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oct

Fiff – day 4 – Nuit#1

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Changement de registre avec ce huis clos québecois aussi étonnant qu'étrange, qui commence sur les chapeaux de roue avec un bon quart d'heure de sexe pur et dur (si vous me permettez l'expression), au point que certaines personnes ont quitté la salle. 

Ensuite, les deux protagonistes, qui auraient dû se séparer après leur chtite séance de jambes en l'air, passent la nuit ensemble et se révèlent l'un à l'autre.  Deux monologues qui s'entrecroisent et finissent par se trouver.

Un film qui se déroule quasi en totalité dans un appartement sombre, à la salle de bain vert olive qui file la nausée, où l'eau coule à flot.  Un film plein de vérités sur les relations, les peurs, le sens de la vie, son inutilité, sa douleur.  Un film soporifique, mais cependant attrayant, va comprendre.  Un film parfait pour une nuit d'insomnie, malgré l'intérêt qu'il a suscité en moi.  Un film à ne jamais regarder si votre moral a tendance à la baisse…  Un film où les acteurs jouent parfaitement.  Un film qui laisse un goût amer en bouche. 

J'y ai appris que si le vautour se nourrit de carcasses, c'est pas sa faute, son bec est pas cap de percer la chair animale, il doit donc attendre qu'elle se putréfie…

Et une magnifique chanson en guise de générique de fin (j'avais écrit "faim", lapsus révélateur pour un film qui m'a laissée traumatisée et sur ma faim ?) :

 

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12:39 Écrit par Anaïs dans Anaïs fait son cinéma | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook | |  Imprimer | | | Pin it! |

2
oct

Fiff – day 4 – Torpedo

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Le Fiff, c'est aussi l'occasion de voir des films déjà sortis en salle, lorsqu'on n'en a pas eu le temps.

A sa sortie, Torpedo, premier long métrage de Mathieu Donck, m'avait tentée et puis, le temps de me décider, c'était trop tard.  Ce titre me rappelle bien sûr mon enfance, car les vélos torpédo, ça courait les rues, à l'époque…

Je me suis donc précipitée à cette séance Fiff campus, réservée aux étudiants.  Nan, je ne me suis pas déguisée, il restait simplement quelques places pour les non-étudiants (car comme l'a dit une autre spectatrice, il eût fallu nous faire passer pour des élèves de l'UTAN pour donner le change).

Michel Ressac est un bonhomme solitaire dont la vie est bouleversée un matin lorsqu'il reçoit un appel du call center de Sofa Life, lui annonçant qu'il a gagné un repas familial avec Eddy Merckx.  Il doit aller chercher son prix en famille.  Voilà pour Michel l'occasion d'offrir ce cadeau à son vieux père, fan de cyclisme, avec qui il a très peu de contacts.  Y'a juste un chtit souci : Michel Ressac n'a pas de famille… Il va alors s'en inventer une.

Torpedo est une comédie, mais bien plus encore.  Un peu comme François Damiens, de prime abord drôle, mais qui cache bien au fond une grande tendresse et une énorme sensibilité.  Voilà donc un film bien drôle et tout en émotions à la fois.  Passque moi, à la fin, alors que tout le monde riait, je braillais comme un veau, la faute à la neige, sans doute.  Ah la neige et ses pouvoirs insoupçonnés.

Derrière la comédie donc, le désir du réalisateur de relater ce qu'il a lui-même vécu, puisqu'il fut étudiant dans une société qui harcèle les gens au téléphone pour les faire venir chercher un maaaaagniiiiifiiiique cadeau en famille, uniquement en famille.  Une critique de cette société moderne dans laquelle, quand on n'a pas de famille, on n'est rien au niveau marketing.  Une volonté aussi d'évoquer le sens de la famille, son importance, et puis le fait que sa famille on la choisit.  Michel Ressac, au final, il l'aura, sa famille.

Jolie citation entendue dans le film "la vie, c'est comme le vélo, si tu t'arrêtes, tu tombes". Keske c'est vrai !

Mon moment préféré : la "neige", à la fin, je vous le disais.  Et puis cette question posée par un élève à Mathieu Donck, après la projection, touchante de naïveté "vous alors, le cinéma, vous voulez en faire votre métier ?"  J'aime.  Dommage, François Damiens n'était pas là.  Dieu que je l'aime d'amour, désormais.

Et la BA :

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2
oct

Fiff – day 3 – Pauline détective

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Pauline (Sandrine Kiberman) vient de se faire larguer.  Sa sœur décide de l'emmener alors en vacances avec elle et son époux, dans un grand palace luxueux.  Sauf que Pauline gère le magazine Détective et qu'avec elle tout n'est jamais de tout repos… Apprenant qu'un tueur en série rode dans la région, elle va se lancer, avec l'aide d'un plagiste machiste (et ça rime), à la recherche de l'assassin.  Les vacances risquent d'être mouvementées.

Avec Pauline détective, je me sens à la fois plongée dans un dessin animé des années 80, genre Scoobidoo et dans un film des années 60-70, genre Hitchcock.  Des fringues hautes en couleur et hyper cintrées, une héroïne qui se déguise d'un chapeau à large pan et de grosses lunettes noires pour mener son enquête : je vous le disais, ça fait totalement héroïne hitchcockienne bossant dans l'équipe de Scoobidoo.  Ajoutez à cela des intermèdes présentant de potentielles couvertures du magazine Détective, un jeu auquel j'adore me prêter dans mon quotidien ("Namur, une employée tue tous ses collègues à coups de souris d'ordinateur, le mobile reste inexpliqué"), ça doit être dû au fait que je lisais Le nouveau détective quand j'étais ado (y a-t-il un psy dans la salle ?) et d'autres intermèdes colorés braqués sur un objet important pour l'intrigue, et vous aurez compris l'ambiance de Pauline détective.

