15
jui

Un WE namuro-liégeois (part two)

Après une grosse nuit pleine de sommeil (l’escalade, ça fatigue), je pars chercher Alex à la gare de Namur (« gare de Namur, bonjour, toutes nos lignes sont occupés » - comprendront ceux qui appellent la gare à l’occasion). 

La journée commence bien, Alex a retrouvé son bon Flair, elle va pouvoir voyager bon marché et nous allons pouvoir luncher à bas prix, youpie.  Quand on n’a pas d’ordre, faut avoir des mains pour chercher, dit le Schtroumpf à lunettes que je suis.  Passque moi, mes bons, je les avais mis de côté.  Après les avoir perdus puis retrouvés...

J’attends donc la miss en bas de l’escalator, et j’observe.  Une jeune fille plongée dans son café.  Une femme assise, ignorant que ses pieds trempent dans une énorme flaque d’eau.  Le hall de gare presque désert, comparativement à la veille. 

Exceptionnellement, et ça vaut vraiment la peine de marquer ce jour d’une pierre bleue, le train est à l’heure.  Oui, vous lisez bien.  Non, ce n’est pas une blague.  Le train de 11h15 à l’arrivée était à l’heure ce samedi.  Youpie.

Nous partons illico vers l’office du tourisme, passque je veux voir si je peux traîner Alex à la citadelle via l’ancienne entrée du téléférique, sans passer par la case Casino (fan du Monopoly, moi ?  Ben oui !)  Bingo.  Les petits œufs jaunes et rouges qui faisaient le bonheur des enfants ont disparu, mais pas l’accès au point culminant de ma ville.  Aaaah comme je les regrette ce petits œufs, même si j’ai cru mourir la dernière fois que j’y suis montée, à la fin de mon adolescence, passque se tenir à deux dans un si petit espace, suspendus dans le vide, c’est quasi la pire expérience de ma vie, après les grands oiseaux de métal.  Mais ma ville n’a pas été futée sur ce coup-là, de virer le téléphérique comme un malpropre.  Pas futée du tout du tout.  Enfin, le citoyen lambda n’a rien à dire ma bonne Dame.

Cartes pleines de promenades de la citadelle en mains, nous commençons par une petite balade dans la ville, son piétonnier et son marché bondé.  Il fait faim.  Notre choix se porte sur « A table », un endroit dont j’ignorais tout jusqu’à ce jour.  Dieu merci, le destin (et Flair, et puis la venue d’Alex aussi) m’a fait le connaître.  Cette vitrine si étroite cache en fait un endroit splendide, chaleureux et meublé et décoré à l’ancienne et avec un goût certain, composé d’une multitude de petites pièces, coincées entre la rue et la Sambre, dont la première révèle la cuisine et la dernière une jolie vue sur le bord de l’eau et la citadelle, rien que ça.  Ajoutez à cela une cave elle aussi aménagée en salle-à-manger, malgré une odeur de cave de bord de Meuse nettement perceptible, et vous obtenez un restaurant sympathique, accueillant et bon, qui propose, outre quelques classiques, comme la quiche du jour et les pâtes fraîches, quelques mets bien tentants tels que l’omelette paysanne ou les tartines bio, sans oublier le kir à la châtaigne et le gâteau au chocolat dont nous n’avons fait que pressentir le délice, via le petit bout qui accompagnait notre thé à la menthe fraîche.  Le personnel est accueillant et l’on se sent « comme chez soi », sans allusion quelconque à un resto étoilé bien connu.  A découvrir impérativement si vous passez par Namur (c’est au 21 rue des Brasseurs).

Après le réconfort, l’effort.  Nous entamons la montée vers la citadelle, histoire de découvrir ma ville de ses hauteurs.  J’en profite pour prodiguer quelques informations à Alex, genre noms des églises, des ponts, du fleuve et de son affluent, bref que de l’inutile.  Mais j’aime bien montrer ma ville, moi.  Minute souvenir sur l’esplanade, en nous remémorant les quelques concerts auxquels nous avons assisté.  Petite pause pipi (ou pire) pour Alex (je t’avais dit que ma vengeance serait terrible), et amorcée de la descente, vite interrompue par la pluie.  Une tonnelle qui passait par là nous sert de refuge, puis retour au confluent, pour monter illico dans une amourette qui arrive tip top pour nous.  Elle est pas belle la vie ?

