8
fév

Escapade en Sibérie londonienne - jour 1

Je vous l'avais promis, le voici : le récit de mes quelques jours en Sibérie londonienne, en décembre dernier. 

Le temps s'annonce froid, et c'est tant mieux, car aller à Londres pour l'ambiance de Noël sans avoir les frimas de Noël, c'est pas du jeu.

Le départ est prévu, mais nous l'ignorons, juste avant que tout déraille (sans mauvais jeu de mots) dans le tunnel sous la Manche... vu que depuis notre retour, c'est la catastrophe pour ... les autres, ceusses qui ont voulu faire comme nous, mais plus tard.  Ouf ouf ouf.  Rester bloquer neuf heures sous la mer, très peu pour moi.

Nous partons donc un dimanche, à l'aube de l'aube.  La température est d'ores et déjà polaire en Belgique, c'est une bonne préparation.  De train en train, nous voilà confortablement installées dans celui qui nous mènera de l'autre côté de la petite flaque.  Enfin, confortablement, c'est beaucoup dire, pas vraiment de place pour les pieds, mais soit, c'est ça la deuxième classe ma bonne Dame.

Trois heures plus tard, enfin deux, merci le décalage horaire, nous voilà à bon port.  L'hôtel est à un jet de pierre de la gare, est c'est tant mieux.  Note pour plus tard : ne plus jamais prendre un hôtel loin d'une gare, métro et valises étant incompatibles pour Anaïs.

Nous partons ensuite à la (re)découverte de London.

London at Christmass Time, en plus.  Oui, passque là, on est en décembre.  Ne l'oubliez pas.  En plus, une vague de froid vient d'arriver, ce qui est super, ça fait vraiment Christmass time, comme ça.

Nous commençons par une petite promenade jusqu'en bord de Tamise (au passage j'admire un arbre qui pousse sur les briques d'un pont, la nature gagne toujours), où se trouve la London Eye (NON, je ne monterai plus dans cet engin de malheur), mais également un marché du chocolat.  Après un repas succulent dans un genre d'Exki à la londonienne, direction ce marché.  Décevant, rien que des vendeurs, rien à manger ou presque.  Nous nous essayons cependant à un test de différents chocolats, afin d'en déceler les saveurs.  Intéressant de découvrir qu'un chocolat n'est pas l'autre.  Intéressant de goûter une fève (rha, keske c'est amer). 

Départ vers Picadilly (si mes souvenirs sont bons, pas de mémoire des lieux, l'Anaïs), pour la chorale de Noël.  J'adore les chorales de Noël, c'est une ambiance formidable.  La chorale est censée chanter de 17 à 21 h.  Nous arrivons à 17h45.  A 18h, la chorale a fini.  Tchu.  Et même pas de morceaux connus en plus, à part « adeste fideles », que je joue au piano, yesssssssssssss.

Le sapin de Picadilly, offert chaque année par la Norvège, me déçoit (je dirai plusieurs fois « je suis déçue » durant ce séjour, déçue par le sapin, les décos et l'absence de boîtes à musique, notamment).  Il est anorexique ce sapin.  Grand mais maigre comme un échalas.  Et puis ils ont installé les lumerottes d'une façon bien étrange un peu comme si les guirlandes étaient reliées par le sommet et tombaient en ligne droite.  C'est moche.  Hé, c'est pas passque je suis en voyage que je dois avoir un air béat d'admiration devant tout, non mais.  Si c'est moche, c'est moche.

Ensuite, direction Covent Garden, où un beau renne nous accueille, tout vert, avec un nez rouge.  C'est Rodolphe quoi.  Nous achetons de drôles de petites bestioles porte-clé, apparemment super à la mode là-bas (vous voulez voir la mienne ? elle est bleue à pois blanc et se trouve dans ma salle-de-bains).  Dégustation du meilleur cookie au monde : chocolat blanc noix de macadamia.  Alors là, si vous n'avez pas goûté les cookies de Ben's cookie, vous n'avez jamais goûté de cookie.  Pour moi, un cookie, c'était sec, gras et croustillant.  Les cookies de Ben's cookies sont moelleux à souhait, sans être mous.  Le chocolat est juste fondu ce qu'il faut.  Les noix juste croustillantes ce qu'il faut.  Que du bonheur.  Promis, on en rachètera.

