14
mai

Un truc à trois

Hier soir j’ai testé un truc à trois.

C’était génial. J’avais jamais fait ça avant, faut dire. De l’inédit. J’ai envie de tester de nouvelles choses en ce moment.

On a d’abord parlé. De tout et de rien. Puis on a bifurqué sur du graveleux : nos vestibules. Ou plutôt, les visites de nos vestibules. Je parle pas de la pièce d’une maison, mais de la jonction entre la gencive et la joue, tout le monde connaît ça voyons. Sinon demandez à votre dentiste de vous palper le vestibule, s’il est jeune et célibataire, il ne demandera pas son reste.

Bref on a échangé nos expériences de léchage de vestibules.

Et puis arriva ce qui devait arriver. On a été se coucher.

Ben oui quoi. Normal. Logique. On va pas se leurrer. C’est la vie.

Je vous conseille vraiment ça, c’est vraiment super les trucs à trois sur MSN.

Merci Bibichette, merci Boulu, pour cette conversation pleine de rires.

7
mai

Mon réseau qu’à moi rien qu’à moi

Je vous écris de mon tout nouveau PC tout beau tout chaud tout noir tout propre tout portable.

Non allez, j’avoue, il est gentiment sur ma table, mais je suis revenue illico à mes bonnes vieilles habitudes habituelles… Passque ma main droite est dans un état lamentable : elle cherche en vain une souris à tripoter. En vain ! Mais le réflexe est là. Chaque fois que je veux cliquer quelque part, mes doigts s’agitent tout seuls, cherchent la fameuse souris, ne trouvent rien, s’agitent encore plus. L’information monte lentement au cerveau : souris-pas-là, trouver-solution. Je le jure j’y arriverai. Surfer sans ma souris, c’est comme vivre sans mon rat, ça manque cruellement de rongeur.

Donc voilà j’ai franchi le cap. Avec la fortune que je me fais en ce moment en écrivant mes articles sur les ressources humaines sur express.be (en passant, une petite pub, une – je n’ai pas de commission au clic, ceci dit), j’ai décidé d’investir dans un portable, histoire de pouvoir vous narrer ma vie estivale, confortablement installée sur ma terrasse, au soleil, sirotant un cocktail, surfant sur le net. Le nirvana. Ça devenait indispensable : quand j’étais sur la terrasse, je pensais à ce que j’allais écrire, quand j’étais au pc, je pensais à la bêtise que je faisais d’être enfermée par si beau temps. Un dilemme permanent, oh monde cruel qui me torture sans cesse. Adieu torture, bonjour soleil + PC, pourquoi s’en priver. Faut bien faire fonctionner l’économie, faire circuler les liquidités.

Etrangement, depuis aujourd’hui, alors qu’on profite d’un printemps limite caniculaire (pour moi la canicule commence à 22 degrés) depuis des jours et des jours et des jours, le soleil fait grève. Je pressens une vague de froid qui va m’obliger à rester confinée chez moi, enroulée en nem, pantoufles sexy aux pieds. Et je pressens que vous êtes écroulés de rire sur votre PC en m’imaginant… Le premier qui me traite de blonde s’en prend une. M’en fous, je regarderai tous les épisodes de Newport Beach sur internet sous ma couette, na.

Vous voulez le voir, le petit nouveau ?

Je rêvais d’un PC glamourissime, kitchissime, remarquablissime. Du genre ousque je pourrais me la péter dans le Thalys pour Paris (sauf que je vais jamais à Paris…), si j’arrive à surmonter la peur du PC-napping.

Un truc dans ce genre…

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Mais bon, j’ai finalement pris tout ce qu’il y a de plus banal : un PC noir. Point barre.

J’envisage de me rattraper sur une housse de transport glamourissime, kitchissime, remarquablissime, style Hello Kitty. Des suggestions ?

25
avr

Conversations de filles…

Puisque la terre tourne en carré en ce moment et nous offre des journées estivales en avril, alors que môman me l’a bien souvent répété « avril ne te découvre pas d’un fil », j’entreprends une longue balade avec Mostèk en bord de Meuse hier soir.

