22
avr

Câââââââââââlins

S’endormir comme une masse devant sa TV un samedi soir, c’est réaliser qu’on est tombé, en l’espace de quelques semaines, dans la pantouflerie (pantouflardise ?) totale. Bien bas. Très bas. Il est loin le temps des surprise partys, des danses folles jusqu’à 6 h du mat. Il est loin le temps du cinéma suivi d’un resto. Il est même loin le temps de la verveine devant Navarro. S’endormir à 21h30, c’est le début de la fin.

Se réveiller hagarde (Dunord le Viking) à 0h24, et, avant de ramper jusqu’au lit, se traîner au pc, et réaliser que ses lecteurs sont impatients, haletants, comme des chiens attendant leur nic nac du soir, de lire le résumé de ma journée câlins, c’est à la fois grisant et épuisant.

Je ne peux cependant vous faire languir plus longtemps.

Cet après-midi donc, grande première dans ma grande ville hyper animée : les « free hugs ». Je suis fidèle au poste. J’ai pris une amie pour pouvoir me réfugier derrière elle en cas d’assaut effréné de câlineurs fous. En même temps, ma ville nous offre la journée du folklore, avec défilés, tireurs excités et confettis à gogo (+ commerçants à gogo qui râlent « si c’est pas malheureux de nettoyer pour avoir des confettis ensuite, scrogneugneu »).

Ils sont venus ils sont tous là (la mamma, Aznavour). Les câlineurs anonymes. Comme les namurois sont un peu bébêtes, ils ont pris des panneaux bilingues : free hugs/câlins gratuits. Ils déambulent dans toute la ville. Moi aussi. Je les croise à plusieurs reprises, impossible d’y échapper, pire que les guêpes au mois d’août. Ils hurlent « demandez un câlin gratuiiiiiiiiiiiiit ». Et l’effet produit est similaire à la goutte de Dreft Ultra Plus Mega Actif Une Goutte Suffit qui tombe sur du gras : la foule se dilue aussi vite qu’un escargot namurois est capable de le faire. « Viiiiiite, échappons à cette attaque de câlins ». Le spectacle est rigolo. J’applaudis cette initiative.

Le problème, c’est qu’en Belgique, on n’a pas cette mentalité câlins. A savoir que de l’autre côté de la grande flaque, on se câline, on se prend dans les bras à chaque occasion. Un exemple : dans votre feuilleton culturelleux Desperate Housewives : Bree casse une tasse, ses voisines la prennent à tour de rôle dans leurs bras dans un réflexe consolateur, Linette a reçu du reflux gastrique de bébé sur son chemisier, ses amies la câlinent ardemment pour lui faire oublier ses malheurs. Là-bas, on se prend dans les bras pour tout et n’importe quoi. Alors qu’ici, on se bisouille du coin de la joue, à la rigueur les peaux ne se touchent même plus (« salut - tu – vas – bieeen ? » – Les Inconnus). Il faut avoir perdu toute sa famille, son animal domestique, sa maison, ses slips, sa collection de DVD Sex & the City dans une explosion au gaz pour avoir l’honneur d’un câlin du voisin de gauche et de la voisine de droite (s’ils ont survécu au souffle).

Votre question est : ai-je été câlinée ? La réponse est non. J’ai bien fantasmé sur un éventuel coup de foudre en acceptant un câlin de beau brun ténébreux qui, lors du contact charnel, nous surprendrait tous deux pour nous maintenir scotchés un petit temps, tant physiquement que par nos yeux (aaaargh, fantasme, quand tu nous tiens), mais rien de rien, pas de beau brun ténébreux, pas de coup de foudre, pas de câlin.

Pour me réconforter, mon amie (oui c’est ton initiative, ne le nie pas, ne joue pas ta prude, admets les choses comme elles sont) me traîne chez un glacier (spéculoos + petit beurre, délicieusement régressif) puis dans un sex shop soi-disant pour femmes… Mais le marchand de sable est furieux, il a effectué son job il y a plusieurs heures et j’ai toujours les yeux ouverts, ça va barder, je me vois contrainte de regagner mon lit king size à moi toute seule en moins de temps qu’il ne faut pour le dire… Suite… Demain… Pour « Anaïs pour la première fois dans un sex shop ».

Kiss à Cyberbv, là dans mes liens de filles, pour ce dessin qu'elle m'a autorisée à utilisercalins

5
avr

Fiesta d’enfer

J'ai été invitée à une fête. Enfin c'était censé être une fête. Mais ça se déroulait dans une église, ce qui aurait dû me mettre la puce à l'oreille.

