14
nov

(Re)conversion

L’autre jour, je « discutais » sur MSN avec ma chère collègue Mostèk.  Nous parlions de nos âges, lorsqu’elle me dit « ce qui est génial avec toi c'est que j'ai pas l'impression que t'as dix ans de plus j’ai l'impression que t'as le même âge que moi ».

Ce fut donc un jour à marquer d’une pierre blanche, à noter dans vos agendas, parce qu’en général, les mots tendres de Mostèk sont plutôt du genre « attends n’entre pas encore, la voiture est trop près du mur, je vais la bouger, même si tu étais mince tu ne saurais pas passer » (cf ce billet).

Car en effet, Mostèk et moi, on a dix ans de différence.  Elle a dix ans de moins que moi, cette garce, cette vipère, cette vilaine pas belle, cette … jeune !  En d’autres termes, lorsqu’elle gazouillait encore gentiment dans son parc, j’en étais déjà à apprendre la table de multiplication par neuf.  Lorsqu’elle a cessé de mettre des langes, j’étais déjà en secondaires.  Lorsqu’elle mangeait des Délichoc, je les appelais encore Bichoc.  Lorsqu’elle habillait encore sa barbie, je sortais en boîte et je commençais à me débaucher dans l’alcool.  Lorsqu’elle a commencé ses études supérieures au même endroit que moi, ça faisait déjà un sacré bail que je bossais pour patron vénéré.  Lorsqu’elle fut engagée par ledit patron vénéré pour me remplacer durant une longue et pénible maladie (quinze jours – dans le privé, quinze jours d’absence, on appelle ça une longue et pénible maladie), j’ai décidé de la haïr, cette remplaçante, qui me chipait mon boulot et anéantissait pour moi toute l’avancée fulgurante de ma brillantissime carrière.  Puis elle est restée.  Puis elle était cool.  Puis on a sympathisé et voili voilà, maintenant on s’aimeuh (en tout bien tout honneur, of course).

Et elle a raison, Mostèk, moi non plus j’ai pas l’impression qu’elle a dix ans de moins (tout comme j’ai pas non plus cette impression par rapport à mes amies qui en ont dix de plus), elle a pas l’air gamine, ni débile, ni fofolle, ni hystérique.  Je n’ai pas cette impression d’avoir une demi-génération de plus qu’elle, sauf quand je regarde son œil de velour (ou de corbeau, en fonction de son humeur), autour duquel, j’ai beau scruter, je ne vois aucune ride, tandis que le mien est déjà plein de rides d’expression, même si je tente en vain de ne marquer aucune expression sur mon visage depuis ce cap fatidique des 25 ans.  

Sinon, on aime toutes deux les années 80, les mêmes dessins animés et le chocolat.  On aime rire et parler de nos vibros, on aime fantasmer sur les hommes, à la différence près que quand moi je fantasme sur un homme, il pourrait quasi être son père et que ceux sur lesquels elle fantasme me semblent à peine sortis des jupes de leurs mères.

Mais y’a une différence qui me rappelle très souvent notre différence d’âge : c’est l’euro.

Je m’y suis facilement adaptée, à l’euro (ou au neuro, ou encore au zeuro, selon les liaisons que vous aimez faire), habituée que j’étais, depuis des années, à convertir les prix durant toutes mes vacances, et pour toutes mes copines.  Je dois avoir un calculette de conversion en tête, je fais ça les deux doigts dans le nez.

Alors, quand l’euro est arrivé (il est néééé le divin euro, jouez hauts-bois résonnez musettes), no problem pour Anaïs, fingers in the noze.

