26
déc

J’ai testé Noël virtuel

 

Un Noël virtuel, ça s'organise, quoi qu'on en pense.

Tout d'abord, il faut trouver avec qui fêter Noël virtuellement.  Même si c'est virtuel, plus on est de fous, plus on rit (c'est pas moi qui le dit).  Comme la plupart des gens (les chiens galeux heureux) fêtent Noël en famille, avec chéri-d'amour ou zenfants charmants, c'est un véritable challenge de trouver des adeptes d'un Noël virtuel. 

Je dégotte cependant deux personnes ravies de tenter l'expérience : appelons-les Rodolphe et Mégère, c'est de circonstance (oui, Mégère est le nom d'un renne de Papa Noël).  Rendez-vous est donc pris... à Noël, c'est d'une logique implacable.

Ensuite, il faut faire les courses.  C'est pas passque c'est virtuel qu'il ne faut rien faire (ça me rappelle une pub pour des plats préparés récemment illustrée par Pénélope Bagieu).  Puis, il est indispensable d'établir un menu.  Le hasard fait que, après avoir interrogé Mégère et Rodolphe, je réalise que nous avons tous opté pour une raclette.  A croire que la raclette est le menu typique du réveillon virtuel.  Par contre, le mode de préparation, les accompagnements, l'heure du repas... tout cela est laissé au libre choix du fêtard, bien entendu : appareil à raclette, assiette dans micro-ondes (ça c'est moi, en grosse fade que je suis), table joliment dressée, assiette sur table basse (encore moi), salade, cornichons, champignons, coquillettes (ça c'est pas moi, et je vous jure, j'en suis toujours pas reviendue), maïs, patates, sauces diverses, variées et grasse.  Boissons.  Pour ma part, j'ai décidé de me faire un véritable festin festif : zakouskis chauds, foie gras, cuisses de crapauds à l'ail (pour celle qui n'embrasse personne, voilà au moins une compensation), raclette et bûche chocolat-crème brûlée.

Une fois mes vivres entassées dans le frigo, j'allume mon PC pour démarrer mon Noël virtuel.  Un message de Mégère m'attend : nous ne serons que deux pour ce Noël, vu qu'elle est clouée au lit, malade, la pauvre.  Nous échangeons quelques messages et elle file se reposer.  Voilà encore un avantage de cette formule : le malade n'a pas à se traîner bon gré mal gré hors de chez lui, il n'a pas à ingurgiter plein de choses alors que son estomac fait grève, il peut aller siester et attendre que la maladie s'évapore.

Je suis prête.  Tout est prêt.  Même le cadeau que m'a offert Mostek, avec comme directive de l'ouvrir à minuit.  Elle était malade de savoir que je n'aurais pas de cadeau au pied du sapin (et avait sans doute peur que je me suicide par ingestion de boules de Noël).  J'ai bien tenté de la dissuader, arguant que de toute façon... je n'ai pas décoré de sapin cette année (fade, je sais), mais elle est aussi butée (et adorable) qu'un moustique peut l'être lorsqu'il repère une Anaïs-endormie-au-sang-plein-de-sucre.  J'ai donc déposé mon cadeau emballé de vert au pied du canapé.  Il fera office de mini sapin.  Yessss.

Retour sur le PC pour une petite papote apéritive virtuelle avec Rodolphe, fidèle au poste.  J'ai faim.  J'annonce à Rodolphe que j'envisage d'aller à la Messe de minuit.  Je sais, chuis folle.  Je déteste la messe.  Mais à Noël, je garde l'espoir qu'elle soit vivante, enjouée, chantante et agréable.  Et qu'il y ait des cougnous et du vin chaud.  Rodolphe me met alors en garde sur les potentiels tueurs en série de Noël qui rodent à cette heure indécente.  Tiens, oui, bizarre, étonnamment, je n'y avais pas pensé.  Je materai donc la messe à la TV.

Bon j'ai faim, encore et toujours.

C'est là l'avantage du Noël virtuel : on mange quand on le veut.  J'ingurgite donc mes zak, tout en continuant à papoter, puis mes cuisses tout en continuant à papoter, puis mon foie tout en continuant à papoter.  Je sais, logiquement, on commence par l'entrée froide, mais après tout hein, je fais ce qui me chante.  J'abandonne l'idée de la raclette, plus faim.  Je réserve la bûche pour minuit, heure d'ouverture de mon cadeau.

