16
déc

Back soon

Je reviens de quelques jours de vacances en Sibérie, enfin presque.  Détails et anecdotes hypothermiques très bientôt...

ana_s_cong_s[1]

23
nov

A la poursuite de la housse de couette rouge foncé

Plusieurs personnes me l'avaient annoncé, sur ce blog ou in real life (dingue le nombre de gens qui lisent les promos, sacrebleu) : jeudi, Lidl proposait des housses de couette en flanelle bleue et rouge foncé.

Rhaaaaaaaaaaa, moi qui cherche du bordeaux depuis la découverte des vertus de la flanelle, et ne trouve que de l'abominable saumon, du fade rose ou du vomitif vert, c'était décidé : jeudi, j'irais acquérir une housse rouge foncée, pour autant que le rouge foncé soit synonyme de bordeaux et non de rouge sang, sait-on jamais (vous me direz, le sang est à la mode, ah ah ah, mais pour dormir, très peu pour moi - vous me direz aussi que le sang est plus proche du bordeaux que du rouge vif, vous avez raison, je me tais).

Me voilà donc partie, sur le coup de 11 heures, soit à l'aube, vu que j'ai passé la nuit qui précède au cinéma à mater Twilight, vers le Lidl le plus proche de chez moi.  Bonheur suprême, j'ai pris congé pour me remettre de ma séance ciné, ce qui tombe à pic pour cette promo de housses de couette.  J'avais prévu d'y aller dès 9 heures, mais à cette heure-là, je squattais encore mon lit, puis j'ai dégusté des céréales et deux oranges pressées home made en regardant Pékin Express (je sais qui gagne depuis que j'ai tenté de voir un épisode en streaming sur le net, preuve que l'impatience est un péché capital punissable).

Après un sympathique trajet en bus, sous un brillant soleil de novembre, j'arrive au magasin, j'entre, et j'arpente, l'œil aussi vif que la truffe d'un chien pisteur, les rayons « promo », afin d'y repérer le futur bonheur de mes nuits.

Je les vois.  Des tas de housses de couette. Rhaaaaaaaaaaaaaaaaaa.

Y'en a encore des tas, bonheur ultime.

Bleues.

Des tas de bleues.

Et une rouge.

Une seule dernière rouge.  D'un beau rouge bordeaux parfait.  Parfait pour ma chambre.  Parfait pour mon lit.  Parfait pour mon sommeil.

Une rouge.

Dans les mains d'une dame.  Une dame qui tripote MA couette rouge.

Je veux mourir, là, de suite, passqu'elle proposera alors d'emballer ma dépouille dans la couette rouge, ça fera une compensation à ma souffrance actuelle.

Un rapide coup d'œil me confirme que ma nouvelle Ennemie tient bien en main la toute toute dernière housse couette rouge.  A croire que tous les namurois avaient envie d'une housse de couette en flanelle rouge en ce jeudi matin pourtant printanier.

Forte de mes années à regarder Koh-Lanta, Pekin Express et autre Secret Story, je me sais être une parfaite stratège, et en quelques secondes à peine, divers plans naissent dans ma petite cervelle déneuronée :

- Ennemie est hypocondriaque, je lui hurle « aaaaaaaaaaattention, ma bonne dame, ne voyez-vous pas les acariens géants qui squattent déjà ce textile, achetez plutôt une housse désacarianisée, c'est plus sûr ».

- Ennemie est maniaque, je lui susurre « surtout pas cette matière, ma bonne dame, les cheveux, les araignées séchées et les poils de yéti s'y collent comme un chewing-gum sur le bitume ».

- Ennemie est fashion victim, je lui suggère « d'aller illico opter pour du coton, passque la flanelle, ça fait vieille célibataire endurcie, et qu'aucun homme n'osera entrer dans une telle literie ».

- Ennemie n'est rien de tout cela, je lui mens éhontément « j'ai acheté cette housse, la même, l'an dernier, dans ce magasin, elle a péri au premier lavage, a rétréci de dix centimètres, est devenue rose bonbon et s'est désagrégée après douze nuits peuplées de cauchemars ».

