22
jui

Escapade parisienne - épisode 2

Me voilà donc arrivée à Paris, accueillie par Sophie, qui m’emmène illico dans le dédale des RER et métros, vers son appartement, où je découvre ma chambre pour une nuit.  On papote on papote.  On papote tant qu’on en oublie l’heure, et qu’on repart ensuite en quatrième vitesse vers un bout de paradis terrestre, pour profiter des bons bien-être que j’ai gagnés il y a quelques semaines, souvenez-vous : l’institut Angoria... où nous arrivons en retard, sacrebleu.  Le lieu est très joli, un magnifique canapé plein de coussins invite à la détente, et un escalier en colimaçon nous mène à l’étage, où nous attend une cabine pour deux. 

Prévoyante, j’ai pris mon joli bikini.  Mais nous sommes invitées à nous dévêtir et à mettre un string en papier, savoir un morceau de papier WC hyper transparent relié par deux minuscules élastiques.  Ça ou rien, c’est kif kif bourricot.  Nous voilà donc, ne nous connaissant pas il y a deux heures à peine, contraintes de partager une nudité quasi intégrale.  Oups.  Glups.  Allez, on fonce.  Adieu pudeur, bonjour string qui gratte.

Nous nous installons chacune sur notre table de massage, tête-bêche, pour un gommage très agréable.  Petite douche, puis retour sur la table, recouverte de plastique.  Sophie semble vachement apprécier sa toute première séance de soins.  Nous sommes ensuite enduites totalement d’une substance grasse, puis emballées dans le film plastique sur lequel nous sommes couchées.  On dirait deux rollmops échoués sur le sable.  Impossible de boucher.  Mon nez me gratte.  Je tente de ne pas y penser.  Mais je ne pense qu’à ça.  Ça gratte, ça gratte et ça gratte encore.  Dieu comme c’est difficile d’avoir le nez qui gratte et les bras ligotés dans du plastique.

Un quart d’heure plus tard, nous sommes enfin déballées pour le clou de la séance : un massage hyper agréable, à la fois doux et fort.  Dément.  Trop court.  Evidemment.  Nous tentons ensuite tant bien que mal d’enlever tout ce gras qui recouvre notre corps.  Après le rollmops... nous voici transformées en sardines à l’huile.  Une histoire de poissons !

Nous quittons ensuite les lieux.  Verdict : les soins étaient parfaits, l’endroit est magnifique, mais je regrette le silence presqu’absolu des esthéticiennes, le manque d’explication sur les produits utilisés et le fait qu’on ne nous ait même pas proposé à boire... ça manque cruellement de convivialité.  Peut-être est-ce normal, à Paris, je ne sais trop.

Après un petit repas et quelques courses dans Paris, nous rentrons ensuite à l’appartement pour préparer la soirée d’anniversaire du copain de Sophie : quiches, apéros-légumes et pizzas + gâteau.  En même temps, je m’essaie à la Wii, engin diabolique, qui me révèle que l’âge de ma carcasse est de 48 ans argh.  Je m’amuse comme une petite folle à jouer au bowling (2 strikes), au golf (pas cap de viser le trou), à faire du yoga (chuis meilleure de la jambe droite que de la gauche) et divers jeux d’équilibre bien rigolos, durant lesquels je me contorsionne follement pour atteindre mon but, au point que je me claque le dos (il est écrit que je me bousillerai le dos à chaque passage à Paris).  Je me lance ensuite dans l’entrainement de mon cerveau, comme Nicole Kidman l’a fait elle aussi.  Mon cerveau a 32 ans, ce qui compense un tantinet l’âge de ma carcasse, mais le professeur Trucmuche me rappelle que l’idéal est d’avoir un âge de cervelle de 20 ans, qui représente le summum.  Va falloir que je m’entraîne ferme.