Pour mon petit Noël, j'ai également décidé de m'offrir un cadeau luxueux : un mois d'abonnement à mon site de rencontres favoris, j'ai nommé ma page orange.  Joyeux Noël Anaïs.

Il est dès lors temps d'aller voir qui se balade sur ce site en ces jours festifs... tout en continuant, bien sûr, Noël virtuel avec Rodolphe.  De quoi on parle me direz-vous ?  De plein de choses, et je me marre bien, moi (chais pas si Rodolphe approuvera, mais bon...).  En fond sonore, les émissions débiles de Noël, bêtisiers vus et revus, jeux, concerts, et autres niaiseries.  Je ne me plains pas, j'échappe à hibernatus.

Page orange.

A peine connectée (enfin re-connectée, puisque mon profil de néanderthal m'attend gentiment depuis des mois), les internautes se ruent sur moi comme une ampoule non-économique sur ma facture d'électricité (cette référence étrange me vient suite à cette nouvelle de la suppression des ampoules classiques, qui est d'une débilité rare, puisque ces ampoules s'avèrent plus économiques pour les endroits éclairés peu de temps comme les WC - sauf en cas de constipation ou de chiasse, les halls ou les caves ; soit, je ne fais pas les lois mais ça me saoule grave de chez grave que les consommateurs n'aient pas leur mot à dire, qu'on impose des choses insensées et voilà, mais je m'égare...). 

Un petit curieux me demande ce que j'ai mangé.  Je détaille mon foie gras, mes cuisses de sauteuses...  et m'en ramasse illico plein la tronche : il est végétarien.  Et protecteur des pauvres bêtes brimées à Noël.  Voilà, je culpabilise maintenant.  Glups, clair que si c'était l'homme de ma vie, je viens d'anéantir toutes mes chances.  Il me demande ensuite ce que je compte faire en 2009 pour aider la nature et nous nous lançons dans une discussion passionnée (sic) sur le chauffage à basse température.

Un homme qui s'ennuie me contacte ensuite et m'annonce immédiatement qu'il passe Noël seul, son épouse étant dans la famille.  Que ça va mal entre eux, qu'il se sent seul, qu'il recherche de la compagnie (coquine ou pas, je préfère ne pas savoir).  Je mets immédiatement fin à la conversation : y'a pas écrit bécasse hein (ni dinde, d'ailleurs).

Une petite dizaine d'internautes s'inquiètent de me savoir derrière mon PC, seule, abandonnée de tous, au bord du suicide peut-être, ou de l'alcoolisme (j'ai prévu du Coca zéro, y'a un risque docteur ?).  Doivent avoir peur que les pompiers retrouvent ma carcasse le 28 décembre, étendue dans les victuailles, en légère décomposition, mais relativement conservée par les effluves d'alcool, avec à mes côtés, une lettre d'adieu pathétique, un rat affamé et, en bruit de fond, un CD de chants de Noël qui tourne inlassablement.  Ils s'étonnent vraiment de l'anormalité de la chose.  Je leur fais remarquer que s'ils me contactent, c'est qu'ils sont, eux aussi, seuls, derrière leur PC.  Tiens.  Oui.  T'as raison Anaïs.  Z'y avaient pas pensé les messieurs...

Un cyber-caféen me contacte sur le tard, pour « fer conne essence ».  Et si je lui offrais « le savoir écrire » en cadeau ?  Une once de pitié m'envahit, le sachant dans un cyber, et j'accepte de « fer conne essence ».  Ne comprenant cependant rien à ses « tu fée kwa dent la vie ? » « joie yeux noël » et autres « sa te dirais de me donné ta foto ? », je déclare rapidement forfait.

En matière de photo, d'ailleurs, point de trêve à Noël, c'est encore et toujours l'obsession obsessionnelle.  Tuant.  Saoulant.  Chiant.  N'ayons pas peur des mots. 

Entre ces discussions rendez-vousiennes et le réveillon èmeèsseènnesque bien drôle avec Rodolphe, minuit arrive très vite.

