6
sep

Le bruit

C’est l’aube, l’heure où blanchit la campagne.

Je suis réveillée par un bruit étrange.  Lointain mais étrange.

Tudududu, tudududu, tudududu… comme un bruit de réveil.  D’ancien réveil électronique.  Bruit qu’on entend encore dans les films américains.

Dérangeant, mais lointain.

Je m’interroge : d’où vient ce bruit qui ne s’arrête jamais ?

Serait-ce un voisin qui ne se réveille pas ?  Sacrebleu, puisse-t-il arrêter cette machine infernale, pitié, je veux encore dormir.  Ou alors il est décédé, le voisin, et il n’a plus la capacité de faire quoi que ce soit.

Serait-ce un oiseau qui serine son chant matinal ?  Possible, mais improbable, un oiseau n’est pas si répétitif, parfois il s’interrompt, pour reprendre de plus belle.  Enfin j’imagine.  Trop répétitif je vous dis.

Répétitif et infernal, j’en peux plus.

Mon réveil à moi sonne enfin et camoufle le bruit.  Quelques minutes, car ma curiosité me fait le couper.

Et le bruit recommence.

Bon, ça suffit, je me lève.

Je m’approche de la fenêtre ouverte, afin d’en savoir plus.  Le bruit me semble plus faible.  Je repars vers la fenêtre fermée, et il s’accentue.  Bizarre autant qu’étrange.  Et ça continue encore et encore : tudududu, tudududu, tudududu…  Je m’éloigne de la fenêtre fermée pour rejoindre celle ouverte, et ça diminue à nouveau.  Bon, ce bruit, il est inside my hose, my god !

Retour vers la source.  Il fait encore tout noir.  Et je n’ai pas mes lunettes, je vois donc comme une taupe diabétique (ben oui, les taupes diabétiques voient plus mal que les autres, c’est scientifiquement prouvé, si, si, promis juré craché gerbé).

En aveugle donc, je m’oriente vers le bruit.  Je me baisse, je tente de m’approcher le plus possible, de faire en sorte que mon oreille de Super Jamie trouve la source.  Et je réalise que le bruit semble venir d’un thermomètre digital posé sur mon appui de fenêtre.  Vous le savez, j’ai la manie des thermomètres, j’en ai… euh, oserais-je vous le dire, au risque de passer pour une folle furieuse ?  ‘tendez, je compte : quatre dans ma cuisine (oui, quatre, cherchez pas à comprendre), un dans le salon, un dans la salle-de-bain, deux dans la chambre, boh ça fait que huit finalement.  Donc le bruit provient du thermomètre de ma chambre, qui me donne températures in and out, pour que je sache comment me vêtir le matin.  Vu qu’il fait noir et que je n’ai pas mes lunettes, je ne vois pas si quelque chose clignote sur le maudit appareil, que je saisis d’une main rageuse, ce qui fait immédiatement cesser le bruit.  Immédiatement.  Bizarre autant qu’étrange, à nouveau.  Le pouvoir de ma main, je le dis souvent au bureau, elle répare les pc plantés, ma main.  Ben maintenant elle fait cesser les bruits matinaux.

Gagné.

Sauf que j’ignore ce que c’était.

J’allume, je chausse mes bésicles et j’observe l’appareil.  Normal.  Donne la température.  Rien de plus.

Faut pas chercher à comprendre.

Sauf que c’est une manie chez moi, tout comme celle des thermomètres : chercher à tout comprendre.

Galère.

Des idées, chers lecteurs ?

9
mai

Soiiiiiiiiiiiiif

A 22 heures, j'avais soif.

A 2 heures, je mourrais de soif.

A 6 heures, j'agonisais de soif.

A 6h35, je buvais buvais buvais buvais buvais.

Morale de l'histoire, bois le soir, petite Anaïs, tant pis si tu pisses six fois la nuit...

9
avr

L’art de n’avoir aucune mémoire

Vous le savez, je cultive cet art avec brio.  Et je me demande régulièrement comment je faisais avant, à l’âge de glace, lorsqu’internet n’existait pas.

