4
aoû

Drôle de nuit…

J’ai une sale manie depuis plusieurs semaines : m’endormir avec la TV.  Je mets la « minuterie » sur 30 minutes, et je m’endors au son de Grey’s Anatomy, de confessions intimes ou autre bêtise du genre.  Je sais, c’est nul, c’est mauvais pour la santé, ça tue les rares neurones encore en forme et ça abrutit ma cervelle.

Donc j’ai décidé de me sevrer, et depuis deux nuits, terminado la fiesta : je coupe la TV, j’éteins la lumière et je tente de m’endormir comme un bébé docile, dans le noir et le silence absolument absolu.

Par ailleurs, j’ai lavé mon oreiller en plumes, la semaine dernière.  Il est sorti de la machine à laver gorgé d’eau, à tel point que je lui ai offert deux essorages « linge pas délicat » supplémentaires, en vain.  Je l’ai ensuite mis au soleil afin de le sécher plus vite.  En vain.  Une semaine après lavage, il est toujours humide.  Mais le pire n’est pas là.  Le pire, c’est qu’il pue.  Il pue la rage.  Il pue la vieille poule mouillée, au sens premier du terme.  Il pue tellement que je n’ai pu le laisser dans le living, même à l’opposé de mon canapé, tant l’odeur est insoutenable.  Je l’ai donc mis dehors, en attendant de statuer sur son sort.

Vous me direz, quel rapport entre mon sevrage-TV et mon oreiller ?  Patience, j’y viens.

Hier donc, oreiller dehors, moi dans mon lit douillet, en train de regarder la nouvelle série de RTL, Army Wives (que je vous conseille, chuis déjà accro, pour ma part).  Soudain, j’aperçois une fusée blanche à travers ma tenture à demi fermée.   Enfin un gros pétard quoi.  Je m’étonne : un feu d’artifice un 3 août, keskispasànamur ???  Autre fusée blanche, puis troisième, puis quatrième.  Je ne me lève pas pour regarder.  Je me concentre sur mon feuilleton, rageant tout de même sur l’absurdité d’un feu d’artifice si peu de temps après celui du 21 juillet.  Mais soit.  En plus, il semble que les fusées soient toutes blanches.  Même pas original, ce feu d’artifice.  D’une fadeur.  Et bruyant.  Tellement bruyant qu’on dirait… un orage.   Et la pièce tombe enfin dans ma cervelle déneuronée : c’est un orach’, nin un feu d’artifiss’.  Pfff, blonde.  Un orage éloigné, mais un orage tout de même.

Après cette mésaventure passionnante, et qui méritait bien un billet, vous en conviendrez, je décide de faire dodo, et, forte de mes bonnes résolutions, je me love sous ma couette, dans le calme intégral.  Et je m’endors de suite.  Bingo.

Je suis réveillée en sursaut, peu après, par un bruit assourdissant.  Un bruit effrayant.  Un bruit de fin du monde.  D’abord horrifiée, après quelques secondes d’hébétude, je réalise le drame : il pleut.  Oh, ne riez pas, pas une petite pluie fine d’été, pas un chtit crachin d’automne, mais une drache nationale, des trombes d’eau qui se déversent sur ma moustiquaire et ma terrasse.  Impossible de dormir avec un tel bruit.  Mais impossible de me lever pour fermer la fenêtre.  Pas suffisamment réveillée pour agir.  Mais pas suffisamment somnolente pour m’endormir.  Et ça dure, ça dure, ça dure.  Jusqu’à ce que je réalise que ce que j’imaginais comme un événement dramatique et perturbateur de nuit n’est rien à côté de ce que je réalise ensuite, qui, là, est dramatique (cette phrase est mal torchée, je sais) : j’ai laissé mon oreiller sur la terrasse.  Mon oreiller encore mouillé qui pue la vieille poule, souvenez-vous.  (vous voyez qu’il a bel et bien une raison d’être présent dans ce billet, ce pauvre oreiller).  Ma nuit est gâchée.  Il n’est que minuit.  Il va encore pleuvoir des dizaines de minutes.  Et je n’aurai de cesse de songer à mon pauvre oreiller.  C’est pas une vie pour un oreiller ça.  D’autant que je vois mal comment le réhabiliter, vu l’odeur qui n’a pas été lavée par la pluie, croyez-moi…  Si vous avez des idées pour sauver un pauvre oreiller puant encore tout détrempé… je suis preneuse.

