17
mai

Michèle Mercier

L’autre jour, au Télévie, une donatrice me donne ses coordonnées, « Michèle Mercier ». J’espère qu’elle ne se reconnaître pas, dans le cas contraire je lui présente mes excuses pour cette rupture de l’anonymat nécessaire à ce billet. Je lui dis, dans un élan de culture, « aah, comme l’humoriste ». Silence. Long. Blanc aussi blanc qu’un Tshirt lavé avec Dash ultra white. Heureusement elle le prend bien et me rétorque « non, comme l’actrice, Angélique… » Aaaah. Oooooh. Honte. Shame. Silence. Long.

L’humoriste c’est Michèle Bernier, banane déneuronée que je suis. Heureusement que j’ai pu me cacher derrière le cornet du téléphone, rougir à ma guise devant cette erreur de culture. Y’a rien de pire que de vouloir faire un trait d’humour et de se vautrer comme une libellule ou un marigouin sur un étang gelé (fait rare, les libellules et les marigouins ne vivant pas en hiver… du moins le crois-je).

Voilà. Le drame de ma vie est ainsi révélé au grand jour. Drame qui me handicape au quotidien. Aucune mémoire des noms.

Exemple. Je veux vous faire découvrir le nom d’une actrice. Bien sûr je l’ai oublié, ce précieux nom. Mais vous allez trouver, c’est facile comme tout, elle est hyper connue et a joué dans des tas de films. Elle a d’ailleurs été mariée à un acteur lui aussi hyper connu, mais comment ski s’appelle voyons ! Pas moyen de m’en souvenir. Enfin sont divorcés de toute façon, et d’ailleurs il est remarié à une autre actrice brune super belle, viennent d’avoir un môme aussi. Comment skelle s’appelle déjà celle-là… ? Il a joué dans un film, là, avec une autre actrice blonde qu’il embrassait à la fin… Et patati et patata. Zavez trouvé ???? Non bien sûr. Je suis nulle. De toute façon, en général, mes interlocuteurs abandonnent la lutte dès mes premières syllabes, sachant ce qui les attend, les pauvres. Ils ne m’écoutent plus me vautrer dans mes explications insensées.

Récemment, j’ai craqué pour un client. Qu’il était beau. Qu’il sentait bon le sable chaud. Et il me fixait en me parlant. Pas parce que je lui plaisais, voyons, pour tenter de comprendre les borborygmes que je prononçais pour lui expliquer les tenants et aboutissants de notre affaire commune (not a love affair, regrets regrets…), troublée que j’étais par ses yeux bleus lavande délavée. Ensuite j’ai tenté d’expliquer à toutes mes collègues qu’il ressemblait à un chanteur français super beau, look pas rasé, brun ténébreux. Pas moyen de revenir sur son nom. Pas moyen non plus de trouver un titre d’une de ses chansons ni de fredonner une mélodie (j’évite de fredonner quoi que ce soit en public, ça fait effet « alerte à la bombe », tout le monde s’enfuit aussi vite qu’un canard face à un chien de chasse). Croyez-le ou non, à ce jour, je n’ai toujours pas retrouvé le nom du chanteur. Enfer et damnation. Quarante noms m’ont été proposé, mais pas le bon. Comment trouver, même avec cet outil précieux qu’est le net, le nom d’un chanteur dont on ne connaît ni un titre, ni une mélodie, rien de rien, juste un vague souvenir…

Aucune mémoire des noms. Et pas physionomiste pour un cent. Ce qui n’arrange rien.

Docteur, pouvez me greffer un cerveau valable ?

16
mai

Vocabulaire

Je me rends compte d’une chose grave, insoutenable, intolérable, depuis les bientôt sept mois que je délire ici-bas : je manque de vocabulaire. La langue française est tellement riche que je serais curieuse de connaître le pourcentage de mots que je maîtrise. Nin bramin, je vous le dis !

Par exemple, pour heureuse, mot que j’utilise tant pour décrire ma vie trépidante, je pourrais utiliser, en fonction des circonstances, les synonymes aise, badine, béate, bien aise, bienheureux, chançarde, charmée, comblée, contente, enchantée, euphorique, favorisée, fière, gaie, joyeuse, nantie, optimiste, paradisiaque, privilégiée, propice, prospère, élue par la providence, radieuse, ravie, rayonnante, réjouie, repue, riche, rieuse, sans souci, satisfaite, sereine, tranquille, transportée, triomphante, veinarde.

