25
sep

Y'a plus de saisons pour les oies

L'autre jour, il a fait super beau (si, si, je vous le certifie, y'a eu un jour de beau temps récemment, incredible but true).  Alors, avec Mostek, on a décidé d'aller se balader après le boulot.  Histoire de profiter enfin d'une soirée d'été pour aller arpenter la Meuse et ses abords, affronter les oies et admirer les namourettes.

Pour tout vous dire, c'est Mostek qui m'a proposé cette petite balade, juste avant d'émettre un « argh, j'ai en vie d'une fricadelle ».

Oups, c'était pas tombé dans l'oreille d'une sourde.

Alors, vers 18h, nous sommes parties, munies de nos pots de sauces (radines, vous avez dit radines ? - ben oui mais les sauces à 50 cents, c'est cher), acheter frites et fricadelles bien grasses, afin les dévorer en bord de Meuse et d'éliminer ensuite les calories durant une petite balade sympa.

18h15, nous quittons la friterie et ses effluves d'alcool (c'est pas dangereux les haleines d'alcool mélangées à l'huile chaude, des fois ?) et regagnons le port de plaisance en vitesse, pour garder les frites chaudes.  Sur place, un troupeau d'oies nous regardent d'un air mi-curieux mi-agressif.  J'aime pas les oies.  Et Mostek non plus.  Mais deux messieurs sont déjà installés à une autre table, et je décide d'avoir confiance : ils nous sauveront en cas d'attaque hitchcockienne.  J'avance donc courageusement vers la seconde table et, miraculeusement, les oies s'écartent, nous offrant un chemin, telle la mer devant Moïse.

Installation.  Sauces.  Déballage.  Dégustation.  Un pur bonheur, of course.  Rien que de l'écrire j'en ai l'eau à la bouche.  Que du bonheur...

Bonheur un tantinet troublé par les oies, toujours elles, qui, après avoir mendié longuement auprès des deux messieurs, avec succès (à noter pour l'avenir : ne jamais nourrir les oies), elles décident de s'approcher de nous, sans doute pour un dessert.  J'hésite à grimper sur le banc pour m'éloigner de ces énormes volatiles, mais la présence d'autres personnes m'empêche d'adopter cette stature ridiculisante au possible.  Une téméraire oie couleur « sauvage » s'approche de plus en plus.  Je ne vois plus que sa tête, posée sur un très long cou, qui me scrute, à l'autre bout de la tête.  Une tête qui bouge étrangement, donnant à l'animal un air un tantinet ridicule.  Dieu comme c'est à mourir de rire, un cou d'oie, une tête qui se dandine, un bec qui s'entrouvre, des yeux qui brillent.  Elle tend le cou au maximum, en poussant de petits cris.  Sorry, mais je ne comprends pas le langage d'oie.  Et j'ai de plus en plus la trouille.  C'est clair et net, je déteste ces gros oiseaux au tour de cul semblable au mien.

Tentant d'oublier cette attaque en bonne et due forme, nous nous concentrons alors sur nos frites molles et notre fricadelle tiède.  Soudain, une goutte.  Puis une autre.  Puis des tas d'autres.  Décidément, c'est la totale.  D'énormes nuages se sont en effet rassemblés juste au-dessus de nos têtes.  Nous voilà donc, sans parapluie, sans manteau, entourées d'un tas d'oies agressives, en train de manger nos frites et notre fric... enfin vous connaissez le topo.

Et pourtant, c'est sympa comme tout, ce dernier petit moment estival.  Hyper sympa.  Malgré la pluie.  Malgré les oies.  Malgré les messieurs qui ne font rien pour nous sauver, en non-valeureux guerriers qu'ils sont.

Une fois la dernière frite engloutie, nous prenons enfin notre courage à deux mains, affrontons les vilaines bébêtes, avec succès, et quittons les lieux, l'estomac plein, afin d'aller, non plus nous balader, mais zieuter une chtite série télé.

Chouette moment, ponctué de fous rires et de petits cris d'angoisse.

C'est cependant clair et net, comme clarinette : les choses qui volent, en métal ou en chair et plumes, c'est vraiment pas mon truc.

Une chtite photo d'oies namuroises, made by Bia-Bouquet.

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22
sep

Mes Wallonies

Tout namurois qui se respecte le sait (sauf si l'alcool a provoqué en lui une amnésie irréversible) : ce WE c'était les fêtes de Wallonie.

