8
jan

Un (presque) décès dans la famille

Les petits zamis, va falloir être forts.  Très forts (reniflement caractéristique de la fille pas forte).  Je le suis alors je compte sur vous (gros sanglot long de la fille désespérée).

J'ai une très mauvaise nouvelle à vous zannoncer.

Mon portable adoré va (encore) partir à l'hosto.

Ce vilain (j'avais écrit "ce fils de ..." mais ça me semble vulgaire, et puis je crains des représailles) a décidé de m'offrir le son, les fonctions, mais plus l'image.

Comme la dernière fois d'ailleurs, quand il était encore sous garantie et que chez HP on a dit "tout va très bien Madame la Marquise".

Ben maintenant il est plus sous garantie donc c'est bibi qui va se farcir le coût de la réparation, ben voyons.

La bonne nouvelle c'est que je suis parviendue à la brancher sur mon écran plat pour faire un rapide backup de mes billets en stock (merci le Dieu du backup).

La mauvaise nouvelle, pour vous, c'est que s'il part à l'hosto pour un bout de temps, et vu la vague de froid, il est pas question que je m'installe derrière mon vieux PC agonisant (d'ailleurs s'il meurt durant l'hospitalisation du portable, je fais un malheur), dans le froid, pour rédiger des billets.

Pas question...

Vous me verriez, là, avec mon polar cerise écrasée, roulée en nem dans une couette Ikéa cerise confite, pieds sur mon coussin de noyaux de cerises (décidément, ce fruit devient une obsession)... vous ririez de toutes vos dents devant le sacrifice que je fais pour vous écrire.

Faut pas pousser bobonne dans la confiote de cerises hein, je tiens à ma santé.

Alors, à partir de ce jour, pour cause d'absence de portable, vous n'aurez plus droit qu'à un billet quotidien.  Pas plus.

Je sais, c'est dur, mais vous ne pouvez vous en prendre qu'à HP.

Depuis l'annonce de la nouvelle, comme par un fait exprès, j'ai un problème de tension (ça ne m'était plus arrivé depuis des mois et des mois).  Chute ou hausse, aucune idée, mais toujours est-il qu'une flopée de papillons a élu domicile dans mes globes oculaires, et m'empêche de voir quasi quoi que ce soit... (donc si y'a des fautes de frappe, sorry sorry).

Vous me direz, quel intérêt de voir... puisque l'écran du portable est à tout jamais éteint.

Vous avez raison... doit y avoir un lien de cause à effet !

 

1
jan

L’an neuf neuf n’oeuf

2009
Ça y est, c'est l'an neuf neuf.  L'an deux mille neuf neuf neuf.  L'an d'œufs mille n'œuf.

Flash back sur un réveillon féminin.

Que des femmes.

Rien que des femmes.

Jour du réveillon.  16 heures.  Les frigos sont vides.  Il est temps d'aller faire les courses.  Je n'ai jamais fait les courses un jour de réveillon à 16 heures.  Ben y'a du monde dans les rayons : des enfants qui courent des employés qui installent des bouteilles des couples qui ne savent qu'acheter des petits vieux qui traînent des sdf qui espèrent des vendeuses de fleurs qui triment des caissières qui fatiguent et des femmes qui réfléchissent à leur menu.  Ça, c'est nous.

On a faim.  Alors on a envie de tout.

Au menu :

Apéritif froid : fromage, boudin blanc, boudin noir, saucisses sèches dures comme la pierre, saucisses TV (les vraies les meilleures), chips à tous les goûts, Zizi Coin Coin, Martini Fiero.

Apéritif chaud : pruneaux au lard, quiches, feuilletés indéfinissables, trucs verdasses bizarres (le tout provient d'une boîte oùsque tout est déjà fait y'a qu'à mettre au four et déguster, yesssss).

Entrée froide : foie gras.

Entrée froide bis : saumon fumé.

Entrée chaude : assortiment de dim sum.

Dessert : glace, tiramisu spéculoos, charlotte au chocolat

Point de plat de résistance ?  Ben non, qui a dit que c'était obligatoire, une fois ?

