1
nov

J’ai testé « tournage TV »

Un tournage TV, c'est un peu comme un fantasme : on imagine tout et n'importe quoi.

Alors quand Plug m'a contactée pour avoir de bonnes adresses « lifestyle » à Namur, je me suis fait un plaisir de dresser une petite liste de mes endroits favoris (après avoir tenté de comprendre ce que « lifestyle » voulait dire bien sûr, en grande ringarde que je suis), que j'ai envoyée, en demandant si je pouvais être présente sur le tournage, alleye une fois, please, je serai discrète, j'en parlerai sur mon blog, j'ai envie de voir l'envers du décor, ça serait trop cooooooool...

Aussitôt demandé, aussitôt accepté.

Le jour J, je me suis habillée en noir, passque c'est bien connu, le noir ça amincit.  On me verra pas à l'image, mais on sait jamais hein, autant être en noir.

Le rendez-vous est fixé à l'aube et, ne me demandez pas pourquoi, je m'attends à voir des tas de camionnettes Plug RTL, avec des barrières nadar, un personnel de malade, une foule en délire avide de sensations fortes et curieuse de tout.  Je m'attends à devoir me frayer un chemin dans cette foule, en brandissant ma carte de visite anaïssienne, telle une star qui monte les marches rouges à Cannes.

Ben non.

Que nenni.

Pas de barrières nadar, pas de camionnettes, pas de foule en délire.

Juste moi, la princesse au petit pois (tenancière de la boutique du même nom), un cameraman, un photographe de Flair, Lise-Marie, journaliste de Flair et la responsable de Plug, Françoise.  Une toute petite équipe bien sympa, avec laquelle je fais rapidement connaissance, car le travail les attend.  On n'est pas là pour chômer.

Première étape donc, La demoiselle au petit pois, une minuscule petite boutique verte comme un pois, dans laquelle siège Delphine, belle comme un cœur, avec des cheveux de feu et une énergie folle.  Elle est un peu stressée, et il est décidé que je ferai de la figuration durant les premières scènes, ce qui nous permet de blablater et de faire connaissance durant les préparatifs, relativement longs.  Sympa comme tout, cette petite causette.  Nous discutons un long moment bien agréable, avant que je ne m'installe dehors durant le tournage.  Et là, j'observe : les pigeons qui se baladent, les blouses à 300 euros dans la boutique d'en face, une superbe femme hypra élégante qui s'avère être la vendeuse de la boutique d'en face, CQDF, encore des pigeons et le froid qui me terrasse.  Il est long le tournage, alors je rentre et je me réfugie à l'étage, ce qui me permet d'observer la rue par la fenêtre : des bandes d'ados qui passent et repassent, intriguées, un troupeau de petits vieux qui stagnent et restagnent, intrigués aussi.  Et moi, qui admire la marchandise.  Des trucs géniaux : des cartes, des carnets « pour idées folles et saugrenues » (c'est fait pour moi non ?), un parapluie extraordinaire, des boîtes fleuries sur lesquelles je bave comme un escargot namurois.  Plein de photos plus bas, et le blog de la demoiselle au petit pois ici. 

Voilà mon vrai vrai vrai coup de cœur, tant au niveau des produits proposés que de la patronne qui est aussi adorable que jolie.  Rien que le nom de la boutique sonne comme un conte de fées, alors je ne peux qu'aimer.  Si vous avez un cadeau à me faire vous savez où aller.... (je dis ça je dis rien hein, mais les boîtes du second, et le parapluie du rez, et le carnet pour idées folles et saugrenues...).

Le tournage se termine et nous gagnons l'endroit suivant, La case de l'oncle Sam, un lieu qui dépayse, où l'on se promène dans le sable (en plein Namur, faut le faire).  Une boutique petite, mais qui regorge de trésors directement importés des pays chauds : bijoux, lampes, objets de déco, plats...  Là encore, je fais un peu de figuration, enfin surtout mes jolies bottes Pataugas, chargées de marcher et marcher encore sur le sable fin...  Une suspension en forme d'étoile me fascine, et un scénario catastrophe nait immédiatement dans mon cerveau dérangé : elle tombe sur Lise-Marie, sa pointe acérée lui transperçant le crâne, le sang gicle sur le sable immaculé, ambulance, hôpital, je vous passe les détails sordides.  La suspension ne tombe finalement pas (c'en est presque dommage non ?), mais j'évite à tout prix de passer en-dessous, ça vaut mieux.  Je me consume de désir pour une lampe rose, j'achète ou j'achète pas ?  J'achète pas, et je sors du magasin durant le tournage, ce qui me permet de refouler les visiteurs, afin de maintenir le silence.  Je me sens investie d'un rôle important, ben quoi, hein, c'est quasi comme si je faisais partie de l'équipe hein.  Non ?  Bon, ok, ça va, on peut rêver.  Le patron nous offre un choli savon lors de notre départ : merci patron, très gentille attention je trouve.

