6
avr

J'ai testé le cercueil médical

Grande première pour moi l'autre jour : direction l'hôpital pour tester le cercueil médical, alias l'IRM.  Comme on me l'a justement dit "contrairement au cercueil classique, te plains pas, tu finis par en sortir".  C'est exact, mais contrairement au cercueil classique, j'étais bien vivante moi, inside, et je n'ai pas aimé.  Mais pas du tout.

Récit.

Premier constat : l'IRM, c'est mieux que les pruneaux, mieux que les jus de fruits, mieux que les laxatifs en tous genres.  L'angoisse est telle (oui hein ça va, je suis une chochotte, mais déjà entrer dans un hôpital en bonne santé, je refuse, alors y entrer pour un examen médical, vraiment pas mon truc) que mes intestins en subissent les conséquences immédiates.  En soi, c'est une bonne chose, finalement, sans entrer dans les détails de ma grève intestinale.

Second constat : j'ai une chance folle, car j'ai droit à toutes les injections possibles et imaginables et par conséquent à ma première perfusion.  Fais un vœu Anaïs, une première, ça se fête.  J'aime pô ça, ça pique, ça tire, ça beurk, une perfusion.

Et me vlà donc sur mon siège jaune, dans ma tenue hyper glamour en papier jaune, derrière mon rideau jaune (sont fous du jaune ma parole), ma perfusion dans le bras.  Et je m'ennuie.  Et j'ai froid, même si j'ai gardé mes chaussettes (noires, si j'avais su, j'aurais pris du jaune, note qu'il suffirait d'une chtite hémorragie, et je serais aux couleurs de mon pays, du coup).

Face à moi, un panneau explicatif pour le personnel soignant : que faire en cas d'urticaire léger, urticaire sérieux, bronchomachintruc et œdème de Quincke.  Réjouissant…

Puis vient mon tour, et, en plus d'avoir dû enlever mes cholis bracelets Pandora, ma montre, mes boucles d'oreille et les plombs de mes dents (nan, je rigole, pas les plombs), je dois remettre mes lunettes au gentil Monsieur infirmier qui m'accompagne.  Une fois aveugle, je rencontre l'IRM, savoir une grosse tache beigeasse.  Je récupérerai mes lunettes en dehors du local, et ne sais dès lors toujours pas à quoi ressemble vraiment le cercueil médical, du moins de l'extérieur.

Avant de m'installer en position couchée, dernière petite joyeuseté.  Euh, comment dire, comment résumer, juste en quelques mots, zaurez qu'à comprendre : gel, insérer, voies naturelles.  Voilà, zavez compris ?  Sauf que je suis encore debout, alors le gel, ben il prend la fuite, c'est joyeux, je vous le disais. 

Toute poisseuse, je me couche enfin.  Ah on peut dire que c'est confortable, un oreiller sous la tête, un autre sous les genoux, vraiment sympa.  S'il n'y avait la perfusion, toujours douloureuse et cette fois opérationnelle.  Et s'il n'y avait le fait que mon petit lit douillet va bientôt être catapulté à l'intérieur de la machine infernale, ce serait parfait.  Bon, manque juste un plaid, car ça caille ferme.

Puis c'est le grand départ.  Je me crois dans Retour vers le futur, et j'entre dans ce tunnel beige, presque jaune tiens.  C'est serré, au point que je me demande si mon nez, qui n'est pourtant ni un pic ni un cap ni une péninsule, va passer.  Il passe.  Oui, bandes de médisants, mon bidou passe aussi.  Seuls mes pieds restent à l'extérieur.  On m'avait dit que c'était étroit, mais c'est bien pire que ce que j'imaginais, genre si je respire, je touche le plafond quoi.  Et je respire comme une dingue, ça doit être une crise de claustrophobie, je vois que ça, alors que je suis censée être calme, pour que tout se passe bien, sinon mon IRM va être toute floue because j'ai trop respiré non ?  Si ça tombe c'est comme pour une radio, faut pas respirer, mais durant combien de temps ?  Gros titre dans la presse namuroise "une jeune (si si, jeune) namuroise décède dans un IRM, il semble qu'elle ait volontairement cessé de respirer, enquête en cours".

Y'a comme un courant d'air désagréable, je suis congelée, mais je ne peux bouger, c'est la directive : on ne bouge pas, sauf en cas de souci, là je peux bouger les pieds pour qu'ils me sortent de là.

Et y'a un souci.

Le souci c'est que je me mets à imaginer comment faire si je dois vomir, pas moyen de me redresser, pas moyen de bouger, à peine moyen de tourner la tête.  Je vais vomir, je vais m'étouffer dans mon vomi, je vais mourir sans avoir pu bouger les pieds.  Et bien sûr j'ai soudain envie de vomir.

