3
fév

Week-end théâtral – acte 1

Ce week-end, je suis allée voir une pièce de théâtre, mais pas au théâtre.

Puis je suis allée au théâtre, mais pas pour une pièce de théâtre.

Acte 1 : « self-service » au Grand Manège

J'adore le grand manège, endroit immense et pourtant chaleureux, car « abîmé ».  Lieu conservé à grand renfort de pétitions, il y a plusieurs années déjà.  Lieu qu'il aurait été dramatique de détruire au profit de la promotion immobilière.  Enfin soit, vous vous en moquez, ô non namurois, et je vous comprends.

Retour à nos moutons.

S'il y a bien une chose que je déteste, c'est arriver à la fin d'un livre, d'un film, d'une pièce ou de quoi que ce soit en n'ayant rien compris.  Et comme chuis très blonde à l'intérieur de la boîte crânienne, ça m'arrive plus souvent que vous ne l'imaginez.

Samedi, donc, durant 2 heures 10 minutes très exactement, j'ai zieuté une pièce de théâtre, et durant 2 heures 10 minutes très exactement, je me suis dit « accroche-toi, le dénouement va arriver, et là, tu comprendras enfin l'astuce, le subterfuge de la chose.  Un peu comme dans Sixième sens, où la dernière minute termine le puzzle avec un brio inégalé.

Mais samedi, la salle est devenue obscure, les acteurs sont venus faire leurs petites courbettes sous nos applaudissements, et j'avais toujours rien pigé.  Nada.  Niente.  Que dalle.

Fort heureusement, un brun ténébreux à chevelure soyeuse et bouclée squattait un siège proche du mien, ce qui m'a permis un rinçage d'œil en bonne et due forme durant 2 heures 10 minutes, c'est déjà ça.

Sinon, c'était la catastrophe nationale :

- les sièges en rotin synthétique (oui bon, si c'est synthétique, c'est pas du rotin, je sais) quadrillaient douloureusement mon postérieur

- une odeur d'alcool tenace me donnait la gerbe (même le brun ténébreux se cachait le nez de son si choli mouchoir en tissu)

- il faisait frisquet (et quand j'ai froid, c'est que la température avoisine les quelques degrés à peine)

- et, last but not least, la pièce était incompréhensible !

Enfin incompréhensible pour moi, s'entend.

L'histoire ?  Une famille réunie en huis clos autour du « cercueil » d'une jumelle défunte, écrasée par son banc solaire qui s'est refermé sur sa carcasse encore dorée (j'extrapole, pour la dorure, pas pour l'écrasement).  L'autre jumelle, la mère, la tante, et une étrangère dont on ignore tout, partagent avec nous quelques journées de leur existence, derrière une vitre.  Oui, la pièce se joue derrière une vitre. 

Que vous dire de plus ?  Ben rien.  Durant 2 heures 10 minutes, les personnages s'interrogent, se lamentent, se rappellent la soirée ayant précédé le décès, dans une maison qui semble possédée.  Le tout entrecoupé d'une chanson récurrente (superbement chantée d'ailleurs), aux paroles toujours identiques, mais à l'air changeant à chaque fois.  Des paroles en anglais contant l'histoire d'une femme abandonnée qui, obsédée par l'odeur qu'a laissée son ex sur elle, se coupe les pieds, les mollets, les jambes... pour se défaire de l'odeur.  Elle y parvient... en mourant.

Au final... je n'ai pu qu'échafauder des hypothèses :

- ce n'était qu'un rêve de la jumelle, toujours vivante

- la défunte n'avait pas de famille, donc pas de sœur jumelle, nous n'assistons qu'à son délire pré-suicide

- c'est un remake de L'écume des jours, avec un immeuble qui s'autodétruit, symbole de la destruction d'un être

- y'a rien à comprendre, c'est de l'art moderne

- ...

Si quelqu'un a vu cette pièce et l'a comprise, une explication serait bienvenue.  Mon neurone vous en sera éternellement reconnaissant.

Acte 2 demain.

22
jan

Le dinosaure et le cinéma

Je me dois de rétablir la vérité quant à la présence du dinosaure au bureau.  Il ne s'agit nullement, comme Fanfan l'a suggéré, de mon boss chéri (ça va pas la tête non, mon boss il n'a ni l'âge ni la forme d'un dino), mais d'une grosse machine à travaux située en rue, dont j'ignore le nom et la forme exacte, qui fait des bruits intermittents insupportables et semblables à la marche d'un énoooooorme dinosaure.

Voilà tout.

Tant que j'y suis, demain journée cinéma ici, avec quelques critiques de films... et deux places à gagner, concours pour les françaises cette fois.

 

9
jan

Ressuscité…

 

J'ignore pour combien de temps, mais mon portable adoré chéri que j'aime d'amour fou a renaqui (warf warf warf, chuis douée en conjugaison) de ses cendres.

