7
avr

J’ai vu Hunger games

Il y a des mois et des mois, soucieuse de ma culture littéraire, mon amie Anus (celle à qui j’envoie par erreur des mails me destinés) m’annonce avec un enthousiasme fou la sortie d’un livre à succès, un phénomène, une histoire à l’allure captivante liée à la télé-réalité, punt.  Le titre ?  Oublié.  L’auteur ?  Aussi.  L’éditeur ?  Egalement.  Anus est dotée du même neurone épuisé que moi, ça doit être génétique.

Je me précipite alors sur Google, sans obtenir le moindre résultat, car chercher « livre télé-réalité », c’est un peu léger.  Comme quand je cherchais « bel acteur brun », et que j’ai jamais trouvé.  Ou comme quand je cherchais ce morceau de musique « Jésus que ma joie revienne », en ayant juste détecté trois notes.  Google fait des miracles, mais c’est pas Lourdes non plus hein !

J’abandonne donc mes recherches, en insistant auprès d’Anus afin qu’elle note ses sources, la prochaine fois.

Il y a quelques semaines, dans la Bible-ciné-revue, je vois un article sur Hunger games, le nouveau film phénomène qui sort prochainement.  Je lis le résumé… et là vous vous dites « et la pièce tombe ».  Que nenni, allez, faut-il vous rappeler l’état de mon neurone ?  Je lis le résumé et je me dis que je veux voir ce film et dans la foulée, si j’aime, lire le livre.  Ça me tente tente tente. 

C’est là qu’Anus revient sur le devant de la scène et me dit « hééééééééééé, t’as vu, c’est le livre dont je te parlais, il sort en film ».  Là, la pièce tombe.

Je n’ai pas lu Hunger games, bien sûr.

Mais j’ai couru voir Hunger games, titillée par l’enthousiasme initial de mon amie, par le résumé et par la bande-annonce frissonnante.

Je choisis un après-midi pour me rendre au cinéma, en semaine, histoire d’éviter les adolescents boutonneux.  C’étant sans compter la fin des examens, bien avant les congés scolaires.  A moi donc les ado boutonneux à chaque rangée.  Limite j’étais la plus âgée, gloups. 

Mais je n’ai pas regretté ces deux heures presque trente au milieu de la puberté namuroise, car j’ai adoré Hunger games.

L’histoire déjà.  Bon, je sais qu’on dit qu’elle est pondue exprès pour se vendre, pour captiver.  Logique non ?  Qui se dit « je vais écrire un livre qui ne plaira pas, une histoire chiante, qui n’attirera aucun lecteur ».  Personne.  Alors oui, cette histoire angoissante de 24 adolescents tirés au sort et forcés d’intégrer les Hunger games, savoir une télé-réalité durant laquelle ils devront tout faire pour survivre, car il n’en restera qu’un, un peu comme Koh Lanta ou Top Chef, mais en vrai, avec de vrais morts, du vrai sang, j’ai aimé.  Même l’ignominie des organisateurs, qui ne laissent même pas les mêmes chances aux « participants », inventant un scénario au fur et à mesure des événéments, j’ai aimé.  Débectant, mais captivant.

Puis les costumes, j’ai aimé.  Pas ceux des districts, non, mais ceux de la grande ville.  Colorés, à la fois futuristes et totalement rétro.  Avec des cils qui feraient baver même une biche.  Ça m’a vaguement rappelé Starmania, seconde version, celle avec la pochette verte. Surréaliste.

Maintenant, je me dois de lire le livre, car d’après la Bible, toujours, le film manque d’infos primordiales.  Et ça je l’avais remarqué.  On ignore comment le monde en est arrivé là.  On ignore le pourquoi de l’alliance entre certains concurrents.  On ignore le pourquoi de la fausse histoire d’amour.

Alors oui, faut que je me rue en librairie, maintenant…

hunger games

23:10 Écrit par Anaïs dans Anaïs fait son cinéma | Lien permanent | Commentaires (5) | Tags : hunger games |  Facebook | |  Imprimer | | | Pin it! |

3
avr

Sur un malentendu… ça peut ne pas marcher

Dingue comme un tas de malentendus peuvent parfois devenir copains comme cochons.

Hier, un message sur Facebook, d’une copine virtuelle que je ne connais pas en real life, même si le but est d’y remédier prochainement.  Elle m’annonce un mail.  Que je ne reçois pas.  Vu que je m’inquiète, je l’interroge et elle me répond qu’elle va au ciné voir Indian palace, à Namur, et me propose de l’y accompagner.  Impossible, je vais moi aussi au ciné, mais pour un autre film, Torpedo.

