3
jan

Résolutions : je tiens le coup

Je suis fière de vous annoncer que je tiens déjà pas mal le coup au niveau résolutions :

Je n’ai médit sur mes collègues qu’une fois hier et une fois aujourd’hui (ah bon, c’était une fois par mois ? J’ai dû mal m’exprimer, je voulais dire une fois par jour au lieu de matin, midi, soir).

Ce midi j’ai mangé un potage light, suivi d’une crème Alpro sans cholestérol, une poire à 16h, et ce soir légumes vapeur, lapin (j’ai honte mais c’était un reliquat des fêtes, liquidé en rayon de mon Delhaize – et finalement ça goûtait le poulet donc la prochaine fois je mangerai du vrai poulet), pommes de terre. Bon j’admets avoir avalé quelques pralines (n’insistez pas, impossible de me souvenir du nombre), mais elles étaient offertes par un client au bureau, et si je ne m’étais pas ruée illico sur les manons pour les mettre de côté, elles auraient été englouties par les collègues, ça aurait été dommage non ? Sachez que j’adore le chocolat, comme toute femme qui se respecte (et comme toute femme célibataire qui se respecte, car il est de notoriété publique que le chocolat est un palliatif à la tendresse dont nous manquons, voire au sexe dont nous manquons – ça me rappelle la blague où une blonde s’étonne que ce palliatif ne fonctionne pas sur elle car … il fond quand elle tente de se servir du bâton à d’autres fins que gustatives – oui bon c’est salace), bref j’adore le chocolat, mais je n’aime pas les pralines. Je croque, je jette, je croque, je jette, je croque, je jette, et de temps en temps je croque et je mange, mais c’est rare : trop riches, trop écoeurantes, trop alcoolisées, trop gluantes… SAUF… Sauf les manons, exclusivement de chez Léonidas. Léonidas, j’appelle ça les pralines du peuple, car elles n’ont pas des goûts totalement bizarroïdes genre « champagne thé vert « (Pierre Marcolini 55 eur le kg j’imagine), ou café crème cognac (Neuhaus 49 eur le kg je pense). Les Léonidas (15 eur le kg) sont plus classiques. Je n’aime cependant que les manons, si possible avec noisettes. Qu’on se le dise… (tout qui passerait sur ce blog par hasard me reconnaîtra immédiatement, car tout qui me connaît sait que je n’aime que les manons Léonidas, glups, je suis grillée comme une saucisse de campagne sur un barbecue – je ramène tout à la bouffe je sais, mais j’ai faim).

Je n’ai pas critiqué mon boss de toute la journée. (fastoche, il prolongeait son réveillon, je ne l’ai pas vu).

J’ai mis ma crème hydratante ce matin pour avoir une peau de pèche (et j’ai un bouton ce soir, y a-t-il un lien de cause à effet ?)

J’ai tenté de regarder le journal pour en savoir plus sur cet ignoble individu de 25 ans qui a tué une vieille dame et s’est ensuite enfui (merci les caméras), mais je pense avoir 24 h de retard car on ne parlait que des soldes.

A ce sujet, je suis allée faire un tour dans un magasin de fringues, sous la pression d’une collègue, mais je n’ai rien acheté, yes.

J’ai reçu un SMS d’Echec, d’une banalité rare, et j’ai réussi à ne rien m’imaginer d’autre que le contenu débile de ce SMS, pas de message subliminal, pas de déclaration cachée.

Un contact du net que je n’ai vu qu’une fois, il y a déjà un petit temps, à qui j’annonçais mon nouveau régime, m’a dit « mais je garde un superbe souvenir de toi, tu n’as pu avoir changé à un tel point » (bon il est vrai que je lui avais écrit que je frolais l’obésité morbide, c’est un tantinet exagéré mon BMI étant de 21,22, pour ceusses qui connaissent les théories controversées du BMI). Sur ces bonnes paroles on a planifié de se revoir et il m’a dit trois fois qu’il en mourait d’impatience. On avance, on avance, on avance…

Un bon début non ?

