24
jui

Escapade parisienne - épisode 3

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Après une courte nuit et un petit déj vachement agréable : biscuits au chocolat, jus d’orange et thé divin servi dans une théière divine elle aussi, nous voilà parties à Pariiiiiiis.  Le temps s’annonce aussi chaud que la veille, avec du soleil en bonus (j’apprendrai par après qu’il a fait dégueu en Gelbique, avec de la pluie et tout et tout, j’adore ça, en grosse vilaine que je suis). 

Direction Montmartre.  Passque quand je vais zà Paris, faut que je voie Montmartre, c’est ainsi.  Et que je m’asseye sur les marches, que j’écoute de la musique, que je regarde le manège d’Amélie Poulain, que je mange un sandwich, que je scrute Paris de haut pour y repérer les monuments connus, juste comme ça, pour le plaisir de les trouver.  Et la tour Eiffel, qui se cache bien, je la trouverai aussi, na.

Le funiculaire est bourré massacre, alors, après avoir échappé aux vendeurs de bracelets genre brésiliens agressifs au possible (les vendeurs, pas les bracelets), nous entamons donc l’ascension à pieds, après une pause pipi, pour moi, et une pause achat, pour nous deux (moi je m’offre un joli bracelet argenté en souvenir de ce séjour, j’aime bien avoir un souvenir, comme ça chaque fois que je mettrai le bracelet, je repensera à Paris, c’est cucul à souhait mais j’aime). 

Nous déambulons nous déambulons nous déambulons, admirant au passage le travail des artistes.  A une table extérieure, je repère un couple d’amoureux.  Ils se regardent, se parent et se tiennent doucement la main.  Et lorsque je dis « ils se regardent », j’entends « il » et « il ».  Mignons.  Modernes.  S’ils veulent se marier, faudra venir en Gelbique.

Puis on se régale des petites boutiques pleines de trucs bien chers mais parfois vachement mignons : bijoux, fringues, déco, objets insolites comme ce porte-clé rubik-cube, ce portefeuille démentiel orné de coquelicots, ces verres imitant si bien les gobelets en plastique ou ces sacs qui font rêver par les petites phrases d’espoir qu’ils proposent.  De quoi dépenser une fortune, mais nous serons raisonnables.

En passant, nous découvrons un petit resto qui propose un menu crèpes bien appétissant, le tout servi par un parisien encore plus appétissant.  C’est décidé, c’est là que nous mangerons tout à l’heure.  Un tout à l’heure qui devient un tout de suite, passqu’on a faim, alors tant qu’à faire.  Crèpe oeuf-jambon-fromage, crèpe nutella, le tout arrosé d’une bolée de cidre.  Pour peu je me croirais en Bretagne.  Mais nous sommes à Montmartre, attablée en « vitrine », devant une porte-fenêtre ouverte, vue sur un clown qui fait son numéro et sur les passants qui passent et repassent, nous fournissant, bien malgré eux, un joli spectacle.  Une femme, portant une blouse bien large, semble n’avoir rien en-dessous... ah si, un micro short blanc fait son apparition.  Une autre porte un pantalon trop court.  Sophie s’écrie « elle a le faux plancher ».  Ah tiens, moi j’aurais dit « elle a de l’eau dans ses caves ».  Nous rions de nos expressions si différentes, parfois.  Une famille regarde la carte, hésite.  Une autre passe, puis repasse.  Y’a du monde, et j’aime ça.

Ensuite, départ pour la Seine.  Passqu’après Montmartre, la Seine est le second endroit que je veux voir quand je suis à Paris.  Cherchez pas à savoir pourquoi c’est ainsi, je suis fleuve-addict.  A voir si la Seine est un fleuve.  Et d’abord, kesk’un fleuve ?  Oh ça je sais, mais la Seine est-elle un fleuve ?   On s’en moque, j’aime la voir et me promener tout près.  Nous envisageons le batobus, mais franchement trop cher, vive l’arnaque.  Petite pause aux tuileries.  Il fait une chaleur folle.  Et j’ai une folle envie d’un granita, là, de suite.  Mais rien à l’horizon.  Je n’ai pas pris mes lunettes solaires.  J’aurais dû.  Le sable sur le sol éblouit.  Je me croirais en vacances.  Je suis en vacances.