Dans un magasin, je repère une boîte à musique.  J'ai toujours aimé les boîtes à musique.  Surtout les petites avec « action manuelle ».  Mais en général, leurs musiques sont nazes, genre petit papa Noël ou bon anniversaire.  Là je trouve un morceau que j'adore (Somewheeeere, over the rainbowwwww), mais pas de bol, rupture de stock.  Je veux mourir.  Je cherche aussi une boîte à musique avec Clair de Lune (de Debussy, pas Au clair de la lune hein), en vain.  Voilà, je râle.  Je suis mouéééch, comme on dit ici.

Un groupe de chanteurs apparemment hyper connus, vu la foule en délire, mettent une folle ambiance.  Sympa sympa.

Il se fait tard et surtout, il se fait faim.  Nous dégottons d'abord un pub super cool, et super complet.  Nous nous rabattons ensuite sur un petit resto italien bien sympa.  Retenu la leçon de l'escapade de l'an dernier : plus de Mac Do, plus de Pizza Hut.

Epuisées, nous retournons à l'hôtel, où je me lance dans l'apprentissage du « tirage de chasse », sport national archi connu à Londres.  Les chasses londoniennes nécessitent des années de formation pour tout novice venant de l'étranger.  Il me faudra d'ailleurs quasi deux jours pour enfin parvenir à la tirer (dans l'intervalle, j'appelle mes coloc à la rescousse... c'est frais).

Et un gros dodo.

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29
jan

Indiana Jones et le bus maudit

Prendre le bus, c'est tous les jours une nouvelle aventure.

Regardez (enfin, imaginez), aujourd'hui par exemple...

Déjà, il faut braver la tempête, la pluie, la pseudo-neige qui fait rien que fondre sur le sol et devenir molle, les trottoirs constellés d'un magma gluant aussi glissant qu'une patinoire et le vente.

Une fois à l'arrêt, il faut attendre, parmi une foule en délire qui attend aussi.  Le slogan du bus c'est « le bus, c'est pas la jungle », et pourtant, on s'y croirait.  Quand le bus arrive, tous se pressent pour entrer premiers.  Moi aussi d'ailleurs. Passque j'ai fermé mon parapluie pour pas éborgner la foule.  Donc ça pleut sur ma superbe mise en plis du matin.  Alors on pousse.  Et puis on attend, passqu'il y a toujours quelqu'un pour tenter de glisser une carte périmée dans l'appareil magique, et passqu'il y a toujours des gens qui paient en liquide.  Moi je suis pour la priorité aux abonnés, qu'on se le dise.

Une fois à l'intérieur, faut choisir un siège.  Et moi je préfère être dans le sens de la marche, passque je peux lire.  Dans le sens inverse, c'est trop vomitif pour lire.  Aujourd'hui, je devais pas être réveillée, car j'ai boudé une place unique dans le bon sens pour m'installer sur une place double dans le mauvais sens.  Place immédiatement squattée par une seconde personne (normale, c'est un siège bi-place), assez encombrante, pleine de sacs, de GSM, d'iPod et d'autres trucs.  Me voilà serrée comme une sardine dans une boîte ayant rétréci au lavage, et en marche arrière, qui plus est.

Et c'est parti mon kiki. 

Le bus, c'est l'aventure.

Mais l'aventure démarre surtout lorsque les portes refusent de se fermer.  Enfin, si, elles se ferment, mais l'ordinateur de bord (ou la boîte noire, qu'en sais-je), envoie un message « portes non fermées, alerte, portes non fermées, bus pas pouvoir démarrer ».  Le tout agrémenté d'un biiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiip strident.  Et le bus ne peut démarrer.  Un bus tout neuf, dixit son chauffeur.  Chauffeur qui se lève, ouvre son « guichet », le referme, vient ouvrir la porte, repart à son poste, referme son guichet (préalablement rouvert, of course), et referme les portes à distance.  Mais l'ordinateur de bord recommence.  Et le biiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiip aussi.

Les passagers commencent à s'inquiéter.  Moi pas, chuis à un arrêt de mon arrivée, donc je marcherai, dans le pire des cas, dans les congères, sur la neige molle et glissante, jusqu'au bureau.  Une aventure je vous dis.

Le chauffeur recommence sa tournée, ouvrir guichet, refermer guichet, ouvrir porte, fermer porte, ordinateur pas contente.

