13
aoû

Campagne d'affichage…

J'ai cru être mal réveillée ce matin, quand, déambulant dans les jolies villes de ma rue (oups, rues de ma ville, je suis encore mal réveillée, semble-t-il) à la recherche d'un bus daignant me transporter jusqu'au bagne au bureau, j'ai repéré une affichette collée sur un poteau d'éclairage (ça doit porter un autre nom que poteau d'éclairage, un nom bien scientifique, mais pas moyen de le retrouver) :

Vous aimez les blogs, ne manquez pas le mien... ... « cowboy trucmachin... »

Je n'ai pas retenu le nom du blog ni les indications supplémentaires, tellement j'en ai eu le souffle coupé.   Et puis l'afficheur fou aurait dû munir ses affichettes de petites languettes à découper, reprenant l'adresse de son blog... 

J'ai ensuite prêté attention à tout poteau qui croisait ma route... pour réaliser qu'ils étaient tous, ou presque, recouverts de ces affichettes...  Une invasion.  Une contamination. 

Dans toute la ville !

Incroyable.

Quelle passion il doit avoir pour son blog, pour passer ses nuits (car j'imagine qu'il fait ça la nuit, passqu'afficher sans autorisation, ça serait pas punissable non ?) à coller ses petites mots doux partout partout... Et si ça tombe, toute la Gelbique en est envahie ! 

L'idée est finalement originale, même si je n'aurais pas l'énergie de la mettre en pratique pour moi (quoique je pourrais demander à mon équipe de la Marketing Anaïs SA de s'y coller... - seuls les fidèles comprendront l'allusion, pour les autres, faites une recherche sur Marketing, vous comprendrez aussi).

Par contre, j'ai eu, il y a quelques mois, une autre idée... aussi saugrenue, vous vous en doutez... en découvrant ceci :

En 1992, 25.000 canards en plastique (non vibrants) ont sombré au large des côtes américaines.  1/3 d'entre eux sont partis vers le Nord.   Les canards sont encore intacts, et se sont dirigés lentement, très lentement, vers les côtes anglaises.  A noter que la firme qui les a fabriqués offre 50 livres (la monnaie, pas des bouquins, bande d'ignares) à qui en retrouve un...  Si vous passez vos vacances à la côte belge, scrutez l'horizon. 

Tout ça pour dire que moi aussi j'ai tenté cette expérience.  Avec l'aide de quelques sympathiques internautes lecteurs de mon blog (très peu d'ailleurs, beaucoup de ceux que j'ai contactés n'ayant même pas daigné répondre à ma demande - ça me sidère encore chaque matin au saut du lit, cette impolitesse totale qui veut qu'on ne réponde pas aux gentilles demandes des blogueuses - vilains pas beaux qu'ils sont, ils se reconnaîtront, je l'espère), donc avec l'aide des gentils beaux internautes, j'ai diffusé un mail promotionnel qui disait en substance « visitez le blog d'Anaïs et parlez-en : elle est belle elle est drôle elle est moderne elle devrait être remboursée par la sécu ». 

C'était censé changer un chouia des mails habituels « enlarge your penis » « buy Viagra » « aidez-nous à retrouver le Titanic disparu en mer au siècle dernier » « n'ouvrez aucune annexe de vos mails sous peine de voir votre pc exploser » « diffusez l'avis de disparition de Unetelle, disparue en 1487, aujourd'hui âgée de ... faites le compte ». 

L'expérience était, bien sûr, de voir si, comme les canards en plastique, le mail me reviendrait un jour, via un processus de chaîne qui ne s'arrête jamais et fait le tour du globe plusieurs fois par jour.

Et bien j'ai le plaisir de vous annoncer qu'à ce jour... je n'ai toujours rien reçu.  Le bide intégral.

Ma chaîne a dû se perdre dans quelques boîtes mails d'internautes qui n'ont pas fait suivre.  Point barre.

The end.

Expérience sociologique interrompue.

Sniffitude intégrale : les internautes préfèrent relayer des infos débiles sur Nokia qui offre des GSM ou Bill Gates qui offre 1 dollar par mail envoyé, plutôt qu'une info tellement importante comme l'existence de mon blog.