Promenade dans Saint-Germains-des-Prés, un quartier que j’aime depuis que j’y ai passé trois jours il y a un bail, dans un chouette appart plein de cafards, mais on s’en moque.  Ce quartier est beau.  Il est 16h, l’heure du départ approche, et je suis fière de n’avoir dépensé que le prix de mon bracelet, savoir 12 eur, payé avec un billet de 20 sur lequel la vendeuse m’a rendu 18 eur de monnaie.  J’adore la comptabilité française, bien plus intéressante que la belge, nan ?

Soudain, le drame, un magasin plein de chouettes fringues pas trop chères.  J’essaie.  J’achète.  Un pantalon qui me fait le tour de cul d’un mètre tout fin tout mimi.  Une blouse d’un turquoise qui me va à ravir.  Une seconde blouse d’une couleur indéfinissable, mélange de vert, de gris et de beige.  Adorable.  Je vais être adorable.  Et pouvoir dire, à chaque fois que j’entendrai « oh, quelle jolie blouse », « oui, je sais (air pédant) je me la suis offerte à Paris (air encore plus pédant) ».  La classe internationale, ma chère, une fois.

Retour chez Sophie, pour casser une petite graine.  Puis départ pour la gare, direction retour Belgium.  Achat de quelques magazines français à bas prix.  J’aime définitivement la France. 

En « fraise » sur le gâteau, Sophie m’offre un paquet de fraises tagada, des vraies de vraies, à déguster avec les fausses achetées la veille.  Passque les fraises tagada, je savais pas ce que c’était.  Nan, je vous jure.  Maintenant je sais, et je n’oublierai jamais.  Trop bon !

A nouveau 10 km pour atteindre ma voiture Thalys, scotchée derrière un autre Thalys.  Smacks à Sophie, à droite, à gauche, puis adios adios. 

Voilà, Paris, c’est fini.  Souvenirs impérissables : fraises tagada (vive les caries), cigarette qui fait rire (vive les neuvaines que ma mère va faire à Ste-Claire si elle lit ce blog, pour m’aider à sortir de la délinquance dans laquelle je suis tombée), repas à Montmartre (vive le soleil et les crèpes), et puis Sophie (vive Sophie), of course.  Demain, dernier épisode : le retour. 

Et une petite photo souvenir de Montmartre, avec en avant-plan une page choisir au hasard dans la célib'attitude... "5 bonnes raisons de faire du sport"... nan, décidément, j'ai pas pu écrire ce livre...

montmartre

22
jui

Escapade parisienne - épisode 2

Me voilà donc arrivée à Paris, accueillie par Sophie, qui m’emmène illico dans le dédale des RER et métros, vers son appartement, où je découvre ma chambre pour une nuit.  On papote on papote.  On papote tant qu’on en oublie l’heure, et qu’on repart ensuite en quatrième vitesse vers un bout de paradis terrestre, pour profiter des bons bien-être que j’ai gagnés il y a quelques semaines, souvenez-vous : l’institut Angoria... où nous arrivons en retard, sacrebleu.  Le lieu est très joli, un magnifique canapé plein de coussins invite à la détente, et un escalier en colimaçon nous mène à l’étage, où nous attend une cabine pour deux. 

Prévoyante, j’ai pris mon joli bikini.  Mais nous sommes invitées à nous dévêtir et à mettre un string en papier, savoir un morceau de papier WC hyper transparent relié par deux minuscules élastiques.  Ça ou rien, c’est kif kif bourricot.  Nous voilà donc, ne nous connaissant pas il y a deux heures à peine, contraintes de partager une nudité quasi intégrale.  Oups.  Glups.  Allez, on fonce.  Adieu pudeur, bonjour string qui gratte.

Nous nous installons chacune sur notre table de massage, tête-bêche, pour un gommage très agréable.  Petite douche, puis retour sur la table, recouverte de plastique.  Sophie semble vachement apprécier sa toute première séance de soins.  Nous sommes ensuite enduites totalement d’une substance grasse, puis emballées dans le film plastique sur lequel nous sommes couchées.  On dirait deux rollmops échoués sur le sable.  Impossible de boucher.  Mon nez me gratte.  Je tente de ne pas y penser.  Mais je ne pense qu’à ça.  Ça gratte, ça gratte et ça gratte encore.  Dieu comme c’est difficile d’avoir le nez qui gratte et les bras ligotés dans du plastique.

Un quart d’heure plus tard, nous sommes enfin déballées pour le clou de la séance : un massage hyper agréable, à la fois doux et fort.  Dément.  Trop court.  Evidemment.  Nous tentons ensuite tant bien que mal d’enlever tout ce gras qui recouvre notre corps.  Après le rollmops... nous voici transformées en sardines à l’huile.  Une histoire de poissons !