Et c'est là que son côté aventurier sans peur et sans reproche renaît de ses cendres, tel le Phoenix des hôtes de ces bois (oui, bon, là, je mélange un peu tout, c'est clair).  Il s'élance, comme un guépard le ferait sur sa proie, sur le sol du bus, devant la porte incriminée, et saute de toutes ses forces, tel un orang-outang devant un bananier plein de fruits à faire tomber. 

Et le miracle se produit.

Le biiiiiiiiiiiip s'arrête.

On démarre.

Arrêt suivant.

Je descends.

Et le bus ne redémarre pas.

Enfin pas tout de suite.

J'ai le temps de faire cinq cents mètres avant qu'il me dépasse.

Je ne saurai jamais ce qu'il est advenu de ce nouveau bus en détresse, de ce chauffeur aventurier et de ses passagers angoissés.

Je vous le disais, le bus, c'est l'aventure à chaque carrefour.

20
jan

Les bus roulent ?

Ça, c'est la question du jour quand il neige.  Et vu qu'il a beaucoup neigé cette année (et l'année dernière aussi d'ailleurs), le sujet « les bus roulent ? » fut souvent et longuement abord

Ce qui m'a permis de réaliser à quel point cette phrase est difficile à prononcer plusieurs fois de suite : « les bus roulent les bus roulent les bus roulent les bus roulent les bus roulent les bus roulent les bus roulent les bus roulent les bus roulent les bus roulent les bus roulent les bus roulent les bus roulent ... »

Vous me direz « quel est l'intérêt de répéter sans cesse 'les bus roulent' ».  Et alors, faut-il que toute initiative soit systématiquement cassée, comme l'art le fut en des temps immémoriaux ?  Ne peut-on laisser libre cours à son imagination, à sa créativité ?  Et si ma créativité, c'est de répéter 'les bus roulent', hein ?  Bon, je m'emballe.

Donc, essayez...

Moi j'ai essayé, le soir, seule, cachée sous ma couette, à l'arrêt de bus, ignorant qu'une bande de marmots, une vieille dame et un brun ténébreux se cachaient de l'autre côté de la publicité pour un parfum quelconque.

Et j'ai pu constater que deux variantes s'opposent, lors du prononcé répétitif de « les bus roulent » :

- les boules russes

- les bulles rousses

Vous voyez que c'est créatif et artistique de faire des tests de prononciation ?

Passque si je vous dis « les boules russes font des bulles rousses dans des bus qui roulent », tout de suite, c'est une chanson, c'est un tableau, c'est un air d'opéra, c'est un morceau de piano, c'est une aquarelle...

C'est de l'art, de l'art !

Et l'art, ça doit être imagé... mais moi pas savoir dessiner, ni des bus qui roulent, ni des boules russes, ni des bulles rousses.

J'ai donc investigué sur le net...

D'abord en matière de boules russes, il s'avère que j'ai l'esprit mal tourné, car j'ai trouvé que des boules de Noël ornées de dessins russes, des boules de Berlin (c'est pas russe, Berlin, alors pourkwaaaa un tel résultat, ami Google ?) ou des boules de billard russe(s ?).  Pas des boules en chair humaine, si vous voyez ce que je veux dire.  Ça m'aurait plu, pourtant, une paire de testicules ornés d'une casaque russe, trop cool.  Tant pis.

Puis, en matière de bulles rousses, là, j'avais pas trop d'idées préconçues : des bulles de savon à couettes rousses ?  des bulles de BD, soit des phylactères (tchu, qué culture), dans lesquels une jolie petite poupée rousse (et russe, pourquoi pas), s'exprimerait ?  Et bien, figurez-vous, j'ai rien trouvé, à part une proposition de l'ami Google « Essayez avec cette orthographe : "belles rousses" ».  Pas osé cliquer, car là, même mon esprit mal tourné risquait une crise d'apoplexie.  Tant pis.

Résultat, rien pour imager ce billet, c'est d'un triste.  Si un illustrateur ou une illustratrice passionné(e) par les bus qui roulent, les boules russes ou les bulles rousses passait par là, son aide serait la bienvenue.

Voilà, ce billet est fini.

THE END.

... Vous voyez ce qui arrive quand une blogueuse délire en se demandant si, avec la neige, les bus roulent...

