20
jan

Les bus roulent ?

Ça, c'est la question du jour quand il neige.  Et vu qu'il a beaucoup neigé cette année (et l'année dernière aussi d'ailleurs), le sujet « les bus roulent ? » fut souvent et longuement abord

Ce qui m'a permis de réaliser à quel point cette phrase est difficile à prononcer plusieurs fois de suite : « les bus roulent les bus roulent les bus roulent les bus roulent les bus roulent les bus roulent les bus roulent les bus roulent les bus roulent les bus roulent les bus roulent les bus roulent les bus roulent ... »

Vous me direz « quel est l'intérêt de répéter sans cesse 'les bus roulent' ».  Et alors, faut-il que toute initiative soit systématiquement cassée, comme l'art le fut en des temps immémoriaux ?  Ne peut-on laisser libre cours à son imagination, à sa créativité ?  Et si ma créativité, c'est de répéter 'les bus roulent', hein ?  Bon, je m'emballe.

Donc, essayez...

Moi j'ai essayé, le soir, seule, cachée sous ma couette, à l'arrêt de bus, ignorant qu'une bande de marmots, une vieille dame et un brun ténébreux se cachaient de l'autre côté de la publicité pour un parfum quelconque.

Et j'ai pu constater que deux variantes s'opposent, lors du prononcé répétitif de « les bus roulent » :

- les boules russes

- les bulles rousses

Vous voyez que c'est créatif et artistique de faire des tests de prononciation ?

Passque si je vous dis « les boules russes font des bulles rousses dans des bus qui roulent », tout de suite, c'est une chanson, c'est un tableau, c'est un air d'opéra, c'est un morceau de piano, c'est une aquarelle...

C'est de l'art, de l'art !

Et l'art, ça doit être imagé... mais moi pas savoir dessiner, ni des bus qui roulent, ni des boules russes, ni des bulles rousses.

J'ai donc investigué sur le net...

D'abord en matière de boules russes, il s'avère que j'ai l'esprit mal tourné, car j'ai trouvé que des boules de Noël ornées de dessins russes, des boules de Berlin (c'est pas russe, Berlin, alors pourkwaaaa un tel résultat, ami Google ?) ou des boules de billard russe(s ?).  Pas des boules en chair humaine, si vous voyez ce que je veux dire.  Ça m'aurait plu, pourtant, une paire de testicules ornés d'une casaque russe, trop cool.  Tant pis.

Puis, en matière de bulles rousses, là, j'avais pas trop d'idées préconçues : des bulles de savon à couettes rousses ?  des bulles de BD, soit des phylactères (tchu, qué culture), dans lesquels une jolie petite poupée rousse (et russe, pourquoi pas), s'exprimerait ?  Et bien, figurez-vous, j'ai rien trouvé, à part une proposition de l'ami Google « Essayez avec cette orthographe : "belles rousses" ».  Pas osé cliquer, car là, même mon esprit mal tourné risquait une crise d'apoplexie.  Tant pis.

Résultat, rien pour imager ce billet, c'est d'un triste.  Si un illustrateur ou une illustratrice passionné(e) par les bus qui roulent, les boules russes ou les bulles rousses passait par là, son aide serait la bienvenue.

Voilà, ce billet est fini.

THE END.

... Vous voyez ce qui arrive quand une blogueuse délire en se demandant si, avec la neige, les bus roulent...

11
jan

Mon escapade soldes

L'autre samedi, le 2 janvier, chuis pas allée aux soldes.  Zêtes fous ?  Le premier jour des soldes + un samedi, vous voulez ma mort ou quoi ?

Mais malgré tout, je me disais qu'à rester là, chez moi, paisiblement installée devant la TV, le PC ou un bon livre, je sais plus trop, je ratais peut-être des super affaires de la mort qui tue.

Et ça, c'est dommage hein.

Alors, mercredi, après ma leçon de piano (pas aussi hot que dans le film, mais bien quand-même, la leçon, vu que j'apprends Que ma joie demeure de Bach, air que j'ai eu en tête durant 24 heures sans savoir ce que c'était, que j'ai chanté à bon nombre de gens qui « connaissaient » mais « savaient pas exactement ske c'était », qu'une collègue que je vénère depuis a reconnu et que, donc, j'apprends à jouer, ça fait mon bonheur c'est l'essentiel), donc après cette leçon, je me suis dit « tu as quelques heures devant toi, petite Anaïs, va solder ».

