26
oct

Quand ma vie trépidante et pleine de risques bascule

La semaine dernière, je vous contais (et non comptais, même si le compte est vite fait, 27,99 eur pour la couette, 9,99 eur pour le drap-housse) mon bonheur d'avoir découvert la flanelle.  (et merci à la lectrice qui m'a fait remarquer que la flanelle grise c'était parfait, ça durerait tout l'hiver, j'y avais pensé et j'ai bien ri en remarquant qu'elle me connaissait super super super bien, cette lectrice).

Bref, un bonheur.

Un bonheur qui dura vendredi.

Qui dura samedi.

Qui dura dimanche.

Qui dura lundi.

Qui dura mardi.

Qui commença à capoter mercredi.

Et qui s'effondra jeudi.

Tout ça because des hausses de température.

Et quand la température monte, la flanelle, c'est caca-boudin.

La nuit de jeudi à vendredi, il faisait si « stoffant » sous cette abominable flanelle des neiges que j'ai cru ma dernière heure arrivée.

Passque bien sûr, afin d'affronter les premiers frimas, en plus de la flanelle, j'avais revêtu mon pyjama tue-l'amour, savoir un haut « chemise de bucheronne québécoise par grand froid », quadrillée de bleu et de jaune (que vous apercevez parfois dans mes vidéos de pianiste émérite que je deviens) et un bas « Barbie princesse a pris vingt kilos », en pilou rose bonbon et qui fait des fesses d'éléphante obèse.

Rien que cette tenue permet de survive en Sibérie une dizaine d'heures.

Alors, avec la couette habillée de flanelle par-dessus, c'est l'enfer, dans le sens premier du terme, savoir la température.

En pleine nuit, me voilà donc, réveillée, trempée comme un chien qui a fait une trop longue promenade un soir d'automne à nuages bas, le visage en feu, la bouche sèche, les mains moites et les pieds poites.

Je commence par sortir les pieds du lit, pour enlever les grosses chaussettes en pure laine vierge que je mets pour dormir (ah ben ça, quand on est célibattante hein, faut en assumer les conséquences hivernales même en automne).

Ça ne suffit pas.

Je dégage ensuite les jambes.  Sans résultat, le bas de Barbie procurant encore une chaleur insupportable.

J'enlève la chemise de bucheronne et la jette au pied du lit. 

Ça ne suffit pas.

En désespoir de cause, je replie totalement la couette sur le côté du lit oùsqu'un mec ferait bien de venir dormir pour m'épargner tous ces désagréments et me tenir chaud, et je me rendors, quasi nue, enfin rafraîchie.

Vers cinq heures, bien sûr, je me réveille congelée et me glisse avec volupté dans ma couette dépliée et sa flanelle même pas refroidie.

Tout est bien qui finit bien, mais quelle vie hein, dingue, j'en reviens pas moi-même de mener une vie aussi farfelue, même la nuit.

 

19
oct

La démesure

Chais pas ske j'ai en ce moment, mais mes sentiments sont totalement dans la démesure.  Ils se manifestent de façon démesurée je veux dire.

Un peu comme si j'étais plongée dans une télé-réalité... ben oui, passque dans  les télé-réalités, ma bonne Dame, paraît que tous les sentiments sont exacerbés.  Quand ils tombent amoureux, c'est la folie et les demandes en mariage pleuvent immédiatement. Quand ils se font des amis c'est à la vie à la mort.  Quand ils se disputent avec leurs amis, c'est la rage au ventre.  Paraît que c'est la promiscuité qui veut ça.  C'était très perceptible dans la télé-réalité du moment, j'ai nommé Secret Story 3.

Ben moi pour l'instant, c'est kif kif bourricot.

Toute bonne nouvelle, même la plus petite, me met dans une joie intersidérale.  Toute mauvaise nouvelle, la plus infîme soit-elle, me plonge dans un abime de détresse.

J'arrive pas à ouvrir mon pot de confiote, en petite femme fragile sans homme que je suis ?  Je pleure.

Je cuisine une super bonne lasagne home made, avec vraie béchamel et vraie sauce bolo, le tout fait par mes petits doigts agiles ?  Je saute comme une chèvre dans toute mon logement, pour célébrer l'événement.