Maigre consolation : je vais aller à la mer tenter de trouver un canard décoloré, histoire de gagner 50 livres.  Et si j'y trouve un pigeon voyageur, ou à défaut une mouette rieuse voyageuse, je l'équiperai de l'adresse de mon blog, histoire de voir si les techniques classiques s'avèrent plus utiles.

18
jui

Un appel…

(Voilà un billet qui date de Mathusalem, vu que Fanfan est reviendue en Gelbique depuis belle lurette, mais je l'ai extrait de mon stock de 130 pages de billets, voilà à quoi sert ce stock, à combler les jours où je suis fade de chez fade, busy de chez busy, voire les deux... bonne lecture.)

L'autre soir, mon téléphone a sonné.  Ce qui relève de l'exploit, car je me demande jour après jour après jour pourquoi j'ai une ligne fixe, puisque les seuls appels que je reçois émanent de sociétés qui veulent me vendre du vin, un canapé en cuir (du moins si j'ai un mari, ce qui n'est pas le choix donc je m'en débarrasse illico presto) ou des abonnements téléphoniques.

Quand il a sonné donc, j'ai pensé que c'était Fanfan, ma cop expatriée de l'autre côté de la petite flaque (mais qui revient bientôt).  Passque c'est la seule et unique personne qui me téléphone (pleurez pas, on le sait que je suis une petite chose seule et abandonnée).

J'ai donc décroché, prête à murmurer un « hello my dear » (enfin un « allo », mais in english ça le fait).

Et j'ai entendu une voix grave me dire « Madame Valente » ?

A moins que Fanfan ait abusé d'hormones mâles (par voie orale s'entend - enfin je me demande si cette expression exprime totalement le fond de ma pensée qui est « via médicaments »), ce n'était pas elle.

C'était un homme.  Avec une voix d'homme. (cf la Boum 2).

Qui voulait me fourguer un abonnement pour un magazine... auquel je suis abonnée.  Ouf, trois fois ouf, j'allais pouvoir m'en débarrasser facilement.  Pour ne pas le citer, il s'agit du Vif l'Express.  Ne vous écroulez pas de rire en m'imaginant lisant ce magazine, moi, Anaïs, la déneuronée fan de séries télé, de films romantico-débiles et de magazines pour filles.  Chuis abonnée pour mon boulot.  Pas mon vrai boulot.  Mais mon second boulot, oùsque je rédige des newsletters consommation chaque semaine.  Comment, vous êtes pas abonnés à mes newsletters qui vous apprennent plein de choses en matière de consommation ? Paaaaas bieeeeeen.  Je vous en parlerai un jour si ça vous tente, passque j'avais prévu un billet pour vous en parler, mais je l'ai jamais publié, comme d'hab...

Bref, j'ignore pour quelle raison, j'ai commencé à m'empêtrer dans des explications complexes pour justifier que mon abonnement ne me parvenait pas chez moi mais au bureau, parce que ma boîte était trop étroite, passque mes vilains voisins me volent mon courrier, passque mon employeur me paie cet abonnement, mais pas boss chéri, un autre employeur, pour les articles « sérieux » que j'écris et patati et patata.

Et plus je parlais, plus je m'emberlificotais dans mon phrasé.  Plus ça passionnait mon vendeur qui ne pouvait rien me vendre.

Il a alors voulu savoir ce que j'écrivais et tout et tout.  Et en détails ma bonne dame.

Comme dans un élan de solitude extrême qui pousse la patiente à se confier à son psy, j'ai tout déballé : la création du blog, les chroniques, les livres, les articles « sérieux », les articles pour les consommateurs (ces deux types d'articles n'étant bien sûr pas publiés sur ce blog, mais bien sur un site « sérieux »), toutes les jolies choses qui me sont arrivées, le plaisir d'écrire et ainsi de suite durant un temps fou fou fou.

Keskon a causé lui et moi.

Passqu'ensuite ce fut son tour : son site, sa passion, les propositions qu'il a reçues, ses craintes, ses espoirs.

On a beaucoup parlé, on a échangé des conseils, on s'est congratulés rapport à nos projets super géniaux.