Ce WE fut pour moi caractérisé par des nuits courtes : 3 heures vendredi, 4 samedi.

Mais ne vous bercez pas d'illusions.  Je ne vais pas vous raconter des nuits d'éthylisme et de débauche.  Que nenni.

C'est juste que j'ai chopé une crève infernale, qui m'a bouché les deux narines durant la nuit, m'empêchant totalement de dormir.

Vous comprendrez donc que mes fêtes de Wallonie furent très modérées.  Très très modérées.

Récit.

Vendredi.  17h30, j'émerge d'une petite sieste consécutive à un test de profession pour le journal la Meuse Namur (nan je ne vous dirai rien, surprise).  Paaaaaaaas bien.  Je dois repartir en ville, histoire de tester la profession de vendeur de peket, circonstances obligent.  Pas envie.  Paaaas bien.  Je tremble. J'ai froid.  J'ai chaud.  Mais je me botte l'arrière-train et je pars bosser.  Je trouve une petite échoppe super sympa sur laquelle bosse un petit couple encore plus sympa et je passe un moment... hyper sympa.  J'en oublierais presque que je suis malade.  Effet du peket spéculoos, sans aucun doute.  A 21 heures, j'ai bouclé mon article, Mostek me rejoint.  Je lui vole quelques bouchées de tartiflette, j'ai faim.  Merci Mostek, un régal.  Petite promenade dans les rues.  Un peket au vrai jus de fraises (on le trouve rue du Pont, je vous le conseille, à damner un saint).  Chuis très fatiguée, et de plus en plus malade.  Je veux mon lit.  Découverte de stand de pêche aux canards.  Ça me tente mais je résiste.  Je résiste aussi aux jeux à pince, malgré les Hello Kitty qui me font de l'œil.  Finalement, je n'aime plus trop les fêtes de Wallonie et la foule en délire alcoolisée qui s'y trouve.  Ce que j'aime dans les fêtes : tartiflette, peket jus de fraises et pêche aux canards.

Samedi.  8h30.  Direction la pharmacie pour acheter des gouttes, du sirop, des pastilles pour la gorge et précommander un cercueil.  En chemin, je geins comme une petite vieille.  Paaas bien.  Je pars ensuite pour un autre article pour la Meuse.  Ce WE est placé sous le signe des articles « professions », comme je les appelle.  J'adore ça.  Mais ce matin, j'adore encore plus mon lit douillet que j'ai dû quitter.  Midi, retour au bercail.  Grosse sieste.  19 h, départ pour retrouver des copines en ville.  Pas envie.  Paaaas bien.  De moins en moins bien, en fait.  Une fois sur place, je me demande ce que je suis venue faire dans cette galère, trop de bruit, trop chaud, trop fatiguée.  Une petite sangria me ferait-elle du bien ?  Bon je tente.  Ça passe ou ça casse.  J'avale ensuite une avisance succulente.  Puis j'offre une chtite tournée de peket sur le stand oùsque j'ai fait mon reportage la veille.  Nous dégustons ensuite un peket jus de fraise.  Je me sens mieux.  Vive l'alcool.  C'est l'heure du feu d'artifice.  Superbe.  Magnifique.  Enfin, j'imagine.  Passque nous n'avons pas été assez rapides, donc le passage vers Jambes est bouché.  De Jambes, ça aurait pu être vraiment magnifique.  De Namur, ça l'est déjà.  Dommage qu'ils aient mis un arbre et un lampadaire devant le feu, ça gâche un peu le plaisir.  22h30, j'en peux plus.  Je rentre faire dodo.

Dimanche.  Dodo toute la journée, œil vitreux, cheveux gras.

J'ai vraiment plus de santé.  Et plus l'âge de ces festivités.  Dire qu'il fut un temps où j'y trainais le vendredi de 16 h à 1 h du mat, le samedi de 10 h à 4 heures du mat au plus tôt et le dimanche toute la journée.  C'était au temps où Anaïs anaïssait... comme aurait dit Brel.  Mon jeune temps qu'est mort et qui ne reviendra pas.  Et je ne le regrette pas.  Enfin pas trop, juste aujourd'hui, passque chuis toujours pas bien du tout du tout.

Et vous, vos fêtes ?

24
aoû

Semaine culture

Dès demain, semaine culture sur ce blog : livres, films et TV.  Que de l'intellectuel, vous vous en doutez... A demain...

