9
jui

J'ai testé un WE entièrement seule

Et quand je dis "testé", ce n'est pas un choix totalement délibéré, of course, puisque le WE s'annonçait de la sorte, tout simplement.  Je n'aurais pas dit non à un WE thalasso (ah ben non, c'est le WE prochain la thalasso, youpiiiiie), à un WE gastronomique là oùsqu'on mange du foie gras, à un WE à la mer à déguster des gauf' ou, mieux, à un WE à Wimereux, petite ville de France que j'aime.  Mais non, ma bonne Dame, il était écrit que je passerais mon WE toute seule.

Ils sont rares les WE où je ne vois absolument personne, je ne parle à personne, je ne partage un repas avec personne.

Rares.  Mais ça arrive.  C'est ça être célibataire... ou célib-à-terre.

Pour couronner le tout, j'ai pris congé vendredi, histoire de prolonger ce long WE solo.  Nan, je rigole, deux jours m'auraient suffi, mais j'ai pris de bonnes résolutions : terminer un projet en cours (contrainte et forcée, j'ai des impératifs), commencer un nouveau projet, avancer dans un troisième projet et puis surtout, surtout, surtout, ranger l'intégralité de mon home sweet home transformé en musée des horreurs ces derniers mois.  

Me voilà donc livrée à moi-même durant 72 heures.  Trois jours.  Trois nuits.

Récit...

Vendredi.

Grasse mat' jusque presque 10h.  Entrecoupée de réveils angoissés "il est quelle heure, il est quelle heure ?"  Je rêve que je range.  Je suis dans une maison pleine de chambres d'enfants, et je range.  Tout est pourtant bien rangé, ce qui me rassure.  Puis je me réveille et je constate l'ampleur des dégâts ici.  Je viendrais à mourir, là, de suite, mes héritiers n'en reviendraient pas d'un tel foutoir.  C'est plus nin possip'.  Deux pancakes au sirop d'érable, je me mets au taf.  

Pour l'occasion, je ressors un CD plus écouté depuis presque dix ans, que j'avais acheté par amour.  J'achète souvent des CD par amour.  Enfin, "souvent", tout est relatif.  Lorsque je suis amoureuse, ce qui est somme tout relativement rare.  J'ai ainsi découvert Depeche Mode par amour, y'a un grand bail.  Et The Cranberries, par amour, y'a un petit bail.

Donc j'écoute Cranberries.  Zombie.  Je hurle en vaissellant (nouveau verbe censé rendre l'opération vaisselle plus attrayante).  No need to argue.  Je dois m'asseoir.  J'avais oublié cette chanson.  No need to argue.  Dieu sait pourtant combien de fois je l'ai écoutée, en boucle, inlassablement, repeat, repeat, repeat, repeat, repeat...  Cette chanson, j'avais à l'époque décidé qu'elle serait parfaite pour un enterrement.  Ne me demandez pas la raison, j'adore sélectionner des chansons pour les enterrements, et les écouter en prévision.  C'est sordide ?  C'est morbide ?  Peut-être, mais pour ma part, ça exorcise.  Mais ça n'empêche rien. La mort est viendue, et la chanson n'est pas passée.  Mais jusqu'à ma mort à moi, la mienne rien qu'à moi, cette chanson sera associée à mes ancêtres qui me manquent tant et tant.  

Le soir venu, je m'offre un petit film romantique en DVD, un spaghetti et des macarons.  Satisfaite de ma journée moi y'en a être.  

Samedi.

J'écoute la BOF de Sex & the City pour me booster, mais je suis bien moins motivée qu'hier.  Résolution : ranger durant l'entièreté du CD.  Au troisième morceau, j'abandonne.  Je me mets au PC et je bosse trois bonnes heures.  Durant une petite sieste, je rêve que je m'apprête à manger une pizza Docteur Oetker suivie d'une glace Haagen Dasz praliné & cream.  Je rêve aussi que j'ai un amoureux.  Je me réveille.  Cruauté de la vie : ni pizza dans mon frigo, ni glace dans mon congélo, ni amoureux dans mon lit.  Je me remets au travail et je range enfin quinze culottes et treize chaussettes orphelines.  Point-barre.  Pas motivée.