Dommage, tant pis, ce sera pour une autre fois. Elle conclut d’un « tu as mon numéro de gsm, donc si tu changes d’avis ».

Premier malentendu, je n’ai pas son numéro, ou n’en ai pas souvenance, mais je n’ose broncher, vu ma mémoire alzheimerienne. 

Une fois au cinéma, Torpedo n’est plus à l’affiche, mais pas grave, on avait aussi envie d’Indian palace, je décide donc de prévenir la miss par sms… mais je ne trouve pas son numéro, ma mémoire ne me jouait donc pas de tour, je ne l’ai jamais reçu.

Pas grave (bis), je la reconnaîtrai, j’ai vu sa photo, elle a des dreadlocks blonds.  Pis elle m’a dit qu’elle venait avec une copine et une collègue, donc suffit de chercher trois femmes dont une dreadlockée, et le tour est joué.

Le tour n’est finalement pas joué, car jamais je ne l’ai trouvée.  Mais le film était super, un zeste mélange de jolis paysages, d’humour british comme j’aime, de bons sentiments, de vilaines mégères et d’amour toujours.  Du perfect film comme je les aime, dont on sort avec une banane d’enfer, des étoiles dans les yeux et de l’espoir plein le cœur.

Une fois de retour at home, j’annonce ma présence, et c’est là que nous comprenons tout.

Premier malentendu donc, je n’ai pas son gsm.

Second malentendu, elle a pas dit « une copine et une collègue », soit trois, mais « une copine et collègue », soit deux.

Troisième malentendu, j’ai une mémoire d’éléphanteau alzheimerien, mais aussi une vue de taupe aveugle, vu que sur la photo, point de dreadlocks.   

Quatrième malentendu, sa photo de FB n’est pas la sienne.  Donc j’aurais jamais su la reconnaître.

Cinquième malentendu, elle s’est trompée d’Anaïs en m’envoyant son mail avec son numéro de G, jamais reçu par bibi donc.

Sixième malentendu, elle m’a pas cherchée, vu que j’étais censée être ailleurs.

Et voilà comment les malentendus parviennent à faire se louper deux personnes assises quasi l’une derrière l’autre, car quand j’ai entendu ce bruit de sms en plein milieu du film, ben c’était elle, tchu, qué dérangement, et manque de bol, pile durant une seconde de silence dans ce film somme tout plein de bruits.

Allez, on y croit, la prochaine sera la bonne !  Mais si mais si.

Et dans la foulée, allez voir ce film, il est top.

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1
avr

Une petite soirée relax devant un bon film

L'autre soir je décide de m'octroyer une chouette petite soirée cinéma et de puiser dans la liste de films que ma chère Mostek m'a fournis, en grande reine du téléchargement qu'elle est.  Que du bonheuuuuuuuuuuuur.

Sauf qu'aucun film ne me tente, j'ai envie de légèreté, de drôlerie et d'amour.  Alors je cherche je cherche je cherche, et je trouve enfin mon bonheur : Comment savoir, avec Reese Witherspoon : "Lisa ne vivait que pour sa passion du sport et du softball, mais sa soudaine exclusion de son club la laisse complètement désemparée. C’est alors qu’elle fait la connaissance de Matty, un joueur de baseball professionnel, séducteur invétéré plutôt nombriliste. Pour George Madison, la période n’est pas joyeuse non plus. Cet homme d’affaires qui entretient des relations compliquées avec son père, Charles, se retrouve injustement accusé de malversations financières, au point de risquer la prison. C’est le soir où George et Lisa vivent le pire moment de leurs vies respectives qu’ils se rencontrent. Alors que tout semble s’écrouler autour d’eux, ils vont découvrir que quelque chose de merveilleux peut quand même arriver…"

Je me prépare donc pour ma soirée parfaite, en cuisinant un gratin de courgettes succulent, recette de Mostek également (et non pour une fois je ne confonds pas courgettes et aubergines, mais les aubergines étaient toutes "pourrites" au magasin alors j'ai pris de la courgette en remplacement), que je dévore avec des pâtes et une escalope, puis un tiramisu en dessert.

Et je me prépare pour ma séance de ciné at home.

Je démarre le film.

Qui ne démarre pas mais me demande de confirmer que je suis majeure.

Oups.

Est-ce bien normal ?

Par peur des virus et autres malfaisantes choses, je confirme pas, mais ça m'ouvre tout de même une page web.

Et sur cette page, argh argh argh, que de quoi attirer les visiteurs adeptes de mots-clés étranges sur ce blog, si vous voyez ce que je veux dire.  Argh, rien que d'y repenser, j'en ferais des cauchemars, ces photos, burp, ça filerait la nausée même à quelqu'un en grève de la faim.