4
aoû

La mer, qu’on voit danser… (part 1)

Me vlà donc à nouveau partie en train, grâce aux services extraordinaires de la èsseènesébé, cette fois vers la côte belge une fois.  Ostende.  Ville parfaite pour aller sur le sable en cas de soleil et manger des gauf’/faire du shopping en cas de pluie.

Je suis heureuse comme une gamine un premier jour de vacances : je vais revoir la mer.  En compagnie de ma chtite filleule, 11 ans au compteur cette année.  Nan, je le jure, elle n’a subi aucune pression pour aller à la mer, je lui ai proposé plusieurs choses (citadelle, Bruxelles, bateau, mer, glandouille…), mais rien ne semblait l’intéresser, à part la mer, passque cet enfant est, via une mutation extraordinaire, passée, en quelques semaines à peine, de « gamine qui aime Diddle, les Walt Disney, le rose, donner la main à sa marraine et le happy meal » à « jeune ado qui aime les mangas, les comédies romantiques, les bijoux, prendre des poses langoureuses de petite femme et le big méga menu de la mort qui tue ».  En plus, elle est d’une beauté fatale, avec son teint mat et ses cheveux lisses et d’une minceur encore plus fatale, ce qui me fait ressembler, à ses côtés, à une grosse baleine blanchâtre, ridée et bouclée comme un caniche.  Je comprends maintenant ce que ressentent les mères à l’approche de la quarantaine, face à leurs filles soudainement transformées en adolescentes-lolitas. 

Un coup de vieux.  J’ai un sacré coup de vieux.  Et je la revois, d’un coup, à quelques mois,  régurgitant joyeusement sa panade sur mon chemisier de soie, braillant comme un veau qui vient de naître, me regardant de ses grands yeux, prononçant pour la première fois « marraine » dans sa poussette.  Argh.  J’ai un réel coup de vieux.  Bientôt elle sera grande et ne voudra plus parler à sa vieille grosse marraine ringarde.

J’ai un vraiment très gros très réel coup de vieux.

Bon.

Faut se ressaisir ma vieille qu’a un coup de vieux.  Retour à notre planning…

Nous partons donc à la mer, munies de quinze litres d’ice tea pêche, de trois kilos de biscuits, d’un chapeau de bobonne pour moi, d’une casquette glamour pour elle, de crème solaire, du jeu Uno, d’un appareil photo pour tout immortaliser, d’un grand essuie pour lézarder, de pulls pour grelotter, d’un livre pour elle, d’un livre pour moi, et de sa DS pour passer le temps.  Une véritable expédition. 

A la gare, le soleil est au rendez-vous.  J’achète nos tickets.  En réalité, mon ticket, passque les enfants de moins de douze ans voyagent gratos, sauf que je ne sais prouver qu’elle n’a pas douze ans, car elle n’a pas ses papiers sur elle.  Le vendeur de tickets, genre d’ogre édenté, me fait savoir que ce sera en fonction de l’humeur du contrôleur (enfin on dit « accompagnateur », mais l’ogre a bel et bien dit « contrôleur »).  Etant donné que nous ferons un changement à Bruxelles et que l’aller-retour durera près de cinq heures, cela me fera donc cinq heures à angoisser et quatre pics de stress à surmonter.  Vive les vacances.

Sur le quai, le soleil est encore au rendez-vous et la journée promet d’être belle.  Elle commence en musique.  Un concert de rap donné d’une voiture.  Les morceaux se suivent et se ressemblent.  J’interroge ma filleule : « tu aimes ? »  Elle aime.  Je vous le disais, transformation radicale.

Dans le train, nouveau concert, bien différent.  Du Brel.  Les vieux.  Une chanson que j’adore, mais dans ce cas, la cacophonie est totale et insupportable, un groupe de passagères adolescentes se croyant à la Star Ac.  Je hais les ados.  Y a-t-il une potion magique afin que ma filleule ne devienne jamais ado, par pitié ?  A nos côtés, une jeune femme raconte sa vie et celle de sa meilleure amie par GSM « je suis crevée, me suis couchée à 2h, levée à 6h30, non j’étais pas bourrée, j’ai juste trop fumé, tiens au fait c’est fini entre eux deux, il l’a demandée en mariage et depuis c’est fini ».  De l’autre côté, un couple d’amoureux se regarde dans le blanc de l’œil.  Il passe sa main sur son visage, tellement tendrement que j’en ai des frissons.  Derrière nous, un trentenaire complètement bourré, à la lèvre inférieure qui frôle le sol, fait d’incessants va-et-vient vers les toilettes, dispersant sur son passage des effluves répugnantes. 