J’ai rarement un exemple concret pour illustrer cette situation à part celui de « tu sais hein, cet acteur américain célèbre qui sortait avec cette actrice blonde là, et depuis il est avec une brune qui a joué dans cette série pour ado que j’adorais, où elle sortait avec un blond puis un brun, allez, sa mère était morte, tu vois ? »

Mais hier, j’ai atteint les sommets de la « aucune mémoire attitude ».

Nous étions entre copines et je cherchais le nom d’un acteur américain, oui, toujours.  Impossible de m’en souvenir, bien sûr.

Alors j’ai fait comme d’habitude « allez, il est hyper célèbre, il est mariée à cette chanteuse française qui elle-même est sortie dans son jeune temps avec un chanteur français hyper connu qui maintenant est marié à une princesse et ils vivent dans un pays lointain plein de grandes étendues, pa… pa… quelque chose, que ce pays s’appelle ».

Ben elles ont pas trouvé, franchement c’était hyper simple tout de même hein.

Quel acteur américain est marié à une chanteuse française qui a couché avec un chanteur français marié à une princesse, ben un seul.

Bon, d’accord, je me trompais un tantinet, celui marié à une princesse c’est le grand brun qui aime les yeux révolver, comment il s’appelle déjà ?

Le mien est juste marié à une top biche à laquelle il a dédié récemment une chanson sublime « cette femme c’est la mienne ».

Mais pour le reste j’avais tout bon, suffisait juste qu’elles se concentrent un peu.  Son ex est bien mariée à ce bel acteur américain brun, ils ont même une gamine dénommée Lili Rose, mais ça, ça vient juste de me revenir.

Mais c’était peine perdue, passque quand j’ai dit « ben si hein, Florent Pagny il est marié à une princesse et ils vivent en pa… pa… je sais plus quoi, Papouasie ?  Pagnytisie ? », ben l’une d’elle, dont je ne donnerai pas le nom, pour préserver l’intimité de son neurone, m’a répondu « ah bon, il est marié Pagny ? »

Pas une pour rattraper l’autre…

6
avr

J’ai testé étrange rencontre

Sortie en ville ce vendredi, congé de vendredi saint oblige.  Là oùsque je bosse, on est super catho.  Diantre, j’ai oublié de NE PAS manger de viande, ma voisine m’a rappelé que l’an dernier ce fut idem, chuis décidément une mauvaise catholique.

Sortie en ville donc, shopping, petite bouffe, balade.

Et on commence par la petite bouffe.  Envie de mezze, aussitôt pensé aussitôt fait, mezze.  Bien bon, grandes discussions, chouette moment entre filles, qui se termine, of course, par un passage aux toilettes.

A mon retour, je réalise combien j’ai mal au mollet, enfin pas au mollet, mais à l’avant, comment ksa s’appelle, pas la cheville, plus haut.  Bref, j’ai mal, et je le dis « oh comme j’ai mal, c’est bizarre ».

Et la dame assise à côté de moi, enfin à la table d’à côté mais les tables sont si serrées que c’est comme si qu’elle était à côté, nous interroge « vous avez mal ? si je peux vous aider ».

Enfin je crois entendre ça, dans ma discussion.  Mais oui, c’est bien sa question, elle pense que je me suis fait mal.  Je ne me suis pas fait mal, du moins je n’en ai pas souvenance, la douleur est là, sans que je sache pourquoi ni comment.

Son intention est bel et bien de m’aider, et je crois comprendre qu’elle a une capacité de guérison, par imposition des mains, un peu comme ceusses qui enlèvent le feu des brûlures.  Et j’y crois, même certains hôpitaux font appel à ces personnes ayant ce « don ». 

Alors je lui dis que pour mon devant du mollet (le nom ne me revient toujours pas, sacrebleu, et l’imposition des mains pour neurones fatigués, vous faites aussi ?), pas grave, mais pour ce mal de dent qui me terrasse depuis le 24 janvier dernier, je ne dis pas nom.

