25
mar

J’ai testé « fabrique ton petit objet en cuir Delvaux »

L'autre samedi, j'ai été invitée chez Delvaux, le fabriquant belge de sacs de luxe.  Ah ben si, de luxe, passque le sac que j'ai repéré, même que je l'aimeuh d'amoureuh, un superbe sac noir bien vaste dans lequel mettre un tas de brol (son nom, c'est Covent Garden, choli non ? je l'aime en noir, je le précise des fois qu'un mécène passerait par ici, et je mets une photo, pour pas que le mécène se trompe), bref ce sac, il est à 1.450 eur.  Naaaaaaaaaaaaaaaan, je n'ai pas mis un zéro de trop.  C'est bien son prix. 

Qui, en 2010, peut s'offrir un sac à 1.450 eur ?

Pas grand monde...

Et pourtant beaucoup de monde...

Bref, j'ai été invitée chez Delvaux, afin de fabriquer « mon petit objet en cuir Delvaux ».

Et là, vos petits yeux pernicieux et vicieux se disent (oui, ça parle, des yeux) « si elle a été invitée, c'est qu'elle est une super bonne cliente de la mort qui tue la vie ».

Et bien la réponse... tadaaaaaaaaaam... est non.

J'ai rien de chez Delvaux.  Enfin si, deux petits porte-clés reçus la fois où Ciné-Revue fêtait ses je ne sais combien d'années et que j'avais gagné une invitation pour un film, avec champagne, petits fours et porte-clés Delvaux, avec le logo Ciné Revue derrière, ce qui enlève tout le côté « ça en jette » de la chose.

Donc j'ai rien de chez Delvaux.

Mais j'ai une amie super hypra hyper énormissimement bonne cliente de chez Delvaux.  Et, pour répondre à vos yeux pernicieux et vicieux, c'est pas pour ça qu'elle est mon amie, non mais.

Et donc elle a été invitée chez Delvaux pour fabriquer son « petit objet en cuir ».  Et vu que je suis la seule à encore oser l'accompagner dans ce magasin très, dirons-nous, particulier, elle m'a proposé de fabriquer moi aussi mon « petit objet en cuir ».

Bien sûr, ça m'a bottée, mieux encore que mes nombreuses paires de bottes Pataugas, vous pensez : avoir, enfin, un objet Delvaux.  Gratuit.  Et made by Bibi.  Que du bonheur.  Bonheur dont j'ai demandé confirmation trois fois, histoire de ne pas être jetée à la rue comme une SSD (la SDF de chez Delvaux : SSD comme Sans Sac Delvaux) lorsque je franchirais les portes bien gardée du magasin, en compagnie de mon laissez-passer.  Apparemment, la règle du magasin est « la (super bonne) cliente est reine, ne lui refusez rien ».  Donc, j'ai pu accompagner.

Et j'ai accompagné.

Il faut le reconnaître, l'accueil est hyper gentil.  Genre cirage de pompes.  Voire frotte-balle.  Voire encore lèche-cul.  Surtout pour les clientes, dont je ne fais pas partie, et ça, tout le monde le sait.  Ça se voit, comme si les clientes se repéraient entre elles.  Facile, elles sont toutes venues avec leur sac Delvaux.  Moi j'ai mon sac argenté reçu gratos via ce blog (merci mon blog, je t'aime mon blog), dont valeur, tout de même 140 eur, ce qui me semble déjà vachement cher.  Il est en cuir.  Argenté.  Mais pas Delvaux.  Shame on me.

Donc, l'accueil est agréable, assorti de café et jus de fruits, puis nous nous mettons au travail.  On n'est pas ici pour s'amuser, non mais.  L'artisan nous propose de choisir parmi divers coloris de pièces de cuir, afin de réaliser une petite pochette, de nos blanches et agiles petites menottes.  Je me rue sur le noir.  Noir qui s'avère être un bleu marine.  Argh, je m'en veux, j'aurais pas dû prendre cette couleur, même si avec le fil turquoise, ce pourrait être joli.  Je profite cependant de l'arrivée tardive d'une mère et de sa fille pour procéder à un échange discret du bleu marine contre le vert anis, qui ira supeeeeeeeeeeer bien avec le fil mauve, enfin violet qu'on dit Anaïs.  Echange réussi.

