.  En râlant sur les VIP qui sortent ou entrent, sur le retard qu’ils causent et sur les barrières qui s’ouvrent pas.  Derrière nous, une foule en délire.  Mostek pense qu’on n’entrera pas, mais je suis optimiste.  On entrera !  Et on entre, mais certains resteront sur le carreau, c’est nul.  On choisit des places en bout de rangée, histoire que je puisse me précipiter aux toilettes au cas zou, sait-on jamais, on n’est jamais trop prudent, mieux vaut prévenir que guérir… enfin vous voyez le topo quoi.

Avant le film, le court métrage le plus poignant que j’aie pu voir.  Et le plus engagé aussi.  Mon frère.  Très controversé en Algérie, car il ose parler de la pression masculine sur les femmes dans certaines familles.  De la violence aussi.  Des mariages forcés.  Des crimes d’honneur.  Superbe court métrage, aussi touchant qu’un long métrage, ce qui n’est pas toujours aisé en si peu de temps.

Et puis, enfin, Elle s’appelait Sarah.  Etonnant, ce hasard qui fait que deux films traitent, bien différemment, du Vel d’hiv, cette année (La rafle et Elle s’appelait Sarah).  Et un troisième film du FIFF l’a évoqué, mais j’ai oublié son nom, titchu.  Elle s’appelait Sarah aborde le sujet d’une tout autre manière, en proposant deux histoires en parallèle : celle de Julia (Kristin Scott Thomas), journaliste qui décide d’enquêter sur la rafle du Vel d’Hiv, et qui découvre que Sarah, fillette qui, en 1942, en a fait les frais.  Le mystère qui entoure la famille de Sarah va captiver Julia au point qu’elle en oubliera qu’au présent, une vie l’attend.  En découvrant le secret de Sarah, Julia va bouleverser sa propre existence. 

Rhaaaaaaaaaa, quel film !!  Que vous dire.  Que mes intestins m’ont fichu la paix, mais que mes glandes lacrymales ont pris la relève, à plusieurs moments.  J’avais adoré La rafle, mais Elle s’appelait Sarah traite le sujet avec bien plus de subtilité, nous entraînant tour à tour en 1942 puis de nos jours, au Vel d’hiv puis dans l’appartement de Sarah…  Un va et vient en permanence chargé en émotion.  Un film que vous devez voir, je vous l’assure, les petits amis.

Conclusions de cette cinquième journée :

- Mon corps a parlé, tant qu’il a pu, le vilain

- beaucoup d’émotions, en tout cas pour le premier et le dernier film

- pas mal de rires aussi, durant le second film, malgré les spasmes qui m’agitaient

- la première vraie file du FIFF, avant Elle s’appelait Sarah, enfin, du monde du monde du monde

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06:01 Écrit par Anaïs dans Anaïs fait son cinéma | Lien permanent | Commentaires (7) |  Facebook | |  Imprimer | | | Pin it! |

21
oct

Le FIFF – day 4 – Balle perdue – La reine des pommes

Pas de Fiff en ce mardi après-midi, big repos pour bibi.  Mais à 18 heures, je rejoins Mostek pour Balle perdue, un film difficile sur le Liban en 1976, et plus particulièrement sur Noha, une jeune fille plus si jeune qui, par déception amoureuse, va se marier avec un autre.  En l’espace d’une journée, elle va changer d’avis, et les drames vont s’enchaîner.  Un film un peu lent mais intéressant à découvrir.

Ensuite, direction La reine des pommes, pleine d’appréhension.  Chais pas pourquoi, mais je m’attends au pire.  Après un court métrage très étrange, Caniche (primé), me voilà emportée dans la vie d’Adèle, qui vient de se faire plaquer par Mathieu et décide de l’oublier en couchant avec d’autres hommes.  Un film totalement déjanté et drôle, saupoudré de jolies chansons, interprétées par l’actrice, qui est également réalisatrice, multiples talents…  Très drôle, parfois un peu hot, absolument fou et délirant.  J’ai adoré.  Et les chansons de Benjamin Bioley sont toutes mimi.  Sans oublier cette cerise sur le gâteau, la fameuse musique de Mozart, celle du ballet « Le parc » que je vous ai déjà fait écouter deux fois.  Etant donné que beaucoup de scènes se déroulent dans un parc, j’en viens à me demander si cela a motivé le choix de cette musique.  Aussitôt pensé, aussitôt demandé, dès mon retour, j’interroge, via Facebook, la réalisatrice, la félicitant au passage.  Dommage, pas la moindre réponse, décevant je trouve, comme attitude…  Mais ça n’entamera pas le bonheur que j’ai eu en découvrant ce film.

Ensuite un gros dodo… bien mérité.

Conclusions de cette quatrième journée :

- La reine des pommes, jolie découverte

- entendre Mozart dans le film, joli hasard

- les chansons de Biolay, jolies jolies

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06:16 Écrit par Anaïs dans Anaïs fait son cinéma | Lien permanent | Commentaires (3) |  Facebook | |  Imprimer | | | Pin it! |

20
oct

Le FIFF – day 3 – Incendies – Les signes vitaux – No et moi – Memory lane

Avertissement : si vous détestez le cinéma, soyez maso, lisez tout de même ces billets consacrés au FIFF, car outre les films, je vous y raconte mon quotidien stupéfiant durant cette semaine namuroise pas comme les autres. Ça serait bête de louper ça, non ?

Durant toute la matinée de ce lundi, je suis face à un dilemme cornélien : rentrer chez moi à midi et dormir (pour rappel, je suis encore malade – ce qui n’explique pas vraiment l’envie d’une sieste, vu que même non malade, j’adoooore siester, mais bon) ou aller au FIFF, seule, voir deux films, en attendant que Mostek ait terminé sa journée de bagne bureau.