Nos sujets de conversations sont toujours les mêmes, ils ont le mérite de nous passionner et de nous faire partir dans des délires débilo-rigolos :

- sujet 1 : les mecs, ceux qu’on voudrait qui veulent pas de nous, ceux qui nous courent après dont on ne veut rien savoir de plus, « eski va m’appeler ? », « eske je suis juste une bonne copine pour lui ? », « eski sera sur msn ce soir ? », « eske je dois prendre l’initiative et risquer un râteau monumental ? »

- sujet 2 : le bureau, les collègues qu’on supporte plus, le boss chéri qu’on ne chérit plus depuis qu’on n’a rien eu pour notre fête des secrétaires, les clients sur qui on taperait volontiers malgré la chaleur ambiante, « eski va me virer ? », « eske je suis une bonne employée pour lui ? », « keske ces charognes de collègues disent de moi ? », « eske je dois prendre l’initiative d’exiger une augmentation et risquer un râteau monumental ? »

- sujet 3 : nos problèmes intestinaux, prépondérants lors de nos balades tardives post-repas, les boyaux qui chatouillent, les tuyaux qui glougloutent, les ballonnements qui nous travaillent, « eskia des toilettes par ici ? », « eske je peux émettre un gaz sans risquer d’intoxiquer les passants ? », « eske toi aussi t’as des crampes en ce moment ? », « eske t’aurais un Imodium instant ? »

Bien sûr, je suis armée. Non, pas armée d’un Imodium… je suis passée du coq à l’âne entre-temps (ou plutôt des boyaux aux animaux). Je suis armée de mon fidèle appareil photo.

Pour trouver mes canetons préférés. Immortaliser leurs petites bouilles et voir s’ils ont grandi.

Seul le tout jaune est visible. L’autre a disparu. Je me lamente. Je fais des oooooooooooh à ameuter tout le quartier. Mostèk se moque de moi et me dit « ben il est mort tiens ». Froidement. Elle m’annonce ça, tout de go, sans prendre de gants, comme si elle m’annonçait la mort du Pape. Alors qu’elle est censée savoir que la mort du Pape ne me fera rien, tandis que la mort du caneton, va me falloir du temps pour m’en remettre. Je suis triste comme tout.

Mostèk est de plus en plus étrange… Lorsque nous croisons un chien qui promène son maître, elle me dit « t’as jamais eu envie d’arracher un chien à son maître, là comme ça, et de le jeter à la Meuse ? » Lorsque nous croisons une fillette qui traîne ses parents, elle me dit « t’as jamais eu envie de prendre une gamine, là comme ça, et de la jeter à la Meuse ? »

Suis-je tombée dans un mauvais thriller ? Vais-je être assassinée par une jeteuse de corps à la Meuse en série ? Mon poids devrait cependant l'empêcher d’assouvir ses pulsions meurtrières : prendre Anaïs, là comme ça, et la jeter à la Meuse, c’est pas donné à tout le monde.

PS : Mostèk va sans doute réagir à ce billet, ne croyez rien de ce qu’elle vous prétendra…

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22
avr

Câââââââââââlins

S’endormir comme une masse devant sa TV un samedi soir, c’est réaliser qu’on est tombé, en l’espace de quelques semaines, dans la pantouflerie (pantouflardise ?) totale. Bien bas. Très bas. Il est loin le temps des surprise partys, des danses folles jusqu’à 6 h du mat. Il est loin le temps du cinéma suivi d’un resto. Il est même loin le temps de la verveine devant Navarro. S’endormir à 21h30, c’est le début de la fin.

Se réveiller hagarde (Dunord le Viking) à 0h24, et, avant de ramper jusqu’au lit, se traîner au pc, et réaliser que ses lecteurs sont impatients, haletants, comme des chiens attendant leur nic nac du soir, de lire le résumé de ma journée câlins, c’est à la fois grisant et épuisant.

Je ne peux cependant vous faire languir plus longtemps.

Cet après-midi donc, grande première dans ma grande ville hyper animée : les « free hugs ». Je suis fidèle au poste. J’ai pris une amie pour pouvoir me réfugier derrière elle en cas d’assaut effréné de câlineurs fous. En même temps, ma ville nous offre la journée du folklore, avec défilés, tireurs excités et confettis à gogo (+ commerçants à gogo qui râlent « si c’est pas malheureux de nettoyer pour avoir des confettis ensuite, scrogneugneu »).

Ils sont venus ils sont tous là (la mamma, Aznavour). Les câlineurs anonymes. Comme les namurois sont un peu bébêtes, ils ont pris des panneaux bilingues : free hugs/câlins gratuits. Ils déambulent dans toute la ville. Moi aussi. Je les croise à plusieurs reprises, impossible d’y échapper, pire que les guêpes au mois d’août. Ils hurlent « demandez un câlin gratuiiiiiiiiiiiiit ». Et l’effet produit est similaire à la goutte de Dreft Ultra Plus Mega Actif Une Goutte Suffit qui tombe sur du gras : la foule se dilue aussi vite qu’un escargot namurois est capable de le faire. « Viiiiiite, échappons à cette attaque de câlins ». Le spectacle est rigolo. J’applaudis cette initiative.