Puis on a raccroché.

Et à ce moment-là, j'ai réalisé ...

J'ai réalisé qu'il avait toutes mes coordonnées, puisqu'il m'avait téléphoné.

Vlà que j'avais confié tout mon blabla Anaïssien à un total inconnu qui avait mes coordonnées réelles.

Diantre, Anaïs, quand donc vas-tu t'offrir un nouveau neurone ?

 

9
mai

Résumé d’un mois de presqu’absence…

Passque bon, y'a quand même des choses dont j'ai eu envie de vous parler durant ce mois d'avril :

De Welcome, ce superbe film avec Vincent Lindon et chaispasqui, mais un acteur formidable, sur les sans papiers, puis sur l'aide qui leur est apportée, envers et contre tout.  Surtout envers et contre tous.  Magnifique, prenant.  Un Vincent Lindon formidable.  Jamais larmoyant, mais toujours touchant.  A voir !

De Mathilda May et Pascal Légitimus au théâtre, délirant sur le célibat et les rencontres.  Si j'ai aimé ?  Aucune idée, je ne m'en souviens pas je dois dire (nan j'avais pas bu, j'avais la tête dans les nuages).

De cette émission sur les tueurs en série et les gens qui tentent de les comprendre.  Enfin pas les comprendre dans le sens les excuser.  Mais dans le sens comprendre leur mode de fonctionnement.  Effrayant.  Mais surtout de ce tueur en série américain sosie du Père Noël.  Bedonnant, longue barbe blanche, sourcils épais.  Encore plus effrayant.  Puis de ce tueur en série infirmier, allemand, qui, maintenant libre suite à vice de procédure ou quééékchose du genre, se passionne pour son nouveau job de ... Père Noël.  Ça va me poursuivre, tous ces tueurs en série Pères Noël, je comprends mieux pourquoi les mômes pleurent quand ils doivent aller sur leurs genoux.

De l'Accro du shopping, chouette film pas trop décevant par rapport au livre, même si un peu tiré par les cheveux.  L'actrice est hyper fraîche et fait oublier les imperfections du film.  J'ai bien ri et ça fait un bien fou.  Puis y'a même de l'amour.  Et beaucoup de dépenses, ça fait aussi un bien fou.

De Vie Privée Vie Publique sur la famille.  Avec le petit-fils de Zavatta, tellement meurtri de l'indifférence grand-paternelle et qui s'en sort grâce à son talent d'acteur.  Avec le fils de celuidontj'aioubliélenom mais qui fait des fêtes blanches, enfin qui faisait, jusqu'à son décès, qui a lui aussi vécu l'indifférence, paternelle cette fois.  Avec cette mère qui a cherché ses enfants pendant onze ans, pour les retrouver enfin, et être repoussée.  Elle s'appelle Martin, ça je m'en souviens, mais l'homme aux fêtes blanches, ça me revient pas.  Avec, enfin, cette fille d'un gérant d'entreprise français qui s'est récemment donné la mort suite au dépôt de bilan de sa boîte, et qui a récolté 200000 eur de dons pour sauver la boîte de son père, juste par amour.  Finalement, cette émission, c'était que ça : de l'amour.

De cette pièce de théâtre fabuleuse que j'ai vue jeudi dernier : « Bash latterday plays ».  Un moment formidable.  Trois histoires somme toute banales, mais contées d'une façon telle qu'elle captive.  Des faits divers sordides comme il en existe tant.  La mort et l'amour s'emmèlent.  La seconde histoire m'a scotchée.  Tant elle mélangeait la joie et l'horreur.  Fascinant.  Et cette musique ... sublime.  Je n'ai pas retrouvée l'originale... mais vous pouvez l'entendre ici :

 

Si cette pièce passe par chez vous : courez la voir.

De Coco avant Chanel, avec Benoît Poelvoorde parfait, et Audrey Tautou parfaite.  Une tranche de vie pas toujours joyeuse, mais à découvrir.  J'avais découvert la vie de Coco Chanel via un téléfilm diffusé récemment.  Je l'ai redécouverte via cette nouvelle version.