Nous quittons ensuite les lieux.  Verdict : les soins étaient parfaits, l’endroit est magnifique, mais je regrette le silence presqu’absolu des esthéticiennes, le manque d’explication sur les produits utilisés et le fait qu’on ne nous ait même pas proposé à boire... ça manque cruellement de convivialité.  Peut-être est-ce normal, à Paris, je ne sais trop.

Après un petit repas et quelques courses dans Paris, nous rentrons ensuite à l’appartement pour préparer la soirée d’anniversaire du copain de Sophie : quiches, apéros-légumes et pizzas + gâteau.  En même temps, je m’essaie à la Wii, engin diabolique, qui me révèle que l’âge de ma carcasse est de 48 ans argh.  Je m’amuse comme une petite folle à jouer au bowling (2 strikes), au golf (pas cap de viser le trou), à faire du yoga (chuis meilleure de la jambe droite que de la gauche) et divers jeux d’équilibre bien rigolos, durant lesquels je me contorsionne follement pour atteindre mon but, au point que je me claque le dos (il est écrit que je me bousillerai le dos à chaque passage à Paris).  Je me lance ensuite dans l’entrainement de mon cerveau, comme Nicole Kidman l’a fait elle aussi.  Mon cerveau a 32 ans, ce qui compense un tantinet l’âge de ma carcasse, mais le professeur Trucmuche me rappelle que l’idéal est d’avoir un âge de cervelle de 20 ans, qui représente le summum.  Va falloir que je m’entraîne ferme.

La soirée se passe super bien, les amis parisiens de Sophie sont sympas et zen.  On parle Belgique of course, puisqu’il paraît que j’ai un accent (et eux, zont l’accent français hein, non mais).  La discussion est ensuite lancée sur les frites, le secret des frites belges, les meilleures du monde et de plus loin, leur origine (les frites ont-elles bien été inventées en Belgique ?) et patati et patata.  Je leur explique la méthode de cuisson pour avoir des frites croustillantes au dehors, moelleuses en dedans une fois.  Petite parenthèse : je viens de faire une recherche sur le net pour trouver l’origine des frites, et bien vlà que des belch’ et des français s’engueulent virtuellement sur le sujet, les français prétendant que les frites sont françaises puisque les amerloques disent « french fries » - keskifopalircomconneriesunefoisbandedechauvinsprétentieux.  J’ai par contre trouvé cette jolie histoire, namuroise en plus, contant l’origine des frites, que je vous recopie: « Difficile de dire QUI a inventé cette recette de cuisson de la pomme de terre. Honteusement grasse et délicieusement déséquilibrée, cette spécialité serait… belge ! En effet, en 1781, les habitants de Namur avaient l’habitude de pêcher dans la Meuse du menu fretin et de le frire pour en améliorer leur ordinaire, surtout chez les pauvres gens. Mais les jours de grand froid, quand la pêche y devenait hasardeuse, les habitants découpaient les pommes de terre en forme de petits poissons et les passaient à la friture : la frite était née ! » (source : http://lewebpedagogique.com)

Choli non ?  Et ce n’est pas une légende, je vous le dis, même si les namurois n’étaient pas les seuls à pratiquer de la sorte.  Mince alors, si j’avais lu ça avant, j’aurais pu me la péter en expliquant que les frites ont été inventées par mes ancêtres.

Nous embrayons ensuite sur le sujet des œufs carrés.  Oui ,ma bonne Dame, à Paris, dans les hôpitaux, ils ont des œufs durs carrés.  On leur donne cette forme pour un meilleur conditionnement.  Ensuite, les vlà plongés dans l’eau pour qu’ils retrouvent leur forme d’origine.  Si c’est pas malheureux, je vais créer une pétition pour la protection des œufs durs moi.  Cette histoire me rappelle celle des pastèques carrées, inventées pour faciliter, là aussi, leur conditionnement.  Où va le monde...

La discussion va donc bon train, et à défaut de frite, je teste une cigarette qui fait rigoler.  Je l’avais dit (quand j’avais parlé de Weeds sur ce blog), je l’ai fait.  Il est dit qu’Anaïs testera tout et n’importe quoi pour son blog (les propositions sont bienvenues).  Et j’ai pas aimé.  Voilà.  Ça brule quasi pire que le wasabi sur la langue, ça pique et c’est pas bon.  Pas bon du tout.  Je me rabats donc sur du vin, bien plus agréable.  Mais chuis contente, je ne mourrai pas idiote, j’aurai testé la cigarette qui fait rire une fois dans ma vie.  Une fois seulement, car chuis pas trop partisane de tout ce qui est addictif, à part le chocolat, of course.

