10
fév

Escapade en Sibérie londonienne - jour 3

Déjà le dernier jour.

Après un second petit déj œuf, lards, saucisse élastique, pas de beans, nous partons pour la relève de la garde.

Le soleil est au garde-à-vous, au rendez-vous je veux dire.

Ça caille, mais y'a du soleil.

Et un monde fou.  Je n'ose imaginer ce que ça doit donner en plein été.

Nous squattons les meilleures places, une heure avant l'événement.  Une heure à lutter contre les envahisseurs, les resquilleurs, les emmerdeurs. Pas facile, mais on y parvient.

Ça commence et c'est chouette comme tout.  Le chien gris est chouette.  Les chevaux sont chouettes.  Les bêtes sur les têtes des militaires sont chouettes, chais pas ce que c'est, ces gros rongeurs noirs, mais c'est chouette. 

Et la musique est chouette, surtout quand, incroyable mais vrai, incredible but true, ils entament « Dancing Queen » d'Abba, poursuivent avec un mini-récital Abba et enchainent sur un autre mini-récital de Michael Jackson. 

Très chouette, la relève de la garde.  Frigorifiées, nous nous ruons dans un Hard Rock Café pour un hamburger gigantesque.

Ensuite, un petit tour à la foire... y'a pas foule, mais y'a un élan qui chante, et ça c'est cool.  Grosse discussion sur la différence entre les élans et les rennes.  Billet suivra, car c'est hautement scientifique, faut que ce soit un billet sérieux.  Un lac et des canards, par ce froid de canard, c'est logique, attirent mon attention.  C'est beau.  Décidément, la nature est toujours la plus belle chose qui soit.  Amen.

Enfin, encore quelques courses, dont l'achat d'un tas de cookies de Ben's Cookies, à manger en Gelbique, de quoi survivre durant le trajet de retour, et puis l'hôtel et direction la gare.

Pas de fouille à l'Eurostar cette année, ouf, ouf, ouf (toute façon j'avais été prévoyante, pas pris de sex toys pour être sûre, vu la fouille de l'an dernier).  On monte dans le train et c'est parti mon kiki.

A peine parti, le train s'arrête.  Glups.  Pour une durée indéterminée.  Tellement indéterminée que le retard va nous faire rater le dernier train à Bruxelles.  Nous décidons d'aller trouver le contrôleur pour voir si le train de Bruxelles nous attendra.  Il nous conseille d'aller en début de train, pour être le plus près possible de la sortie.  Pas de bol, à l'aller, nous étions en début de train, soit le plus loin de la sortie, à l'aller, nous sommes dans le dernier wagon, soit toujours le plus loin... ça doit avoir un rapport avec le tarif le plus bas ça, hein, ma bonne Dame.  C'est trop injuste.

Et nous voilà donc, trois femmes, trois valises, entamant une longue marche à travers les 18 voitures du train.  A travers les premières classes, où les hommes d'affaires snob et véreux ne bougent pas leurs pieds, exprès, m'obligeant à leur rouler dessus (bien fait).  A travers les secondes classes bondées ou les regards réprobateurs nous transpercent.  Nous démarrons à trois, mais à l'arrivée, nous sommes une bonne dizaine à marcher en file indienne dans les couloirs étroits du train, traînant ou portant nos sacs et valises.  Rouges.  Suantes.  Puantes.

A l'arrivée en tête du train, nous squattons les lieux, au milieu d'une abominable odeur de vomi.  Tout va très bien, Madame la Marquise...

Trois heures plus tard, donc, enfin quatre (et demi, pour la panne), j'aime plus le décalage horaire, nous voilà à Bruxelles.  Encore une heure de train, un peu de marche, un taxi, et retour au bercail.

Jeter son sac, enlever son manteau, sortir ses petits achats bonheurs, respirer la bonne odeur des cookies à dévorer dès demain, puis un gros dodo, car demain : bureau.

