31
oct

Escapade à Bruxelles (suite et fin)

coteor
Bruxelles est sous le soleil, et après la projection de ce court-métrage, j’ai envie de voir la Grand Place.  Elle est magnifique, sous ce soleil et ce ciel bleu.  Des jardinières pleines de fleurs de Toussaint squattent ses pavés.  Une foule de touristes déambulent, le nez en l’air, histoire d’admirer l’architecture.  Moi je garde le nez au sol et j’admire leurs sacs.  Ils ont tous un grand sac Côte d’Or bien rouge bien rempli.  Bon choix, Côte d’Or, le meilleur chocolat au lait du monde.

J’adore l’ambiance qui règne, ces touristes qui se mêlent aux autochtones, cette effervescence que ne connaîtra jamais ma ville un dimanche, ah ça non ma bonne Dame, le dimanche à Namur, c’est la messe et puis retour chez soi.  Pas une âme en rue.  Alors j’adore.  J’observe et je me gave de cette atmosphère bruxelloise.

Je m’installe sur un muret et m’évade dans la contemplation de la place.  Elle revêt une valeur sentimentale pour moi.  Un souvenir agréable.  Douloureux, parfois.  Un souvenir, c’est toujours un peu douloureux non ?  Mêmes les bons souvenirs provoquent souvent un chtit pincement au cœur.

Un joli petit couple se promène.  Je ressens ce que je déteste tant quand je suis seule tout en étant entourée.  Une solitude encore plus intense, comme si la foule exacerbait le ressenti.  Etre seule en étant seule, c’est logique.  Etre seule au milieu d’eux, c’est difficile.

C’est vraiment un drôle de dimanche.  Moi à Bruxelles.  J’ai l’impression d’être spectatrice de cette journée.  Spectatrice de ma propre vie.  Etrange.  Je me regarde agir et ressentir. 

Je découvre la rue Boule et Bill.  Sympa d’avoir rebaptisé les rues par les noms de personnages de BD.  J’adhère.  J’adore.

Je trouve un 7Dimanche édition Bruxelles.  Je prends.  Histoire de vérifier si vraiment réellement en vrai de vrai je ne m’y trouve pas.  Et non, j’y suis pas.  Ma gloire restera namuroise.

Le chocolat est partout, à chaque coin de rue.  On me tend une amande enrobée de chocolat.  J’ai des difficultés à la prendre, mes doigts jouent aux castagnettes.  Mais pourquoi je tremble ainsi ?  Hypoglycémie ?  Emotion du court-métrage encore latente ?  Je l’ai dit, je me sens spectatrice de ma vie.  Je ne suis pas moi à cet instant précis.

Je m’éloigne ensuite de la Grand Place, afin de découvrir les ruelles, confiante en mon instinct qui me ramènera à bon port.  Que nenni.  Mon instinct est décidément aussi développé que celui d’une moule échouée sur une plage.  Je suis paumée, complètement paumée.  Qu’importe, je découvre un fabuleux petit magasin.  Un magasin à trésors : des boîtes à meuh, des peluches loups déguisés en moutons, des quilles en peluche à têtes de chats, des boîtes à musique (aucune trace de Clair de Lune de Debussy, dommage).  J’ai envie de m’offrir quelque chose.  Après tout, c’est l’anniversaire du blog.  Mais je suis si indécise que je n’achète rien.  Je vous le dis, je ne suis pas moi-même.  Pour en arriver à ne rien dépenser, je ne suis pas moi-même, c’est clair et net.  Y a-t-il un psy dans la salle ?

Je fais ensuite demi-tour, histoire de retrouver la Grand Place, la Galerie de la Reine et, enfin, la gare centrale.

J’achète une boisson à une vendeuse qui ne me jettera pas un regard, qui ne prononcera pas un mot.  Elle est dans une conversation téléphonique très privée « ça fait vingt ans qu’on est ensemble, c’est pas maintenant que ça va changer »… la conversation se poursuit dans une langue dont j’ignore tout… je fais mon choix, je paie, je m’en vais.  Pas un regard, pas un bonjour, pas un merci.

J’achète ensuite un Twix dans la boutique suivante, à un vendeur adorable, qui me gratifie d’un sourire, d’un bonjour, d’un merci, d’un au revoir bon dimanche.  Mais il me drague ou quoi ?  Même pas, il est juste poli.  J’en avais perdu l’habitude.