Autour de la table, à part l'artisan, que des femmes.  L'ambiance est sympa, je dois dire, même si on sent que le milieu n'est pas identique au mien.  Ça se sent, c'est inexplicable, c'est ainsi.  Je me sens un peu du quart monde, si vous voyez le topo.

L'activité commence.  Elle consiste tout d'abord à enduire les bords de notre pièce de cuir d'un genre de vernis, très liquide.  Coloris au choix.  Et là encore, les coloris ne sont pas comme ailleurs.  Pas de rouge, bleu marine, turquoise et mauve, mais des noms à coucher dehors, que j'ai d'ailleurs oubliés, mais genre carmin estival pour le rouge, nuit sans étoile pour le bleu marine (ce qui fait que je l'ai pris pour du noir, vous pigez mieux maintenant), violette sauvage pour le mauve... et pour le turquoise, je crois m'étrangler avec mon jus de pomme : bitch.  Vous lisez bien, « bitch », ce terme anglais signifiant « fille de joie », en langage Delvaux, et « pute » en langage Anaïssien.  Bitch !  Une autre invitée a la même pensée que moi, je le vois, je croise son regard.  Puis nous comprenons.  Pas bitch, beach.  Beach comme plage, sable, coquillage et mer turquoise.  CQFD. Leçon pour Delvaux : apprendre à ses artisans à prononcer beach « biiiiitch » et pas « bitch », c'est plus sûr. 

Je choisis donc le mauve (violette sauvage) et j'enduis consciencieusement ma pièce de cuir vert anis (enfin, le nom doit être différent, mais je n'ai pas retiendu, mes escuuuus).  Nous enduisons consciencieusement.  Y'a des rapides et des moins rapides.  Je fais partie des moins rapides, passque je suis perfectionniste.  Et passque je perds deux plombes sur une bavure de mauve que j'ai faite, sur le rabat de ma pochette, titchu.

Après séchage, l'atelier couture commence.  Avec du fil, mauve toujours, nous confectionnons notre pochette, la fermons, la relions.  Elle est jolie, il faut le reconnaître, cette petite pochette.  Et puis ce sera une pièce unique.  Et, durant le travail, notre maître artisan nous explique les petits secrets de fabrication, et c'est captivant.  On sent qu'il est passionné.  Et ça passionne d'autant plus.

Une fois la couture terminée, la finition revient à notre spécialiste, qui clipse les fermoirs.  Des fermoirs estampillés Delvaux, excusez du peu.

Ensuite, remise des certificats d'authenticité.  « Fabriqué par Anaïs, contrôlé par... ».  Excusez du peu.  Keske je me la pète grave de chez grave.

J'ai fabriqué ma pochette Delvaux à moi rien qu'à moi toute à moi.  Avec le recul, j'aurais dû prendre le cuir bleu marine, avec le turquoise.  Et pas le vert, trop salissant.  Tant pis.

Merci Delvaux.  Enfin surtout merci à mon amie super bonne cliente qui a eu la super bonne idée de m'inviter à cet atelier.  C'était que du bonheur.  Bon, cette ambiance cirage de pompes, ce n'est pas mon truc, surtout que mes pompes à moi, on les cire pas de la même façon, je ne suis pas cliente, et ça se sent. Bien sûr, j'ai droit aux sourires, bien sûr, les vendeuses sont adorables, mais moi, on ne me fait pas du « Méééédéééééme Anaïs » à chaque phrase.  Car moi, je ne claquerai pas mon fric sur place, et ça, ça se sait, ça se sent.

Quoique... ce sac à 1.450 eur... c'est normal que j'en rêve chaque nuit depuis lors ?

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23
mar

Il y a de la vie sur Ebay !