Ensuite, grande idée, fabuleuse idée, sublime idée : regarder tous les épisodes de Sex & the City.  Qui a dit que tout prétexte était bon pour échapper au rangement ?

J'ai envie d'aller au cinéma, au resto, de voir du monde.  Jamais contente.  Quand j'ai des trucs prévus, je rêve d'une soirée tranquille.  Et quand je glande chez moi, j'ai envie de sortir.  Contradiction faite femme, c'est moi...

Dimanche.

Petit sortie pour aller chercher mon 7dimanche.  Pancakes au sirop d'érable à nouveau.  Un chtit épisode de Sex & the City, saison 2 (même pas honte d'avoir maté toute la saison 1 la veille).  Une lessive.  Une sieste au soleil.  Une correction de texte.  Quelques billets pour ce blog.  Un dimanche sinistre.  Puis un dimanche de fête des pères.  J'aime pas la fête des pères.  Les dimanches de fête des pères, j'ai envie de redevenir une toute petite fille.  Toute toute petite.  Mais ça n'arrivera pas.  Alors je m'installe dehors, au soleil, et je lis "Shoe addict", un livre génial dont je vous parlerai bientôt.  

Zieutant mon programme télé, j'apprends que l'adaptation en télésuite de "Où es-tu", de Marc Lévy, passe le soir sur RTL.  Ce livre, je l'ai lu un vendredi 13 juin.  Un chouette vendredi 13.  Un des plus chouettes vendredi 13 de ma vie d'ailleurs.  Et vendredi, on sera le 13 juin.  Et ce soir je vais regarder "Où es-tu".  Sympathique clin d'œil du destin.

Je tchatte sur le net, je tente Meetic, pour changer.  Je tchatte sur MSN, y'a pas foule.  Et un RV de planifié, un.  Je bosse encore un peu, j'avais prévu d'écrire des dizaines de billets pour le blog, je n'en aurai écrit que quatre.  

Et mon rangement, me direz-vous ?  Oups... tout est relatif non ?  Nous dirons donc que, toutes proportions gardées, j'ai bien avancé.  Mais que, vu de l'extérieur, on n'en voit pas la trace, tant le bazar est encore apparent.  Tout est relatif, disais-je.

Voilà, c'était un WE entièrement seule.  Je bénis le ciel de n'être pas morte d'une rupture d'anévrisme jeudi soir.  Comme le disait Bridget, on aurait retrouvé mon cadavre en putréfaction à demi-dévoré par le rat, dans un bordel innommable.  Merci mon Dieu.

Et une illu de Marie qui colle parfaitement à mon WE...
super-feignasse!

14
mai

Une petite place comme tant d’autres

place

Je suis sur cette petite place.  J’attends le bus. 

Une petite place ensoleillée.  Un village.  Je me crois dans le Sud de la France.

La librairie est fermée.  Ses tenanciers doivent siester.  Il est 15 heures.  Sud de la France, je vous dis.

Un petit chemin ne mène nulle part, semble-t-il.  Petit chemin lumineux, bruits d’oiseaux.  Odeurs d’enfance. 

Au loin, je distingue un cimetière.  J’adore les cimetières.  J’ai pourtant très peur de la mort, mais j’aime les cimetières, surtout quand le soleil brille.  Il en émane, étrangement, comme une joie contenue.  Et aujourd’hui, le soleil brille.

A côté du cimetière, une petite école.  Complexité de la vie, le cimetière à côté de l’école.  C’est ça, la vie.

Je prendrais bien le bus suivant, histoire de m’imprégner de l’ambiance, mais j’ai peur d’être repérée.  « Môssieur le gendarme, y’a une femme bizarre qui squatte la place depuis deux heures, elle gribouille des tas de trucs dans un agenda, elle est à côté de la banque, je me demande si elle ne prépare pas un mauvais coup ».  Je préfère éviter.

Je continue mon observation.

Une maison est en rénovation.  Ces nouveaux châssis anthracites, travaillés, aux formes particulières, ont dû coûter une fortune.  C’est beau.

En face, une fenêtre à guillotine est à demi ouverte.  Un voilage tente de s’en échapper, pris par la brise.

Le petit café de la place s’appelle « Café de la place ».  Logique.  Tellement logique.