11
jan

Mon escapade soldes

L'autre samedi, le 2 janvier, chuis pas allée aux soldes.  Zêtes fous ?  Le premier jour des soldes + un samedi, vous voulez ma mort ou quoi ?

Mais malgré tout, je me disais qu'à rester là, chez moi, paisiblement installée devant la TV, le PC ou un bon livre, je sais plus trop, je ratais peut-être des super affaires de la mort qui tue.

Et ça, c'est dommage hein.

Alors, mercredi, après ma leçon de piano (pas aussi hot que dans le film, mais bien quand-même, la leçon, vu que j'apprends Que ma joie demeure de Bach, air que j'ai eu en tête durant 24 heures sans savoir ce que c'était, que j'ai chanté à bon nombre de gens qui « connaissaient » mais « savaient pas exactement ske c'était », qu'une collègue que je vénère depuis a reconnu et que, donc, j'apprends à jouer, ça fait mon bonheur c'est l'essentiel), donc après cette leçon, je me suis dit « tu as quelques heures devant toi, petite Anaïs, va solder ».

Et je suis allée solder.

J'ai commencé par le haut de la ville, et je suis donc entrée dans deux boutiques. Dans la première, je suis allée à l'étage (rayon femmes, logique implacable), et j'ai vu des monceaux de fringues mélangées.  J'aime pas le bordel, vous le savez, donc j'ai abandonné, je suis redescendue et sortie aussi vite que j'étais entrée.  Dans la seconde, j'ai bien repéré une doudoune bien sympa, mais je me suis dit « as-tu besoin d'une doudoune à ajouter à tes dizaines de vestes, manteaux et autres trucs qui tiennent chaud en tous genres ? Non ?  Alors va-t-en. »

Et je m'en suis allée.

Vous me direz, si c'est pour n'acheter que ce dont on a BESOIN, on n'achète plus rien, à part des trucs chiants genre poudre à lessiver, pâtes, gel douche ou breloques Pandora (si, les breloques Pandora, c'est un truc dont on a BESOIN, croyez-moi, pire que de la cocaïne - enfin j'imagine, car je n'ai jamais goûté cette substance merdique, mais j'ai goûté les breloques Pandora et depuis lors les crises de manque se succèdent, billet suivra je vous l'ai déjà dit, reste à l'écrire).

J'ai ensuite continué ma descente de la ville, trottoir de droite, le plus achalandé.  Et à chaque vitrine, c'était pareil, j'étais pas tentée.  Déjà, dehors il faisait froid, et j'avais mon écharpe (enfin celle d'Olivier, que vous connaissez maintenant si vous lisez ce blog depuis ses débuts) et mes cholis gants-mitaines-moufles fuchsias à cœurs foncés achetés à Londres récemment (ça aussi faut que je vous en parle, diantre, j'ai du retard).  Rien que l'idée dans un magasin surchauffé, bourré d'étudiantes en furie (jamais les soldes le mercredi), j'avais la nausée.

J'ai décidé d'abandonner l'idée d'acheter des fringues après avoir tenu en main durant dix minutes une tunique noire et grise, jolie comme tout, MAIS PAS SOLDEE, cela va de soi, en hésitant sans cesse « j'essaie - j'essaie pas - j'essaie - j'essaie pas ».  C'est nin possip' de perdre son temps ainsi en inutiles tergiversations.  Je l'ai lancée sur un tas de vêtements, et j'ai opté pour les chaussures.

Enfin les bottes.

Car on a toujours besoin d'une petite paire de bottes.

Toujours.

Ben le magasin de bottes s'était transformé en magasin pour anorexiques au stade terminal, vu qu'ils avaient sorti une longue table, qu'ils l'avaient installée entre les deux vitrines, rendant le passage impossible pour deux personnes à la fois, sauf à rentrer le ventre et ne pas respirer durant la traversée.  Traversée que j'ai tentée, à mon grand dam, car y'avait que des horreurs d'avant-guerre.  J'ai donc retraversé en rentrant le ventre et sans respirer, et j'ai quitté ce lieu de perdition.

Quelques vitrines et un immense désespoir plus tard, je me suis dit que les soldes, vraiment, c'était plus mon truc.

Alors j'ai regardé un peu la nouvelle collection, déjà installée, puis je suis rentrée chez moi.