Depuis hier, et tout particulièrement à ce moment précis de l’embarquement, je me sens en vacances.  Totalement en vacances.  Du pur bonheur.  De quoi remplir dix rubriques « cinq bonheurs du jour ».

Le trajet est l’occasion pour moi de montrer l’Hélyette, de râler sur les nouvelles constructions du bord de Meuse et les projets contre lesquels des pétitions circulent, de croiser quelques canards et de profiter du soleil.  Une fois au port de plaisance, nous bavons devant les bateaux, formons des projets de vacances sur l’eau, échangeons nos propres souvenirs de vacances passées sur la même eau, lisons (et critiquons) les noms des embarcations et continuons la papote sur un banc avec vue sur Meuse.

L’heure de la dernière amourette a sonné.  Nous l’attendons patiemment, malgré une attaque d’oies voraces, lesquelles semblent espérer obtenir de quoi manger.  Alex devient hystérique et se réfugie derrière moi en hurlant et en m’arrachant presque le bras par la même occasion.  Clair que si elle pouvait me jeter en pâture à ces bestiaux en échange de son salut elle n’hésiterait pas, la traitresse.  Je suis morte de rire, et je me venge, lorsqu’elle est concentrée et accroupie pour une photo, en lui faisant croire qu’une nouvelle attaque se prépare.  Amah comme le jeu en valait la chandelle, et comme j’ai ri de ma vilaineté.  Le commandant en chef arrive et nous fait monter sur la noix namuroise.  Il a un accent français, et nous entamons la conversation.  Il est finalement italien, ayant vécu en France, mais expatrié depuis plusieurs décennies ici.  Il a le look gondolier, j’aime.

Retour à Namur, après avoir montré à Alex la maison la plus étroite de ma ville, laquelle est en bord de Sambre.  Vous les namurois, vous la connaissez, cette maison qui ne peut contenir qu’un lit à une place et est donc réservée aux célibataires ou aux couples très très soudés ? 

Tradition oblige, nous terminons la journée par un petit vin blanc, qu’on ne boit pas sous les tonnelles mais au Friends.  Comme il fait très faim, nous faisons un bref détour au Quick avant le départ d’Alex vers sa cité d’adoption.

Voilà, un WE de vacances qui se termine.  Deux journées que j’ai dégustées sans modération.

Merci Alex pour ta compagnie, pour tes photos, pour ces souvenirs et pour m’avoir fait redécouvrir et aimer encore plus ma ville, si tant est que je puisse l’aimer plus, ma chtite ville d’amour.

Les photos sont d'Alex, découvrez ou redécouvrez son site.

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14
jui

Un WE namuro-liégeois

Ne croyez pas que je veuille mettre ma ville en avant par rapport à Liège, en lui donnant la première place, mais avec Alex, nous nous sommes longuement penchées sur le problème.  Comment appeler ce WE en mettant Liège en premier ?  Un WE liégo-namurois ?  liégeo-namurois ?  Aucune idée...  La solution s’est imposée d’elle-même : un WE namuro-liégeois.

Rassurez-vous, nous avons parlé de tas d’autres choses durant ces deux journées de vacances et de tourisme à la belge passées en semble.  De choses hyper intellectuelles comme Koh Lanta, la taille de nos mollets (que nous avons longuement comparés) et de nos seins (que nous n’avons pas longuement comparés), nos ex, nos futurs, nos futurs ex, nos jobs, nos passions, nos vies, nos passés...  Nous avons beaucoup ri aussi, de tout et de rien.  C’est gai de rire de tout et de rien.  Et surtout des bêtises que je débite à la vitesse de l’éclair, me semble-t-il.

Oui, après réflexion, Alex s’est moquée de moi.  Je m’en souviens maintenant.  Ma vengeance sera terrible.