Une statue de je ne sais pas qui et je n’ai pas le courage de bouger trône au centre, entourée de fleurs rouges.  Divers drapeaux flottent au vent léger.  Belge.  Wallon.  Européen.

Une moto passe.  Moto noire.  Motard jaune.  On dirait une grosse abeille.  D’ailleurs, l’engin fait un bruit d’abeille.  J’imagine une tapette géante, pour exterminer cet empêcheur de rêvasser en rond.

Ça me manque, une petite place de village, avec son église.  Celle-ci ne ressemble pas à ce que j’attends d’une place de village.  Elle est archi design, trop.  J’aime le design pour les maisons, pas pour les églises.

Les oiseaux s’en donnent à cœur joie.

Une cabine téléphonique.  Tiens, ça existe encore ?  A l’ère du GSM pour tous.

C’est l’heure de la sortie, les parents se pressent vers l’école.

Une voiture passe, une tête d’enfant en dépasse, par le toit ouvrant.  Il est debout.  Parents inconscients.  Mon neurone scénario catastrophe se met à travailler comme un fou. 

Une fillette me dit bonjour.  J’en suis presque étonnée.

Mon bus arrive. 

A ce moment, je remarque une toute petite plaque commerciale, à côté du « café de la Place »… elle indique « coiffure Anaïs ».  Dire que j’ai failli ne pas la voir.

Il est tard, faut que je rentre chez moi (Brel).

Photos noir et blanc de nuages.  Photo couleur d'Oli.
DSC_2342

 

13
mai

Y a-t-il une pharmacie dans cette ville ?

Samedi 10 mai 2008, 9h35.

Me faut une pharmacie.  Là.  De suite.

J'ai un rhume, enfin un rhube.  Et je commence des engelures.  Puis j'ai froid, très froid.  Mes doigts sont engourdis par le froid.  Viiiiite une pharmacie...

...

Nan, je ne suis pas partie vivre au Pôle Nord.  Ni en Laponie.  Ni au Groenland.  Ni même en Norvège.

Il m'est juste arrivé une catastrophe catastrophiquement catastrophique.

Ce matin, en me levant, les yeux encore remplis de sable, je me prépare un petit déjeuner rafraîchissant à déguster sur la terrasse mi-fraîche mi-ensoleillée, lorsque je réalise que la porte de mon congélateur n'est pas bien fermée.

Sacrebleu.

Keskisépassé ?

La longue rallonge dont je fais usage pour travailler avec mon PC portable à l'extérieur s'est mise en travers du chemin de la porte du congélo.  J'ignore depuis combien de temps, mais ça doit déjà faire un petit temps que je n'ai plus ouvert ledit appareil domestique mal domestiqué... Résultat : une ouverture de quelques centimètres, une porte qui ne se ferme plus et l'intérieur de mon congélateur transformé en igloo mal entretenu.

Me voilà donc, à 9 heures du matin à peine (c'est pas une vie ma bonne Dame), armée d'un grattoir et d'un couteau, à tenter d'enlever cette couche monstrueuse de glace qui recouvre tout et empêche tout mouvement des tiroirs.  Un enfer.  Mais un enfer glacial.

Le moins qu'on puisse dire c'est que ça vaut bien une séance de fitness.  Gratter, pousser, tirer, nettoyer, ramasser la glace, enlever les tiroirs, faire chauffer de l'eau dans des casseroles pour accélérer la fonte, tout en surveillant les aliments qui réchauffent en douce dans un coin de la cuisine (fait déjà chaud à cette heure là, pire qu'au Sahara).  Et à chaque fois que je parviens à détacher un morceau de glace, il vole en éclats et envoie de milliers de particules dans mes cheveux, sur mon visage, mes bras et dans ma cuisine.  Il neige !

Au prix d'efforts épuisants (je sais, je suis vite épuisée), je parviens à dégager un maximum de givre et de glace, à remettre les tiroirs à leur place (le quatrième m'a causé des frayeurs, j'ignorais que j'avais une telle force en moi).  Mes mains sont congelées, de petites peaux pas contentes s'en détachent.  Mon visage est coquelicot.  Mon corps est en sueur.  J'ai froid et chaud à la fois.  Mes pieds sont dans l'eau dégelée.  Mais tout est réparé.