Après ce second tournage, il commence à faire faim.

Ça tombe bien, car la destination suivante, c'est Le temps des cerises, un resto hypra célèbre de Namur, que je connais sans jamais y avoir mis les pieds.  C'est cool, ce tournage, ça me permet de redécouvrir ma ville, et de l'apprécier de plus en plus (si c'est possible, vu comme je l'aime d'amour).  Les lieux sont petits, cosy, et plein de signatures et dessins de stars : Emile Dequenne, Kroll, Jesaisplusqui, Unechanteusecélèbre,  Unacteurtoutbeau, et j'en passe...  Les cerises sont partout, jusqu'à la partition reprise sur le set de table, que j'emporte avec l'espoir de savoir le jouer sur mon piano tout beau tout nouveau.  Le patron est joyeux, et après le délicieux lunch (quiche succulente, tendre poisson et gâteau au chocolat maison, rhaaaaaaaaa), le tournage commence, sous le regard des clients.  Dans la cuisine, une énorme casserole écœurante de cassoulet termine sa cuisson.  Je ne sais pas pour vous, mais les portions gigantesques de nourriture me donnent souvent des envies de vomir, car trop c'est trop.  Juste avant notre départ, le patron nous offre un petit péket.  Le premier péket de ma vie.  Dingue, je sais.  J'ai déjà bu des tas de pékets, of course, mais jamais du nature.  Que de l'aromatisé ou de l'ersatz.  Cette fois, c'est la bonne.  Ça arrache, le vrai péket.  C'est pas si mauvais que ça, le vrai péket.  A la santé des adorateurs de péket, ils se reconnaîtront, même là-haut.   Pour découvrir cet endroit typiquement namurois.

Après un petit détour sur le pont de la rue du pont (comment ski s'appelle celui-là ?) pour une séance photo pour les deux pages de Flair (à acheter jeudi, don't forget), destination suivante : Fleur de soi, un endroit voué à la zenitude et au respect de soi : massages, séances diverses et variées.  Le lieu est neuf et joli comme tout.  Les tables de massage me font de l'œil, mais elles sont déjà occupées, diantre, pas de bol, moi qui espérais être invitée pour un petit massage de derrière les fagots.  C'est à cet instant que mon appareil photo décide de faire grève, le vilain pas beau.  Il avait commencé sur le pont, mais j'avais pas remarqué.  Je suis donc contrainte de continuer sans lui.  On nous propose un test couleur : choisir une carte au hasard et la couleur reprise au verso détermine un état d'esprit.  Nous y passons tous, et les résultats sont surprenants.  Moi paraît que je suis hypersensible.  Non, m'enfin, c'est faux,  test à la noix, pense-je, la larme à l'œil et le cœur en lambeaux.  Pour les résultats des les autres, je ne vous dirai rien, confidentialité oblige, of course...

Dernière étape du tournage : le Friends.  Enfin un endroit spacieux, ce qui semble réjouir l'équipe de tournage, qui n'a de cesse de dire que Namur est une ville pour nains de jardin.  Un petit coca light, une petite discussion avec un des patrons, lequel insiste sur l'obligation de ne pas filmer le sol (ah ah ah, je ne pouvais m'empêcher de le dire hein, il le fallait, car c'était un peu obsessionnel, il faut le dire, et puis passque l'accueil, là-bas, c'est bof bof bof, chuis déçue de chez déçue, mais soit), et moi qui m'avachis sur mon siège... pas pour longtemps, car tout à coup, là, de suite, c'est à moi...

à MOI !