Honnête comme je suis, je ne peux me résoudre à user de tels subterfuges.  J'attends donc patiemment que mon Ennemie se lasse de MA housse de couette, qu'elle tripatouille depuis deux bonnes minutes déjà, toujours plantée devant le rayon plein de housses bleues (vie cruelle).  Je me ruerai ensuite dessus et le tour sera joué.

Afin d'éviter qu'elle ne me repère, la langue pendue jusqu'au sol, je zone dans les parages, l'air innocent du poussin sorti de l'œuf, histoire qu'elle ignore tout de me dessein, car il est clair que, sachant que la housse m'intéresse, cette dernière n'en prendra que plus de valeur à ses yeux.  Elle oubliera ses hésitations et déposera l'objet de ma convoitise dans son caddie, l'emportera chez elle et sera heureuse durant des années, tandis que moi, je me transformerai en glaçon dans ma chambre pôle-nordesque.  Je me lance donc dans la contemplation de pyjamas pour homme, feintant de chercher la taille adéquate pour mon petit mari chéri.  Puis je me concentre sur les pyjamas pour fillette.  Puis sur les genouillères.  Tout cela en restant proche d'Ennemie, afin d'éviter, lorsqu'elle déposera la couette d'un air définitivement dégoûtée, que les cent soixante-neuf autres amateurs ne se ruent dessus avant moi. 

Car ils sont tous là, tels des vautours, attendant, tout comme moi.  Je le sais je le sens.  Ils veulent tous MA couette.  Diantre, pourquoi ne suis-je pas venue à 9 heures ?  Diantre, cette femme sait-elle que de son choix dépend la suite de ma journée : foireuse ou formidable, heureuse ou pourrie, pleine de petites étoiles brillantes ou pleine de cafards déprimants.  

Mon avenir dépend d'elle.  Ma vie est suspendue à son choix, qu'elle ne se décide pas à faire.  Du coin de l'œil, je l'observe.  Elle approche le paquet de son visage, palpe la matière, tente de sortir la housse de son emballage pour y trouver dieu sait quoi, redépose presque l'objet dans le rayon, puis le reprend, fait mine de l'embarquer, puis le dépose enfin, tente à nouveau de sortir le tissus de son emballage.  Mais keskelle veut à la fin ?  Elle voit pas que je frise la crise d'apoplexie ?

Dix minutes que j'attends.  Une éternité.

Soudain, elle semble abandonner la lutte, dépose la couette.  Eloigne sa main de plusieurs centimètres.  Une seconde ennemie s'en approche alors, et la première reprend brusquement notre couette déjà tant aimée. 

Ennemie s'adresse alors à la nouvelle arrivante et lui demande « vous pensez que c'est un couvre-lit, ou une housse de couette ? »  La discussion s'engage, car aucune des deux ne parvient à définir le contenu exact de l'emballage.  Mais moi je sais, j'ai lu la pub.  Et même si l'emballage précise, dans un français approximatif « couverture », je sais que c'est une housse de couette.  MA housse de couette.

Je décide alors d'intervenir.  Dilemme.  Gros dilemme.  En un quart de seconde, je me dois de décider.  De déterminer ce qu'elle souhaite : une housse ou un couvre-lit ?  Semble-t-elle moderne, adepte de la moelleuse couette remplie de plumes, ou vieille école, fan de la rêche couverture, du drap amidonné et du couvre-lit ?

Si je lui affirme qu'il s'agit d'un couvre-lit et que c'est ce dont elle rêve, elle va s'en emparer, et une fois chez elle, sera déçue.  Et moi, seule chez moi, sans ma housse, je serai déçue.  Deux déçues.

Si je lui affirme qu'il s'agit d'une housse de couette et qu'elle en rêvait, elle va s'en emparer et sera heureuse pour les siècles des siècles, amen.  Une déçue, myself.

Enfin, si je lui affirme que c'est bien une housse et qu'elle voulait un couvre-lit, elle n'achètera pas la housse.  Deux heureuses, elle de n'avoir pas acheté un objet dont elle n'aura pas l'utilité, moi d'avoir l'objet de mes rêves.

J'opte donc pour la troisième solution : dire la vérité.  Et je la dis.  Et je la redis, car elle hésite encore.  « Oui oui, c'est bien une housse, faut mettre une couette dedans ».

Elle semble déçue.

