22
jan

De l'avantage de passer une nuit blanche : récit de ma dernière aventure internetesque

Nan, je ne parle pas d'une aventure amoureuse ou sexuelle, m'enfin m'enfin m'enfin.

Ceusses qui sont mes amis sur Facebook le savent (et ceusses qui le sont pas savent pas ce qu'ils loupent, on se marre comme des canards sur Facebook), je me suis amusée à la pharmacie tout récemment. 

Ayant connu quelques soucis, euh, intestinaux – bon, appelons un chat un chat et une constipation une constipation, et que celui ou celle qui n'a jamais été constipée me jette le premier fécalome – je me rends à la pharmacie pour y acheter du Dulcolax, une grande première pour moi.

A ce qu'on m'a dit, c'est un truc injectable à l'endroit du délit, dirons-nous (dingue comme certains sujets sont difficiles à aborder), donc je m'informe auprès de mon pharmacien, d'un "ça se met par l'arrière c'est ça ?".  Mine étonnée.  Sourire en coin.  "Non", me dit-il, "ça s'avale".  Bon.  Soit.  Je rougis pire qu'Ana dans Cinquante nuances de Grey, c'est pas peu dire.  La collègue pharmacienne qui écoutait tout est morte de rire.

Après les avertissements d'usage (pas d'avis prolongé sans avis médical, le Dulcolax c'est un médicament vilain pas beau ma bonne Dame), le monsieur me vend mon médoc à avaler et je m'en vais.

De retour at home, je me plonge sur internet, qui me confirme que la version "arrière" existe tout autant que la version "avant".  Y'avait donc pas de quoi rire, non mais m'enfin quoi hein !

Dans la foulée, je fais une recherche sur les dangers de ce genre de produits, laxatifs en tous genres, vu que mon pharmacien rechignait vraiment à me le vendre.

Et c'est là que ma mésaventure internetesque intervient.

Bien sûr, quand j'ai cliqué sur ce lien Google, j'ai bien vu l'avertissement qui m'avertissait (c'est son but) et me demandait si j'avais bien 18 ans.  Mais je n'ai pas trop fait attention.  Là, vous vous dites que je suis tombée sur du porno, mais nan, c'est bien pire, le porno c'est la cour de récréation à côté de ce que j'ai découvert.

Attention, âmes sensibles s'abstenir.

Me vlà donc sur un forum de discussion… réservé aux adultes adeptes de couches-culottes.  Oui, bon, chuis pas surprise, j'ai déjà vu une émission sur ces messieurs fans de langes, qui se font cajoler par leur épouse, une tétine dans la bouche, voire plus si affinités (un nichon quoi).  Euh, bon, chacun son truc.  Mais ici, c'est pire, ce sont des adeptes de langes dont le fantasme est de se réveiller le matin comme un bébé, à savoir le lange souillé.  Argh.  Et sur ce forum, ils se dispensent donc leurs bons trucs pour parvenir à leurs fins, but malaisé quand on est adulte.  D'où les laxatifs, vous suivez ?

Et voilà comment, par le plus grand des hasards, je me suis retrouvée, bouche grande ouverte par la stupéfaction, yeux agrandis par l'horreur, totalement muette de stupeur (à l'époque j'avais encore une langue opérationnelle).

Et le lendemain, avec Mostek, grande discussion au bureau, lancée par bibi, vu que j'adore les débats existentiels : tu rencontres l'homme idéal en tous points, le big prince charmant de la mort qui tue la vie, c'est idyllique durant six mois, le bonheur intersidéral puis, paf, badaboum, crac boum hue, il t'annonce qu'il adore souiller ses langes la nuit.  Tu fais quoi ?

- tu le largues illico, tape 1

- tu acceptes par amour, tape 2

- tu le fais soigner, tape 3

Pour ma part, dans l'absolu je tape 1, mais si c'est l'homme idéal en tous points, le big prince charmant de la mort qui tue la vie, c'est idyllique durant six mois, le bonheur intersidéral, ça me ferait mal, alors pourquoi pas 3 (naaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaan 2, ça jamais, je préfère être constipée jusqu'à ce que mort s'ensuive, est-ce bien clair ?)

Voilà à quoi je pense durant mes nuits d'insomnie post transformation en vipère.

9
nov

Quand on n'a pas de tête… on n'a pas de tête !

Y'a quelques semaines, un ami me demande de lui réserver des places de concert en ligne, histoire de faire une surprise à sa femme.