Mais revenons au tout début.

Vendredi matin.  Gare de Namur.  Munie de mon bon citytrip Flair, je me rends à Liééééch.  Le train à cinq minutes de retard, puis six, puis huit.  J’ai pris le train trois fois ces derniers mois, il était chaque fois en retard.  Ça doit être un signe.  Signe que la SNCB va mal.

Sur le quai de gare, l’enfer.  Des dizaines de scouts attendent mon train.  MON train.  Je vais donc en bout de quai, afin d’éviter de les subir durant 40 minutes.  Fière de moi, je monte dans la dernière voiture, eux sont à l’horizon, là-bas.  Je m’installe près de quatre français qui monopolisent huit sièges à eux seuls, après avoir demandé qu’ils bougent leurs malettes d’hommes d’affaires une fois, non mais, bande d’impolis.  Ce n’est qu’ensuite que je remarque le brouhaha.  L’enfer.  Pire que des scouts.  Des lutins.  Des dizaines de petits lutins mâles et femelles qui palabrent comme des poules.  Adorables.  Mais bruyants. 

Incapable de me concentrer sur ma lecture, je me concentre sur les discussions des français qui m’entourent.  A Huy, le contrôleur confirme les huit minutes de retard.  Blague bien grasse d’un français « on est à Huy et y’a huit minutes de retard, ah ah ah ».  Je comprends pourquoi ils occupaient huit places avant mon arrivée, ce chiffre doit les obséder. 

Les lutins hurlent « trois p’tits chats chats chats, chapeau de paille paille paille, paillasson son son... »

Nous arrivons aux Guillemins et j’ai droit à la dernière blague française du jour « Guillemins car y dit nin la vérité, Guy ».  Sans l’accent, of course, ce n’est point rigolo.  Avec l’accent non plus d’ailleurs mais soit.

Me vlà enfin arrivée.

Il pleut.  Il est écrit que Liège m’accueillera toujours sous la pluie.

Après une longue balade dans la ville, après une bonne salade au Bruit qui court, après un passage obligé chez Darcis pour un gâteau et un thé, le tout saupoudré de papote et de rires, nous décidons de gravir la citadelle et ses coteaux.  Ah bon, y’a une citadelle à Liège.  Ah ben oui, d’où le nom de l’hôpital, malin, très malin. Jolie citadelle, même si elle ne vaut pas la mienne (chauvine moi, voyons, m’enfin).  Moins de remparts, c’est clair.  Mais en pleine ville, ville qui semble s’y être accrochée à tout jamais.  A découvrir.  Ce que nous faisons.  Et ça monte.  Je sue comme un phoque, je souffle comme un boeuf sur un petit Jésus à peine né, mais je parviens à monter toutes ces marches.  Le soleil nous fait quelques clins d’yeux bien sympathiques.  Petite pause.  Admiration de la végétation.  Quelques photos d’Alex.  Un jardin peint nous fait sourire.  Un homme cherche quelque chose au sol.  Il nous fait peur.  On y va ou on n’y va pas ?  Ne pas y aller signifie faire demi-tour.  On y va.  On descend.

Puis on remonte pour la visite d’un quartier dit « populaire », super accueillant.  Les maisons sont parfois délabrées.  Mais bon nombre d’entre elles affichent des messages ou une décoration qui donnent le ton de la vie du quartier : « jour J pour nous », « centre de massage », « ainsi font font font » sur un pignon, papillons suspendus entre deux maisons...  Je me croirais dans Amélie Poulain. 

Après une agréable pause sur un banc gorgé de soleil, à admirer les sportifs qui font un footing épuisant dans ce quartier escarpé, et à discuter de nos plans d’évacuation en cas d’incendie ou de tueur en série (paranoïa quand tu nous tiens), nous amorçons la descente d’une série de marches dignes d’Amélie Poulain, toujours.

Suit la découverte d’une cour joliment rénovée, entourée de logements fleuris à souhait.  Comme il doit être bon d’y vivre.  Un chat se prélasse au soleil.  Une personne âgée est lovée sur un banc.  Quelques personnes parlent, là, au fond.  Un mini jardin squatte le fond de la cour.