Minuit.  L'heure tant attendue : dégustation de la bûche ET ouverture de mon cadeau emballé de vert et enrubanné de rouge (tiens, Mostek a omis la possibilité de pendaison via ruban rouge).  Tout cela bien sûr, sous le regard virtuel de Rodolphe, qui meurt d'impatience de savoir ce que recèle le précieux emballage.

J'ouvre. Je l'aimeuh mon cadeau : une petite fée, ou un ange, oui, ce sont plutôt des ailes d'ange, qui écrit.  Un ange écrivain.  Une ange écrivaine.  Puisse-t-elle être dorénavant mon ange gardien. 

Je zappe ensuite sur la messe de minuit, que je trouve hautement soporifique, et j'éteins ma TV.  Je remercie Rodolphe pour cette grande première bien sympathique, j'envoie bouler quelques internautes avides de « mise de petit Jésus virtuel dans la crèche virtuelle », et je file au dodo.

C'était mon tout premier Noël virtuel.

En guise d'illu, un dessin-cadeau reçu de Bertschy, célèbre dessinateur de Nelson. Merciiiii.

nelsonpt

15
déc

J’ai testé resto grec

Un soir d'hiver (enfin d'automne, mais un soir oùsque ça caille comme en hiver) comme les autres.  Me vlà partie au resto avec deux copines.  Le choix est difficile.  Nous songeons d'abord à un resto mexicain, pour réaliser, au dernier moment, que nous n'avons pas du tout, mais alors là pas du tout, envie de mexicain.  Ni de japonais.  Ni d'italien.  Ni de chinois.  Détour dans les ruelles pour lire quelques cartes.  Soudain, je réalise avec stupéfaction que j'ai une folle envie de mezze.  Aaaaaaaaah, les mezzes, souvenirs de mon adolescence, premier voyage entre djeunes, liberté presque absolue, moussaka, feta, pitta et retsina (en cherchant le mot « pitta », qui ne me revenait pas - neurones en grève permanente - j'ai trouvé sur le net le mot « amygdalopita », un dessert grec dont le nom ne m'inspire pas le moins du monde, trop... hospitalier). 

Aussitôt dit, aussitôt fait, nous voilà dans un resto grec de Namur, le Mykonos, pour ne pas le citer, au sein duquel gravitent deux serveurs aussi âgés que je suis blonde.

Nous commençons la soirée à deux, Mostek et moi, par un apéritif (un kir + un truc dont j'ai oublié le nom, à base de curaçao et de gin).  Dès cet instant, nous réalisons que tout ne se passera pas parfaitement.  Aussi souriant et serviable que soit notre serveur, il n'est malheureusement pas fut-fut.  C'est le moins qu'on puisse dire.  Il se pointe donc avec nos apéritifs et demande, l'air angélique : « pour qui, le kir ? »  « Pour moi », répond Mostek.  Qui reçoit le truc dont j'ai oublié le nom, à base de curaçao et de gin, en toute logique.  Il poursuit « et pour qui, le ... kir ? »  Dans l'intervalle, l'information est parvenue à sa cervelle (comme quoi tout finit par arriver), et il recommence l'opération avec moult mouvements de bras et de verres.  Après de longues tergiversations, nous recevons enfin chacune notre apéritif.  J'en profite pour demander quelques cacahuètes, passque j'ai faim.  Il me propose des olives.  Tope là.

Notre troisième comparse nous rejoint, et, lorsqu'elle commande son apéro, j'en profite pour venir aux nouvelles des olives, apparemment importées en urgence de Grèce.

Ma question doit sembler saugrenue, un peu comme si je commandais un spaghetti carbonara ou une frite sauce biki, passque le serveur ouvre des yeux comme des soucoupes.  Je récapèpète ma question, qu'il ne comprend toujours pas.  Il nous propose une assiette apéritive à base de tsatsiki, feta, olives et truc rose dont j'ai oublié le nom, à base d'œufs de poisson.  Que nous refusons, puisque nous avons commandé des mezzes, composés notamment de tsatsiki, feta, olives et truc rose à base d'œufs de poissons.  Nous voulons des olives.  OLIVES.  O-LI-VES.  Il s'éloigne, semblant avoir compris.  Réapparaît ensuite avec une assiette pleine d'olives... de tsatsiki, de feta et de truc rose à base d'œufs de poisson.  Sacrebleu, comment dit-on « olives, juste olives, uniquement olives » en grec ?  Abasourdies, le souffle coupé et les yeux exorbités, nous n'avons pas le cran de refuser cette assiette non commandée, qui contient ce que nous allons manger en plat principal, et qu'il faudra payer, qui plus est (débiles, nous ?  Euh, oui, sur ce coup-là vous avez raison).