Je crâme une de mes crêpes (oui, je fais aussi de délicieuses crêpes maintenant, je serai bientôt bonne à marier) ? je braille comme un veau devant ma poêle.

Je dégotte trois paires de faux/fausses (c'est mâle ou femelle ces trucs-là ?) crocs et deux paires de bottes Pataugas dont je rêvais ?  J'ai le cœur en joie durant trois heures et je les admire tout l'après-midi, mes cinq paires rien qu'à moi nananère...

Pas de nouvelles d'une amie durant 2 heures ?  Rhaaaaaaaaa, personne ne m'aime, je veux quitter cette planète illico.

Un petit mail sympa d'encouragement pour le blog ?  J'aime mon blog, je vénère mon blog, j'adore mon lectorat, le blog c'est mon bonheur ultime, ma joie de vivre, mon tout.

Une critique sur un billet ?  Je hais mon blog, je hais mes lecteurs d'ailleurs c'en est fini de passer un temps bête à rédiger des trucs pour que les gens râlent, j'arrête tout, là, de suite, et basta.

Une tache sur mon petit top rose ?  Grosse colère contre moi-même, je ne m'adresse plus la parole durant le reste de la journée.

Vu mes réactions, j'en conclus donc que, sans le savoir, je vis une expérience de télé-réalité.  J'ignore pourquoi, j'ignore comment, j'ignore tout tout tout.  Mais je ne vois que ça comme explication.  A moins qu'il ne s'agisse de la première télé-réalité neuronale.  Quatorze neurones ont été sélectionnés au sein de mon cerveau et sont soumis au vote des autres neurones (s'il en reste) chaque semaine.  Ils sont donc ultra stressés et, par conséquent, j'en bave...

J'ai tenté de zieuter le fond de mon œil, mais j'ai pas encore trouvé les caméras.  Promis juré, dès que je les vois, je vous en informe.

Meuh non, j'ai pas viré paranoïaque...

Je l'ai toujours été !

Docteur psy, z'êtes là ?

9
oct

Maladresse quand tu nous tiens

Chais pas ski spass en ce moment, mais je suis d'une maladresse intégrale.  Ou bien je porte la poisse à la technique.  Ou les deux.

Je vous ai déjà narré mes mésaventures techniques, avec tout qui explose, ou presque, chez moi : le toit, la douche, le bulex, le volet...

Depuis lors, cela n'a pas cessé :

J'ai d'abord remplacé le bulex, suivant le conseil du technicien.  Ça m'a coûté un pont mais soit, un nouveau bulex vaut bien un tel sacrifice.  Sauf qu'il fonctionne encore moins bien que l'ancien, qui, lui, après entretient, pétait des flammes si je peux utiliser cette expression.  Le nouveau, ben il me laisse le choix : soit de l'eau bouillante mais bouillante de chez bouillante à l'évier + la douche écossaise (ça j'ai l'habitude finalement), soit une douche parfaitement agréable mais plus d'eau chaude à l'évier.  Fait choisir ma petite Anaïs.  Et l'installateur, ben, il considère que c'est pas à lui de faire des réglages.  Je vous passe les détails, mais j'apprécie pas trop, ben voyons.

J'ai ensuite exigé la réparation du volet, placé par Fermalux, FERMALUX, FERMALUX, tiens, autant les citer pour qu'aucun namurois n'ait confiance en cette société soi-disant réputée...  Chez Fermalux, on m'a riz au lait, oups, ri au nez.  Pour eux, si ça retombait, ben ils répareraient, mais sans plus.  Et tant pis si y'a un humain ou un animal dessous, il a qu'à se prendre le volet sur la tronche et y perdre quelques neurones au passage.  Va encore falloir que j'entame des procédures un peu partout pour obtenir la réparation de leur erreur de fabrication, ben voyons.

Puis j'ai décidé de changer l'ampoule qui était mourue.  En montant sur l'escabelle, j'ai enlevé la protection en verre mat et j'ai remplacé l'ampoule foutue contre une jolie ampoule Ikéa.  C'est en remplaçant la protection en verre que mon doigt a dérapé et que j'ai glissé, tenté de me rattraper à ce que je trouvais, savoir toujours la protection, qui était déjà dans son encoche.  Avec la pression de mon corps svelte, j'ai cassé l'encoche.  Ben voyons.

