29
sep

Fiff – day 1 – Le reste du monde

Voilà un titre parfaitement choisi pour un film de Damien Odoul, dont les héroïnes, trois sœurs, semblent en effet si loin du reste du monde…

Eve se découvre enceinte au lendemain du suicide de son fiancé et se demande si elle va garder cet enfant.  Judith est convaincue que son père n'est pas son vrai père.  Lors d'un dîner familial chez leur père, leur belle-mère (Emmanuelle Béart) évoque, dans un élan de colère alcoolisée, ce secret de famille, et les voilà toutes trois à la recherche de réponses à toutes ces interrogations qui leur tombent sur le dos.

Un film très silencieux, silence accentué par la profession d'Eve, professeur dans une école pour sourds et malentendants.  Je me suis d'ailleurs longtemps demandé si elle l'était aussi, tant elle ne prononçait aucun mot durant le début du film.  Silencieux donc, calme aussi, parfois trop à mon goût, mais laissant aux actrices une place de choix pour ces rôles sensibles et tout en souffrance retenue.  Marie Eve Nadeau (Eve), y est vraiment superbe.

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29
sep

Fiff – day 1 – Les saveurs du palais

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Un peu plus de douceur ensuite, avec l'arrivée de Catherine Frot en héroïne principale de ce film inspiré de l'histoire de Danièle Delpeuch, femme cuisinière ayant bossé quelques années pour un Président français, en l'occurrence François Mitterrand, incarné par le vachement charismatique Jean d'Ormesson.   Hortense se retrouve du jour au lendemain propulsée dans cette nouvelle carrière, faite bien sûr de savoureux repas, mais également de contraintes protocolaires et de rivalités en tous genres.  Sans oublier l'obligation soudaine de concocter des repas convenant à la santé fragile du président, inspirant cette jolie citation de Montesquieu : "c'est une pénible maladie qu'une santé conservée par le biais d'un régime".  J'approuve.

Le film alterne les scènes à l'Elysée et celles en Antarctique, où l'ambiance est bien différente pour notre héroïne fan de casseroles en tous genres.  C'est sans doute là, dans ce froid polaire, qu'elle se sent le plus "at home".  Moments cocasses, conflits, discussions plus intimistes avec Monsieur le Président, confection de repas tous plus savoureux les uns que les autres, voilà les tranches de vie que nous propose le réalisateur Christian Vincent, qui saupoudre allègrement le tout d'humour et de tendresse.

Très agréable moment passé en compagnie de Catherine Frot, incarnant à merveille cette femme hors du commun qu'est Danièle Delpeuch, dont le projet actuel est de créer une truffière en Nouvelle-Zélande.  Passque des truffes, on en voit dans ce film, et c'est là son seul inconvénient : il donne horriblement faim, et le minable ciabatta chaud au thon que j'avais pour seul en-cas ne faisait vraiment pas le poids...

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29
sep

Fiff – day 1 – Au nom du fils

Retour de Zacharie Chasseriaud pour ce second film de la journée, Au nom du fils, dont le synopsis titillait ma curiosité : une femme de foi, animatrice d'une émission sur une radio catholique, est confrontée de plein fouet à la pédophilie des prêtres, la plongeant dans le désespoir, la rage et la violence.

Film étrange qu'Au nom du fils, qui, poussant à l'extrême la loyauté à Dieu (voire la bigoterie), dans ce qu'elle a de plus étrange pour les non-croyants mais également dans ce qu'elle peut avoir de plus sordide (la protection des prêtres pédophiles), tombe parfois dans une caricature burlesque, sanglante et totalement stupéfiante. 

Oui, c'est bel et bien le terme adéquat pour ce film : stupéfiant.  Dérangeant, aussi. Choquant, aussi, par sa cruelle alternance de propos religieux bien mielleux et d'une violence verbale ou physique inattendue.  Ecoeurant, enfin, lorsque je réalise que, malgré l'aspect caricatural évoqué ci-avant, nous ne sommes pas vraiment très loin de la réalité…

Drôle de film, donc, même si "drôle" n'est sans doute pas le meilleur qualificatif.

Personnellement, je déplorerais juste le côté extrêmement efféminé du prêtre pédophile, laissant libre cours à la facile confusion homosexualité / pédophilie, qui a malheureusement toujours sa place dans les esprits trop étroits.

