4
oct

Fiff – day 5 – Dead man talking

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Un seul film visionné en ce cinquième jour, mais quel film !

J'appréhendais que ce premier film de Patrick Ridremont ne soit qu'un monologue soporifique, au vu des premières images découvertes de ci de là.  Il n'en fut rien.

Certes, il s'agit bel et bien d'un condamné à mort qui se met à parler de lui, de plus en plus au fur et à mesure qu'il comprend qu'une faille de la loi permet que son exécution soit postposée tant qu'il parle, mais cette pirouette de sa part n'est que le point de départ d'une réflexion bien plus profonde, quoiqu'en permanence saupoudrée d'humour, et c'est tant mieux.

Autour de lui gravitent des personnages hauts en couleurs (voire en noirceur), incarnés par François Berléand et Virginie Efira, notamment, mais également par une jeune actrice que je ne connaissais pas, sorte de chaperon rouge au regard envoûtant et ayant un petit air de Marion Cotillard jeune (dont je ne publierai aucune photo, afin d'éviter un procès de sa part, mouahahah). 

Un film qui propose plusieurs lectures : une analyse de la société actuelle et de son voyeurisme télé-réalitesque, une critique du monde politique dans lequel tous les coups sont permis pour obtenir des voix (je m'en rends compte chaque jour en ouvrant ma boîte aux lettres et en songeant aux pauvres arbres sacrifiés pour si peu de choses), et puis, surtout, une approche de la peine de mort et du milieu carcéral, dans lequel on connaît finalement si peu des condamnés.  Or, on l'oublie souvent : leur vie commence bien avant le crime, dans le cas qui nous occupe, bien sordide et immonde.  Comme l'affiche du film le montre subtilement, notre dead man talking a un passé, un vécu, des souvenirs, un quotidien, des souffrances (des circonstances atténuantes, qu'on dit Anaïs) qui ont façonné sa personnalité et ce qu'il est devenu.  Grâce à de courts flashbacks bien pensés, Patrick Ridremont (qui en plus d'être le réalisateur, interprète également avec brio le premier rôle de ce film) nous permet d'apprendre à connaître ce condamné.  Et à l'aimer, bien malgré nous… 

Rires et émotion au programme dans ce film aux décors hors du temps, qui fait réfléchir bien au-delà de la fin du générique.

Dans nos salles depuis ce 3 octobre.

Mon moment préféré : quand la jeune fille fait en sorte de faire partie de l'histoire du condamné.  Emouvant.

Le site :  http://www.deadmantalking-lefilm.com/

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4
oct

Fiff – day 4 – Le magasin des suicides

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Ce film, enfin ce film d'animation, ça fait un bail que je l'attends.  Depuis que je suis tombée par hasard sur Thé ou café avec, si mes souvenirs sont bons, Jean Teulé en invité (ou Patrice Leconte ?  non, Jean Teulé), qui annonçait que son livre Le magasin des suicides était en cours d'adaptation en film.

Je n'ai jamais lu Jean Teulé encore, mais j'ai vu Darling, le film, j'ai acheté Darling, le livre, je planifiais d'acheter Le magasin des suicides, le livre, donc j'avais envie de voir Le magasin des suicides, le film.

J'étais hyper impatience.

C'est peut-être ce qui a causé ma perte…

Quand on n'a aucune attente, on ne peut qu'être positivement surpris.  Mais quand on a plein d'attentes, qu'on imagine, qu'on se réjouit, ça peut virer à la catastrophe.

Pourtant, le début du film me semblait bien prometteur.  Humour noir distillé un peu partout.  Personnages attachants de tristesse à la limite du supportable (genre qui donne des envies suicidaires, ça tombe bien).  Puis arrivée d'un grand sourire inattendu sur le dernier né, dont la bouille est à mourir de rire.

Ensuite, ça se corse.  Les chansons ne me convainquent pas, tant au niveau des mélodies (mais les goûts et les couleurs hein…) qu'au niveau des textes.  Pourtant chuis pas spécialement difficile, j'adore hurler des textes débiles moi, mais là, c'était trop, enfin trop peu.  Et puis l'histoire tombe dans la mielleuserie extrême.  Trop is te veel.  Sensation d'un film au départ totalement pour adultes, qui bascule ensuite dans le totalement pour enfants.  En fin de compte, c'est à se demander quel public sera séduit…

En tout cas, pas moi, malheureusement, même si j'avoue que j'ai bien ri, surtout au début.  Y'a du bon dans ce film, mais je n'ai pas été séduite sur la durée, ce basculement entre le côté obscur de la force et le côté rose du conte de fées me paraissant trop incongru.