Il est 2h30 du mat, et mes petits yeux se ferment lentement mais sûrement.  J’abandonne donc l’assemblée pour regagner mon petit lit douillet.

Au fait, y’avait un brun ténébreux dans la salle, dingue non.  Mais pas célibataire.  Rien n’est parfait en ce bas monde, je le dis toujours.

A jeudi pour la suite de mes aventures parisiennes.

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21
jui

Escapade parisienne - épisode 1

Cela fait plusieurs mois déjà que Sophie, ma lectrice parisienne number one, m’a invitée à séjourner chez elle.  Les billets de Thalys sont bien au chaud dans mon tiroir « documents importants », histoire de ne pas les égarer.

Je m’en vais donc dès l’aube, armée de mes billets, de mes bons pour la séance bien-être gagnée il y a peu et d’un minimum de fringues, histoire de ne pas réitérer l’expérience de l’an dernier (dos bousillé par un sac hyper lourd) : une culotte, une blouse, une brosse à dent et basta.  Et du chocolat belge pour les parisiens qui m’accueillent, of course de chez of course.

Une fois installée dans le Thalys, j’ingurgite rapidement un micro pain au chocolat acheté au prix du caviar dans le hall de gare (j’avais écrit « hall de lard »... cherchez l’erreur).  Je vous déconseille cet endroit où tout est cher et où l’on croit à une illusion d’optique en voyant la taille des viennoiseries.  Fuyez cet attrape-nigauds à toutes jambes.

Je commence à lire le bouquin que j’ai emmené, « je suis grosse et j’aime ça », dont je vous parlerai très prochainement tant j’ai aimé (même si je n’aime toujours pas être grosse, mais soit). 

Derrière moi, une mère et sa fille partent en virée parisienne.  La fille, d’une vingtaine d’années à mon avis, est surexcitée et épuisante.  C’est dans de tels moments que je rêve d’être riche et de m’offrir la première classe.  Elles déballent des croissants et j’ai faim.  Un autre couple qui part apparemment avec elles mais se trouve ailleurs dans le train fait de brèves apparitions pour un déballage (encore) de vies « vous logez où ? vous avez déjeuné ? on a mis le réveil à 5h30 mais j’ai seulement pris ma douche à 6h30, failli rater le train !  vous allez aller aux galeries Lafayette ?  non c’est pour les riches », bref que du super passionnant.  J’apprends ainsi que la fille a 19 ans, j’avais presque vu juste.  Au moment où elle se lamente sur ses bientôt vingt ans, qui mèneront à 30, « quelle horreur » (je cite), j’envisage de me retourner et de lui en retourner une, ça me fera de (vraies) vacances. 

Charleroi.  J’ai maintenant un voisin.  Pas un bonjour à son arrivée.  Vieux et chauve.  Pourquoi n’ai-je jamais de brun ténébreux sympa comme compagnon de voyage ? 

J’ai un fou rire monumental en lisant « je suis grosse et j’aime ça », et je ris toute seule, au grand dam de mon voisin, ténébreux de caractère, c’est clair.  J’ai ensuite un rapide coup de blues, toujours en lisant le même livre, lorsque l’auteur énumère les quolibets dont elle a été victime dans son passé, ce qui me rappelle les pires trucs que j’ai subis et entendus, moi aussi.  Vous voulez savoir, hein, bande de vilains.  Je vous épargne les phrases qui tuent de mon enfance, vous livrant seulement deux anecdotes toute récentes en rapport avec le sujet du livre : la fois où l’on m’a dit que je ressemblais à Josiane Balasko (argh, j’ai envisagé de me jeter directement à la Meuse - je sais, c’est pas gentil pour Balasko, mais j’avoue que j’aurais préféré qu’on me trouve une ressemblance avec Claudia Chou-Fleur) et la fois où une collègue (mal intentionnée) m’a demandé si j’attendais un heureux événement (argh, j’ai envisagé de la jeter directement à la Meuse - depuis lors, je n’ai plus remis ce vêtement qui me donnait l’air enceinte).  Je trouve ça inadmissible de demander à une célibataire ballonnée si elle est enceinte. 