Et j'ai beau tenter de fermer ce site, ça m'ouvre d'autres fenêtres toutes plus immondes les unes que les autres.

Finalement j'y parviens, j'abandonne l'idée de voir Comment savoir, car je crains qu'il ne s'agisse pas du bon film (mais comment savoir, ah ah ah) et je me rabats sur un autre film, en désespoir de cause.  Durant lequel je m'endors lourdement.

Fameuse, ma soirée légère, drôle et pleine d'amour... petite coquine de Mostek va, qui voulait parfaire mon éducation sexuelle.

Et c'est même pas un poisson d'avril, en plus.

15:00 Écrit par Anaïs dans Anaïs fait son cinéma | Lien permanent | Commentaires (4) |  Facebook | |  Imprimer | | | Pin it! |

20
mar

Ce souar…

Ce souar je ne viens pas à la maison, même si y’a le printemps qui chante. 

Le téléphone pleure, je ne réponds pas.  D’ailleurs, si j’avais un marteau, mon téléphone, je sais ce que j’en ferais… Le téléphone pleure avec mon marteau.

Je viens dîner ce soir, puis j’attendrai l’heure du départ.

Passque ce soir les sirènes du port d’Alexandrie vont me susurrer à l’oreille « écoute, maman est près de toi, il faut lui dire maman, c’est quelqu’un pour toi ».  Je répondrai, comme d’habitude, que le lundi au soleil, il fait bon, il fait beau, et que par conséquent, je me ferai belle belle belle, je revêtirai ma robe avec des magnolias for ever dessus, pour me transformer en une fille et des fleurs. 

Puis je vais à Rio, dans ma tête.  Penser à toi et le soleil.

Je me souviens de cette année-là, j’avais 17 ans.

Quelquefois, j’écoutais cette chanson populaire pendant que toi tu me disais même si tu revenais, je crois bien que rien n’y ferait, notre amour c’est de l’eau c’est du vent.  Et moi, je hurlais laisse une chance à notre amour, stop au nom de l’amour, ce sera toi et moi contre le monde entier, et je t’aime tellement.  Mais quand le matin survint, j’étais mal aimée, soudain il ne me restait qu’une chanson, c’est la même chanson, une musique américaine, ou bien une chanson française, que je marmonnais, en chanteur malheureux, en me traitant de pauvre petite fille riche.

Pourtant, sale bonhomme, tu ne cessais d’oublier mon prénom, de m’appeler Eloïse, Donna Donna, Belinda.  Jamais je ne reviendrai vers toi.

Je suis partie alors, te laissant dans tes rêveries, en t’offrant une dernière fois des bises de moi pour toi.  Tu étais celui qui reste, le vagabond.

Depuis lors j’y pense puis j’oublie, je marche tout droit vers la ferme du bonheur.

Et oui, c’est comme ça que l’on s’est aimé.  L’amour est parfois un jouet extraordinaire.

Ah, vivement ce souar.  Sha la la.

17:00 Écrit par Anaïs dans Anaïs fait son cinéma | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook | |  Imprimer | | | Pin it! |

13
mar

14 mars 1997 (La vie d'une autre)

Et si je me réveillais le 14 mars 1997 ?  Ou plutôt, et si je me réveillais demain, 14 mars 2012, persuadée d’être le 14 mars 1997, ça me ferait quoi ?

Je sors d’avoir vu « La vie d’une autre », et ce film, je l’ai qualifié de traumatisant, même si le mot est fort.  A tout le moins, il est bouleversant et « philosophant ».  Surprenant aussi, troublant surtout.  Je partais pour une comédie romantique rigolote à la « 30 ans sinon rien », légère, fun et cucul la praline, mais que nenni.  De l’humour, il y en avait, bien sûr (même que Juliette Binoche en faisait un tantinet trop, parfois, juste parfois), mais surtout de la souffrance (même que Juliette est totalement et indubitablement parfaite dans ce type d’émotion).  Pas une comédie romantique, donc, mais une tranche de vie, une grosse tranche, une tranche de quinze ans, où l’on découvre ces quinze années oubliées, par petites doses, par petites touches, en même temps que Marie, alias Juliette Binoche, va le faire.  Avec le même étonnement qu’elle.  Et toute cette palette d’émotions par lesquelles elle va passer en faisant connaissance avec son fils, avec son job de femme d’affaire, avec ses conflits familiaux, avec l’amour de sa vie, pourtant si loin d’elle.  Et de se demander ce qui a bien pu lui arriver durant ces 180 mois.

