26
fév

Telle est prise qui croyait prendre

(ce billet a été écrit début janvier, d'où l'allusion aux soldes et à un train qui déraille, qui ne me serait pas venue à l'esprit après la catastrophe de Hal, bien sûr...)

Un jour comme les autres, à la caisse bondée d'un supermarché.

Devant moi, une femme comme toutes les autres, qui a fait ses courses et s'apprête à les payer.  Sauf que cette fois, sa carte ne fonctionne pas.  Elle a peut-être trop dépensé ce mois-ci, avec les soldes et tout.  Elle a peut-être atteint son plafond « négatif ».  Elle a peut-être une saisie sur salaire.  Elle a peut-être la surprise de voir sa carte bloquée par sa banque, comme je l'ai eu récemment, passque j'ai eu la super idée de vouloir transférer, de mon compte vue à mon compte épargne, 1000 eur, mais que j'ai tapé 10.000 au lieu de 1.000.  Il va de soi que lorsqu'un client tente de transférer 10.000 eur qui ne sont pas sur son compte sur un autre de ses comptes, c'est une grosse tentative de fraude, une méga escroquerie, qui nécessite le blocage de toutes ses cartes par sécurité.  Enfin soit, j'avais qu'à mieux compter mes zéros.

Bref, elle ne sait pas payer ses courses, elle n'a qu'un peu de monnaie (monnaye, comme on dit ici).

Alors, elle demande à la caissière de retirer un paquet d'articles, pour n'en garder que l'équivalent de la somme dont elle dispose en liquide.

La caissière, revêche comme pas deux, pousse de grands soupirs, met les articles de côté, et demande à la pauvre dame de ressortir tous ce qu'elle garde des sacs, « passque je vais devoir tout repointer, hein, pas le choix, pffffffffffffffffffffffff (soupir aussi long qu'un jour sans chocolat blanc spéculoos) ».

Et elle repointe, et la cliente paie avec sa maigre monnaie.

Et c'est à moi.

J'étale mes courses sur le tapis roulant, je tends ma carte du magasin, et j'attends.

Notre revêche sorcière caissière se met au travail, et pointe mes articles.  Arrivée au dernier, elle pousse de hauts cris et sa caisse se met à dérailler, pire qu'un train de marchandises en 1810.  L'écran s'éteint, se rallume, affiche sans cesse la totalité de mes achats mais refuse de faire le moindre total, puis s'éteint à nouveau, se rallume... Le manège dure plusieurs minutes, durant lesquelles je suis d'une patience d'ange.  La caissière s'excuse, mais je la rassure d'un « vous n'en pouvez rien », compréhensif.  Je suis de bonne humeur, et l'idée de lui lancer un « vous allez devoir tout repointer, hein, pas le choix, pfffffffffffffffffffffff », ne m'effleure même pas.  C'est pourtant ce qu'elle fait, tout repointer, après avoir réinitialisé sa caisse. 

Je ressors le barda de mes sacs recyclables, et elle repointe.

Et la caisse replante.  Et ça continue encore et encore, c'est que le début d'accord d'accord.  L'écran s'éteint, se rallume, affiche puis n'affiche plus, enfin on a déjà connu ça.

Soudain, éclair d'ingéniosité, ma caissière, de plus en plus angoissée, tandis que je suis de plus en plus souriante (ceci sans rire, je suis toujours de bonne humeur à cet instant T, et cette mésaventure commence à m'amuser énormément, vu ce qui s'est passé juste avant), réalise que c'est un, et un seul, article, qui fait tout planter.

Elle décide alors de ne plus le scanner, mais d'encoder manuellement son prix.  Comble de tout cela, cet article est gratuit, mais pour valider le bon, elle doit le scanner au préalable.

Sauf que, pour recommencer la procédure, elle doit scanner à nouveau toutes mes courses.  Ah, ah, ah, keskon se marre.  D'autant que j'ai du surgelé, mais je suis d'un calme olympien, étonnamment.  La file derrière moi s'allonge, mais je n'en ai cure, car je ne suis pas responsable (quand je le suis, responsable, qu'on attend un prix, ou que je rouspète pour quelque chose, là, je suis stressée, rouge tomate et suintante, mais ici, je suis zen, archi-zen, comme les chaussettes de l'archiduchesse, qui elles sont sèches).

