18
jan

Sommes-nous tous des imposteurs ?

Sommes-nous tous des imposteurs ?J’ai retrouvé parmi mon stock de cassettes vidéo une vieille émission intellectuelle de TF1 (les plus grandes impostures – que j’avais partiellement regardée, partiellement enregistrée, le jour de l’imposture en live de RTBF, souvenez-vous : la Belgique scindée… - ce qui fait que j’ai loupé cette imposture dramatico-comique, et je m’en mords les doigts depuis lors – avec mon nouveau régime j’ai promis d’arrêter).

Je ne regarde jamais ces hit parades débiles de TF1 (les 30 plus grands cons, les 30 plus mauvais chanteurs, les 30 couples foireux de la jet set…), mais ce sujet là m’intéressait. Histoire dramatique de Roman qui, après s’être fait passer pour un éminent chercheur durant un nombre incroyable d’années, une fois démasqué par sa maîtresse, a dramatiquement assassiné toute sa famille pour éviter d’avouer (il a cependant épargné sa maîtresse). Histoire kitsch des Milli Vallini, chanteurs à la mode durant mon adolescence, qui n’ont jamais émis la moindre note. Histoire pathétique d’une fausse Paris Hilton qui engrange des paquets de dollars en ne faisant rien, tout comme la vraie (vision d’horreur, non plus une Paris Hilton, mais deux !). Histoire immonde de faux dentistes qui ont causé la mort de plusieurs personnes (enfin personnellement, si mon dentiste travaillait dans un sous-sol ou dans un hôtel je me méfierais, les victimes pas. J’en claque des dents d’angoisse). Histoire effrayante contée à la radio par Orson Wells en 1939, de martiens qui débarquent (inspirée de la Guerre des Mondes); canular qui fut pris au mot par les américains, et qui créa un mouvement de panique sans précédent. Si certaines escroqueries sont ignobles, parce qu’elles mettent en danger la vie ou les finances d’autrui, j’avoue que d’autres m’ont laissée admirative (gruger l’Etat me semble une idée… intéressante et ingénieuse…).

Je me pose donc la question, sommes-nous tous des imposteurs en puissance ?

Le seul fait de me maquiller chaque matin constitue en soi une imposture : j’imposte (si si ça se dit) en apparaissant aux autres, à lui (quand il existe un lui), le teint frais, la bouche pulpeuse, l’œil de biche, bref séduisante (mais si mais si : résolution 2007 : je suis séduisante, je suis séduisante, je suis séduisante). Ajoutez à cela une coiffure savamment arrangée, et le tour est joué : une soirée en sa compagnie et il est conquis. Emballé c’est pesé. Quelle surprise pour ce pauvre hère le matin suivant, quand il me découvre, cheveux hirsutes, teint brouillé, mascara dégoulinant (avant une folle nuit d’amour, on oublie la corvée pourtant indispensable – sous peine de visage ridé et défraîchi pour le restant de sa vie – donc la corvée du coton démaquillant). Sans oublier l’haleine de hyène. Pour l’haleine, il n’a rien à reprocher, il a lui-même une haleine de chacal, par contre il peut se vanter de s’être montré tel quel, sans artifice, dès les premiers instants. La mode étant aux maquillages et soins pour hommes, nous serons bientôt à égalité. Imposture contre imposture, terrain dès lors neutre.

