23
avr

Au fait...

J'oubliais de vous dire, deux des trois blogs pour lesquels je vous ai invités à voter au Festival de Romans, savoir "Babillages" et "Merci pour le chocolat", ont été primés... prix du blog beauté/mode et coup de coeur du jury.

A trois on les félicite.  Un.  Deux.  Trois. Bravooooo.

Cool non ?

Chuis douée pour découvrir les talents... des autres... passque moi j'ai rien gagné.  Tant pis et à l'année prochaine...

21
avr

Chronique d'un dimanche ordinaire pas si ordinaire

Pas si ordinaire ?  Non.  Passque depuis le début de cette année, c'est la révolution dans mon quartier (prononcez kartché) : le supermarché est ouvert le dimanche.  Oui ma bonne Dame, rien que ça.

Je décide donc de tester la chose.  Me vlà partie vers mon supermarché.  Un dimanche.  Quelle aventure.

La rue est déserte.

Ou presque.

Je croise une jeune femme munie d'un sac bombé de viennoiseries.  Rejoint-elle son amoureux qui garde le lit bien chaud ?

Un vieux monsieur déambule difficilement, lui aussi avec son sac plein de bonnes choses.  Un petit réconfort pour avoir bravé le froid matinal, malgré le soleil.

Aucune voiture.

Ou presque.

On se croirait un lendemain de la veille.  Ou après une guerre nucléaire.  Ou un dimanche matin, sans doute.

Dans le supermarché, même constat.  Calme plat.  Volupté.  Les gens sont cool.  No stress.  No panic.  Ambiance feutrée.  Je me surprends à parler toute seule, tant les rayons sont calmes et vides.  C’est grave docteur ?  Cette zenitude se répand parmi les quelques personnes qui ont eu, tout comme moi, l’idée saugrenue de faire leurs courses un dimanche à l’aube.

En quittant les lieux, je m'arrête un bref instant pour laisser passer une toute petite vieille dame, dont la tête, emballée dans un foulard bleu, laisse apparaître un visage ridé comme une pomme, qui me fait penser au visage de la sorcière de Blanche-Neige (encore une histoire de pomme), version gentille.  Elle me gratifie d'un sourire, au moment même où la porte coulissante se referme violemment sur moi.  Me voilà coincée dans cette porte qui ne daigne pas se rouvrir.  Un charmant monsieur vole à mon secours.

L'ambiance est décidément bon enfant.  Les gens sont paisibles.  Le ciel est clair.  Les sourires sont de rigueur.

C'est définitivement agréable, de faire ses courses le dimanche.

Je décide ensuite de m'offrir un chtit croissant (enfin deux, mais ne le répétez à personne) et me dirige vers la boulangerie, saisis mon 7dimanche et entame une loooongue file.  Tout est calme.  Les gens attendent patiemment leur tour.  Et moi je lis ma chronique.  Rien ne presse.

Quand tout d'un coup.  Un bruit.  Un cri.  Un hurlement.  Qui se rapproche.  Se rapproche.  Et se rapproche encore.  Regards interrogateurs.  Angoisse.  Panique à bord.  

La voilà.  Une femme.  Cheveux longs.  Enervée.  Enragée.  Qui hurle.  Qui insulte.  Qui crie.  Qui vocifère.  Sur ma ville, qu'elle hait.  Sur les taxes, qu'elle ne veut plus payer.  Sur les ministres, trop payés.  Sur le pain, empoisonné.  Et sur son mec, qui l'a larguée.  Et elle crie, encore et encore.  Le temps suspend son vol.  On attend la suite.

Et je m'interroge : est-elle saoule ?  Est-elle en crise ?  Est-elle dépressive ?  A moins que ce ne soit les trois en même temps ?  Un homme la fait partir, en douceur.  Elle hurle de plus belle.  La file reprend son cours.  Le temps reprend sa marche.  Les gens sont ébahis par tant de violence de si bon matin.

Et j'ai pitié de cette femme dont le dimanche ne s'annonce pas sous les meilleurs auspices.

Je rentre chez moi, repiquer mes pensées.  Enfin.  Elles auront attendu, les pauvres.  

18
avr

J'ai déménagé !

Savez-vous que sur l’échelle du stress, un déménagement occupe la troisième place, après le deuil et le divorce.  Pour moi, ça serait presque la première, tant je HAIS les déménagements.  D’ailleurs il faudra me passer sur le corps, me réduire en charpie, m’expulser en me tirant par les pieds pour me faire quitter mon home sweet home.  J’y suis j’y reste.

Mais j’ai déménagé au bureau.

Durant des années, j’ai occupé le sous-sol.  Oui, vous lisez, bien, oùsqu’il y a, en théorie, des colonies d’araignées, des familles de souris et des générations entières de bestioles dont je n’ose même pas imaginer la tête.

Mais bon, c’était une cave aménagée en bureau, malgré le manque de lumière et l’absence totale d’aération.

Y’a quelques années, je me suis retrouvée au rez-de-chaussée.  Vue sur jardin, plantes et chat pleurnichard avide de câlins (il me fend le cœur ce chat, qui vient tout le temps hurler derrière la porte-fenêtre – mais boss adoré déteste les chats et détesterait que je fasse entrer un chat, ça serait même limite faute grave immédiate).  Vue, également sur clients, mécontents, puants, suintants, peu souriants, blaguant ou râlant, au choix...