Le train, déjà un goût de voyage.

22, vlà le contrôleur.  Sourire enjôleur.  Bonjour séducteur.  Merci charmeur.  Ça passe comme une lettre à la poste. 

Bruxelles.

Attente du second train.  Dix minutes.  Dix minutes durant lesquelles une employée n’aura de cesse d’annoncer des changements de voies au micro, dans les deux langues, à la vitesse d’un concorde.  Incompréhensible.  Elle va faire une crise d’apoplexie, la pauvre.  Et nous sommes mortes de rire 

Second train.  Il y a foule.  Impossible de nous asseoir l’une à côté de l’autre.  Je case la petite-plus-si-petite d’un côté, moi de l’autre.  Nous voilà entourées de cinq allemandes, ou à tout le moins de cinq germanophones.  Il est 10 heures.  Elles entament leur quatrième bouteille de pinard.  Rouge.  S’en servent des rasades monstrueuses dans des gobelets en plastiques, qu’elles déposent négligemment sur les tablettes du train.  Je suis habillée en blanc.  En blanc !  Avec du pinard rouch’ tout autour de moi.  Elles sortent ensuite le saucisson, les chips, puis la cinquième bouteille.  Et elles parlent.  Enfin elles hurlent.  Est-ce propre à la langue allemande de devoir la crier pour la pratiquer ?  Et elles picolent.  Ça sent la vinasse dans tout le compartiment.  Et j’ai en tête la chanson « ein proooosit, ein proooosit » (j’ai un doute sur le « ein », mais soit, on s’en fout).  Je l’ai en tête durant tout le trajet.  Tête à la limite de l’explosion, à cause de cette cacophonie dont nous sortons hébétées en gare d’Ostende.  Vite, fuyons.  Pas de contrôleur durant cette seconde partie du trajet, ouf, sommes sauvées… jusqu’à ce soir.

Ostende.  Son port, ses bateaux, son casino, sa mer, ses mouettes, ses touristes et son Mac Do.  La meeeeeeeeeeer, nous voilààààààààà !

Suite du récit… demain, même heure.

 

 

25
jui

Escapade parisienne - part 4

 

Comme un sentiment de déjà vu, me revoilà dans le Thalys, à la même place qu’à l’aller, la 52, mais dans une voiture différente.

J’ai la place côté couloir, ce qui somme toute est la meilleure non ?  La place côté fenêtre propose une meilleure vue, mais les pauses pipis signifient chaque fois une préparation psychologique pour déranger le voisin, couplée à un « pardon, excusez-moi, je dois grmlllgrmllll » comme si prononcer les mots « WC » ou « toilettes » étaient interdits par la législation en vigueur.

Je m’installe donc côté couloir.  Ma voisine est déjà là.  Point de brun ténébreux, mais une jeune femme d’au moins 1m80 pour 41 kilos toute mouillée.  Appelons-la Kate Moss (surnom qui conviendra parfaitement pour le billet que je consacrerai au livre lu durant ces trajets « je suis grosse et j’aime ça »).  Kate n’est pas souriante, c’est le moins qu’on puisse dire. 

Afin d’éviter cette vision d’horreur (un grand échalas fait femme, oui, c’est une vision d’horreur pour moi, qui me sens d’un coup devenir un véritable bibendum) je regarde plutôt vers la droite : une femme accompagnée d’une fillette qui l’appelle marraine porte des chaussettes avec inscrit, sur la plante des pieds (la miss ayant enlevé ses chaussures) : « thursday ».  Sait-elle que nous sommes saturday ?  Un couple roucoule doucement en jouant à puissance 4.  Devant moi, deux femmes jouent aux cartes.

Tout le monde s’amuse.  Moi je m’ennuie ferme. 

Alors je lis.  Et je somnole.