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9
fév

Escapade en Sibérie londonienne - jour 2

Réveil en douceur, par une grasse odeur de bouffe.  Oui, une odeur grasse, c'est possible, j'ai vécu.

Bon petit déj anglais.  Avec œuf.  Avec bacon.  Avec saucisse caoutchouteuse.  Sans beans.  Pas besoin de ça pour avoir les intestins bruyants, alors on va éviter.  Et puis, s'il y a un truc que je déteste, ce sont les haricots blancs.

Ensuite, nous nous essayons à Londres en bus à étage à l'air libre.  Spécial touristes fous qui n'ont pas la notion de la température.  A l'étage, trois pelées et deux tondues.  Les trois pelées, c'est nous.  Finalement, il fait pas si froid.  Et y'a même du soleil.

Avant d'embarquer, nous achetons des cache-oreilles.  Choix délirant.  Je dégotte la « paire » (ben oui quoi, ça cache deux oreilles que je sache), la plus délirante, des têtes de lapin, avec des strass et tout, trop meugnons tout plein.

Le trip dure 2 heures 20.  Et durant ces 2 heures 20, occupées à regarder le paysage, corps contracté par le froid, nous ne réalisons pas qu'en fait, il fait vraiment extrêmement froid.  Notre corps a dû se mettre en hypothermie sans prévenir, le filou, car une fois descendues du bus, celui-ci se remet en marche (le corps, pas le bus, bien que le bus se remette également en marche), relance la circulation sanguine, et réagit enfin au froid en tremblottant.  J'ai jamais tremblé autant de ma vie.  Même mes dents claquent toutes seules.

Frigorifiées, nous nous ruons dans le pub repéré la veille pour y déguster des patates farcies à la crème sûre et au cheddar.  A damner un saint.  Et ça réchauffe.  Réel bonheur gustatif que ce moment de dégustation, après une si grosse crise de tremblotte.  Discussion passionnante sur l'orthographe et les perles repérées dans le cadre de notre boulot : « prix mordial » (primordial), « à prix au riz » (à priori), « un taux de 10 % lent » (l'an), « à dé quoi » (adéquat)... et j'en passe.  Certifié vécu et approuvé...

En sortant, des barrières attirent notre attention : c'est la grande première de Sherlock Holmes, avec le super beau Jude Law et le tout aussi beau Robert Downey Junior.  Et ils seront présents.  J'aimerais vous dire que nous avons été conviées, que Jude (ou Robert, peu importe) a eu le coup de foudre et que la date de notre mariage est fixée.  Mais non.  Le film est prévu au soir, c'est le début de l'aprèm, et la foule est déjà présente, donc on évitera.

Vient alors le moment du super shopping...  Rha, j'aime pas le shopping à Namur, mais à Londres, faut avouer que c'est sympa. 

On commence par une caverne d'Ali Baba en matière de CD et DVD (mais tous en VO sans sous-titres français).  Les achats commencent (livres Twilight pour ma filleule, Susan Boyle, CD Twilight...).

Ensuite, un magasin Pandora pour bibi.  Les achats continuent (un petit hérisson tout mignon pour mon bracelet dont je vais bientôt vous parler).

Un magasin « de tout », avec des produits de beauté, des coffrets, des médicaments, des crèmes.  J'achète des Rennie.  Achat hautement glamour, qui me servira néanmoins un peu plus tard, quand mon estomac dansera la java.

Puis un magasin de jouets (Hamleys je crois), où je vais d'un étage à l'autre, envoyée par les conseillères, pour trouver des boîtes à musique finalement inexistantes.  Tchu.  M'énerffffffent les londoniens.

Ensuite, un magasin dont j'ai oublié le nom, où nous nous offrons un délire avec les jelly beans.  Interdit de les manger dans le magasin, bien sûr.  Nous goûtons tout dans le magasin, bien sûr.  Et y'en a des goûts, que du bonheur.  Les achats, encore et encore (un petit sachet de bonbons).  Me demande si c'est pas le magasin de jouets dont question ci-avant.  Enfin on s'en fout.