Sauf que je n’utilise l’euro que lorsque cela me chante, savoir :

Je parle en euro pour minimiser la valeur « Pas chères, mes nouvelles bottes, seulement 149 eur », « Allez, on va au Quick, un chtit menu à 6 eur, alleye pitiééé »

Et je continue à parler en francs belges pour marquer l’importance de la somme « T’as vu le prix de ces bottes, six mille balles, c’est du vol ! »

Et je comprends que Mostèk est bien plus jeune, mais alors là tellement plus jeune que moi, lorsqu’elle me dit « Six mille balles ?  Mais, Anaïs, ça fait combien en euros, dis-moi ? »

Dessin de Sue, que je remercie de s’être prêtée au jeu du billet à illustrer, avec brio (et de vouloir continuer, yahaaaaaaaaaaaa) (et de ne pas m’avoir lynchée virtuellement d’avoir tant traîné à publier son dessin, ce qui est d’ailleurs le cas d’autres illustrateurs, promis, je vais rattraper mon retard).
choc-generations-couleurspt

13
nov

Toujours pas morte !

Mais là je crèèèèèèèèèèèèèèève de chaud, c'est l'enfer qui vient d'emménager chez moi.  Zou, je file au lit regarder cette série dont je suis folle, Cold Case, qui fait son come back (j'avais rédigé un billet sur le sujet début d'année, je vais enfin pouvoir le placer). Même pas soupé, ma vie est en danger. Mais vous zinquiétez pas, bande d'égoïstes (tchu), j'ai programmé deux billets pour demain, RV à 6h45 et à 11h45, zaurez de la lecture... See you soon.

13
nov

Je meurs...

A peine rentrée de ces deux jours de chouchoutage, je me dois de vous le dire : je me meurs.  Froid, envie de vomir... ça sent mauvais, très mauvais.  Aucune énergie pour vous rédiger le compte-rendu (même plus sûre qu'il y a un trait d'union entre compte et rendu d'ailleurs mais pas l'énergie d'ouvrir mon dico), aucune énergie pour trouver un petit dessin bien imagé pour illustrer la nausée qui m'envahit.

Aaaaaaaaaaaaaaaargh.  Paaaaaaaaas bieeeeeeeeeeeeeeeeeeeeen.

11
nov

Je vous quitte

Ce n’est pas une blague, je vous quitte pour 48 heures les petits amis.

Je m’en vais me faire tripatouiller, chouchouter, masser, tripoter, palper-rouler, soinvisager et dorloter.

48 heures de pur bonheur.  Sans internet (aaargh), sans TV (re-aaargh), sans même mon PC portable qui restera ici.

Mais rassurez-vous, si la programmation fonctionne correctement, chaque matin, à 6h pétantes (Prout, comme dirait le Chat de Geluck), zaurez un chtit billet tout frais.

Retour mardi soir...

En attendant, si vous voulez fantasmer sur l’endroit où je suis, c’est ici que ça se passe.

Illu de Malak, totalement de circonstance...
etoile

7
nov

La minute lamentation : couchée …

Pas « coucher », mais « couchée ».  Nuance.

Je vous écris en effet vautrée dans le canapé, telle une flatte (ce mot existe-t-il dans le dico ?), portable coincé entre l’abdomen et les cuisses.  

Vous allez me dire : rien de nouveau sous le soleil.

Et bien si, pourtant, les Petits Amis (j’aime cette expression, elle me fait étrangement penser à Bonhommet et Tilapin, qui connaît ?)   Car vous l’ignorez sans doute, mais j’écris 99,9 % de mes billets du PC normal, le bon gros fixe.  Je préfère.  Le clavier m’aime et je l’aime.  Le PC m’aime (sauf quand il m’aime plus et s’éteint en plein milieu d’un billet) et je l’aime (sauf quand il m’aime plus etc etc).

Souvenez-vous.  Le 13 juillet dernier.  Le Thalys nous emmenait à Paris, moi et mon lourd bagage.  Le 16 juillet, le Thalys nous ramenait à Namur, moi et mon encore plus lourd bagage.  Et j’ai ramé.  Et j’ai souffert.  Et mon petit dos fragilisé par la vie en a bavé.  Je vous l’ai caché, pour éviter que vous ne vous fassiez du souci pour moi. Mais si, je sais combien vous êtes soucieux de ma petite personne – on peut rêver – et puis surtout, si je devais vous parler de toutes mes fragilités (dorsale, intestinale, stomacale, nasale, bronchiale, neuronale, amygdales – ah non, au moins, elles, elles se portent bien – et j’en passe), je devrais créer un blog à part qui a lui seul servirait à m’épancher.  Admettez qu’il y a plus passionnant comme sujet que les maux d’Anaïs.  Ah oui, j’oubliais, j’ai aussi une fragilité dentaire, tant qu’à faire.