Jusqu’à ce que les cris stridents d’un enfant résonnent dans tout le compartiment.  Ils résonneront jusqu’à l’arrivée en gare de Namur.  Tout le monde aura beau se retourner pour cerner le nœud du problème, rien n’y fera.  L’enfant n’aura de cesse de se disputer avec sa soeur (ou son frère), en hurlant de plus belle.  Je hais les enfants.  La SNCB devrait équiper ses trains d’une garderie pour sales gosses.  C’est définitif, je n’aurai jamais d’enfant.

Mon petit couple d’amoureux roucoule encore, ce qui n’empêche pas Monsieur d’avoir un humour débridé.  Lorsque sa compagne remarque que son accoudoir n’est pas descendu (contrairement au mien), celui-ci s’écrie, l’air espiègle et se retournant de tous côtés « oups, on l’a volé ».  Grand rire gras.  C’est donc bien vrai que l’amour rend bête.  Et mignon.  La miss s’étend ensuite comme elle peut sur son chéri, et somnole, tandis qu’il lui caresse doucement la chevelure.  Mignons, je disais.

Pause pipi.  Je connais maintenant les lieux, et je sais comment éviter le trauma crânien.  Ce que je sais moins, c’est comment éponger l’inondation qui a eu lieu.  Le sol n’est plus qu’une flaque de... argh, je préfère ne pas savoir de quoi.  La planche flotte sur de grosses gouttes de ... argh, idem.  Me vlà forcée de faire un nettoyage sommaire avant toute opération.  A ma sortie, je lance une œillade bien noire à la jeune fille que je sais responsable de ces dégâts.  Y’a plus de jeunesse ma bonne Dame.

Retour à ma place.  Les zamoureux ont disparu.

Tout d’un coup, ça pue.  Mais ça pue.  Une odeur de vieille trans’ rance à souhait.  Serait-ce Kate Moss, à mes côtés, toujours aussi souriante qu’un schtroumpf grognon ?  Ou quelqu’un de plus éloigné qui puerait au point que ses effluves parviennent à mon nez fragile ?  Ou encore une blogueuse ayant relevé le défi fou de vivre trois jours sans déo ?

Fort heureusement, me voilà arrivée à destination, ce qui m’évite de trop réfléchir sur les odeurs.  Je rejoins l’entrée de la gare pour le retour au bercail, suivant de près Kate Moss, laquelle a été accueillie par moult effusions par papa et maman, puis frérot.  A croire qu’elle revient de trois mois au Darfour.  Ce qui pourrait être vraisemblable, vu sa minceur extrême.  Je sens que ça va être fiesta et champagne dès leur retour at home.

Je ressens alors subitement une énorme chape de solitude, qui s’abat sur moi de façon inattendue.  J’ai souvent cette sensation lorsque je me retrouve seule après quelques jours d’effervescence.  En plus, il fait froid.  Un froid de canard (tiens, d’où vient cette expression étrange ?).  Bien plus froid qu’à Paris. 

Je mets un pull.  Je tremble néanmoins encore un peu.

Puis je rentre chez moi.

Seule.

Paris_je_t_aimePT

24
jui

Escapade parisienne - épisode 3

Paris_je_t_aimePT

Après une courte nuit et un petit déj vachement agréable : biscuits au chocolat, jus d’orange et thé divin servi dans une théière divine elle aussi, nous voilà parties à Pariiiiiiis.  Le temps s’annonce aussi chaud que la veille, avec du soleil en bonus (j’apprendrai par après qu’il a fait dégueu en Gelbique, avec de la pluie et tout et tout, j’adore ça, en grosse vilaine que je suis). 

Direction Montmartre.  Passque quand je vais zà Paris, faut que je voie Montmartre, c’est ainsi.  Et que je m’asseye sur les marches, que j’écoute de la musique, que je regarde le manège d’Amélie Poulain, que je mange un sandwich, que je scrute Paris de haut pour y repérer les monuments connus, juste comme ça, pour le plaisir de les trouver.  Et la tour Eiffel, qui se cache bien, je la trouverai aussi, na.

Le funiculaire est bourré massacre, alors, après avoir échappé aux vendeurs de bracelets genre brésiliens agressifs au possible (les vendeurs, pas les bracelets), nous entamons donc l’ascension à pieds, après une pause pipi, pour moi, et une pause achat, pour nous deux (moi je m’offre un joli bracelet argenté en souvenir de ce séjour, j’aime bien avoir un souvenir, comme ça chaque fois que je mettrai le bracelet, je repensera à Paris, c’est cucul à souhait mais j’aime). 