Je rentre chez moi dans un train bondé (même le dimanche, quel succès la SNCB), dans une voiture infestée par une bande d’irrespectueux qui crient, vocifèrent et écoutent de la musique de djondus durant tout le trajet.

Un dimanche comme je les aime, même si je me prends à rêver que le prochain, je le vive avec quelqu’un que je pourrai regarder dans les yeux et embrasser en plein milieu de la Grand Place.

30
oct

J’ai testé figurante et j’ai vu le résultat, enfin !

dernierround
Quand j’ai reçu cette invitation à me rendre à la projection en avant-première du court métrage « Dernier Round » (rappelez-vous, j’y avais vécu ma première expérience en tant que figurante), j’ai proposé à quelques personnes de m’accompagner, en vain.  Personne n’était libre.  Drame et damnation infernale.

Y aller seule ?  Très peu pour moi, je déteste faire les choses seule, qu’il s’agisse d’aller au cinéma, au resto, me promener et j’en passe.  Je déteste ça.  Incontestablement.

Et puis j’ai changé d’avis.  Parce que cette projection avait lieu le jour du premier anniversaire du blog, qui s’annonçait d’ores et déjà comme un dimanche sinistre de solitude.  Et tant qu’à être seule, autant l’être devant ce court métrage et à Bruxelles non ?  Décision est donc prise la veille vers 15 heures : j’irai à cette avant-première.  Je me motive autant que faire se peut, en annonçant à un maximum de personnes que j’y vais, histoire de ne plus pouvoir changer d’avis.

Croyez-le ou pas, mais jusqu’à ce que le train démarre, j’ai encore hésité à y aller.  A chaque minute entre samedi 15h et dimanche 9h31, j’ai hésité (sauf durant les précieuses minutes où je dormais, béni soit le sommeil).  Mon petit démon paresseux intérieur me susurrait « allez Anaïs, reste chez toi, rentre chez toi, ne monte pas dans ce train, garde ton pyjama, ne va pas te perdre à Bruxelles comme une âme en peine, de chouettes DVD t’attendent, que vas-tu aller faire toute seule à cette avant-première où tout le monde se connaîtra ? »  Incroyable comme je suis indécise sur le sujet des activités en solo.  Le matin du dimanche, malgré le changement d’heure qui me permettait une heure de farniente supplémentaire, l’idée de partir si loin (sic) ne me tentait plus du tout.  Mais alors là plus du tout.  Encore sur le quai de la gare, attendant le train, j’ai eu des envies de rebrousser chemin.  Puis le train est arrivé et j’y suis montée.  Plus moyen d’en descendre sauf à tirer le signal d’alarme.

Me voici donc partie vers la capitale en ce dimanche ensoleillé (au moins s’il avait plu, j’aurais eu une bonne excuse pour ne pas y aller).  Plus moyen de changer d’avis.  Le train est presque vide, à l’exception d’un couple en face de moi, totalement fou d’amour, qui n’a de cesse de s’embrasser goulûment.  Joli spectacle.  Ça donne envie, tiens.  

Une fois arrivée gare centrale, je suis censée trouver les Galeries de la Reine, où se trouve le cinéma en question.  J’ai conscience du fait que la Grand Place se trouve près de la gare centrale, et du fait que les Galeries de la Reine doivent être près de la Grand Place, mais là s’arrêtent mes connaissances de Bruxelles.  C’est peu, je sais.

Je demande donc mon chemin et je parviens à bon port en trois minutes chrono.  I’m the best of the bests.  Les galeries sont aussi jolies que dans mon souvenir.  Je découvre ce petit cinéma, Arenberg, et je m’installe sur une chtite place en bout de rangée, pour ne pas déranger.  Je me fais toute petite.  La foule est dense.  Afin de m’occuper l’esprit et les yeux, je termine la lecture d’un livre que j’ai entamé dans le train (dont je vous parlerai bientôt, il est d’Alain Teulié, mon écrivain chouchou) et me voilà en larmes.  En larmes !

Seule.  Au cinéma.  Parmi un monde incroyable.  Et en larmes.  Emouvant ce livre.  Sensible, l’Anaïs.  Je tente de ne pas songer au ridicule de la situation et de me concentrer sur le réalisateur (enfin je pense) qui fait son entrée.

Avant la projection proprement dite, le making of nous est offert.  Génial.  Drôle et instructif.  L’ambiance est très bonne.  On sent que beaucoup connaissent l’équipe, ce qui n’est pas mon cas, même si j’ai participé à l’aventure de la figuration.