Mon cœur s'emballe.  Je rosis déjà de bonheur.

Elle garde cependant MA housse en main, semblant encore hésiter.

Puis, après d'interminables secondes, elle la dépose.  Eloigne sa main.  Et fait deux pas en arrière.  Sans pour autant quitter le rayon.

Moi, l'air de rien, je m'étais de plus en plus rapprochée des housses, me lançant dans la contemplation des bleues pendant que je lui donnais les explications souhaitées.  Dès la housse rouge déposée, je pose mon doigt dessus et j'en deviens la nouvelle propriétaire.  Heureuse propriétaire.  Histoire de pas éveiller les soupçons et pour pas qu'elle s'imagine que je lui ai menti pour récupérer son achat non acheté (j'ai pas menti, d'ailleurs, mais sait-on jamais), je me lance moi aussi dans la contemplation de la housse, la scrute, l'observe, la palpe, sachant pertinemment que, c'est clair et net, j'achèèèèèèèèèèèèèèèèèèèèèèèèèète.

Je la glisse enfin dans mon sac, y ajoute un drap-housse du même beau rouge foncé, fais quelques achats divers et inutiles, encore fébrile de cette aventure, l'esprit totalement ailleurs.

Puis nous rentrons chez moi, MA housse et moi.

Quééééééééééén aventure hein !

17
nov

La nuit, quand tous les chats sont gris

J'ai toujours dormi comme un bébé.  Je m'endors en deux temps trois mouvements, les personnes qui ont partagé ma couche le confirmeront.  Je m'endors partout.  Même avec une musique tonitruante.  Même si tout ça a tendance à s'amenuiser avec l'âge.  Mais parfois, de plus en plus souvent (ce qui explique sans doute que les personnes très très zâgées dorment de 2 à 6 seulement), j'ai des insomnies.  Je me réveille genre à 2 heures du mat, et je ne parviens plus à dormir avant 5 ou 6 heures, moment où je m'assoupis à nouveau pour être réveillée en sursaut par la météo de Radio Contact.

Et durant ces insomnies, j'allume la TV pour m'occuper l'esprit, car elles sont souvent causées par mes petits soucis personnels ou professionnels, dont je vous ferai l'épargne des détails, chuis pas là aujourd'hui pour faire pleurer dans les chaumières (mais demain peut-être...).

Et je regarde quoi, me demandez-vous, vous qui dormez du sommeil du juste de 22 à 8 heures...

Un peu de tout, comme le fromage belge (vous connaissez cette pub, ou suis-je la seule à connaître des phrases clé ou des chansons liées à des pubs de mon enfance, comme celle « du fromage belge, un peu de tout, un peu de tout ? » ou celle des nappes Nydel - « nydel en coton, plastifié ou bien tergal Nydel les nappes faciles à vivre », je peux vous en faire des tonnes, mais faut me donner la marque pour que déclenche la machine - je les note au fur et à mesure, pour vous faire un petit billet publimusical).

Je regarde une émission sur la culture des asticots.  Oui ma bonne dame, ça se cultive.  Pour les pécheurs.  Et sans doute pour d'autres usages dont je préfère ne rien connaître.   Passionnant, même si répugnant.

Je regarde une émission sur les femmes dans l'armée de l'air.  En France.  Magnifique et émouvant.  Des femmes pleines de volonté.  Dont la première à faire partie de l'armée officielle (dont j'ai oublié le nom officiel, somnolence oblige), celle qui fait le défilé du 14 juillet, dans les airs of course.

Je regarde une émission sur les palaces, déjà vues trois fois durant mes insomnies, qui date de Mathusalem, quand l'euro n'existait pas.  On y apprend le prix du caviar et du champagne, et puis on découvre les coulisses de ces hôtels.  Captivant... la première fois du moins.

Je regarde une émission sur Annie Girardot, et le drame de sa maladie que je connais bien : l'Alzheimer.  Emouvant.  Larmes assurées.

Je m'endors devant une rediffusion de « toute une histoire » sur les traumatismes genre hold up, me réveille en sursaut, entendant un énorme bruit d'eau, craignant une fuite dans ma salle-de-bains, et je manque mourir d'une crise cardiaque en entendant les hélicoptères arriver... pour constater que c'était chasse et pêche et que les glouglous, c'était un poisson, et l'hélicoptère je sais pas, me suis rendormie après avoir éteint (une libellule peut-être ?).