Le problème, c’est qu’en Belgique, on n’a pas cette mentalité câlins. A savoir que de l’autre côté de la grande flaque, on se câline, on se prend dans les bras à chaque occasion. Un exemple : dans votre feuilleton culturelleux Desperate Housewives : Bree casse une tasse, ses voisines la prennent à tour de rôle dans leurs bras dans un réflexe consolateur, Linette a reçu du reflux gastrique de bébé sur son chemisier, ses amies la câlinent ardemment pour lui faire oublier ses malheurs. Là-bas, on se prend dans les bras pour tout et n’importe quoi. Alors qu’ici, on se bisouille du coin de la joue, à la rigueur les peaux ne se touchent même plus (« salut - tu – vas – bieeen ? » – Les Inconnus). Il faut avoir perdu toute sa famille, son animal domestique, sa maison, ses slips, sa collection de DVD Sex & the City dans une explosion au gaz pour avoir l’honneur d’un câlin du voisin de gauche et de la voisine de droite (s’ils ont survécu au souffle).

Votre question est : ai-je été câlinée ? La réponse est non. J’ai bien fantasmé sur un éventuel coup de foudre en acceptant un câlin de beau brun ténébreux qui, lors du contact charnel, nous surprendrait tous deux pour nous maintenir scotchés un petit temps, tant physiquement que par nos yeux (aaaargh, fantasme, quand tu nous tiens), mais rien de rien, pas de beau brun ténébreux, pas de coup de foudre, pas de câlin.

Pour me réconforter, mon amie (oui c’est ton initiative, ne le nie pas, ne joue pas ta prude, admets les choses comme elles sont) me traîne chez un glacier (spéculoos + petit beurre, délicieusement régressif) puis dans un sex shop soi-disant pour femmes… Mais le marchand de sable est furieux, il a effectué son job il y a plusieurs heures et j’ai toujours les yeux ouverts, ça va barder, je me vois contrainte de regagner mon lit king size à moi toute seule en moins de temps qu’il ne faut pour le dire… Suite… Demain… Pour « Anaïs pour la première fois dans un sex shop ».

Kiss à Cyberbv, là dans mes liens de filles, pour ce dessin qu'elle m'a autorisée à utilisercalins

5
avr

Fiesta d’enfer

J'ai été invitée à une fête. Enfin c'était censé être une fête. Mais ça se déroulait dans une église, ce qui aurait dû me mettre la puce à l'oreille.

Le son et lumière annoncé s'est mué en ersatz de messe, entrecoupé de saynètes plus soporifiques qu'une messe de minuit après la bûche et la dinde.

A côté de moi deux hommes encore relativement jeunes, BCBG en apparence. Pas mal de leur personne, comme on dit. A entendre leur discours, cependant, ils sont plutôt du genre prout ma chère :"Oh, as-tu vu que l'on peut avoir une Saaaaaaaaaaaaab black ou white pour 25.000 eur full optionssssss (My Dear)". Peuvent pas parler comme tout le monde : noir c'est noir (il n'y a plus d'espoir – Johnny), blanc c'est blanc (merci Dash), isn't it ?

Le spectacle traîne en longueur, l'ennui m'endort petit à petit. Je saisis mon carnet de notes toutes les cinq minutes pour y inscrire les idées qui surgissent en moi au milieu d'un moment clé du pestacle : une poésie de quinze pages en Espagnol (bon, les sous-titres sont publiés en arrière-fond, du moins pour les non myopes, dont je ne fais hélas pas partie).

Je m'ennuie.

J'ai mal aux fesses.

Ça me rappelle vaguement la messe du dimanche où Tatie Danielle me traînait, dont le seul bon souvenir reste le Tic-Tac qu'elle daignait m'offrir à l'eucharistie, vu que j'avais pas encore droit à la sainte hostie (j’y ai d’ailleurs toujours pas droit, païenne que je suis).

Une soliste rejoint la scène. Sa voix est superbe (soprano, paraît), mais je me serais contentée de cinq bonnes minutes. Elle ouvre si grand la bouche que je vois ses plombages et ses amygdales gonflées d'émotion. Pas moyen de me concentrer sur la chanson, mon esprit part en vrille. J'ai envie de rire. Je ris de ma situation, coincée là, à la limite de l'endormissement, avec pour seul palliatif mon carnet magique et salvateur. Le rai de lumière sur le chef d'orchestre excité ressemble à une tache de sueur. Je ris. Mon voisin semble ne pas apprécier mes mouvements perpétuels et mes rires sous cape.

Ah, je crois reconnaître un morceau : on dirait Pierre et le Loup. J'aime. Quelle culture hein ! Je jette un œil au programme. Point de Pierre et le Loup. Il s'agit d'une œuvre au titre russo-chinois dont je n'ai jamais entendu parler, pourtant ça ressemblait à Pierre et le Loup. Inculte je suis, inculte je resterai. C'est mon destin.

Ça m’apprendra à croire qu’un pestacle au sein d’une église, organisé par des bigots, puisse être rigolo.

Le cocktail bu ensuite l’était, rigolo. La soirée est sauve.