Ensuite, voici Dernier Round.  Enfin.  Magnifique.  Prenant.  Professionnel.  Superbe.  Emouvant.  Passionnant.  Captivant.  Tourneboulant.

Et trop court, beaucoup trop court.  J’ignore pourquoi, j’avais tablé sur une demi-heure.  Que nenni ma bonne Dame.  En une demi-heure, j’ai vu le making of ET le court-métrage.  En une demi-heure, emballé c’est pesé, au revoir Mesdames et Messieurs.

Je sors de la salle, après une salve d’applaudissements, complètement hagarde.  Sous le choc.  Encore plongée dans cette histoire.  Et dans les yeux de ce si bel acteur.  Je n’avais pas réalisé à quel point il était beau.  Et brun.  Et ténébreux.  Dire que j’ai fait figurante durant le match de boxe, que j’aurais pu me rincer l’œil sur son corps musclé et suintant bon la sueur de l’athlète, et que je n’en ai pas profité.  Aaaaargh Anaïs, quelle biesse fille tu fais.  Comment n’as-tu pas réalisé que c’était l’homme de ta vie à cet instant précis ?  Maintenant il est trop tard, la gloire l’attend au tournant et tu ne seras jamais qu’une petite figurante de seconde zone.

Je me promène ensuite dans Bruxelles, joli moment, mais c’est une tout autre histoire, que je vous conterai dans le billet de demain…

Je ne regrette pas d’avoir fait cette petite escapade solitaire.  Mon seul regret : que l’équipe du film, contrairement à ce qui était annoncé, n’ait pas été présente, ne soit pas venue nous rejoindre après la projection pour des questions-réponses, que l’acteur ne soit pas venu montrer sa belle petite gueule d’amour.  Bref, que l’ambiance n’ait pu être prolongée, nous dispensant de nous replonger si rapidement dans la réalité.  Un sentiment de trop peu, de trop court, de trop peu de contact avec le public venu en masse, de trop rapide.  Etonnant de la part de cette équipe si proche de son public normalement.  Dommage.
 
L'occasion m'est donnée de vous montrer à nouveau cette illu de Flo.
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26
oct

L’heure d’hiberner

Dimanche prochain, on passe à l’heure d’hiver.  Comme d’habitude, les questions vont fuser : « on dort une heure de plus ou de moins ? » « A 7 heures il sera 6 heures c’est bien ça ? » « Donc à mon avis on dort une heure de plus non ? »  « Mais il fera clair plus tard ou pas ? »  « A 19 heures il sera 18 heures, alors quoi, il fera noir déjà ou pas ? »

Ça fait trente et des ans que j’entends ça.  Et rebelote en été.  

Personne n’y comprend rien.  Personne.  Ou presque.  On comprend, mais chaque année c’est la même rengaine.  Comment assimiler à la fois qu’on recule d’une heure et que ce qu’on gagne en clarté le matin on le perd le soir.  Complexe.  Et sinistre.

Moi je trouve qu’en plus de l’heure d’hiver (enfin, à bien y réfléchir, je suis pour la suppression de l’heure d’hiver, mais j’ai pas encore mon mot à dire), on devrait adapter, au niveau professionnel, un horaire d’hiver.  Se lever avec le soleil (c’est plus respectueux de l’horloge interne), aller au bureau (en pantoufles) vers 10h.  Pauser à 11h avec un bon chocolat chaud.  Ingurgiter quelque chose qui tient au corps à midi.  Faire ensuite une petite sieste.  Reprendre le travail vers 14h et rentrer gentiment chez soi vers 15h, histoire de profiter encore un peu de la si rare clarté.  Petite soirée peinarde, gros dodo, et rebelote.

Plus j’y réfléchis, plus je me dis que c’est contre nature de devoir me lever à 6h, alors que même le rat dort encore, tout comme le coq du voisin (façon de parler, pas de coq en ville, juste des voisins… ce qui est parfois pire), quitter ma chaude demeure à 6h45 pour arriver dans un bureau tout sombre à 7h30 ma bonne Dame.  Le quitter à pas d’heure, lorsque le soleil, petit veinard, est déjà tombé dans les bras de Morphée, et rejoindre mon home sweet home pour m’écrouler comme une loque.

Et mon cycle de sommeil ?  Et mon cycle biologique ?  Qui le respecte.