J'ai longtemps cru (en réalité, je crois depuis toujours), qu'Ebay était une autre planète, sur laquelle vivaient des martiens.  Ridicule, vu que les martiens, ça vit sur Mars, logiquement, et pas « sur une autre planète ».  Ridicule encore, vu qu'il n'y a pas de vie sur Mars, enfin semble-t-il.  Mais j'y croyais dur comme fer.  A défaut de martiens, je pensais que des robots, des androïdes, des clones, enfin, appelez-les comme bon vous semble, des êtres venus d'ailleurs et de nulle part à la fois, géraient Ebay.

Ça vous étonne ou ça confirme votre opinion ?

Passque, et c'est un peu comme ça partout maintenant, pour avoir affaire à un humain, sur Ebay, faut se lever plus tôt que tôt.  Je n'y suis pour ma part jamais parvenue. 

Il y a quelques années, j'ai été victime d'une arnaque sur Ebay.  Très mauvaise idée d'acheter quoi que ce soit à quelqu'un qui est nouveau vendeur et n'a aucune évaluation.  Sauf que moi, je me disais, « on est tous passés par là, on a tous vendu notre premier objet un jour, alors il faut aussi laisser une chance aux nouveaux ».  Depuis que j'y ai perdu des plumes et surtout de l'argent, la Mère Theresa que j'étais à l'époque s'est changée en Mère Cruella. 

Et même avec cette arnaque, pour laquelle j'ai porté plainte à la police, ainsi que de nombreuses autres victimes, fournissant un paquet de preuves, jamais je n'ai eu affaire à un moindre humain bossant chez Ebay.  Pour la petite histoire, la police ne fut pas plus compétente, car je n'ai jamais eu aucun retour des plaintes, alors qu'ils disposaient d'un nombre incroyable d'éléments, dont notamment des numéros de comptes bancaires.  Mais quand je vois actuellement comment ça fonctionne, à la police Namur, je comprends mieux. Ça mériterait un billet entier, adjugé...

Retour donc sur Ebay, où j'ai été escroquée en tant qu'acheteuse.  Dans le plus grand silence de l'équipe de robots.

Et même en tant que vendeuse, impossible de parler à un quelconque humain.  Le site est labyrinthesque, sans doute pour dissuader, à grands coups de « clics » pour aller ici, là, ou encore là-bas, en passant par ici et en repassant par là, tout qui voudrait parler à un interlocuteur, ou à défaut envoyer un mail qui sera lu par un être humain qui répondra avec ses dix doigts, et non scanné et suivi d'une réponse automatique n'ayant rien à voir avec la question.  Quand j'ai voulu vendre un parfum, un vrai de vrai, authentique, et tout et tout, ça m'a été interdit en raison d'obscures raisons liées à la contrefaçon.  Impossible d'en savoir plus, et mes demandes de renseignements attendent réponse depuis, au bas mot, le 1er mai 2002.  Ne jamais envoyer un mail le jour de la fête du travail, petite Anaïs.

Donc, pour moi, je le dis et le redis, Ebay est un monde de robots, géré par des robots, punt aan de lijn.

Mais ce soir (enfin à l'heure où vous lirez ces lignes, hier soir), j'ai eu une grande révélation : il y a bien de la vie sur Ebay.  Oui !!

Passque mon annonce, passée vers 20 heures, a été quasi immédiatement supprimée, pour non respect des conditions.  Et ce ne peut être l'acte d'un robot, car il eût fallu qu'il sache lire, ce robot.  Lire et comprendre ce qu'il lit.  Ce qui n'est pas donné à tout robot, quand bien même il s'appellerait Nono, l'ami d'Ulysse.

J'en suis persuadée, c'est bel et bien un humain qui a supprimé mon annonce, et m'a ensuite adressé un mail standard pour me le signaler.  Sans explication, of course, faut pas trop rêver non plus Anaïs.  Mais ce fut si rapide que j'en suis encore estomaquée.

Et tout bien réfléchi, maintenant que je l'écris, ce ne peut être un humain.  C'est nin possip alleye une fois.  Car combien d'humains bosseraient alors là, pour lire, une à une, les milliers d'annonces qui fleurissent chaque matin comme la rose printanière et décider celles de qui passent à la trappe ?