Le son et lumière annoncé s'est mué en ersatz de messe, entrecoupé de saynètes plus soporifiques qu'une messe de minuit après la bûche et la dinde.

A côté de moi deux hommes encore relativement jeunes, BCBG en apparence. Pas mal de leur personne, comme on dit. A entendre leur discours, cependant, ils sont plutôt du genre prout ma chère :"Oh, as-tu vu que l'on peut avoir une Saaaaaaaaaaaaab black ou white pour 25.000 eur full optionssssss (My Dear)". Peuvent pas parler comme tout le monde : noir c'est noir (il n'y a plus d'espoir – Johnny), blanc c'est blanc (merci Dash), isn't it ?

Le spectacle traîne en longueur, l'ennui m'endort petit à petit. Je saisis mon carnet de notes toutes les cinq minutes pour y inscrire les idées qui surgissent en moi au milieu d'un moment clé du pestacle : une poésie de quinze pages en Espagnol (bon, les sous-titres sont publiés en arrière-fond, du moins pour les non myopes, dont je ne fais hélas pas partie).

Je m'ennuie.

J'ai mal aux fesses.

Ça me rappelle vaguement la messe du dimanche où Tatie Danielle me traînait, dont le seul bon souvenir reste le Tic-Tac qu'elle daignait m'offrir à l'eucharistie, vu que j'avais pas encore droit à la sainte hostie (j’y ai d’ailleurs toujours pas droit, païenne que je suis).

Une soliste rejoint la scène. Sa voix est superbe (soprano, paraît), mais je me serais contentée de cinq bonnes minutes. Elle ouvre si grand la bouche que je vois ses plombages et ses amygdales gonflées d'émotion. Pas moyen de me concentrer sur la chanson, mon esprit part en vrille. J'ai envie de rire. Je ris de ma situation, coincée là, à la limite de l'endormissement, avec pour seul palliatif mon carnet magique et salvateur. Le rai de lumière sur le chef d'orchestre excité ressemble à une tache de sueur. Je ris. Mon voisin semble ne pas apprécier mes mouvements perpétuels et mes rires sous cape.

Ah, je crois reconnaître un morceau : on dirait Pierre et le Loup. J'aime. Quelle culture hein ! Je jette un œil au programme. Point de Pierre et le Loup. Il s'agit d'une œuvre au titre russo-chinois dont je n'ai jamais entendu parler, pourtant ça ressemblait à Pierre et le Loup. Inculte je suis, inculte je resterai. C'est mon destin.

Ça m’apprendra à croire qu’un pestacle au sein d’une église, organisé par des bigots, puisse être rigolo.

Le cocktail bu ensuite l’était, rigolo. La soirée est sauve.

1
avr

Nouveau blog

J’ai décidé, encore, de créer un nouveau blog. Tant qu’à faire hein, jamais deux sans trois, jamais trois sans quatre.

Là oùsque vous allez tomber de vos chaises (mais je vous interdis de vous moquer, est-ce limpide comme de l’eau de roche ?), c’est que c’est un blog dédié à la cuisine.

Vous dire comment l’idée m’est venue, difficile, incroyable, incompréhensible… A force de manger mes lasagnes Farniente, de me cuire des haricots vapeurs insipides avec du poulet caoutchouteux, j’ai réalisé combien, nous, vous, moi, bref les célibataires, nous étions mal servis en matière de bouffe. J’ai dès lors décidé de créer un blog culinaire. Ben oui après tout, Anaïs n’est pas fortiche en cuisine mais elle a des idées et ça va vous plaire, tout comme Anaïs n’est pas diplomée de littérature, mais elle a des idées et ça vous plait. Dans le grand monde des blogs, les idées sont primordialement primordiales, non ?

J’espère que vous serez nombreux à venir découvrir LA CUISINE D’ANAISet à tester mes recettes.

18
mar

Test et moi, quel émoi

J’ai donc fait le … « Grand Test Nationale » (sic… faut oser, faire une faute à la première phase du test sur internet, c’est digne de RTL ça…). Sur le net, puis à la TV puisque sur le net, pas moyen d’avoir mon résultat. Vraiment, RTL se dépasse sur ce coup là !!!

Verdiiiiiiict : 128. (au second tour, me souvenant des questions, je suis montée à 135 mais j’imagine que ça ne vaut rien…) Mais mon co-testeur a fait mieux… Je suis battue à plate couture. Tchu. C’était rigolo, speedant et un peu ludique. Et interactif. Merci co-testeur.

