9
oct

FIFF - Vie sauvage

Incroyable histoire que celle de Vie sauvage, car elle est vraie... C'est celle d'un homme qui, privé de leur garde, enlève ses deux fils et parvient à échapper à la justice française durant onze ans. Onze ans de cavale, de vie dans la nature, au milieu des animaux, de marginaux parfois, dans des fermes, des communautés, de petits villages, une vie faite de débrouillardise, dans un monde presque irréel parfois. Onze ans de recherche par leur mère, désespérée, qui n'abandonnera jamais.

Ici, le parti pris est clair : nous ne verrons que la vie des enfants durant ces onze années. Une vie à la manière de « robinsons » durant les premières années, comme une aventure, une vie plus complexe à l'adolescence, qui mènera au retour dans la lumière, et à la prison pour le père. De la mère, il sera rarement question.

Le réalisateur a réussi le challenge de faire valider son projet tant par la mère que par le père et les enfants (lesquels ont écrit deux livres séparés, un par la mère, un par le trio, dont la lecture devrait être un complément utile à ce film). Difficile pari s'il en est. Montrer ce qu'on ne sait jamais des faits divers si brièvement évoqués à la télévision : que s'est-il passé durant ces onze années ? Et moi d'osciller, durant le film, entre de l'empathie pour l'un, puis pour l'autre. De me dire que si ce n'est pas le bonheur, ça y ressemble fortement, puis de songer que ce père a fait vivre l'enfer à ses fils, que cette mère ne rattrapera jamais le temps perdu (ce que la fin du film laisse supposer)...

Un film qui fait s'interroger, au-delà du mot fin. Peut-on priver des enfants de l'un de leurs parents ? Cette question me trottera en tête durant des heures...

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20:46 Écrit par Anaïs dans Anaïs fait son cinéma | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook | |  Imprimer | | | Pin it! |

9
oct

FIFF - Le beau monde

 Après « Pas son genre », que j'avais beaucoup aimé malgré certaines longueurs et une envie de donner des baffes aux personnages (Emilie Dequenne était fabuleuse de crédibilité, comme toujours), revoici un film traitant de la différence de classe sociale, mais avec une approche toute différente, bien plus subtile et légère, en apparence.

 Alice a 20 ans, elle vit avec sa mère chômeuse et se passionne pour la laine et la broderie. Un peu paumée, elle cherche à intégrer une école d'art. Aidée inopinément par Agnès, une Parisienne aisée, elle rencontre son fils, le bel Antoine, avec qui elle commence une relation. La voilà plongée dans un milieu dont elle ignore tout. Oscillant entre ce monde guindé et celui plus populaire dont elle provient, Alice perd peu a peu ses repères. Fascinée, elle se laisse vampiriser par Antoine, qui en profite pour s'échapper de ce monde qui est le sien, grâce à elle.

 Une histoire sensible et belle, jalonnée d'images et de moments de broderie tout en finesse, finesse qui n'a d'égal que celle de ses deux personnages principaux, à la fois beaux et désabusés, plein d'espoirs et d'autodestruction, parfois.

 Je pensais Ana Girardot liée à Annie, mais que nenni, elle est la fille d'Hippolyte, mais a la grâce d'Annie, c'est indéniable. Je lui trouvais d'ailleurs une ressemblance...

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8
oct

FIFF - Les héritiers

C'est l'histoire (vraie) d'une prof de lycée qui gère des classes dites « difficiles ».

C'est l'histoire d'une classe difficile désabusée et désintéressée de tout.

C'est l'histoire de la rencontre de cette prof et de cette classe, et de leur plongée dans l'histoire du monde, au travers d'un concours national d'histoire sur le thème des enfants et adolescents dans le système concentrationnaire nazi.

Au départ pas motivée pour un euro, les élèves, parfois rebelles, souvent grossiers, vont se prendre au jeu de l'apprentissage de l'histoire, de laisser toucher par le vécu de ces enfants et adolescents anéantis par la Shoah et se lancer de tout leur cœur dans ce concours... Apprentissage du respect, de la solidarité, du travail de groupe, entre autres.