Et je ressors à nouveau mes courses des sacs recyclables, et miss caissière scanne à nouveau le tout SAUF un.  Et le miracle se produit.  Ça maaaaaaaaaaaaarche.

Je peux alors emballer une troisième fois mes courses, payer, et au revoir miss caissière, bonne journée.  Elle se confond encore en excuses, me remercie énormément pour ma patience et me gratifie, en remerciement éternel, d'un paquet de cachets auxquels je n'ai pas droit... afin que je puisse avoir de nouveaux articles cadeaux (et que j'ai perdu depuis, donc j'ai pas eu mes cadeaux gratuits, dommach')...  

Ah, keskon se marre aux caisses de supermarché, ma bonne Dame.

 

22
fév

Je ne suis pas la seule à avoir une imagination débordante...

Je pensais être la seule à m'imaginer des choses.  Des tas de choses.

A me dire, au cinéma "ne mets pas tes pieds sous le siège devant, si ça s'écroule, pied cassé, hôpital, béquilles pour aller bosser, difficile dans escaliers, boss chéri fâché, douleurs, kiné, vie gâchée durant des mois, bus à cloche pied, pas de place, autre jambe cassée et c'est reparti pour un tour..."

A surprendre un regard masculin posé sur moi et me dire "rho il est beau il me plait je vais lui plaire on se mariera et on aura beaucoup d'enfants, mon prince et moi, une belle maison pleine de fleurs et de petits zoisiaux qui nous aideront pour le ménage, comme dans Cendrillon et ooh ooh ce sera le bonheur".

Et bien, non, je ne suis pas la seule à avoir les neurones en folie à tout bout de champ...

Vous le savez, mon laptop chéri adoré que j'aime d'amour est en panne depuis jeudi.  Enfin il est gravement malade, touché de plein fouet par la grippe H1N1 du laptop, j'ai nommé Worm Lsas Blaster Keylogger.

J'ai beaucoup pleuré sur la perte de mes données.  Puis j'ai beaucoup bossé pour récupérer mes données.  Mais le laptop était toujours mourant.  Ou mort.  Enfin presque.

Bien sûr, j'aurais pu attendre qu'une princesse charmante laptop vienne l'embrasser et le ramener à la vie, mais j'ignore si beaucoup de princesses laptop vivent à Namur.

Alors, quand une princesse charmante humaine lectrice du blog m'a procuré de l'aide, via son frère, pro de l'informatique, j'ai fait des petits bonds de joie et de soulagement.  Alléluia, qu'ils en soient éternellement, et plus loin encore, remerciés.

Ainsi donc (tautologie), lorsqu'on m'a demandé, vendredi et samedi, si mon laptop était réveillé, j'ai répondu que non, mais que pas de problème, no soucy, j'allais avoir de l'aide prochainement (alléluia, vous connaissez le topo). 

Mais les gens à l'imagination débordante n'étaient pas satisfaits.  Et ils n'eurent de cesse de vouloir en savoir plus sur cette aide qui me tombait du ciel.  Et moi d'expliciter, blog patati patata, lectrice patati patata, frère patati patata.

Et c'est là que leur imagination plus que débordante s'est mise en branle.

J'ai donc eu droit à tout un tas de scénarios tous plus rocambolesques les uns que les autres, dont je ne vous conterai que les deux plus surprenants, passque les autres sont tellement bateaux qu'il vaut mieux éviter, des fois que vous seriez en train de mastiquer quelque chose en lisant ceci, le risque d'étouffement consécutif à fou-rire étant trop important.  Mais deux scénarios (enfin scenarii), c'est déjà pas mal, histoire de vous donner une idée de la folie humaine :

"Méfie-toi petite Anaïs, c'est un drôle de hasard cet informaticien qui te tombe du ciel, si ça tombe c'est lui qui t'a envoyé le virus, histoire d'ensuite te rencontrer, fou d'amour qu'il est pour toi."  C'est clair que tout qui me voit sur Plug ne peut que tomber raide dingue de ma grosse tête de pomme, mon accent d'escargot namurois, rauque qui plus est (merci estomac refluant).  D'ailleurs je croule sous les propositions de mariage, alors par pitié, ne m'en envoyez plus, mon facteur me hait déjà et ma boîte mail explose au point que Yahoo ne veut plus de moi.  Je sais que vous m'aimez, et promis, si je parviens un jour à me cloner, y'en aura pour tout le monde.  Et puis tout le monde sait qu'en 2010, on n'envoie plus des fleurs, mais des virus, c'est plus "in".