19
aoû

Le droit de réponse de Bob(ichou)

Bob, il a demandé un droit de réponse, alors je vous le publie.  Tel quel, avec ses "sur" sans le chapeau, on en a parlé dimanche de ce chapeau qu'il oublie systématiquement dans ses contes.  Et puis des t qu'il insère entre le verbe et le sujet, aussi. C'est l'univers de Bob.  Et ça vous donnera une autre version de la journée, tant qu'à faire.  Et puis c'est mieux raconté que moi je trouve, avec les guêpes et les papillons et les ailes des anges, même si y'a un gros gros mensonge : je ne suis absolument pas "plutôt jolie", mais ça doit être la faute à l'alcool à 38 degrés, je ne vois que ça.  Voilà tout...

 

Droit de réponse


Vous connaissez la chanson  « j'ai rencontré Saint-Nicolas » ?  Hé bien j'ai rencontré beaucoup mieux. Car le vrai Saint-Nicolas, que j'ai vu quand j'avais quatre ou cinq ans, avait une barbe qui se décollait et sentait le tabac.

Non.  Moi j'ai rencontré Nana, Anaïs, la vraie, celle qui scrive dans son blog des trucs tellement marrants et vivants que j'en suis devenu accro, comme vous. Celle qui ne se montre jamais, celle qui se cache derrière son humour, celle qui parle de son existence, mais jamais d'elle. Un mystère.

Alors,  je l'ai inventée et reconstruite en imagination  au vu de tous ces détails et anecdotes qu'elle livre par petits bouts sur son train-train quotidien et qui résume en fin de compte le boulot-metro-dodo de presque toutes les femmes libres et fragiles de notre époque.

Je me suis dit... elle doit avoir dans les trente ans, elle doit être blonde ( ? ) et porte probablement des lunettes. Bref le portait type de Mademoiselle-Tout-Le-Monde, qu'on croise dans la rue sans la remarquer particulièrement, sauf que la vraie Nana a probablement des yeux qui pétillent et une allure décidée de grande fille bien dans sa peau, sure d'elle.

Bref, rien à voir avec les pétasses de Secret Story. Ma main à couper. Quelque chose dans le genre de ma petite sœur, que j'adore, même qu'elle est ma préférée vu qu'elle est la seule. Je pense à ma soeurette, car mon intérêt pour Nana est purement amical. Mon Poussin lit dans mon dos tous les mails que nous nous échangeons et est en fait aussi intéressée que moi de savoir à quoi ressemble cette gonzesse si coquine, rigolote, polissonne mais secrète.

Puis un jour, une copine écrivaine, Dominique Leruth  ( une très bonne écrivaine que vous connaissez puisqu'elle a déjà été publiée sur ce blog ) me bigophone et me propose d'organiser un barbecue d'enfer chez elle, comme ça, pour le fun. Dodo, c'est la championne des relations publiques et de l'organisation de n'importe quoi. ..

-         Et si on invitait Nana lui dis-je ?

-         Tu crois qu'elle accepterait ?

-         Ben pourquoi pas ? On risque rien à demander.

Et là, consternation. La grande Nana accepte !

Je téléphone immédiatement à mon Poussin.

-         Tu sais quoi ?

-         Non, répond-t-elle en bonne logique, vu qu'elle n'est ni voyante, ni extra lucide. Encore que...

-         Nana a accepté de venir chez Dodo dimanche.

Waouaw, pas croyable, on va enfin voir à quoi elle ressemble... etc.. etc... je vous passe les détails. Je crois que ma petite femme est encore plus curieuse que moi de vérifier si cette inconnue célèbre que son mec trouve si formidable, est une petite boulotte aux cheveux roux, un échalas décoloré en mini-jupe de cuir, une hommasse à grosses lunettes d'écaille  ou tout simplement une fille normale.

Je résume. Nous convenons que j'irai la chercher au train, pour la conduire ensuite chez Dodo. On se donne rendez-vous dimanche midi, gare du Midi ( pas moyen  d'oublier ) on s'échange nos gsm et fonce Alphonse.

Je vous décris la scène du dimanche matin, avant d'aller la chercher à la gare.

-         Poussin qu'est-ce que je mets ? Pas mon costume quand même ?

-         Non, cool, simple, un peu de pshiiit... mets le pantalon bleu qu'on a acheté dans une solderie ( 5 euros ! Je vous jure que c'est vrai ), une chemise sport... et pour une fois cire tes godasses. Ha oui... rase-toi sans te couper svp !

