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aoû

Votre série de l’été – Anaïs à Paris – épisode 3 - Dans les bals populaires (Michel Sardou) – 14 juillet 2007

Je voulais un bal populaire avec un chtit feu d’artifice, le tout typiquement français. Pas un grand bal parisien plein de musique techno à vous exploser un tympan, pas de feu d’artifice grandiose nécessitant d’être présente sept heures avant la première fusée, pas de foule hystérique acclamant le défilé militaire. Moi, emportée par la foule, compressée comme une sardine obèse, trop petite pour voir quoi que ce soit à part le crâne chauve du géant qui siège devant moi ? Non merci.

Je voulais un bal populaire avec un chtit feu d’artifice, le tout typiquement français. Punt aan de lijn.

Et je l’ai eu. Dans la campagne. A Moufleville, euh non, Gantville, ah non voilà : à Mitainville. Un chouette petit feu d’artifice au milieu des senteurs de lavande (et accessoirement de cigarette, rien n’est parfait), tout ça si près de la capitale. Et puis, un petit bal populaire comme je l’imaginais. Manquaient juste les lampions. Il a commencé comme un bal musette, avec tango, twist et autres valses, pour bifurquer tout de go vers Cloclo, Montagné et même Christophe Willems. Moderne, hein !

L’occasion pour moi de me gaver d’instants choisis :

Un grand moustachu ventru qui, au son de « let’s twist again », se prend pour le nouvel Elvis. Et que je me trémousse, et que je me déhanche. Regardez moi, regardez moi, I’m the most beautifull, the biggest, the best.

Une gamine adorable qui nous fait une choré d’Alexandrie Alexandra tout bonnement extraordinaire. Elle se mire en permanence dans une vitrine. Elle le vaut bien. Insouciance de son jeune âge. Elle est heureuse, et ça se voit.

Une ado déguisée en gros poussin, qui bombe le torse pour mieux faire ressortir ses airbags, qui cambre les hanches pour que sa mini jupe fleurie marque bien la courbe de son postérieur. Elle se pense jolie, c’est le principal. Elle a confiance en ses atouts… volumineux.

Un couple qui a, sans doute, pour la première fois, l’occasion de montrer le résultat des cours de danse tout récents. Ils sont harmonieux, ils sont beaux, ils sont épanouis. Ils s’aiment.

Et moi, moi qui bas la mesure, moi qui me dandine, moi qui apprécie ce concentré de France populaire dans tout ce qu’elle a de sympa, rigolo, vulgaire et tellement typique.

Une fête nationale comme on n’en a pas en Gelbique, c’est clair… Enfin, il me reste trois jours pour en avoir confirmation…

Add. du 3/8 : finalement je l’ai eu, mon bal populaire à la Française en Gelbique, avec lampions, danses rigolotes et foule en délire, je vous en ai parlé dans un précédent billet. Youpi. Vive la vie. Vive la Gelgique. Vive les fêt’nat.Paris_je_t_aimePT

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aoû

Walking garden party

Ce samedi, j’ai ma big méga réception de la mort qui tue pleine de bruns ténébreux.

Dès l’aube, je me prépare, ne lésinant aucun détail. Plus aucun poil sur le corps, excepté sur le caillou, peeling, gommage, hydratation intense, peinturlurage des ongles, un soupçon d’autobronzant sur les parties visibles, brushing (enfin, si on peut dire, vu que brusher une telle tignasse est un challenge quotidien), repassage de la petite robe noire de la mort qui tue et cirage de pompes (ça me fait une bonne préparation, vu le nombre de gens influents que je vais croiser).

A midi, je suis enfin prête. Mon corps est satiné et brillant comme de la soie, ma chevelure ondule comme celle de Pamela Anderson lorsqu’elle court sur la plage à la recherche de noyés à réanimer par un intense bouche-à-bouche, mes ongles sont french-manucurés. Restera juste à entrer dans ma robe et mes chaussures.

Je mange léger, histoire de ne pas ballonner, vous le savez, mon adage est « qui ballonne à midi pète à minuit ».

Petite sieste pour éviter les valises sous les globes.

16h. Il est temps de procéder à une ultime vérification. Tout semble parfait.

J’enfile ma petite robe, lorsque j’entends un bruit régulier mais dense. Je scrute, j’écoute, j’épie. C’est la pluie. Que dis-je, c’est la drache nationale qui fait s’écrouler tous mes projets. Comment me présenter avec une petite robe noire estivale à une garden party (je me la pète grave), qui, comme son nom l’indique, est en plein air (garden = jardin, pffff faut vraiment tout vous explainer).