Puis, ce fut l'apothéose de l'apothéose :

"Tout bien réfléchi, petite Anaïs, méfie-toi vraiment, passqu'à mon avis, c'est un tueur en série qui recrute ses victimes sur internet, en leur envoyant des virus, pour ensuite les attirer dans un traquenard et les couper en rondelles d'épaisseur égale, les congeler jusqu'à l'été et en faire un barbecue".  Oui, j'avoue, les rondelles et le barbecue, ça vient de moi, mais le reste, j'ai pas inventé, je le jure.  Et moi de répondre "Oui mais y'aura sa sœur".  "C'est encore pire et encore plus dangereux, une équipe entière de tueurs en série, encore plus plus plus risqué.  Comme Dutroux et sa femme.  Comme Fourniret et sa femme.  Donne l'adresse à toutes tes connaissances, histoire d'envoyer la police au plus vite si tu ne donnes plus signe de vie".

Keskon se marre hein, dans la vie de tous les jours.  Fou comme un événement somme toute anodin peut se transformer, via quelques troubles neuronaux, en un véritable roman.

Cependant, à l'heure où je vous publie ces lignes, je m'apprête à partir vers mon (cruel) destin.  Si ce blog reste vide plus de 48 heures, envoyez la police, passque finalement, je n'ai préviendu personne de l'endroit où je serai, petite inconsciente écervelée que je suis...

Allez, don't be shy, racontez-moi vos pires scénarios catastrophe...

 

17
fév

Je ne suis pas une femme comme les autres

Après un week-end, les conversations de bureau sont toujours passionnantes :

- comment ça va ?

- comme un lundi

- vivement vendredi

- oh bé oui

- passé un bon week-end

- oui et toi ?

- oui

Je résiste chaque fois à la tentation de dire « ça va pas du tout, passé un horrible week-end » pour tester les réactions.  Je parie que dans 99 % des cas, l'interlocuteur n'écoute pas la réponse, et ne réalise donc pas que, exceptionnellement, je ne réponds pas ce qu'il attend comme réponse.

Mais là n'est pas le sujet du billet, contrairement à ce que vous pourriez imaginer.

Le sujet, c'est que je ne suis pas une femme comme les autres, comme le dit si bien mon titre.

Ainsi, lundi, j'arrive au boulot.

Dialogue habituel.

- comment ça va ?

- comme un lundi

- vivement vendredi

- oh bé oui

- passé un bon week-end

Et là, je change un peu le dialogue, pour lancer une réplique d'une originalité folle (asseyez-vous, le choc peut être violent) :

- rho oui, trop court

Et la réponse surgit immédiatement :

- rho oui, à peine commencé qu'il est terminé, et on réalise qu'on a passé tout le week-end à frotter et nettoyer

Et là, mon cerveau est d'un coup tout tourneboulé, car il m'est impossible de répondre un truc classique comme « oh bé oui, à qui le dis-tu ».

Passque moi, j'ai pas passé mon week-end à nettoyer.  Ni frotter. Ni aspirer.  Ni rien de ce que font les femmes comme les autres.

Moi j'ai passé mon week-end :

A aller manger un bout dans un super petit resto namurois, Hémisphère Sud que ça s'appelle, un endroit que j'ai fréquenté durant toute mon adolescence, quand ça s'appelait encore Le Beffroi.  La déco a changé, grise et rose (quoique rose, c'était les cœurs, donc ça ne durera pas).  Les plats ont changé, maintenant ce sont des tapas (de mon jeune temps, je mangeais soit des fondus au parmesan, soit des cuisses de grenouille à l'ail).  Je vous conseille les tapas de pâtes, super jolis et bons.  Et puis la tortilla est géniale, de même que les ravioles au chèvre.  Un peu moins aimé la paëlla, trop sèche à mon goût, mais c'était peut-être un jour comme ça...  Vraiment, à tester, chouette endroit à Namur.