-         Comment on la reconnaîtra ?

-         T'inquiètes. Elle te reconnaîtra. Elle a vu ta binette sur ton site et un peu partout sur le net où tu racontes tes conneries et propose tes mickeys ( cfr les dessins de Bob le belge ).

Bref, je suis dans mes petits talons mais remarque quand même que mon Poussin  met quelque chose d'élégant. Histoire de tenir la comparaison je suppose.

Bon, je résume encore. On va jusqu' à la gare, on parque la voiture, on vérifie l'heure d'arrivée et on monte sur le quai N° 16.

Voila.  Le train de Dinant-Namur entre en gare à 11h57, comme prévu. Dix mille portes s'ouvrent en même temps en chuintant et cent mille personnes débarquent dans tous les sens. Je fais le mec calme et décontracté qui attend d'un air indifférent, mais mes yeux courent dans tous les sens. Cette élégante en tailleur peut-être ? Non elle à une valise. La petite noirette qui avance d'un pas militaire son sac coincé sous le bras ? Non, je ne la sens pas. D'ailleurs elle me dépasse déjà sans même me remarquer. Cinq secondes trépassent qui me paraissent dix minutes. Puis une voix dans la cohue...

-         Bob ?

Taratataaaaa ! Le grand mystère d' internet. Elle est là devant moi et je vous jure sur tout ce que j'ai de plus cher, que je ne l'aurais jamais reconnue ! Elle ne ressemble à rien de ce que je phantasmais. Un tout petit peu l' AnaIs de la bande dessinée quand même, mais en plus... en plus... en plus normale.

Mais bon sang Bob,  qu' est-ce qu'est-ce que tu espérais ?  De la musique comme dans un film glamour ? Une rencontre tournée au ralenti avec les cheveux qui flottent très lentement dans le vent ? D'abord y'a pas de vent et dans mon cas, plus beaucoup de tifs ?

Je suis sonné , quelques secondes. Le temps de réaliser que la petite bonne femme qui descend l'escalator derrière moi et papote déjà avec ma chérie est une gonzesse normale. Vous vous rendez compte ! Normale de chez normale. Brune, plutôt jolie, avec deux pieds, deux jambes et une tête comme la mienne, la vôtre sans doute :  Incroyablement passe-partout.

Ah si quand même ! Les yeux qui pétillent... là je ne m'étais pas trompé.

Et dire, je pense à ça à l' instant même où j'écris ces lignes, qu'elle a peut-être pensé exactement la même chose de moi. Car pour être tout à fait sincère, la « légende » dont elle parle avec emphase dans son dernier article ressemble plus à Bourvil que Georges Clooney. Mais bon...

La suite...  c'est comme elle vous l'a décrit. Rien que du bonheur.

Dodo et son mari Dominique habitent une maison de hobbits, avec un jardin de curé plein de roses de guêpes et de papillons. Le soleil s'est arrêté dessus et l'air semble vibrer d'été. La table est déjà dressée sur la terrasse, avec des chips et des tas de verres prometteurs. Le temps de prendre place, l'auteur des petits contes cruels s'amène avec un plateau chargé de petites tomates fourrées aux crevettes, tandis que son mari, journaliste télé, comédien, écrivain, présentateur etc... ( la liste de ses titres est trop longue ) suit avec un alcool maison à 38° qui porte le nom de leur quartier, le coin du balai.

Puis suivent les barbecues, le lard, la salade, les vins blanc... et un bavardage pas possible comme seuls de vieux potes et de vieilles amies peuvent avoir. C'est-à-dire qu'on parle de tout, de rien, on saute du coq à l'âne et même de l'âne au coq et on se rend compte  soudain que le soir commence à tomber et qu'on est là depuis des heures et que le temps a passé comme l'aile d'un ange qui frôle un nuage. Bref, on sent qu'on est bien, qu'on se comprend, qu'on parle la même langue et que... mais oui... qu'on s'aime un peu.

Voila la vérité vraie. Tout le reste est faux. Anaïs ou Nana est la plus chouette copine que vous rêveriez d'avoir et si de grands bruns aux yeux langoureux lisent ce blog à l'instant, je leur conseille de lui envoyer un mail fissa fissa.

Bon, pas sur qu'elle réponde. Mais là, ça ne me regarde plus. A chacun ses oignons.