Etat des dépenses du jour : zéro euro zéro centime.

Keski s'impose après cette expérience sinistre : félicitations ou consternation ?

J'hésite encore, mais ce qui est clair et net, c'est que j'y retourne que le 31 janvier, quand tout est à - 70 % et que les nouveautés sont toutes arrivées.  Et là, la carte de crédit va chauffer, je vous le dis.

Dessin de Martin Vidberg.  Son blog.

soldes

18
déc

Chaque pot a son couvercle !

 

J'ai souvent entendu cette expression bateau, que l'on sort aux pauvres célibataires ayant coiffé Sainte-Catherine depuis belle lurette.  « Chaque pot a son couvercle, ma petite Anaïs, tu trouveras un jour le tien, ton p'tit couvercle rien qu'à toi, qui se vissera parfaitement sur ta p'tite tête butée et pleine de neurones d'amibe. »  Oui, bon j'extrapole, mais cette expression, je la connais comme si je l'avais pondue.

Autre alternative « tu trouveras chaussure à ton pied ».

Bateau, je vous dis, bateau.

Mais hier, j'ai compris le sens réel de cette expression : chaque pot a son couvercle.

Passqu'hier, j'ai décidé, comme chaque soir d'ailleurs, de me réchauffer un vieux reste de pâtes pas encore poilues, arrosé d'une bonne sauce en bocal et saupoudré d'emmenthal.  Un régal.

J'ai donc entrepris d'entreposer les pâtes, puis la sauce, puis l'emmenthal, dans un plat tupperware (le microplus, qui est pour moi aussi précieux que l'homme de ma vie toujours pas entré dans ma vie).

Soudain, le drame intersidéral : je trouve plus mon microplus.  Je trouve que le couvercle, drame drame drame, comment survivre à l'absence de mon meilleur ami ?  J'ai beau chercher dans les 13 kilos 320 grammes de vaisselle poilue qui squatte mon évier, aucune trace (enfin si, des traces d'oranges coupées pour jus multivitaminé, des traces de sauce desséchée, des traces de jus de cuisson de légume, des traces de champignon issues d'on ne sait où et mieux vaut pas savoir, mais pas de trace de mon plat adoré).

Et j'ai faim.  L'hypoglycémie menace, avec son lot de tremblements, de rougeurs et de fringales monstrueuses qui me poussent à dévorer un salami, un paquet de chips, un paquet de biscuits et trois yaourts non maigres en dix minutes chrono.

Aux grands maux les grands remèdes, je décide de me passer de microplus, et de me rabattre sur un plat pour micro-ondes classique de chez classique, savoir acheté 2 euros maxi dans un hard discount, de couleur blanche ayant viré au rouge par abus de sauce tomate.

Dans un élan d'intelligence suprême, je décide de le coiffer du couvercle microplus, tant qu'à faire.

Et c'est là que j'ai compris la véracité de l'expression « chaque pot a son couvercle ».  C'est là que j'ai compris que mon pot à 2 euros n'avait pas trouvé son couvercle, à moins qu'il ne s'agisse d'un coup de foudre incroyablement incroyable, je ne sais pas trop finalement.  Je l'ai compris quand, après 3 minutes à 900 watts, il m'a été impossible de les séparer.  Le couvercle microplus s'est mis en tête de faire un suçon géant au pot blanc, de l'embrasser goulument durant toute la cuisson, au point qu'il me fut impossible de les séparer.

Impossible.

Je me suis donc rabattue sur un salami, un paquet de chips, un paquet de biscuits et trois yaourts non maigres, pas le choix.

Deux heures plus tard, j'ai enfin pu séparer mes « amoureux », et constater les dégâts : la force d'aspiration du couvercle avait créé un effet ventouse, un effet « faisons le vide », et le pot blanc à 2 euros n'y avait pas résisté et s'était racrapoté comme une vieille crêpe séchée, pour se transformer en une espèce de je ne sais pas quoi qui a volé à la poubelle illico presto.

Cette histoire me rappelle cette chanson : « un petit poisson un petit oiseau s'aimaient d'amour tendre, mais comment s'y prendre, quand on est là-haut...  un petit poisson un petit oiseau s'aimaient d'amour tendre, mais comment s'y prendre, quand on est dans l'eau... »

Oiseau, poisson, pot ou couvercle amoureux, finalement, même combat...