Il y a quelques semaines, enfin, j'ai quitté le rez pour rejoindre le premier étage.  

Une promotion ?  Pas vraiment.  Pas du tout même.  Mais on dira ça ainsi.  C'est plutôt le hasard d'une place qui s'est libérée près de Mostek et Moustique, et sur laquelle j'ai sauté comme (expression que j'ai lue sur un blog) la vérole sur le bas clergé (je me demande si j'ai bien mémorisé ladite expression).

Et depuis, il faut le reconnaître, je nage dans le bonheur.  Plus de clients mécontents puants suintants blaguant râlant peu souriants, mais deux collègues avec qui je partage des parties de fou rire (nous sommes devenues championnes dans l'art du fou rire, surtout la version stressée, sorte de rictus quasi invisible qui nous fait ensuite nous esclaffer en choeur), des parties de Scrabble, des parties de dégustation de crasses (j'ai bien dû prendre deux kilos) et des parties d'heures de travail bien agréables...

Y'a juste un petit problème.

Depuis que je bosse avec elles, je suis devenue d'une vulgarité crasse.  J'étais déjà adepte du mot puant à cinq lettres (savoir merde), mais j'ai élargi mon vocabulaire, et c'est leur faute, ou plutôt la faute au mimétisme.  A force de les entendre, je les singe... (un vrai zoo dans le bureau).

Alors j'ai proposé une grande réforme des gros mots, que nous tentons de mettre en pratique.

Nous ne dirons plus "bordel" mais "maison close".
Nous ne dirons plus "putain" mais "péripatéticienne".
Nous ne dirons plus "ça fait chier" mais "ça fait déféquer".
Nous ne dirons plus "merde" mais "déjection".
Nous ne dirons plus "ta gueule" mais "ton museau".
Nous ne dirons plus "salope" (et je ne vous dirai pas de qui nous parlons) mais "dévergondée".
Nous ne dirons plus "trouduc" (idem) mais "orifice anal".
Nous ne dirons plus "bordel de merde putain ça fait chier" mais "maison close de déjection péripatéticienne ça fait déféquer".  C'est long, mais c'est plus mieux.

Depuis quatre jours déjà, la réforme est lancée, et on y parviendra.  Seul problème, mais il ne durera pas, simple question d'habitude, chacune de ces nouvelles expressions nous fait hurler de rire, et certains clients ont déjà subi les conséquences de ces fou rires au téléphone...  Tant pis, mieux vaut une interlocutrice écroulée de rire qu'une interlocutrice revêche non ?

Ah on peut le dire : y a d'l'ambiance à l'étage Anaïs/Mostek/Moustique.

Et une petite illu de Marguerite, mettant en vedette mes collègues préférées.
mosteakpt

17
avr

Bonne fête

Aux chouchoutées, aux débordées, aux gâtées, aux exploitées, aux en congé, aux sous-payées, aux adorées, aux fatiguées, aux vénérées, aux énervées, aux fêtées, aux oubliées… dont je fais chaque année partie...

Bonne fête à toutes les secrétaires !

 

16
avr

Vous avez du mouron à vous faire pour l’avenir de ce blog

Je sais même pas si c’est français, mouron.  J’étais persuadée que « nin bramin » était wallon, alors que je l’ai entendu dans les Ch’tis.  Alors j’en perds mon latin.  Et j’ignore l’origine du mot mouron.

Mais vous avez du mouron à vous faire.

Car je deviens obsédée par les mots.  Que dis-je, obsessionnée !

Tout ça c’est la faute à Superlolo

Un jour, innocemment, elle m’a envoyé une invitation à jouer au Scrabble sur Facebook, le site qui sert à rien du tout qu’à faire perdre son temps aux gens.  Moi j’aime pas le Scrabble.  Et j’aime pas Facebook.  Mais je suis sur Facebook et j’ai accepté l’invitation à jouer au Scrabble.

Ce fut ma perte.

Oh, cette partie commencée avec Superlolo y’aura bientôt un mois (deux ?) n’est toujours pas terminée.

Mais j’en ai, depuis lors, entamé et terminé des dizaines avec Mostek et je suis devenue complètement accro.

Au Scrabble !

C’est dire si je suis tombée bien bas.  Pourtant je ne m’ennuie pas, j’ai des tas de trucs à écrire, des billets entamés jamais terminés, des idées en tête pour ceci ou cela.  Mais rien à faire.  Je préfère jouer au Scrabble que vous écrire des billets.  J’ai découvert le plaisir de placer des mots cochon, la joie de faire beaucoup de points, beaucoup beaucoup, la jouissance de gagner une partie, et puis comment placer les W, X, Z et Y, qui donnent beaucoup de points mais aussi beaucoup de fil à retordre…

Accro je vous dis !

Au point que l’autre soir, ayant mis à jour toutes mes parties, et en l’absence de Mostek, j’ai ressenti soudain ce grand manque, cette envie pressante, ce besoin vital de jouer.  Alors j’ai entamé des parties avec des inconnus.

Je vais mal, je le sais.  Y a-t-il un thérapeute spécialisé dans le sevrage Scrabble dans la salle ?  Un groupe de Scrabbleurs anonymes dans ma région ?

Et s’il n’y a pas de thérapeute, ni de groupe de soutien, mais des volontaires pour jouer avec moi, chuis Anaïs Valente (quel scoop) sur Facebook…