Mais comment alors, en scannant mon annonce, un robot a-t-il pu conclure qu'elle n'était pas conforme au règlement ?  Et d'ailleurs, en quoi ne l'était-elle pas ?  Elle était pourtant super mon annonce, originale, colorée, et tout et tout.  Snif.  Je ne comprends pas.  Et vous ne comprendrez jamais, car l'annonce a disparu dans les méandres d'Ebay, à tout jamais.  Dommage, elle était jolie mon annonce.

Bon, je reviens, je vais réfléchir encore une nuit ou deux afin de savoir s'il y a vraiment de la vie sur Ebay...

15
mar

La journée des étoiles filantes

Vous connaissez tous la nuit des étoiles filantes, bien sûr.  Elle survient en août, et pour tout vous avouer, j'ai eu beau scruter, je n'ai jamais rien vu.  Jamais jamais jamais.

Mais la journée des étoiles filantes, vous connaissez ?

Moi j'ai testé.  Et approuvé.  Car j'en ai vu plein, d'étoiles filantes.  Et j'ai donc fait plein de vœux, tant qu'à faire.

Vous voulez la recette ?

Allez, c'est bien passque c'est vous.  Et passque c'est fastoche.

Prenez une collègue qui a tendance au postillonnage.  Bon, ce mot n'existe pas, mais vous avez compris.  Postillonnage = art de faire des postillons.  Postillons = petite goutte de salive projetée involontairement par quelqu'un lorsqu'il parle.

Placez votre collègue postillonneuse dans un rayon de soleil.  Les probabilités d'avoir du soleil dans votre bureau sont plus hautes que celles de voir une étoile filante dans le ciel au mois d'août, sauf si vous bossez dans une cave (j'ai testé, je compatis avec vous, moi qui ai désormais accès à une fenêtre, youpiiiie).  Si pas de soleil au bureau, traînez la collègue, au moyen d'une excuse bidon, dehors.

Ensuite, quand elle est bien au centre du rayon lumineux, invitez-la à parler le plus possible.

Tenez-vous suffisamment éloigné(e) pour ne pas être atteint(e) par les postillons, passque c'est plein de bave, par définition, un postillon.

Concentrez-vous pour repérer les postillons qui sortent.  Enfin... les étoiles filantes.

Si, je vous le jure, ça ressemble à la nuit des étoiles filantes. Sauf que c'est la journée des postillons ensoleillés.

Testé et approuvé je vous dis.

Et le plus génial, c'est qu'on peut faire des tas et des tas de vœux !

Allez, à vous...

 

12
mar

J'ai testé la chasse à la balle (pas) magique

L'autre jour, je suis partie en quête d'un cadeau.  L'idée était simplissime : une balle.  Une balle pour fillette, donc avec des motifs pour fillette, of course.

Là où ça a commencé à se complexifier, c'est quand j'ai appris que ladite fillette avait déjà : une balle Hello Kitty, une balle La princesse et la grenouille, une balle Dora, une balle Fée Clochette et une balle Princesses Disney.

Il me restait cependant un monceau de possibilités, et c'est donc, le cœur léger et pleine d'optimisme que je suis partie en ville à la recherche d'une balle pour fillette.

Première étape, Blokker.  J'ai souvenance que ce magasin regorge de balles.  C'est le spécialiste de la balle.  Je déchante très vite.  Pas la moindre petite balle.  Pas même un ballon de foot d'un classicisme qui déprimerait toute gamine avide de balles pour filles.

No stress, Anaïs, va dans un magasin de jouets, c'est plus sûr.

Je sors de Blokker et entre à côté, magasin de jouets dont j'ignore le nom.  Je fais quatre fois le tour, sans trouver de balles.   La taupe que je suis s'adresse donc à la caissière, qui me montre du doigt un panier métallique rempli de balles.  Victoire.  Des balles.  Je m'approche, et n'y trouve que des balles Hello Kitty et des balles Princesses Disney. Titchu. Pourkwaaaaa cet enfant a-t-elle déjà une balle Hello Kitty et une balle Princesses, hein, pourkwaaaaaaaaaaaaa ?