Ensuite, zoom vers une place rénovée elle aussi.  Les enfants profitent de la plaine de jeu. La population est cosmopolite et pleine de zenitude.  Un homme se prélasse sur un transat public.  Je connaissais les bancs publics, je découvre les transats publics.  J’adore.

Puis vient la récompense : un chtit vin blanc en terrasse, toujours sous le soleil.

Ensuite, retour au bercail pour un gros gros dodo, juste après avoir mangé mes macarons, car demain, ce sera autre chose : MA citadelle à moi.  Et oui, demain Alex visite Namur.  Je vous l’avais dit : un WE namuro-liégeois placé sous le signe du tourisme et de la découverte.  En agréable compagnie, cela va de soi.  Agréable compagnie qui fait de jolies photos, vous le savez sans doute.  Y’en a même une de moi que j’aime, miracle miraculeusement miraculeux.  Je n’ai pas l’air d’un boudin et on ne voit pas trop ma tête.  J’aime. Je vous livre quelques photos d’Alex.  Les autres seront sans doute sur son blog prochainement. 

La plus rigolotte est sans doute cette photo de chien soldé... Elle ne vous fait penser à rien cette photo ?  Ben oui... une chanson !

(Merci Alex pour ton accueil et les petits coins que tu m’as fait découvrir).  Lisez son récit et découvrez ses photos sur son site.

Le chien dans la vitrine

by Line Renaud

Combien pour ce chien dans la vitrine ?
Ce joli p'tit chien jaune et blanc,
Combien pour ce chien dans la vitrine ?
Qui pench' la tête en frétillant.
 
Je dois m'en aller en Italie
En laissant tout seul mon mari
Un chien lui tiendra compagnie
En étant toujours près de lui.
 
Combien pour ce chien dans la vitrine ?
Ce joli p'tit chien jaune et blanc,
Combien pour ce chien dans la vitrine ?
Qui  me regarde en frétillant.
 
Je viens de lir' que dans les nouvelles
Il y a des voleurs de cœurs
Si de mon mari le cœur chancelle
Il protègerait mon bonheur.
 
Je n'ai pas besoin de souris blanches
Ni mêm' d'un perroquet savant
Quant aux poissons roug's même un dimanche
Il aurait l'air bête en les prom'nant.
 
Combien pour ce chien dans la vitrine ?
Ce joli p'tit chien jaune et blanc,
Combien pour ce chien dans la vitrine ?
Eh bien c'est d'accord je le prends...
montage

11
jui

Semaine flatulence - fin

voilà, je referme définitivement ce sujet... remarquez que j'ai posté les billets dans la catégorie "Anaïs et son quotidien stu-pet-fiant", ah ah ah, comme je suis amusante, je sais.

11
jui

Quand le naturel revient au galop

Avis aux âmes sensibles.  Si tout ce qui touche à « pipi-caca » vous révulse ou vous empêche de dormir, ne lisez pas ce qui suit.  Je vous invite en effet à pénétrer dans le comble du sujet tabou, que personne n’ose jamais aborder car il est le symbole de l’anti glamour par excellence.  Ce post pourrait facilement heurter les plus jeunes lecteurs ainsi que les lecteurs très très pudiques, très très naïfs ou très très hypocrites.  Vous voilà avertis.
 
Je veux bien jurer fidélité à un homme pour les siècles des siècles, promettre de l’aimer et le chérir, dans la douleur et l’adversité, la santé et la maladie, la richesse et la pauvreté, jusqu’à ce que la mort (ou le divorce par consentement mutuel) nous sépare.
 
(là je me dis : Anaïs t’as intérêt à garder ton anonymat ma poule, tu es grillée, désespérément grillée).
 
Mais il est une chose que je ne pourrai jamais jurer à un homme : ne pas pêter jusqu’à ce que la mort (ou le divorce pour cause déterminée) nous sépare.  Voilà, le mot est lâché, tout comme le vent, la flatulence, le gaz, la proute (allez-y prononcez ces mots à haute et intelligible voix, il ne sont pas vulgaires ni sales).
 