Et surtout, j’ai pris une nouvelle résolution. Car j’ai eu beau évoquer mon statut de bordélique chronique, je n’ai pas précisé que cette maladie se répand dans tous les domaines, et notamment celui des « papiers ». Est-ce parce qu’au bureau je nage dans les papiers à longueur de journée, que je me dois d’être méticuleuse au possible, toujours est-il que dans la vie privée, c’est la honte absolue (un psy dirait que j’ai horreur de faire mes papiers car mon père faisait ça chaque dimanche pour éviter de rester en famille, et je ne le voyais donc quasi pas). Pour vous situer l’étendue des dégâts : je n’ai classé aucune facture (mais je les paie), aucun extrait de comptes, aucune carte d’anniversaire, aucun magasine non lu (et je n’en lis qu’un sur trois… je stocke le reste pour les lire quand ils seront démodés), aucune preuve d’achat, depuis, au bas mot, 2002 (je viens de jeter un œil sur le désastre). Oui vous avez bien lu : ça fait cinq ans. Dois je me cacher sous mon tapis poussiéreux tellement j’ai honte ? Et bien non, j’assume. Et voilà une résolution qui manque donc à ma liste. Enfin trier, jeter, et ranger pieusement tous ces documents dans le petit meuble prévu à cet effet, doté d’une multitude de tiroirs qui permettront un rangement précis et ordonné (faut pas croire mais je suis organisée… par moments). Ça va être super… Demain je m’y mets. J’ai déjà commencé, et descendu les 3.333 extraits de comptes en vue de les remettre en ordre et j’ai commencé à les trier, ça promet un enfer sur terre, quatre comptes, cinq années, le tout dans un shaker ! C’est pas un effort extraordinaire ça ? C’est pas une gentille petite dadame qui prend une si bonne résolution ? Elle mérite pas un bon point la dadame ?

1
jan

Bonnes résolutions de début d'année

Me voici donc prête à dresser la liste de mes bonnes résolutions. Que je ne tiens jamais. Mais cette année tout est différent. Cette année, j’aurai des témoins, qui seront là, jour après jour, pour s’assurer que je tiens le coup. Afin de m’éviter la honte de ma vie, je suis donc contrainte de respecter ces résolutions, que voici :
Faire régime dès le 2 janvier (il me reste donc quelques heures pour m’empiffrer – quelqu’un pour m’inviter au resto, là, tout de suite ??)
Cesser de me faire embarquer dans des histoires rocambolesques liées à mon souci d’aider les bêtes (et les hommes)
Changer la litière du rat chaque semaine, et ne plus le laisser dormir dans ses crottes
Enduire consciencieusement, soit chaque soir, mes jambes de crocodile/yéti, d’une crème ultra hydratante-99 % de gras, pour voir arriver l’été sans stress
Regarder une fois par mois le JT pour parvenir à me souvenir du nom de notre premier ministre et m’assurer que Chirac est toujours président
Toujours coordonner mes sous-vêtements, en cas d’accident et de déshabillage à l’hosto, ou, plus improbable, en cas de rencontre inattendue et passionnelle
Cuisiner des tonnes de haricots vapeur, carottes vapeur, brocolis vapeur, et plus de spaghetti bolognaise, spaghetti carbonara, spaghetti fruits de mer, spaghetti quatre fromages
Rencontrer l’homme de ma vie, et surtout, savoir le reconnaître, ne pas le faire fuir immédiatement et, mieux, le faire tomber fou amoureux de moi
Passer l’aspirateur une fois par semaine, euh non, c’est impossible, une fois par mois
Continuer à regarder une tonne de comédies romantiques (voilà une résolution que je suis certaine de tenir, na)
Ne plus critiquer mes collègues qu’une fois par mois, durant cinq minutes, soit les cinq minutes mensuelles autorisées. Le reste du mois, ne penser à elles/eux qu’en termes élogieux, je ne suis qu’amour et respect, je ne suis que tolérance et compréhension, je ne suis qu’aide et empathie (mantra à réciter chaque soir pour tenir le coup)
Garder mon calme en toutes circonstances, notamment si je repère un fumeur dans un restaurant à partir de ce jour
Soigner mon look jour après jour, même le dimanche (donc éviter les pyjamas informes, les pantoufles pilou, l’œil gras le cheveu terne ou l’inverse)
Boire deux litres d’eau par jour (et non plus coca, ice tea, cécémel et autres boissons sucrées succulentes)
Dire oui amen à tout ce que ma maman dira, impératif pour une entente cordiale durant 364 jours
Faire ma vaisselle après chaque repas (afin d’éviter de grater les peluches verdasses et malodorantes qui décorent les assiettes après quelques jours)
Ne plus fantasmer sur des Echecs qui courent après des Rivales
Au resto, toujours opter pour une salade variée et ne plus me concentrer sur les pâtes
Lire mes ciné revue au fur et à mesure (pour ne plus me ridiculiser en évoquant la romance de Jen Aniston et Vince Machintruc alors qu’ils ont déjà rompu)
Refuser d’essayer le moindre gilet noir, et me rabattre sur les quinze gilets noirs qui encombrent ma garde robe
Apprendre à cuisiner (ça relève du miracle, mais j’ai envie d’y croire)
Acheter une bonne crème antirides et tenir le coup afin d’avoir un infime espoir de résultat
Être moins perfectionniste, moins critique, moins râleuse, moins nerveuse, moins gourmande, moins fadasse, moins paresseuse (chez moi), moins fleur bleue
Être plus zen, plus cool, plus paresseuse (au boulot), plus écologiste, plus tolérante
Et surtout, tout faire pour parvenir à mes objectifs principaux, savoir au niveau privé faire une jolie rencontre, et au niveau professionnel, croire au miracle qui ferait que je trouverais de nouveaux clients pour mon job d’indépendante, et croire au second miracle qui ferait que quelqu’un d’influent passerait par ici et me proposerait quelque chose de créatif, original, répétitif et, si possible, un tantinet lucratif…
Voili voulou.
Et si je tiens le coup pour ces résolutions, le pari sera gagné, mais comme je ne dois plus être perfectionniste, autant y aller mollo et miser sur quelques unes seulement… à vous de dresser votre hit parade des dix plus importantes, je ferai en sorte de les respecter !