Même une fois ma matinée de turbin terminée, j’hésite encore et encore…  puis je me décide, je file m’acheter deux gauf’ fourrées aux cerises, une boisson, et je rejoins le FIFF.

My god, comme j’ai bien fait, passque le premier film que je découvre, Incendies, film franco-québecois (avec une actrice belge) est un chef d’œuvre d’émotions.  Limite si c’est pas un des plus beaux films que j’ai vus de toute mon existence, c’est dire.  J’ai pourtant hésité en voyant le lancement, qui me montrait un frère et une sœur, jumeaux, qui découvrent, à la mort de leur mère, que leur père est vivant et qu’ils ont un frère.  Ils décident d’en savoir plus… une histoire qui m’intéressait, mais un lancement un peu froid. 

Dès les premières images, je pense m’être trompée de film, ça ne se passe pas au Québec, comme le lancement le laissait entendre, et le titre qui s’affiche n’est pas celui du film… et pour cause, le titre ne s’affiche qu’à la fin, étonnamment.

J’hésitais, mais après dix minutes, me voilà complètement, totalement et indubitablement accro de cette histoire, à la fois enquête palpitante, plongeon dans un passé douloureux, découverte d’une mère pleine de secrets, angoisses d’une guerre et tristesse d’enfants à peine adultes à la recherche de leur passé.  Des scènes difficiles, des moments d’émotion incroyable et une fin totalement sidérante.  Et « sidérante » est bien le terme exact, celui que je cherchais depuis la fin du film, et qui vient de me sauter aux yeux, là, à l’instant, en vous écrivant ce billet.  Sidérer : abasourdir, ahurir, ébahir, effarer, épater, époustoufler, estomaquer, étonner, interloquer, méduser, stupéfier, suffoquer.  Ce film, il doit être vu, absolument. Il est incroyable, à la fois superbement beau et abominablement douloureux. C’est pas pour rien, d’ailleurs, qu’il a obtenu le Prix du Public de la Ville de Namur – Meilleur Long Métrage de Fiction.  En sortant de la salle, j’étais totalement en état de choc.  Dans un état second. 

Et c’est dans cet état que j’ai été ensuite voir Les signes vitaux, un film canadien, en présence de sa réalisatrice.  Rho, que découvre-je à la rangée devant moi ?  Le réalisateur d’Une vie qui commence, vu la vell, Mister Rhaaaaaaaaa en personne.  Que dire… Ben rhaaaaaaaaaaaaa !

Un film qui dérange, à l’allure de documentaire, même s’il n’est que fiction.  Une intrusion douloureuse dans les soins palliatifs.  Son héroïne décide de s’y consacrer après avoir perdu un proche, au point de s’y perdre elle-même dans une passion pour la mort à la limite de l’anormal.  Pourtant, ce film est une ode à la vie, malgré les scènes souvent difficiles.  Elles le furent pour moi, difficiles, dérangeantes, douloureuses.  Mais plus douloureux encore fut le débat qui suivit, passionnant mais plein de souffrances, qui m’ont arraché des larmes.   Joli débat, totalement sincère.

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Ensuite, j’ai une heure à perdre en attendant Mostek, alors je la perds en dépensant mes sous, tant qu’à faire : des fringues, des bottes, et un plat de linguines aux scampis à emporter en guise de repas.

Mostek me rejoint, et nous regagnons le cinéma pour la projection de No et moi, dernier film de Zabou Breitman.  Elle est présente, de même que l’actrice de No et moi, une petite bonne femme sacrément talentueuse qui interprète Lou, jeune ado fort seule, qui se prend d’affection pour No, une SDF, dont elle décide de faire un sujet d’exposé.  Et l’amitié débarque dans leur vie de façon inattendue. Joli film, drôle et difficile à la fois. Magnifiquement joué, magnifiquement réalisé.  Durant le débat qui suit,  Zabou est drôle et simplissime. Et puis je m’en voudrais de ne pas citer Marie-Julie Parmentier, totalement crédible en SDF paumée et révoltée.  Et puis aussi Bernard Campan, que j’adore aussi d’amour. Un film qui sort en novembre et que je vous conseille vivement.

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Il est 21 h mais notre périple FIFFIEN n’est pas terminé.  Direction l’étage du Caméo pour Memory Lane.  Le Caméo 2, c’est l’enfer, on y est serré comme des sardines à l’huile.  Et moi je suis chargée comme un baudet (ben oui, des fringues, des bottes…).  En plus, il fait horriblement chaud.  Et le court-métrage qui précède est long et soporifique.  J’ignore si ce sont les raisons qui ont fait que je n’ai pas aimé Memory Lane, mais je n’ai pas aimé.  Pourtant, l’histoire étant attrayante, une bande de potes se retrouvent quelques années après la fin de leurs études.  Un peu un « on s’était dit rendez-vous dans dix ans, même jour, même heure, même pomme », version film quoi.  J’ai pas aimé.  Lent, ultra lent.  Il ne s’y passe rien.  A un moment, un des personnages prend la main de l’autre, c’est limite la scène la plus mouvementée et hot du film (bon, ensuite, y’aura du cul, et je me dirai qu’il était inutile de montrer ça, trop hot pour le film, trop cru).  Ma première grande déception du FIFF.

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Conclusions de cette troisième journée :

- ai dû réveiller Mostek, si mes souvenirs sont bons

- Incendies, un film qui me marquera à vie

- No et moi, et surtout Zabou Breitman, adorable

(photos issues du site www.fiff.be)

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