J’ai réalisé l’ampleur du problème il y a peu de temps, en visualisant un vieil extrait d’une émission de Christine Bravo (Frou Frou), où Thierry Lhermitte avouait « Oui je pête au lit, mais uniquement quand je suis seul ».  A voir la mine horrifiée de Christine et ses accolytes, on aurait dit qu’il avouait aller voir les prostituées chaque nuit lorsque sa femme s’absentait, voire qu’après les avoir « consommées », pour ne pas faire les choux gras de la presse, il les étranglait avec leur string et jetait leurs corps dans la Seine.  Et bien non, il avouait juste qu’il pêtait !  
 
Que celui qui n’a jamais pêté me lance la première capsule de charbon actif.  Parce que la question que je me pose c’est : qui peut réellement se vanter de ne JAMAIS pêter (à part le champion du monde du rôt – qui élimine tellement par le haut que le bas ne lui sert plus à rien) ?  
 
Personnellement, je n’ai pas envie de ressembler à un bonhomme Michelin (qui gonfle, gonfle, gonfle… et finira bien par exploser un jour où l’autre, éparpillant des bouts de chair et de cervelle dans un périmètre de 50 mètres autour de lui).  Oui je l’avoue, je le crie haut et fort, je balonne comme une baudruche à longueur de journée, le statut de Dame Michelin me pend au nez en permanence, et je ne suis pas psychologiquement prête à exploser.
 
J’ai tout essayé, le fameux charbon actif, les yahourts Actif-du-bas censés réguler tout ça (que nenni ma bonne Dame, d’ailleurs Actif-du-bas m’a remboursé mes 173 yahourts, ça sert à ça le « satisfait ou remboursé »).  J’ai également essayé de supprimer de mon régime les aliments à risque : mais outre les fameux haricots, il s’est avéré que je devais supprimer le lait et tout dérivé du lait, le pain, les pâtes, tous les féculents, les boissons gazeuses, les alcools, le chocolat, les œufs, les légumes et fruits, les viandes, les charcuteries, les gâteaux, les biscuits, les lasagnes, les pizzas, bref tout ce qui est gras et/ou sucré et/ou fermenté, ma bonne Dame ! J’avais en effet le ventre plat, je dirais même creux.  Mais c’est pas une vie… d’ailleurs c’est la mort qui me pendait au nez…
 
Cauet a trouvé une solution sympa pour les nuits des ballonnants : se déguiser en Nem.  Soit s’emballer bien serré dans sa couette, comme un nem.  Ce qui empêche tout éventuel vent de s’échapper, et permet un amortissement du bruit et une dissolution lente de l’odeur.  Moi je dis bravo Cauet.  Et j’utilise aussi la technique Nem pour vous écrire les soirs d’hiver.  Elle tient bien chaud, cette technique.
 
Pour terminer sur une note culturelle et rehausser un peu ce billet, connaissez-vous l’histoire de « la Grenouille qui voulait se faire aussi grosse que le bœuf » ? La voici.  

Une grenouille vit un bœuf
Qui lui sembla de belle taille.  
Elle qui n'était pas grosse en tout comme un oeuf,  
Envieuse s'étend, et s'enfle, et se travaille  
Pour égaler l'animal en grosseur,  
Disant: "Regardez bien, ma soeur;  
Est-ce assez? dites-moi. N'y suis-je point encore?  
- Nenni. - M'y voici donc? - Point du tout. - M'y voilà?  
- Vous n'en approchez point." La chétive pécore
S'enfla si bien qu'elle creva.  
Le monde est plein de gens qui ne sont pas plus sages
Tout bourgeois veut bâtir comme les grands seigneurs;  
Tout petit prince a des ambassadeurs;  
Tout marquis veut avoir des pages.

