26
aoû

Mon sac du marché

marche
Profitant de cette semaine de congé, j’ai décidé de me la jouer bobonne : je suis allée faire mon marché.  Je saisis mon cabas (alias le joli sac de plage offert par Bibichette, qui a déjà pris ses marques dans mon intérieur) et c’est parti.

Y’a un monde fou sur le marché, à croire que personne ne bosse dans cette ville : des mémés pensionnées, des mères de famille nombreuses, des chiens et des stands à perte de vue.

Je veux un poulet rôti.  Chaque semaine, à l’aube, lorsque je vais bosser, je me délecte de ces effluves de poulet rôti.  Aujourd’hui, je vais le manger, mon poulet rôti.

J’ai trouvé ma nouvelle profession : je vais faire chômeuse professionnelle.  Parce que j’aime bien faire mon marché, rentrer paisiblement chez moi, sous un léger soleil, préparer mon petit repas sous le regard intrigué du rat qui ne s’en est toujours pas remis et qui craint de se voir transformé en Remy et de devoir vivre sur ma tête à me guider dans mes périgrinations cuisinesques (il a dû voir Ratatouille durant la nuit), déguster gentiment le fruit de mes efforts et m’endormir devant Amour, Gloire et Beauté, à moins que ce ne soit Les Feux de l’Amour, meuh non je rigole, je ne suis pas tombée si bas (« pas encore », ricaneront certains).

J’ai aimé cette petite journée pantouflarde, uniquement entrecoupée par quelques visites à ma boîte mail et quelques travaux d’écriture (indispensable à mon équilibre psy).

Voici dès lors le contenu de mon sac de marché :
Un poulet rôti version célibataire (c’est un nain ce poulet, le nanisme existe-t-il dans la famille des poulets ?)
Un ravier de champignon à cuire
Un concombre à éplucher (my god, en suis-je encore capable ?)
Un ravier de fraises comme dessert
Le Ciné Revue, tradition oblige

Vive mon home sweet home.

Et une illustration prêtée par Cyberbv, que je remercie infiniment (elle est dans mes liens d’artiiiisssss’ à C pour cyber - faut tout vous dire ma parole).
marche

25
aoû

Une bloggueuse sachant blogguer est une bonne bloggueuse

Je me dois de l’avouer, je suis une mauvaise bloggueuse.  Je n’ai aucune des caractéristiques de la bloggueuse type.

La bloggueuse type est parisienne, ou à défaut française.  Moi je vis dans un bled paumé de Gelbique, et j’ai la Meuse en guise de Seine.

La bloggueuse type est fashion victim.  Elle suit les collections au jour le jour.  Elle assiste aux défilés parisiens.  Elle connaît les dernières tendances.  Moi je réalise à peine avec horreur, stupeur et tremblements (sans allusion à une célèbre écrivaine belge dont je ne citerai pas le nom, oh et puis si je le cite, ça attirera les chercheurs Google : Amélie Nothomb), que les bottes ne seront bientôt plus à la mode, remplacées par les bottillons, qui me donnent une allure de poule : grosses pattes, mollets de coq.

La bloggueuse type a une penderie gigantesque, qu’elle nourrit quotidiennement.  Elle montre chaque matin à ses lecteurs ses achats de la veille, de grandes marques, mais souvent achetés à prix d’ami (147 eur au lieu de 398, affaire du siècle).  Ma penderie à moi, elle menace de faire une indigestion chaque fois que je l’ouvre, et de me régurgiter des pulls dévorés par les mites depuis onze ans au bas mot ou des fringues jamais portées car achetées sur un coup de folie (genre pantalon orange style bonhomme Michelin, cache-cœur à papillons verts ou bottes vert sapin impossibles à assortir).  De plus, j’ai rien à me mettre, donc rien à vous montrer. 

La bloggueuse type va à l’institut chaque semaine.  Elle connaît toutes les nouveautés.  Sa coupe ticket de métro est parfaite.  Ses poils sont anéantis.  Son maquillage est permanent et elle permanente ses cils.  Moi je ne confierais pour rien au monde mon intimité à une esthéticienne grande blonde et taille 34, car au-dessus de mon intimité, y’a mon bide, et mon bide, je le montre à personne sauf au rat.  Mes cils sont petits et raides et je n’ai fait qu’une permanente dans ma vie, de cheveux, ce fut un fiasco et je me souviens encore des rires de mes compagnons de classe.