L’imposture psychologique est bien plus sidérante. J’ai tendance, pour ma part, à jouer trop franc jeu, à me montrer telle que je suis dès le départ. Soit bordélique, caractérielle, râleuse, mais néanmoins très tendre quand la confiance s’instaure. Je pense cependant que je devrais monter une petite imposture : « oui je suis ta femme idéale minou, tout ce que tu aimes je te le cuisinerai mon coeur, ta maison sera toujours en ordre mon ange, je serai ta petite fée du logis chéri, je suis la femme parfaite dont tu as toujours rêvé, je porterai tes enfants sans prendre un gramme de peau d’orange mon poussin, jamais de poil sur mon corps divin mon dieu, jamais d’haleine de hyène (je cours à la sdb dès le premier œil ouvert), jamais de grains de poussière dans notre nid d’amour mon amour, je t’aimerai pour les siècles des siècles mon tendre, j’accepterai tout de toi mon élu ». La plus grande imposture amoureuse : faire croire qu’on est la personne que l’autre recherchait depuis toujours… Cette imposture fait partie du deal amoureux. Et comme l’autre fait pareil, imposture contre imposture, terrain neutre.

J’ai également imposturé (je vous jure que ça se dit) mon boss lors de mon entretien d’embauche. « Je suis celle qu’il vous faut (seul moment de ma vie où j’étais si sûre de moi), je suis autodidacte, je suis indispensable à votre boîte ». Lui « je dois encore voir deux candidates, je dois réfléchir ». Moi « oui mais je risque d’avoir un autre job ce soir, donc si vous attendez il sera trop tard ». Une heure plus tard il m’appelait : j’avais le job. ça avait marché. Se rendre indispensable, se présenter comme une perle rare bientôt avalée par une huître plus rapide (je sais, les huîtres n’avalent pas les perles, elles les fabriquent, mais j’aime bien cette expression), et il a foncé. Le premier jour, alors que j’avais vanté mes qualités en informatique, j’ai planté tout le bazar, un réseau ça s’appelle, j’ai mis deux heures pour imprimer un truc, ce fut l’enfer. Mais au bout du compte, ce n’était pas une imposture, I’m the best, toute syndicaliste que je suis ! Et comme le boss est un réel imposteur aussi, terrain neutre.

Quand on y réfléchit, la vie n’est qu’impostures, si petites soient-elles : «oui ça va bien Madame Dupont, très bien (mon mec me quitte, je suis gravement malade, mais je me tais, je sauve les apparences)», «oui je t’épouse pour le meilleur et pour le pire (mais si le pire arrive sache que je me casserai en moins de temps qu’il ne faut pour le dire)», «mais oui je t’aime avec tes dix kilos de plus (même si tu ressembles à une baleine échouée/un cachalot)», «oui Madame Dupont, je m’occupe de votre dossier, bien sûr Madame Dupont (fait chier la Dupont, son dossier voilà ce que j’en fais : classement vertical)», «oui ma chérie Saint-Nicolas t’apportera la Barbie princesse avec le château le cheval le prince (ça va me coûter un os)», « oui j’ai préparé ce repas toute la journée, vous aimez ? (merci Monsieur Traiteur) », … j’en passe et des meilleures. Mais sans ces petites impostures, anodines, inutiles ou parfois irrespectueuses, la vie serait intenable. Trop d’honnêteté rendrait le quotidien insupportable. Et vous, êtes-vous aussi des imposteurs ?

17
jan

Les galères d'Anaïs

Non contente d’être à la mort (si si il faut appeler un chat un chat, je suis à la mort) – non allez je vous le dis mais que ça reste entre nous, les aérosols ont fait des miracles, je respire enfin quasi normalement, sauf que je tremble en permanence, j’ai la langue comme une craie, aspect et goût, j’ai l’estomac comme une pierre, les intestins n’en parlons pas (vous verrez en lisant que le sujet sera abordé, une fois par post suffit) vive les effets secondaires – donc, non contente d’être à la mort, voilà maintenant que je subis des menaces.

Oui des menaces.

Non, pas des menaces de mort.

Mais des menaces !

Explication. J’ai un caractère de cochon, on le sait, j’ai une tête de thon, on le sait aussi, je suis une harpie par moment, on le sait et on me l’a déjà dit, je suis un serpent siffleur, on le sait. Mais je suis aussi une bonne poire, et ça doit être ce changement de catégorie qui me nuit car je suis accusée d’être une pie voleuse.