La soirée se passe super bien, les amis parisiens de Sophie sont sympas et zen.  On parle Belgique of course, puisqu’il paraît que j’ai un accent (et eux, zont l’accent français hein, non mais).  La discussion est ensuite lancée sur les frites, le secret des frites belges, les meilleures du monde et de plus loin, leur origine (les frites ont-elles bien été inventées en Belgique ?) et patati et patata.  Je leur explique la méthode de cuisson pour avoir des frites croustillantes au dehors, moelleuses en dedans une fois.  Petite parenthèse : je viens de faire une recherche sur le net pour trouver l’origine des frites, et bien vlà que des belch’ et des français s’engueulent virtuellement sur le sujet, les français prétendant que les frites sont françaises puisque les amerloques disent « french fries » - keskifopalircomconneriesunefoisbandedechauvinsprétentieux.  J’ai par contre trouvé cette jolie histoire, namuroise en plus, contant l’origine des frites, que je vous recopie: « Difficile de dire QUI a inventé cette recette de cuisson de la pomme de terre. Honteusement grasse et délicieusement déséquilibrée, cette spécialité serait… belge ! En effet, en 1781, les habitants de Namur avaient l’habitude de pêcher dans la Meuse du menu fretin et de le frire pour en améliorer leur ordinaire, surtout chez les pauvres gens. Mais les jours de grand froid, quand la pêche y devenait hasardeuse, les habitants découpaient les pommes de terre en forme de petits poissons et les passaient à la friture : la frite était née ! » (source : http://lewebpedagogique.com)

Choli non ?  Et ce n’est pas une légende, je vous le dis, même si les namurois n’étaient pas les seuls à pratiquer de la sorte.  Mince alors, si j’avais lu ça avant, j’aurais pu me la péter en expliquant que les frites ont été inventées par mes ancêtres.

Nous embrayons ensuite sur le sujet des œufs carrés.  Oui ,ma bonne Dame, à Paris, dans les hôpitaux, ils ont des œufs durs carrés.  On leur donne cette forme pour un meilleur conditionnement.  Ensuite, les vlà plongés dans l’eau pour qu’ils retrouvent leur forme d’origine.  Si c’est pas malheureux, je vais créer une pétition pour la protection des œufs durs moi.  Cette histoire me rappelle celle des pastèques carrées, inventées pour faciliter, là aussi, leur conditionnement.  Où va le monde...

La discussion va donc bon train, et à défaut de frite, je teste une cigarette qui fait rigoler.  Je l’avais dit (quand j’avais parlé de Weeds sur ce blog), je l’ai fait.  Il est dit qu’Anaïs testera tout et n’importe quoi pour son blog (les propositions sont bienvenues).  Et j’ai pas aimé.  Voilà.  Ça brule quasi pire que le wasabi sur la langue, ça pique et c’est pas bon.  Pas bon du tout.  Je me rabats donc sur du vin, bien plus agréable.  Mais chuis contente, je ne mourrai pas idiote, j’aurai testé la cigarette qui fait rire une fois dans ma vie.  Une fois seulement, car chuis pas trop partisane de tout ce qui est addictif, à part le chocolat, of course.

Il est 2h30 du mat, et mes petits yeux se ferment lentement mais sûrement.  J’abandonne donc l’assemblée pour regagner mon petit lit douillet.

Au fait, y’avait un brun ténébreux dans la salle, dingue non.  Mais pas célibataire.  Rien n’est parfait en ce bas monde, je le dis toujours.

A jeudi pour la suite de mes aventures parisiennes.

Paris_je_t_aimePT

21
jui

Escapade parisienne - épisode 1

Cela fait plusieurs mois déjà que Sophie, ma lectrice parisienne number one, m’a invitée à séjourner chez elle.  Les billets de Thalys sont bien au chaud dans mon tiroir « documents importants », histoire de ne pas les égarer.

Je m’en vais donc dès l’aube, armée de mes billets, de mes bons pour la séance bien-être gagnée il y a peu et d’un minimum de fringues, histoire de ne pas réitérer l’expérience de l’an dernier (dos bousillé par un sac hyper lourd) : une culotte, une blouse, une brosse à dent et basta.  Et du chocolat belge pour les parisiens qui m’accueillent, of course de chez of course.