La bloggueuse type se tartine de crèmes Dior, Chanel ou d’autres grandes marques dont j’ignore même le nom.  Quand la situation devient grave, savoir quand elles passent le cap fatidique de 24 ans (à partir de 25, la ride s’installe) elles se font botoxer.  Moi j’oublie chaque soir de me tartiner de Nivéa à 12 eur.

La bloggueuse type est à la pointe du progrès.  Elle a un GSM dernier cri, auquel est attaché un truc de GSM (Mako m’a dit comment ça s’appelait mais j’ai déjà oublié) criblé de Zwarovski (ou, mieux, de diamants).  Elle a un Ipod qui tient dans une boucle d’oreille.  Moi, je dois recharger mon GSM tous les jours, c’est ça le problème avec les vieux modèles Nokia qui pèsent 510 grammes.  Je n’ai qu’un lecteur MP3 tout griffé tout moche.

La bloggueuse type a un sac Vuitton ou Chloé, qu’elle s’est offert avec son salaire de journaliste et qu’elle revendra dans trois mois sur Ebay.  Moi je viens de m’offrir un joli sac Esprit à 49 eur et je l’adorerai encore trois ans au bas mot.

La bloggueuse type adore faire des billets sur les produits de beauté, les gloss, les crèmes miracles, les parfums, les mascaras qui recourbent tellement les cils que ça finit par faire des cicatrices sur les paupières…   Moi j’ai beau me dire chaque matin, allez, tu vas trouver un sujet bien femme, bien glam’.  Rien.  J’ai que des idées sur le monstre du loch ness, les séries télés ou des sondages à la noix qui n’ont aucun succès. 

La bloggueuse type a en tête le synopsis d’un bouquin génial, drôle et tout.  Moi je ne parviens pas à disserter sur un sujet durant plus d’un billet.  Pas moyen d’avoir un fil conducteur, une ligne directrice, une histoire quoi.

La bloggueuse type est belle, blonde et grande, et puis mince, et puis elle marche sur des échasses, et puis voilà. 

Et puis na.

Chuis une bloggueuse contre nature.  Mais je promets de m’améliorer.  Choisissez un sujet bien fashion, bien in, je promets juré craché de le traiter.  Voici venue l’ère du blog à la carte (après le billet au choix – tout prochainement sur vos écrans).  A vos claviers.

Merci à Benjamin Lacombe qui m’a si gentiment autorisée à illustrer mon billet avec ce dessin tellement représentatif de celle que je suis…  Vous découvrirez ses œuvres ici.

rien_a_se_mettre

19
aoû

Votre série de l’été – Anaïs à Paris – épisode 6 – j’ai vu la Tour Eiffel – I saw the Eiffel Tower ! – 16 juillet

pariseiffel

pariscoq

 

Et franchement, je suis super déçue.  Elle m’a semblée bien plus petite que dans mon souvenir.  Vraiment petite, mais jolie, colorée, originale.  Tellement petite, seulement.  Par contre, je trouve fabuleux que le coq wallon se trouve juste à côté, quel vibrant hommage à mon plat pays.  Merci la France, je n’en attendais pas moins de toi.  J’en suis tout émue.  Merci la France, du fond du cœur et des boyaux.

En guise de remerciement, je te chante ton hymne national : « ô France, ô mère patriiiiie… le jour de goire est arrivé… Sarko, la loi, la liberté. »

Vous voulez des photos ?  Voici des photos.

13
aoû

Votre série de l’été – Anaïs à Paris – épisode 5 – séance shopping – 16 juillet

Paris_je_t_aimePT
Me voilà dans la ville de la mode et de la haute couture par excellence.  Oserais-je me ruer dans la boutique Strelli histoire de m’offrir une écharpe de Paris ?  Non.  Oserais-je visiter les boutiques Chanel, Prada, Dior et autre Gucci ?  Je crains d’être refoulée à l’entrée, telle Julia Roberts dans un rôle de Pretty Woman à qui de sordides vendeuses avaient refusé de vendre quoi que ce soit.  Je ne subirai pas cet affront.  Na.

Je me retrouve donc au « Bon Marché » qui, comme son nom ne l’indique pas, regorge d’articles de luxe pas bon marché du tout du tout du tout.