Une fois n’est pas coutume, parlons-en, exceptionnellement, de mes maux. (musique de circonstance)

Donc je vous l’ai caché, mais les jours qui ont suivi mon retour de Paris, j’ai morflé.  Ô douleur bien connue, qui m’avait assaillie déjà en 2005, mais évitons de parler des choses tristes, ça va finir par faire pleurer dans les chaumières.  Satané vilain dos.

Et puis ça s’est calmé et j’ai continué mon petit bonhomme de chemin.

Mais depuis quelques temps, j’avais beau me voiler la face (musique triste), je sentais au fond de moi que le mal revenait.  J’espérais innocemment que ça allait passer.  Que nenni.

Et ce week-end, ce fut le drame (musique sinistre).  Car ce week-end, je l’ai passé presque en exclusivité couchée sur mon lit de souffrance, à me lamenter sur mon triste sort, à réaliser combien la vie était belle la veille, quand je n’avais pas mal.  C’est vrai quoi, lorsqu’on a un petit poignard enfoncé dans le dos, qui se réveille à chaque mouvement, qui se venge à chaque éternuement, même une triste vie sans douleur pas originale de célibattante solitaire avec pour seul compagnon un rat semble nirvanesque.

Alors hier, j’ai pris le taureau par les cornes, je me suis dit « aux grands maux les grands remèdes », j’ai décidé de contacter kiné vénéré, mieux vaut tard que jamais.  Chuis fan de dictons aujourd’hui… réussir à en placer trois en une seule phrase, quel challenge.
Et aujourd’hui, j’ai vu kiné vénéré et le diagnostic est tombé (musique angoissante) : lumbago.  A gauche.  Bien gros.  Bien dur.  Verdict : kiné, exercices, soins chauffants, bazars électriques dans le torse, et autres tortures agréables.  Et éviter de s’asseoir.  Ça va être fastoche de bosser debout ou couchée demain au bureau tiens…

Ce soir je vous écris donc couchée, seul moyen pour parvenir à tenir mon blog à jour.  Rassurez-vous les Petits Amis, je n’ai pas l’intention de vous abandonner de sitôt.  Rassurez-vous, boss adoré ne réalisera même pas l’étendue du sacrifice que je fais en assumant pleinement mes fonctions, sans grincement de dents (juste un petit rictus de douleur à l’occasion).  Rassurez-vous, dans quelques semaines, ce ne sera plus qu’un mauvais souvenir.  

Mais il fallait que vous le sachiez (musique effrayante) afin que vous me pardonniez mon manque de réaction à vos commentaires, ma lenteur pour répondre à vos mails, la fréquence ralentie de publication, parce qu’entre le bureau, le kiné, les nuits trop courtes, les siestes trop longues, les bus, le ciel trop sombre, les courses, la fatigue permanente, la TV, le blog, les livres à lire, un nouveau régime à tester et la douleur, je manque cruellement de temps.

Mea culpa.  Mea maxima culpa.  

Promis juré, chaque jour je posterai, je respecterai ce commandement envers et contre tout.  D’ailleurs, la suite est déjà prévue pour demain, savoir « Anaïs chez le kiné ».

Et si vous pouviez faire de temps en temps une chtite prière, ou mettre un chtit cierge lors de votre prochain passage à l’église du village, ou glisser une piécette à Sainte-Rita.  C’est pas que je sois foncièrement croyante, mais ça peut pas faire de mal hein…

Une illu de Domie qui vous montre, si besoin en est, mon état physique et mes envies actuelles…
repos