Bon, ce menu est mal rédigé, je suis d'accord.  En langage chic et snob, j'aurais écrit :

Les mises en bouche variées arrosées de ... (arrosées à quoi, passqu'au Zizi Coin Coin, ça la fout mal, tant pis...).

Les copeaux de foie gras sur toast et leur  petit confit à l'orange amère.

Le carpaccio saumoné fumé.

Naaaaaaaaaaan, vraiment, chuis incapable de rédiger un menu en langage chic et snob, tant pis.  Vos idées sont bienvenues.

Bref, pour résumer et faire court, passqu'on est le 1er janvier et que j'ai froid, soif, faim et fatigue : on avait très faim.  Alors on a acheté de quoi tenir un siège, sans doute imaginant que le verglas incroyable du matin (si, incroyable, j'ai vu quelqu'un tomber devant moi, j'ai vu un mur me rattraper lorsque je tombais, je n'ai pas vu le bus passer, jamais, incroyable), bref imaginant que le verglas allait nous condamner à réveillonner trois soirs de suite.

On avait faim.

Sauf qu'après les mises en bouche et l'apéritif, on n'avait plus faim.  Je me suis ruée sur les boudins comme une libellule sur une feuille de nénuphar, et après, j'avais plus faim.  J'ai tout de même trouvé le temps de dévorer les dim sum, mais j'ai déclaré forfait pour le foie gras et le saumon.  Ils ont eu la vie sauve, pour ainsi dire.  Et oui, vous lisez bien, on a mangé l'entrée chaude avant les entrées froides, et alors, au point où on en était, on aurait même pu commencer par le dessert, pour le fun.

Entre les plats, un petit quizz musical m'a mis une banane d'enfer.  Fou comme un petit livre plein de questions-chansons sur les années 60 à nos jours, sur les chansons traditionnelles et même sur les chansons belges peut amuser la foule... et bibi surtout.  Passque chuis la meilleure.  Si.  Je suis la meilleure.  Même si elles ont tenté de restreindre ma gloire par des petits détails insignifiants, genre « nan, les paroles c'est pas 'être une femme libérée tu sais c'est pas si facile', mais c'est 'être une femme libérée tu sais QUE c'est pas si facile' ».  Petit.  Très petit.  Mesquin.  Très mesquin. Mais j'ai gagné.  Oui.  Gagné.  Et j'ai beaucoup chanté, à chaque réponse, pour les punir.  M'entendre chanter est une punition, j'en ai conscience.

Après, il était 23h40, et on a été à Namur.  Au Grognon qui ne grognait pas, puisqu'il nous offrait un choli feu d'artifice.  On a fait sauter le champagne (enfin, le crémant, car je l'ai lu sur vinsetgourmandises, mieux vaut un bon crémant qu'un mauvais champagne).  Et on a bu, à minuit, en pleine ville, dans des coupes en plastique.  C'était top fun de la mort qui tue et qui déchire sa race, comme on dit.  Top délire mégalo. 

Dommage que les namurois soient si congelés, de l'intérieur comme de l'extérieur, car niveau ambiance c'était pas vraiment ça.  En tout cas c'était pas comme ce que j'ai vu à Paris, Londres ou ailleurs, à la TV, ce soir. 

Mais c'était chouette.  L'ambiance était entre nous et c'est l'essentiel.  J'aime bien boire du crémant demi-sec gelé par la température à minuit un 1er janvier, ou un 31 décembre (jamais su si minuit pile, c'était encore la veille ou déjà le lendemain, vous savez vous ?).

Puis on est rentrées.  On a papoté.  On a pyjamaté.  Et on a pieuté.

J'ai bien aimé ces premières heures de l'an neuf neuf neuf n'oeuf.

Pourvu que ça dure.

(Par le plus grand des hasards, la largeur d'origine de cette fabuleuse image que je vous ai concoctée était de 909 pixels... ça ne s'invente pas.)

 

26
déc

J’ai testé Noël virtuel

 

Un Noël virtuel, ça s'organise, quoi qu'on en pense.