Et les accusations infondées, je supporte pas.

Bon j’avoue : quand j’étais môme j’ai eu ma phase petits larcins : je me souviens notamment des chocolats glacés, vous savez ces petits chocolats qui fondent à la vitesse VV’ quand on les extrait de leur emballage métallique (genre petits fours, faut que je trouve une photo j’explique mal), je me souviens aussi des quelques perles de bain qu’on avait dérobées avec une amie, ce qui était plus un défi qu’un vol, le but étant de gagner en en prenant le plus. C’est pas bien. Mais j’étais gosse.

Maintenant je suis une adulte responsable et je ne vole plus.

Sauf quand la caissière du supermarché se trompe et me pointe le Jasmin au prix français et pas au prix belge (dont gain 40 cents, c’est pas du vol, j’ai rien vu je le jure).

Sauf si je trouve un billet de 500 eur sur le sol, personne à gauche, personne à droite, personne devant, personne derrière, il est à moi non ? (ça ne m’est jamais arrivé, mais je préviens au cas où, sans le nom sur le billet, je ne rends pas, alors à vos billets).

Sauf enfin quand je vole l’Etat, car on me l’a souvent répété « voler un voleur c’est pas voler ».

Je rigole mais pourtant…

Dans la catégorie « bonne poire », je demande donc Anaïs. Je ne sais par quelle manipulation mentale, il y a un petit temps, une cliente âgée parvient à me faire me rendre chez elle, chose que je ne fais jamais.

Je ne sais par quelle autre manipulation mentale, elle m’oblige à reprendre chez moi quelques monstreux livres de décoration, sous prétexte que j’aimais ça. « Vous les regarderez à l’aise ma petite Anaïs, prenez votre temps ». Je prends. Les livres. Et mon temps. J’avoue que feuilleter des livres de déco des années 40 (non, pas « comment recréer une ambiance année 40 dans votre intérieur », mais « comment créer une déco actuelle », publié en 1940), tout vieux, tout moches, me tente autant qu’aller dans ma cuisine pour cuisiner (une cuisine est faite pour ça ? oui je sais). Ma cuisine, j’aime la décorer, pas y cuisiner. Et je n’ai pas l’intention de la redécorer en style année 40.

Donc je n’ai pas feuilleté ces livres, ils n’ont pas bougé d’un iota depuis plusieurs mois. J’ai pris mon temps.

Dans l’intervalle, la personne tombe malade, j’accepte de lui rendre quelques menus services, bonne poire je vous dis. Puis je mets le hola sentant que je risque de devenir la vraie bonne grosse pigeonne (et nous revlà dans les animaux).

Sentant que la pigeonne s’est envolée de la cage, elle me réclame illico son bien. Aucun problème, il n’a pas quitté le hall d’entrée de mon petit nid (oh comme la référence au nid est bien choisie, pour une pigeonne, ne trouvez-vous pas ?), il est toujours dans son petit sac. Mais Anaïs est une grosse fade, vous le savez. Alors je traîne, d’autant que je n’ai pas trop envie de revoir cette personne devenue entre-temps de plus en plus désagréable, puisque je ne suis plus sa servante attitrée.

Un matin, on sonne. Parlophone… « je suis le voisin de Madame Aigle Royal, je viens rechercher sa bibliothèque ». J’omets de dire que j’avais senti l’oignon (et on passe dans la catégorie légumes) quand elle m’avait réclamé, sur mon répondeur, sa collection intégrale de livres, soit 200. Glups. 200 ? J’en vois 5. Je profite de cette occasion rêvée de ne pas la revoir et je restitue immédiatement l’immense collection audit voisin.

Mais j’ai comme une angoisse qui reste. Un goût amer en moi (France Gall). Ça pue. Comme je suis une miss scénario catastrophe je mets cette angoisse sur le compte de mon caractère et tire un trait sur cet épisode de ma petite vie.