Je regarde une énième diffusion d'une série policière, et réalise deux heures plus tard que je regarde toujours une série policière, mais plus la même... j'ai dû pioncer un chouia entre-temps...

C'est dingue ce qu'on peut apprendre la nuit, quand tous les chats sont gris.

1
nov

J’ai testé « tournage TV »

Un tournage TV, c'est un peu comme un fantasme : on imagine tout et n'importe quoi.

Alors quand Plug m'a contactée pour avoir de bonnes adresses « lifestyle » à Namur, je me suis fait un plaisir de dresser une petite liste de mes endroits favoris (après avoir tenté de comprendre ce que « lifestyle » voulait dire bien sûr, en grande ringarde que je suis), que j'ai envoyée, en demandant si je pouvais être présente sur le tournage, alleye une fois, please, je serai discrète, j'en parlerai sur mon blog, j'ai envie de voir l'envers du décor, ça serait trop cooooooool...

Aussitôt demandé, aussitôt accepté.

Le jour J, je me suis habillée en noir, passque c'est bien connu, le noir ça amincit.  On me verra pas à l'image, mais on sait jamais hein, autant être en noir.

Le rendez-vous est fixé à l'aube et, ne me demandez pas pourquoi, je m'attends à voir des tas de camionnettes Plug RTL, avec des barrières nadar, un personnel de malade, une foule en délire avide de sensations fortes et curieuse de tout.  Je m'attends à devoir me frayer un chemin dans cette foule, en brandissant ma carte de visite anaïssienne, telle une star qui monte les marches rouges à Cannes.

Ben non.

Que nenni.

Pas de barrières nadar, pas de camionnettes, pas de foule en délire.

Juste moi, la princesse au petit pois (tenancière de la boutique du même nom), un cameraman, un photographe de Flair, Lise-Marie, journaliste de Flair et la responsable de Plug, Françoise.  Une toute petite équipe bien sympa, avec laquelle je fais rapidement connaissance, car le travail les attend.  On n'est pas là pour chômer.

Première étape donc, La demoiselle au petit pois, une minuscule petite boutique verte comme un pois, dans laquelle siège Delphine, belle comme un cœur, avec des cheveux de feu et une énergie folle.  Elle est un peu stressée, et il est décidé que je ferai de la figuration durant les premières scènes, ce qui nous permet de blablater et de faire connaissance durant les préparatifs, relativement longs.  Sympa comme tout, cette petite causette.  Nous discutons un long moment bien agréable, avant que je ne m'installe dehors durant le tournage.  Et là, j'observe : les pigeons qui se baladent, les blouses à 300 euros dans la boutique d'en face, une superbe femme hypra élégante qui s'avère être la vendeuse de la boutique d'en face, CQDF, encore des pigeons et le froid qui me terrasse.  Il est long le tournage, alors je rentre et je me réfugie à l'étage, ce qui me permet d'observer la rue par la fenêtre : des bandes d'ados qui passent et repassent, intriguées, un troupeau de petits vieux qui stagnent et restagnent, intrigués aussi.  Et moi, qui admire la marchandise.  Des trucs géniaux : des cartes, des carnets « pour idées folles et saugrenues » (c'est fait pour moi non ?), un parapluie extraordinaire, des boîtes fleuries sur lesquelles je bave comme un escargot namurois.  Plein de photos plus bas, et le blog de la demoiselle au petit pois ici. 

Voilà mon vrai vrai vrai coup de cœur, tant au niveau des produits proposés que de la patronne qui est aussi adorable que jolie.  Rien que le nom de la boutique sonne comme un conte de fées, alors je ne peux qu'aimer.  Si vous avez un cadeau à me faire vous savez où aller.... (je dis ça je dis rien hein, mais les boîtes du second, et le parapluie du rez, et le carnet pour idées folles et saugrenues...).