 (La Fontaine)

Moi je refuse de crever comme une grenouille (quand bien même je rêve d’embrasser un crapaud/prince), donc j’assume, je suis une pêteuse devant l’éternel.  Ceux qui sont comme moi mais n’osent pas assumer peuvent me contacter et nous créerons les Pêteurs Anonymes.
 
Et pour la petite histoire inutile, cette fable est mon plus grand traumatisme.  J’ai dû l’apprendre par cœur pour l’école et jusqu’à la veille au soir je n’ai cessé de pleurer car elle refusait de rentrer, pas moyen. Et je pleurais, je pleurais (j’étais déjà une pleureuse à l’époque je sais j’assume aussi – c’est peut-être lié puisque quand on pleure à sanglots on avale de l’air… qu’il faut ensuite évacuer. Yes, je viens de trouver la source du problème). Ma mère m’a envoyée au lit et le lendemain je la connaissais, mais quelle angoisse mamma mia.  Voilà l’histoire inutile du jour.

Je terminerai sur ce dicton maison « qui balonne à midi, pête à minuit ».  Tiens toi le pour dit !
 
petspt

10
jui

Y’a du vent dans l’air…

Je me suis offert il y a déjà un petit temps ce que j’appelle un livre pour WC.  C’est un livre que je mets dans mon WC.  Logique.  Et que je lis lorsque je vais au WC.  Encore plus logique.  Vous comprendrez que je ne peux y laisser un thriller ou un roman, sous peine d’y passer mes après-midi, captivée que je serais par l’intrigue ou la romance.

Je mets dès lors dans mon WC des livres composés d’histoires courtes.

« Cœurs qui soupirent » (Amy Cameron, éditions Caractère) s’y prête parfaitement, car il s’agit d’un recueil d’histoires et de mésaventures de rendez-vous galants.  Ça vous rappelle quelque chose ?  A moi aussi.   Ce livre rassemble différents témoignages, apparemment écrits carrément par les personnes (souvent des femmes) ayant vécu ces mésaventures.  Ça s’appelle faire un livre sans se fouler.  Ça me donnerait bien l’idée de vous demander de m’adresser vos témoignages, que je publierais, histoire de me faire un fric de malade sur votre dos.  Hein que mon équipe de marketing en a, de bonnes idées ?

Ainsi, chaque fois que je vais au WC, savoir fréquemment vu la taille de ma vessie, je me lis une petite histoire.  

Celle d’hier m’a fait rire aux larmes, et m’a rappelé un billet que je vous ai écrit il y a un bail et que je n’ai pas encore osé publier, de peur de choquer : un billet sur les pets.   J’ose parler vibro, mais pas pets, cherchez l’erreur…  Je sais aussi que si je publie ce billet, je ne pourrai jamais proposer l’homme de ma vie (pour peu que je le rencontre un jour) de lire ce blog, ce serait trop cruel pour ma chaste personne.  Quoique… je prône l’honnêteté dans le couple, alors, il vaut peut-être mieux qu’il sache à quoi s’en tenir … Chais pas… J’hésite… Je me tâte.  On en reparlera ensemble lorsque je l’aurai trouvé, l’homme de ma vie.  

Revenons donc au témoignage qui m’a tant fait rire.  

Extraits.

L’histoire se passe lors d’un premier rendez-vous.  Elle a évité de prendre des pâtes, histoire de ne pas se tacher et de manger proprement, et a opté pour du pain de viande…

« Je suis en train de mourir.  Je meurs.  Je ne peux m’empêcher de péter.  Mais qu’ai-je donc ? (…)  Comme les pâtes sont proscrites, je commande donc la première chose que je vois sur le menu.  Le pain de viande.  Un pain de viande ballonnant et totalement imprévu.
Roger me parle de sa mère atteinte d’un cancer.  De la façon dont sa famille fait face à cette situation.  Je pète.  C’est comme si j’avais une locomotive emplie d’air dans les entrailles.  (…) Roger poursuit ‘elle est en rémission maintenant, alors nous ne pouvons qu’espérer que…’ Pfffft !  Un autre pet.  Mais d’où sort-il celui-là ?  Mais comment cela peut-il se produire aussi rapidement ?  Oh, merde.  J’en sens venir un énorme.  Je serre les fesses.