Nous déambulons nous déambulons nous déambulons, admirant au passage le travail des artistes.  A une table extérieure, je repère un couple d’amoureux.  Ils se regardent, se parent et se tiennent doucement la main.  Et lorsque je dis « ils se regardent », j’entends « il » et « il ».  Mignons.  Modernes.  S’ils veulent se marier, faudra venir en Gelbique.

Puis on se régale des petites boutiques pleines de trucs bien chers mais parfois vachement mignons : bijoux, fringues, déco, objets insolites comme ce porte-clé rubik-cube, ce portefeuille démentiel orné de coquelicots, ces verres imitant si bien les gobelets en plastique ou ces sacs qui font rêver par les petites phrases d’espoir qu’ils proposent.  De quoi dépenser une fortune, mais nous serons raisonnables.

En passant, nous découvrons un petit resto qui propose un menu crèpes bien appétissant, le tout servi par un parisien encore plus appétissant.  C’est décidé, c’est là que nous mangerons tout à l’heure.  Un tout à l’heure qui devient un tout de suite, passqu’on a faim, alors tant qu’à faire.  Crèpe oeuf-jambon-fromage, crèpe nutella, le tout arrosé d’une bolée de cidre.  Pour peu je me croirais en Bretagne.  Mais nous sommes à Montmartre, attablée en « vitrine », devant une porte-fenêtre ouverte, vue sur un clown qui fait son numéro et sur les passants qui passent et repassent, nous fournissant, bien malgré eux, un joli spectacle.  Une femme, portant une blouse bien large, semble n’avoir rien en-dessous... ah si, un micro short blanc fait son apparition.  Une autre porte un pantalon trop court.  Sophie s’écrie « elle a le faux plancher ».  Ah tiens, moi j’aurais dit « elle a de l’eau dans ses caves ».  Nous rions de nos expressions si différentes, parfois.  Une famille regarde la carte, hésite.  Une autre passe, puis repasse.  Y’a du monde, et j’aime ça.

Ensuite, départ pour la Seine.  Passqu’après Montmartre, la Seine est le second endroit que je veux voir quand je suis à Paris.  Cherchez pas à savoir pourquoi c’est ainsi, je suis fleuve-addict.  A voir si la Seine est un fleuve.  Et d’abord, kesk’un fleuve ?  Oh ça je sais, mais la Seine est-elle un fleuve ?   On s’en moque, j’aime la voir et me promener tout près.  Nous envisageons le batobus, mais franchement trop cher, vive l’arnaque.  Petite pause aux tuileries.  Il fait une chaleur folle.  Et j’ai une folle envie d’un granita, là, de suite.  Mais rien à l’horizon.  Je n’ai pas pris mes lunettes solaires.  J’aurais dû.  Le sable sur le sol éblouit.  Je me croirais en vacances.  Je suis en vacances.

Promenade dans Saint-Germains-des-Prés, un quartier que j’aime depuis que j’y ai passé trois jours il y a un bail, dans un chouette appart plein de cafards, mais on s’en moque.  Ce quartier est beau.  Il est 16h, l’heure du départ approche, et je suis fière de n’avoir dépensé que le prix de mon bracelet, savoir 12 eur, payé avec un billet de 20 sur lequel la vendeuse m’a rendu 18 eur de monnaie.  J’adore la comptabilité française, bien plus intéressante que la belge, nan ?

Soudain, le drame, un magasin plein de chouettes fringues pas trop chères.  J’essaie.  J’achète.  Un pantalon qui me fait le tour de cul d’un mètre tout fin tout mimi.  Une blouse d’un turquoise qui me va à ravir.  Une seconde blouse d’une couleur indéfinissable, mélange de vert, de gris et de beige.  Adorable.  Je vais être adorable.  Et pouvoir dire, à chaque fois que j’entendrai « oh, quelle jolie blouse », « oui, je sais (air pédant) je me la suis offerte à Paris (air encore plus pédant) ».  La classe internationale, ma chère, une fois.