Le tournage se termine et nous gagnons l'endroit suivant, La case de l'oncle Sam, un lieu qui dépayse, où l'on se promène dans le sable (en plein Namur, faut le faire).  Une boutique petite, mais qui regorge de trésors directement importés des pays chauds : bijoux, lampes, objets de déco, plats...  Là encore, je fais un peu de figuration, enfin surtout mes jolies bottes Pataugas, chargées de marcher et marcher encore sur le sable fin...  Une suspension en forme d'étoile me fascine, et un scénario catastrophe nait immédiatement dans mon cerveau dérangé : elle tombe sur Lise-Marie, sa pointe acérée lui transperçant le crâne, le sang gicle sur le sable immaculé, ambulance, hôpital, je vous passe les détails sordides.  La suspension ne tombe finalement pas (c'en est presque dommage non ?), mais j'évite à tout prix de passer en-dessous, ça vaut mieux.  Je me consume de désir pour une lampe rose, j'achète ou j'achète pas ?  J'achète pas, et je sors du magasin durant le tournage, ce qui me permet de refouler les visiteurs, afin de maintenir le silence.  Je me sens investie d'un rôle important, ben quoi, hein, c'est quasi comme si je faisais partie de l'équipe hein.  Non ?  Bon, ok, ça va, on peut rêver.  Le patron nous offre un choli savon lors de notre départ : merci patron, très gentille attention je trouve.

Après ce second tournage, il commence à faire faim.

Ça tombe bien, car la destination suivante, c'est Le temps des cerises, un resto hypra célèbre de Namur, que je connais sans jamais y avoir mis les pieds.  C'est cool, ce tournage, ça me permet de redécouvrir ma ville, et de l'apprécier de plus en plus (si c'est possible, vu comme je l'aime d'amour).  Les lieux sont petits, cosy, et plein de signatures et dessins de stars : Emile Dequenne, Kroll, Jesaisplusqui, Unechanteusecélèbre,  Unacteurtoutbeau, et j'en passe...  Les cerises sont partout, jusqu'à la partition reprise sur le set de table, que j'emporte avec l'espoir de savoir le jouer sur mon piano tout beau tout nouveau.  Le patron est joyeux, et après le délicieux lunch (quiche succulente, tendre poisson et gâteau au chocolat maison, rhaaaaaaaaa), le tournage commence, sous le regard des clients.  Dans la cuisine, une énorme casserole écœurante de cassoulet termine sa cuisson.  Je ne sais pas pour vous, mais les portions gigantesques de nourriture me donnent souvent des envies de vomir, car trop c'est trop.  Juste avant notre départ, le patron nous offre un petit péket.  Le premier péket de ma vie.  Dingue, je sais.  J'ai déjà bu des tas de pékets, of course, mais jamais du nature.  Que de l'aromatisé ou de l'ersatz.  Cette fois, c'est la bonne.  Ça arrache, le vrai péket.  C'est pas si mauvais que ça, le vrai péket.  A la santé des adorateurs de péket, ils se reconnaîtront, même là-haut.   Pour découvrir cet endroit typiquement namurois.

Après un petit détour sur le pont de la rue du pont (comment ski s'appelle celui-là ?) pour une séance photo pour les deux pages de Flair (à acheter jeudi, don't forget), destination suivante : Fleur de soi, un endroit voué à la zenitude et au respect de soi : massages, séances diverses et variées.  Le lieu est neuf et joli comme tout.  Les tables de massage me font de l'œil, mais elles sont déjà occupées, diantre, pas de bol, moi qui espérais être invitée pour un petit massage de derrière les fagots.  C'est à cet instant que mon appareil photo décide de faire grève, le vilain pas beau.  Il avait commencé sur le pont, mais j'avais pas remarqué.  Je suis donc contrainte de continuer sans lui.  On nous propose un test couleur : choisir une carte au hasard et la couleur reprise au verso détermine un état d'esprit.  Nous y passons tous, et les résultats sont surprenants.  Moi paraît que je suis hypersensible.  Non, m'enfin, c'est faux,  test à la noix, pense-je, la larme à l'œil et le cœur en lambeaux.  Pour les résultats des les autres, je ne vous dirai rien, confidentialité oblige, of course...

