30
sep

Fiff – day 2 – Trois mondes

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Trois mondes.

Celui  d'Al, qui, à force de travail, est parvenu à quitter ses origines modestes : dans dix jours, il épousera la fille de son boss et reprendra sa concession automobile.

Celui de Juliette, un peu paumée, enceinte de son ami dont elle ne partage la vie qu'à temps partiel.

Celui de Vera, jeune moldave réfugiée en France, où elle tente de s'adapter.

Ces trois mondes n'étaient pas supposés se croiser, jusqu'à ce soir d'enterrement de vie de garçon d'Al où, ivre, il fauche le mari de Vera puis, poussé par ses amis, s'enfuit.  Juliette a tout vu de sa fenêtre et se prend alors d'affection pour Vera, dont elle fait la connaissance à l'hôpital.  Jusqu'à ce qu'elle croise Al, bouffé par la culpabilité, dans les couloirs du même hôpital…

Tiraillée entre son amitié pour Vera, paumée, et son attirance pour Al, qui n'est pas le monstre qu'elle imaginait, Juliette choisit de se taire...

 

Et nous voilà, pris au milieu de ce trio, de ce film où tant les victimes que les coupables suscitent l'empathie ou exaspèrent, en alternance.  Envie que chacun s'en sorte sans dégâts.  Certitude que cela sera impossible.  Rêve de tous les sauver et que tout redevienne comme avant pour chacun.  Attachement à leurs failles.

Un film étonnant, qui mêle introspections personnelles, mensonges et culpabilités, dans une angoisse allant crescendo, presque sous forme d'un thriller.

Captivant !  On n'en sort pas indemne.

Mon moment préféré : cette superbe citation, "Mourir est la seule chose que tu ne peux faire pour moi.  Mourir est ma solitude, mon infinitude".

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30
sep

Fiff – day 2 – Avanti

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Histoire bien différente avec Avanti, mais toujours un rôle prépondérant offert aux femmes…

Léa a 28 ans et est en pleine phase de révolte, notamment contre la maladie mentale de sa mère, Suzanne.  Alors que Suzanne bénéficie d'un week-end de sortie de l'établissement où elle est internée, sa fille va l'emmener, contre l'avis de son père et de sa tante, dans la maison familiale.  A l'heure du retour, elle s'enfuit avec elle.  Loin de tout, elles vont apprendre à se connaître vraiment, à s'accepter : Suzanne, la folie douce, qui  danse, rit, virevolte tel un papillon; Léa, qui refuse l'amour et la maladie.  A deux, elles vont avancer.  Avanti.

Grâce à l'alternance de scènes du présent et d'images du passé en images Super8, la réalisatrice Emmanuelle Antille propose une découverte en douceur des souvenirs familiaux de Léa et de leur impact sur son présent.

Avanti est une œuvre originale et sensible sur la difficulté de la maladie mentale, son côté tabou et sur l'acceptation de cette différence.  Plaisir d'y découvrir Hanna Schygulla et Nina Meurisse et d'y retrouver, même pour un petit rôle, Miou-Miou.

Mon moment préféré : le final, dans la piscine, sorte de communion… ou de baptême, au choix.

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30
sep

Fiff – day 2 – Sous le figuier

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Le soleil est dans le ciel en ce samedi matin.  Il sera aussi dans le film…

Ils sont tous les quatre à un tournant de leur existence, confrontés à la mort qui approche, l'amour qui s'en va, la crise professionnelle ou la quête éperdue du bonheur;

La hasard, l'amitié ou l'amour va les réunir le temps d'un été, alors que Nathalie emmène Selma, 95 ans, sa grande amie, gravement malade.  Dans la foulée, elle y entraîne son meilleur ami Christophe, et les trois fillettes dont il a la garde, ainsi que Joëlle, qu'ils connaissent à peine.  Cet été au bord de la Moselle pourrait bien changer leurs vies…

Après avoir vu ce tout joli film, je peux vous dire que j'aimerais, moi aussi, lorsque je serai vieille et ridée comme une reinette, mourir comme Selma, au soleil, entourée de joie, d'amour et de rires d'enfants.