Ce matin, le pire se produit. Menaces, à peine cachée, de porter plainte si je ne rends pas immédiatement ce que j’ai volé. Soit cette énorme collection dont je n’ai jamais vu la couleur je le jure sur la tête de tout qui vous voudrez (aucun risque, je le promets). Et que je suis monstrueuse, et que d’ailleurs les quelques livres que j’ai daigné rendre, soit 4 (j’en ai pourtant bien compté 5, comme je deviens bête) sont totalement abîmés par ma faute (c’est fou comme des livres peuvent s’abîmer dans un endroit sec, dans un sac, sans bouger – on devrait créer la Société Protectrice des Livres), et que je ne décroche plus quand elle m’appelle (l’affichage du nom ça sert à ça non ?), et que je n’ouvre pas quand elle m’envoie tous ses voisins (faut croire qu’elle m’en a envoyé des tas, mais je bosse moi aussi hein !), et qu’elle va porter plainte aussi là où je travaille… mais oui, souvenez-vous, c’est une cliente…

Je me sens droite dans mes bottes, totalement honnête, voire trop gentille, mais je n’aime pas ça. Pas du tout ça.

Ça me rappelle étrangement ma mère qui a également aidé une voisine, commençant par quelques courses, pour finir par devoir faire son ménage à l’œil, sa mise en plis (oui on dit comme ça chez les personnes âgées, pas brushing, mise en plis), limite nettoyer ses WC. Elle a mis le hola mais il aura fallu des mois et des disputes avec moi, qui m’opposait à cet esclavage moderne. Par chance, ma mère n’a pas eu la police chez elle, moi j’ai le pressentiment que c’est pour bientôt.

Résultat je suis dans la m… jusqu’au cou, et je terminerai par cette citation de circonstance « fais du bien à un vilain il te ch… dans la main ».

17
jan

Le panier (dés)équilibré de la ménagère de moins de 50 ans

Une fois boss prévenu de mon absence, ainsi que les charmants collègues (quelques réactions sympas tout de même…), j’accomplis mon devoir en réglant les urgentes urgences. Difficilement, car après avoir pris ma cortisone et utilisé mon masque de Dark Vadorette (tu as visé juste Boulu), je suis toute tremblottante, la bouche pâteuse, mal partout, réel bonheur, j’en profite bien.

Quelques heures plus tard, je m’en vais, le cœur léger et le bagage mince (Aznavour) ainsi que la satisfaction du devoir accompli. C’est fou ce que je se culpabilise pour un boulot, malgré la certitude que si le C4 tombait, je serais remplacée en moins de temps qu’il ne faut pour le dire, tant au niveau des responsabilités que dans les cœurs des personnes avec qui je vis pourtant plus de 8 heures par jour (enfin dans leur cœur façon de parler, je n’y suis pas, mais en tout cas je serais illico presto oubliée), on est peu de choses hein ma bonne dame.Bon, je dois maintenant songer aux jours qui m’attendent, jalonnés d’énormes cachets d’antibiotiques, d’appareil bruyant, de tremblotte et de siestes.

Manger ? Oui, aussi, manger. Ces médicaments n’ont aucun effet coupe faim sur mon organisme, lequel est prêt à dévorer une assiette de pâtes à tout moment de la journée ou de la nuit. Le jour où je n’aurai plus envie de pâtes, c’est que la maladie sera grave et inguérissable.

Je me rends donc au supermarché du coin, malgré ma sortie interdite, car il est bien connu que toute célibataire en congé de maladie avec sortie interdite va se vautrer sur son divan et attendre que les elfes magiques lui livrent de quoi se nourrir. Et comme je n’ai pas encore gagné au lotto, je n’ai pas engagé de chauffeur-masseur-cuisinier pour m’aider. D’ailleurs si j’avais gagné je n’aurais pas autant de scrupules et ne me culpabiliserais pas tant de faire le bureau buissonnier, je l’aurais quitté, le bureau, mon sac en papier sur la tête (en fait un déguisement de poule, merci Boulu pour l’intégralité de la pub).