Me voilà traînée sur un banc, en plein milieu du piétonnier et de la foule (et keske ça caille sur un banc en octobre vers 17 heures), pour l'interview.  Je tremble d'angoisse, j'aime pas ça moi, être interviewée.  Mais après une si chouette journée, l'ambiance est bonne et je suis finalement relativement à l'aise pour parler de mes bouquins.  L'interview se passe bien... enfin après que le caméraman ait fait tomber sa caméra (c'est moi qui porte la poisse, c'est clair, vu toutes les catastrophes que j'ai engendrées ces derniers temps : les ampoules qui meurent, les chaises Ikéa incomplètes - Ikéa, on va aller au tribunal, je te le certifie, les bulex qui chauffent plus, les volets qui s'écroulent, et maintenant les caméras qui tombent) et après qu'il ait dit, en fin de tournage, « oups, y'a un blème, faut recommencer », kwwwwaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaa... !!!!????   On recommence donc, et je bafouille durant la scène de « que faire avec une courgette », vu que je dis « que faire avec un concombre », grossière erreur (à mon avis, cette scène sera coupée au montage, c'est pas très sérieux de parler courgettes à une heure où les enfants sont pas couchés).  Une petite ado me suit à la trace, vais-je signer mon premier autographe ?  Nan, mais elle me demande où se procurer mes livres.  Mes blablas semblent donc lui avoir donné envie de les lire, c'est bon signe non ?  Et c'est chez Papyrus qu'on les trouve, rue Bas de la Place, la rue en face du parking de l'Inno, pour info.

Voilà, c'est fini, terminado, finito.  C'était cool.  C'était amusant.  C'était original.  C'était inédit. 

Et c'est tout à l'heure, en version animée, sur Plug RTL.

Et puis ce qu'ils ont dit de moi sur le site de Plug RTL :

"RENCONTRE AVEC ANAIS VALENTE

Dans le cadre de ce lifestyle spéciale Namur, nous allons maintenant vous présenter une personnalité namuroise comme on les aime : Anaïs Valente, jeune femme ultra dynamique. Depuis quelques années déjà elle rédige des billets d’humeur dans la presse belge. Mais elle s’est surtout fait connaître à travers son blog : le célibat ne passera pas par moi. Elle a depuis écrit 3 bouquins : La célib’attitude des paresseuses, Le savoir écrire pour les filles, et Les bons plans pour les filles. Autant dire qu’on a sauté sur l’occasion pour s’organiser une rencontre avec elle.

Voici l’adresse de son blog : le-celibat-ne-passera-pas-par-moi.skynetblogs.be/"

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30
oct

Un moment de grâce

Ce matin, je suis en retard.  Passque j'ai cherché des papiers dans mon barda.  J'aime pas m'occuper des papiers.  Je suis bordélique même avec mes papiers.  Il est loin le temps où je rangeais pieusement mes extraits de compte dans des classeurs.  Pourtant, j'ai récemment installé une étagère rien que pour ça : mes papiers.  Avec des bacs tout blancs, ou presque, prêts à les accueillir.  Mais pour y accéder, à l'étagère, faudrait déjà que je range le bordel qui encombre le hall où elle se trouve, cette étagère.  Et pour le ranger, faudrait que j'aie plus mal au dos.  Bref, c'est un cercle vicieux.  Bref, je suis en retard.

Et je rate le premier bus.  Enfin le dernier des premiers.  Quatre bus à la même heure, ou presque.  Tous en avance.  Comme chaque jour.  Et moi en retard.  Je le rate.  Et me dirige vers un autre arrêt, pour un autre bus, qui engendrera inévitablement le fait que je rate ma correspondance, c'est ainsi.

Rien de grave, un peu de retard au bureau, on va pas en faire un fromage.

Le bus arrive, je m'y installe et dévore le dernier Janine  Boissard, toute mon enfance, toute mon adolescence, et j'aime beaucoup ce petit dernier, qui me replonge dans cette période de ma vie où tout semblait encore possible (phase nostalgie en ce moment).

J'arrive à la gare, surprise de la rapidité du trajet.  Pas assez rapide cependant, pour que ma correspondance soit encore là.  Tiens, si, elle est là.  Mais j'ai deux boulevards à traverser, deux feux qui ne sont pas synchronisés, donc c'est peine perdue.  Tiens, le premier est vert, je fonce.  Le second est rouge, j'attends.  Mon bus est là, mais je le sens sur le point de partir.  Je prendrai le suivant, dix minutes d'attente, je lirai Janine.

Il commence à faire clair, merci le changement d'heure (hier, quelqu'un m'a dit « vous êtes fatiguée, pourtant on dort une heure de plus en ce moment », si quelqu'un pouvait m'expliquer en quoi le changement d'heure fait dormir une heure de plus durant plusieurs jours, je me sentirais moins conne).