Pour triste, mot que j’utilise à chaque coin de billet, je pourrais faire usage des termes variés suivants : abattue, affligée, affectée, amère, anéantie, angoissée, attristée, bilieuse, bouleversée, cafardeuse, touchée par la calamité, catastrophée, chagrinée, consternée, déchirée, découragée, défaite, dépitée, déprimée, désabusée, désenchantée, désespérée, désolée, émue, ennuyée, éplorée, épouvantée, fâchée, froissée, grognon, inconsolable, infortunée, inquiète, lamentable, lugubre, malchanceuse, malheureuse, maussade, mélancolique, minable, maudite, mauvaise, mécontente, misérable, morose, neurasthénique, nostalgique, navrée, peinée, pitoyable, pleurarde, piteuse, rembrunie, romantique, sinistre, sombre, soucieuse, sourcilleuse, taciturne, tendue, ténébreuse, terne, torturée, tragique.

Rien qu’avec ça, j’ai de quoi voir venir durant plusieurs mois…

Forte de ce constat amer, peinant et déprimant, j’ai pris une grave décision. Ici encore, j’emploie le mauvais mot, « grave » n’est pas le terme en adéquation avec ma pensée profonde (ouch c’est beau cette tournure non ? ça m’a juste pris quatre minutes pour la pondre, chuis fière). Ma décision : ouvrir chaque jour mon dico au hasard de ses 1233 pages et découvrir un mot. Ensuite l’insérer incognito dans un billet, histoire de vous culturer un peu, vous zossi.

Rassurez-vous, ça ne sera pas l’occasion de vous bassiner avec des billets historiques ou culturelleux, que nenni. Juste l’opportunité de varier mon vocabulaire, parce que je le vaux bien.

Vous ne vous en rendrez même pas compte, ça passera totalement inaperçu, je vous le promets, juré craché par terre comme font les djeuns modernes. Mais petit à petit, mon vocabulaire s’enrichira en même temps que le vôtre, c’est ty pas une super méga bonne nouvelle de la mort qui tue ça ?

Sur ce, je m’en vais prendre une petite douche chlorhydrique et rejoindre mon bureau chéri.

14
mai

Un truc à trois

Hier soir j’ai testé un truc à trois.

C’était génial. J’avais jamais fait ça avant, faut dire. De l’inédit. J’ai envie de tester de nouvelles choses en ce moment.

On a d’abord parlé. De tout et de rien. Puis on a bifurqué sur du graveleux : nos vestibules. Ou plutôt, les visites de nos vestibules. Je parle pas de la pièce d’une maison, mais de la jonction entre la gencive et la joue, tout le monde connaît ça voyons. Sinon demandez à votre dentiste de vous palper le vestibule, s’il est jeune et célibataire, il ne demandera pas son reste.

Bref on a échangé nos expériences de léchage de vestibules.

Et puis arriva ce qui devait arriver. On a été se coucher.

Ben oui quoi. Normal. Logique. On va pas se leurrer. C’est la vie.

Je vous conseille vraiment ça, c’est vraiment super les trucs à trois sur MSN.

Merci Bibichette, merci Boulu, pour cette conversation pleine de rires.

7
mai

Mon réseau qu’à moi rien qu’à moi

Je vous écris de mon tout nouveau PC tout beau tout chaud tout noir tout propre tout portable.

Non allez, j’avoue, il est gentiment sur ma table, mais je suis revenue illico à mes bonnes vieilles habitudes habituelles… Passque ma main droite est dans un état lamentable : elle cherche en vain une souris à tripoter. En vain ! Mais le réflexe est là. Chaque fois que je veux cliquer quelque part, mes doigts s’agitent tout seuls, cherchent la fameuse souris, ne trouvent rien, s’agitent encore plus. L’information monte lentement au cerveau : souris-pas-là, trouver-solution. Je le jure j’y arriverai. Surfer sans ma souris, c’est comme vivre sans mon rat, ça manque cruellement de rongeur.

Donc voilà j’ai franchi le cap. Avec la fortune que je me fais en ce moment en écrivant mes articles sur les ressources humaines sur express.be (en passant, une petite pub, une – je n’ai pas de commission au clic, ceci dit), j’ai décidé d’investir dans un portable, histoire de pouvoir vous narrer ma vie estivale, confortablement installée sur ma terrasse, au soleil, sirotant un cocktail, surfant sur le net. Le nirvana. Ça devenait indispensable : quand j’étais sur la terrasse, je pensais à ce que j’allais écrire, quand j’étais au pc, je pensais à la bêtise que je faisais d’être enfermée par si beau temps. Un dilemme permanent, oh monde cruel qui me torture sans cesse. Adieu torture, bonjour soleil + PC, pourquoi s’en priver. Faut bien faire fonctionner l’économie, faire circuler les liquidités.