A aller dépenser mon argent en bijoux (parfois ce sont les fringues, parfois les chaussures, parfois ceci, parfois cela... c'est variable, of course, mais cette fois c'était les bijoux).

A aller prendre un verre sur une terrasse (chauffée) namuroise, avec les tas de degrés dont le Dieu Climat nous a gratifiés.  Morceau de bonheur, malgré la fumée de cigarette.

A bloguer.

A visiter le Bois du Cazier et à réaliser combien les conditions de travail était abominables, combien il faut toujours des drames dramatiquement dramatiques pour que les choses changent, et encore.

A écrire une nouvelle pleine de sang, de boyaux, de rate et de cerveau.

A manger du boudin (rien à voir avec l'activité qui précède).

A squatter mes toilettes (peut-être à voir avec l'activité qui précède).

A me la péter dans un endroit d'un snobisme fou (détails suivront).

A regarder la TV.

A prendre le train.

A manger des tapas (purée, je l'ai déjà dit, atteinte cérébrale indubitable).

A regarder des séries télé sur le PC.

A visiter le musée de la photographie de Charleroi et à m'extasier devant une photo de cochon et une de vache.  Rien à faire, les zanimos sont mes zamis.

A répéter un nouveau morceau au piano.  Mieux : à trouver les accords qui siéent à la musique.  Et j'ai réussi.  Bon, y'avait que deux accords, mais quand même, chuis fière comme un truand.

A bouquiner un thriller avec un tueur en série vilain pas beau qui fait super peur.

A faire du choco et du cake, ces trucs dont je vous ai donné la recette.

A lire mes mots clés.  A y réagir.

A faire la grasse matinée.

A ne rien faire.

A faire ce que j'aime.

Donc pas nettoyer, pas frotter, pas balayer, pas aspirer.

Rien de tout cela.

Non, vraiment, je ne suis pas une femme comme les autres.

Illu de Domie, qui révèle bien mon ressenti...

libre

10
fév

Escapade en Sibérie londonienne - jour 3

Déjà le dernier jour.

Après un second petit déj œuf, lards, saucisse élastique, pas de beans, nous partons pour la relève de la garde.

Le soleil est au garde-à-vous, au rendez-vous je veux dire.

Ça caille, mais y'a du soleil.

Et un monde fou.  Je n'ose imaginer ce que ça doit donner en plein été.

Nous squattons les meilleures places, une heure avant l'événement.  Une heure à lutter contre les envahisseurs, les resquilleurs, les emmerdeurs. Pas facile, mais on y parvient.

Ça commence et c'est chouette comme tout.  Le chien gris est chouette.  Les chevaux sont chouettes.  Les bêtes sur les têtes des militaires sont chouettes, chais pas ce que c'est, ces gros rongeurs noirs, mais c'est chouette. 

Et la musique est chouette, surtout quand, incroyable mais vrai, incredible but true, ils entament « Dancing Queen » d'Abba, poursuivent avec un mini-récital Abba et enchainent sur un autre mini-récital de Michael Jackson. 

Très chouette, la relève de la garde.  Frigorifiées, nous nous ruons dans un Hard Rock Café pour un hamburger gigantesque.

Ensuite, un petit tour à la foire... y'a pas foule, mais y'a un élan qui chante, et ça c'est cool.  Grosse discussion sur la différence entre les élans et les rennes.  Billet suivra, car c'est hautement scientifique, faut que ce soit un billet sérieux.  Un lac et des canards, par ce froid de canard, c'est logique, attirent mon attention.  C'est beau.  Décidément, la nature est toujours la plus belle chose qui soit.  Amen.

Enfin, encore quelques courses, dont l'achat d'un tas de cookies de Ben's Cookies, à manger en Gelbique, de quoi survivre durant le trajet de retour, et puis l'hôtel et direction la gare.

Pas de fouille à l'Eurostar cette année, ouf, ouf, ouf (toute façon j'avais été prévoyante, pas pris de sex toys pour être sûre, vu la fouille de l'an dernier).  On monte dans le train et c'est parti mon kiki.