La journée commence bien.

Avec tout ça, va falloir que je rame pour trouver cinq bonheurs, je vous le dis.  Et ramer, à l'heure actuelle, vu l'état de mes mains, ça va être coton.

9
mai

Le livre

Grand merci à Boo pour le design, sa rapidité et tout et tout... 

Ras-le-bol des "t'es encore toute seule ?", des "mais tu cherches au moins ?", des "tu prends tes vacances en octobre, ben oui, t'es célibataire", des "coucou ma belle, j'ai rencontré l'homme de ma vie, je l'aimeuh", et des "viens demain, j'ai quelqu'un de formidable à te présenter, si, je t'assure..."

Apprenez à occuper votre temps libre (nan, la TV, c'est pas l'idéal), à manger sainement (nan, les pizzas c'est pas sain), à être jolie pour vous (nan, le pyjama pilou c'est pas sexy), à exciter votre libido en berne (nan, vous ne vous ferez pas nonne), à garder la tête haute à des soirées où tout le monde est en couple (nan, vous ne pleurerez pas), à survivre aux vacances en solo et au mariage de votre meilleure amie… et puis, si vous le voulez, mais uniquement si vous le voulez, à rencontrer un crapaud à transformer en prince presque charmant.

banniere-anaisLa célib'attitude des paresseuses (Anaïs Valente)

Recommandé par des Influenceurs

30
avr

Comment mon blog a changé ma vie...

Je trouve l'expression trop forte, "changé ma vie".  Mon blog n'a pas changé ma vie.  Mais il lui a donné cette petite pincée de rêve et de joie supplémentaire.  Le petit truc en plus.  Les étincelles dans les yeux.  

D'abord, vous le savez, j'ai créé mon blog totalement par hasard, ignorant tout de cette mode des blogs de filles qui envahissait la France et les alentours.  Sans idée préconçue, juste pour faire partager quelques bafouilles.  Causer.  M'exprimer.

Alors tout ce qui m'est arrivé depuis, c'est du bonus, pour sûr.

D'abord, y'a eu les petits cadeaux sympas que j'ai reçus, des livres, des parfums, des crèmes pour ne pas être ridée, des sucrettes pour ne pas être grosse, un ensemble de lingerie, un cinéma, un spectacle, une invitation à Paris, une trousse Petite Mendigote...  Je ne vais pas le nier, j'adooooore les cadeaux.

Le blog m'a permis de faire quelques connaissances, d'autres blogueuses, des lectrices, je pense notamment à l'année dernière, rencontre de Superlolo, Boulu et Bibichette; et puis au concert de Christophe Willem auquel je ne serais pas allée sans la proposition d'Alex (je t'aimeuh Alex); et puis aussi à Sophie mon adorable lectrice parisienne que je rencontrerai très bientôt; aux bloggueuses croisées trop rapidement à Paris ; à tous les mails sympas que je reçois, de Gelbique ou d’ailleurs.  Et à une petite namuroise avec qui je vais partager un tiramisu très prochainement...

Je songe aussi à ce que ce blog m'a apporté en matière de stress, de fous rires, de prises de notes stratégiques et de crises d'angoisses au quotidien.  Je songe à toutes les personnes de ma vraie vie qui me supportent, dans les deux sens du terme, les pauvres.  Pas toujours évident de côtoyer une Anaïs nerveuse comme une puce en quasi permanence, des projets plein la tête, du blabla plein la bouche, des envies plein le cerveau.

Puis j'ai ma chronique dominicale, qui n'aurait jamais existé sans mon blog, c’est clair.  
 
Puis y’a Bob, et puis toutes les illustratrices qui m’autorisent à utiliser leurs oeuvres, ou, mieux, m’en font pour certains billets.  Un bonus extra pour mes écrits, qui enjolive mon blog.

Enfin, cerise sur le gâteau, mon livre qui sortira dans sept fois dormir.  Ma chose.  Lui non plus n’aurait pas vu le jour sans mon blog.  

Et puis... ah non, ça je ne vous en parle pas.  Pas encore.  Top secret.

Alors, merci mon blog, et merci vous, car sans vous, ce blog serait mort né, puisqu'un blog n'est rien sans son lectorat.  Amen.