Nous mangeons donc olives (beaucoup trop salées, vraiment pas de bol), feta, tsatsiki et truc rose à base d'œufs de poisson.  Passqu'on a faim.  Passqu'on a besoin de réconfort (je vous passe les détails sur les drames qui font de nos vies ce qu'elles sont).  Et passque, comme Mostek le dit « la graisse/Grèce, ça fait du bien ».  Bon, c'est moi qui ai ri comme une damnée en entendant ce jeu de mots absolument fabuleux, passque Mostek, ben, elle l'a pas fait exprès de faire un jeu de mots (non, tu l'as pas fait exprès, n'essaie pas de le nier ou je te fais avaler dix olives noires trop salées).

Arrivent presqu'immédiatement nos trois mezzes.  Portés par notre serveur chéri, qui s'exclame, l'œil toujours aussi bovin, « les mezzes, c'est pour ... ? ».  Euh.  Euh.  Euh.  Que je réfléchisse.  Pour vous ?  Pour le SDF au coin de la rue ?  Pour le roi des belges dans son palais bruxellois ?  Les trois pour Mostek qui a tellement besoin et envie de graisse, tandis que nous ne mangerons que le pain ?  Ben pour nous, banane flambée au Grand Marnier !

Nous mangeons ensuite olives, feta, tsatsiki, truc rose à base d'œufs de poisson (sentiment de déjà vu à l'apéro...), calamars, scampi (un seul, bande de radins), feuille de vigne farcie et salade.  Un régal.  Je le reconnais, ce fut un régal.  Pour un prix modique : 10,50 eur.  Pas cher ma bonne dame, pour si bien manger.  D'ailleurs, rien que de l'écrire, j'ai soudain une nouvelle folle envie de calamars et tsatsiki.  Le débat est ensuite lancé sur la présence de cet unique scampi.  A croire que c'est la consommation de nourriture grecque qui ramollit les neurones, car ma deuxième comparse (donc pas Mostek, la troisième, celle qui n'a aucun surnom, diantre) tente par tous les moyens d'exprimer son envie, en vain : « ça serait mieux le double de calamars et la moitié de scampis, euh non la moitié de scampis et le double de calamars, enfin non moitié moins de scampis et plus de calamars, euh ».  On a compris : plus de scampis et moins de calamars.  Qu'on se le dise !  C'était bon, c'était chaud oùsqui fallait, froid oùsqui fallait, copieux, et servi avec un sourire (bovin, mais un sourire tout de même).

En conclusion, une chouette soirée, malgré la morosité ambiante justifiée par nos malheurs (non, n'insistez pas, je sais tout mais je ne dirai rien).  Et malgré le serveur au QI de moule ou de brin d'herbe.  Tiens, j'ai déjà entendu ça quelque part...

 

8
déc

Glaglaglaglaglaglagla

Suite du billet sur Bruel, oùsque j'ai failli périr de froid en pleine ville.  Nan je n'exagère pas, on aurait pu retrouver mon cadavre tout congelé, à demi dévoré par les loups. Ce billet se terminait par :

« Retour, ensuite, à Namur, toute enneigée.  Toute blanche.  Comme la voiture de Mostek, qui nous attend au bureau.  Gelée.  Congelée.  Des pieds à la tête.  Enfin, des pneus à la carrosserie.  Sans oublier les portières.  Moustique nous a quittées pour rentrer au bercail.  Nous voici, à plus de minuit, seules, dans le noir, dans le froid, grelottant, face à un véhicule qui refuse de s'ouvrir.

La situation est grave !  GRAVE. »

La situation est donc grave, comme je vous le disais l'autre jour.