Une fois installée dans le Thalys, j’ingurgite rapidement un micro pain au chocolat acheté au prix du caviar dans le hall de gare (j’avais écrit « hall de lard »... cherchez l’erreur).  Je vous déconseille cet endroit où tout est cher et où l’on croit à une illusion d’optique en voyant la taille des viennoiseries.  Fuyez cet attrape-nigauds à toutes jambes.

Je commence à lire le bouquin que j’ai emmené, « je suis grosse et j’aime ça », dont je vous parlerai très prochainement tant j’ai aimé (même si je n’aime toujours pas être grosse, mais soit). 

Derrière moi, une mère et sa fille partent en virée parisienne.  La fille, d’une vingtaine d’années à mon avis, est surexcitée et épuisante.  C’est dans de tels moments que je rêve d’être riche et de m’offrir la première classe.  Elles déballent des croissants et j’ai faim.  Un autre couple qui part apparemment avec elles mais se trouve ailleurs dans le train fait de brèves apparitions pour un déballage (encore) de vies « vous logez où ? vous avez déjeuné ? on a mis le réveil à 5h30 mais j’ai seulement pris ma douche à 6h30, failli rater le train !  vous allez aller aux galeries Lafayette ?  non c’est pour les riches », bref que du super passionnant.  J’apprends ainsi que la fille a 19 ans, j’avais presque vu juste.  Au moment où elle se lamente sur ses bientôt vingt ans, qui mèneront à 30, « quelle horreur » (je cite), j’envisage de me retourner et de lui en retourner une, ça me fera de (vraies) vacances. 

Charleroi.  J’ai maintenant un voisin.  Pas un bonjour à son arrivée.  Vieux et chauve.  Pourquoi n’ai-je jamais de brun ténébreux sympa comme compagnon de voyage ? 

J’ai un fou rire monumental en lisant « je suis grosse et j’aime ça », et je ris toute seule, au grand dam de mon voisin, ténébreux de caractère, c’est clair.  J’ai ensuite un rapide coup de blues, toujours en lisant le même livre, lorsque l’auteur énumère les quolibets dont elle a été victime dans son passé, ce qui me rappelle les pires trucs que j’ai subis et entendus, moi aussi.  Vous voulez savoir, hein, bande de vilains.  Je vous épargne les phrases qui tuent de mon enfance, vous livrant seulement deux anecdotes toute récentes en rapport avec le sujet du livre : la fois où l’on m’a dit que je ressemblais à Josiane Balasko (argh, j’ai envisagé de me jeter directement à la Meuse - je sais, c’est pas gentil pour Balasko, mais j’avoue que j’aurais préféré qu’on me trouve une ressemblance avec Claudia Chou-Fleur) et la fois où une collègue (mal intentionnée) m’a demandé si j’attendais un heureux événement (argh, j’ai envisagé de la jeter directement à la Meuse - depuis lors, je n’ai plus remis ce vêtement qui me donnait l’air enceinte).  Je trouve ça inadmissible de demander à une célibataire ballonnée si elle est enceinte. 

Je fais ensuite une pause pipi, durant laquelle j’échappe de peu au trauma crânien.  Je hais les trains et leurs remous.  Après m’être lavé les mains, je me retrouve avec un genre de papier rose mouillé plein les doigts : impossible de l’extraire pour l’utiliser, sinon par confettis.  Je hais définitivement les trains.

Trois minutes plus tard, je dois encore faire pipi.  Ça doit être le stress de rencontrer Sophie, stress accru par une conversation MSN que j’ai eue la veille, avec quelqu’un qui m’a dit « tu prends des risques, qu’est-ce qui te dit que ce n’est pas un homme, voire un tueur en série découpeur de femmes en rondelles ».

Argh et re-argh.