Et je suis allée solder.

J'ai commencé par le haut de la ville, et je suis donc entrée dans deux boutiques. Dans la première, je suis allée à l'étage (rayon femmes, logique implacable), et j'ai vu des monceaux de fringues mélangées.  J'aime pas le bordel, vous le savez, donc j'ai abandonné, je suis redescendue et sortie aussi vite que j'étais entrée.  Dans la seconde, j'ai bien repéré une doudoune bien sympa, mais je me suis dit « as-tu besoin d'une doudoune à ajouter à tes dizaines de vestes, manteaux et autres trucs qui tiennent chaud en tous genres ? Non ?  Alors va-t-en. »

Et je m'en suis allée.

Vous me direz, si c'est pour n'acheter que ce dont on a BESOIN, on n'achète plus rien, à part des trucs chiants genre poudre à lessiver, pâtes, gel douche ou breloques Pandora (si, les breloques Pandora, c'est un truc dont on a BESOIN, croyez-moi, pire que de la cocaïne - enfin j'imagine, car je n'ai jamais goûté cette substance merdique, mais j'ai goûté les breloques Pandora et depuis lors les crises de manque se succèdent, billet suivra je vous l'ai déjà dit, reste à l'écrire).

J'ai ensuite continué ma descente de la ville, trottoir de droite, le plus achalandé.  Et à chaque vitrine, c'était pareil, j'étais pas tentée.  Déjà, dehors il faisait froid, et j'avais mon écharpe (enfin celle d'Olivier, que vous connaissez maintenant si vous lisez ce blog depuis ses débuts) et mes cholis gants-mitaines-moufles fuchsias à cœurs foncés achetés à Londres récemment (ça aussi faut que je vous en parle, diantre, j'ai du retard).  Rien que l'idée dans un magasin surchauffé, bourré d'étudiantes en furie (jamais les soldes le mercredi), j'avais la nausée.

J'ai décidé d'abandonner l'idée d'acheter des fringues après avoir tenu en main durant dix minutes une tunique noire et grise, jolie comme tout, MAIS PAS SOLDEE, cela va de soi, en hésitant sans cesse « j'essaie - j'essaie pas - j'essaie - j'essaie pas ».  C'est nin possip' de perdre son temps ainsi en inutiles tergiversations.  Je l'ai lancée sur un tas de vêtements, et j'ai opté pour les chaussures.

Enfin les bottes.

Car on a toujours besoin d'une petite paire de bottes.

Toujours.

Ben le magasin de bottes s'était transformé en magasin pour anorexiques au stade terminal, vu qu'ils avaient sorti une longue table, qu'ils l'avaient installée entre les deux vitrines, rendant le passage impossible pour deux personnes à la fois, sauf à rentrer le ventre et ne pas respirer durant la traversée.  Traversée que j'ai tentée, à mon grand dam, car y'avait que des horreurs d'avant-guerre.  J'ai donc retraversé en rentrant le ventre et sans respirer, et j'ai quitté ce lieu de perdition.

Quelques vitrines et un immense désespoir plus tard, je me suis dit que les soldes, vraiment, c'était plus mon truc.

Alors j'ai regardé un peu la nouvelle collection, déjà installée, puis je suis rentrée chez moi.

Etat des dépenses du jour : zéro euro zéro centime.

Keski s'impose après cette expérience sinistre : félicitations ou consternation ?

J'hésite encore, mais ce qui est clair et net, c'est que j'y retourne que le 31 janvier, quand tout est à - 70 % et que les nouveautés sont toutes arrivées.  Et là, la carte de crédit va chauffer, je vous le dis.

Dessin de Martin Vidberg.  Son blog.

soldes

18
déc

Chaque pot a son couvercle !

 

J'ai souvent entendu cette expression bateau, que l'on sort aux pauvres célibataires ayant coiffé Sainte-Catherine depuis belle lurette.  « Chaque pot a son couvercle, ma petite Anaïs, tu trouveras un jour le tien, ton p'tit couvercle rien qu'à toi, qui se vissera parfaitement sur ta p'tite tête butée et pleine de neurones d'amibe. »  Oui, bon j'extrapole, mais cette expression, je la connais comme si je l'avais pondue.

Autre alternative « tu trouveras chaussure à ton pied ».