Dernière étape du tournage : le Friends.  Enfin un endroit spacieux, ce qui semble réjouir l'équipe de tournage, qui n'a de cesse de dire que Namur est une ville pour nains de jardin.  Un petit coca light, une petite discussion avec un des patrons, lequel insiste sur l'obligation de ne pas filmer le sol (ah ah ah, je ne pouvais m'empêcher de le dire hein, il le fallait, car c'était un peu obsessionnel, il faut le dire, et puis passque l'accueil, là-bas, c'est bof bof bof, chuis déçue de chez déçue, mais soit), et moi qui m'avachis sur mon siège... pas pour longtemps, car tout à coup, là, de suite, c'est à moi...

à MOI !

Me voilà traînée sur un banc, en plein milieu du piétonnier et de la foule (et keske ça caille sur un banc en octobre vers 17 heures), pour l'interview.  Je tremble d'angoisse, j'aime pas ça moi, être interviewée.  Mais après une si chouette journée, l'ambiance est bonne et je suis finalement relativement à l'aise pour parler de mes bouquins.  L'interview se passe bien... enfin après que le caméraman ait fait tomber sa caméra (c'est moi qui porte la poisse, c'est clair, vu toutes les catastrophes que j'ai engendrées ces derniers temps : les ampoules qui meurent, les chaises Ikéa incomplètes - Ikéa, on va aller au tribunal, je te le certifie, les bulex qui chauffent plus, les volets qui s'écroulent, et maintenant les caméras qui tombent) et après qu'il ait dit, en fin de tournage, « oups, y'a un blème, faut recommencer », kwwwwaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaa... !!!!????   On recommence donc, et je bafouille durant la scène de « que faire avec une courgette », vu que je dis « que faire avec un concombre », grossière erreur (à mon avis, cette scène sera coupée au montage, c'est pas très sérieux de parler courgettes à une heure où les enfants sont pas couchés).  Une petite ado me suit à la trace, vais-je signer mon premier autographe ?  Nan, mais elle me demande où se procurer mes livres.  Mes blablas semblent donc lui avoir donné envie de les lire, c'est bon signe non ?  Et c'est chez Papyrus qu'on les trouve, rue Bas de la Place, la rue en face du parking de l'Inno, pour info.

Voilà, c'est fini, terminado, finito.  C'était cool.  C'était amusant.  C'était original.  C'était inédit. 

Et c'est tout à l'heure, en version animée, sur Plug RTL.

Et puis ce qu'ils ont dit de moi sur le site de Plug RTL :

"RENCONTRE AVEC ANAIS VALENTE

Dans le cadre de ce lifestyle spéciale Namur, nous allons maintenant vous présenter une personnalité namuroise comme on les aime : Anaïs Valente, jeune femme ultra dynamique. Depuis quelques années déjà elle rédige des billets d’humeur dans la presse belge. Mais elle s’est surtout fait connaître à travers son blog : le célibat ne passera pas par moi. Elle a depuis écrit 3 bouquins : La célib’attitude des paresseuses, Le savoir écrire pour les filles, et Les bons plans pour les filles. Autant dire qu’on a sauté sur l’occasion pour s’organiser une rencontre avec elle.

Voici l’adresse de son blog : le-celibat-ne-passera-pas-par-moi.skynetblogs.be/"

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30
oct

Un moment de grâce

Ce matin, je suis en retard.  Passque j'ai cherché des papiers dans mon barda.  J'aime pas m'occuper des papiers.  Je suis bordélique même avec mes papiers.  Il est loin le temps où je rangeais pieusement mes extraits de compte dans des classeurs.  Pourtant, j'ai récemment installé une étagère rien que pour ça : mes papiers.  Avec des bacs tout blancs, ou presque, prêts à les accueillir.  Mais pour y accéder, à l'étagère, faudrait déjà que je range le bordel qui encombre le hall où elle se trouve, cette étagère.  Et pour le ranger, faudrait que j'aie plus mal au dos.  Bref, c'est un cercle vicieux.  Bref, je suis en retard.

Et je rate le premier bus.  Enfin le dernier des premiers.  Quatre bus à la même heure, ou presque.  Tous en avance.  Comme chaque jour.  Et moi en retard.  Je le rate.  Et me dirige vers un autre arrêt, pour un autre bus, qui engendrera inévitablement le fait que je rate ma correspondance, c'est ainsi.

Rien de grave, un peu de retard au bureau, on va pas en faire un fromage.