Le train arrive enfin gare du Nord, et se rattache à un autre Thalys, me forçant à parcourir une petite dizaine de kilomètres entre la voiture qui m’accueille et la gare proprement dite.  La route est longue, très longue, et je crains que Sophie ne s’étonne de ne pas me voir arriver.  Que vais-je faire si elle est partie, si elle n’est jamais venue, si c’est un tueur en série brun ténébreux ?  

Je marche, songeant à tout ça... et j’arrive enfin.

La foule est dense, mais je repère presqu’immédiatement Sophie, grâce à la mini banderole qu’elle brandit, ornée de macarons.

Ouf, c’est bel et bien une fille...

La suite de mon séjour demain. 

Illu de Mako.

Paris_je_t_aimePT

18
jui

Deux jours de repos, ça fait du bieeeeeeeen

Deux jours sans lecture, mais joliment illustrés par Acide.  Je reviens dimanche pour votre billet d'humeur hebdomadaire paru dans 7dimanche.  Si vous avez le temps long, allez sur le nuage des filles lire mes inédits et la chtite interview de moi.  Et continuez à commenter, même si je ne vous lirai qu'à mon retour, ça me fera du bien après 48 heures de sevrage...

ana_s_cong_spt

 

15
jui

Un WE namuro-liégeois (part two)

Après une grosse nuit pleine de sommeil (l’escalade, ça fatigue), je pars chercher Alex à la gare de Namur (« gare de Namur, bonjour, toutes nos lignes sont occupés » - comprendront ceux qui appellent la gare à l’occasion). 

La journée commence bien, Alex a retrouvé son bon Flair, elle va pouvoir voyager bon marché et nous allons pouvoir luncher à bas prix, youpie.  Quand on n’a pas d’ordre, faut avoir des mains pour chercher, dit le Schtroumpf à lunettes que je suis.  Passque moi, mes bons, je les avais mis de côté.  Après les avoir perdus puis retrouvés...

J’attends donc la miss en bas de l’escalator, et j’observe.  Une jeune fille plongée dans son café.  Une femme assise, ignorant que ses pieds trempent dans une énorme flaque d’eau.  Le hall de gare presque désert, comparativement à la veille. 

Exceptionnellement, et ça vaut vraiment la peine de marquer ce jour d’une pierre bleue, le train est à l’heure.  Oui, vous lisez bien.  Non, ce n’est pas une blague.  Le train de 11h15 à l’arrivée était à l’heure ce samedi.  Youpie.

Nous partons illico vers l’office du tourisme, passque je veux voir si je peux traîner Alex à la citadelle via l’ancienne entrée du téléférique, sans passer par la case Casino (fan du Monopoly, moi ?  Ben oui !)  Bingo.  Les petits œufs jaunes et rouges qui faisaient le bonheur des enfants ont disparu, mais pas l’accès au point culminant de ma ville.  Aaaah comme je les regrette ce petits œufs, même si j’ai cru mourir la dernière fois que j’y suis montée, à la fin de mon adolescence, passque se tenir à deux dans un si petit espace, suspendus dans le vide, c’est quasi la pire expérience de ma vie, après les grands oiseaux de métal.  Mais ma ville n’a pas été futée sur ce coup-là, de virer le téléphérique comme un malpropre.  Pas futée du tout du tout.  Enfin, le citoyen lambda n’a rien à dire ma bonne Dame.