Drame. Horreur et damnation. Que faire pour éviter le ridicule ? Me rabattre sur les cinquante autres achats faits en prévision de cette soirée. Cinquante achats faits en avril, sous un soleil de plomb. Que des vêtements pour canicule-consécutive-à-réchauffement-planétaire.

En désespoir de cause, je me rabats sur un vieille robe très classe et plus chaude (seul vêtement classe de ma garde-robe, acheté en 1998, porté trois fois).

Je la repasse en vitesse – vingt-six minutes cinquante-deux secondes. J’avais oublié pourquoi je ne la portais jamais. Maintenant je me souviens. A-t-on idée de concevoir des fringues dans une telle matière qui chiffonne au moindre remous du bide, qui devrait se repasser à haute température mais ne supporte que le fer quasi à froid.

Je l’enfile. Première constatation : j’ai grossi. Ou alors le tissu a rétréci au lavage ? On va dire ça. Quoi qu’il en soit, je suis serrée comme un touriste belge sur une plage à Salou en juillet. Faudra juste rentrer le ventre toute la soirée, ma petite Anaïs. Et surtout, surtout, ne jamais m’asseoir. Ça tombe bien, c’est un walking dinner (je me la pète encore grave).

Enfin prête.

Je m’assieds une minute, histoire de mettre huit sparadraps (mes gros orteils me laissent tranquille, merci) et d’enfiler mes chaussures.

Je me relève, entièrement chiffonnée. Tant pis.

Je pars. Je tente de slalomer entre les gouttes de pluie, parce que chaque goutte qui tombe sur cette satanée robe forme une grosse tache foncée qui laissera une auréole au séchage. Je comprends encore mieux pourquoi je n’ai jamais porté cette robe merdique.

En rue, des dizaines de grosses flaques monstrueuses. Je sens que, comme dans un film comique, un 4x4 va surgir et foncer sur moi, m’aspergeant de dizaines de litres d’eau de pluie. Pitié, tout mais pas ça.

Je me scrute dans chaque vitre de voiture que je croise. N’est-ce pas que les vitres de voitures tassent la silhouette. Hein. Hein ? Rassurez-moi, je ne suis pas comme cette grosse chose que je vois là, dans la vitre de cette Mercedes ? Je teste une Audi, une Smart, une Clio. Toujours pareil. Je vous dis que les vitres grossissent, elles sont bombées. Rentre le ventre, ça ira mieux.

J’arrive. C’est magnifique. J’ai très froid, bien fait de ne pas mettre ma petite robe noire estivale, je la garderai pour ma prochaine réception, en août 2018.

Une grosse médéme à collier de perles s’extasie sur la décoration auprès de son hôte « c’est maaaaaagnifiiiiiiiiiiiiiiique, splendiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiide, supèèèèèèèèèèèèèèèèrbe, félicitations ! ».

Un ersatz d’Einstein déambule durant des heures, ne parlant à personne, savourant son caviar.

Des dizaines de clones masculins, tous vêtus d’un costume bleu et d’une cravate rayée, dégustent à petites gorgées du champagne de qualité.

Une anorexique végétarienne scrute consciencieusement les quatre légumes vapeur qui ornent son assiette, pour n’en choisir qu’un.

Quelques piliers de comptoir se font remarquer.

Un octogénaire s’empiffre comme s’il sentait la fin toute proche, histoire de faire une provision de foie gras pour là-bas.

Aucun brun ténébreux, rien de rien, que des couples heureux, des sexagénaires obsédés et des jeunes premiers pouvant être mes fils. Mon rêve m’explose en plein visage.

La soirée se poursuit. Je me délecte de steak tartare arrosé de grains de caviar (steak tartare, c’est le mot snob pour dire américain ; caviar, c’est le mot snob pour dire caviar). J’avale de longues rasades de champagne, comme si je devais ne plus jamais en boire. Je goûte à tout, comme un jeune enfant qui découvre le monde et ses saveurs.

Tout est délicieux. Je me prends pour Pretty Woman aux meilleurs moments de son existence. Je suis Cendrillon au bal. Je suis Andréa (du Diable s’habille en Prada) à son premier défilé de mode. Le buffet de desserts arrive : l’apogée des sens. Outre les mousses au chocolat absolument divine, je déguste un jus de fraises à la menthe, servi dans des sortes d’éprouvettes. So chic.

La soirée touche à sa fin. Mes orteils ont doublé de volume. Ma robe ressemble à une loque à reloqueter. Mon maquillage a coulé. Mes cheveux sont frisés par l’humidité.

Je me suis amusée. Je rentre chez moi en citrouille. Je m’endors, des étoiles plein les yeux.