Et vu qu'on m'a dit que le livre était dans le genre du début, mais encore bien plus humour noir de la mort qui tue la vie, je vais enfin m'encourir chez le bouquiniste pour me l'offrir…

En salles depuis ce 3 octobre.

Le site web, qui donne un avant-goût.

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2
oct

Fiff – day 4 – Et si on vivait tous ensemble

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Pour ce film, j'ai eu le plaisir de vivre ma seconde expérience d'un film adapté aux aveugles et malvoyants, une séance Amis des aveugles (à noter que l'asbl Amis des aveugles s'appelle ainsi et non pas Amis de non-voyants, car comme disait l'autre, on a beau dire non-voyants plutôt qu'aveugles, c'est pas pour ça qu'ils verront mieux qu'avant).

Seconde expérience donc, encore plus intéressante.  Pas parce que j'avais vécu un calvaire lors de la première, victime d'un genre de réaction d'intolérance intestinale à un milk-shake avalé juste avant le film, réaction vécue au Caméo 2 (j'entends par là la salle 2 du Caméo 2), savoir la salle la plus abominable du monde, oùskon est serré comme une sardine en boîte et oùskon peut pas s'en aller en cas de réaction intestinale.  Ah, je m'en souviendra, de cette heure quinze à me trémousser de douleur sur mon siège, pour finalement m'enfuir et louper la fin du film.  Bref.

Cette année, point de milk-shake, j'évite d'ailleurs d'en boire depuis, me contentant de mon habituel lait de soja, merci le soja.  Point de Caméo 2 non plus, puisque le Caméo est fermé, le pauvre.  Mais toujours des sièges inconfortables, à la Maison de la culture, endroit où il est conseillé de ne pas mesurer plus d'un mètre cinquante. 

Mais cette année, l'expérience s'enrichit, puisque, avant la séance adaptée aux aveugles, savoir avec des commentaires vocaux situant l'action, il nous est proposé de regarder, enfin d'écouter, les dix premières minutes du film, en version "normale", yeux couverts par un bandeau.

J'obtempère, intriguée, et je découvre donc les dix premières minutes de Et si on vivait tous ensemble.  Je découvre que je ne comprends rien.  Je découvre que sans l'image, je patauge dans la semoule.  Je découvre que le cinéma actuel, comme on nous l'a dit, privilégie l'image au son.  Exemple : le personnage demande "vous n'avez rien de plus gai ?".  Je me dis "elle achète de fringues".  Le vendeur parle de literie.  Je me dis "non, elle achète un lit ou une couette".  Enfin, elle conclut en évoquant son enterrement, et je comprends qu'elle achète un cercueil et tout ce qui va dedans.  Sans l'image, la compréhension est un challenge.

Ensuite, nous visionnons à nouveaux nos dix minutes, ainsi que la suite du film, avec les commentaires.  Toujours avec le bandeau, puis sans.  Et de réaliser à quel point ces bandes sonores adaptées sont d'une utilité dingue pour toutes les personnes à la vue imparfaite.  Merci à cette asbl d'exister, pour elle.

Quant à nous, les voyants, c'est une expérience à vivre qu'un film adapté de la sorte, même si elle gâche un chouia l'effet de surprise, puisque bien souvent, les détails de la scène sont annoncés avant, genre "elle est nue devant sa glace" alors qu'elle ne l'est pas encore ou "enterrement du chien Ratapouf" alors que j'ignorais que Patapouf avait déjà poussé son dernier soupir.

Trêve de bavardages, viens-en au film ma petite Anaïs.

Et bien le film est une réussite.  Plein de fraîcheur, de tendresse et d'émotions en tous genres, avec cette brochette de stars du cinéma incarnant une bande d'amis de longue date qui, touchés de près ou de loin par la maladie ou les affres de la vieillesse, vont se lancer dans la cohabitation, avec tous les avantages qu'elle représente… mais également tous les inconvénients.