4
déc

Ya d'la place pour un keum ici ?

Y a-t-il de la place pour un homme dans ma vie ?

Comme mes acolytes Evelyne (http://excelibataire.skynetblogs.be/) et Céli (http://celi-bataire-cherche-sa-moitie.skynetblogs.be/), je me suis posé cette question aujourd’hui.

Pour obtenir une réponse précise, je me dois de poser l’état des lieux d’une de mes journées type de Célibattante. Les journées de travail n’ayant aucun intérêt, passons tout de suite au week-end.

Samedi : Célibattante se réveille tôt, son horloge biologique étant déréglée par le réveil matin qui la harcèle toute la semaine.

Si Futurhom dort tard, on est mal bar…

Elle glande dans son lit durant quelques heures aux fins de se délecter de séries débiles style Desperate Housewives (ou « quel sera son avenir ?»), Sex and the City (« mais où trouvent-elles si facilement tous ces amants ? »), Urgences ou Docteur House (« du sang, du cerveau, de la rate et des boyaux ») et des tas d’experts (Les Experts à la Ferme, Les Experts au cirque, Les Experts au zoo), et j’en passe.

Si Futurhom souhaite une grasse mat crapuleuse, faudra attendre les pubs…

Ensuite, elle s’habille pour commencer enfin sa journée : tenue d’intérieur en pilou, grosses pantoufles en forme de vaches, un vrai remède contre l’amour. Futurhom devra l’aimer pour sa beauté intérieure, ou lui offrir de jolis déshabillés… et promettre de payer la facture de chauffage à vie.

Après un petit déj bien gras (Célibattante doit manger gras pour survivre à l’hiver – elle pensera à son corps de déesse en bikini plus tard, bien plus tard… trop tard ?), soit elle reprend une position couchée, mais dans le canapé cette fois, pour continuer à visionner diverses séries et films (30 % de chances), soit elle bosse un peu dans la maison – ménage, repassage, lessive (0,00000 % de chances), soit elle fait un peu de shopping pour embellir son corps déformé par les petits déj (50 %), soit elle se plonge dans un bain bouillant qui n’a d’autre vertu que de la relaxer encore plus et de ramollir son corps déformé par les petits déj (20 %).

Futurhom pourrait la laisser profiter de sa matinée et se rendre utile par quelques tâches ménagères.

Après cette matinée harassante, Célibattante s’octroie une pause repas. Comme Célibattante ne cuisine pas, elle hésite entre quiche, pizza, lasagnes. Parfois, mais très rarement (chaque 2 de l’an, bonne résolution oblige), elle se met à cuisiner : sa cuisine devient un champ de bataille envahi de plats, spatules et casseroles poussiéreuses faute d’avoir jamais travaillé (pourtant, Célibattante est superéquipée niveau matos de cuisine – fan de démo tupperwares qu’elle est – ses placards étant pleins elle est maintenant passée aux upperwares mais c’est une autre histoire racontée sur un post précédent). Résultat des courses : une omelette en bouillie, mangeable mais non présentable. Bravo, elle est sur la bonne voie.

Si Futurhom rêve de petits plats mitonnés avec amour, je lui conseille d’enfiler d’ores et déjà ses maniques et sa toque de cuisinier.