 

19
aoû

J’ai rencontré Bob (and co)

Vous connaissez la chanson « j’ai rencontré Saint-Nicolas » ?  Je me demande si c’est pas une chanson de Karin et Rebecca.  Vérification sur le net.  Bingooooooooooo.  Et je vous ai même retrouvé la chanson, à écouter absolument, ça rappellera des souvenirs à ceusses de ma génération déjà antique.

Revenons à nos moutons, savoir à cette rencontre que j’ai faite il y a quelques jours : pas Saint-Nicolas, mais presque, car j’ai rencontré Bob.  Oui, vous lisez bien.  Bob.  Bob Boutique.  Bobichou.  Celui qui vous dessine chaque quinzaine une petite planche de BD.  Mais également celui qui écrit (Contes Bizarres).  Qui joue du triangle (et autres instruments).  Qui raconte des histoires.  Bob.

Une légende.

Et avec lui, Dominique.  Dominique Leruth.  Qui écrit également, je vous ai déjà parlé (Petits contes cruels pour mal dormir). 

Et puis les chers et tendres de chacun.  Of course.

Rendez-vous était fixé à Bruxelles.  Me vlà donc encore dans le train.  Ça devient une habitude presque hebdomadaire depuis début juin, je dois dire.  Je pourrais d’ailleurs à chaque fois en raconter des tonnes sur ce que je vois et ce que j’entends dans ces trains, de quoi faire un roman… Peut-être, sans doute, un roman de gare (warf warf, keske je suis spirituelle des fois), mais en tout cas un roman fait de tous ces gens, de toutes ces vies, que j’y croise.  Des vies qui puent.  Des vies qui rient.  Des vies qui dorment.  Des vies qui se racontent bruyamment.  Des vies qui oublient.  Des vies. 

Et au milieu de ces vies, moi.  Qui n’en mène pas large, à l’idée de rencontrer Bob.  Et les autres, dont je sais si peu.  Pour ainsi dire rien.  Mais surtout Bob.  Passque c’est un personnage, Bob.  Un vrai de vrai.  Alors j’appréhende.  Et je lis pour oublier que j’appréhende.  Je lis sans rien lire, parcourant les lignes, tournant les pages, sans rien voir, sans rien assimiler. 

Le trajet est long.  La gare est enfin annoncée, le train y pénètre au ralenti et je surveille le quai, à la recherche de Bob.  Je repère, durant une fraction de seconde, une superbe femme, gracieuse et souriante.  Et à ses côtés, ben un homme.  Enfin, Bob.  Ils ne m’ont pas vue, et pour cause, ils ne pourraient me reconnaître, puisqu’aucune photo de moi n’est disponible nulle part, vous le savez. 

Je descends du train et je les rejoins, puis nous nous rendons chez Dominique.  Un petit coin de paradis en plein Bruxelles.  Que vous révéler de ces quelques heures passées tous ensemble ? Juste un résumé, en quelques mots, dans le désordre : des fleurs, du soleil, une jolie table, des crevettes grises en mon honneur mmmmmmmmh (ceux qui ont lu « la célib’attitude » comprendront), des brochettes re-mmmmhhhh, un apéritif encore mmmmmmh, des rires, des discussions animées, des projets littéraires, un chat qui passe, Bob qui m’appelle Nana, comme à l’accoutumée, un clafoutis aux framboises à tomber par terre, encore des rires, un peu de pluie qui mouille, un parasol qui veut s’évader, des souvenirs tendres ou drôles échangés, quelques sujets de billets, un bruit d’eau en guise de musique, et une rencontre qui se prolonge tout l’après-midi, puis la soirée, jusqu’au retour à la gare, où m’attend le train du retour.  Ma compagnie : un couple de zamoureux, un homme seul qui oublie de descendre à Ottignies et se retrouve à Namur, au milieu de quinze jurons, et une jolie jeune fille à lourde valise mauve qui m’empêchera de tendre les jambes durant tout le trajet, méchante valise mauve.

Voilà une journée qui fut fabuleuse.  Des rencontres qui furent fabuleuses.  Des personnes tout simplement fabuleuses.  Mais n’allez pas le leur répéter, ils risqueraient de me faire subir les pires représailles.

Voilà ce qu’est un blog.  Du texte, des commentaires, des projets, et puis des rencontres, toutes plus sympas les unes que les autres.  Que demander de plus ?  Que du bonheur !