Le bus arrive, je m'y installe et dévore le dernier Janine  Boissard, toute mon enfance, toute mon adolescence, et j'aime beaucoup ce petit dernier, qui me replonge dans cette période de ma vie où tout semblait encore possible (phase nostalgie en ce moment).

J'arrive à la gare, surprise de la rapidité du trajet.  Pas assez rapide cependant, pour que ma correspondance soit encore là.  Tiens, si, elle est là.  Mais j'ai deux boulevards à traverser, deux feux qui ne sont pas synchronisés, donc c'est peine perdue.  Tiens, le premier est vert, je fonce.  Le second est rouge, j'attends.  Mon bus est là, mais je le sens sur le point de partir.  Je prendrai le suivant, dix minutes d'attente, je lirai Janine.

Il commence à faire clair, merci le changement d'heure (hier, quelqu'un m'a dit « vous êtes fatiguée, pourtant on dort une heure de plus en ce moment », si quelqu'un pouvait m'expliquer en quoi le changement d'heure fait dormir une heure de plus durant plusieurs jours, je me sentirais moins conne).

Le bus est toujours là.  Le feu est toujours rouge pour moi.  Le chauffeur fait, semble-t-il, un signe, genre « traversez voyons ».  Mais c'est rouge.  Et j'ai pas envie de me retrouver écrabouillée par un bus, transformée en crêpe sanguinolente sur la chaussée, au milieu de la foule qui ne va pas tarder à arriver, heure de pointe oblige.  Et puis j'ai sans doute mal vu, avec mes bésicles périmées et la vitre du bus dans laquelle se reflète l'aube naissante (oh, c'est beau cette expression non ?).

Je regarde tout de même le chauffeur, intriguée.  Et il me refait un signe qui, cette fois, signifie « vous venez dans ce bus non ? », et moi je fais oui de la tête.  Et il me refait encore signe de traverser, malgré le feu toujours rouge (ça a l'air de durer longtemps, ce feu rouge, vu le temps que je mets à vous raconter l'anecdote, mais ça ne prend que dix secondes à tout casser).  Alors je traverse, étonnée, ravie, intriguée.

Et je monte dans le bus, gratifiant le chauffeur d'un sourire étonné, d'un merci, d'un « c'est gentil ».  Puis je m'assois.

Et je n'en reviens pas d'une telle gentillesse.  Un petit geste qui compense, à lui seul, toutes ces fois où, tout-puissant comme Bruce, le chauffeur, ayant quitté l'arrêt de 20 centimètres mais stoppé par le feu rouge, refuse de me laisser monter, car il n'est plus vraiment à l'arrêt, soit me gratifiant d'un sourire narquois, soit m'ignorant totalement.  Un petit geste qui compense la violence de la conduite, qui projette les petits vieux et les petites vieilles (et moi aussi, pardi), contre les parois du bus.  Un petit geste qui compense beaucoup de choses et qui fait qu'une journée commence bien.

Et puis... il savait comment, ce chauffeur (pas brun ténébreux, mais mignon tout plein, faut l'avouer), que j'allais monter précisément dans SON bus ?  Bus que je prends chaque matin, mais tout de même...  comment comment comment ?  M'aurait-il remarquée, depuis des mois, attendant chaque semaine son horaire, dans l'espoir de faire MON bus et de me croiser, moi qui ignore tout de lui et qui entre chaque matin dans ce bus, murmurant un vague bonjour, montrant mon abonnement, cherchant une place où me vautrer pour continuer ma lecture ?

Rhaaaaaaaaaaaaaaaaa.

Dans peu de temps, lors de nos noces, nous raconterons à tous, coupe de champagne à la main, comment nous nous sommes rencontrés, lui et moi...

Bon, j'arrête de délirer, le travail m'attend.

Dernière chose : hier, j'ai cédé ma place à une petite vieille qui marchait vraiment difficilement, vu qu'elle avait mis des plombes à monter dans le bus, se tirant à la poignée comme un poids mort.  Elle m'a pas dit merci.  J'ai fulminé.  Passqu'un merci ça coûte rien et ça fait du bien.  Mais j'ai cédé ma place, BA du jour.

C'est donc vrai, alors, peut-être, qu'on récolte ce qu'on sème ?