Je remplis mon caddie en ne pensant qu’à une chose : me gâter. Une fois les marchandises étalées sur le tapis roulant, j’en dresse l’inventaire avec stupéfaction :

Un bocal de sauce bolognaise Delhéééés, un bocal de sauce tomate ricotta delhéés, un bocal de sauce tomate basilic Delhééééés, ainsi que 1 kg de pâtes. Oui je vais me faire une méga orgie de pâtes, il n’y a que ça dont j’ai envie. Bien sûr je ne rechignerais pas devant quelques scampis à l’ail, un osso bucco préparé avec amour, sapoudré de parmesan, mais comme je n’ai pas encore gagné au lotto, je n’ai personne pour me préparer ça, et aucune énergie pour le faire moi-même (ni énergie ni talent, mais de toute façon c’est mon état naturel, je ne vais pas prendre le mal dont je souffre comme excuse, ça serait du pipeau).

Deux petits gâteaux au chocolat, un stock monumental de Léo blanc ainsi qu’un autre stock monumental de Léo au lait. Le médecin a bien dit « surtout mangez bien quelque chose avec chaque antibiotique, soit quatre fois par jour ». Elle n’a pas précisé quoi mais j’imagine qu’il faut que ça tienne au corps.

Des galettes 4/4 maison, bien grasses, bien chères, mais succulentes, pour mon petit déj, que je remplirai consciencieusement de nutella, et dans chaque trou s’il vous plait.

Deux pots de crème caramel bien coulante pour les pauses plaisir supplémentaires.

De la crème light pour allonger mes diverses sauces, du coca light pour digérer le tout, de l’ice tea light pour changer. Les seuls aliments lights achetés sont donc liquides.

Pas de salade, légumes verts, carottes et autres tofu ou produits à base de soja. Je ne vais pas risquer de provoquer une crise de manque dans mon organisme, si tout d’un coup je passe de pâtes-chocolat à tofu-légumineuses, tout de même !

Mais donc, en regardant le tapis roulant, cet amalgame de produits gras, sucrés, bien caloriques (et on peut le dire, même les crèmes caramel sont dépourvues d’étiquettes culpabilisantes mentionnant le nombre de calories, le grammage de glucides, lipides, protides – je n’ose imaginer pour quelle raison ils ont omis d’apposer cette fameuse étiquette, mais sans doute pour éviter les crises cardiaques dans les rayons).

Et pour remplir mes longues journées, j’ai aussi fait une razzia dans le rayon libraire. Pourquoi me gêner, je fréquente le seul magasin où tout peut être payé par chèques repas et non uniquement l’alimentaire. Imaginez le bonheur de s’offrir un DVD, un chouette vêtement, un livre… avec ces petits chèques destinés normalement à acheter de quoi manger, et encore, même pas de quoi nourrir le rat, le pauvre.

Donc je vais lire :Flair, bien sûr
Jasmin, mon nouveau coup de cœur
Marie-Claire
Cosmopolitan
Lou

Histoire de me donner de nouvelles idées de posts.Et avec tout ça si je suis pas encore branchée, in, séduisante et parfaite…

14
jan

Tomates boulettes

La soupe tomate boulettes est la préférée des belges. Info de la plus haute importance non ? On en entend parler partout, à la TV, dans Flair, à la radio (j’écoute NRJ le matin dix minutes au lit – c’est con mais ça réveille, et c’est pas moi qui le dis, mais eux -, puis je passe sur Nostalgie à la sdb, cherchez pas à comprendre, je veux juste éviter la radio au dauphin, et le hasard m’a amenée sur ces stations, qui, bien que différentes, sont toutes deux sympas). Faut croire qu’il n’y a pas d’info plus croustillante à diffuser pour l’instant. C’est la semaine de la soupe, il paraît.