Je fais ensuite une pause pipi, durant laquelle j’échappe de peu au trauma crânien.  Je hais les trains et leurs remous.  Après m’être lavé les mains, je me retrouve avec un genre de papier rose mouillé plein les doigts : impossible de l’extraire pour l’utiliser, sinon par confettis.  Je hais définitivement les trains.

Trois minutes plus tard, je dois encore faire pipi.  Ça doit être le stress de rencontrer Sophie, stress accru par une conversation MSN que j’ai eue la veille, avec quelqu’un qui m’a dit « tu prends des risques, qu’est-ce qui te dit que ce n’est pas un homme, voire un tueur en série découpeur de femmes en rondelles ».

Argh et re-argh.

Le train arrive enfin gare du Nord, et se rattache à un autre Thalys, me forçant à parcourir une petite dizaine de kilomètres entre la voiture qui m’accueille et la gare proprement dite.  La route est longue, très longue, et je crains que Sophie ne s’étonne de ne pas me voir arriver.  Que vais-je faire si elle est partie, si elle n’est jamais venue, si c’est un tueur en série brun ténébreux ?  

Je marche, songeant à tout ça... et j’arrive enfin.

La foule est dense, mais je repère presqu’immédiatement Sophie, grâce à la mini banderole qu’elle brandit, ornée de macarons.

Ouf, c’est bel et bien une fille...

La suite de mon séjour demain. 

Illu de Mako.

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18
jui

Deux jours de repos, ça fait du bieeeeeeeen

Deux jours sans lecture, mais joliment illustrés par Acide.  Je reviens dimanche pour votre billet d'humeur hebdomadaire paru dans 7dimanche.  Si vous avez le temps long, allez sur le nuage des filles lire mes inédits et la chtite interview de moi.  Et continuez à commenter, même si je ne vous lirai qu'à mon retour, ça me fera du bien après 48 heures de sevrage...

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15
jui

Un WE namuro-liégeois (part two)

Après une grosse nuit pleine de sommeil (l’escalade, ça fatigue), je pars chercher Alex à la gare de Namur (« gare de Namur, bonjour, toutes nos lignes sont occupés » - comprendront ceux qui appellent la gare à l’occasion). 

La journée commence bien, Alex a retrouvé son bon Flair, elle va pouvoir voyager bon marché et nous allons pouvoir luncher à bas prix, youpie.  Quand on n’a pas d’ordre, faut avoir des mains pour chercher, dit le Schtroumpf à lunettes que je suis.  Passque moi, mes bons, je les avais mis de côté.  Après les avoir perdus puis retrouvés...

J’attends donc la miss en bas de l’escalator, et j’observe.  Une jeune fille plongée dans son café.  Une femme assise, ignorant que ses pieds trempent dans une énorme flaque d’eau.  Le hall de gare presque désert, comparativement à la veille. 

Exceptionnellement, et ça vaut vraiment la peine de marquer ce jour d’une pierre bleue, le train est à l’heure.  Oui, vous lisez bien.  Non, ce n’est pas une blague.  Le train de 11h15 à l’arrivée était à l’heure ce samedi.  Youpie.

Nous partons illico vers l’office du tourisme, passque je veux voir si je peux traîner Alex à la citadelle via l’ancienne entrée du téléférique, sans passer par la case Casino (fan du Monopoly, moi ?  Ben oui !)  Bingo.  Les petits œufs jaunes et rouges qui faisaient le bonheur des enfants ont disparu, mais pas l’accès au point culminant de ma ville.  Aaaah comme je les regrette ce petits œufs, même si j’ai cru mourir la dernière fois que j’y suis montée, à la fin de mon adolescence, passque se tenir à deux dans un si petit espace, suspendus dans le vide, c’est quasi la pire expérience de ma vie, après les grands oiseaux de métal.  Mais ma ville n’a pas été futée sur ce coup-là, de virer le téléphérique comme un malpropre.  Pas futée du tout du tout.  Enfin, le citoyen lambda n’a rien à dire ma bonne Dame.