Etrangement, depuis aujourd’hui, alors qu’on profite d’un printemps limite caniculaire (pour moi la canicule commence à 22 degrés) depuis des jours et des jours et des jours, le soleil fait grève. Je pressens une vague de froid qui va m’obliger à rester confinée chez moi, enroulée en nem, pantoufles sexy aux pieds. Et je pressens que vous êtes écroulés de rire sur votre PC en m’imaginant… Le premier qui me traite de blonde s’en prend une. M’en fous, je regarderai tous les épisodes de Newport Beach sur internet sous ma couette, na.

Vous voulez le voir, le petit nouveau ?

Je rêvais d’un PC glamourissime, kitchissime, remarquablissime. Du genre ousque je pourrais me la péter dans le Thalys pour Paris (sauf que je vais jamais à Paris…), si j’arrive à surmonter la peur du PC-napping.

Un truc dans ce genre…

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Mais bon, j’ai finalement pris tout ce qu’il y a de plus banal : un PC noir. Point barre.

J’envisage de me rattraper sur une housse de transport glamourissime, kitchissime, remarquablissime, style Hello Kitty. Des suggestions ?

25
avr

Conversations de filles…

Puisque la terre tourne en carré en ce moment et nous offre des journées estivales en avril, alors que môman me l’a bien souvent répété « avril ne te découvre pas d’un fil », j’entreprends une longue balade avec Mostèk en bord de Meuse hier soir.

Nos sujets de conversations sont toujours les mêmes, ils ont le mérite de nous passionner et de nous faire partir dans des délires débilo-rigolos :

- sujet 1 : les mecs, ceux qu’on voudrait qui veulent pas de nous, ceux qui nous courent après dont on ne veut rien savoir de plus, « eski va m’appeler ? », « eske je suis juste une bonne copine pour lui ? », « eski sera sur msn ce soir ? », « eske je dois prendre l’initiative et risquer un râteau monumental ? »

- sujet 2 : le bureau, les collègues qu’on supporte plus, le boss chéri qu’on ne chérit plus depuis qu’on n’a rien eu pour notre fête des secrétaires, les clients sur qui on taperait volontiers malgré la chaleur ambiante, « eski va me virer ? », « eske je suis une bonne employée pour lui ? », « keske ces charognes de collègues disent de moi ? », « eske je dois prendre l’initiative d’exiger une augmentation et risquer un râteau monumental ? »

- sujet 3 : nos problèmes intestinaux, prépondérants lors de nos balades tardives post-repas, les boyaux qui chatouillent, les tuyaux qui glougloutent, les ballonnements qui nous travaillent, « eskia des toilettes par ici ? », « eske je peux émettre un gaz sans risquer d’intoxiquer les passants ? », « eske toi aussi t’as des crampes en ce moment ? », « eske t’aurais un Imodium instant ? »

Bien sûr, je suis armée. Non, pas armée d’un Imodium… je suis passée du coq à l’âne entre-temps (ou plutôt des boyaux aux animaux). Je suis armée de mon fidèle appareil photo.

Pour trouver mes canetons préférés. Immortaliser leurs petites bouilles et voir s’ils ont grandi.

Seul le tout jaune est visible. L’autre a disparu. Je me lamente. Je fais des oooooooooooh à ameuter tout le quartier. Mostèk se moque de moi et me dit « ben il est mort tiens ». Froidement. Elle m’annonce ça, tout de go, sans prendre de gants, comme si elle m’annonçait la mort du Pape. Alors qu’elle est censée savoir que la mort du Pape ne me fera rien, tandis que la mort du caneton, va me falloir du temps pour m’en remettre. Je suis triste comme tout.

Mostèk est de plus en plus étrange… Lorsque nous croisons un chien qui promène son maître, elle me dit « t’as jamais eu envie d’arracher un chien à son maître, là comme ça, et de le jeter à la Meuse ? » Lorsque nous croisons une fillette qui traîne ses parents, elle me dit « t’as jamais eu envie de prendre une gamine, là comme ça, et de la jeter à la Meuse ? »

Suis-je tombée dans un mauvais thriller ? Vais-je être assassinée par une jeteuse de corps à la Meuse en série ? Mon poids devrait cependant l'empêcher d’assouvir ses pulsions meurtrières : prendre Anaïs, là comme ça, et la jeter à la Meuse, c’est pas donné à tout le monde.

PS : Mostèk va sans doute réagir à ce billet, ne croyez rien de ce qu’elle vous prétendra…

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