Nous voilà, seules, abandonnées, en pleine campagne, devant un véhicule hermétiquement clos et totalement congelé.  Bon, pleine campagne, j'exagère un tantinet, puisque le bureau est à trois pas et que, afin d'éviter la mort par congélation (ne riez pas, dernièrement, un belge, qui s'était égaré à la recherche de secours dans les bois, après que son véhicule soit tombé en panne, est mort de froid dans lesdits bois, donc le risque existe bel et bien), nous pourrons nous y réfugier et faire quelques heures supplémentaires.

Ça me tente moyen je dois dire.  Tout comme l'idée de rester devant cette portière, à vociférer, rire et tenter l'impossible, comme nous le faisons depuis quelques minutes.  Quelques minutes qui ont suffi à transformer mes doigts en glaçons. Fait froid, je vous dis.  Mostèk n'est pas contente.  Surtout lorsqu'elle me montre du doigt ses deux bombes de produits antigel... au pied du siège avant.  A-t-on idée, aussi, d'avoir des bombes antigel DANS la voiture, alors qu'il est clair que le gel se produit au-dehors de la voiture, enfin j'imagine. 

Bon, la situation est grave, mais pas désespérée.  Après avoir essayé en vain d'ouvrir les deux portières, en tirant, tirant et tirant encore, dans un élan de rage, Mostek donne un coup de pied (ou de poing, mes souvenirs sont peu précis, car mon cerveau commençait, à ce moment précis, à refroidir lamentablement).  J'apprendrai ensuite que ce petit geste nerveux aura de graves conséquences sur la plastique du véhicule : une grosse grosse griffe pour cette pauvre titine innocente. 

Ensuite, elle a une idée lumineuse (passque son cerveau à elle, il bosse encore à temps plein, malgré le froid) : « on » va entrer par le coffre, récupérer les bombes, ressortir, bomber les portières et le tour est joué.  Supeeeeeeer idéééééééééée.  Mais qui, « on » ?  Keskelle entend par « on » ?  Elle entend moi, bibi, Anaïs.  Ça va pas la caboche des fois ?  Moi, entrer par un coffre dans un véhicule, avec mon vieux dos, à mon âge avancé, avec mes guiboles qui ne veulent plus se plier au jeu ?  Que nenni.  Non, non et non.

Alors, dans un élan courageux, voire téméraire, Mostek s'élance, tel Moïse traversant la mer rouge (oui, bon, mes références sont étranges, je suis d'accord), via le coffre de son véhicule, jusqu'à l'avant, récupère les fameuses bombes et, au passage, tente d'ouvrir les portières de l'intérieur.  Elles cèdent.  Alléluia, nous sommes sauvées.  Et mortes de rire.  Dieu, pourquoi n'ai-je pas emporté mon appareil photo pour immortaliser la scène : Mostek, hilare, se faufilant entre les fauteuils, le frein à main et tout ce que contient une voiture normalement constituée.  Grand moment.

Ensuite, elle se lance dans une opération encore plus périlleuse : dégivrer le pare-brise, décoller les essuie-glace complètement scellés sur ledit pare-brise, enlever la glace, où qu'elle soit.  Et elle est partout, la glace.  Quant à moi, petite chose grelottante, je me suis honteusement réfugiée dans l'habitacle, je tremble je tremble je tremble, je claque des dents comme si j'étais devant le pire thriller de toute l'histoire du cinéma (genre Gremlins) et j'attends lâchement que la voiture soit prête... et chauffée.  Excuse valable : y'a qu'un seul grattoir, ma bonne Dame.

Une demi-heure plus tard, nous voici de retour at home.  Je tremblerai toute la nuit, j'aurai les pieds frigorifiés toute la nuit, je claquerai des dents toute la nuit.  Cerise sur le gâteau : ma douche, dans un élan de mesquinerie, refusera de me fournir de l'eau chaude.  La sadique.

Quééééééééén aventure.  Comme quoi, les congères, les avalanches et les randonnées dans le froid, ça peut arriver même en ville. 

Illu de Domie.

froid

25
nov

WE rangement DVD

Ce WE, j'ai pris de bonnes et énormes résolutions : j'allais me consacrer à un WE rangement DVD.