Bateau, je vous dis, bateau.

Mais hier, j'ai compris le sens réel de cette expression : chaque pot a son couvercle.

Passqu'hier, j'ai décidé, comme chaque soir d'ailleurs, de me réchauffer un vieux reste de pâtes pas encore poilues, arrosé d'une bonne sauce en bocal et saupoudré d'emmenthal.  Un régal.

J'ai donc entrepris d'entreposer les pâtes, puis la sauce, puis l'emmenthal, dans un plat tupperware (le microplus, qui est pour moi aussi précieux que l'homme de ma vie toujours pas entré dans ma vie).

Soudain, le drame intersidéral : je trouve plus mon microplus.  Je trouve que le couvercle, drame drame drame, comment survivre à l'absence de mon meilleur ami ?  J'ai beau chercher dans les 13 kilos 320 grammes de vaisselle poilue qui squatte mon évier, aucune trace (enfin si, des traces d'oranges coupées pour jus multivitaminé, des traces de sauce desséchée, des traces de jus de cuisson de légume, des traces de champignon issues d'on ne sait où et mieux vaut pas savoir, mais pas de trace de mon plat adoré).

Et j'ai faim.  L'hypoglycémie menace, avec son lot de tremblements, de rougeurs et de fringales monstrueuses qui me poussent à dévorer un salami, un paquet de chips, un paquet de biscuits et trois yaourts non maigres en dix minutes chrono.

Aux grands maux les grands remèdes, je décide de me passer de microplus, et de me rabattre sur un plat pour micro-ondes classique de chez classique, savoir acheté 2 euros maxi dans un hard discount, de couleur blanche ayant viré au rouge par abus de sauce tomate.

Dans un élan d'intelligence suprême, je décide de le coiffer du couvercle microplus, tant qu'à faire.

Et c'est là que j'ai compris la véracité de l'expression « chaque pot a son couvercle ».  C'est là que j'ai compris que mon pot à 2 euros n'avait pas trouvé son couvercle, à moins qu'il ne s'agisse d'un coup de foudre incroyablement incroyable, je ne sais pas trop finalement.  Je l'ai compris quand, après 3 minutes à 900 watts, il m'a été impossible de les séparer.  Le couvercle microplus s'est mis en tête de faire un suçon géant au pot blanc, de l'embrasser goulument durant toute la cuisson, au point qu'il me fut impossible de les séparer.

Impossible.

Je me suis donc rabattue sur un salami, un paquet de chips, un paquet de biscuits et trois yaourts non maigres, pas le choix.

Deux heures plus tard, j'ai enfin pu séparer mes « amoureux », et constater les dégâts : la force d'aspiration du couvercle avait créé un effet ventouse, un effet « faisons le vide », et le pot blanc à 2 euros n'y avait pas résisté et s'était racrapoté comme une vieille crêpe séchée, pour se transformer en une espèce de je ne sais pas quoi qui a volé à la poubelle illico presto.

Cette histoire me rappelle cette chanson : « un petit poisson un petit oiseau s'aimaient d'amour tendre, mais comment s'y prendre, quand on est là-haut...  un petit poisson un petit oiseau s'aimaient d'amour tendre, mais comment s'y prendre, quand on est dans l'eau... »

Oiseau, poisson, pot ou couvercle amoureux, finalement, même combat...

 

16
déc

Back soon

Je reviens de quelques jours de vacances en Sibérie, enfin presque.  Détails et anecdotes hypothermiques très bientôt...

ana_s_cong_s[1]

23
nov

A la poursuite de la housse de couette rouge foncé

Plusieurs personnes me l'avaient annoncé, sur ce blog ou in real life (dingue le nombre de gens qui lisent les promos, sacrebleu) : jeudi, Lidl proposait des housses de couette en flanelle bleue et rouge foncé.

Rhaaaaaaaaaaa, moi qui cherche du bordeaux depuis la découverte des vertus de la flanelle, et ne trouve que de l'abominable saumon, du fade rose ou du vomitif vert, c'était décidé : jeudi, j'irais acquérir une housse rouge foncée, pour autant que le rouge foncé soit synonyme de bordeaux et non de rouge sang, sait-on jamais (vous me direz, le sang est à la mode, ah ah ah, mais pour dormir, très peu pour moi - vous me direz aussi que le sang est plus proche du bordeaux que du rouge vif, vous avez raison, je me tais).

