24
avr

Régression

Dans la série régression, je demande la fifille tout sourire, alias moi.

Nous vlà partie, il y a un petit temps déjà, avec ma collègue chérie (que vous connaissez maintenant tous, Mostek, celle qui ne met jamais de commentaire, tout comme la seconde collègue chérie, qui ne met jamais de commentaires non plus, Moustique – en fait elles ne passent jamais ici donc je peux dire tout le mal que je veux, gnark gnark gnark) pour faire des courses.

Je vous passe le détail des courses, dont je ne vous ferai pas photo, car elles n’ont rien d’intéressant : j’ai juste acheté un stock de ce qu’on appelle timidement « outils périodiques pour femme », et ce pour les dix ans à venir.  Hamster moi ?  Oui je sais.

A la sortie du magazine, Mostek a repéré pour moi un distributeur.  Vous savez, ces machines à l’origine rouges, qui distribuaient des chewing-gums, des cacahuètes et des babioles, pour la modique somme de 5 ou 20 BEF (savoir 0,12 ou 0,50 eur, pour les non belges).  

Maintenant, on doit se fendre d’un ou deux euros, mais les gadgets en valent la peine.

Le distributeur en question distribue (enfin contre monnaie sonnante et trébuchante) des Hello Kitty.  Oui, vous avez bien lu.  Je me liquéfie de bonheur, je sautille de joie, j’ai cinq ans, quatre peut-être.

Je sors joyeusement ma pièce de 2 eur, je la glisse dans la fente et je tourne.  Y’a des années que je n’avais pas fait ça.  A l’époque, je ne devais même pas m’agenouiller pour prendre ma surprise.

Je m’agenouille et je prends ma surprise, les yeux brillants d’excitation.  J’extrais une petite balle rose contenant… un petit sac rose contenant… ma surprise Hello Kitty…  Une adorable petite Hello Kitty tenant un minuscule gâteau.  Je souris béatement comme si j’avais gagné au lotto.    Mostek fait de même et reçoit la même adorable petite Hello Kitty (ouf pas de jalousies, de grincements de dents, de tirage de gueule, de troc sous la menace).

Une ado qui passe par là, accompagnée de sa cerbère de mère, remarque notre enthousiasme et se joint à nous (je vois dans son regard qu’elle veut, elle aussi, une petite Hello Kitty).  Sa mère croise mon regard enjoué, lève les yeux au ciel et traîne sa fille loin des deux folles qui risquent de mettre son éducation en péril.

Tout à notre joie, nous sortons du magasin, tenant précieusement nos Hello Kitty, les dévorant du regard, imaginant ce que nous allons en faire, et nous croisons un tas de regards éberlués, cyniques, désapprobateurs ou moqueurs.

Et bien je vais vous le dire, je prie chaque jour le Seigneur et tous les saints, ou Allah, ou qui que ce soit qui vive là-haut, pour ne jamais, oh non jamais, ne devenir désabusée comme ces regards que j’ai croisés.  Pour, même à soixante ans, prendre un pied d’enfer en achetant une surprise Hello Kitty.  Pour garder toujours au fond de moi une petite part de mon enfance.

NB : Depuis ce fameux jour, nous avons remis ça avec des Hello Kitty déguisées en infirmière, en mariée, en musicienne et des Hello Kitty transformées en animaux.  J'ai eu deux hippopotames (j'en troque un à qui le veut) et un éléphant... je soupçonne un signe du destin pour m'informer que j'ai un tantinet grossi...  

Une chtite photo ?  Une chtite photo.

Un chtit dessin ?  Un chtit dessin de Mako.
kitty
hello kitty-1pt

23
avr

Au fait...

J'oubliais de vous dire, deux des trois blogs pour lesquels je vous ai invités à voter au Festival de Romans, savoir "Babillages" et "Merci pour le chocolat", ont été primés... prix du blog beauté/mode et coup de coeur du jury.

A trois on les félicite.  Un.  Deux.  Trois. Bravooooo.

Cool non ?