Je m'oriente donc vers le piétonnier, où un magasin Broze sans doute plein de balles m'attend.  En chemin, je passe par hasard devant un joli magasin de jouets plein de jolies choses.  Par la fenêtre, je crois voir des balles.  J'entre.  Ce n'était qu'un mirage, pas de jolies balles colorées et décorées.  Rien.

J'arrive chez Broze.  A nouveau, plusieurs tours du magasin sans trouver de balles.  Pourquoi ils cachent leurs balles, dans les magasins de jouets, m'enfin !  J'interroge un vendeur, qui m'entraîne dans le rayon balles, tout au fond du fond du fond du magasin.  Et je découvre DEUX balles Princesses Disney.  Une super jolie, rose, pleine de princesses.  Et une super moche, d'un verdasse vomitif, avec un semblant de princesses, toutes floues, comme si la personne ou la machine qui avait appliqué les dessins était atteinte d'une forme grave de Parkinson.  Quoi qu'il en soit, je sais que je ne peux acheter une balle Princesse Disney.  Je n'ai pas exigé de photos (note pour tous les prochains cadeaux : demander des photos détaillées, sous tous les angles - même si prendre des balles en photo « sous tous les angles » semble absurde).  Mon instinct me dit que la petite a déjà la super jolie... et je n'ai pas envie d'acheter la super moche. 

Je ressors, un peu dépitée, mais me console en pensant au prochain magasin, à côté du Match.  Un super grand magasin qui sera plein de balles, j'en suis convaincue (méthode Coué).  Une fois sur place, je réalise avec une horreur qui n'a d'égale que ma stupeur que le magasin a disparu.  DISPARU !  Volatilisé.  Evaporé.  Envolé.  Remplacé par un magasin à brols asiatiques, si mes yeux de taupe ne me trompent pas.

Tout espoir est donc perdu.  Plus aucun magasin en vue.  Plus de balle en vue.  Rien, nada, niente.  Je ne sais pas moi, je pensais à une balle Ratatouille, une balle Cendrillon, une balle Blanche Neige, une balle Sept Nains, une balle Vilaine sorcière (y'a toujours une vilaine sorcière dans tous les Disney, le choix est donc vaste), une balle Belle et la Bête, une balle Mulan, une balle Petite Sirène, une balle Pocahontas, une balle Roi Lion, enfin quoi, une balle avec un personnage Disney, ou alors une balle Barbie, c'est bien aussi ça, Barbie.  Bref, une balle pour fille.

Ça doit bien exister, non, ce genre de balle ?

Et bien non, ça n'existe pas en février.  C'est pas de saison, ma bonne Dame, les balles, en hiver.  Revenez au printemps ou en été, là y'aura d'la balle.

Même pas repéré la moindre balle Cars, Toystory, Spiderman, que je n'aurais bien sûr pas pu acheter, passqu'on n'offre pas une balle pour petit mec à une petite fille, c'est clair, mais c'est vous dire à quel point les balles décorées sont une denrée totalement rare en février.

La déprime me guette, l'angoisse me tenaille.  Oùsque je vais bien pouvoir trouver une balle.  J'implore dieu et tous les saints, mais pas d'apparition miraculeuse d'une balle, non.

Désespérée, je me rabats sur l'Inno, afin de trouver, au moins, une carte d'anniversaire, ce sera déjà ça.  Et pour la balle, j'aviserai demain.  Une fois à l'Inno, je réalise que le rayon cartes s'est réduit comme peau de chagrin, mais il en reste tout de même quelques-unes.  Je suis en train de les reluquer et de tenter de faire un choix lorsque mon attention est attirée par une chose rose et ronde qui me fait de l'œil : une balle.  Une balle !  Je m'approche à petits pas, histoire qu'elle ne s'enfuie pas en roulant comme une championne de F1, je l'attrape subrepticement et je la regarde.  C'est une balle Princesse Lillifée.  Connais pas.  Elle est jolie.  Rose.  Avec une princesse dessus, apparemment portant le doux nom de Lillifée.  Adoptée.  Peu importe son prix, non indiqué (illégal ça, ma bonne dame), c'est la seule balle de toute la ville de Namur, je la veux.