Me voilà donc partie, sur le coup de 11 heures, soit à l'aube, vu que j'ai passé la nuit qui précède au cinéma à mater Twilight, vers le Lidl le plus proche de chez moi.  Bonheur suprême, j'ai pris congé pour me remettre de ma séance ciné, ce qui tombe à pic pour cette promo de housses de couette.  J'avais prévu d'y aller dès 9 heures, mais à cette heure-là, je squattais encore mon lit, puis j'ai dégusté des céréales et deux oranges pressées home made en regardant Pékin Express (je sais qui gagne depuis que j'ai tenté de voir un épisode en streaming sur le net, preuve que l'impatience est un péché capital punissable).

Après un sympathique trajet en bus, sous un brillant soleil de novembre, j'arrive au magasin, j'entre, et j'arpente, l'œil aussi vif que la truffe d'un chien pisteur, les rayons « promo », afin d'y repérer le futur bonheur de mes nuits.

Je les vois.  Des tas de housses de couette. Rhaaaaaaaaaaaaaaaaaa.

Y'en a encore des tas, bonheur ultime.

Bleues.

Des tas de bleues.

Et une rouge.

Une seule dernière rouge.  D'un beau rouge bordeaux parfait.  Parfait pour ma chambre.  Parfait pour mon lit.  Parfait pour mon sommeil.

Une rouge.

Dans les mains d'une dame.  Une dame qui tripote MA couette rouge.

Je veux mourir, là, de suite, passqu'elle proposera alors d'emballer ma dépouille dans la couette rouge, ça fera une compensation à ma souffrance actuelle.

Un rapide coup d'œil me confirme que ma nouvelle Ennemie tient bien en main la toute toute dernière housse couette rouge.  A croire que tous les namurois avaient envie d'une housse de couette en flanelle rouge en ce jeudi matin pourtant printanier.

Forte de mes années à regarder Koh-Lanta, Pekin Express et autre Secret Story, je me sais être une parfaite stratège, et en quelques secondes à peine, divers plans naissent dans ma petite cervelle déneuronée :

- Ennemie est hypocondriaque, je lui hurle « aaaaaaaaaaattention, ma bonne dame, ne voyez-vous pas les acariens géants qui squattent déjà ce textile, achetez plutôt une housse désacarianisée, c'est plus sûr ».

- Ennemie est maniaque, je lui susurre « surtout pas cette matière, ma bonne dame, les cheveux, les araignées séchées et les poils de yéti s'y collent comme un chewing-gum sur le bitume ».

- Ennemie est fashion victim, je lui suggère « d'aller illico opter pour du coton, passque la flanelle, ça fait vieille célibataire endurcie, et qu'aucun homme n'osera entrer dans une telle literie ».

- Ennemie n'est rien de tout cela, je lui mens éhontément « j'ai acheté cette housse, la même, l'an dernier, dans ce magasin, elle a péri au premier lavage, a rétréci de dix centimètres, est devenue rose bonbon et s'est désagrégée après douze nuits peuplées de cauchemars ».

Honnête comme je suis, je ne peux me résoudre à user de tels subterfuges.  J'attends donc patiemment que mon Ennemie se lasse de MA housse de couette, qu'elle tripatouille depuis deux bonnes minutes déjà, toujours plantée devant le rayon plein de housses bleues (vie cruelle).  Je me ruerai ensuite dessus et le tour sera joué.

Afin d'éviter qu'elle ne me repère, la langue pendue jusqu'au sol, je zone dans les parages, l'air innocent du poussin sorti de l'œuf, histoire qu'elle ignore tout de me dessein, car il est clair que, sachant que la housse m'intéresse, cette dernière n'en prendra que plus de valeur à ses yeux.  Elle oubliera ses hésitations et déposera l'objet de ma convoitise dans son caddie, l'emportera chez elle et sera heureuse durant des années, tandis que moi, je me transformerai en glaçon dans ma chambre pôle-nordesque.  Je me lance donc dans la contemplation de pyjamas pour homme, feintant de chercher la taille adéquate pour mon petit mari chéri.  Puis je me concentre sur les pyjamas pour fillette.  Puis sur les genouillères.  Tout cela en restant proche d'Ennemie, afin d'éviter, lorsqu'elle déposera la couette d'un air définitivement dégoûtée, que les cent soixante-neuf autres amateurs ne se ruent dessus avant moi. 