Et pour finir, en beauté, Harrod's.  C'est là que le drame se produit : je dois faire pipi.  Et là, je vous le dis, devoir faire pipi chez Harrod's, c'est pire qu'un jeu de piste chez les Scouts.  Passque sur le plan, on est au sous-sol, là oùsqu'il y a les trucs souvenirs pour touristes-pigeons, et je vois les toilettes tout au fond, là-bas, au bout.  Donc je marche jusqu'au bout, mais j'y arrive pas, au bout.  Je réalise alors que pour aller au bout, faut repasser par le rez.  Je vous dis pas si y'a le feu, on meurt tous carbonisés, ceux du sous-sol.  Donc je remonte au rez, là oùsqu'il y a plein de trucs super bons et super chers à manger.  Et je demande mon chemin.  Les toilettes, c'est au premier, qu'on me dit, rayon dames.  Je monte au premier, je zigzague durant des minutes interminables dans le rayon hyper luxe où le moindre top est à 169 euros, je traverse tout le magasin et je trouve des toilettes.  Jolies, les toilettes.  Ensuite, chemin en sens inverse pour retrouver mes comparses, qui étaient à deux doigts d'alerter la police pour Anaïsnapping.  J'achète un sac et un renne vibrant (une déco hein, qu'allez-vous donc imaginer).

Petit détour par le rayon pianos.  Superbes pianos.  Superbe morceau de la Belle et la Bête (Disney) joué par un antipathique vendeur aussi hautain que ... ben je sais pas que qui.  Jamais vu ça.  Harrod's, quoi...

Epuisées, nous atterissons dans un bar à sushis génial.  Vous savez, ces bars où les sushis défilent sur un tapis roulant et où on n'a qu'à se servir.  Et je me sers : des sashimis au thon, un assortiment de sushis et makis au saumon.  Vient le moment du dessert.  Notre bonne conscience nous pousse à prendre le ravier de fruits qui passe et repasse.  Notre mauvaise conscience nous incite à goûter ces crêpes à la crème et au coulis de framboise.  Bon, le destin va décider : « le prochain qui passe sous nos yeux on prend ».  Passent les fruits.  « Bon, le second prochain ».  Passent encore des fruits.  « Allez, le troisième prochain ».  Enfin les crêpes : un régal. 

Hyper-épuisées, de plus en plus d'ailleurs (et mal aux pieds aux mollets aux genoux aux cuisses au dos) nous regagnons notre hôtel.  Je suis tellement fatiguée que je sors un magistral « si je gagnerais ».  Me faudra plus de trente secondes pour corriger... Shame on me.  Et lorsque je lance, dans un délire morbide, « si je meurs, partagez-vous mes achats », aucune compassion en retour, juste un « bon, alors, keske je prends... » en zieutant mes sacs.  Vaut mieux entendre ça qu'être sourde.

Un gros dodo et il n'y paraîtra plus.

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8
fév

Escapade en Sibérie londonienne - jour 1

Je vous l'avais promis, le voici : le récit de mes quelques jours en Sibérie londonienne, en décembre dernier. 

Le temps s'annonce froid, et c'est tant mieux, car aller à Londres pour l'ambiance de Noël sans avoir les frimas de Noël, c'est pas du jeu.

Le départ est prévu, mais nous l'ignorons, juste avant que tout déraille (sans mauvais jeu de mots) dans le tunnel sous la Manche... vu que depuis notre retour, c'est la catastrophe pour ... les autres, ceusses qui ont voulu faire comme nous, mais plus tard.  Ouf ouf ouf.  Rester bloquer neuf heures sous la mer, très peu pour moi.

Nous partons donc un dimanche, à l'aube de l'aube.  La température est d'ores et déjà polaire en Belgique, c'est une bonne préparation.  De train en train, nous voilà confortablement installées dans celui qui nous mènera de l'autre côté de la petite flaque.  Enfin, confortablement, c'est beaucoup dire, pas vraiment de place pour les pieds, mais soit, c'est ça la deuxième classe ma bonne Dame.