Le bus est toujours là.  Le feu est toujours rouge pour moi.  Le chauffeur fait, semble-t-il, un signe, genre « traversez voyons ».  Mais c'est rouge.  Et j'ai pas envie de me retrouver écrabouillée par un bus, transformée en crêpe sanguinolente sur la chaussée, au milieu de la foule qui ne va pas tarder à arriver, heure de pointe oblige.  Et puis j'ai sans doute mal vu, avec mes bésicles périmées et la vitre du bus dans laquelle se reflète l'aube naissante (oh, c'est beau cette expression non ?).

Je regarde tout de même le chauffeur, intriguée.  Et il me refait un signe qui, cette fois, signifie « vous venez dans ce bus non ? », et moi je fais oui de la tête.  Et il me refait encore signe de traverser, malgré le feu toujours rouge (ça a l'air de durer longtemps, ce feu rouge, vu le temps que je mets à vous raconter l'anecdote, mais ça ne prend que dix secondes à tout casser).  Alors je traverse, étonnée, ravie, intriguée.

Et je monte dans le bus, gratifiant le chauffeur d'un sourire étonné, d'un merci, d'un « c'est gentil ».  Puis je m'assois.

Et je n'en reviens pas d'une telle gentillesse.  Un petit geste qui compense, à lui seul, toutes ces fois où, tout-puissant comme Bruce, le chauffeur, ayant quitté l'arrêt de 20 centimètres mais stoppé par le feu rouge, refuse de me laisser monter, car il n'est plus vraiment à l'arrêt, soit me gratifiant d'un sourire narquois, soit m'ignorant totalement.  Un petit geste qui compense la violence de la conduite, qui projette les petits vieux et les petites vieilles (et moi aussi, pardi), contre les parois du bus.  Un petit geste qui compense beaucoup de choses et qui fait qu'une journée commence bien.

Et puis... il savait comment, ce chauffeur (pas brun ténébreux, mais mignon tout plein, faut l'avouer), que j'allais monter précisément dans SON bus ?  Bus que je prends chaque matin, mais tout de même...  comment comment comment ?  M'aurait-il remarquée, depuis des mois, attendant chaque semaine son horaire, dans l'espoir de faire MON bus et de me croiser, moi qui ignore tout de lui et qui entre chaque matin dans ce bus, murmurant un vague bonjour, montrant mon abonnement, cherchant une place où me vautrer pour continuer ma lecture ?

Rhaaaaaaaaaaaaaaaaa.

Dans peu de temps, lors de nos noces, nous raconterons à tous, coupe de champagne à la main, comment nous nous sommes rencontrés, lui et moi...

Bon, j'arrête de délirer, le travail m'attend.

Dernière chose : hier, j'ai cédé ma place à une petite vieille qui marchait vraiment difficilement, vu qu'elle avait mis des plombes à monter dans le bus, se tirant à la poignée comme un poids mort.  Elle m'a pas dit merci.  J'ai fulminé.  Passqu'un merci ça coûte rien et ça fait du bien.  Mais j'ai cédé ma place, BA du jour.

C'est donc vrai, alors, peut-être, qu'on récolte ce qu'on sème ?

26
oct

Quand ma vie trépidante et pleine de risques bascule

La semaine dernière, je vous contais (et non comptais, même si le compte est vite fait, 27,99 eur pour la couette, 9,99 eur pour le drap-housse) mon bonheur d'avoir découvert la flanelle.  (et merci à la lectrice qui m'a fait remarquer que la flanelle grise c'était parfait, ça durerait tout l'hiver, j'y avais pensé et j'ai bien ri en remarquant qu'elle me connaissait super super super bien, cette lectrice).

Bref, un bonheur.

Un bonheur qui dura vendredi.

Qui dura samedi.

Qui dura dimanche.

Qui dura lundi.

Qui dura mardi.

Qui commença à capoter mercredi.

Et qui s'effondra jeudi.

Tout ça because des hausses de température.

Et quand la température monte, la flanelle, c'est caca-boudin.

La nuit de jeudi à vendredi, il faisait si « stoffant » sous cette abominable flanelle des neiges que j'ai cru ma dernière heure arrivée.

Passque bien sûr, afin d'affronter les premiers frimas, en plus de la flanelle, j'avais revêtu mon pyjama tue-l'amour, savoir un haut « chemise de bucheronne québécoise par grand froid », quadrillée de bleu et de jaune (que vous apercevez parfois dans mes vidéos de pianiste émérite que je deviens) et un bas « Barbie princesse a pris vingt kilos », en pilou rose bonbon et qui fait des fesses d'éléphante obèse.