J'ai ensuite décidé de remplacer une ampoule halogène que je trouvais trop puissante, par une plus faible.  Fallait dévisser le luminaire avec une clé octogonale.  Comme je sais jamais dans quel sens tourner, ben j'ai forcé, et j'ai ovalisé la vis (parait que c'est comme ça qu'on dit).  Plus moyen d'ouvrir, ni de remplacer l'ampoule, ni de la changer lorsqu'elle mourra.  Foutu.  Ben voyons.

Ensuite, j'ai fait un peu de rangement.  En voulant caser un grand plat sorti pour décorer ma table estivale, j'ai trop poussé dans l'armoire déjà pleine à craquer, et j'ai fait tomber tous mes bougeoirs Ikéa en verre.  J'en ai cassé 50 %, ça va encore hein ?  En allant directement porter les débris à la bulle à verre, j'ai fait un faux pas dans mon salon et j'ai projeté lesdits débris dans toute la pièce, les recassant au passage.  Ben voyons.

Sur le soir, j'avais un peu froid, j'ai donc enfilé un gilet.  Trop violemment, apparemment, puisque dans le geste, j'ai propulsé deux jolis chats qui ornaient mon téléviseur dans les airs.  Sont pas cassés, c'est déjà ça de pris.  Ben voyons.

Enfin, j'ai décidé de monter ma superbe chaise de bureau rose achetée le matin même chez Ikéa.  Et j'ai réalisé qu'il manquait une toute petite pièce.  Toute petite mais toute utile, puisqu'elle permet de fixer la roulette.  J'ai une chaise à cinq branches, mais quatre roulettes, c'est dangereux ça ou pas ?

Ensuite, chuis allée me coucher, ça valait mieux !

... Ben voyons.

 

5
oct

Histoire d’O(eufs)

Faut que je vous avoue un truc grave qui est en moi depuis toujours.  Enfin d'aussi loin que je me souvienne, comme on dit.  Quand je m'intéresse à un truc, ça devient obsessionnel.

Quand Titanic est sorti, et que je l'ai vu (quatre fois), je suis devenue obsessionnée par l'histoire du Titanic.  J'ai acheté des tas de livres sur le bateau et son destin malheureux.  Des beaux livres bien chers.  Que j'ai pieusement rangés dans ma bibliothèque.

Quand je me suis installée ici, j'avais envie de décorer.  J'ai donc acheté plein de livres sur la déco, le feng shui, le jardinage sur terrasse.  Que je n'ai jamais ouverts.

Mais à l'époque, ça n'envahissait pas trop ma vie.  Plutôt ma bibliothèque, disons.

Actuellement, c'est pire.

Récemment, j'écrivais un billet sur les dinosaures (ça fait plusieurs mois, mais bon, le terme « récent » est tellement relatif), durant ma pause déjeuner, au bureau.  En compagnie de Mostek.  Afin de vous trouver les noms de dinosaures, me voilà en train de surfer sur le net.  Et d'apprendre plein de trucs sur lesdites bestioles.  Et de vouloir les faire partager à Mostek, qui n'en avait que faire de la taille de tel dinosaure, de la période de vie de tel autre et des mœurs de tel troisième.  Mais moi je trouvais ça tellement passionnant.  Fort heureusement, maintenant, je sais me contenir.  Je ne me suis donc pas précipitée en librairie pour acheter tout ce qui parlait des tyranosaures et autres brontosaures.  J'ai encore lu quelques infos, me suis encore extasiée, ai encore saoulé Mostek, puis j'ai cessé.

Récemment encore, mais plus récemment que pour les dinosaures, mais tout de même pas si récemment que ça vu que c'était avant les vacances scolaires, j'ai vu un reportage passionnant sur les œufs.  Dingue ce qu'il y a à apprendre sur les œufs.  Ou plutôt sur la provenance des œufs.  Le reportage traitait des arnaques sur les marchés français, où on te vend un œuf de poules élevées en batterie comme un œuf de la ferme du coin, là, vous voyez, le gentil fermier qui a six poules dévouées.  L'arnaque totale.  Bon, en soi, un œuf est un œuf.  Peut-être.  Mais tout de même, c'est pas pour rien qu'ils ont inventé les codes.  Et c'est là que ça devient passionnant : les codes.