Cartes pleines de promenades de la citadelle en mains, nous commençons par une petite balade dans la ville, son piétonnier et son marché bondé.  Il fait faim.  Notre choix se porte sur « A table », un endroit dont j’ignorais tout jusqu’à ce jour.  Dieu merci, le destin (et Flair, et puis la venue d’Alex aussi) m’a fait le connaître.  Cette vitrine si étroite cache en fait un endroit splendide, chaleureux et meublé et décoré à l’ancienne et avec un goût certain, composé d’une multitude de petites pièces, coincées entre la rue et la Sambre, dont la première révèle la cuisine et la dernière une jolie vue sur le bord de l’eau et la citadelle, rien que ça.  Ajoutez à cela une cave elle aussi aménagée en salle-à-manger, malgré une odeur de cave de bord de Meuse nettement perceptible, et vous obtenez un restaurant sympathique, accueillant et bon, qui propose, outre quelques classiques, comme la quiche du jour et les pâtes fraîches, quelques mets bien tentants tels que l’omelette paysanne ou les tartines bio, sans oublier le kir à la châtaigne et le gâteau au chocolat dont nous n’avons fait que pressentir le délice, via le petit bout qui accompagnait notre thé à la menthe fraîche.  Le personnel est accueillant et l’on se sent « comme chez soi », sans allusion quelconque à un resto étoilé bien connu.  A découvrir impérativement si vous passez par Namur (c’est au 21 rue des Brasseurs).

Après le réconfort, l’effort.  Nous entamons la montée vers la citadelle, histoire de découvrir ma ville de ses hauteurs.  J’en profite pour prodiguer quelques informations à Alex, genre noms des églises, des ponts, du fleuve et de son affluent, bref que de l’inutile.  Mais j’aime bien montrer ma ville, moi.  Minute souvenir sur l’esplanade, en nous remémorant les quelques concerts auxquels nous avons assisté.  Petite pause pipi (ou pire) pour Alex (je t’avais dit que ma vengeance serait terrible), et amorcée de la descente, vite interrompue par la pluie.  Une tonnelle qui passait par là nous sert de refuge, puis retour au confluent, pour monter illico dans une amourette qui arrive tip top pour nous.  Elle est pas belle la vie ?

Depuis hier, et tout particulièrement à ce moment précis de l’embarquement, je me sens en vacances.  Totalement en vacances.  Du pur bonheur.  De quoi remplir dix rubriques « cinq bonheurs du jour ».

Le trajet est l’occasion pour moi de montrer l’Hélyette, de râler sur les nouvelles constructions du bord de Meuse et les projets contre lesquels des pétitions circulent, de croiser quelques canards et de profiter du soleil.  Une fois au port de plaisance, nous bavons devant les bateaux, formons des projets de vacances sur l’eau, échangeons nos propres souvenirs de vacances passées sur la même eau, lisons (et critiquons) les noms des embarcations et continuons la papote sur un banc avec vue sur Meuse.

L’heure de la dernière amourette a sonné.  Nous l’attendons patiemment, malgré une attaque d’oies voraces, lesquelles semblent espérer obtenir de quoi manger.  Alex devient hystérique et se réfugie derrière moi en hurlant et en m’arrachant presque le bras par la même occasion.  Clair que si elle pouvait me jeter en pâture à ces bestiaux en échange de son salut elle n’hésiterait pas, la traitresse.  Je suis morte de rire, et je me venge, lorsqu’elle est concentrée et accroupie pour une photo, en lui faisant croire qu’une nouvelle attaque se prépare.  Amah comme le jeu en valait la chandelle, et comme j’ai ri de ma vilaineté.  Le commandant en chef arrive et nous fait monter sur la noix namuroise.  Il a un accent français, et nous entamons la conversation.  Il est finalement italien, ayant vécu en France, mais expatrié depuis plusieurs décennies ici.  Il a le look gondolier, j’aime.

Retour à Namur, après avoir montré à Alex la maison la plus étroite de ma ville, laquelle est en bord de Sambre.  Vous les namurois, vous la connaissez, cette maison qui ne peut contenir qu’un lit à une place et est donc réservée aux célibataires ou aux couples très très soudés ? 

Tradition oblige, nous terminons la journée par un petit vin blanc, qu’on ne boit pas sous les tonnelles mais au Friends.  Comme il fait très faim, nous faisons un bref détour au Quick avant le départ d’Alex vers sa cité d’adoption.

Voilà, un WE de vacances qui se termine.  Deux journées que j’ai dégustées sans modération.

Merci Alex pour ta compagnie, pour tes photos, pour ces souvenirs et pour m’avoir fait redécouvrir et aimer encore plus ma ville, si tant est que je puisse l’aimer plus, ma chtite ville d’amour.