Le souci c'est que je me mets à réaliser qu'être enterrée vivante ça doit être ça, avec de l'air en plus.  Et bien sûr, je parviens plus à l'aspirer, l'air, chuis toute bloquée.

Le souci c'est que j'ai peur d'avoir une crampe au pied droit.  Voire au pied gauche.  Voire aux deux.  Et bien sûr… nan, je rigole, j'ai pas eu de crampe.

Le souci c'est que ça fait un bruit infernal ce truc, oscillant entre marteau piqueur et mitraillette.  Et le casque qu'on m'a posé sur la tête ne sert à rien.

Le souci c'est que ça caille, zauriez pas un plaid des fois, allez quoi, pitiééééééééééé ?

Le souci c'est que j'ai plein de soucis mais je doute que ce soit un souci pour vous.

Alors je me concentre sur la musique, histoire de me calmer.

Je ferme les yeux.

"Sex bomb".  C'est celaaaaaaaaaaaa oui, fous-toi de ma tronche, Radio Nostalgie, j'en ai tout l'air, d'une sex bomb, à cet instant.

"L'été indien".  Merciiiiiiiiiiiiii, je vais pouvoir me plonger dans la visualisation relaxante que j'avais prévue, une plage de la côte d'Opale, le soleil, la mer, le ressac, les embruns, et des moules bouchot en récompense.  Naaaaaaaan, pas les moules, je vais vomir, je vais vomir.

"I like Chopin".  Ouiiiiiiiiiii, du piano, ça relaxe.  Relax relax relax relax relax, méthode Coué.

"Tout le bonheur du monde".  Ouiiiiiii, je veux tout le bonheur du monde, là, de suite, et d'abord, je ne suis pas une célébrité, mais sortez-moi de là.

Et les chansons s'enchainent, et les bruits divers, variés et assourdissants s'enchainent, et le temps ne passe pas.  Et mes bras sont brûlants, y'a un coussin chauffant sous moi ou quoi ?  Ou bien est-ce le produit de contraste, celui dont on dit qu'il peut provoquer des réactions allergiques ?  Voilà, ma mort est proche.

Au bout de euh, chais pas moi, six heures, enfin vingt minutes quoi, mais keske c'est long vingt minutes dans un cercueil médical, presqu'une éternité, on m'extrait enfin de mon tube, on m'enlève ma perfusion, on me fait me redresser et partir au plus vite pour laisser la place au joyeux volontaire suivant, je suis encore groggy et les cheveux en bataille, la faute au gros aimant ma bonne Dame, et je tente de trouver mon chemin, sans mes lunettes, pour enlever ma tenue seyante et rejoindre le monde réel, ravie d'avoir survécu à l'un des meilleurs moments de mon existence, après le train infernal de Walibi et les toboggans sous eau d'Aqualibi (après le CHR, Walibi est donc mon endroit préféré).

25
jan

Le régime langue de vipère : mon Koh-lanta à la Cinquante nuances de Grey !

Vous le savez, on m'a coupé l'appendice euh, comment skon dit, parlal ? buccal ?

Depuis, je vis mon Koh-lanta à moi rien qu'à moi.

Rien à manger durant des jours, à part du liquide.  J'ai tenté les pâtes, mais à toutes petites doses, coupées en tout petits morceaux, et au prix d'atroces souffrances (siiiii, atroces).

Puis j'ai eu aussi mes épreuves.  J'ai gagné l'immunité grâce à ma bravoure intersidérale durant l'intervention, passque le docteur il m'a dit que j'avais été bien sage.  Récompense : j'ai pas été éliminée au conseil.

Et ce matin, j'ai gagné le confort : me suis offert un petit-déjeuner pantragruelesque : du danio et un smoothie aux fruits, keske c'était bon.

Là je tente la gaufre au sucre en tranches, et ça passe assez bien, chuis sur la voie de la guérison ma bonne dame.

Mais le plus rigolo fut ce matin dans le bus.

Je lisais Cinquante nuances de Grey, que je termine, avant d'entamer Cinquante nuances plus sombres.

Et ben les galipettes de Miss Ana et de son taré de Grey, ben elles m'ont fait aucun effet.

Rien en lisant "putain Ana keske tu mouilles", rien en lisant "je jouis d'être possédée par lui", rien en lisant "la brûlure de mes fesses, les boules qui me remplissent".

Rien de rien.

Mais alors, keske j'ai pris mon pied en lisant "elle prend des oeufs, du bacon et des pancakes et pour moi une omelette et une salade de fruits".

J'en suis encore toute mouillée... de salivation.