Et oui.  Car j'ai appris que sur chaque œuf, y'avait un numéro.  Ça date déjà, mais si mes souvenirs sont bons, 0 ça veut dire œuf de poule élevée en plein air (donc qui voit la couleur de l'herbe), 1 ça veut dire œuf de poule élevée au sol (donc qui voit pas l'herbe, mais qui peut se dégourdir les pattes), 2 ça veut dire œuf de poule élevée en batterie (donc serrée pire qu'une sardine, même que parfois ses pattes touchent pas le sol, même qu'elle déprime, la poule, qu'elle s'arrache les plumes et voit jamais le ciel ni la lumière naturelle).  Et là y'a une couille dans le potage, passque normalement y'a quatre possibilités et y m'en manque une, titchu.  Comme quoi un sujet hyper passionnant comme les codes sur les œufs n'est finalement pas resté gravé dans mon cerveau de poule alzheimerisée, c'est regrettable.

Donc moi je trouvais ça génial, cette histoire de code qui dit tout sur la vie de l'œuf qu'on va manger, d'autant que j'avais jamais remarqué, moi, qu'il y avait des codes explicatifs.  J'ai donc voulu vérifier, lors de mes courses, en compagnie de Mostek, toujours elle, la pauvre.  Et j'ai commencé à ouvrir toutes les boites d'œufs pour vérifier si l'appelation de la boîte (passque sur les boîtes, y'a écrit « élevées en plein air », « élevées au sol », mais y'a jamais écrit « élevées en batterie sans jamais voir la lumière du jour », ça va de soi), donc vérifier si l'appellation correspondait au code.  Et comparer les prix des différents œufs.  Et réaliser que les œufs 365, les moins chers, étaient élevés (enfin leurs mères poules hein, pas eux) au sol tandis que des œufs dans une belle boîte bien chère étaient élevés (enfin leurs mères poules,vous avez pigé maintenant... ) en batterie.  Passionnant.  Et moi de m'extasier, d'expliquer à Mostek, de dire que c'est dingue tout ça.  Et elle de se dire « mais keski m'a fourgué une collègue pareille, qui, non contente d'avoir un jour explosé un bocal de sauce tomate en plein Delhééééés (un billet fut écrit à l'époque, illustré par Flo d'ailleurs), va bientôt faire s'effondrer un rayon entier d'œufs à force de les tripatouiller. »

Voilà, mon drame : être obsédée par ce que j'apprends...

Y'a un psy dans la salle ?

PS : J'ai vérifié pour les codes (obsédée je vous dis) : j'avais oublié les bio !

Donc 0 = bio, 1 = plein air, 2 = sol, 3 = batterie. 

Trouvé un site passionnant sur le sujet : http://www.oeufs.org/consommer.php, je vous le conseille, y'a même une vidéo sur les élevages en batterie, qui prouve qu'un œuf n'est pas qu'un œuf, mais bel et bien l'enfant (ah ah ah) d'un être vivant.  Et franchement, ça fait peur, ce type d'élevage.  C'est cool parfois, d'être un consommateur vigilant.  Je dis pas que je vais ne manger que du bio, mais en tout cas les œufs de batterie, non merci.  Malheureusement c'est pareil pour les poulets qu'on mange, j'ai vu un autre reportage à faire dresser les plumes, oups, les poils, sur les bras, quelle vie ils ont !

 

29
sep

Série fée du logis 1 : deux mois sans capharnaüm

Passque je pense être habitée par un esprit maléfique, j'aborde en ce mardi annonciateur d'été indien (en fait j'en sais rien, j'écris mon billet en ce vendredi ensoleillé, en attendant Koh Lanta et Secret Story, donc j'extrapole sur la météo de lundi, tant pis), par une « série fée du logis ».  Passque je trouve que mon comportement est anormal en ce moment.

Je vous zesplik :

De une, j'ai des envies de cuisiner (billets suivront durant la semaine), mais des envies vraiment anormalement anormales, genre récurrentes, quotidiennes et harcelantes.