Cartes pleines de promenades de la citadelle en mains, nous commençons par une petite balade dans la ville, son piétonnier et son marché bondé.  Il fait faim.  Notre choix se porte sur « A table », un endroit dont j’ignorais tout jusqu’à ce jour.  Dieu merci, le destin (et Flair, et puis la venue d’Alex aussi) m’a fait le connaître.  Cette vitrine si étroite cache en fait un endroit splendide, chaleureux et meublé et décoré à l’ancienne et avec un goût certain, composé d’une multitude de petites pièces, coincées entre la rue et la Sambre, dont la première révèle la cuisine et la dernière une jolie vue sur le bord de l’eau et la citadelle, rien que ça.  Ajoutez à cela une cave elle aussi aménagée en salle-à-manger, malgré une odeur de cave de bord de Meuse nettement perceptible, et vous obtenez un restaurant sympathique, accueillant et bon, qui propose, outre quelques classiques, comme la quiche du jour et les pâtes fraîches, quelques mets bien tentants tels que l’omelette paysanne ou les tartines bio, sans oublier le kir à la châtaigne et le gâteau au chocolat dont nous n’avons fait que pressentir le délice, via le petit bout qui accompagnait notre thé à la menthe fraîche.  Le personnel est accueillant et l’on se sent « comme chez soi », sans allusion quelconque à un resto étoilé bien connu.  A découvrir impérativement si vous passez par Namur (c’est au 21 rue des Brasseurs).

Après le réconfort, l’effort.  Nous entamons la montée vers la citadelle, histoire de découvrir ma ville de ses hauteurs.  J’en profite pour prodiguer quelques informations à Alex, genre noms des églises, des ponts, du fleuve et de son affluent, bref que de l’inutile.  Mais j’aime bien montrer ma ville, moi.  Minute souvenir sur l’esplanade, en nous remémorant les quelques concerts auxquels nous avons assisté.  Petite pause pipi (ou pire) pour Alex (je t’avais dit que ma vengeance serait terrible), et amorcée de la descente, vite interrompue par la pluie.  Une tonnelle qui passait par là nous sert de refuge, puis retour au confluent, pour monter illico dans une amourette qui arrive tip top pour nous.  Elle est pas belle la vie ?

Depuis hier, et tout particulièrement à ce moment précis de l’embarquement, je me sens en vacances.  Totalement en vacances.  Du pur bonheur.  De quoi remplir dix rubriques « cinq bonheurs du jour ».

Le trajet est l’occasion pour moi de montrer l’Hélyette, de râler sur les nouvelles constructions du bord de Meuse et les projets contre lesquels des pétitions circulent, de croiser quelques canards et de profiter du soleil.  Une fois au port de plaisance, nous bavons devant les bateaux, formons des projets de vacances sur l’eau, échangeons nos propres souvenirs de vacances passées sur la même eau, lisons (et critiquons) les noms des embarcations et continuons la papote sur un banc avec vue sur Meuse.

L’heure de la dernière amourette a sonné.  Nous l’attendons patiemment, malgré une attaque d’oies voraces, lesquelles semblent espérer obtenir de quoi manger.  Alex devient hystérique et se réfugie derrière moi en hurlant et en m’arrachant presque le bras par la même occasion.  Clair que si elle pouvait me jeter en pâture à ces bestiaux en échange de son salut elle n’hésiterait pas, la traitresse.  Je suis morte de rire, et je me venge, lorsqu’elle est concentrée et accroupie pour une photo, en lui faisant croire qu’une nouvelle attaque se prépare.  Amah comme le jeu en valait la chandelle, et comme j’ai ri de ma vilaineté.  Le commandant en chef arrive et nous fait monter sur la noix namuroise.  Il a un accent français, et nous entamons la conversation.  Il est finalement italien, ayant vécu en France, mais expatrié depuis plusieurs décennies ici.  Il a le look gondolier, j’aime.

Retour à Namur, après avoir montré à Alex la maison la plus étroite de ma ville, laquelle est en bord de Sambre.  Vous les namurois, vous la connaissez, cette maison qui ne peut contenir qu’un lit à une place et est donc réservée aux célibataires ou aux couples très très soudés ? 

Tradition oblige, nous terminons la journée par un petit vin blanc, qu’on ne boit pas sous les tonnelles mais au Friends.  Comme il fait très faim, nous faisons un bref détour au Quick avant le départ d’Alex vers sa cité d’adoption.

Voilà, un WE de vacances qui se termine.  Deux journées que j’ai dégustées sans modération.

Merci Alex pour ta compagnie, pour tes photos, pour ces souvenirs et pour m’avoir fait redécouvrir et aimer encore plus ma ville, si tant est que je puisse l’aimer plus, ma chtite ville d’amour.

Les photos sont d'Alex, découvrez ou redécouvrez son site.

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