29
nov

Expérience sociologique

Vous savez combien j'aime les expériences sociologiques.    Ah oui, j'aime ça.

 

Dernière expérience en date : "comment lit le peuple ?"

 

Outil de travail : un livre puisé au hasard dans ma récente collection (un livre dont je vous ai parlé dans ces colonnes – ça fait magazine cette expression, non ? - titre disponible sur simple demande par mail accompagnée d'un versement de 1,99 eur – tout se monnaie Mesdames et messieurs). 

 

Lieu de l'expérience : la salle d'attente au bureau.  Le livre y est déposé bien à vue, au centre d'une antique table d'appoint, histoire de jauger les réactions de la faune humaine qui attend, attend et attend encore.  L'attente rend-elle curieux ?  L'attente rend-elle somnolent ?  L'attente donne-t-elle envie de lire ?

 

Résultats :

 

Un premier Monsieur s'en désintéresse totalement, et l'ensevelit sous un tas de magazines puisés dans la réserve, m'obligeant, après son passage, à aller faire le ménage (dieu que j'aime faire le ménage).

 

Un couple pénètre ensuite dans la salle d'attente : Monsieur jette un œil, feuillette rapidement l'ouvrage, puis l'abandonne, sans doute car il ne comporte pas d'images…  Madame, elle, semble intriguée, puis captivée.  Elle se plonge dans la lecture.  Son GSM sonne, la distrayant.  Elle dépose l'ouvrage.  Répond au téléphone.  Prend ensuite un magazine, oubliant le livre qui la passionnait précédemment.  Voilà comment un GSM peut distraire une envie culturelle…

 

Un Monsieur impatient se présente ensuite : il se plonge immédiatement dans une lecture frénétique, qu'il ne lâchera à regret que lorsque son tour sera venu.

 

Une Dame semble énormément apprécier l'ouvrage, au point que je la soupçonne de vouloir le dérober.  Un coup d'œil à gauche, un coup d'œil à droite… La voie est libre.  Elle ébauche un mouvement vers son sac à main, jette un dernier regard aux alentours, puis se ravise, prise de remords ou d'une angoisse soudaine, et redépose enfin l'ouvrage.  Bien lui en a pris, je m'apprêtais à prévenir le service de sécurité, non mais, nul ne peut impunément perturber mes expériences sociologiques.

 

Un Monsieur bedonnant se lance, devant mon livre, dans le nettoyage intégral de sa tenue vestimentaire : et que je frotte, et que je gratte, et que j'époussette.  Je n'ose imaginer ce dont il tente de se débarrasser : bébêtes, pellicules, miettes de croissant ?  Le tout retombe inévitablement sur la couverture du livre, aaaargh, horreur et putréfaction, encore du ménage en perspective.

 

Et la journée se poursuit, faite de lecteurs captivés qui n'abandonnent l'ouvrage que contraints et forcés, parce que leur tour est venu; de lecteurs désintéressés qui remarquent à peine qu'un joli livre leur fait de l'œil; de lecteurs épuisés qui somnolent béatement dans la salle d'attente; de lecteurs plus intéressés par les derniers potins de la Star Ac ou la dernière collection de sous-vêtements de Loana (mais si, souvenez-vous, la Loft Story Girl qui a fait des choses que la morale réprouve dans une piscine truffée de caméras).

 

Une expérience sociologique somme toute productive, qui a provoqué chez moi maints fous rires et moments attrayants.  C'est l'essentiel…

 

Vous me direz : comment sais-tu tout ça Anaïs ?  Et bien passque j'ai la TV au bureau moi Messieurs-Dames.  Une chance hein.  Bon c'est toujours la même chaîne un peu monotone "salle d'attente TV", mais ça permet d'observer pas mal de choses : les petits câlins des amoureux, le froid polaire entre les pas (ou plus) zamoureux, ceusses qui mangent en douce, ceusses qui rêvassent... sans oublier ceusses que j'oublie, ce qui m'arrive souvent, d'où l'intérêt de "salle d'attente TV"...

 

16
nov

Demain...

Demain, journée spéciale célibat sur ce blog...

14
nov

(Re)conversion

L’autre jour, je « discutais » sur MSN avec ma chère collègue Mostèk.  Nous parlions de nos âges, lorsqu’elle me dit « ce qui est génial avec toi c'est que j'ai pas l'impression que t'as dix ans de plus j’ai l'impression que t'as le même âge que moi ».

Ce fut donc un jour à marquer d’une pierre blanche, à noter dans vos agendas, parce qu’en général, les mots tendres de Mostèk sont plutôt du genre « attends n’entre pas encore, la voiture est trop près du mur, je vais la bouger, même si tu étais mince tu ne saurais pas passer » (cf ce billet).