Et de n’avoir de cesse de me demander, moi aussi, « et si ça m’arrivait ? »  Si, moi aussi, à l’instar de Marie, je me réveillais quinze ans plus tard, ne maîtrisant plus rien de ma vie, découvrant ce que je suis devenue, avec quelques jours seulement devant moi pour comprendre, réparer, renouer, aimer aussi.

Durant tout ce film, sans pourtant être distraite, je me suis posé cette question.

Et si je me réveillais demain matin en me croyant encore en 1997…

Je le ferais dans ce lit que je connais si bien, mais dans une chambre totalement inconnue. 

Je tâcherais de trouver mon chemin jusqu’à la salle de bain (où je pousserais des cris d’effroi en découvrant ma tronche ridée et des cris de joie en découvrant mes cheveux où le blanc a oublié de venir), jusqu’à la cuisine (où je pousserais des cris d’effroi en découvrant mon frigo vide), jusqu’à la porte de sortie et jusqu’à l’arrêt de bus, où mon abonnement me renverrait enfin une photo de moi telle que je pensais être, soit avec quinze ans de moins.

Je croiserais le rat et la souris en me demandant ce que font ces bestiaux inconnus chez moi.

Dans le salon, je découvrirais un truc étrange à côté de mon clavier d’ordinateur : un rat de plastique.  Et internet aussi, je le découvrirais...

Je partirais bosser avec une heure de retard, et j’arriverais au turbin pour réaliser que le bâtiment aurait été réaffecté.  Glups, il est où alors patron chéri ?

Avec deux heures de retard, finalement, après enquête, je rejoindrais mon lieu de travail, découvrirais mon nouveau boss et tous ces collègues inconnus.  Ah et bien en fait, tous le seraient, inconnus ! 

Mostek me proposerait un cinéma et je lui dirais « ok, mais, on est amies, toi et moi, alors ? »

J’apprendrais avec stupeur et joie intense mon nouvel horaire, et je partirais profiter de mon temps libre.

J’en profiterais pour aller dire bonjour à bon-papa et bonne-maman, mais trouverais porte close et apprendrais leur départ pour là-bas.

J’appellerais mon amie pour en parler, mais son numéro ne serait plus bon.

J’en appellerais une autre, qui me demanderait de la laisser tranquille, définitivement.

J’appellerais alors papa, mais son numéro ne serait plus attribué.  Chez lui, je trouverais une auteure belge qui se la pète grave et m’annoncerait froidement « il ne vit plus ici ».

J’irais me consoler en ville avec un chtit shopping, mais ne trouverais plus mes magasins habituels.

J’en visiterais d’autres et m’étonnerais de ne pas entrer dans mon 38 habituel.

Je baverais devant ces jolis petits trucs colorés dont j’ignorais tout : des macarons, que ça s’appelle.

J’achèterais quelques disques de parfaits inconnus : Mika et Lady Gaga.

Je m’offrirais une jolie photo du WTC de New-York.  Un jour, j’irais le voir, ce WTC.  Cette année, Floride, mais l’an prochain, qui sait…

Je me réjouirais d’être marraine dans peu de temps.  Ce petit être à venir, gamin ou fille, surprise surprise ?

Je découvrirais alors un tout petit téléphone dans mon sac, un gsm, moi qui avais juré, il y a quelques jours, de ne jamais tomber dans ce piège pour snobs.

J’appellerais au hasard un prénom masculin que je trouve joli et entendrais mon ex me demander avec étonnement pourquoi je l’appelle tant d’années après qu’il m’ait larguée comme un vieux slip.

Je rentrerais chez moi après avoir sorti ma carte d’identité, tiens, elle a rétréci, tiens, c’est quoi cette puce, tiens, y’a pas mon adresse, mais je vis où déjà ?  Je rentrerais chez moi après avoir sorti une carte de visite à mon nom et une autre à celui d’une certaine Anaïs Valente.

J’analyserais avec étonnement cette TV étrangement plate au milieu de mon salon et cet appareil bizarre avec un logo Voo.

Je trouverais dans ma bibliothèque les livres de cette Anaïs Valente. 

Je découvrirais peut-être un jour, au hasard de mes recherches sur cette Anaïs Valente, que ce blog, ben c’est le mien.

J’irais me coucher et déciderais de lire Et si c’était vrai, d’un certain Marc Levy.  Je le lirais au finish et pleurerais comme un veau la fin. 

J’ignorerais encore que, dans quelques semaines, j’allais tomber en amour…

Je m’endormirais, angoissée de me réveiller le 15 mars… de quelle année ???

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