22
jan

De l'avantage de passer une nuit blanche : récit de ma dernière aventure internetesque

Nan, je ne parle pas d'une aventure amoureuse ou sexuelle, m'enfin m'enfin m'enfin.

Ceusses qui sont mes amis sur Facebook le savent (et ceusses qui le sont pas savent pas ce qu'ils loupent, on se marre comme des canards sur Facebook), je me suis amusée à la pharmacie tout récemment. 

Ayant connu quelques soucis, euh, intestinaux – bon, appelons un chat un chat et une constipation une constipation, et que celui ou celle qui n'a jamais été constipée me jette le premier fécalome – je me rends à la pharmacie pour y acheter du Dulcolax, une grande première pour moi.

A ce qu'on m'a dit, c'est un truc injectable à l'endroit du délit, dirons-nous (dingue comme certains sujets sont difficiles à aborder), donc je m'informe auprès de mon pharmacien, d'un "ça se met par l'arrière c'est ça ?".  Mine étonnée.  Sourire en coin.  "Non", me dit-il, "ça s'avale".  Bon.  Soit.  Je rougis pire qu'Ana dans Cinquante nuances de Grey, c'est pas peu dire.  La collègue pharmacienne qui écoutait tout est morte de rire.

Après les avertissements d'usage (pas d'avis prolongé sans avis médical, le Dulcolax c'est un médicament vilain pas beau ma bonne Dame), le monsieur me vend mon médoc à avaler et je m'en vais.

De retour at home, je me plonge sur internet, qui me confirme que la version "arrière" existe tout autant que la version "avant".  Y'avait donc pas de quoi rire, non mais m'enfin quoi hein !

Dans la foulée, je fais une recherche sur les dangers de ce genre de produits, laxatifs en tous genres, vu que mon pharmacien rechignait vraiment à me le vendre.

Et c'est là que ma mésaventure internetesque intervient.

Bien sûr, quand j'ai cliqué sur ce lien Google, j'ai bien vu l'avertissement qui m'avertissait (c'est son but) et me demandait si j'avais bien 18 ans.  Mais je n'ai pas trop fait attention.  Là, vous vous dites que je suis tombée sur du porno, mais nan, c'est bien pire, le porno c'est la cour de récréation à côté de ce que j'ai découvert.

Attention, âmes sensibles s'abstenir.

Me vlà donc sur un forum de discussion… réservé aux adultes adeptes de couches-culottes.  Oui, bon, chuis pas surprise, j'ai déjà vu une émission sur ces messieurs fans de langes, qui se font cajoler par leur épouse, une tétine dans la bouche, voire plus si affinités (un nichon quoi).  Euh, bon, chacun son truc.  Mais ici, c'est pire, ce sont des adeptes de langes dont le fantasme est de se réveiller le matin comme un bébé, à savoir le lange souillé.  Argh.  Et sur ce forum, ils se dispensent donc leurs bons trucs pour parvenir à leurs fins, but malaisé quand on est adulte.  D'où les laxatifs, vous suivez ?

Et voilà comment, par le plus grand des hasards, je me suis retrouvée, bouche grande ouverte par la stupéfaction, yeux agrandis par l'horreur, totalement muette de stupeur (à l'époque j'avais encore une langue opérationnelle).

Et le lendemain, avec Mostek, grande discussion au bureau, lancée par bibi, vu que j'adore les débats existentiels : tu rencontres l'homme idéal en tous points, le big prince charmant de la mort qui tue la vie, c'est idyllique durant six mois, le bonheur intersidéral puis, paf, badaboum, crac boum hue, il t'annonce qu'il adore souiller ses langes la nuit.  Tu fais quoi ?

- tu le largues illico, tape 1

- tu acceptes par amour, tape 2

- tu le fais soigner, tape 3

Pour ma part, dans l'absolu je tape 1, mais si c'est l'homme idéal en tous points, le big prince charmant de la mort qui tue la vie, c'est idyllique durant six mois, le bonheur intersidéral, ça me ferait mal, alors pourquoi pas 3 (naaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaan 2, ça jamais, je préfère être constipée jusqu'à ce que mort s'ensuive, est-ce bien clair ?)

Voilà à quoi je pense durant mes nuits d'insomnie post transformation en vipère.

9
nov

Quand on n'a pas de tête… on n'a pas de tête !

Y'a quelques semaines, un ami me demande de lui réserver des places de concert en ligne, histoire de faire une surprise à sa femme.

Je réserve, je reçois, je fournis, et patati et patata.  Sympa comme surprise, ça.

Ce vendredi, je croise mon amie en ville, on papote et tout et tout, et elle me dit "mon chéri m'a dit de me préparer, qu'il m'emmène ce soir, mais surprise, je sais pas où".