Les photos sont d'Alex, découvrez ou redécouvrez son site.

 montage2

14
jui

Un WE namuro-liégeois

Ne croyez pas que je veuille mettre ma ville en avant par rapport à Liège, en lui donnant la première place, mais avec Alex, nous nous sommes longuement penchées sur le problème.  Comment appeler ce WE en mettant Liège en premier ?  Un WE liégo-namurois ?  liégeo-namurois ?  Aucune idée...  La solution s’est imposée d’elle-même : un WE namuro-liégeois.

Rassurez-vous, nous avons parlé de tas d’autres choses durant ces deux journées de vacances et de tourisme à la belge passées en semble.  De choses hyper intellectuelles comme Koh Lanta, la taille de nos mollets (que nous avons longuement comparés) et de nos seins (que nous n’avons pas longuement comparés), nos ex, nos futurs, nos futurs ex, nos jobs, nos passions, nos vies, nos passés...  Nous avons beaucoup ri aussi, de tout et de rien.  C’est gai de rire de tout et de rien.  Et surtout des bêtises que je débite à la vitesse de l’éclair, me semble-t-il.

Oui, après réflexion, Alex s’est moquée de moi.  Je m’en souviens maintenant.  Ma vengeance sera terrible.

Mais revenons au tout début.

Vendredi matin.  Gare de Namur.  Munie de mon bon citytrip Flair, je me rends à Liééééch.  Le train à cinq minutes de retard, puis six, puis huit.  J’ai pris le train trois fois ces derniers mois, il était chaque fois en retard.  Ça doit être un signe.  Signe que la SNCB va mal.

Sur le quai de gare, l’enfer.  Des dizaines de scouts attendent mon train.  MON train.  Je vais donc en bout de quai, afin d’éviter de les subir durant 40 minutes.  Fière de moi, je monte dans la dernière voiture, eux sont à l’horizon, là-bas.  Je m’installe près de quatre français qui monopolisent huit sièges à eux seuls, après avoir demandé qu’ils bougent leurs malettes d’hommes d’affaires une fois, non mais, bande d’impolis.  Ce n’est qu’ensuite que je remarque le brouhaha.  L’enfer.  Pire que des scouts.  Des lutins.  Des dizaines de petits lutins mâles et femelles qui palabrent comme des poules.  Adorables.  Mais bruyants. 

Incapable de me concentrer sur ma lecture, je me concentre sur les discussions des français qui m’entourent.  A Huy, le contrôleur confirme les huit minutes de retard.  Blague bien grasse d’un français « on est à Huy et y’a huit minutes de retard, ah ah ah ».  Je comprends pourquoi ils occupaient huit places avant mon arrivée, ce chiffre doit les obséder. 

Les lutins hurlent « trois p’tits chats chats chats, chapeau de paille paille paille, paillasson son son... »

Nous arrivons aux Guillemins et j’ai droit à la dernière blague française du jour « Guillemins car y dit nin la vérité, Guy ».  Sans l’accent, of course, ce n’est point rigolo.  Avec l’accent non plus d’ailleurs mais soit.

Me vlà enfin arrivée.

Il pleut.  Il est écrit que Liège m’accueillera toujours sous la pluie.

Après une longue balade dans la ville, après une bonne salade au Bruit qui court, après un passage obligé chez Darcis pour un gâteau et un thé, le tout saupoudré de papote et de rires, nous décidons de gravir la citadelle et ses coteaux.  Ah bon, y’a une citadelle à Liège.  Ah ben oui, d’où le nom de l’hôpital, malin, très malin. Jolie citadelle, même si elle ne vaut pas la mienne (chauvine moi, voyons, m’enfin).  Moins de remparts, c’est clair.  Mais en pleine ville, ville qui semble s’y être accrochée à tout jamais.  A découvrir.  Ce que nous faisons.  Et ça monte.  Je sue comme un phoque, je souffle comme un boeuf sur un petit Jésus à peine né, mais je parviens à monter toutes ces marches.  Le soleil nous fait quelques clins d’yeux bien sympathiques.  Petite pause.  Admiration de la végétation.  Quelques photos d’Alex.  Un jardin peint nous fait sourire.  Un homme cherche quelque chose au sol.  Il nous fait peur.  On y va ou on n’y va pas ?  Ne pas y aller signifie faire demi-tour.  On y va.  On descend.