Du dernier (enfin je pense), film de Guillaume Depardieu, "Versailles", que j'ai trouvé plus sinistre que le plus sinistre des films.  Dommage, il me tentait ce film.  Le gamin y est fabuleux;  Guillaume aussi.  Mais trop sinistre.

Voili voilà...

 

28
avr

Quand Mostek prend le bus

L'autre jour, Mostek m'a annoncé, de l'air désespéré de l'ours polaire face à la fonte des glaces, que le lendemain, elle devrait vivre une épreuve monstrueusement monstrueuse : voyager en Mercedes avec chauffeur, savoir en bus.

Evénement du siècle.  Drame incommensurable.  Morceau de vie inenvisageable.

Prendre le bus !

Moi, morte de rire, j'étais ravie de la voir se liquéfier de désespoir et d'angoisse, au point de décider de prendre le bus avec moi, soit bien plus tôt que son heure habituelle de départ en voiture, passque la miss n'osait pas voyager seule.

Jouissance extrême (oui, chuis sadique parfois - souvent).

Le jour venu, je l'avais tellement exhortée à être d'une ponctualité exemplaire (« je te préviens, le bus n'attend pas et moi non plus je t'attendrai pas, sois à l'heure sinon je pars sans toi, tu te débrouilleras ») qu'elle squattait le hall de mon immeuble alors que j'étais encore à la salle de bains, à peine sortie de ma douche.  Elle avait si peur de déranger qu'elle n'osait même pas sonner, c'est dire.

En sortant, je la découvre donc, telle une cosette ou une petite marchande d'allumettes, m'attendant sagement.

Commence alors notre périple jusqu'à l'arrêt du bus.

Moi, je connais mon itinéraire par cœur : j'avance jusque là, je traverse là et pas là, je change de trottoir à cet endroit précis, j'évite un feu en passant par là... Elle me suit docilement, chaussée de chaussures de marche et non de hauts talons.  La miss s'est préparée pour un marathon, je vous le dis.

Je l'ai briefée, à sa demande, sur le fonctionnement du bus : prix du ticket, pas de grosses coupures, correspondance gratuite, dis bien bonjour, assieds-toi pour pas tomber (non, là, j'invente, faut bien rire un peu).  Elle m'interroge « je dois dire 'un ticket Monsieur' ou 'une place Monsieur' ? »  Je lui réponds « une place Monsieur ».  Le bus arrive.  Elle monte et demande « un ticket Monsieur ».  Tchu, elle retient pas ses leçons, la Mostek.

Une fois dans le bus, j'abandonne pour un jour ma place habituelle de célibataire, pour l'entraîner vers les places pour duo.  Je la fais asseoir.  Ben oui quoi, certains chauffeurs sont tellement violents de nos jours, je voudrais pas qu'elle se casse une patte moi.

Arrivées à la gare, nous décidons de nous organiser un petit déj pour le bureau.  Sus aux pains au chocolat.  Dans la boulangerie, on dirait que Mostek découvre les gourmandises et la vie.  J'ai déjà commandé et payé mon giga pain au chocolat qu'elle en est encore à admirer toutes ces bonnes choses, à s'extasier sur les en-cas salés, à baver devant les boissons... Un petit rappel à l'ordre s'impose : la correspondance n'attend pas.

Second bus.  Même topo, siège pour deux.  En entrant, Mostek demande confirmation au chauffeur de la gratuité de sa correspondance.  Purée, je sers à quoi moi ?  Elles servent à quoi mes explications ?  Grisée par cette expérience digne d'un voyage dans la quatrième dimension, elle décide d'entamer son pain au chocolat.  Tandis qu'elle le dévore, je lui désigne d'un mouvement de nez (oui, je sais bouger mon nez, enfin presque) l'affichette qui indique « je ne mange pas et je ne bois pas dans le bus »).  Sagement, elle range son petit déj.

L'expérience touche déjà à sa fin.  Nous arrivons à proximité du bureau et parcourons les quelques dizaines de mètres qui nous en séparent.  Le passage pour piétons avec véhicules fous pas foutus de s'arrêter ressemble au Tornado de Walibi. 

Mostek est contente : elle a pris le bus.  Sans doute pour la dernière fois de sa vie, c'est clair et net.