Tout d'abord, il faut trouver avec qui fêter Noël virtuellement.  Même si c'est virtuel, plus on est de fous, plus on rit (c'est pas moi qui le dit).  Comme la plupart des gens (les chiens galeux heureux) fêtent Noël en famille, avec chéri-d'amour ou zenfants charmants, c'est un véritable challenge de trouver des adeptes d'un Noël virtuel. 

Je dégotte cependant deux personnes ravies de tenter l'expérience : appelons-les Rodolphe et Mégère, c'est de circonstance (oui, Mégère est le nom d'un renne de Papa Noël).  Rendez-vous est donc pris... à Noël, c'est d'une logique implacable.

Ensuite, il faut faire les courses.  C'est pas passque c'est virtuel qu'il ne faut rien faire (ça me rappelle une pub pour des plats préparés récemment illustrée par Pénélope Bagieu).  Puis, il est indispensable d'établir un menu.  Le hasard fait que, après avoir interrogé Mégère et Rodolphe, je réalise que nous avons tous opté pour une raclette.  A croire que la raclette est le menu typique du réveillon virtuel.  Par contre, le mode de préparation, les accompagnements, l'heure du repas... tout cela est laissé au libre choix du fêtard, bien entendu : appareil à raclette, assiette dans micro-ondes (ça c'est moi, en grosse fade que je suis), table joliment dressée, assiette sur table basse (encore moi), salade, cornichons, champignons, coquillettes (ça c'est pas moi, et je vous jure, j'en suis toujours pas reviendue), maïs, patates, sauces diverses, variées et grasse.  Boissons.  Pour ma part, j'ai décidé de me faire un véritable festin festif : zakouskis chauds, foie gras, cuisses de crapauds à l'ail (pour celle qui n'embrasse personne, voilà au moins une compensation), raclette et bûche chocolat-crème brûlée.

Une fois mes vivres entassées dans le frigo, j'allume mon PC pour démarrer mon Noël virtuel.  Un message de Mégère m'attend : nous ne serons que deux pour ce Noël, vu qu'elle est clouée au lit, malade, la pauvre.  Nous échangeons quelques messages et elle file se reposer.  Voilà encore un avantage de cette formule : le malade n'a pas à se traîner bon gré mal gré hors de chez lui, il n'a pas à ingurgiter plein de choses alors que son estomac fait grève, il peut aller siester et attendre que la maladie s'évapore.

Je suis prête.  Tout est prêt.  Même le cadeau que m'a offert Mostek, avec comme directive de l'ouvrir à minuit.  Elle était malade de savoir que je n'aurais pas de cadeau au pied du sapin (et avait sans doute peur que je me suicide par ingestion de boules de Noël).  J'ai bien tenté de la dissuader, arguant que de toute façon... je n'ai pas décoré de sapin cette année (fade, je sais), mais elle est aussi butée (et adorable) qu'un moustique peut l'être lorsqu'il repère une Anaïs-endormie-au-sang-plein-de-sucre.  J'ai donc déposé mon cadeau emballé de vert au pied du canapé.  Il fera office de mini sapin.  Yessss.

Retour sur le PC pour une petite papote apéritive virtuelle avec Rodolphe, fidèle au poste.  J'ai faim.  J'annonce à Rodolphe que j'envisage d'aller à la Messe de minuit.  Je sais, chuis folle.  Je déteste la messe.  Mais à Noël, je garde l'espoir qu'elle soit vivante, enjouée, chantante et agréable.  Et qu'il y ait des cougnous et du vin chaud.  Rodolphe me met alors en garde sur les potentiels tueurs en série de Noël qui rodent à cette heure indécente.  Tiens, oui, bizarre, étonnamment, je n'y avais pas pensé.  Je materai donc la messe à la TV.

Bon j'ai faim, encore et toujours.

C'est là l'avantage du Noël virtuel : on mange quand on le veut.  J'ingurgite donc mes zak, tout en continuant à papoter, puis mes cuisses tout en continuant à papoter, puis mon foie tout en continuant à papoter.  Je sais, logiquement, on commence par l'entrée froide, mais après tout hein, je fais ce qui me chante.  J'abandonne l'idée de la raclette, plus faim.  Je réserve la bûche pour minuit, heure d'ouverture de mon cadeau.