Après ce frugal repas, une petite sieste s’impose. Durée variable. Ici, Futurhom est ravi, la sieste peut volontiers être crapuleuse. Seul bémol : si Célibattante ballonne. Beaucoup de femmes ballonnent, non ? Malgré le nouveau Activia antiballonnement, satisfait ou remboursé, Célibattante fait partie de la majorité. Et toute femme qui ballonne exigera d’avoir déballonné avant de s’adonner aux plaisirs de la chair.

Après cette sieste (éventuellement crapuleuse) et le déballonnement, tout est permis : balade, shopping, nouvelle sieste, quelques petits travaux dans le futur nid d’amour, … Célibattante est ouverte à toute proposition qu’on se le dise.

La soirée est consacrée aux amis. Ici aussi, tout est permis : ciné (de préférence bien romantique bien dégoulinant d’amour), resto (de préférence bien gras bien dégoulinant de fromage/sauce/crème), dancing (de préférence bien peuplé dégoulinant de propositions), et autres loisirs sympas style bowling, verre entre amis, jeux, balade si le temps le permet.

En général, Célibattante va faire dodo très tard car elle s’octroie souvent un supplément de TV à son retour. Le dimanche est donc une journée consacrée au repos. Il faut bien se remettre de cette journée de samedi si chargée, et se préparer à la semaine épuisante qui se profile à l’horizon. Dodo, pipi, TV, manger, pipi, dodo…

Rassurez-vous, cette journée type est légèrement caricaturale. Mais force est tout de même de constater que si un Futurhom osait souhaiter partager l’aventure de la vie à deux, une légère adaptation serait nécessaire, Célibattante détestant cuisiner, nettoyer et travailler.

Conclusion : Célibattante, donc moua, étant dotée d’une faculté d’adaptation sidérante, elle est totalement prête pour la vie à deux, qu’on se le dise ! Y a-t-il de la place pour un homme dans ma vie ? La réponse est clairement oui ! Je promets de lui apprendre à cuisiner. Je promets de repasser ses chemises. Je promets d’acheter une seconde TV pour son foot/ses trilogies Star Wars ou autre Matrix. Et, sacrifice ultime, je promets de lui réserver un/quart de planche dans mes garde-robes pour ses petits vêtements, ne suis-je pas adoraaaaaaable ?

25
nov

Sois belle et tais toi !

Et voilà, je suis enfin prête pour ma soirée fiasco. J’hésite encore entre me montrer froide et distante, sait-on jamais que cela attiserait son (absence) de désir pour moi, ou me saouler et lui sauter dessus, au risque de me prendre le râteau du siècle et de ne plus jamais oser sortir de chez moi et de devoir partir vivre sur une île déserte.

Je parle de Monsieur Echec bien sûr. Je viens de passer une heure à essayer des fringues, c’est fou comme certains jours tout semble moche. Enfin, je rectifie, tout semble moche, SUR MOI. J’ai pourtant acheté une petite nouveauté spécialement pour ce soir, hier je me trouvais superbe dedans, ce soir je me trouve hideuse : bobonne, vieille fille, moche archi moche.

J’ai donc retourné toute ma garde-robe, et mis un peu plus le souk dans ma chambre qui ressemble pourtant en permanence à une zone sinistrée ! Pour finalement me rabattre sur une vieille, très vieille (achetée l’an dernier, donc limite périmée) fringue dans laquelle je me trouve passable.

Est-ce typiquement féminin, cette capacité à se trouver charmante un jour, et repoussante le lendemain ? Pourquoi toujours se prendre la tête sur une apparence que l’on ne peut changer, à la rigueur un peu modifier, mais réellement changer non. Sauf à avoir recours à la chirurgie. Je me suis souvent demandé ce que je changerais en moi si un chirurgien m’offrait une opération. Et je n’ai toujours pas trouvé la réponse. Car après réflexion, je changerais un peu de tout, donc rien de bien particulier. Je n’ai pas un gros défaut style nez difforme, seins trop petits ou trop gros, l’ensemble est banal. Le mot est dit, banal. Rien de bien effrayant, rien de bien transcendant. Pas de quoi se pâmer comme devant une Claudia Chou-fleur, une Adriana Carrément Bleue ou une Naomi Soupe Campbells. J’ai mon petit charme, du moins je l’espère, mais je ne serai jamais choisie pour le calendrier Pirelli, hélas trois fois hélas.

Cette réflexion m’est inspirée par la difficulté que j’ai eue à trouver quelque chose à me mettre sur le dos parmi les monceaux de vêtements qui peuplent ma vie et par cette chanson que j’ai en tête depuis quelques jours et dont un fidèle lecteur de ma petite chronique quasi quotidienne a eu la gentillesse de me transmettre les paroles : «Etre une heure, une heure seulement, Etre une heure, une heure quelquefois, Etre une heure, rien qu'une heure durant, Beau, beau, beau et con à la fois».