Je me rue donc à la caisse, munie de mon précieux achat.  Et je demande un emballage cadeau.  Le regard de la vendeuse me glace.  Apparemment, elle aime pas faire des emballages cadeau.  Ou alors elle aime pas emballer des balles.  Ou encore les deux.  Mais j'insiste.  Et elle obtempère, non sans m'avoir lancé plusieurs « ça va pas être facile », « ça sera pas beau hein », « pffffffffffffff », « repfffffffffffff », « re repfffffffffffffff ».

Je sors enfin du magasin, ma balle emballée (elle a raison, c'est moche, une balle emballée, mais on s'en fout) sous le bras.

Une fois chez moi, je réalise que j'ai oublié la carte d'anniversaire...

Le lendemain, j'offre ma balle.  Et le plus rigolo dans l'histoire, c'est que, si nous, les adultes, pouvons, d'un regard sur le contenant, savoir l'emballage, deviner le contenu (ooooh, un CD, ooooh, un DVD, oooooh, une raquette de tennis, oooooh, une guitare), il semble que les fillettes de six ans, pardon sept ans, en voyant un emballage moche et rond, totalement rond, ne réalisent qu'il s'agit d'une balle qu'après l'avoir déchiré, pour s'écrier « ooooooooooooooh une balle », les yeux pétillants et le sourire banane.

Ouf, elle aime sa balle Princesse Lilifée.  Ou bien elle fait semblant.  Tant mieux, sinon je la lui aurais fait avaler.  Non mais.

11
mar

Y’a du chameau dans l’air

Je lis hier dans un Elle relativement récent, soit de 2007 (l'ancienneté des magazines étant toute relative pour moi), qu'Alix Girod de l'Ain a testé une journée sans culotte.  Comme quoi, je ne suis pas la seule à avoir ce genre d'idées (zavez pas lu que j'ai osé vivre nue ?).  Sauf qu'Alix, elle est payée pour le faire.  Pas moi.  "Inéquitabilité" de la vie.  Elle opte pour un pantalon et commente, je cite « ma fille de 14 ans m'informe discrètement de l'effet 'pied de chameau' de mon entrejambe ».  Il m'a fallu un long moment de réflexion pour comprendre le sens de cette expression.  Soudain, j'ai tilté.  Une histoire de chameau.

Quelques heures plus tard, je feuillette un autre magazine, lorsque j'y découvre une photo en gros plan d'une tête de chameau.  Après examen approfondi, j'en conclus que j'aurais plutôt, pour ma part, intitulé ce problème d'entrejambe sans culotte l'effet 'museau de chameau'.  Une histoire de chameau.

Hier également, une lectrice adorable m'informe de l'histoire de cette Australienne, fan des animaux exotiques, qui a reçu un chameau pour son anniversaire.  L'animal en rut, qui avait déjà tenté de violer la chèvre de sa propriétaire, s'est pris d'une soudaine envie de copuler avec celle-ci (la propriétaire, pas la chèvre), et l'a écrasée.  Morte.  Elle est.  Une autre histoire de chameau.

Dois-je voir un signe dans cette apparition soudaine des chameaux dans mon humble existence ?  Que j'ai un caractère de chameau ?  Que je vais rencontrer un homme doté d'un tel caractère ?  Que je vais tester une journée sans culotte avec entrejambe 'museau de chameau' ? 

Qu'importe, il est de toute façon clair que plus jamais je ne regarderai un chameau comme avant... des pieds à la tête !

Merci à Flo pour ce cham... euh ce dromadaire. Titchu, c'est quoi ce binz, un dromadaire !

NDLR : la lectrice sympa est finalement une vilaine fille, qui m'a harcelée depuis des semaines afin que je poste ce billet écrit y'a un petit temps.  Le voici donc, contrainte et forcée que j'ai été.

NDLR : ce billet est vieux comme le monde, au point que je ne sais même plus de quelle lectrice je parlais, shame on me, si elle se reconnaît, qu'elle soit heureuse, voici enfin ce billet...

chameau