Puis on remonte pour la visite d’un quartier dit « populaire », super accueillant.  Les maisons sont parfois délabrées.  Mais bon nombre d’entre elles affichent des messages ou une décoration qui donnent le ton de la vie du quartier : « jour J pour nous », « centre de massage », « ainsi font font font » sur un pignon, papillons suspendus entre deux maisons...  Je me croirais dans Amélie Poulain. 

Après une agréable pause sur un banc gorgé de soleil, à admirer les sportifs qui font un footing épuisant dans ce quartier escarpé, et à discuter de nos plans d’évacuation en cas d’incendie ou de tueur en série (paranoïa quand tu nous tiens), nous amorçons la descente d’une série de marches dignes d’Amélie Poulain, toujours.

Suit la découverte d’une cour joliment rénovée, entourée de logements fleuris à souhait.  Comme il doit être bon d’y vivre.  Un chat se prélasse au soleil.  Une personne âgée est lovée sur un banc.  Quelques personnes parlent, là, au fond.  Un mini jardin squatte le fond de la cour.

Ensuite, zoom vers une place rénovée elle aussi.  Les enfants profitent de la plaine de jeu. La population est cosmopolite et pleine de zenitude.  Un homme se prélasse sur un transat public.  Je connaissais les bancs publics, je découvre les transats publics.  J’adore.

Puis vient la récompense : un chtit vin blanc en terrasse, toujours sous le soleil.

Ensuite, retour au bercail pour un gros gros dodo, juste après avoir mangé mes macarons, car demain, ce sera autre chose : MA citadelle à moi.  Et oui, demain Alex visite Namur.  Je vous l’avais dit : un WE namuro-liégeois placé sous le signe du tourisme et de la découverte.  En agréable compagnie, cela va de soi.  Agréable compagnie qui fait de jolies photos, vous le savez sans doute.  Y’en a même une de moi que j’aime, miracle miraculeusement miraculeux.  Je n’ai pas l’air d’un boudin et on ne voit pas trop ma tête.  J’aime. Je vous livre quelques photos d’Alex.  Les autres seront sans doute sur son blog prochainement. 

La plus rigolotte est sans doute cette photo de chien soldé... Elle ne vous fait penser à rien cette photo ?  Ben oui... une chanson !

(Merci Alex pour ton accueil et les petits coins que tu m’as fait découvrir).  Lisez son récit et découvrez ses photos sur son site.

Le chien dans la vitrine

by Line Renaud

Combien pour ce chien dans la vitrine ?
Ce joli p'tit chien jaune et blanc,
Combien pour ce chien dans la vitrine ?
Qui pench' la tête en frétillant.
 
Je dois m'en aller en Italie
En laissant tout seul mon mari
Un chien lui tiendra compagnie
En étant toujours près de lui.
 
Combien pour ce chien dans la vitrine ?
Ce joli p'tit chien jaune et blanc,
Combien pour ce chien dans la vitrine ?
Qui  me regarde en frétillant.
 
Je viens de lir' que dans les nouvelles
Il y a des voleurs de cœurs
Si de mon mari le cœur chancelle
Il protègerait mon bonheur.
 
Je n'ai pas besoin de souris blanches
Ni mêm' d'un perroquet savant
Quant aux poissons roug's même un dimanche
Il aurait l'air bête en les prom'nant.
 
Combien pour ce chien dans la vitrine ?
Ce joli p'tit chien jaune et blanc,
Combien pour ce chien dans la vitrine ?
Eh bien c'est d'accord je le prends...
montage