Je repère immédiatement un rayon entier de sacs Prada.  J’avance, telle une chatte prête à se ruer sur le moindre rat qui passe par là.  Mon œil se fait brillant.  Mon poil se fait doux (façon de parler, je n’ai pas encore décidé de refuser purement et simplement l’épilation, mais j’y songe).  Mes oreilles sont dressées.  Ça y est.  J’ai touché un sac Prada.  Ma vie ne sera plus jamais la même.  Pourtant, je ne les trouve même pas jolis, ces sacs, je préférerais m’offrir ce petit sac argenté que j’ai dévoré des yeux aux Galeries Lafayette (150 eur seulement, à vot’ bon cœur M’ssieurs Dames).  Je n’ose demander le prix du sac que j’ai touché, imaginant déjà les gros titres dans la presse people « la célébrissime bloggueuse Anaïs est décédée hier d’une crise cardiaque foudroyante.  Elle shoppingait calmement à Paris depuis quelques heures lorsqu’elle s’est effondrée.  Les secours ont rapidement été avertis, mais rien n’a pu être fait pour la ramener à la vie.  Par testament, elle a fait don de son blog à la science ».

Je m’éloigne rapidement du rayon Prada, histoire de ne pas faire chauffer la carte bancaire, d’autant que ma possibilité de découvert est largement inférieure au prix d’un sac Prada… enfin j’imagine.

Je déambule dans les rayons, Sonia Rykiel, Chloé… et j’en passe, louchant sur les robes de couturiers exposées par ci par là, les parfums capiteux et les sous-vêtements qu’on aurait peur d’enfiler.  

J’entre ensuite dans la maison de Hansel et Gretel : la grande épicerie de Paris du Bon Marché.  Un rêve éveillé : des sirops de barbapapa, de violette, des confitures à tout, des macarons colorés qui me font saliver, des chocolats luxueux, des truffes (la vraie, la truffe de forêt vénérée par les cochons ou les chiens pisteurs, pas la bête truffe en chocolat), des yaourts au nougat, et même du sirop de Liège et des langues de chat de Geluck (bande de faux belges).  Le magasin du bonheur.  Hors de prix, bien sûr.  

Je me mets à fantasmer : un jour, je viendrai à Paris tous les mois faire mon shopping à la grande épicerie de Paris du Bon Marché, je rangerai mes modestes achats dans un cabas Prada…  Un jour.

Je quitte ce lieu de perdition pour visiter quelques friperies plus abordables.  Les vendeuses sont hautaines.  Elles ignorent l’usage des mots « bonjour » et « au revoir ».  C’est peut-être tout bonnement une habitude typiquement belge, de dire ces petits mots magiques.  Je repère une blouse, j’ose demander son prix (10 eur) je l’essaie, je l’aime.  Je passe à la caisse.  Oups, elle est passée à 15 eur.  C’est la technique du marchandage inversé, qui dit mieux ?  Vexée, je n’achète pas, na. (quelle parisienne veut bien aller me la rechercher ma blouse, je me meurs sans ma blouse, je veux ma blouse, pitié rendez-moi ma blouse).

En rue, je croise le regard d’un vieil homme à collier de barbe blanc et à face écrasée, style bouledogue.  Il se rend au pressing, dans sa grosse voiture.  Il ressemble étrangement à ce célèbre français dont j’ai oublié le nom.  Soudain, je réalise que je suis à Paris.  Il s’agit bien de ce célèbre français dont j’ai oublié le nom.  

Cette séance shopping me fut tout de même profitable… voici en exclusivité mondiale mon sac de courses parisiennes…