Mais elle a aimé.  Et moi aussi.  Ce petit changement de mes habitudes matinales était comme un vent de fraîcheur.

A qui le tour ?  Qui vent tenter cette expérience folle en ma compagnie ?

16
mar

Julie, Pascal et moi

Le réveil sonne à 5 heures du mat (est-ce bien utile de le préciser, comme si j'allais me lever à 5 heures du soir) en ce lundi 9 mars très très froid.  Je me traîne à la salle de bains pour mettre le chauffage puis replonge sous la couette encore chaude.

5 heures 30.  Il est temps de m'extirper du lit et de plonger (à force de plonger, je vais devenir championne de natation ma bonne dame) sous la douche.  Pas de Good Morning ce matin, trop tôt, ça me change.  Je tente de me rendre présentable, passque la radio, actuellement, c'est aussi de la télé, et qu'on verra un peu ma tête à la télé ce matin, sacrebleu. 

6 heures.  Départ vers la capitale.  Yeux encore collés par la nuit, malgré le maquillage. Cheveux hirsutes malgré la brosse.  Cœur battant malgré... malgré rien.  La radio diffuse le programme de Contact, mais toujours sans Julie ni Pascal, il est trop tôt encore.

La circulation est fluide et, nous qui craignions des bouchons, nous voilà arrivées à 7h15 chez Contact.  Oh oh.  Fort heureusement, nous perdons un bon quart d'heure à trouver le parking dit « Caméléon », selon Julie.  Qui s'avère finalement être le parking du bâtiment RTL/Contact and co, tout simplement.  Bingo.  Après deux tours du quartier, voire trois, c'est assez flou dans mon souvenir, nous trouvons une place.

7 heures 30.  Arrivée inside.  Installation dans les fauteuils de l'accueil, en attendant mon tour, non sans un passage éclair aux... commodités (paraît que c'est le terme « poli » pour toilettes), stress oblige.  Il est bel et bien là le stress, j'aime pô parler moi, et j'aime pô parler en direct à la radio moi.  Je préfère écrire moi, c'est bien connu.  Et puis rencontrer Julie Taton, quand même, c'est pas n'importe qui.  Et Pascal, c'est pas n'importe qui.  Je pressens une énorme sympathie, mais je stresse encore et encore et encore.

Sur de grands écrans, les programmes de RTL, qui diffuse Bel RTL, et de PLUG, qui diffuse Contact.  Aaaaaaaaaaaargh, c'est qui tout ce monde dans le studio de Contact ?  J'étais pas supposée être seule avec Pascal et Julie, moi ?  Faux espoir lorsque mon accompagnatrice et amie me prétend avoir aperçu Christophe Willem (un bref instant, j'ai cru que mon cœur allait s'arrêter), en fait plutôt Frank Dubosc (je vous assure, les écrans sont grands, mais nous sommes myopes, ceci explique cela). 

8 heures.  J'attends toujours.  Surgit Julien, qui m'avoue m'avoir oubliée.  On est peu de choses ma bonne dame.  Il nous emmène dans une petite salle d'attente, remplie de boissons et de croissants.  Je me jette sur un pain au chocolat, le stress ça donne faim.  Nous partageons un jus d'orange, car il n'y a qu'un seul verre.

 

8 heures 10.  Je suis invitée à rejoindre le studio.  Julien me présente à Julie, tout sourire, à Fanny Jandrain, toute douce, à Elie Semoun (ah ah ah, non, la bonne blague, c'est Frank Dubosc), à Pascal, hyper accueillant également.  Tous me font la bise sauf Monsieur Dubosc.

Je me hisse sur la chaise qui m'est destinée (keske c'est haut), avoue mon stress intense, discute un peu avec Julie et observe les lieux.  Le plateau est plus petit qu'il n'en a l'air, comme toujours.  Julie est en face de moi, rassurante, souriante, naturelle et adorable.  Cela confirme l'idée que j'en avais : une jeune femme belle comme un cœur (que j'avais croisée au Télévie, très maquillée pour la circonstance, et que je trouve d'autant plus belle « au naturel » - me vient en tête l'expression bateau « comme le thon », ah ah ah quel humour fou Anaïs, mais cette expression ne lui sied absolument pas, n'est pas Miss Belgique qui veut), d'une simplicité rare dans ce milieu et qui ne se prend absolument pas la tête.  Que du bonheur. 