Un film où règne la bonne humeur et le bon humour, un bon moment, un bon divertissement, même si rien de vraiment transcendant, oserais-je ajouter pour le plaisir de la rime (j'aime les rimes, vous le savez). 

Et la question qui était sur toutes les lèvres à la fin du film était bien sûr : à quand Pauline à la ferme et Pauline petite maman ?

Note que moi j'avais une autre question à poser au réalisateur après la projection : avez-vous conscience du potentiel érotique de votre film ?  Passque durant le quart d'heure qu'a duré la séance de questions-réponses, un couple assis devant nous n'a eu de cesse de se relécher, se caresser et se papouiller, dans de grands bruits mouillés et de grands slurps pas très ragoûtants.  Fous-rires garantis, malgré l'irrespect total de la situation.

 

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1
oct

Fiff – day 3 – Camion

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Premier film québecois du Fiff 2012 pour moi, et, comme d'habitude, je bave devant l'accent du réalisateur, trop craquant, moi je veux épouser un québecois et l'entendre me susurrer des mots doux à l'oreille, je serai sa blonde et auprès de sa blonde, il fera bon fera bon fera bon.

Bon je m'égare.

Et Camion est l'histoire d'un homme, chauffeur de camion, qui s'égare après avoir tué une automobiliste dans un accident.  Il s'égare dans le traumatisme psychologique et la culpabilité, au point que ses fils prennent peur et le rejoignent pour l'aider à passer ce cap difficile.  Ils s'aideront tous trois…

Après plusieurs films autour des femmes ou de la femme, l'arrivée d'un peu de testostérone n'était pas pour me déplaire.  Un film tout en pudeur et en émotion, celles des hommes.  Des émotions plus silencieuses, mais tellement palpables et touchantes.  Le réalisateur l'a d'ailleurs signalé à la fin du film, qu'il a écrit en pensant à son père, chauffeur de camion lui aussi : mon père est un homme de peu de mots.  J'aime cette expression, qui caractérise bien les trois personnages de ce film.  Peu de mots pour raconter quelques semaines de leurs vies.  Sans plus.  Simple et efficace.

Mon moment préféré : l'arrivée de la neige.  Neige qui guérit.  Un vrai superbe moment de ceux qui marquent et me font me dire "mais elle vient quand la neige ici, bordel ?".

Cela dit, y'a juste un chtit bémol : je comprenais mieux les moments en anglais que ceux en français.  Il fut un temps au Fiff où les films québecois étaient sous-titrés en français (non, sous-titrer du français en français n'est pas absurde, on voit bien que vous n'avez jamais vu un film québecois vous).  Ce temps-là semble révolu depuis deux ans, et je le regrette, car j'ai loupé certaines subtilités du film.


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1
oct

Fiff – day 3 – La tête la première

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Un film belge, je dis oui.

Un film d'une namuroise, je dis oui oui.

Un premier film d'une si jeune namuroise, je dis oui oui oui.

Et la bande-annonce m'a de suite donné envie d'en savoir plus.  Il en ressortait une sorte de fraîcheur, de spontanéité, de joie intense qui m'a poussée vers la salle obscure, malgré le magnifique soleil de ce dimanche.

La tête la première, c'est l'histoire de Zoé qui, malgré sa chevelure d'ange, rue dans les brancards de la société, se cherche sans se trouver encore, et se passionne pour un écrivain à qui elle envoie des poèmes.  Partant à sa recherche, elle rencontre Adrien, lequel décide de la suivre…

La sensation que j'ai eue durant tout le film, c'est que ce n'était pas un film, c'était la vraie vie.  Bien sûr, tout bon film doit donner cette impression, tout bon acteur doit faire en sorte qu'on oublie l'acteur.  Mais ici, c'était mieux encore, un peu comme si une petite souris munie d'une caméra cachée s'était immiscée dans la vie de Zoé et d'Adrien.  Dès les premières minutes, la complicité semble réelle, totale.  Echanges de regards, sourires, éclats de rire, tout est parfait et criant de sincérité.  Ils ne se connaissent pas, mais immédiatement, cela colle entre eux, et cela transparait illico à l'écran.

Sans être superficiel, jamais, La tête la première reste joyeux et pétillant, grâce au jeu des acteurs, tout en conservant la gravité de certaines scènes et le vécu parfois douloureux des personnages, que l'on perçoit en filigrane.

J'ai vraiment adoré découvrir ces deux acteurs que je ne connaissais pas, vachement talentueux (j'ai découvert ensuite que David Murgia joue un gardien dans Tango libre, tiens je n'avais pas remarqué, tchu).

Mon moment préféré : la bataille d'eau dans la rivière.  Mais aussi l'affiche d'un concert affichant Suarez (Marc miam miam).  Et puis le téléphone Fischer price que moi aussi j'ai eu, trop bien.  Et puis les derniers mots d'Adrien, que j'avais devinés, parce qu'après une heure trente en leur compagnie, on finit par les connaître par cœur, Zoé et Adrien.  Eclats de rire dans la salle !

Infos et bande-annonce : http://latetelapremiere.com/

Sortie le 3 octobre, soit mercredi, courez-y, il faut faire vivre le cinéma belge, et ce cinéma-là surtout, sincère, profond, avec peu de moyens, mais qui vaut tellement le détour…

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