Pour mon petit Noël, j'ai également décidé de m'offrir un cadeau luxueux : un mois d'abonnement à mon site de rencontres favoris, j'ai nommé ma page orange.  Joyeux Noël Anaïs.

Il est dès lors temps d'aller voir qui se balade sur ce site en ces jours festifs... tout en continuant, bien sûr, Noël virtuel avec Rodolphe.  De quoi on parle me direz-vous ?  De plein de choses, et je me marre bien, moi (chais pas si Rodolphe approuvera, mais bon...).  En fond sonore, les émissions débiles de Noël, bêtisiers vus et revus, jeux, concerts, et autres niaiseries.  Je ne me plains pas, j'échappe à hibernatus.

Page orange.

A peine connectée (enfin re-connectée, puisque mon profil de néanderthal m'attend gentiment depuis des mois), les internautes se ruent sur moi comme une ampoule non-économique sur ma facture d'électricité (cette référence étrange me vient suite à cette nouvelle de la suppression des ampoules classiques, qui est d'une débilité rare, puisque ces ampoules s'avèrent plus économiques pour les endroits éclairés peu de temps comme les WC - sauf en cas de constipation ou de chiasse, les halls ou les caves ; soit, je ne fais pas les lois mais ça me saoule grave de chez grave que les consommateurs n'aient pas leur mot à dire, qu'on impose des choses insensées et voilà, mais je m'égare...). 

Un petit curieux me demande ce que j'ai mangé.  Je détaille mon foie gras, mes cuisses de sauteuses...  et m'en ramasse illico plein la tronche : il est végétarien.  Et protecteur des pauvres bêtes brimées à Noël.  Voilà, je culpabilise maintenant.  Glups, clair que si c'était l'homme de ma vie, je viens d'anéantir toutes mes chances.  Il me demande ensuite ce que je compte faire en 2009 pour aider la nature et nous nous lançons dans une discussion passionnée (sic) sur le chauffage à basse température.

Un homme qui s'ennuie me contacte ensuite et m'annonce immédiatement qu'il passe Noël seul, son épouse étant dans la famille.  Que ça va mal entre eux, qu'il se sent seul, qu'il recherche de la compagnie (coquine ou pas, je préfère ne pas savoir).  Je mets immédiatement fin à la conversation : y'a pas écrit bécasse hein (ni dinde, d'ailleurs).

Une petite dizaine d'internautes s'inquiètent de me savoir derrière mon PC, seule, abandonnée de tous, au bord du suicide peut-être, ou de l'alcoolisme (j'ai prévu du Coca zéro, y'a un risque docteur ?).  Doivent avoir peur que les pompiers retrouvent ma carcasse le 28 décembre, étendue dans les victuailles, en légère décomposition, mais relativement conservée par les effluves d'alcool, avec à mes côtés, une lettre d'adieu pathétique, un rat affamé et, en bruit de fond, un CD de chants de Noël qui tourne inlassablement.  Ils s'étonnent vraiment de l'anormalité de la chose.  Je leur fais remarquer que s'ils me contactent, c'est qu'ils sont, eux aussi, seuls, derrière leur PC.  Tiens.  Oui.  T'as raison Anaïs.  Z'y avaient pas pensé les messieurs...

Un cyber-caféen me contacte sur le tard, pour « fer conne essence ».  Et si je lui offrais « le savoir écrire » en cadeau ?  Une once de pitié m'envahit, le sachant dans un cyber, et j'accepte de « fer conne essence ».  Ne comprenant cependant rien à ses « tu fée kwa dent la vie ? » « joie yeux noël » et autres « sa te dirais de me donné ta foto ? », je déclare rapidement forfait.

En matière de photo, d'ailleurs, point de trêve à Noël, c'est encore et toujours l'obsession obsessionnelle.  Tuant.  Saoulant.  Chiant.  N'ayons pas peur des mots. 

Entre ces discussions rendez-vousiennes et le réveillon èmeèsseènnesque bien drôle avec Rodolphe, minuit arrive très vite.