8 heures 15.  Je suis annoncée en direct et je lance un « bonjour » qui part dans les aigus, tellement je suis anxieuse (on me rapportera d'ailleurs que l'assistant de Frank Dubosc n'a pas manqué de se moquer de moi dans les couloirs, vilain assistant pas beau).  Je réponds à quelques questions, conversation entre tous les participants, interventions de Frank Dubosc, qui conseille à une auditrice qui veut le rencontrer d'appliquer mon principe de résistance à l'achat impulsif : réfléchir sept jours.  L'ambiance est sympa comme tout et on rit pas mal.

8 heures 30.  Frank Dubosc nous quitte.  Quelques minutes hors antenne.  Un monde fou dans le studio, qui discute de tout et de rien, et surtout de vie privée ou des invités.  J'apprends des infos top secret défense sur les protagonistes.  Nan, je dirai rien, vous savez que je suis une tombe à ce niveau-là et que seules les écharpes Strelli peuvent me faire avouer.

Entre 8 heures 30 et 9 heures, je quitte le studio pour aller me sustenter un peu et raconter ce début d'émission à mon accompagnatrice.  Surexcitée, l'Anaïs.

9 heures 05.  Reprise.  Nous avons, avec Julie et Pascal, discuté du bouquin hors antenne durant les minutes qui précèdent et décidé les sujets qui seront abordés : le lave-vaisselle, les courses, l'électricité et l'eau, puis les dix commandements de l'économe, cités en fin d'ouvrage.  Pas très glamour, mais Julie ajoute cette petite touche d'humour bien nécessaire, vu que moi je suis toujours tétanisée sur ma chaise.  Je deviens la reine du « tout à fait », seule expression qui semble sortir de ma bouche, ou presque.  Pascal parle de nos jolies jambes, à montrer sans retenue.  Je m'amuse.  Je suis stressée, mais je m'amuse, et je resterais bien dans le studio plus longtemps, maintenant que je suis dans le bain.

9 heures 25.  Adieu adieu.  Bisous bisous.  Merci merci.  Petite papote sur Namur avec Julie, entre namuroises, on se comprend.  Elle est tellement cool, Julie, que je resterais bien encore à discuter.  Mais elle a du boulot, elle, alors je me sauve à regrets.

Je rejoins mon amie pour une folle virée à la Foire du Livre et à City 2, une petite bouffe, de folles dépenses, puis une folle virée à Liège, de folles dépenses et une petite bouffe (on ne change pas une équipe qui gagne).

1 heures du matin.  Je rentre chez moi, épuisée, et enclenche la cassette vidéo de l'émission.  J'y découvre, avec un sourire banane aux lèvres, Julie feuilletant mon livre, les invités, moi entrant dans le studio, m'installant sur la chaise si haute, discutant à bâtons rompus avec Julie et Pascal, attendant sagement sur le siège de Pascal, quittant les lieux et y revenant, prenant des notes, quittant les lieux en bavardant avec Julie, et surtout, horreur et damnation, moi répondant aux questions, bégayant et avec mon accent namurois à couper au couteau.  Qué souvenir ma bonne dame.  Quéén aventure.  Qué drame qu'Anaïs à la radio.  Mais qué chouette expérience.

Je retiendrai le sourire, le naturel et la gentillesse de Pascal et Julie, sans oublier Julien of course, et surtout qu'une émission de radio, c'est, outre une bonne dose d'humour et de spontanéité, une organisation sans faille, une équipe soudée, un planning organisé à la seconde près et une ambiance toujours, mais toujours toujours, souriante.  Voilà le secret d'une émission réussie.  Ça m'a l'air tellement spontané de la part des animateurs, et à la fois tellement organisé parfaitement, que j'en suis encore toute admiratrice.  Quel boulot.  Clair que dorénavant, le matin, entre 6 heures 30 et 7 heures, je n'écouterai plus jamais le Good Morning comme auparavant.