Et puis je trouve qu’en été, l’horaire devrait également être adapté.  Pour profiter des longues soirées jusque tard dans la nuit, il est bon de pouvoir dormir au moins dix heures.  Je préconise le début du travail à 11h.  Repas léger vers midi.  Reprise rapide à 12h30, jusque 15h, histoire d’aller faire provision de soleil tout l’après-midi, manger des glaces, nager en piscine extérieure chauffée (chuis frileuse hein, pas vous ?), siroter un drink en terrasse.  Fermer les yeux et sentir la caresse de l’astre tant aimé.

Non décidément, plus j’y réfléchis, plus je me dis que je ne suis pas faite pour travailler… mais alors là pas du tout.

Et une illustration totalement de circonstance, de la talentueuse Delfine, que je remercie.
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3
oct

Rendez-moi mon été !

Promenade en bord de Meuse.

Fait doux, mais à la fois frisquet.  Etrangeté belge, sans doute.  

Je croise un pêcheur et quelques promeneurs de chiens, rien d’autre.  Ça sent l’automne. Ça pue l’automne.

Deux femmes promènent deux caniches géants.  Pourquoi Dieu a-t-il inventé le caniche géant ?  N’avait-il pas déjà fait assez de mal en inventant le caniche normal ?  N’y a-t-il pas suffisamment d’horreurs sur terre (les guêpes, les scorpions, les lézards, les blondes taille 34) pour qu’il faille y ajouter le caniche géant ?  Soit.  Les voies du seigneur sont impénétrables.

Un banc.  Un peu de soleil.  Je m’assieds et je plonge dans une lecture passionnante (je vous en parlerai très prochainement).  Une coccinelle noire se promène sur le banc.  Je l’observe, puis je détourne mon attention.  Je songe que je devrais la déposer délicatement sur le bout de mon index, et la laisser s’envoler, car on dit qu’une coccinelle qui s’envole porte bonheur.  Entre-temps, elle a disparu.  Tant pis.  Pas de coccinelle, pas de bonheur.  

Elodie Frégé me dit que rien ne dure au-dessous de la ceinture.  Je chantonne, après avoir vérifié que personne n’est dans les parages.

Des glands jonchent le sol.  Je lève les yeux et repère un chêne, au feuillage déjà rougeoyant.  J’aime les glands.  Tout comme les marrons et les châtaignes.  Je trouve ça beau, tout simplement.  Ça sent l’automne, décidément.

La coccinelle réapparaît sur mon jean.  Je la fais monter sur ma main et je l’observe.  Elle a quatre points jaunes.  Quatre ans, pense-je, d’une voix enfantine.  Un point par an.  J’y ai longtemps cru.  Enfin quelques années, en tout cas.

Elle refuse de s’envoler et déambule difficilement sur mon avant-bras.  Elle semble ralentie par ma pilosité, qui n’est pourtant pas abondante.  En fin de vie, la coccinelle ?  Sans doute, fin de l’été oblige.

Mais au fait, j’y pense où est l’été ?   Qu’a-t-il fait en juin, juillet et août ?  Est-il parti en vacances ?  A l’autre bout du monde ?  En tout cas, ce qui est sûr, c’est qu’il a boudé.

Moi j’ai pas eu mon été.  J’ai pas râlé à longueur de journées sur la canicule.  J’ai pas pestellé sur ce climat belge qui ne nous offre jamais un juste milieu, mais nous nargue avec un temps soit caillant, soit torride.  J’ai pas subi les odeurs monstrueuses et vomitives de transpiration dans le bus.  J’ai pas eu les fesses collées au siège en skaï du même bus.  J’ai pas fait vrombir mon ventilateur devant mon transat, ni somnolé jusqu’au coucher du soleil, éclairée par la lueur d’une bougie anti-moustiques.  D’ailleurs, des moustiques, j’en ai pas vu un seul, pas entendu un seul jouer à l’avion autour de mon visage en pleine nuit.

Non, j’ai pas eu mon été.

L’avantage de tout ça, c’est que je peux enfin remettre mon écharpe Strelli pour aller bosser, chaque matin, et me la péter grave de chez grave.  Allez quoi, Olivier, un petit geste pour la Marketing Anaïs SA, une chtite douzaine d’écharpe, une pour chacune d’entre nous quoi, ça te fera des retombées sidéralement sidérantes… Allez Olivier, t’es d’ac ?
 
Et un petit dessin du Sumoups, un, créé par DePa. 
ete

28
sep

Scandaleusement riche...

Ce soir, je serai scandaleusement riche, fabuleusement riche... alors je vais d'ores et déjà faire mon shopping...  Bonne journée à tous...