(… elle file aux toilettes)
Dans la cabine, je suis comme une éolienne.  Je n’ai jamais rien vécu de tel.  J’aimerais mieux avoir une boulette de viande sur mon décolleté que d’avoir à subir les supplices d’un pain de viande.  Mais que vais-je faire ?  Je me rends bien compte que j’en ai pour toute la soirée avec ces gaz, alors je passe les dix minutes suivantes à me demander comment m’en sortir.
(elle retourne à table et prétexte un boulot urgent pour s’en aller.  Roger, compréhensif, la reconduit chez elle).
Dans la voiture, j’ai tellement peur qu’il s’imagine qu’il ne m’intéresse pas que même si j’ai l’impression que mon estomac va exploser, je me penche vers lui et je l’embrasse.  Sur les lèvres.  Ouf !  Notre premier baiser.  Et je n’ai que mes pets en tête.

Le seul fait d’écrire tout ceci me rend malade.  Comment un corps peut-il contenir une telle quantité de gaz ?  Je n’ai pas encore terminé.  C’est une vraie gaztastrophe ».

Un témoignage qui tombe à pic pour un livre pour WC, n’est-ce pas ?

Et bien, je ne sais pas pour vous, mais ça m’est déjà arrivé, ce genre de mésaventure.  

Second rendez-vous.  Je sais qu’il va se passer quelque chose.  C’est palpable.  Je stresse.  J’angoisse comme une dingue.  Je ne parviens pas à rester naturelle, car je pense au retour chez moi et à… à … à …  Inutile de vous faire un dessin.

Je mange peu, mais je ballonne tout de même.  Faut dire que je suis un ballon ambulant.  Je ballonne pour tout et rien.  Trop mangé, je ballonne.   Rien mangé, je ballonne.  Mangé trop gras, je ballonne.  Trop sec, je ballonne.  Trop sucré, je ballonne.  Trop acide, je ballonne.  Comme je le dis souvent, je fais une grossesse nerveuse bloquée à cinq mois, et ce depuis des années (l’addition gras du bide + ballonnement… n’essayez pas d’imaginer, c’est pathétique).

Nous voici chez moi.  Je ballonne tellement qu’un petit tour aux toilettes s’impose.  Sauf que mes toilettes, elles sont face au living.  Et que je suis convaincue que si le moindre pet s’échappe de mon postérieur, il entendra tout…  Va-t-en tenter de déballonner sans péter !  Un supplice.  Alors j’allume la radio.  Et je chante.  Et je pète.

Je réussis à éliminer une dizaine de pourcent de l’air contenu dans mon organisme, je rejoins donc mon Roméo pour une partie de bisouillage et plus si affinités.  Je vous passe les détails de nos langoureux baisers, empreints d’un romantisme fou, que mes ballonnements ne parviennent pas à détruire.  Mais le fait est là.  Je ballonne toujours.

Après une bonne demi-heure de bisouillage de plus en plus intense, il me plante là, pour aller « prendre l’air ».  

Ah bon.

Il a déjà besoin d’air ?  Etrange.

Je ne me pose aucune autre question, et je fonce aux toilettes, histoire de profiter de son absence pout tenter de déballonner encore un petit peu, tant qu’à faire.

Après une bonne dizaine de minutes, il revient et fait comme si de rien n’était.

La soirée… et la nuit… se poursuivent.  Superbe soirée.  Superbe nuit.  Malgré l’état de ma tuyauterie interne.

Quelques jours plus tard, il m’annonce que s’il a dû s’absenter précipitamment l’autre nuit, c’est parce qu’il était pris de ballonnements fulgurants et qu’il a préféré descendre dans la nature histoire de péter bien à son aise.

Comme quoi, avec un bon dialogue…

Bon promis, je publierai demain le tout premier billet écrit y’a des siècles des siècles amen, où je dévoilais tout tout tout sur les gaz, les prout, les pets et les vents.  Tant pis pour l’homme de ma vie.
 
petpt