Nan, pas rangement de DVD.  Etonnament, mes DVD ne sont pas trop mal rangés.  En piles instables, mais qui ne se sont jamais effondrées.  Y'a un Dieu pour les DVD.

Comme ce WE s'annonçait froid, enneigé et plus solitaire que le plus solitaire des WE, j'ai décidé que j'allais ranger.

Oui.

Vous lisez bien : ranger.

C'est un miracle, je sais.

Mais quand se profile à l'horizon un WE où je ne verrai pas âme qui vive, à part un rat qui se prend pour une taupe et hiberne presque tout l'hiver, me reviennent à l'esprit des craintes Bridgetjonesiennes : moi, décédée le vendredi soir, retrouvée seulement mardi, après que mes collègues commencent à se rendre compte de mon absence inexpliquée et avertissent famille et police.  Moi, retrouvée à moitié dévorée par mon berger allemand.  Pire : à moitié dévorée au milieu du bordel intégral qui caractérise mon logement.  Non seulement je serais dans un état de décomposition avancée, mais en plus j'aurais le cheveu gras, après autant d'heures sans shampooing, et mon foutoir serait exposé au vu et au su de tous : experts, police, enquêteurs criminels, voisins et collègues avides de potins à mon égard.

Bon, c'est vrai, j'ai pas de berger allemand, mais on s'en fout.

Bref, ma décision fut vite prise.  Tant samedi que dimanche, la matinée entière serait consacrée au rangement de mes centaines de magazines non lus, au triage de paperasse en tout genre, au lavage de ma vaisselle verdasse et poilue et au tri des pyramides de linge qui meublent ma chambre.

Forte de cette résolution fabuleuse, j'ai filé au lit, vendredi soir, enthousiaste à l'idée du WE qui m'attendait.

Et j'ai dormi.

Comme par un fait exprès (destin, hasard, coïncidence, appelez cela comme vous voudrez), je me suis réveillée à 11h30.

Quel dommage, la matinée était déjà finie.  Le temps de me lever, de faire un détour pipi, de prendre un petit déj, on était l'après-midi.  Impossible donc de ranger nettoyer trier jeter comme prévu. 

Dommage !

Y'a un Dieu pour les bordéliques, semble-t-il.

Ne me blâmez pas, j'ai finalement rangé une partie de l'après-midi.  Passque quand on prend une bonne résolution, nonobstant les destin hasard coïncidence qui s'en mêlent, on s'y tient.

Et le « DVD » dans le titre, me direz-vous ?  Et bien c'est passqu'après le rangement, en récompense, je me suis offert les six épisodes, tous d'un coup, tant qu'à faire, d'Orgueil et Préjugés avec le bôôôôôôô Colin Firth.  Mmmmmmmmmmmmmmmmh. 

Ça a du bon les WE rangement DVD.

Et un dessin issu de Petit Bordel pour illustrer la situation (grave, mais pas désespérée).

rangement

24
nov

Opération espionnage par môman interposée

Ce vendredi, j'ai envoyé ma môman chez Papyrus pour une opération secrète en bonne et due forme.  James Bond en herbe, 007 en devenir, prenez-en de la graine.

Pour rappel, Papyrus, c'est la librairie namuroise qui a accepté d'avoir en stock « le savoir écrire », pour mes (éventuels) fans (en délire).  Passque chez Club ou chez Agora, zont pas cette collection.  Chais pas pourquoi mais c'est ainsi.  Et j'ai même pas tenté de les convaincre de l'utilité de cette collection indispensable au bonheur de toutes les filles (nan, chuis pas payée pour dire ça, mais je le dis quand même).  Club est tout sauf une librairie au sens premier du terme.  Les vendeuses ne font que vendre.  Pire, durant des mois, les livres de poche étaient classés par numéros... mais sans qu'une liste par titre et/ou auteur ne soit disponible, c'est dire la galère que c'était de trouver un livre.  Seul avantage : on peut y rester deux heures sans inquiéter les vendeuses, à feuilleter tous les ouvrages (non, j'ai pas dit les lire, c'est interdit, voyons voyons).  Quant à Agora, je ne le sentais pas.  J'avais envoyé un mail un jour pour avoir un renseignement sur un livre, jamais eu de réponse, bande d'impolis.  J'ai donc contacté Papyrus, librairie qui me semblait « pro », dévouée à sa clientèle et devant laquelle je passe régulièrement sans jamais oser y entrer (oui, chuis timide quand il s'agit de magasins ne faisant pas partie de chaînes impersonnelles ou les « bonjour au revoir merci je peux vous aider » sont désormais interdits par la loi).