Je réserve, je reçois, je fournis, et patati et patata.  Sympa comme surprise, ça.

Ce vendredi, je croise mon amie en ville, on papote et tout et tout, et elle me dit "mon chéri m'a dit de me préparer, qu'il m'emmène ce soir, mais surprise, je sais pas où".

Et moi "rhooo, cool, sympa ça, une surprise".  Et de me dire qu'il y a vraiment des mecs bien, qui organisent des surprises à leur femme, que tous les mecs ne sont pas des connards en quête d'une femme de ménage (message subliminal).

Et de m'interroger sur leur destination, moi qui vais passer ma soirée toute seule devant Koh Lanta et Qui veut épouser mon (enfoiré de) fils, blottie dans mon plaid à manches que Saint-Nicolas m'a apporté, me gavant de mousse caramel au beurre salé.

Et quand je dis m'interroger, je "'mean" (du verbe to mean, in english) vraiment m'interroger, passque j'ai totalement oublié le pourquoi du comment de cette soirée.  Ben voyons.

Quand on n'a pas de tête, je vous disais.

Et là je viens de recevoir un sms "petite cachotière va", et le franc, enfin l'euro, est tombé.

Dieu, comme c'est dur de n'avoir qu'un neurone, fainéant qui plus est.

(Notez que l'avantage de la chose, c'est que je n'ai pas eu à mentir en rougissant comme une incapable de garder un secret que je suis, vu que mon étonnement et ma curiosité quant à la soirée en vue étaient... bien réels !)

14
oct

Recette du jour : perdre une heure le dimanche matin

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Se lever à 9 heures.

Prendre ses potions magiques anti-crève pas si magiques mais on y croit.

S'habiller pas trop mal, mettre ses jolies bottes mauves, une légère touche de maquillage, un domptage savant de la tignasse rebelle, un nettoyage bien utile des lunettes, pour avoir l'air potable et ne pas ressembler à quelqu'un qui va voter pour le… euh, non, je ne peux le dire, ça risquerait de choquer certains électeurs de ce parti.

Partir, sous le soleil, Emilie Simon plein les oreilles, et ça rime.

Arriver au bureau noté sur la convocation et, comme à chaque fois, systématiquement, remarquer que c'est le seul bureau où la file fait cent mètres.  Ce n'est plus une coïncidence, soit le bureau est géré à la 6-4-2, soit les électeurs sont mal répartis entre les bureaux (50 là-bas, 500 ici).

Faire une longue file (la moitié de l'album d'Emilie), suivie par une famille hystérique, avec des petits nenfants qui courent partout et écrasent mes jolies bottes mauves en hurlant.

Attendre, attendre, attendre, en avançant petit pas après petit pas.

Loucher sur la convocation du monsieur qui précède, laquelle est accompagnée d'un fatras de documents, et remarquer que c'est mon futur voisin.

Enfin atteindre le lieu saint, et noter que tous les urinoirs isoloirs sont vides, because la désorganisation totale des assesseurs.

Recevoir ma paperasse et voter en 15 secondes chrono, fastoche, j'avais repéré le numéro 9 préalablement.

Sortir de l'isoloir et attendre, attendre, attendre, vu que ma carte d'identité est encore tout au bout, mais keski font ces assesseurs, furieuse envie de les aider.

Repenser au sms reçu hier d'une connaissance perdue de vue depuis des lustres "hello, mes chouchous pour demain à Namur : (on omet).  Deux personnes que je connais bien et que j'estime beaucoup, vous pouvez leur faire confiance en votant pour eux sur la liste (on omet).  Merci pour Namur et les Namurois".

Renpenser aux réponses que j'aurais pu envoyer :

- je ne vote pas pour les ruminants, je préfère les poules, dont je fais collection

- même sous la torture, je ne voterai pas pour cet ignoble requin

- t'es payé combien pour envoyer ce genre de propagande vomitive ?

- ils paient combien pour avoir mon vote ?

Me dire que j'ai bien fait de pas répondre à ce sms abject.

Continuer à attendre.

Attendre que le premier assesseur ait coché mon nom.

Attendre que le premier assesseur ait coché mon nom.

Attendre que le troisième assesseur ait fini de contempler son cachet pour enfin l'apposer sur ma convocation.