Minuit.  L'heure tant attendue : dégustation de la bûche ET ouverture de mon cadeau emballé de vert et enrubanné de rouge (tiens, Mostek a omis la possibilité de pendaison via ruban rouge).  Tout cela bien sûr, sous le regard virtuel de Rodolphe, qui meurt d'impatience de savoir ce que recèle le précieux emballage.

J'ouvre. Je l'aimeuh mon cadeau : une petite fée, ou un ange, oui, ce sont plutôt des ailes d'ange, qui écrit.  Un ange écrivain.  Une ange écrivaine.  Puisse-t-elle être dorénavant mon ange gardien. 

Je zappe ensuite sur la messe de minuit, que je trouve hautement soporifique, et j'éteins ma TV.  Je remercie Rodolphe pour cette grande première bien sympathique, j'envoie bouler quelques internautes avides de « mise de petit Jésus virtuel dans la crèche virtuelle », et je file au dodo.

C'était mon tout premier Noël virtuel.

En guise d'illu, un dessin-cadeau reçu de Bertschy, célèbre dessinateur de Nelson. Merciiiii.

nelsonpt

15
déc

J’ai testé resto grec

Un soir d'hiver (enfin d'automne, mais un soir oùsque ça caille comme en hiver) comme les autres.  Me vlà partie au resto avec deux copines.  Le choix est difficile.  Nous songeons d'abord à un resto mexicain, pour réaliser, au dernier moment, que nous n'avons pas du tout, mais alors là pas du tout, envie de mexicain.  Ni de japonais.  Ni d'italien.  Ni de chinois.  Détour dans les ruelles pour lire quelques cartes.  Soudain, je réalise avec stupéfaction que j'ai une folle envie de mezze.  Aaaaaaaaah, les mezzes, souvenirs de mon adolescence, premier voyage entre djeunes, liberté presque absolue, moussaka, feta, pitta et retsina (en cherchant le mot « pitta », qui ne me revenait pas - neurones en grève permanente - j'ai trouvé sur le net le mot « amygdalopita », un dessert grec dont le nom ne m'inspire pas le moins du monde, trop... hospitalier). 

Aussitôt dit, aussitôt fait, nous voilà dans un resto grec de Namur, le Mykonos, pour ne pas le citer, au sein duquel gravitent deux serveurs aussi âgés que je suis blonde.

Nous commençons la soirée à deux, Mostek et moi, par un apéritif (un kir + un truc dont j'ai oublié le nom, à base de curaçao et de gin).  Dès cet instant, nous réalisons que tout ne se passera pas parfaitement.  Aussi souriant et serviable que soit notre serveur, il n'est malheureusement pas fut-fut.  C'est le moins qu'on puisse dire.  Il se pointe donc avec nos apéritifs et demande, l'air angélique : « pour qui, le kir ? »  « Pour moi », répond Mostek.  Qui reçoit le truc dont j'ai oublié le nom, à base de curaçao et de gin, en toute logique.  Il poursuit « et pour qui, le ... kir ? »  Dans l'intervalle, l'information est parvenue à sa cervelle (comme quoi tout finit par arriver), et il recommence l'opération avec moult mouvements de bras et de verres.  Après de longues tergiversations, nous recevons enfin chacune notre apéritif.  J'en profite pour demander quelques cacahuètes, passque j'ai faim.  Il me propose des olives.  Tope là.

Notre troisième comparse nous rejoint, et, lorsqu'elle commande son apéro, j'en profite pour venir aux nouvelles des olives, apparemment importées en urgence de Grèce.

Ma question doit sembler saugrenue, un peu comme si je commandais un spaghetti carbonara ou une frite sauce biki, passque le serveur ouvre des yeux comme des soucoupes.  Je récapèpète ma question, qu'il ne comprend toujours pas.  Il nous propose une assiette apéritive à base de tsatsiki, feta, olives et truc rose dont j'ai oublié le nom, à base d'œufs de poisson.  Que nous refusons, puisque nous avons commandé des mezzes, composés notamment de tsatsiki, feta, olives et truc rose à base d'œufs de poissons.  Nous voulons des olives.  OLIVES.  O-LI-VES.  Il s'éloigne, semblant avoir compris.  Réapparaît ensuite avec une assiette pleine d'olives... de tsatsiki, de feta et de truc rose à base d'œufs de poisson.  Sacrebleu, comment dit-on « olives, juste olives, uniquement olives » en grec ?  Abasourdies, le souffle coupé et les yeux exorbités, nous n'avons pas le cran de refuser cette assiette non commandée, qui contient ce que nous allons manger en plat principal, et qu'il faudra payer, qui plus est (débiles, nous ?  Euh, oui, sur ce coup-là vous avez raison).