Trois heures plus tard, enfin deux, merci le décalage horaire, nous voilà à bon port.  L'hôtel est à un jet de pierre de la gare, est c'est tant mieux.  Note pour plus tard : ne plus jamais prendre un hôtel loin d'une gare, métro et valises étant incompatibles pour Anaïs.

Nous partons ensuite à la (re)découverte de London.

London at Christmass Time, en plus.  Oui, passque là, on est en décembre.  Ne l'oubliez pas.  En plus, une vague de froid vient d'arriver, ce qui est super, ça fait vraiment Christmass time, comme ça.

Nous commençons par une petite promenade jusqu'en bord de Tamise (au passage j'admire un arbre qui pousse sur les briques d'un pont, la nature gagne toujours), où se trouve la London Eye (NON, je ne monterai plus dans cet engin de malheur), mais également un marché du chocolat.  Après un repas succulent dans un genre d'Exki à la londonienne, direction ce marché.  Décevant, rien que des vendeurs, rien à manger ou presque.  Nous nous essayons cependant à un test de différents chocolats, afin d'en déceler les saveurs.  Intéressant de découvrir qu'un chocolat n'est pas l'autre.  Intéressant de goûter une fève (rha, keske c'est amer). 

Départ vers Picadilly (si mes souvenirs sont bons, pas de mémoire des lieux, l'Anaïs), pour la chorale de Noël.  J'adore les chorales de Noël, c'est une ambiance formidable.  La chorale est censée chanter de 17 à 21 h.  Nous arrivons à 17h45.  A 18h, la chorale a fini.  Tchu.  Et même pas de morceaux connus en plus, à part « adeste fideles », que je joue au piano, yesssssssssssss.

Le sapin de Picadilly, offert chaque année par la Norvège, me déçoit (je dirai plusieurs fois « je suis déçue » durant ce séjour, déçue par le sapin, les décos et l'absence de boîtes à musique, notamment).  Il est anorexique ce sapin.  Grand mais maigre comme un échalas.  Et puis ils ont installé les lumerottes d'une façon bien étrange un peu comme si les guirlandes étaient reliées par le sommet et tombaient en ligne droite.  C'est moche.  Hé, c'est pas passque je suis en voyage que je dois avoir un air béat d'admiration devant tout, non mais.  Si c'est moche, c'est moche.

Ensuite, direction Covent Garden, où un beau renne nous accueille, tout vert, avec un nez rouge.  C'est Rodolphe quoi.  Nous achetons de drôles de petites bestioles porte-clé, apparemment super à la mode là-bas (vous voulez voir la mienne ? elle est bleue à pois blanc et se trouve dans ma salle-de-bains).  Dégustation du meilleur cookie au monde : chocolat blanc noix de macadamia.  Alors là, si vous n'avez pas goûté les cookies de Ben's cookie, vous n'avez jamais goûté de cookie.  Pour moi, un cookie, c'était sec, gras et croustillant.  Les cookies de Ben's cookies sont moelleux à souhait, sans être mous.  Le chocolat est juste fondu ce qu'il faut.  Les noix juste croustillantes ce qu'il faut.  Que du bonheur.  Promis, on en rachètera.

Dans un magasin, je repère une boîte à musique.  J'ai toujours aimé les boîtes à musique.  Surtout les petites avec « action manuelle ».  Mais en général, leurs musiques sont nazes, genre petit papa Noël ou bon anniversaire.  Là je trouve un morceau que j'adore (Somewheeeere, over the rainbowwwww), mais pas de bol, rupture de stock.  Je veux mourir.  Je cherche aussi une boîte à musique avec Clair de Lune (de Debussy, pas Au clair de la lune hein), en vain.  Voilà, je râle.  Je suis mouéééch, comme on dit ici.

Un groupe de chanteurs apparemment hyper connus, vu la foule en délire, mettent une folle ambiance.  Sympa sympa.