Retour chez Sophie, pour casser une petite graine.  Puis départ pour la gare, direction retour Belgium.  Achat de quelques magazines français à bas prix.  J’aime définitivement la France. 

En « fraise » sur le gâteau, Sophie m’offre un paquet de fraises tagada, des vraies de vraies, à déguster avec les fausses achetées la veille.  Passque les fraises tagada, je savais pas ce que c’était.  Nan, je vous jure.  Maintenant je sais, et je n’oublierai jamais.  Trop bon !

A nouveau 10 km pour atteindre ma voiture Thalys, scotchée derrière un autre Thalys.  Smacks à Sophie, à droite, à gauche, puis adios adios. 

Voilà, Paris, c’est fini.  Souvenirs impérissables : fraises tagada (vive les caries), cigarette qui fait rire (vive les neuvaines que ma mère va faire à Ste-Claire si elle lit ce blog, pour m’aider à sortir de la délinquance dans laquelle je suis tombée), repas à Montmartre (vive le soleil et les crèpes), et puis Sophie (vive Sophie), of course.  Demain, dernier épisode : le retour. 

Et une petite photo souvenir de Montmartre, avec en avant-plan une page choisir au hasard dans la célib'attitude... "5 bonnes raisons de faire du sport"... nan, décidément, j'ai pas pu écrire ce livre...

montmartre

22
jui

Escapade parisienne - épisode 2

Me voilà donc arrivée à Paris, accueillie par Sophie, qui m’emmène illico dans le dédale des RER et métros, vers son appartement, où je découvre ma chambre pour une nuit.  On papote on papote.  On papote tant qu’on en oublie l’heure, et qu’on repart ensuite en quatrième vitesse vers un bout de paradis terrestre, pour profiter des bons bien-être que j’ai gagnés il y a quelques semaines, souvenez-vous : l’institut Angoria... où nous arrivons en retard, sacrebleu.  Le lieu est très joli, un magnifique canapé plein de coussins invite à la détente, et un escalier en colimaçon nous mène à l’étage, où nous attend une cabine pour deux. 

Prévoyante, j’ai pris mon joli bikini.  Mais nous sommes invitées à nous dévêtir et à mettre un string en papier, savoir un morceau de papier WC hyper transparent relié par deux minuscules élastiques.  Ça ou rien, c’est kif kif bourricot.  Nous voilà donc, ne nous connaissant pas il y a deux heures à peine, contraintes de partager une nudité quasi intégrale.  Oups.  Glups.  Allez, on fonce.  Adieu pudeur, bonjour string qui gratte.

Nous nous installons chacune sur notre table de massage, tête-bêche, pour un gommage très agréable.  Petite douche, puis retour sur la table, recouverte de plastique.  Sophie semble vachement apprécier sa toute première séance de soins.  Nous sommes ensuite enduites totalement d’une substance grasse, puis emballées dans le film plastique sur lequel nous sommes couchées.  On dirait deux rollmops échoués sur le sable.  Impossible de boucher.  Mon nez me gratte.  Je tente de ne pas y penser.  Mais je ne pense qu’à ça.  Ça gratte, ça gratte et ça gratte encore.  Dieu comme c’est difficile d’avoir le nez qui gratte et les bras ligotés dans du plastique.

Un quart d’heure plus tard, nous sommes enfin déballées pour le clou de la séance : un massage hyper agréable, à la fois doux et fort.  Dément.  Trop court.  Evidemment.  Nous tentons ensuite tant bien que mal d’enlever tout ce gras qui recouvre notre corps.  Après le rollmops... nous voici transformées en sardines à l’huile.  Une histoire de poissons !

Nous quittons ensuite les lieux.  Verdict : les soins étaient parfaits, l’endroit est magnifique, mais je regrette le silence presqu’absolu des esthéticiennes, le manque d’explication sur les produits utilisés et le fait qu’on ne nous ait même pas proposé à boire... ça manque cruellement de convivialité.  Peut-être est-ce normal, à Paris, je ne sais trop.