Une sorte de colonie de vacances du troisième âge quoi.  Enfin une colonie qui dure plus longtemps qu'une colonie.

Pierre Richard y est incroyable de justesse dans le rôle d'Albert, atteint d'Alzheimer (drôle de destin, j'ai connu moi aussi un Albert atteint de cette putain de maladie).  En fait tous jouent incroyablement bien, même le chien (hé, c'est important le rôle du chien) mais c'est Pierre Richard qui m'a le plus touchée, ceci expliquant cela. 

Une colonie donc, parfois joyeuse, parfois râleuse, parfois rêveuse, parfois pleureuse.

Un film qui, malgré ses scènes souvent comiques, pose, l'air de rien, la question de la place des seniors dans notre société, seniors que l'on parque bien souvent en maison de repos, car la vie ou les relations compliquées ne permettent plus de les reprendre à la maison.  Et de me dire que la cohabitation est vraiment une chouette solution pour échapper aux maisons de repos, qu'on se le dise…  personnellement, ça me tenterait bien de finir mes jours en colloc, avec jardin, piscine et chien, plutôt que dans un mouroir oùsque personne ne viendra me voir, rhaaaaaaaaaaa…

A découvrir en DVD, puisque le film est sorti il y a quelque mois déjà…

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22:24 Écrit par Anaïs dans Anaïs fait son cinéma | Lien permanent | Commentaires (2) |  Facebook | |  Imprimer | | | Pin it! |

2
oct

Fiff – day 4 – Rengaine

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Rengaine, c'est : Paris, aujourd'hui. Dorcy, jeune noir chrétien veut épouser Sabrina, une jeune maghrébine. Cela serait si simple si Sabrina n'avait pas quarante frères et que ce mariage plein d'insouciance ne venait cristalliser un tabou encore bien ancré dans les mentalités de ces deux communautés : pas de mariage entre Noirs et Arabes. Slimane le grand frère, gardien des traditions, va s'opposer par tous les moyens à cette union...

Malgré un synopsis qui m'attirait, je ne suis pas parvenue à entrer dans l'histoire de Rengaine, pourtant pleine de promesses.  Les personnages m'énervaient, tous, même les amoureux.  Et puis le frère, insupportable avec ses idées préconçues, ses jugements intempestifs, lui qui mène pourtant une vie à l'encontre des principes qui lui sont chers.  Ah, kesk'ils m'énervaient, tous autant qu'ils étaient, avec leur racisme à la noix, leur intolérance totale.  Note que c'est peut-être le but du film, d'énerver en montrant la réalité, mais on a beau dire, quand je visionne un film en me disant "mais ça finit quand ?", c'est que je n'adhère pas, rien à faire. Ça ne s'explique pas.

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22:03 Écrit par Anaïs dans Anaïs fait son cinéma | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook | |  Imprimer | | | Pin it! |

2
oct

Fiff – day 4 – Catimini

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Catimini, pour moi, c'est une marque de fringues hyper chères pour enfants.

C'est bien d'enfants dont il s'agit ici, mais pas du genre à porter ce genre de fringues, hélas.

Cathy a 6 ans, elle est blonde comme le blé et arrive dans une famille d'accueil.   Keyla a 12 ans, elle quitte la même famille d'accueil pour un foyer, le changement est en place.  Mégane a 16 ans, elle est en pleine rébellion et le centre de détention l'attend.    Manu a 18 ans et recouvre sa liberté en emménageant dans un petit appart. 

A l'occasion d'une fête en l'honneur de la famille d'accueil au sein de laquelle elles sont toutes passées, au-delà de la bonne humeur et du champagne, les langues vont se délier…

Même si le scénario semble cousu de fil blanc et si le fil (toujours lui) conducteur de l'intrigue est perçu dès l'arrivée de Cathy, ce film bouleverse par la façon qu'a la réalisatrice de montrer, non pas par le biais d'une seule enfant que l'on suivrait durant des années mais via quatre enfants d'âges différents mais partageant la même expérience, les dommages vécus ou à venir.

Très touchant.

Et à nouveau une belle chanson en guise de générique de fin, que je ne connaissais pas :

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13:04 Écrit par Anaïs dans Anaïs fait son cinéma | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook | |  Imprimer | | | Pin it! |