Chuis douée pour découvrir les talents... des autres... passque moi j'ai rien gagné.  Tant pis et à l'année prochaine...

21
avr

Chronique d'un dimanche ordinaire pas si ordinaire

Pas si ordinaire ?  Non.  Passque depuis le début de cette année, c'est la révolution dans mon quartier (prononcez kartché) : le supermarché est ouvert le dimanche.  Oui ma bonne Dame, rien que ça.

Je décide donc de tester la chose.  Me vlà partie vers mon supermarché.  Un dimanche.  Quelle aventure.

La rue est déserte.

Ou presque.

Je croise une jeune femme munie d'un sac bombé de viennoiseries.  Rejoint-elle son amoureux qui garde le lit bien chaud ?

Un vieux monsieur déambule difficilement, lui aussi avec son sac plein de bonnes choses.  Un petit réconfort pour avoir bravé le froid matinal, malgré le soleil.

Aucune voiture.

Ou presque.

On se croirait un lendemain de la veille.  Ou après une guerre nucléaire.  Ou un dimanche matin, sans doute.

Dans le supermarché, même constat.  Calme plat.  Volupté.  Les gens sont cool.  No stress.  No panic.  Ambiance feutrée.  Je me surprends à parler toute seule, tant les rayons sont calmes et vides.  C’est grave docteur ?  Cette zenitude se répand parmi les quelques personnes qui ont eu, tout comme moi, l’idée saugrenue de faire leurs courses un dimanche à l’aube.

En quittant les lieux, je m'arrête un bref instant pour laisser passer une toute petite vieille dame, dont la tête, emballée dans un foulard bleu, laisse apparaître un visage ridé comme une pomme, qui me fait penser au visage de la sorcière de Blanche-Neige (encore une histoire de pomme), version gentille.  Elle me gratifie d'un sourire, au moment même où la porte coulissante se referme violemment sur moi.  Me voilà coincée dans cette porte qui ne daigne pas se rouvrir.  Un charmant monsieur vole à mon secours.

L'ambiance est décidément bon enfant.  Les gens sont paisibles.  Le ciel est clair.  Les sourires sont de rigueur.

C'est définitivement agréable, de faire ses courses le dimanche.

Je décide ensuite de m'offrir un chtit croissant (enfin deux, mais ne le répétez à personne) et me dirige vers la boulangerie, saisis mon 7dimanche et entame une loooongue file.  Tout est calme.  Les gens attendent patiemment leur tour.  Et moi je lis ma chronique.  Rien ne presse.

Quand tout d'un coup.  Un bruit.  Un cri.  Un hurlement.  Qui se rapproche.  Se rapproche.  Et se rapproche encore.  Regards interrogateurs.  Angoisse.  Panique à bord.  

La voilà.  Une femme.  Cheveux longs.  Enervée.  Enragée.  Qui hurle.  Qui insulte.  Qui crie.  Qui vocifère.  Sur ma ville, qu'elle hait.  Sur les taxes, qu'elle ne veut plus payer.  Sur les ministres, trop payés.  Sur le pain, empoisonné.  Et sur son mec, qui l'a larguée.  Et elle crie, encore et encore.  Le temps suspend son vol.  On attend la suite.

Et je m'interroge : est-elle saoule ?  Est-elle en crise ?  Est-elle dépressive ?  A moins que ce ne soit les trois en même temps ?  Un homme la fait partir, en douceur.  Elle hurle de plus belle.  La file reprend son cours.  Le temps reprend sa marche.  Les gens sont ébahis par tant de violence de si bon matin.

Et j'ai pitié de cette femme dont le dimanche ne s'annonce pas sous les meilleurs auspices.

Je rentre chez moi, repiquer mes pensées.  Enfin.  Elles auront attendu, les pauvres.  

18
avr

J'ai déménagé !

Savez-vous que sur l’échelle du stress, un déménagement occupe la troisième place, après le deuil et le divorce.  Pour moi, ça serait presque la première, tant je HAIS les déménagements.  D’ailleurs il faudra me passer sur le corps, me réduire en charpie, m’expulser en me tirant par les pieds pour me faire quitter mon home sweet home.  J’y suis j’y reste.