Le dessin est de Miss Trop, que je remercie et dont je salue le talent. Vous pouvez la trouver dans mes liens d'artisssss', à M comme Miss (quééén logique)glamour

28
jui

Votre série de l’été – Anaïs à Paris – épisode 2 - Dans le métro (13/7/07)

Le métro parisien, c’est l’enfer sur terre, ou plutôt l’enfer sous terre. Oh, il est bien organisé, le métro parisien. Clair et net. Mais il y fait suffocant. De quoi me plains-je, me diront-les parisiens, j’ai un sauna-hammam gratos à mon entière disposition, le pied intégral.

Et puis y’a une foule dans le métro. Je pensais que sur le coup de 10 h du mat, les travailleurs travaillaient, les vacanciers dormaient, les touristes visitaient. Que nenni, à chaque arrêt c’est la même rengaine, et vas-y que je pousse comme un dingue pour entrer (piétinant au passage mes pauvres orteils déjà tellement malmenés par la vie), et vas-y que je vocifère pour sortir, et vas-y que j’entasse mon fourbi, et vas-y que j’écarte mes aisselles puantes.

Parce que ça pue, dans le métro parisien. Ça pue la chaleur. Ça pue la foule. Ça pue la transpiration. Ça pue les odeurs de cuisine.

Malgré tout, il est mimi le métro parisien, typique. Avec ses entrées à l’ancienne. Avec ses couloirs bien arrondis et pavés de blanc bien brillant. Le métro serait vide, juste pour moi, j’adorerais.

Dans le couloir qui me menait de Montparnasse gare à Montparnasse métro (d’ailleurs, pourquoi ce nom de Montparnasse-Bienvenüe – à part pour me saluer of course – avec un tréma sur le U ?), un tapis roulant monstrueusement long. A deux vitesses : 3 km/h pour les croisiéristes ou 9 km/h pour les surfers. J’opte pour le 3 km/h. J’entends d’ici vos sarcasmes, mais sachez que j’avais 26 kilos de bagages, non mais.

Dans ce couloir, donc, pour satisfaire les croisiéristes, une rétrospective de A à Z en chiffres du métro. De A à Z en chiffres ? Ben oui. Exemple (inventé, car j’ai rien retiendu) : A comme artistes qui siègent sur place, B comme bébés nés dans une rame de métro, C comme crottes de chiens trouvées dans les couloirs du métro…J’adore. Je pourrais peut-être retrouver le texte sur le site de la TEC, euh non la STIB, oups non, mais comment ça s’appelle ?

En sortant, je découvre un graffiti : « avis de rêve général ». Extra. J’aime. Et je me prends à rêver que je vis à Paris.

Enfin, j’arrive face à une librairie bien française, et je fais un stock de magazines bien français bien bon marché bien petits formats (tousqu’on n’a pas ici en Gelbique).

Mon bagage passe dès lors à 27 kilos.

Qu’importe, je suis arrivée à destination.Paris_je_t_aimePT

25
jui

Votre série de l’été – Anaïs à Paris – épisode 1 – le départ (13/7/07)

Et voilà, c’est parti pour le grand voyage à l’autre bout de la terre, ou presque… Chargée comme un baudet, moi y’en a être. C’est fou tout ce dont on a besoin pour un si court séjour à l’étranger : des tops pour la canicule annoncée, des pulls pour les soirées déjà fraîches (on va vers l’automne ma bonne dame, mais si mais si), des pantalons à profusion (nécessaires lorsqu’on est maladroite comme bibi), une trousse de toilette digne d’un séjour en Amazonie (remèdes contre le mal de tête de dos de dents de bide d’orteils, crème solaire, crème anti-engelures en cas de grand froid inattendu, de quoi calmer mon estomac en cas de crampes, de quoi faire respirer mes pauvres poumons d’octogénaire), quatre paires de chaussures pour tenir le coup, de quoi lire, de quoi écrire (impératif, de quoi écrire), mon lecteur MP3 pleine de nouvelle musique installée pour cette grande occasion, un pyjama sympa, des cadeaux pour mon hôte, et, last but not least, mon portaaaaap’. C’est fou ce que c’est lourd un portaap’, surtout quand on le porte. Tant qu’il était gentiment sur ma table de salle à manger ou sur la terrasse, je l’aimais mon portaaap’, mais aujourd’hui, il pèse trois tonnes. D’autant que j’ai un énorme sac et un sac à main plein à craquer en sus. Dure vie de la globe-trotteuse.Mais ce portaaaap’ lourd, il est fabuleux : il me permet de vous écrire en direct live du Thalys, elle est pas belle la vie ?