Et moi "rhooo, cool, sympa ça, une surprise".  Et de me dire qu'il y a vraiment des mecs bien, qui organisent des surprises à leur femme, que tous les mecs ne sont pas des connards en quête d'une femme de ménage (message subliminal).

Et de m'interroger sur leur destination, moi qui vais passer ma soirée toute seule devant Koh Lanta et Qui veut épouser mon (enfoiré de) fils, blottie dans mon plaid à manches que Saint-Nicolas m'a apporté, me gavant de mousse caramel au beurre salé.

Et quand je dis m'interroger, je "'mean" (du verbe to mean, in english) vraiment m'interroger, passque j'ai totalement oublié le pourquoi du comment de cette soirée.  Ben voyons.

Quand on n'a pas de tête, je vous disais.

Et là je viens de recevoir un sms "petite cachotière va", et le franc, enfin l'euro, est tombé.

Dieu, comme c'est dur de n'avoir qu'un neurone, fainéant qui plus est.

(Notez que l'avantage de la chose, c'est que je n'ai pas eu à mentir en rougissant comme une incapable de garder un secret que je suis, vu que mon étonnement et ma curiosité quant à la soirée en vue étaient... bien réels !)

14
oct

Recette du jour : perdre une heure le dimanche matin

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Se lever à 9 heures.

Prendre ses potions magiques anti-crève pas si magiques mais on y croit.

S'habiller pas trop mal, mettre ses jolies bottes mauves, une légère touche de maquillage, un domptage savant de la tignasse rebelle, un nettoyage bien utile des lunettes, pour avoir l'air potable et ne pas ressembler à quelqu'un qui va voter pour le… euh, non, je ne peux le dire, ça risquerait de choquer certains électeurs de ce parti.

Partir, sous le soleil, Emilie Simon plein les oreilles, et ça rime.

Arriver au bureau noté sur la convocation et, comme à chaque fois, systématiquement, remarquer que c'est le seul bureau où la file fait cent mètres.  Ce n'est plus une coïncidence, soit le bureau est géré à la 6-4-2, soit les électeurs sont mal répartis entre les bureaux (50 là-bas, 500 ici).

Faire une longue file (la moitié de l'album d'Emilie), suivie par une famille hystérique, avec des petits nenfants qui courent partout et écrasent mes jolies bottes mauves en hurlant.

Attendre, attendre, attendre, en avançant petit pas après petit pas.

Loucher sur la convocation du monsieur qui précède, laquelle est accompagnée d'un fatras de documents, et remarquer que c'est mon futur voisin.

Enfin atteindre le lieu saint, et noter que tous les urinoirs isoloirs sont vides, because la désorganisation totale des assesseurs.

Recevoir ma paperasse et voter en 15 secondes chrono, fastoche, j'avais repéré le numéro 9 préalablement.

Sortir de l'isoloir et attendre, attendre, attendre, vu que ma carte d'identité est encore tout au bout, mais keski font ces assesseurs, furieuse envie de les aider.

Repenser au sms reçu hier d'une connaissance perdue de vue depuis des lustres "hello, mes chouchous pour demain à Namur : (on omet).  Deux personnes que je connais bien et que j'estime beaucoup, vous pouvez leur faire confiance en votant pour eux sur la liste (on omet).  Merci pour Namur et les Namurois".

Renpenser aux réponses que j'aurais pu envoyer :

- je ne vote pas pour les ruminants, je préfère les poules, dont je fais collection

- même sous la torture, je ne voterai pas pour cet ignoble requin

- t'es payé combien pour envoyer ce genre de propagande vomitive ?

- ils paient combien pour avoir mon vote ?

Me dire que j'ai bien fait de pas répondre à ce sms abject.

Continuer à attendre.

Attendre que le premier assesseur ait coché mon nom.

Attendre que le premier assesseur ait coché mon nom.

Attendre que le troisième assesseur ait fini de contempler son cachet pour enfin l'apposer sur ma convocation.

Sortir du bureau et remarquer que la file a doublé, et ils sont pas sortis de l'auberge avec des assesseurs lents comme un escargot namurois atteint de mononucléose aiguë.

Rentrer chez moi en écoutant Emilie Simon.

Avoir perdu 1 heure pour rien.  Me souvenir que, la première fois que j'ai voté, j'étais fière, pleine d'espoir et de fierté de participer au sort de mon pays, et que, désormais, j'ai conscience de la connerie de la procédure, et de l'inutilité de mon vote, même si, tout au fond, j'ai une lueur d'espoir… qui sera vite balayée ce soir (ça rime encore).

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