Il se fait tard et surtout, il se fait faim.  Nous dégottons d'abord un pub super cool, et super complet.  Nous nous rabattons ensuite sur un petit resto italien bien sympa.  Retenu la leçon de l'escapade de l'an dernier : plus de Mac Do, plus de Pizza Hut.

Epuisées, nous retournons à l'hôtel, où je me lance dans l'apprentissage du « tirage de chasse », sport national archi connu à Londres.  Les chasses londoniennes nécessitent des années de formation pour tout novice venant de l'étranger.  Il me faudra d'ailleurs quasi deux jours pour enfin parvenir à la tirer (dans l'intervalle, j'appelle mes coloc à la rescousse... c'est frais).

Et un gros dodo.

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29
jan

Indiana Jones et le bus maudit

Prendre le bus, c'est tous les jours une nouvelle aventure.

Regardez (enfin, imaginez), aujourd'hui par exemple...

Déjà, il faut braver la tempête, la pluie, la pseudo-neige qui fait rien que fondre sur le sol et devenir molle, les trottoirs constellés d'un magma gluant aussi glissant qu'une patinoire et le vente.

Une fois à l'arrêt, il faut attendre, parmi une foule en délire qui attend aussi.  Le slogan du bus c'est « le bus, c'est pas la jungle », et pourtant, on s'y croirait.  Quand le bus arrive, tous se pressent pour entrer premiers.  Moi aussi d'ailleurs. Passque j'ai fermé mon parapluie pour pas éborgner la foule.  Donc ça pleut sur ma superbe mise en plis du matin.  Alors on pousse.  Et puis on attend, passqu'il y a toujours quelqu'un pour tenter de glisser une carte périmée dans l'appareil magique, et passqu'il y a toujours des gens qui paient en liquide.  Moi je suis pour la priorité aux abonnés, qu'on se le dise.

Une fois à l'intérieur, faut choisir un siège.  Et moi je préfère être dans le sens de la marche, passque je peux lire.  Dans le sens inverse, c'est trop vomitif pour lire.  Aujourd'hui, je devais pas être réveillée, car j'ai boudé une place unique dans le bon sens pour m'installer sur une place double dans le mauvais sens.  Place immédiatement squattée par une seconde personne (normale, c'est un siège bi-place), assez encombrante, pleine de sacs, de GSM, d'iPod et d'autres trucs.  Me voilà serrée comme une sardine dans une boîte ayant rétréci au lavage, et en marche arrière, qui plus est.

Et c'est parti mon kiki. 

Le bus, c'est l'aventure.

Mais l'aventure démarre surtout lorsque les portes refusent de se fermer.  Enfin, si, elles se ferment, mais l'ordinateur de bord (ou la boîte noire, qu'en sais-je), envoie un message « portes non fermées, alerte, portes non fermées, bus pas pouvoir démarrer ».  Le tout agrémenté d'un biiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiip strident.  Et le bus ne peut démarrer.  Un bus tout neuf, dixit son chauffeur.  Chauffeur qui se lève, ouvre son « guichet », le referme, vient ouvrir la porte, repart à son poste, referme son guichet (préalablement rouvert, of course), et referme les portes à distance.  Mais l'ordinateur de bord recommence.  Et le biiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiip aussi.

Les passagers commencent à s'inquiéter.  Moi pas, chuis à un arrêt de mon arrivée, donc je marcherai, dans le pire des cas, dans les congères, sur la neige molle et glissante, jusqu'au bureau.  Une aventure je vous dis.

Le chauffeur recommence sa tournée, ouvrir guichet, refermer guichet, ouvrir porte, fermer porte, ordinateur pas contente.

Et c'est là que son côté aventurier sans peur et sans reproche renaît de ses cendres, tel le Phoenix des hôtes de ces bois (oui, bon, là, je mélange un peu tout, c'est clair).  Il s'élance, comme un guépard le ferait sur sa proie, sur le sol du bus, devant la porte incriminée, et saute de toutes ses forces, tel un orang-outang devant un bananier plein de fruits à faire tomber. 