Et en effet, comme cela doit être fabuleux de ne pas se prendre la tête, car on l’a superbe, cette fameuse tête. De ne pas, régulièrement, se questionner : qu’ai-je fait de ma vie, que vais-je faire de ma vie, quels sont mes rêves, mes peurs. Arrêter de s’auto-saouler avec toutes ces questions sans réponse. Simplement, enfiler un jean, un simple petit top moulant, lâcher sa superbe crinière, ourler ses cils d’un soupçon de mascara (inutile vu leur longueur sidérante), un chouia de brillant à lèvres, et partir à la conquête du monde, sans aucun scrupule, sans risque, sans peur. Sentir le regard de tous sur soi. Se sentir admirée, adulée. Etre belle, naturellement, sans artifice, sans même le vouloir. Un don de Dieu. Et être conne (non que je me juge super intelligente, mais je parle d’être conne dans le vrai sens du terme : sois belle et tais toi), ne jamais se prendre la tête pour rien, simplement vivre, profiter sans penser au lendemain. Bon je m’en vais manger et danser, ça me la videra, ma tête 

17
nov

Petite sortie solitaire

Aujourd’hui j’ai fait quelque chose qu’une célibataire se voit un jour ou l’autre obligée de faire seule, même si elle préfère de loin le faire à deux… ou à plusieurs.

Je vois d’ici vos regards lubriques, m’imaginant en train d’utiliser un de ces nouveaux sex toys vendus partout comme des tupperwares, en forme de canard, de dauphin ou autre taupe.

Alors que j’évoque ici une activité innocente qui peut être pratiquée par tout belge, de 7 à 77 ans (voire plus) : aller au cinéma.

Aller au cinéma seule est pour moi l’épreuve ultime : je me faufile, tête baissée, vers mon siège, où je m’enfonce le plus profondément possible, espérant ne pas avoir été repérée par les milliers de spectateurs, venus, eux, en famille-ravie-pleine-de-vie ou en couple-heureux-qui-s’aimeuh, et qui se demandent tous : « Mais que fait-elle là, la PAUVRE, toute SEULE ». Voilà pourquoi les quelques fois où je vais au ciné seule, c’est à la séance de 14h, la moins fréquentée. Tellement j’ai honte. Et je n’aime pas ça. Aller au cinéma seule, c’est comme aller au cinéma à plusieurs, mais sans popcorn : il manque quelque chose pour que le moment garde sa magie. Personne avec qui partager son avis sur le film, c’est sinistre. Bon, là, j’avais gagné une place, et j’avais grand besoin de me détendre. Et comme j’avais congé, aussitôt pensé, aussitôt fait.

En entrée je me suis offert une dose de graisse et sucre : super big hamburger, portion géante de frites, plotche massive de sauce, et glace coulante en dessert. En pleine digestion, je me dirige vers le vieux ciné de mon enfance (décidément cette semaine aura été celle de la nostalgie). Ma ville étant équipée d’un giga complexe cinématographique, je ne fréquente plus que très rarement les petits cinémas dits « de quartier ». Ce petit flash back n’était pas pour me déplaire : les vieux sièges défoncés, les accoudoirs ayant déjà tout vécu, les ouvreuses toujours pas sympas (enfin ça, dans le giga complexe, elles ont été recrutées sur le même critère).

Je me trouve donc une petite place dans la salle encore vide : ouf. Suivent après moi : deux amies, un petit couple d’étudiants, une bande de copains/copines, une quadragénaire TOUTE SEULE COMME MOI, et enfin, un homme, seul aussi (décidément toutes les âmes solitaires ont eu la même idée aujourd’hui), qui ne trouve rien de mieux, alors que la salle comporte au bas mot 200 places, de s’installer juste devant moi, faut oser ! Je me suis donc farci son crâne brillant durant toute la séance. Je n’ai bien sûr pas osé bouger, car me lever aurait été risquer d’entendre hurler «ooooh regardez, elle est SEULE la PAUVRE !».

Le film était sensas, encore mieux que ce à quoi je m’attendais, pas mal d’humour, une émotion inattendue. J’y suis allée de ma petite larme à la fin et j’ai donc attendu que tout le monde sorte avant de me lever, parce qu’une femme seule qui va au cinéma, et qui, en plus, pleure, vraiment, c’est pas raisonnable !(PS : le film c’était prête-moi ta main avec la charmante Charlotte Gainsbourg et Alain Chabat que j’aime pas spécialement mais qui m’a fait très très bon effet).