A peine parti, le train s'arrête.  Glups.  Pour une durée indéterminée.  Tellement indéterminée que le retard va nous faire rater le dernier train à Bruxelles.  Nous décidons d'aller trouver le contrôleur pour voir si le train de Bruxelles nous attendra.  Il nous conseille d'aller en début de train, pour être le plus près possible de la sortie.  Pas de bol, à l'aller, nous étions en début de train, soit le plus loin de la sortie, à l'aller, nous sommes dans le dernier wagon, soit toujours le plus loin... ça doit avoir un rapport avec le tarif le plus bas ça, hein, ma bonne Dame.  C'est trop injuste.

Et nous voilà donc, trois femmes, trois valises, entamant une longue marche à travers les 18 voitures du train.  A travers les premières classes, où les hommes d'affaires snob et véreux ne bougent pas leurs pieds, exprès, m'obligeant à leur rouler dessus (bien fait).  A travers les secondes classes bondées ou les regards réprobateurs nous transpercent.  Nous démarrons à trois, mais à l'arrivée, nous sommes une bonne dizaine à marcher en file indienne dans les couloirs étroits du train, traînant ou portant nos sacs et valises.  Rouges.  Suantes.  Puantes.

A l'arrivée en tête du train, nous squattons les lieux, au milieu d'une abominable odeur de vomi.  Tout va très bien, Madame la Marquise...

Trois heures plus tard, donc, enfin quatre (et demi, pour la panne), j'aime plus le décalage horaire, nous voilà à Bruxelles.  Encore une heure de train, un peu de marche, un taxi, et retour au bercail.

Jeter son sac, enlever son manteau, sortir ses petits achats bonheurs, respirer la bonne odeur des cookies à dévorer dès demain, puis un gros dodo, car demain : bureau.

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9
fév

Escapade en Sibérie londonienne - jour 2

Réveil en douceur, par une grasse odeur de bouffe.  Oui, une odeur grasse, c'est possible, j'ai vécu.

Bon petit déj anglais.  Avec œuf.  Avec bacon.  Avec saucisse caoutchouteuse.  Sans beans.  Pas besoin de ça pour avoir les intestins bruyants, alors on va éviter.  Et puis, s'il y a un truc que je déteste, ce sont les haricots blancs.

Ensuite, nous nous essayons à Londres en bus à étage à l'air libre.  Spécial touristes fous qui n'ont pas la notion de la température.  A l'étage, trois pelées et deux tondues.  Les trois pelées, c'est nous.  Finalement, il fait pas si froid.  Et y'a même du soleil.

Avant d'embarquer, nous achetons des cache-oreilles.  Choix délirant.  Je dégotte la « paire » (ben oui quoi, ça cache deux oreilles que je sache), la plus délirante, des têtes de lapin, avec des strass et tout, trop meugnons tout plein.

Le trip dure 2 heures 20.  Et durant ces 2 heures 20, occupées à regarder le paysage, corps contracté par le froid, nous ne réalisons pas qu'en fait, il fait vraiment extrêmement froid.  Notre corps a dû se mettre en hypothermie sans prévenir, le filou, car une fois descendues du bus, celui-ci se remet en marche (le corps, pas le bus, bien que le bus se remette également en marche), relance la circulation sanguine, et réagit enfin au froid en tremblottant.  J'ai jamais tremblé autant de ma vie.  Même mes dents claquent toutes seules.

Frigorifiées, nous nous ruons dans le pub repéré la veille pour y déguster des patates farcies à la crème sûre et au cheddar.  A damner un saint.  Et ça réchauffe.  Réel bonheur gustatif que ce moment de dégustation, après une si grosse crise de tremblotte.  Discussion passionnante sur l'orthographe et les perles repérées dans le cadre de notre boulot : « prix mordial » (primordial), « à prix au riz » (à priori), « un taux de 10 % lent » (l'an), « à dé quoi » (adéquat)... et j'en passe.  Certifié vécu et approuvé...

En sortant, des barrières attirent notre attention : c'est la grande première de Sherlock Holmes, avec le super beau Jude Law et le tout aussi beau Robert Downey Junior.  Et ils seront présents.  J'aimerais vous dire que nous avons été conviées, que Jude (ou Robert, peu importe) a eu le coup de foudre et que la date de notre mariage est fixée.  Mais non.  Le film est prévu au soir, c'est le début de l'aprèm, et la foule est déjà présente, donc on évitera.