On fait des journées et des semaines pour tout maintenant. Journée de la femme (pas de journée de l’homme, tant mieux, on le mérite), journée contre le Sida (contre, tout contre, comme disait cette vieille carte géniale, vous vous souvenez ?), journée de la presse (et de ceux qui ont péri à cause de leur passion), journée des droits de l’homme (pour ne pas oublier ceux dont les droits n’ont pas été respectés, je pense par exemple à Ingrid Betancourt). Moins connues : journée internationale pour la prévention de l'exploitation de l'environnement en temps de guerre et de conflit armé (faut le dire vite), journée nationale d’hommage aux "Morts pour la France" pendant la guerre d'Algérie et les combats du Maroc et de la Tunisie (à vos souhaits), journée de la montagne (et la journée de la mer alors ? et la journée de la mère ?), journée de la jeunesse (et ils font quoi les vieux ce jour là ? ils attendent la journée des personnes âgées pardi – et elle existe), journée de l’écrivain africain (ah bon, les autres continents n’y ont pas droit), journée des casques bleus (et ils le méritent), journée internationale contre l'abus et le trafic illicite des drogues (c’est pas toute l’année ça ?), journée internationale du souvenir de la traite négrière et de son abolition (je ne trouve pas de journée contre la shoah, c’est normal ?), journée de la poste (où le délai prior est respecté). Très joyeuses toutes ces journées…

C’est bien beau tous ces hommages, ces journées souvenir, ça ne sert à rien mais l’initiative est heureuse. J’aime assez la journée des secrétaires, même si chaque année je tire la gueule à mon boss car il ne m’offre rien, et je râle, je râle. L’an dernier j’ai eu un cadeau, il n’aurait pas osé faire autrement, le pauvre (seul boss belge victime de harcèlement moral de la part de sa petite employée).

Je propose qu’on invente des journées enfin utiles :

La journée de la TV : jour férié pour tous, avec obligation de regarder la TV du lever au coucher. Aaah le bonheur, surtout actuellement avec toutes ses séries démentielles qui déferlent : Rome, Prison Break (je suis déjà complètement accro), Melinda (top géniale), les desperate housewives qui continuent à me faire rire, le Docteur House qui me ressemble (un peu)… j’ai de quoi tenir une journée sans problème.

La journée des non-calories : où tout ce qu’on ingurgite se transforme en calories négatives. Avec les progrès de la science, il doit bien y avoir moyen d’inventer ça non ? Une journée par an, on doit engloutir un maximum de trucs, et le lendemain, la balance fait un grand sourire.

La journée des jeux de société : où, comme lors des dernières journées de classe de mon enfance, en juin, on peut apporter au bureau ses jeux et, après avoir nettoyé son bureau, on joue tous ensemble. Apprendre à se connaître avec un Pictionnary, un Taboo, quoi de plus rigolo et convivial ?

La journée billets à gratter : où tout le monde gratte. Où tout le monde gagne. J’imagine d’ici les files dès minuit devant les librairies.

La journée du soleil : jour férié également, où le soleil n’a pas le choix, il est tenu d’être là. La certitude pour tous d’avoir au moins une journée ensoleillée, et de pouvoir en profiter. Je pense ici à ceux qui réservent un appartement à la mer en juillet, il pleut. L’année suivante, ils réservent en août, il pleut. Triste.

La journée anti-virus : où chaque PC est automatiquement dévérolé. Dont coût : néant, juste notre éternelle reconnaissance.

La journée du rire : avec des ateliers du rire en rue, des clowns au bureau, des clients de bonne humeur.

La journée anti-tabac : elle existe déjà, mais je créerais la journée où le tabac est totalement interdit sous peine d’amende énoooorme. Même en plein air, même en rue. Partout, j’ai dit.

La journée AA : restons dans les vices, la journée où tous les alcooliques avoueraient enfin l’être.