Je suis donc dans le train qui fera arrêt à Charleroi Zuuuuuud et à Mons, avant de foncer sur Paris à la vitesse de l’éclair. Je me sens serrée comme une sardine dans une boîte trop étroite. C’est ça la seconde classe, même pas de prise pour que mon portaaaap’ puisse déjeuner, même pas d’espace pour les pieds.

Par contre, j’ai deux places pour moi, aucun brun ténébreux à l’horizon, du genre qui s’assiérait à côté de moi, s’extasierait sur mon PC et ma vitesse de frappe (ben quoi, avec la quantité de prose que je vous livre chaque jour, vous n’imaginiez pas que je tapais à deux doigts tout de même ?), me demanderait, sans indiscrétion, ce qui suscite un tel engouement. Je parlerais de mon blog, il me confierait être un fidèle lecteur, je lèverais lentement les yeux vers son doux visage et il m’embrasserait tendrement.

Finalement, j’ai un compagnon de voyage à Charleroi Zuuuuuuuuud, en la personne d’un français dont la place, réservée juste devant, est prise ; Il s’avérera qu’ils ont joué aux chaises musicales, le destin ayant fait en sorte qu’il soit à côté de moi. Mais pas de coup de foudre, pas d’engouement, pas de tendre baiser.

Un besoin pressant me tenaille la vessie peu après son arrivée. Allez Anaïs, courage, demande gentiment au monsieur pour qu’il te laisse passez. Allez, fonce. Vingt minutes plus tard, j’oserai enfin… timidité timidité !

Une fois de retour, j’éteins mon portable, je mets Christophe and co dans mes oreilles et je me laisse bercer.

Zouuuuu, je me suis assoupie, la tête contre le clavier du portaaaap’ déchargé… On se réveille, on se réveille, on se réveille. « Mesdames et Messieurs, nous arrivons à Paris Nord, gare terminus. Nous espérons que vous avez passé un agréable séjour à bord du Thalys ». (illu de Mako, merciii Makooo)Paris_je_t_aimePT

23
jui

Fêt’Nat – part II

Depuis quelques années, ma chtite ville de province (mais néanmoins capitaaaaaaaaaaale de la Waaaaalloniiiiiiiiie) organise des bals populaires pour le 21 juillet, outre le traditionnel feu d’artifice (tiré le 20).

J’adore les feux d’artifice. Un par jour me comblerait. Même si les fusées sont toujours pareilles (les spermatozoïdales, les anémones de merées, les dégoulinantes…), même si les namurois prennent un malin plaisir à évoquer le prix de chaque pétard (au bout de dix minutes de fusées, ça devient d’une lassitude lassante), j’aime ça. On appelle ça être une inconditionnelle ma bonne Dame.

Cette année, c’est la béatitude : je suis assise pour mater le feu d’artifesse, oups, pour regarder le feu d’artifice (pffff, elle est naze au possip’ cte blaaaak).

Je me prends un sacré fou rire lorsque deux gamines commentent chaque fusée. Il s’agirait d’adultes, je leur aurais déjà fourré mon poing virtuel en plein visage (comme Laly vis-à-vis de Tatiana dans Secret Story, pour ceux qui suivent ce simulacre de télé-réalité). Mais venant d’enfants, c’est attendrissant. Je sais maintenant les couleurs de fusées qu’elles préfèrent, qu’il ne faut pas que le même type de fusée soit tiré plusieurs fois d’affilée et qu’elles préfèrent telle forme à telle autre. Le plus drôle aura été la conclusion de l’une d’elle, sur un ton tellement sérieux « il faut avouer que c’est quand même beau ». So funny.

Ensuite, je file au bal populaire. L’ambiance bat son plein. Un petit orchestre sans prétention parvient à nous faire gigoter durant plusieurs longues minutes, et une danse à la russe, et une chanson allemande, et une farandole. On échappe de peu à la danse des canards, heureusement car je pense que je m’y serais collée. Et non, je n’avais rien bu c’est juste que, prise par l’ambiance, je ne réponds en général plus de rien.

Une jeune fille fête son anniversaire, le chanteur invite tous les hommes à venir la féliciter par un bisou. Un véritable défilé, c’est de circonstance. (Mais pourquoi j’ai pas mon anniversaire moi, hein pourquoi, pourkwaaaaaaaaaaaa ?)

Je rentre chez moi et je m’endors d’un œil, l’autre scrutant l’enregistrement de Koh-Lanta et de Secret Story.

Photo trouvée sur http://equippro.fr/site/mariage/feuartif