Rien que cette tenue permet de survive en Sibérie une dizaine d'heures.

Alors, avec la couette habillée de flanelle par-dessus, c'est l'enfer, dans le sens premier du terme, savoir la température.

En pleine nuit, me voilà donc, réveillée, trempée comme un chien qui a fait une trop longue promenade un soir d'automne à nuages bas, le visage en feu, la bouche sèche, les mains moites et les pieds poites.

Je commence par sortir les pieds du lit, pour enlever les grosses chaussettes en pure laine vierge que je mets pour dormir (ah ben ça, quand on est célibattante hein, faut en assumer les conséquences hivernales même en automne).

Ça ne suffit pas.

Je dégage ensuite les jambes.  Sans résultat, le bas de Barbie procurant encore une chaleur insupportable.

J'enlève la chemise de bucheronne et la jette au pied du lit. 

Ça ne suffit pas.

En désespoir de cause, je replie totalement la couette sur le côté du lit oùsqu'un mec ferait bien de venir dormir pour m'épargner tous ces désagréments et me tenir chaud, et je me rendors, quasi nue, enfin rafraîchie.

Vers cinq heures, bien sûr, je me réveille congelée et me glisse avec volupté dans ma couette dépliée et sa flanelle même pas refroidie.

Tout est bien qui finit bien, mais quelle vie hein, dingue, j'en reviens pas moi-même de mener une vie aussi farfelue, même la nuit.

 

19
oct

La démesure

Chais pas ske j'ai en ce moment, mais mes sentiments sont totalement dans la démesure.  Ils se manifestent de façon démesurée je veux dire.

Un peu comme si j'étais plongée dans une télé-réalité... ben oui, passque dans  les télé-réalités, ma bonne Dame, paraît que tous les sentiments sont exacerbés.  Quand ils tombent amoureux, c'est la folie et les demandes en mariage pleuvent immédiatement. Quand ils se font des amis c'est à la vie à la mort.  Quand ils se disputent avec leurs amis, c'est la rage au ventre.  Paraît que c'est la promiscuité qui veut ça.  C'était très perceptible dans la télé-réalité du moment, j'ai nommé Secret Story 3.

Ben moi pour l'instant, c'est kif kif bourricot.

Toute bonne nouvelle, même la plus petite, me met dans une joie intersidérale.  Toute mauvaise nouvelle, la plus infîme soit-elle, me plonge dans un abime de détresse.

J'arrive pas à ouvrir mon pot de confiote, en petite femme fragile sans homme que je suis ?  Je pleure.

Je cuisine une super bonne lasagne home made, avec vraie béchamel et vraie sauce bolo, le tout fait par mes petits doigts agiles ?  Je saute comme une chèvre dans toute mon logement, pour célébrer l'événement.

Je crâme une de mes crêpes (oui, je fais aussi de délicieuses crêpes maintenant, je serai bientôt bonne à marier) ? je braille comme un veau devant ma poêle.

Je dégotte trois paires de faux/fausses (c'est mâle ou femelle ces trucs-là ?) crocs et deux paires de bottes Pataugas dont je rêvais ?  J'ai le cœur en joie durant trois heures et je les admire tout l'après-midi, mes cinq paires rien qu'à moi nananère...

Pas de nouvelles d'une amie durant 2 heures ?  Rhaaaaaaaaa, personne ne m'aime, je veux quitter cette planète illico.

Un petit mail sympa d'encouragement pour le blog ?  J'aime mon blog, je vénère mon blog, j'adore mon lectorat, le blog c'est mon bonheur ultime, ma joie de vivre, mon tout.

Une critique sur un billet ?  Je hais mon blog, je hais mes lecteurs d'ailleurs c'en est fini de passer un temps bête à rédiger des trucs pour que les gens râlent, j'arrête tout, là, de suite, et basta.

Une tache sur mon petit top rose ?  Grosse colère contre moi-même, je ne m'adresse plus la parole durant le reste de la journée.

Vu mes réactions, j'en conclus donc que, sans le savoir, je vis une expérience de télé-réalité.  J'ignore pourquoi, j'ignore comment, j'ignore tout tout tout.  Mais je ne vois que ça comme explication.  A moins qu'il ne s'agisse de la première télé-réalité neuronale.  Quatorze neurones ont été sélectionnés au sein de mon cerveau et sont soumis au vote des autres neurones (s'il en reste) chaque semaine.  Ils sont donc ultra stressés et, par conséquent, j'en bave...