Vient alors le moment du super shopping...  Rha, j'aime pas le shopping à Namur, mais à Londres, faut avouer que c'est sympa. 

On commence par une caverne d'Ali Baba en matière de CD et DVD (mais tous en VO sans sous-titres français).  Les achats commencent (livres Twilight pour ma filleule, Susan Boyle, CD Twilight...).

Ensuite, un magasin Pandora pour bibi.  Les achats continuent (un petit hérisson tout mignon pour mon bracelet dont je vais bientôt vous parler).

Un magasin « de tout », avec des produits de beauté, des coffrets, des médicaments, des crèmes.  J'achète des Rennie.  Achat hautement glamour, qui me servira néanmoins un peu plus tard, quand mon estomac dansera la java.

Puis un magasin de jouets (Hamleys je crois), où je vais d'un étage à l'autre, envoyée par les conseillères, pour trouver des boîtes à musique finalement inexistantes.  Tchu.  M'énerffffffent les londoniens.

Ensuite, un magasin dont j'ai oublié le nom, où nous nous offrons un délire avec les jelly beans.  Interdit de les manger dans le magasin, bien sûr.  Nous goûtons tout dans le magasin, bien sûr.  Et y'en a des goûts, que du bonheur.  Les achats, encore et encore (un petit sachet de bonbons).  Me demande si c'est pas le magasin de jouets dont question ci-avant.  Enfin on s'en fout.

Et pour finir, en beauté, Harrod's.  C'est là que le drame se produit : je dois faire pipi.  Et là, je vous le dis, devoir faire pipi chez Harrod's, c'est pire qu'un jeu de piste chez les Scouts.  Passque sur le plan, on est au sous-sol, là oùsqu'il y a les trucs souvenirs pour touristes-pigeons, et je vois les toilettes tout au fond, là-bas, au bout.  Donc je marche jusqu'au bout, mais j'y arrive pas, au bout.  Je réalise alors que pour aller au bout, faut repasser par le rez.  Je vous dis pas si y'a le feu, on meurt tous carbonisés, ceux du sous-sol.  Donc je remonte au rez, là oùsqu'il y a plein de trucs super bons et super chers à manger.  Et je demande mon chemin.  Les toilettes, c'est au premier, qu'on me dit, rayon dames.  Je monte au premier, je zigzague durant des minutes interminables dans le rayon hyper luxe où le moindre top est à 169 euros, je traverse tout le magasin et je trouve des toilettes.  Jolies, les toilettes.  Ensuite, chemin en sens inverse pour retrouver mes comparses, qui étaient à deux doigts d'alerter la police pour Anaïsnapping.  J'achète un sac et un renne vibrant (une déco hein, qu'allez-vous donc imaginer).

Petit détour par le rayon pianos.  Superbes pianos.  Superbe morceau de la Belle et la Bête (Disney) joué par un antipathique vendeur aussi hautain que ... ben je sais pas que qui.  Jamais vu ça.  Harrod's, quoi...

Epuisées, nous atterissons dans un bar à sushis génial.  Vous savez, ces bars où les sushis défilent sur un tapis roulant et où on n'a qu'à se servir.  Et je me sers : des sashimis au thon, un assortiment de sushis et makis au saumon.  Vient le moment du dessert.  Notre bonne conscience nous pousse à prendre le ravier de fruits qui passe et repasse.  Notre mauvaise conscience nous incite à goûter ces crêpes à la crème et au coulis de framboise.  Bon, le destin va décider : « le prochain qui passe sous nos yeux on prend ».  Passent les fruits.  « Bon, le second prochain ».  Passent encore des fruits.  « Allez, le troisième prochain ».  Enfin les crêpes : un régal. 

Hyper-épuisées, de plus en plus d'ailleurs (et mal aux pieds aux mollets aux genoux aux cuisses au dos) nous regagnons notre hôtel.  Je suis tellement fatiguée que je sors un magistral « si je gagnerais ».  Me faudra plus de trente secondes pour corriger... Shame on me.  Et lorsque je lance, dans un délire morbide, « si je meurs, partagez-vous mes achats », aucune compassion en retour, juste un « bon, alors, keske je prends... » en zieutant mes sacs.  Vaut mieux entendre ça qu'être sourde.

Un gros dodo et il n'y paraîtra plus.

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