J'ai donc annulé la réparation, ce qui me vaut le plaisir d'avoir bossé tout l'après-midi sur des chroniques, des livres à relire, des articles déprimant sur la crise et quelques billets pour ce blog.

Par contre, il m'est arrivé quelque chose d'étrange et angoissant hier.

Vous le savez, si du moins vous m'avez lue hier, au moment de la panne, j'ai vécu un problème de tension, papillons dans yeux, mal de tête et j'en passe.

Durant ce problème qui n'a duré qu'un petit quart d'heure, j'ai vécu une expérience traumatisante, jugez plutôt.

Tant sur les blogs, sur les commentaires jalonnant le mien, sur le dernier épisode VO sous-titrée des Frères Scott, je n'ai plus rien su lire.

Oui vous lisez bien (profitez de cette chance).

Je voyais les lettres.

Je voyais les mots.

Je voyais les phrases.

Mais l'ensemble m'apparaissait comme incohérent.

Je ne parvenais pas à assembler le tout pour en comprendre le sens.

Je ne parvenais d'ailleurs pas, en matière de sous-titres, à lire suffisamment rapidement pour comprendre.

Et j'avais beau me concentrer sur chaque mot, impossible de comprendre la phrase.

Je ne vous dis pas la panique totale.

Angoisse monstrueuse.

Moi, seule, chez moi, incapable de décrypter du français. 

C'est passé après quelques minutes, un peu après que les papillons aient disparu.

Mais quelle trouille.

Déjà vécu ça, ô lecteurs ?

Dois-je m'inquiéter passer une IRM une radio un scanner voir un psy me jeter à la Meuse attendre patiemment la dégradation de mes cellules grises ?

 

8
jan

Un (presque) décès dans la famille

Les petits zamis, va falloir être forts.  Très forts (reniflement caractéristique de la fille pas forte).  Je le suis alors je compte sur vous (gros sanglot long de la fille désespérée).

J'ai une très mauvaise nouvelle à vous zannoncer.

Mon portable adoré va (encore) partir à l'hosto.

Ce vilain (j'avais écrit "ce fils de ..." mais ça me semble vulgaire, et puis je crains des représailles) a décidé de m'offrir le son, les fonctions, mais plus l'image.

Comme la dernière fois d'ailleurs, quand il était encore sous garantie et que chez HP on a dit "tout va très bien Madame la Marquise".

Ben maintenant il est plus sous garantie donc c'est bibi qui va se farcir le coût de la réparation, ben voyons.

La bonne nouvelle c'est que je suis parviendue à la brancher sur mon écran plat pour faire un rapide backup de mes billets en stock (merci le Dieu du backup).

La mauvaise nouvelle, pour vous, c'est que s'il part à l'hosto pour un bout de temps, et vu la vague de froid, il est pas question que je m'installe derrière mon vieux PC agonisant (d'ailleurs s'il meurt durant l'hospitalisation du portable, je fais un malheur), dans le froid, pour rédiger des billets.

Pas question...

Vous me verriez, là, avec mon polar cerise écrasée, roulée en nem dans une couette Ikéa cerise confite, pieds sur mon coussin de noyaux de cerises (décidément, ce fruit devient une obsession)... vous ririez de toutes vos dents devant le sacrifice que je fais pour vous écrire.

Faut pas pousser bobonne dans la confiote de cerises hein, je tiens à ma santé.

Alors, à partir de ce jour, pour cause d'absence de portable, vous n'aurez plus droit qu'à un billet quotidien.  Pas plus.

Je sais, c'est dur, mais vous ne pouvez vous en prendre qu'à HP.

Depuis l'annonce de la nouvelle, comme par un fait exprès, j'ai un problème de tension (ça ne m'était plus arrivé depuis des mois et des mois).  Chute ou hausse, aucune idée, mais toujours est-il qu'une flopée de papillons a élu domicile dans mes globes oculaires, et m'empêche de voir quasi quoi que ce soit... (donc si y'a des fautes de frappe, sorry sorry).

Vous me direz, quel intérêt de voir... puisque l'écran du portable est à tout jamais éteint.

Vous avez raison... doit y avoir un lien de cause à effet !

 

1
jan

L’an neuf neuf n’oeuf

2009
Ça y est, c'est l'an neuf neuf.  L'an deux mille neuf neuf neuf.  L'an d'œufs mille n'œuf.

Flash back sur un réveillon féminin.

Que des femmes.

Rien que des femmes.

Jour du réveillon.  16 heures.  Les frigos sont vides.  Il est temps d'aller faire les courses.  Je n'ai jamais fait les courses un jour de réveillon à 16 heures.  Ben y'a du monde dans les rayons : des enfants qui courent des employés qui installent des bouteilles des couples qui ne savent qu'acheter des petits vieux qui traînent des sdf qui espèrent des vendeuses de fleurs qui triment des caissières qui fatiguent et des femmes qui réfléchissent à leur menu.  Ça, c'est nous.