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29
sep

Fiff – day 1 – Tango libre

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Tango libre est le dernier volet de la trilogie dédiée aux femmes et à l'amour de Frédéric Fonteyne, après Une liaison pornographique et La femme de Gilles.

Si je n'ai pas vu La femme de Gilles, Une liaison pornographique reste inoubliable à mes yeux, tant ce film m'avait bouleversée, de par la beauté de ses personnages et la sensibilité de l'histoire, tout en contradiction avec ce que le titre laissait supposer.

C'est dire si j'étais impatiente de découvrir Tango libre, d'autant qu'il me permettait, outre le retour de Sergi Lopez, treize ans après Une liaison pornographique, de profiter de la présence de mon nouveau petit chouchou François Damiens et de Zacharie Chasseriaud, qui avait déjà montré toute l'étendue de son talent dans Les géants, film que j'avais découvert au Fiff 2011.  Sans oublier Anne Paulichevich et Jan Hammenecker.

Que du bonheur quoi, me disais-je.

Et le résultat fut à la hauteur de mes attentes.  J'avais cependant une chtite crainte : si j'aime la sensualité du tango, je n'apprécie pas outre mesure la musique qui l'accompagne.  J'appréhendais dès lors une overdose, qui n'a heureusement pas eu lieu, tant le choix des musiques est judicieux.

Tango libre, c'est l'histoire de JC (François Damiens), gardien de prison plutôt transparent, qui, durant ses cours de tango, rencontre Alice (Anne Paulichevich, également scénariste du film).  Le lendemain, il la revoit au parloir.  Elle rend visite aux deux hommes de sa vie : son mari (Sergi Lopez) et son amant.  Pour elle, JC va bouleverser son existence.  Pour elle, le tango va envahir la prison.  Pour elle, tout pourrait changer.

Frédéric Fonteyne propose ici un film qui parvient à alterner parfaitement légèreté et profondeur. Je me suis d'ailleurs surprise, lors d'une magnifique scène de danse entre Alice et son fils, à avoir à la fois un sourire béat sur les lèvres et des larmes plein les yeux.

Une grande partie de l'intrigue se déroule à l'intérieur de la prison, mais sans que cela ne soit jamais lourd ou sinistre, le dosage entre les moments difficiles et ceux plus touchants ou plus amusants étant parfait, tout comme le jeu des acteurs, la musique et les images.

Je vous le disais, que du bonheur que ce film, à découvrir en salles dès le 7 novembre prochain.

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Et un chouia de musique, avec les deux morceaux des scènes les plus marquantes du film, d'après bibi, sans qu'il s'agisse de morceaux de tango :

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5
sep

J’ai vu vu vu vu La délicatesse

Il y a un mois, je vous parlais de ma découverte de François Damiens dans une interview précédant la sortie La délicatesse, qui m’avait fait changer mes aprioris sur lui.

J’ai donc vu vu vu vu la délicatesse.  Nan, je bégaie pas, je l’ai vu vu vu vu.

Vu au cinéma.

Vu sur ma TV.

Vu sur ma TV.

Vu sur ma TV.

Ouais, quand j’aime, je tombe dans la démesure folle, je sais, et chuis cap de regarder six fois de suite le même film…

J’aime La délicatesse.

J’aime le titre de ce film, qui veut dire tant de chose.

J’aime le choix d’Audrey Tautou, qui rime totalement avec délicatesse.  Son corps est délicat, son regard l’est, sa voix, sa façon de jouer le rôle de Nathalie.

J’aime le choix de François Damiens, en apparence bourru et sinistre, dont la délicatesse émerge petit à petit pour faire que ce film soit une réussite.

J’aime tout dans ce film, c’est ainsi et j’ai déjà mes scènes cultes, sa main qui passe sur son visage, le baiser, et sa petite voix qui dit « maintenant je sais ce que je fais », ou cette nuit qu’ils passent ensemble, chacun sur son fauteuil, ça c’est la délicatesse à l’état pur, de celle qui ne peut laisser indifférent.

Voilà, j’ai vu vu vu vu la délicatesse.

Et je prévois de le voir encore.

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