Elle me propose alors d’aller dans un coin tranquille, et je la suis, dans un coin pas tranquille, où les serveurs nous regardent comme si nous étions vertes à pois bleus, tandis qu’elle met sa main en position près de mon visage, plusieurs fois.  Je vous passe les détails, c’est confidentiel, non mais.

Retour à ma table, ensuite, étonnée de cette rencontre, surprise aussi, positivement surprise, et pleine d’espoir qu’enfin ce mal de dents (mal d’amour) s’en aille à tout jamais.  Je veux y croire, à ce pouvoir.

Paraît que je dois attendre, que je vais sans doute avoir un peu plus mal, le temps que ça « sorte ». 

J’ai mal depuis, limite plus mal, chais pas si c’est psychosomatique. 

D’ici demain, je croise doigts, orteils, oreilles et tout ce que je peux croiser, j’invoque tous les dieux des sciences dentaires et le pouvoir magique de cette étrange mais agréable rencontre, pour qu’enfin cela cesse.

Je vous tiens au courant des résultats…

5
avr

Cette manie de m'écrire à moi-même

Nan, je ne souffre pas d'un dédoublement de personnalité, je sais que je suis unique, fort heureusement, quelle horreur, deux fois moi, ce serait insupportable.

Mais comme mon neurone, lui, souffre de troubles de la mémoire, j'ai cette manie de m'envoyer des mails.

Programmer un enregistrement ce soir ?  Je m'envoie un mail

Aller chercher le 7dimanche dimanche ? Un mail

Faire la vaisselle dès que je rentre ?  Un mail

Prendre ma pilule, pas la contraceptive, celle contre le cholestérol, on ne rajeunit pas ma bonne dame... Un mail

Et ainsi de suite.

Sauf que, à l'instar de cette amie qui m'invitait par mail au cinéma lundi en envoyant sa missive électronique à une autre Anaïs, j'ai une autre destinataire, à qui j'envoie souvent des mails, dont le prénom commence comme moi, pour préserver son anonymat on va l'appeler, chais pas moi, Annabelle, ou Annie, ou Anne, ou Annette, ou Anubis ou Anus.  Anus, voilà, c'est bien.

C'est ainsi qu'Anus a reçu, y'a quelques semaines, la recette de ma soupe à la courgette, que j'avais tapée dans un mail sous la dictée de Mostek, fameuse soupe faite avec amour pour un homme, un vrai, en chair et en os, en bisous et en câlins, entre-temps devenu un ex, et non, c'était pas because ma soupe.

C'est ainsi qu'Anus a également reçu, y'a quelques heures, mon manuscrit "Le savoir écrire pour les filles", que je m'adresse à moi-même de mon pc à mon portable, pour le retravailler car, vu qu'il est épuisé, je vais le rééditer avec une chouette couverture made by une illustratrice belche, rien que ça, une fois.  Drame dramatiquement dramatique, voilà que mon manuscrit se balade dans la nature maintenant.  Je l'ai enjointe de le détruire immédiatement sous peine de représailles abominables pour les siècles des siècles, amen.

Bon, ça pourrait être pire niveau envoi de mails à Anus, je sais pas moi.

J'aurais pu lui envoyer un manuscrit inédit de bibi, genre mon roman qui va se vendre autant que les ventes de Marc et Guillaume réunis, qu'elle enverrait à son nom à un éditeur célèbre et paf, elle deviendrait célèbre aussi, à ma place.  D'ici peu, vous découvririez le best seller d'Anus Valente.

J'aurais pu lui envoyer le relevé de ma carte visa, enfin mastercard, mais peu importe le nom de cette carte, ce relevé de six pages eet demi aurait fait pleurer Anus.

J'aurais pu lui envoyer une sex tape de moi-même, qu'elle aurait vendue à la presse people pour au moins dix euros, c'est ce que je dois valoir.

Je l'ai échappé belle, tout compte fait.

Et promis, Anus, je serai vigilante, à l'avenir.