9
oct

Fiff – jour 3 – Au cul du loup

Au cul du loup est un film qui nous mène aux antipodes de l’existence d’une petite belge dont le décès de la grand-mère va chambouler la vie : d’une Charleroi froide et grise, encombrée par sa population et ses maisons de rangée à un petit village Corse quasi désert, où se trouve une petite maison délabrée dont Christina ignorait tout, mais dont elle hérite.  Sur un coup de tête, Christina se rend donc « Au cul du loup » (savoir au milieu de nulle part, dans un bled perdu, à Outsyplou les bains de pied, au choix) pour découvrir cet endroit que sa grand-mère a aimé. Pour découvrir des choses qu’elle ne soupçonnait pas à son sujet.  Et puis pour se découvrir elle-même. Une épopée qui va chambouler sa vie.

Voilà un film belge qui mérite grandement d’être connu et que je vous conseille à tous, Belges ou Français, de découvrir dès sa sortie, car il est plein de sensibilité et de drôlerie.  Jamais chiant, en plus.  Je le précise car parfois, les à priori vont bon train quant aux films belges, surtout lorsqu’ils se passent dans la région de Charleroi.  Non, ce film ne parle pas de chômage, de violence ou de drames.  Il parle d’amour : de l’amour familial, de l’amour de soi, aussi.  Et puis de l’amour tout court, avec le si orgasmique François Vincentelli, en cerise sur le gâteau de ce joli film dont on sort sourire aux lèvres et qui se doit d’avoir plein plein plein de spectateurs.

Allez, zou, il sort en janvier prochain.

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10:38 Écrit par Anaïs dans Anaïs fait son cinéma | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : fiff, namur, au cul du loup |  Facebook | |  Imprimer | | | Pin it! |

8
oct

Le FIFF – J 3 – Un monstre à Paris

J’aime Paris… sans doute car la ville lumière est à un saut de puce de chez moi…  Ah ah ah, un saut de puce, s’amuseront ceusses qui ont déjà vu ce film, dont c’était la première européenne en ce dimanche ensoleillé.  Qué bonheur de le découvrir, en première européenne, avec son réalisateur, Eric Bergeron, en bonus.

Un monstre à Paris, c’est un zeste de charme supplémentaire offert à la capitale française, car l’action se situe en 1910, époque d’une inondation géante.  Avec les costumes qui vont avec, les voitures qui vont avec, les pavés qui vont avec, les devantures qui vont avec.  Un charme fou, sublimé par des images lumineuses et des personnages hauts en couleurs.

Je craque pour Raoul et son costume en hérisson.  Paraît que c’est en foin, mais pour moi, clair que c’est du hérisson.

un monstre à paris

Je craque pour le serveur du cabaret (mais comment ski s’appelle ?), qui me rappelle étrangement Benoît, de Secret Story 4, non ?

Je craque bien sûr pour Lucille, à qui la voix de Vanessa Paradis donne tout son charme.

un monstre à paris

Je craque pour Francoeur, dont la voix, empruntée à M, est en totale adéquation.  M comme Monstre, sans doute.

Et je craque pour les mélodies, l’histoire, les rires, les subtils traits d’humour comme le chapeau typique de M qui fait un bref passage ou comme l’apparition soudaine de « Bourvil », juste pour une phrase.  Toutes ces petites choses font de ce film une réussite.

Un film français à l’origine, même si les personnages « parlent » anglais, financement oblige.  Ils causent français hein, mais les mouvements de lèvres sont english.

A voir, parce que dans la vie, y’a pas que Disney, Pixar et tutti quanti, parfois.

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10:29 Écrit par Anaïs dans Anaïs fait son cinéma | Lien permanent | Commentaires (3) | Tags : un monstre à paris |  Facebook | |  Imprimer | | | Pin it! |

3
oct

Le FIFF – J 3 – Monsieur Lazhar

Chaque année, au FIFF, y’a un film qui me fait brailler comme un veau.  Pendant le film, pendant le générique de fin, et même après.  Genre, durant les questions réponses, le réalisateur raconte une anecdote, je braille.  Quelqu’un le félicite, je braille.  On l’applaudit à la fin, je braille.  Trop d’émotion, dont je ne parviens pas à me défaire.

L’an dernier, c’était durant Incendies.

Cette année, c’est Monsieur Lazhar qui récolte la palme de ma braille-attitude.

Monsieur Lazhar est un réfugié algérien qui tombe du ciel, presque comme un ange, pour prendre la relève au sein d’une classe dont l’institutrice est décédée.  Malgré ses méthodes un peu vieillottes, l’attachement sera quasi immédiat, entre lui et ses élèves, encore traumatisés par le drame qui les a touchés.  Mais les traumatisés ne sont peut-être pas ceux que l’on croit…

L’interprétation de Fellag, alias Monsieur Lazhar, mais également celles de Sophie Nélisse et Émilien Néron, qui interprètent les deux rôles enfantins principaux, sont magistrales de justesse et de finesse.  

Et en plus, malgré l’émotion et la culpabilité latente, y’a plein plein d’humour.

Du top bon cinéma canadien, cinéma qui, à chaque FIFF, ne me déçoit jamais jamais jamais.

Et puis la musique, elle est top émouvante.