De deux, j'ai des envies de vivre dans un intérieur rangé.  J'ai pas dit nickel chrome hein, faut pas pousser, mais rangé.

C'est ce thème, le rangement, qui fait l'objet du billet du jour.

Tout a commencé le 31 juillet.  Le 31 juillet dernier, j'ai réalisé que la situation était grave.  Grave de chez grave.

Je suis bordélique, c'est indéniable.  Mais quand le bordel envahit tout, qu'il faut l'enjamber pour se coucher, que la salle-de-bains semble couverte de tapis plain gris alors qu'il s'agit juste de poussière scotchée au vinyle bleu, quand la vaisselle n'est pas verte mais couverte de champignons malodorants, quand y'a plus une fringue dans l'armoire (nan, c'est pas passqu'elles sont toutes à laver, j'ai de quoi m'habiller trois ans sans laver quoi que ce soit, acheteuse compulsive moi être, mais juste qu'elles sont toutes en-dehors de l'armoire), c'est là qu'en général je m'arrête et j'observe.  Puis je pleure.  Je pleure passqu'atteindre un tel état de bordel, c'est pas nin possip.  Et passque l'opération rangement semble inimaginable.  Insurmontable.

Pourtant, il a bien fallu.

Le 31 juillet.

Passque le lendemain, j'avais quelqu'un à loger ici (nan, pas un brun ténébreux, malheureusement).  Et quand quelqu'un loge, il faut le loger, le nourrir et aussi le laver.  Enfin façon de parler.  Mais il doit avoir accès à tout l'appartement.  Impossible de le laisser sur le pas de la porte comme je le fais avec le facteur, la concierge, la voisine et ma mère.  Impossible. 

Donc j'ai rangé.  Et rangé.  Et encore rangé.  L'enfer.  Puis nettoyé.  Et nettoyé.  Et encore nettoyé.  L'enfer, encore.  En fait, j'ai agi comme le fait le commun des mortels, chaque semaine en moyenne, voir plus.  Mais moi j'y arrive pas.  Je rêverais d'être maniaque, d'avoir le rangement dans les gênes.  Que ça coule de source.  Que ça aille de soi.  N'avoir qu'un manteau, une paire de shoes (à la rigueur deux, une par saison), quelques fringues, deux livres, un DVD (genre Pretty Woman, le seul le vrai).  Mais moi j'ai trois garde-robes pleines de vêtements (dont les trois quarts aussi démodés que ... ouf ben que les trucs démodés, avec des coloris à chier, des épaulettes de camionneurs et en plus dans un format dans lequel j'entrais quand j'étais ado, soit plate comme une sole limande), des dizaines de chaussures de toutes les couleurs, autant de livres qu'une bibliothèque et de DVD qu'une DVDthèque.  L'horreur.  Bref, chez moi, ça sera jamais comme dans les magazines de déco.

Mais après mon big rangement de l'année (du siècle ?), je me suis surprise à évoluer dans mon intérieur, un grand sourire aux lèvres.  C'était cool, cette cuisine dont je voyais l'évier, cette chambre où je ne trébuchais pas sur des piles de vêtements, cette salle-de-bains avec une baignoire brillante.  Le bonheur.  L'ordre à l'extérieur, ben ça aide à avoir de l'ordre à l'intérieur, je trouve.

J'ai donc décidé, en ce 1er août, que dorénavant, chez moi, il fera tout le temps « comme si un brun ténébreux pouvait débarquer dans ma vie, et dans ma chambre, à tout instant ». 

Et bien, plus de deux mois plus tard, j'ai tenu.  Bon, y'a bien quelques failles, du bordel qui tente de revenir, de la vaisselle qui tente de se poiler (néologisme - celui-là est pour toi Fanfan - signifiant se couvrir de poils), des fringues qui s'échappent de la garde-robes, mais je tiens.  C'est dur, mais je tiens.  Ranger, pour moi, c'est pas naturel, donc je dois me forcer, c'est pas un réflexe d'amener mon assiette sale et de la laver, ni de ranger mes fringues une fois lavées et séchées.

Mais je tiens.

Depuis deux mois.

Keske chuis fière.