Nous mangeons donc olives (beaucoup trop salées, vraiment pas de bol), feta, tsatsiki et truc rose à base d'œufs de poisson.  Passqu'on a faim.  Passqu'on a besoin de réconfort (je vous passe les détails sur les drames qui font de nos vies ce qu'elles sont).  Et passque, comme Mostek le dit « la graisse/Grèce, ça fait du bien ».  Bon, c'est moi qui ai ri comme une damnée en entendant ce jeu de mots absolument fabuleux, passque Mostek, ben, elle l'a pas fait exprès de faire un jeu de mots (non, tu l'as pas fait exprès, n'essaie pas de le nier ou je te fais avaler dix olives noires trop salées).

Arrivent presqu'immédiatement nos trois mezzes.  Portés par notre serveur chéri, qui s'exclame, l'œil toujours aussi bovin, « les mezzes, c'est pour ... ? ».  Euh.  Euh.  Euh.  Que je réfléchisse.  Pour vous ?  Pour le SDF au coin de la rue ?  Pour le roi des belges dans son palais bruxellois ?  Les trois pour Mostek qui a tellement besoin et envie de graisse, tandis que nous ne mangerons que le pain ?  Ben pour nous, banane flambée au Grand Marnier !

Nous mangeons ensuite olives, feta, tsatsiki, truc rose à base d'œufs de poisson (sentiment de déjà vu à l'apéro...), calamars, scampi (un seul, bande de radins), feuille de vigne farcie et salade.  Un régal.  Je le reconnais, ce fut un régal.  Pour un prix modique : 10,50 eur.  Pas cher ma bonne dame, pour si bien manger.  D'ailleurs, rien que de l'écrire, j'ai soudain une nouvelle folle envie de calamars et tsatsiki.  Le débat est ensuite lancé sur la présence de cet unique scampi.  A croire que c'est la consommation de nourriture grecque qui ramollit les neurones, car ma deuxième comparse (donc pas Mostek, la troisième, celle qui n'a aucun surnom, diantre) tente par tous les moyens d'exprimer son envie, en vain : « ça serait mieux le double de calamars et la moitié de scampis, euh non la moitié de scampis et le double de calamars, enfin non moitié moins de scampis et plus de calamars, euh ».  On a compris : plus de scampis et moins de calamars.  Qu'on se le dise !  C'était bon, c'était chaud oùsqui fallait, froid oùsqui fallait, copieux, et servi avec un sourire (bovin, mais un sourire tout de même).

En conclusion, une chouette soirée, malgré la morosité ambiante justifiée par nos malheurs (non, n'insistez pas, je sais tout mais je ne dirai rien).  Et malgré le serveur au QI de moule ou de brin d'herbe.  Tiens, j'ai déjà entendu ça quelque part...

 

8
déc

Glaglaglaglaglaglagla

Suite du billet sur Bruel, oùsque j'ai failli périr de froid en pleine ville.  Nan je n'exagère pas, on aurait pu retrouver mon cadavre tout congelé, à demi dévoré par les loups. Ce billet se terminait par :

« Retour, ensuite, à Namur, toute enneigée.  Toute blanche.  Comme la voiture de Mostek, qui nous attend au bureau.  Gelée.  Congelée.  Des pieds à la tête.  Enfin, des pneus à la carrosserie.  Sans oublier les portières.  Moustique nous a quittées pour rentrer au bercail.  Nous voici, à plus de minuit, seules, dans le noir, dans le froid, grelottant, face à un véhicule qui refuse de s'ouvrir.