J'ai tenté de zieuter le fond de mon œil, mais j'ai pas encore trouvé les caméras.  Promis juré, dès que je les vois, je vous en informe.

Meuh non, j'ai pas viré paranoïaque...

Je l'ai toujours été !

Docteur psy, z'êtes là ?

9
oct

Maladresse quand tu nous tiens

Chais pas ski spass en ce moment, mais je suis d'une maladresse intégrale.  Ou bien je porte la poisse à la technique.  Ou les deux.

Je vous ai déjà narré mes mésaventures techniques, avec tout qui explose, ou presque, chez moi : le toit, la douche, le bulex, le volet...

Depuis lors, cela n'a pas cessé :

J'ai d'abord remplacé le bulex, suivant le conseil du technicien.  Ça m'a coûté un pont mais soit, un nouveau bulex vaut bien un tel sacrifice.  Sauf qu'il fonctionne encore moins bien que l'ancien, qui, lui, après entretient, pétait des flammes si je peux utiliser cette expression.  Le nouveau, ben il me laisse le choix : soit de l'eau bouillante mais bouillante de chez bouillante à l'évier + la douche écossaise (ça j'ai l'habitude finalement), soit une douche parfaitement agréable mais plus d'eau chaude à l'évier.  Fait choisir ma petite Anaïs.  Et l'installateur, ben, il considère que c'est pas à lui de faire des réglages.  Je vous passe les détails, mais j'apprécie pas trop, ben voyons.

J'ai ensuite exigé la réparation du volet, placé par Fermalux, FERMALUX, FERMALUX, tiens, autant les citer pour qu'aucun namurois n'ait confiance en cette société soi-disant réputée...  Chez Fermalux, on m'a riz au lait, oups, ri au nez.  Pour eux, si ça retombait, ben ils répareraient, mais sans plus.  Et tant pis si y'a un humain ou un animal dessous, il a qu'à se prendre le volet sur la tronche et y perdre quelques neurones au passage.  Va encore falloir que j'entame des procédures un peu partout pour obtenir la réparation de leur erreur de fabrication, ben voyons.

Puis j'ai décidé de changer l'ampoule qui était mourue.  En montant sur l'escabelle, j'ai enlevé la protection en verre mat et j'ai remplacé l'ampoule foutue contre une jolie ampoule Ikéa.  C'est en remplaçant la protection en verre que mon doigt a dérapé et que j'ai glissé, tenté de me rattraper à ce que je trouvais, savoir toujours la protection, qui était déjà dans son encoche.  Avec la pression de mon corps svelte, j'ai cassé l'encoche.  Ben voyons.

J'ai ensuite décidé de remplacer une ampoule halogène que je trouvais trop puissante, par une plus faible.  Fallait dévisser le luminaire avec une clé octogonale.  Comme je sais jamais dans quel sens tourner, ben j'ai forcé, et j'ai ovalisé la vis (parait que c'est comme ça qu'on dit).  Plus moyen d'ouvrir, ni de remplacer l'ampoule, ni de la changer lorsqu'elle mourra.  Foutu.  Ben voyons.

Ensuite, j'ai fait un peu de rangement.  En voulant caser un grand plat sorti pour décorer ma table estivale, j'ai trop poussé dans l'armoire déjà pleine à craquer, et j'ai fait tomber tous mes bougeoirs Ikéa en verre.  J'en ai cassé 50 %, ça va encore hein ?  En allant directement porter les débris à la bulle à verre, j'ai fait un faux pas dans mon salon et j'ai projeté lesdits débris dans toute la pièce, les recassant au passage.  Ben voyons.

Sur le soir, j'avais un peu froid, j'ai donc enfilé un gilet.  Trop violemment, apparemment, puisque dans le geste, j'ai propulsé deux jolis chats qui ornaient mon téléviseur dans les airs.  Sont pas cassés, c'est déjà ça de pris.  Ben voyons.

Enfin, j'ai décidé de monter ma superbe chaise de bureau rose achetée le matin même chez Ikéa.  Et j'ai réalisé qu'il manquait une toute petite pièce.  Toute petite mais toute utile, puisqu'elle permet de fixer la roulette.  J'ai une chaise à cinq branches, mais quatre roulettes, c'est dangereux ça ou pas ?

Ensuite, chuis allée me coucher, ça valait mieux !

... Ben voyons.