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19:30 Écrit par Anaïs dans Anaïs fait son cinéma | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook | |  Imprimer | | | Pin it! |

2
oct

Le FIFF – J 2 – Le cœur d’Auschwitz

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(Attention, petit spoiler à l’avant-dernier paragraphe…)

Après Americano, je me rends, groggy, au Caméo 5, pour Le cœur d’Auschwitz.  Un documentaire.  Même si tout ce qui touche de près ou de loin à l’holocauste retient systématiquement mon attention, je sens qu’un documentaire, à 21h30, après un film qui m’a à moitié endormie, ça va pas le faire.  D’autant que le Caméo 5 est inconfortable à souhait et me rappelle des souvenirs abominables (si vous avez déjà lu votre 7mag ce matin, vous saurez de quoi je parle… sinon, faudra attendre que je vous publie ma chronique et mon horoscope décalé… un jour).

Je m’installe donc sur mon siège qui bouge dans tous les sens, dans une chaleur suffocante, avec des crampes intestinales, et je rêve de rejoindre mon petit lit.

Puis Le cœur d’Auschwitz commence, et m’entraîne dans son histoire plus palpilante que le plus thrillant des thrillers. 

Tout commence lorsque son réalisateur Carl Leblanc, attendant un rendez-vous au Centre commémoratif de l’holocauste de Montréal découvre par hasard ce tout petit objet dont il ignorait tout (et moi aussi, jusqu’à ce soir) : le cœur d’Auschwitz.  Il décide alors d’en savoir plus sur son histoire, et de nous la faire découvrir.

Le cœur d’Auschwitz, c’est une « carte d’anniversaire » réalisée et offerte le 12 décembre 1944 à Fania, une déportée travaillant à l’Usine de fabrication d’armes d’Auschwitz.  Ce jour-là, elle a eu 20 ans et a reçu un cadeau inestimable, car fabriqué dans le plus grand secret, au péril de leur vie, par ses codétenues et amies qui ont, par un tour de passe-passe incroyable, vu l’époque et leur situation dramatique, réussi à subtiliser papier, tissu, colle, crayons, et à réaliser ce cœur devenu symbole de leur résistance.  Un cœur que Fania a réussi à préserver, par un autre miracle.  Un cœur qui recèle des messages à la fois simples et émouvants.

Au moment où il découvre ce cœur dans le Centre commémoratif, Carl Leblanc en ignore encore tout.  C’est donc l’intégralité de son enquête, de ses recherches et de ses rencontres qui est filmée et qui nous est offerte sur un plateau.  Une enquête complexe, car menée plus de septante ans après la libération des camps.  Qui, parmi les 18 signataires du cœur, a survécu à l’enfer ?  Laquelle est encore vivante en ce début de nouveau millénaire ?  Comment retrouver les protagonistes, tant d’années plus tard, avec comme seul indice leurs prénoms ? 

Outre cette investigation captivante, l’émotion est bien sûr au rendez-vous.  Pas une émotion larmoyante, non, une émotion pleine de joie, d’espoir et d’amour.  Parce que, à travers le temps, ce tout petit cœur si bien préservé est la preuve concrète que non, Hitler n’a pas réussi.

Le miracle du Cœur d’Auschwitz c’est que, alors que 6 millions de juifs ont péri, alors qu’un faible pourcentage des déportés ont survécu, alors que si peu parmi ces survivants sont encore en vie de nos jours, alors qu’elles étaient moins de 20 à être concernées par ce cœur, Carl soit parvenu à en retrouver quatre.  Preuve que, pour elles, la force de vie, la résistance, le désir de s’en sortir, était plus fort que tout.  Preuve que c’est cette force qui leur a fait réussir cet exploit de fabriquer ce cœur et puis de survivre, pour témoigner, tant d’années plus tard.  Preuve qu’elles étaient exceptionnelles de volonté de revenir de cet enfer.

Le second miracle du Cœur d’Auschwitz, c’est qu’il est parvenu à faire taire la langue de vipère qui nous a dit, hier, lorsque nous annoncions notre choix de film « ça finit bien au moins ? »  Parce que oui, ça finit bien.

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2
oct

Le FIFF – J 2 – Americano

On ne change pas une tradition FIFFale si facilement, ma bonne Dame.  Pour ce second film, j’ai le plaisir de vous annoncer que Mostek a renoué avec la tradition : elle a dormi.

Mais j’avoue que j’ai failli, moi aussi, plonger dans les bras du seul homme qui veuille encore de moi : Morphée.

J’ai lutté lutté lutté, et suis parvenue à ne fermer les yeux que quelques instants, et à suivre l’intrigue du film, trop lente à mon goût.

Pourtant, l’histoire est intéressante : un français dont la mère vient de mourir retourne aux Etats-Unis, où elle vivait, pour un road movie qui va l’aider à accomplir son travail de deuil.  Les acteurs sont intéressants aussi : Chiara Mastroianni et Salma Hayek pour les rôles féminins, pour ne citer qu’elles.  Et Mathieu Demy dans le double rôle de l’acteur principal et du réalisateur.

Mais j’ai vraiment eu du mal à accrocher totalement à cette histoire et à ses personnages, malgré un joli jeu d’acteurs et une introspection réussie.

A noter que le film est émaillé d’extraits du film Documenteur, réalisé par Agnès Varda, mère de Mathieu Demy, dans lequel il apparaît, enfant.

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11:45 Écrit par Anaïs dans Anaïs fait son cinéma | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : fiff, americano |  Facebook | |  Imprimer | | | Pin it! |