Le seul souci de ce film, c'est qu'il fait pleurer et qu'on en sort avec un visage marqué par les larmes. Mais que d'émotions... Il m'a un peu rappelé le film américain « écrire pour exister », qui, sauf erreur, était également basé sur des faits réels.

Un film à montrer dans toutes les classes, les difficiles, les faciles, les multicolores, les intellectuelles, sans exception. Le témoignage de Léon Zyguel, rescapé des camps, est bouleversant.

Les survivants disparaissent au fil des ans, faisons en sorte que leur histoire ne soit jamais oubliée.

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17:28 Écrit par Anaïs dans Anaïs fait son cinéma | Lien permanent | Commentaires (2) |  Facebook | |  Imprimer | | | Pin it! |

6
oct

FIFF - Melody

 

Et bien ça fait un bail emphytéotique que j'avais plus autant été touche par un film. Par des actrices parfaites de sensibilité et de crédibilité. Par une histoire de vie, de vies, de partages, d'amour aussi.

 

 

L'histoire est simple et somme toute banale : Melody a besoin d'argent. Emily a besoin d'un bébé. Une transaction, car c'est ainsi que cela se nomme, va leur permettre de réaliser leur rêve : Melody sera la mère porteuse d'Emily. L'une est Française, l'autre Anglaise, et ce mélange des languages pourrait symboliser la difficulté de communication entre ces deux femmes que tout oppose, qui, au-delà des apparences qu'elles tentent de sauver à tout prix, vont s'apprivoiser, se découvrir, se livrer et apprendre à aimer, à s'aimer aussi.

 

Bouleversant, émouvant, plein d'images superbes et de sentiments qui explosent. J'étais sans voix à la fin. Je ne vous en dirai pas plus, pour ne pas déflorer l'intrigue, mais à voir impérativement...

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11:17 Écrit par Anaïs dans Anaïs fait son cinéma | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook | |  Imprimer | | | Pin it! |

5
oct

FIFF - Jacques a vu

Je me suis offert une plongée dans le déjanté avec ce film réunissant une brochette de « stars » belges, tourné dans la région namuroise, même si l'action est censée se dérouler dans les Ardennes et (un chouia) à Rome.

J'ai adoré la première demi-heure, avec un Nicolas Buysse et une Christelle Cornil (que j'avais découverte dans le superbe Au cul du loup lors d'un précédent Fiff) en pleine forme. Tellement en forme que j'ai fini par me lasser de leurs péripéties qui faisaient beaucoup rire la salle, mais moins moi (je sais, j'ai l'humour très difficile).

L'histoire commence avec l'achat (la scène chez le notaire, criante de vérité, croyez-moi sur parole) d'une maison pourrie au prix surévalué, par ce couple désireux de renouer avec le passé de Monsieur, Brice. Sauf que le passé a disparu (de la famille d'antan, il ne reste qu ele cousin Jacques) et que l'accueil est plutôt glacial, voire polaire. Lorsqu'un centre de loisirs prévoit de s'installer dans la région, Brice profite d'une pseudo-vision miraculeuse par son cousin Jacques pour enrayer le processus et faire du village le nouveau Beauraing. Rocambolesque à souhait...

J'avoue que je me suis plus amusée du décor du tournage que de l'histoire à proprement parler : c'est pas tous les jours que les personnages vont à Rome... au pied de la Cathédrale Saint-Aubain ou qu'ils s'offrent les services d'une prostituée romaine... dans le piétonnier namurois. Même la gare de Namur a été transformée pour l'occasion et Jambes a eu droit à ses quelques secondes de gloire arrosées de Blanche de Namur.

A découvrir, car c'est belge, car ce fut tourné à Namur, et car c'est drôle pour autant que vous aimiez ce type d'humour.

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