Car ils sont tous là, tels des vautours, attendant, tout comme moi.  Je le sais je le sens.  Ils veulent tous MA couette.  Diantre, pourquoi ne suis-je pas venue à 9 heures ?  Diantre, cette femme sait-elle que de son choix dépend la suite de ma journée : foireuse ou formidable, heureuse ou pourrie, pleine de petites étoiles brillantes ou pleine de cafards déprimants.  

Mon avenir dépend d'elle.  Ma vie est suspendue à son choix, qu'elle ne se décide pas à faire.  Du coin de l'œil, je l'observe.  Elle approche le paquet de son visage, palpe la matière, tente de sortir la housse de son emballage pour y trouver dieu sait quoi, redépose presque l'objet dans le rayon, puis le reprend, fait mine de l'embarquer, puis le dépose enfin, tente à nouveau de sortir le tissus de son emballage.  Mais keskelle veut à la fin ?  Elle voit pas que je frise la crise d'apoplexie ?

Dix minutes que j'attends.  Une éternité.

Soudain, elle semble abandonner la lutte, dépose la couette.  Eloigne sa main de plusieurs centimètres.  Une seconde ennemie s'en approche alors, et la première reprend brusquement notre couette déjà tant aimée. 

Ennemie s'adresse alors à la nouvelle arrivante et lui demande « vous pensez que c'est un couvre-lit, ou une housse de couette ? »  La discussion s'engage, car aucune des deux ne parvient à définir le contenu exact de l'emballage.  Mais moi je sais, j'ai lu la pub.  Et même si l'emballage précise, dans un français approximatif « couverture », je sais que c'est une housse de couette.  MA housse de couette.

Je décide alors d'intervenir.  Dilemme.  Gros dilemme.  En un quart de seconde, je me dois de décider.  De déterminer ce qu'elle souhaite : une housse ou un couvre-lit ?  Semble-t-elle moderne, adepte de la moelleuse couette remplie de plumes, ou vieille école, fan de la rêche couverture, du drap amidonné et du couvre-lit ?

Si je lui affirme qu'il s'agit d'un couvre-lit et que c'est ce dont elle rêve, elle va s'en emparer, et une fois chez elle, sera déçue.  Et moi, seule chez moi, sans ma housse, je serai déçue.  Deux déçues.

Si je lui affirme qu'il s'agit d'une housse de couette et qu'elle en rêvait, elle va s'en emparer et sera heureuse pour les siècles des siècles, amen.  Une déçue, myself.

Enfin, si je lui affirme que c'est bien une housse et qu'elle voulait un couvre-lit, elle n'achètera pas la housse.  Deux heureuses, elle de n'avoir pas acheté un objet dont elle n'aura pas l'utilité, moi d'avoir l'objet de mes rêves.

J'opte donc pour la troisième solution : dire la vérité.  Et je la dis.  Et je la redis, car elle hésite encore.  « Oui oui, c'est bien une housse, faut mettre une couette dedans ».

Elle semble déçue.

Mon cœur s'emballe.  Je rosis déjà de bonheur.

Elle garde cependant MA housse en main, semblant encore hésiter.

Puis, après d'interminables secondes, elle la dépose.  Eloigne sa main.  Et fait deux pas en arrière.  Sans pour autant quitter le rayon.

Moi, l'air de rien, je m'étais de plus en plus rapprochée des housses, me lançant dans la contemplation des bleues pendant que je lui donnais les explications souhaitées.  Dès la housse rouge déposée, je pose mon doigt dessus et j'en deviens la nouvelle propriétaire.  Heureuse propriétaire.  Histoire de pas éveiller les soupçons et pour pas qu'elle s'imagine que je lui ai menti pour récupérer son achat non acheté (j'ai pas menti, d'ailleurs, mais sait-on jamais), je me lance moi aussi dans la contemplation de la housse, la scrute, l'observe, la palpe, sachant pertinemment que, c'est clair et net, j'achèèèèèèèèèèèèèèèèèèèèèèèèèète.

Je la glisse enfin dans mon sac, y ajoute un drap-housse du même beau rouge foncé, fais quelques achats divers et inutiles, encore fébrile de cette aventure, l'esprit totalement ailleurs.

Puis nous rentrons chez moi, MA housse et moi.

Quééééééééééén aventure hein !