Car en effet, Mostèk et moi, on a dix ans de différence.  Elle a dix ans de moins que moi, cette garce, cette vipère, cette vilaine pas belle, cette … jeune !  En d’autres termes, lorsqu’elle gazouillait encore gentiment dans son parc, j’en étais déjà à apprendre la table de multiplication par neuf.  Lorsqu’elle a cessé de mettre des langes, j’étais déjà en secondaires.  Lorsqu’elle mangeait des Délichoc, je les appelais encore Bichoc.  Lorsqu’elle habillait encore sa barbie, je sortais en boîte et je commençais à me débaucher dans l’alcool.  Lorsqu’elle a commencé ses études supérieures au même endroit que moi, ça faisait déjà un sacré bail que je bossais pour patron vénéré.  Lorsqu’elle fut engagée par ledit patron vénéré pour me remplacer durant une longue et pénible maladie (quinze jours – dans le privé, quinze jours d’absence, on appelle ça une longue et pénible maladie), j’ai décidé de la haïr, cette remplaçante, qui me chipait mon boulot et anéantissait pour moi toute l’avancée fulgurante de ma brillantissime carrière.  Puis elle est restée.  Puis elle était cool.  Puis on a sympathisé et voili voilà, maintenant on s’aimeuh (en tout bien tout honneur, of course).

Et elle a raison, Mostèk, moi non plus j’ai pas l’impression qu’elle a dix ans de moins (tout comme j’ai pas non plus cette impression par rapport à mes amies qui en ont dix de plus), elle a pas l’air gamine, ni débile, ni fofolle, ni hystérique.  Je n’ai pas cette impression d’avoir une demi-génération de plus qu’elle, sauf quand je regarde son œil de velour (ou de corbeau, en fonction de son humeur), autour duquel, j’ai beau scruter, je ne vois aucune ride, tandis que le mien est déjà plein de rides d’expression, même si je tente en vain de ne marquer aucune expression sur mon visage depuis ce cap fatidique des 25 ans.  

Sinon, on aime toutes deux les années 80, les mêmes dessins animés et le chocolat.  On aime rire et parler de nos vibros, on aime fantasmer sur les hommes, à la différence près que quand moi je fantasme sur un homme, il pourrait quasi être son père et que ceux sur lesquels elle fantasme me semblent à peine sortis des jupes de leurs mères.

Mais y’a une différence qui me rappelle très souvent notre différence d’âge : c’est l’euro.

Je m’y suis facilement adaptée, à l’euro (ou au neuro, ou encore au zeuro, selon les liaisons que vous aimez faire), habituée que j’étais, depuis des années, à convertir les prix durant toutes mes vacances, et pour toutes mes copines.  Je dois avoir un calculette de conversion en tête, je fais ça les deux doigts dans le nez.

Alors, quand l’euro est arrivé (il est néééé le divin euro, jouez hauts-bois résonnez musettes), no problem pour Anaïs, fingers in the noze.

Sauf que je n’utilise l’euro que lorsque cela me chante, savoir :

Je parle en euro pour minimiser la valeur « Pas chères, mes nouvelles bottes, seulement 149 eur », « Allez, on va au Quick, un chtit menu à 6 eur, alleye pitiééé »

Et je continue à parler en francs belges pour marquer l’importance de la somme « T’as vu le prix de ces bottes, six mille balles, c’est du vol ! »

Et je comprends que Mostèk est bien plus jeune, mais alors là tellement plus jeune que moi, lorsqu’elle me dit « Six mille balles ?  Mais, Anaïs, ça fait combien en euros, dis-moi ? »

Dessin de Sue, que je remercie de s’être prêtée au jeu du billet à illustrer, avec brio (et de vouloir continuer, yahaaaaaaaaaaaa) (et de ne pas m’avoir lynchée virtuellement d’avoir tant traîné à publier son dessin, ce qui est d’ailleurs le cas d’autres illustrateurs, promis, je vais rattraper mon retard).
choc-generations-couleurspt

13
nov

Toujours pas morte !

Mais là je crèèèèèèèèèèèèèèève de chaud, c'est l'enfer qui vient d'emménager chez moi.  Zou, je file au lit regarder cette série dont je suis folle, Cold Case, qui fait son come back (j'avais rédigé un billet sur le sujet début d'année, je vais enfin pouvoir le placer). Même pas soupé, ma vie est en danger. Mais vous zinquiétez pas, bande d'égoïstes (tchu), j'ai programmé deux billets pour demain, RV à 6h45 et à 11h45, zaurez de la lecture... See you soon.

13
nov

Je meurs...

A peine rentrée de ces deux jours de chouchoutage, je me dois de vous le dire : je me meurs.  Froid, envie de vomir... ça sent mauvais, très mauvais.  Aucune énergie pour vous rédiger le compte-rendu (même plus sûre qu'il y a un trait d'union entre compte et rendu d'ailleurs mais pas l'énergie d'ouvrir mon dico), aucune énergie pour trouver un petit dessin bien imagé pour illustrer la nausée qui m'envahit.

Aaaaaaaaaaaaaaaargh.  Paaaaaaaaas bieeeeeeeeeeeeeeeeeeeeen.