Après un petit repas et quelques courses dans Paris, nous rentrons ensuite à l’appartement pour préparer la soirée d’anniversaire du copain de Sophie : quiches, apéros-légumes et pizzas + gâteau.  En même temps, je m’essaie à la Wii, engin diabolique, qui me révèle que l’âge de ma carcasse est de 48 ans argh.  Je m’amuse comme une petite folle à jouer au bowling (2 strikes), au golf (pas cap de viser le trou), à faire du yoga (chuis meilleure de la jambe droite que de la gauche) et divers jeux d’équilibre bien rigolos, durant lesquels je me contorsionne follement pour atteindre mon but, au point que je me claque le dos (il est écrit que je me bousillerai le dos à chaque passage à Paris).  Je me lance ensuite dans l’entrainement de mon cerveau, comme Nicole Kidman l’a fait elle aussi.  Mon cerveau a 32 ans, ce qui compense un tantinet l’âge de ma carcasse, mais le professeur Trucmuche me rappelle que l’idéal est d’avoir un âge de cervelle de 20 ans, qui représente le summum.  Va falloir que je m’entraîne ferme.

La soirée se passe super bien, les amis parisiens de Sophie sont sympas et zen.  On parle Belgique of course, puisqu’il paraît que j’ai un accent (et eux, zont l’accent français hein, non mais).  La discussion est ensuite lancée sur les frites, le secret des frites belges, les meilleures du monde et de plus loin, leur origine (les frites ont-elles bien été inventées en Belgique ?) et patati et patata.  Je leur explique la méthode de cuisson pour avoir des frites croustillantes au dehors, moelleuses en dedans une fois.  Petite parenthèse : je viens de faire une recherche sur le net pour trouver l’origine des frites, et bien vlà que des belch’ et des français s’engueulent virtuellement sur le sujet, les français prétendant que les frites sont françaises puisque les amerloques disent « french fries » - keskifopalircomconneriesunefoisbandedechauvinsprétentieux.  J’ai par contre trouvé cette jolie histoire, namuroise en plus, contant l’origine des frites, que je vous recopie: « Difficile de dire QUI a inventé cette recette de cuisson de la pomme de terre. Honteusement grasse et délicieusement déséquilibrée, cette spécialité serait… belge ! En effet, en 1781, les habitants de Namur avaient l’habitude de pêcher dans la Meuse du menu fretin et de le frire pour en améliorer leur ordinaire, surtout chez les pauvres gens. Mais les jours de grand froid, quand la pêche y devenait hasardeuse, les habitants découpaient les pommes de terre en forme de petits poissons et les passaient à la friture : la frite était née ! » (source : http://lewebpedagogique.com)

Choli non ?  Et ce n’est pas une légende, je vous le dis, même si les namurois n’étaient pas les seuls à pratiquer de la sorte.  Mince alors, si j’avais lu ça avant, j’aurais pu me la péter en expliquant que les frites ont été inventées par mes ancêtres.

Nous embrayons ensuite sur le sujet des œufs carrés.  Oui ,ma bonne Dame, à Paris, dans les hôpitaux, ils ont des œufs durs carrés.  On leur donne cette forme pour un meilleur conditionnement.  Ensuite, les vlà plongés dans l’eau pour qu’ils retrouvent leur forme d’origine.  Si c’est pas malheureux, je vais créer une pétition pour la protection des œufs durs moi.  Cette histoire me rappelle celle des pastèques carrées, inventées pour faciliter, là aussi, leur conditionnement.  Où va le monde...

La discussion va donc bon train, et à défaut de frite, je teste une cigarette qui fait rigoler.  Je l’avais dit (quand j’avais parlé de Weeds sur ce blog), je l’ai fait.  Il est dit qu’Anaïs testera tout et n’importe quoi pour son blog (les propositions sont bienvenues).  Et j’ai pas aimé.  Voilà.  Ça brule quasi pire que le wasabi sur la langue, ça pique et c’est pas bon.  Pas bon du tout.  Je me rabats donc sur du vin, bien plus agréable.  Mais chuis contente, je ne mourrai pas idiote, j’aurai testé la cigarette qui fait rire une fois dans ma vie.  Une fois seulement, car chuis pas trop partisane de tout ce qui est addictif, à part le chocolat, of course.

Il est 2h30 du mat, et mes petits yeux se ferment lentement mais sûrement.  J’abandonne donc l’assemblée pour regagner mon petit lit douillet.

Au fait, y’avait un brun ténébreux dans la salle, dingue non.  Mais pas célibataire.  Rien n’est parfait en ce bas monde, je le dis toujours.

A jeudi pour la suite de mes aventures parisiennes.

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