15
mar

A new woman is born

Je vais bien, je vais mieux. Oui. Vous avez bien lu. Non. Vous ne rêvez pas. Anaïs a bel et bien écrit « je vais mieux ». Après des mois de toux, de crachats, de lamentations ici et ailleurs. Je plains du fond du cœur mes pauvres collègues et amis qui subissent mes états d’âme de malade quasiment 24h/24 depuis décembre. Les collègues n’ont pas vraiment le choix. A part faire circuler une pétition demandant mon licenciement ou leur mutation, elles n’ont pas d’alternative à ma présence. Quant à mes amis, et bien… Ils ont disparu. Effrayés par mon état, saoulés par mes angoisses. Un peu des deux sans doute. Tels des «Fends la Bise», les voilà évaporés dans la nature, mes « amis ». Je ne peux leur en tenir rigueur. Ils reviendront peut-être, un jour…

Donc, j’ai pris, avec Docteur Mamour, les choses en mains (au sens figuré, n’allez rien vous imaginer de croustillant entre lui et moi, hélas trois fois hélas).

D’abord je fais dodo de traviole. Meuh non je ne recourbe pas mon pauvre corps meurtri, j’ai simplement relevé la tête de mon lit et me voilà en train de m’accrocher désespérément à mon oreiller pour éviter de glisser dans mon sommeil. Faudra sans doute prévoir des poulies. « Simplement » n’est peut-être pas le terme adéquat pour une bricoleuse du dimanche telle que moi, mais j’y suis parvenue, toute seule, avec mes deux mains gauches, à relever ce lit. Et ça ne s’est pas effondré au premier ronflement, non. Homdemavie devra donc s’y faire et dormir lui aussi le corps en biais. On s’y fait vite. Et ça sera bon pour sa santé.

Ensuite, j’ai appris à avaler. Je suis maintenant la pro de « l’avalage » de médicaments. Bientôt un nouveau record du monde en perspective. Le matin j’avale ma pilule bleue (rien à voir avec la pilule losange bleue destinée aux messieurs en panne), suivie de ma gélule jaune bien grosse, ensuite la toute petite blanche, le puff, le spray et c’est parti pour une journée de folie. Le soir rebelote, mais on change de couleur : les deux petites choses blanches et le petit truc rose, deux puffs, un spray et good night. Pour quoi tous ces petits bonbons colorés ? Euh, vous voulez vraiment savoir ? C’est assez soporifique (ici aussi au sens figuré). Ça soigne les poumons, les bronches, l’estomac, la trachée, l’œsophage, la gorge, la langue (ma future célèbre langue), le nez ça c’est le pied, le larynx et le pharynx (deux pour le prix d’un), les amygdales tant qu’à faire, le foie pourquoi pas, les intestins je veux bien. Vous lisez bien, ces tout petits bonbons miracle sont censés remettre en état ma vieille carcasse meurtrie par les ans et les épreuves, on appelle ça le multiple effet kiss cool non ?

Par ailleurs, ma bonne dame, les bonnes résolutions sont prises : grand nettoyage de printemps pour dilapider trois ans de poussière, détruire quinze tonnes de moutons sous mes meubles, exterminer les pollens qui entrent et sortent comme dans un moulin et pulvériser microbes et autres bactéries tenaces.

Enfin, last but not least, je change d’alimentation. Adieu les gauf’, Léo, pralines. Exit les spaghettis à toutes les sauces. Envolées les boissons pétillantes pleines de bulles à l’effet dévastateur. Expulsées les pizzas et les quiches.

Mes courses d’hier : deux portions de légumes vapeur deux, une portion de poisson une, un bon steak bien frais un, un ravier de champignons un, des knorr vie en veux-tu en voilà (pour les fruits frais on attendra la belle saison), quatre yaourts framboise light quatre, et des kinder rhinocéros (qui pour moi ressemblent à des ours). C’est le couac final mais c’est la faute à Lolo, zavez qu’à aller sur son blog râler si vous le jugez nécessaire. Et puis faut bien une douceur une ! Avouez que ça change de mon ancien panier plein de sauces en tous genre, de pâtes, de coca light et autres crasses, hein ?

Keskon dit à Anaïs ? Bravo Anaïs. Un ban pour Anaïs ? Pour Anaïs hip hip hip…

Je vous quitte, j’ai à faire : ménage, rangement, purification, cuisine, et une marche pour tonifier tout ça.

Pourvu que ça dure…