La journée câlins : ça se fait à Paris, ça se fait aux USA (ou au Canada, je sais plus), des pourvoyeurs de câlins publics. En rue, on peut obtenir un petit câlin gratuit. Un peu de tendresse ne peut faire que du bien. En plus des câlins publics, les câlins privés seraient chaudement recommandés ce jour là.

La journée de la bonne santé : où les miracles se produiraient ailleurs qu’à Lourdes. Où les enfants, et même les grands, guériraient des maladies imprononçables et orphelines, des cancers vicieux, des douleurs chroniques. A voir : le site de toutes les journées

14
jan

Mon rendez-vous cochon

Pas de lapin pour mon rendez-vous cochon. C’eût été un comble ! Avec tous ces animaux, je vais finir par m’y perdre.

Me voici donc, seule, errant dans une grande surface, un samedi à 17h30. Grouillent autour de moi, comme des abeilles, des couples à la recherche de bonnes affaires, des familles pressées par le temps, quelques personnes seules avides de dépenses. Stress.

J’ignore par quelle opération du Saint-Esprit il est parvenu à me retrouver parmi cette foule, mais il y est parvenu. Il est vrai que finalement peu de femmes seules et de mon âge erraient dans le magasin. Mon écharpe aurait dû être un indice pour lui (indice que j’avais sciemment laissé sur le site) mais il n’en fut rien (peu d’hommes savent en effet comment se présentent les écharpes Strelli, dommage, vraiment dommage… je peux leur renseigner les bonnes adresses pour en offrir à leur compagne ou, à défaut de compagne, à moi).

Du rendez-vous lui-même je ne vous dévoilerai rien, sachant qu’il lit mon blog. Je vous renvoie à ce post pour mon avis sur le sujet : dévoiler ou pas dévoiler, that’s que question

Je vous conterai juste deux anecdotes :

Nous étions dans un tout nouveau café hyper branché, mais très cosy à la fois (et les cafés branchés et cosy se comptent sur une main – voire sur un doigt – dans ma ville), que je ne connaissais pas encore puisqu’il vient d’ouvrir. Après avoir ingurgité deux apéritifs (suivis d’un autre apéro, de vin et d’un pousse-café au resto qui a suivi, resto entre amis… je ne vous dis pas mon état ce matin mais c’est une autre histoire), je tente de localiser les toilettes. Deux portes : « hommes » et « handicapés ». Pas de WC pour femmes. Glups. Dilemme. Que choisir ? Je ne suis ni un homme ni une personne handicapée (handicapée du cœur peut-être, handicapée des neurones sans doute, mais handicapée au sens de la loi belge, non). N’ayant pas envie d’utiliser les urinoirs en compagnie d’autres spécimens mâles, j’opte pour la porte « handicapés » et là, je me retrouve devant deux autres portes: « handicapés » et « femmes ». J’ai donc appris ce soir que les femmes étaient considérées comme des personnes handicapées dans ce nouvel établissement. Qu’on se le dise, ça nous fera peut-être des réductions… !

Une autre chose que j’ai apprise hier : « le saumon fumé est le caviar du pauvre ». Dixit mon rendez-vous. Nous parlions caviar et nourriture, lorsque j’évoque le drink de début d’année du bureau, au champagne et au saumon fumé. C’est là qu’il me sort sa petite phrase qui fait mouche. Morale de cette histoire : je suis handicapée et pauvre. Qu’on se le dise. Mon boss va être ravi d’apprendre qu’il nous a fait manger du caviar du pauvre. L’an prochain j’exigerai de lui le caviar du riche. Pas les infâmes œufs de lomp ou trucs du genre, non le vrai caviar, vrai de vrai, dont on se délecte d’une portion infinitéssimale vu son prix. J’en ai mangé une fois dans ma vie mais ça restera un moment inoubliable, tant c’était surprenant et délicieux. Si un importateur de caviar passe par ici, il sait ce qu’il lui reste à faire…