Les paysages sont superbes, la luminosité l'est tout autant, elle prête à rêver et distille un espoir en la vie alors que la mort frappe pourtant à la porte.  Rien de macabre dans ce film, juste des tranches de vies qui s'entrecroisent et des bouts de relations humaines pleines de bon sens et de foi en l'autre.  Et un leitmotiv : no regrets !

Gisèle Casadesus, Anne Consigny et Marie Kremer sont parfaites dans leurs rôles féminins tout en pudeur, les quatre fillettes sont adorables, et, en cherry on the cake, le film nous offre le trop brun (clair) trop ténébreux (romantique) trop beaux yeux bleus Jonathan Zaccaï, dans le seul rôle masculin.

Mon moment préféré : la bataille de figues.  Je connaissais les batailles de boules de neige, j'en découvre une variante bien gourmande.

Petit extrait :

 

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29
sep

Fiff – day 1 – Le reste du monde

Voilà un titre parfaitement choisi pour un film de Damien Odoul, dont les héroïnes, trois sœurs, semblent en effet si loin du reste du monde…

Eve se découvre enceinte au lendemain du suicide de son fiancé et se demande si elle va garder cet enfant.  Judith est convaincue que son père n'est pas son vrai père.  Lors d'un dîner familial chez leur père, leur belle-mère (Emmanuelle Béart) évoque, dans un élan de colère alcoolisée, ce secret de famille, et les voilà toutes trois à la recherche de réponses à toutes ces interrogations qui leur tombent sur le dos.

Un film très silencieux, silence accentué par la profession d'Eve, professeur dans une école pour sourds et malentendants.  Je me suis d'ailleurs longtemps demandé si elle l'était aussi, tant elle ne prononçait aucun mot durant le début du film.  Silencieux donc, calme aussi, parfois trop à mon goût, mais laissant aux actrices une place de choix pour ces rôles sensibles et tout en souffrance retenue.  Marie Eve Nadeau (Eve), y est vraiment superbe.

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29
sep

Fiff – day 1 – Les saveurs du palais

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Un peu plus de douceur ensuite, avec l'arrivée de Catherine Frot en héroïne principale de ce film inspiré de l'histoire de Danièle Delpeuch, femme cuisinière ayant bossé quelques années pour un Président français, en l'occurrence François Mitterrand, incarné par le vachement charismatique Jean d'Ormesson.   Hortense se retrouve du jour au lendemain propulsée dans cette nouvelle carrière, faite bien sûr de savoureux repas, mais également de contraintes protocolaires et de rivalités en tous genres.  Sans oublier l'obligation soudaine de concocter des repas convenant à la santé fragile du président, inspirant cette jolie citation de Montesquieu : "c'est une pénible maladie qu'une santé conservée par le biais d'un régime".  J'approuve.

Le film alterne les scènes à l'Elysée et celles en Antarctique, où l'ambiance est bien différente pour notre héroïne fan de casseroles en tous genres.  C'est sans doute là, dans ce froid polaire, qu'elle se sent le plus "at home".  Moments cocasses, conflits, discussions plus intimistes avec Monsieur le Président, confection de repas tous plus savoureux les uns que les autres, voilà les tranches de vie que nous propose le réalisateur Christian Vincent, qui saupoudre allègrement le tout d'humour et de tendresse.

Très agréable moment passé en compagnie de Catherine Frot, incarnant à merveille cette femme hors du commun qu'est Danièle Delpeuch, dont le projet actuel est de créer une truffière en Nouvelle-Zélande.  Passque des truffes, on en voit dans ce film, et c'est là son seul inconvénient : il donne horriblement faim, et le minable ciabatta chaud au thon que j'avais pour seul en-cas ne faisait vraiment pas le poids...

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