Mais j’ai déménagé au bureau.

Durant des années, j’ai occupé le sous-sol.  Oui, vous lisez, bien, oùsqu’il y a, en théorie, des colonies d’araignées, des familles de souris et des générations entières de bestioles dont je n’ose même pas imaginer la tête.

Mais bon, c’était une cave aménagée en bureau, malgré le manque de lumière et l’absence totale d’aération.

Y’a quelques années, je me suis retrouvée au rez-de-chaussée.  Vue sur jardin, plantes et chat pleurnichard avide de câlins (il me fend le cœur ce chat, qui vient tout le temps hurler derrière la porte-fenêtre – mais boss adoré déteste les chats et détesterait que je fasse entrer un chat, ça serait même limite faute grave immédiate).  Vue, également sur clients, mécontents, puants, suintants, peu souriants, blaguant ou râlant, au choix...

Il y a quelques semaines, enfin, j'ai quitté le rez pour rejoindre le premier étage.  

Une promotion ?  Pas vraiment.  Pas du tout même.  Mais on dira ça ainsi.  C'est plutôt le hasard d'une place qui s'est libérée près de Mostek et Moustique, et sur laquelle j'ai sauté comme (expression que j'ai lue sur un blog) la vérole sur le bas clergé (je me demande si j'ai bien mémorisé ladite expression).

Et depuis, il faut le reconnaître, je nage dans le bonheur.  Plus de clients mécontents puants suintants blaguant râlant peu souriants, mais deux collègues avec qui je partage des parties de fou rire (nous sommes devenues championnes dans l'art du fou rire, surtout la version stressée, sorte de rictus quasi invisible qui nous fait ensuite nous esclaffer en choeur), des parties de Scrabble, des parties de dégustation de crasses (j'ai bien dû prendre deux kilos) et des parties d'heures de travail bien agréables...

Y'a juste un petit problème.

Depuis que je bosse avec elles, je suis devenue d'une vulgarité crasse.  J'étais déjà adepte du mot puant à cinq lettres (savoir merde), mais j'ai élargi mon vocabulaire, et c'est leur faute, ou plutôt la faute au mimétisme.  A force de les entendre, je les singe... (un vrai zoo dans le bureau).

Alors j'ai proposé une grande réforme des gros mots, que nous tentons de mettre en pratique.

Nous ne dirons plus "bordel" mais "maison close".
Nous ne dirons plus "putain" mais "péripatéticienne".
Nous ne dirons plus "ça fait chier" mais "ça fait déféquer".
Nous ne dirons plus "merde" mais "déjection".
Nous ne dirons plus "ta gueule" mais "ton museau".
Nous ne dirons plus "salope" (et je ne vous dirai pas de qui nous parlons) mais "dévergondée".
Nous ne dirons plus "trouduc" (idem) mais "orifice anal".
Nous ne dirons plus "bordel de merde putain ça fait chier" mais "maison close de déjection péripatéticienne ça fait déféquer".  C'est long, mais c'est plus mieux.

Depuis quatre jours déjà, la réforme est lancée, et on y parviendra.  Seul problème, mais il ne durera pas, simple question d'habitude, chacune de ces nouvelles expressions nous fait hurler de rire, et certains clients ont déjà subi les conséquences de ces fou rires au téléphone...  Tant pis, mieux vaut une interlocutrice écroulée de rire qu'une interlocutrice revêche non ?

Ah on peut le dire : y a d'l'ambiance à l'étage Anaïs/Mostek/Moustique.

Et une petite illu de Marguerite, mettant en vedette mes collègues préférées.
mosteakpt

17
avr

Bonne fête

Aux chouchoutées, aux débordées, aux gâtées, aux exploitées, aux en congé, aux sous-payées, aux adorées, aux fatiguées, aux vénérées, aux énervées, aux fêtées, aux oubliées… dont je fais chaque année partie...

Bonne fête à toutes les secrétaires !