La situation est grave !  GRAVE. »

La situation est donc grave, comme je vous le disais l'autre jour.

Nous voilà, seules, abandonnées, en pleine campagne, devant un véhicule hermétiquement clos et totalement congelé.  Bon, pleine campagne, j'exagère un tantinet, puisque le bureau est à trois pas et que, afin d'éviter la mort par congélation (ne riez pas, dernièrement, un belge, qui s'était égaré à la recherche de secours dans les bois, après que son véhicule soit tombé en panne, est mort de froid dans lesdits bois, donc le risque existe bel et bien), nous pourrons nous y réfugier et faire quelques heures supplémentaires.

Ça me tente moyen je dois dire.  Tout comme l'idée de rester devant cette portière, à vociférer, rire et tenter l'impossible, comme nous le faisons depuis quelques minutes.  Quelques minutes qui ont suffi à transformer mes doigts en glaçons. Fait froid, je vous dis.  Mostèk n'est pas contente.  Surtout lorsqu'elle me montre du doigt ses deux bombes de produits antigel... au pied du siège avant.  A-t-on idée, aussi, d'avoir des bombes antigel DANS la voiture, alors qu'il est clair que le gel se produit au-dehors de la voiture, enfin j'imagine. 

Bon, la situation est grave, mais pas désespérée.  Après avoir essayé en vain d'ouvrir les deux portières, en tirant, tirant et tirant encore, dans un élan de rage, Mostek donne un coup de pied (ou de poing, mes souvenirs sont peu précis, car mon cerveau commençait, à ce moment précis, à refroidir lamentablement).  J'apprendrai ensuite que ce petit geste nerveux aura de graves conséquences sur la plastique du véhicule : une grosse grosse griffe pour cette pauvre titine innocente. 

Ensuite, elle a une idée lumineuse (passque son cerveau à elle, il bosse encore à temps plein, malgré le froid) : « on » va entrer par le coffre, récupérer les bombes, ressortir, bomber les portières et le tour est joué.  Supeeeeeeer idéééééééééée.  Mais qui, « on » ?  Keskelle entend par « on » ?  Elle entend moi, bibi, Anaïs.  Ça va pas la caboche des fois ?  Moi, entrer par un coffre dans un véhicule, avec mon vieux dos, à mon âge avancé, avec mes guiboles qui ne veulent plus se plier au jeu ?  Que nenni.  Non, non et non.

Alors, dans un élan courageux, voire téméraire, Mostek s'élance, tel Moïse traversant la mer rouge (oui, bon, mes références sont étranges, je suis d'accord), via le coffre de son véhicule, jusqu'à l'avant, récupère les fameuses bombes et, au passage, tente d'ouvrir les portières de l'intérieur.  Elles cèdent.  Alléluia, nous sommes sauvées.  Et mortes de rire.  Dieu, pourquoi n'ai-je pas emporté mon appareil photo pour immortaliser la scène : Mostek, hilare, se faufilant entre les fauteuils, le frein à main et tout ce que contient une voiture normalement constituée.  Grand moment.

Ensuite, elle se lance dans une opération encore plus périlleuse : dégivrer le pare-brise, décoller les essuie-glace complètement scellés sur ledit pare-brise, enlever la glace, où qu'elle soit.  Et elle est partout, la glace.  Quant à moi, petite chose grelottante, je me suis honteusement réfugiée dans l'habitacle, je tremble je tremble je tremble, je claque des dents comme si j'étais devant le pire thriller de toute l'histoire du cinéma (genre Gremlins) et j'attends lâchement que la voiture soit prête... et chauffée.  Excuse valable : y'a qu'un seul grattoir, ma bonne Dame.

Une demi-heure plus tard, nous voici de retour at home.  Je tremblerai toute la nuit, j'aurai les pieds frigorifiés toute la nuit, je claquerai des dents toute la nuit.  Cerise sur le gâteau : ma douche, dans un élan de mesquinerie, refusera de me fournir de l'eau chaude.  La sadique.

Quééééééééén aventure.  Comme quoi, les congères, les avalanches et les randonnées dans le froid, ça peut arriver même en ville. 

Illu de Domie.

froid