Donc chez Papyrus, zont immédiatement accepté d'avoir « le savoir écrire », mais ils m'ont aussi proposé, tant qu'à faire, d'avoir « la célib'attitude ».  Trop cool.

Sauf que, vu l'immense confiance en moi qui fait partie de mon caractère bien particulier, après coup, je me suis dit (regard horrifié, nœud à l'estomac) « Diantre, Anaïs, qu'as-tu été faire !  Obliger ces pauvres libraires à avoir ton livre.  Et s'ils ne le vendent pas ?  Ils vont te maudire te contacter hurler vociférer te passer un savon t'obliger à acheter le stock d'invendus faire une poupée vaudou à ton effigie te ridiculiser dans tout Namur etceteri etcetera. »

Argh argh argh keskejéfé keskejéfé keskejéfé keskejéfé.

J'ai donc un moment envisagé de passer sur place, bien rouge, bien bégayante, afin de faire un petit coucou timide signifiant « hellooooo c'est mwaaaaaaa, je viens voir si vous êtes contents d'avoir mes livres en stock si tout se passe bien si vous ne m'en voulez pas blablabli blablabla ».  Mais la crainte de devoir sortir en courant, sous une pluie de bouquins invendus, m'a retenue. 

J'ai donc choisi la victime parfaite : môman.

Prenant ma voix la plus mielleuse (chuis très douée pour utiliser la voix mielleuse larmoyante de celle qui va mourir si on ne fait pas ce qu'elle exige pitiéééééééé), j'ai supplié môman d'aller au plus vite acheter incognito un exemplaire du livre.  Histoire qu'au moins un soit vendu.  Que l'honneur soit sauf.  J'ai bien senti au ton de sa voix qu'elle pensait « keskejaifaitaubondieupouravoirunefilleaussichiante », mais elle s'est abstenue de tout commentaire et, devant l'urgence (et la pathologie mentale qui me menaçait), elle a obtempéré sans broncher.

J'ai envisagé de la suivre incognito, vêtue d'un pardessus, de lunettes de soleil et d'un chapeau noir, mais je me suis abstenue.  Je deviens adulte.

Donc elle a acheté mon livre.  Elle a même fait mieux : elle en a acheté deux.  Elle est géniale, hein, ma môman.  Ainsi, l'honneur est sauf.

Et puis, dans son compte-rendu fait le soir même par téléphone, elle m'a dit, en vrac, que d'après l'employée, depuis les articles dans la presse, on n'arrête pas de venir l'acheter (j'aime ma môman)  et que l'autre employée, celle de la caisse, lui a dit que le livre était super chouette et rigolo et tout et tout et tout et que c'était génial que des jeunes se lancent dans une telle aventure (j'adore ma môman).

J'étais donc sur mon petit nuage, jusqu'à ce que môman ajoute « oui, bon, Anaïs chérie, j'ai pas jugé utile de préciser que tu n'étais pas jeune » (je hais ma môman).

Par contre, j'ai pu remarquer qu'il y a quelque chose qui chipote tous ceusses qui m'en parlent, c'est ce titre « ... pour les filles ».  Que ce soit les journalistes, les lecteurs du blog qui me contactent par mail ou mes connaissances, tout le monde me pose la même question « mais pourquoi eske tu as fait un livre pour les filles, il convient pas aux garçons ce livre ? »

Alors voilà, j'ai trouvé la solution.  Voilà pour vous, les hommes, les mecs, les vrais, une couverture à imprimer, découper, et coller sur « le savoir écrire ».  Pour pouvoir le lire sans honte.  Durant la lecture, il vous suffira de remplacer « sac Prada » par « trousse à outils », « macaron » par « gigot d'agneau » et « charlotte au chocolat » par « choucroute garnie », et le tour est joué...  Il ne sera pas dit que je suis misandre, non mais.

covermec