On a faim.  Alors on a envie de tout.

Au menu :

Apéritif froid : fromage, boudin blanc, boudin noir, saucisses sèches dures comme la pierre, saucisses TV (les vraies les meilleures), chips à tous les goûts, Zizi Coin Coin, Martini Fiero.

Apéritif chaud : pruneaux au lard, quiches, feuilletés indéfinissables, trucs verdasses bizarres (le tout provient d'une boîte oùsque tout est déjà fait y'a qu'à mettre au four et déguster, yesssss).

Entrée froide : foie gras.

Entrée froide bis : saumon fumé.

Entrée chaude : assortiment de dim sum.

Dessert : glace, tiramisu spéculoos, charlotte au chocolat

Point de plat de résistance ?  Ben non, qui a dit que c'était obligatoire, une fois ?

Bon, ce menu est mal rédigé, je suis d'accord.  En langage chic et snob, j'aurais écrit :

Les mises en bouche variées arrosées de ... (arrosées à quoi, passqu'au Zizi Coin Coin, ça la fout mal, tant pis...).

Les copeaux de foie gras sur toast et leur  petit confit à l'orange amère.

Le carpaccio saumoné fumé.

Naaaaaaaaaaan, vraiment, chuis incapable de rédiger un menu en langage chic et snob, tant pis.  Vos idées sont bienvenues.

Bref, pour résumer et faire court, passqu'on est le 1er janvier et que j'ai froid, soif, faim et fatigue : on avait très faim.  Alors on a acheté de quoi tenir un siège, sans doute imaginant que le verglas incroyable du matin (si, incroyable, j'ai vu quelqu'un tomber devant moi, j'ai vu un mur me rattraper lorsque je tombais, je n'ai pas vu le bus passer, jamais, incroyable), bref imaginant que le verglas allait nous condamner à réveillonner trois soirs de suite.

On avait faim.

Sauf qu'après les mises en bouche et l'apéritif, on n'avait plus faim.  Je me suis ruée sur les boudins comme une libellule sur une feuille de nénuphar, et après, j'avais plus faim.  J'ai tout de même trouvé le temps de dévorer les dim sum, mais j'ai déclaré forfait pour le foie gras et le saumon.  Ils ont eu la vie sauve, pour ainsi dire.  Et oui, vous lisez bien, on a mangé l'entrée chaude avant les entrées froides, et alors, au point où on en était, on aurait même pu commencer par le dessert, pour le fun.

Entre les plats, un petit quizz musical m'a mis une banane d'enfer.  Fou comme un petit livre plein de questions-chansons sur les années 60 à nos jours, sur les chansons traditionnelles et même sur les chansons belges peut amuser la foule... et bibi surtout.  Passque chuis la meilleure.  Si.  Je suis la meilleure.  Même si elles ont tenté de restreindre ma gloire par des petits détails insignifiants, genre « nan, les paroles c'est pas 'être une femme libérée tu sais c'est pas si facile', mais c'est 'être une femme libérée tu sais QUE c'est pas si facile' ».  Petit.  Très petit.  Mesquin.  Très mesquin. Mais j'ai gagné.  Oui.  Gagné.  Et j'ai beaucoup chanté, à chaque réponse, pour les punir.  M'entendre chanter est une punition, j'en ai conscience.

Après, il était 23h40, et on a été à Namur.  Au Grognon qui ne grognait pas, puisqu'il nous offrait un choli feu d'artifice.  On a fait sauter le champagne (enfin, le crémant, car je l'ai lu sur vinsetgourmandises, mieux vaut un bon crémant qu'un mauvais champagne).  Et on a bu, à minuit, en pleine ville, dans des coupes en plastique.  C'était top fun de la mort qui tue et qui déchire sa race, comme on dit.  Top délire mégalo. 

Dommage que les namurois soient si congelés, de l'intérieur comme de l'extérieur, car niveau ambiance c'était pas vraiment ça.  En tout cas c'était pas comme ce que j'ai vu à Paris, Londres ou ailleurs, à la TV, ce soir. 

Mais c'était chouette.  L'ambiance était entre nous et c'est l'essentiel.  J'aime bien boire du crémant demi-sec gelé par la température à minuit un 1er janvier, ou un 31 décembre (jamais su si minuit pile, c'était encore la veille ou déjà le lendemain, vous savez vous ?).

Puis on est rentrées.  On a papoté.  On a pyjamaté.  Et on a pieuté.

J'ai bien aimé ces premières heures de l'an neuf neuf neuf n'oeuf.

Pourvu que ça dure.

(Par le plus grand des hasards, la largeur d'origine de cette fabuleuse image que je vous ai concoctée était de 909 pixels... ça ne s'invente pas.)