De gauche à droite :
-    l’intégralité des magazines féminins français petit format, tellement moins chers que dans mon chtit pays
-    le carnet de gribouillages pour les adultes qui s’ennuient au bureau (à mourir de rire, parce que tant qu’à mourir, autant le faire au bureau, ça rapportera sans doute une bonne prime pour mes héritiers)
-    trois DVD romantiques à souhait : Prête-moi ta main, The holiday et Hors de prix
-    trois fleurs de douche multicolores et quelques couverts anti-griffe pour cuisiner, le tout en provenance d’Ikéa (je sais, faut le faire, aller chez Ikéa durant un séjour parisien)
-    un top blanc offert avec le DVD The holiday (d’ailleurs y’a ‘The holiday’ écrit dessus)
-    une jolie blouse achetée chez Kookai (passqu’en Belgique on n’a plus de magasin Kookai, enfin en tout cas pas dans ma ville, sniffitude absolue
-    la BD Valentine, hilarante, sorte de pastiche des magazines féminins (c’est le tome trois, je cherche depuis lors désespérément les tomes 1 et 2)
-    le Tshirt Sonia Rykiel offert gracieusement avec un magazine, taille 30, impossible à enfiler (soit les françaises sont filiformes, mais ça ne m’a pas marquée, soit il a rétréci avant lavage, bisque bisque rage – je me console en me disant que ça fera bien dans ma garde-robe, du Sonia Rykiel)
-    deux jolis sacs du Bon marché, histoire de me la péter dans ma petite ville et d’y fourguer tout ce dont j’ai besoin pour aller bosser : mon casse-croûte, mes magazines, mon lecteur MP3, mon déo, mon bouquin, mes médocs, mon parapluie, ma crème solaire (vive la Belgique), mon gilet…
-    « et ce machin vert tout en haut ? » me direz-vous.  C’est le treillis trouvé (enfin « trouvé » n’est peut-être pas le mot adéquat, vu qu’il m’a coûté bonbon) dans un magasin de jardinage (ça va je sais, on n’est pas à Paris pour écumer les magasins de jardinage, mais j’en cherchais depuis des lustres, de ce treillis qui me permet de m’isoler sur ma terrasse, à l’abri de tous regards ou paparazzi).

Voilà, c’est fini…

(NB : c’est Albert Jacquard, le ratatiné à collier).

Add. de 22h32 : j’ai oublié le livre « le français à l’école primaire », trouvé en brocante, passqu’on a toujours besoin de s’améliorer, et surtout, vu l’ancienneté de l’ouvrage, pour voir quelles phrases ils utilisent pour instruire les gamins : « accordez «’j’ai utilis… mon sex toy hier »

 

paris

10
aoû

C’est la fête, la fête…


Pour fêter la fin de mon sevrage TV/GSM/chocolat, je me suis offert une petite virée en ville en charmante compagnie.  Une petite virée délire.  Et régressive.

Une heure dans un rayon carterie, à zieuter des cartes, écouter les mélodies diverses lorsqu’on les ouvre, de Happy Birthday à la musique de Friends (au grand dam des caissières qui, j’en suis sûre, ont dare dare fabriqué des poupées vaudou à nos effigies, histoire de tenter de canaliser notre bonne humeur – en vain gnark gnark gnark).  Je découvre au passage les sacs de course présentés dans les colonnes de mon blog sacs de courses (comment, vous ne connaissez pas encore mon second blog ?  allez vite le découvrir en cliquant dans mes liens rien qu’à moi, à gauche).  Je saurai dorénavant où acheter un joli sac « j’aime pas poireauter » orné de … poireaux, qui l’eût cru.  Zont même le caddy à courses à l’identique, j’en rêve déjà…

On continue le trip régression par une dégustation de chewing-gum.  Un comble pour moi qui ait dénoncé cette habitude vachement… bovine dans ces colonnes cette semaine encore.  Je rumine je rumine je rumine.  J’en ai perdu l’habitude.  Tout comme celle de faire des bulles, que je redécouvre avec grand plaisir… jusqu’à ce que l’une d’elle m’éclate au visage.

On termine en beauté, chez Galler Chocolat-Thé.  Mon classique chocolat glacé, qui n’a rien, mais alors là rien à voir avec le banal milk-shake chocolat.  Il faut le goûter pour comprendre le bonheur nirvanesque qu’il représente.  En général, je l’accompagne de la galette tiède farcie de chocolat coulant.  Pas de bol, ils étaient en rupture de stock, je me suis dès lors rabattue sur un brownie, plus classique.  Une overdose de chocolat.  D’ailleurs, mon estomac a manifesté lourdement (dans les deux sens du terme) sa désapprobation…

Et, au fait, ce midi, j’ai mangé sans allumer la TV.  Chose que je n’aurais jamais faite avant.  Je suis sur la bonne voie.  Dans peu de temps, je mangerai en lisant des essais philosophiques ou la bible.

Une chtite photo de l’intérieur de Galler Chocolat-Thé (customisée par Nuages)… c’est à cette table que j’étais assise, la petite ronde…
galer2

galleranais