Sortir du bureau et remarquer que la file a doublé, et ils sont pas sortis de l'auberge avec des assesseurs lents comme un escargot namurois atteint de mononucléose aiguë.

Rentrer chez moi en écoutant Emilie Simon.

Avoir perdu 1 heure pour rien.  Me souvenir que, la première fois que j'ai voté, j'étais fière, pleine d'espoir et de fierté de participer au sort de mon pays, et que, désormais, j'ai conscience de la connerie de la procédure, et de l'inutilité de mon vote, même si, tout au fond, j'ai une lueur d'espoir… qui sera vite balayée ce soir (ça rime encore).

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6
sep

Le bruit

C’est l’aube, l’heure où blanchit la campagne.

Je suis réveillée par un bruit étrange.  Lointain mais étrange.

Tudududu, tudududu, tudududu… comme un bruit de réveil.  D’ancien réveil électronique.  Bruit qu’on entend encore dans les films américains.

Dérangeant, mais lointain.

Je m’interroge : d’où vient ce bruit qui ne s’arrête jamais ?

Serait-ce un voisin qui ne se réveille pas ?  Sacrebleu, puisse-t-il arrêter cette machine infernale, pitié, je veux encore dormir.  Ou alors il est décédé, le voisin, et il n’a plus la capacité de faire quoi que ce soit.

Serait-ce un oiseau qui serine son chant matinal ?  Possible, mais improbable, un oiseau n’est pas si répétitif, parfois il s’interrompt, pour reprendre de plus belle.  Enfin j’imagine.  Trop répétitif je vous dis.

Répétitif et infernal, j’en peux plus.

Mon réveil à moi sonne enfin et camoufle le bruit.  Quelques minutes, car ma curiosité me fait le couper.

Et le bruit recommence.

Bon, ça suffit, je me lève.

Je m’approche de la fenêtre ouverte, afin d’en savoir plus.  Le bruit me semble plus faible.  Je repars vers la fenêtre fermée, et il s’accentue.  Bizarre autant qu’étrange.  Et ça continue encore et encore : tudududu, tudududu, tudududu…  Je m’éloigne de la fenêtre fermée pour rejoindre celle ouverte, et ça diminue à nouveau.  Bon, ce bruit, il est inside my hose, my god !

Retour vers la source.  Il fait encore tout noir.  Et je n’ai pas mes lunettes, je vois donc comme une taupe diabétique (ben oui, les taupes diabétiques voient plus mal que les autres, c’est scientifiquement prouvé, si, si, promis juré craché gerbé).

En aveugle donc, je m’oriente vers le bruit.  Je me baisse, je tente de m’approcher le plus possible, de faire en sorte que mon oreille de Super Jamie trouve la source.  Et je réalise que le bruit semble venir d’un thermomètre digital posé sur mon appui de fenêtre.  Vous le savez, j’ai la manie des thermomètres, j’en ai… euh, oserais-je vous le dire, au risque de passer pour une folle furieuse ?  ‘tendez, je compte : quatre dans ma cuisine (oui, quatre, cherchez pas à comprendre), un dans le salon, un dans la salle-de-bain, deux dans la chambre, boh ça fait que huit finalement.  Donc le bruit provient du thermomètre de ma chambre, qui me donne températures in and out, pour que je sache comment me vêtir le matin.  Vu qu’il fait noir et que je n’ai pas mes lunettes, je ne vois pas si quelque chose clignote sur le maudit appareil, que je saisis d’une main rageuse, ce qui fait immédiatement cesser le bruit.  Immédiatement.  Bizarre autant qu’étrange, à nouveau.  Le pouvoir de ma main, je le dis souvent au bureau, elle répare les pc plantés, ma main.  Ben maintenant elle fait cesser les bruits matinaux.

Gagné.

Sauf que j’ignore ce que c’était.

J’allume, je chausse mes bésicles et j’observe l’appareil.  Normal.  Donne la température.  Rien de plus.

Faut pas chercher à comprendre.

Sauf que c’est une manie chez moi, tout comme celle des thermomètres : chercher à tout comprendre.

Galère.

Des idées, chers lecteurs ?

9
mai

Soiiiiiiiiiiiiif

A 22 heures, j'avais soif.

A 2 heures, je mourrais de soif.

A 6 heures, j'agonisais de soif.

A 6h35, je buvais buvais buvais buvais buvais.

Morale de l'histoire, bois le soir, petite Anaïs, tant pis si tu pisses six fois la nuit...