Et le miracle se produit.

Le biiiiiiiiiiiip s'arrête.

On démarre.

Arrêt suivant.

Je descends.

Et le bus ne redémarre pas.

Enfin pas tout de suite.

J'ai le temps de faire cinq cents mètres avant qu'il me dépasse.

Je ne saurai jamais ce qu'il est advenu de ce nouveau bus en détresse, de ce chauffeur aventurier et de ses passagers angoissés.

Je vous le disais, le bus, c'est l'aventure à chaque carrefour.

20
jan

Les bus roulent ?

Ça, c'est la question du jour quand il neige.  Et vu qu'il a beaucoup neigé cette année (et l'année dernière aussi d'ailleurs), le sujet « les bus roulent ? » fut souvent et longuement abord

Ce qui m'a permis de réaliser à quel point cette phrase est difficile à prononcer plusieurs fois de suite : « les bus roulent les bus roulent les bus roulent les bus roulent les bus roulent les bus roulent les bus roulent les bus roulent les bus roulent les bus roulent les bus roulent les bus roulent les bus roulent ... »

Vous me direz « quel est l'intérêt de répéter sans cesse 'les bus roulent' ».  Et alors, faut-il que toute initiative soit systématiquement cassée, comme l'art le fut en des temps immémoriaux ?  Ne peut-on laisser libre cours à son imagination, à sa créativité ?  Et si ma créativité, c'est de répéter 'les bus roulent', hein ?  Bon, je m'emballe.

Donc, essayez...

Moi j'ai essayé, le soir, seule, cachée sous ma couette, à l'arrêt de bus, ignorant qu'une bande de marmots, une vieille dame et un brun ténébreux se cachaient de l'autre côté de la publicité pour un parfum quelconque.

Et j'ai pu constater que deux variantes s'opposent, lors du prononcé répétitif de « les bus roulent » :

- les boules russes

- les bulles rousses

Vous voyez que c'est créatif et artistique de faire des tests de prononciation ?

Passque si je vous dis « les boules russes font des bulles rousses dans des bus qui roulent », tout de suite, c'est une chanson, c'est un tableau, c'est un air d'opéra, c'est un morceau de piano, c'est une aquarelle...

C'est de l'art, de l'art !

Et l'art, ça doit être imagé... mais moi pas savoir dessiner, ni des bus qui roulent, ni des boules russes, ni des bulles rousses.

J'ai donc investigué sur le net...

D'abord en matière de boules russes, il s'avère que j'ai l'esprit mal tourné, car j'ai trouvé que des boules de Noël ornées de dessins russes, des boules de Berlin (c'est pas russe, Berlin, alors pourkwaaaa un tel résultat, ami Google ?) ou des boules de billard russe(s ?).  Pas des boules en chair humaine, si vous voyez ce que je veux dire.  Ça m'aurait plu, pourtant, une paire de testicules ornés d'une casaque russe, trop cool.  Tant pis.

Puis, en matière de bulles rousses, là, j'avais pas trop d'idées préconçues : des bulles de savon à couettes rousses ?  des bulles de BD, soit des phylactères (tchu, qué culture), dans lesquels une jolie petite poupée rousse (et russe, pourquoi pas), s'exprimerait ?  Et bien, figurez-vous, j'ai rien trouvé, à part une proposition de l'ami Google « Essayez avec cette orthographe : "belles rousses" ».  Pas osé cliquer, car là, même mon esprit mal tourné risquait une crise d'apoplexie.  Tant pis.

Résultat, rien pour imager ce billet, c'est d'un triste.  Si un illustrateur ou une illustratrice passionné(e) par les bus qui roulent, les boules russes ou les bulles rousses passait par là, son aide serait la bienvenue.

Voilà, ce billet est fini.

THE END.

... Vous voyez ce qui arrive quand une blogueuse délire en se demandant si, avec la neige, les bus roulent...