15
mar

La journée des étoiles filantes

Vous connaissez tous la nuit des étoiles filantes, bien sûr.  Elle survient en août, et pour tout vous avouer, j'ai eu beau scruter, je n'ai jamais rien vu.  Jamais jamais jamais.

Mais la journée des étoiles filantes, vous connaissez ?

Moi j'ai testé.  Et approuvé.  Car j'en ai vu plein, d'étoiles filantes.  Et j'ai donc fait plein de vœux, tant qu'à faire.

Vous voulez la recette ?

Allez, c'est bien passque c'est vous.  Et passque c'est fastoche.

Prenez une collègue qui a tendance au postillonnage.  Bon, ce mot n'existe pas, mais vous avez compris.  Postillonnage = art de faire des postillons.  Postillons = petite goutte de salive projetée involontairement par quelqu'un lorsqu'il parle.

Placez votre collègue postillonneuse dans un rayon de soleil.  Les probabilités d'avoir du soleil dans votre bureau sont plus hautes que celles de voir une étoile filante dans le ciel au mois d'août, sauf si vous bossez dans une cave (j'ai testé, je compatis avec vous, moi qui ai désormais accès à une fenêtre, youpiiiie).  Si pas de soleil au bureau, traînez la collègue, au moyen d'une excuse bidon, dehors.

Ensuite, quand elle est bien au centre du rayon lumineux, invitez-la à parler le plus possible.

Tenez-vous suffisamment éloigné(e) pour ne pas être atteint(e) par les postillons, passque c'est plein de bave, par définition, un postillon.

Concentrez-vous pour repérer les postillons qui sortent.  Enfin... les étoiles filantes.

Si, je vous le jure, ça ressemble à la nuit des étoiles filantes. Sauf que c'est la journée des postillons ensoleillés.

Testé et approuvé je vous dis.

Et le plus génial, c'est qu'on peut faire des tas et des tas de vœux !

Allez, à vous...

 

12
mar

J'ai testé la chasse à la balle (pas) magique

L'autre jour, je suis partie en quête d'un cadeau.  L'idée était simplissime : une balle.  Une balle pour fillette, donc avec des motifs pour fillette, of course.

Là où ça a commencé à se complexifier, c'est quand j'ai appris que ladite fillette avait déjà : une balle Hello Kitty, une balle La princesse et la grenouille, une balle Dora, une balle Fée Clochette et une balle Princesses Disney.

Il me restait cependant un monceau de possibilités, et c'est donc, le cœur léger et pleine d'optimisme que je suis partie en ville à la recherche d'une balle pour fillette.

Première étape, Blokker.  J'ai souvenance que ce magasin regorge de balles.  C'est le spécialiste de la balle.  Je déchante très vite.  Pas la moindre petite balle.  Pas même un ballon de foot d'un classicisme qui déprimerait toute gamine avide de balles pour filles.

No stress, Anaïs, va dans un magasin de jouets, c'est plus sûr.

Je sors de Blokker et entre à côté, magasin de jouets dont j'ignore le nom.  Je fais quatre fois le tour, sans trouver de balles.   La taupe que je suis s'adresse donc à la caissière, qui me montre du doigt un panier métallique rempli de balles.  Victoire.  Des balles.  Je m'approche, et n'y trouve que des balles Hello Kitty et des balles Princesses Disney. Titchu. Pourkwaaaaa cet enfant a-t-elle déjà une balle Hello Kitty et une balle Princesses, hein, pourkwaaaaaaaaaaaaa ?

Je m'oriente donc vers le piétonnier, où un magasin Broze sans doute plein de balles m'attend.  En chemin, je passe par hasard devant un joli magasin de jouets plein de jolies choses.  Par la fenêtre, je crois voir des balles.  J'entre.  Ce n'était qu'un mirage, pas de jolies balles colorées et décorées.  Rien.

J'arrive chez Broze.  A nouveau, plusieurs tours du magasin sans trouver de balles.  Pourquoi ils cachent leurs balles, dans les magasins de jouets, m'enfin !  J'interroge un vendeur, qui m'entraîne dans le rayon balles, tout au fond du fond du fond du magasin.  Et je découvre DEUX balles Princesses Disney.  Une super jolie, rose, pleine de princesses.  Et une super moche, d'un verdasse vomitif, avec un semblant de princesses, toutes floues, comme si la personne ou la machine qui avait appliqué les dessins était atteinte d'une forme grave de Parkinson.  Quoi qu'il en soit, je sais que je ne peux acheter une balle Princesse Disney.  Je n'ai pas exigé de photos (note pour tous les prochains cadeaux : demander des photos détaillées, sous tous les angles - même si prendre des balles en photo « sous tous les angles » semble absurde).  Mon instinct me dit que la petite a déjà la super jolie... et je n'ai pas envie d'acheter la super moche. 

Je ressors, un peu dépitée, mais me console en pensant au prochain magasin, à côté du Match.  Un super grand magasin qui sera plein de balles, j'en suis convaincue (méthode Coué).  Une fois sur place, je réalise avec une horreur qui n'a d'égale que ma stupeur que le magasin a disparu.  DISPARU !  Volatilisé.  Evaporé.  Envolé.  Remplacé par un magasin à brols asiatiques, si mes yeux de taupe ne me trompent pas.

Tout espoir est donc perdu.  Plus aucun magasin en vue.  Plus de balle en vue.  Rien, nada, niente.  Je ne sais pas moi, je pensais à une balle Ratatouille, une balle Cendrillon, une balle Blanche Neige, une balle Sept Nains, une balle Vilaine sorcière (y'a toujours une vilaine sorcière dans tous les Disney, le choix est donc vaste), une balle Belle et la Bête, une balle Mulan, une balle Petite Sirène, une balle Pocahontas, une balle Roi Lion, enfin quoi, une balle avec un personnage Disney, ou alors une balle Barbie, c'est bien aussi ça, Barbie.  Bref, une balle pour fille.

Ça doit bien exister, non, ce genre de balle ?

Et bien non, ça n'existe pas en février.  C'est pas de saison, ma bonne Dame, les balles, en hiver.  Revenez au printemps ou en été, là y'aura d'la balle.

Même pas repéré la moindre balle Cars, Toystory, Spiderman, que je n'aurais bien sûr pas pu acheter, passqu'on n'offre pas une balle pour petit mec à une petite fille, c'est clair, mais c'est vous dire à quel point les balles décorées sont une denrée totalement rare en février.

La déprime me guette, l'angoisse me tenaille.  Oùsque je vais bien pouvoir trouver une balle.  J'implore dieu et tous les saints, mais pas d'apparition miraculeuse d'une balle, non.

Désespérée, je me rabats sur l'Inno, afin de trouver, au moins, une carte d'anniversaire, ce sera déjà ça.  Et pour la balle, j'aviserai demain.  Une fois à l'Inno, je réalise que le rayon cartes s'est réduit comme peau de chagrin, mais il en reste tout de même quelques-unes.  Je suis en train de les reluquer et de tenter de faire un choix lorsque mon attention est attirée par une chose rose et ronde qui me fait de l'œil : une balle.  Une balle !  Je m'approche à petits pas, histoire qu'elle ne s'enfuie pas en roulant comme une championne de F1, je l'attrape subrepticement et je la regarde.  C'est une balle Princesse Lillifée.  Connais pas.  Elle est jolie.  Rose.  Avec une princesse dessus, apparemment portant le doux nom de Lillifée.  Adoptée.  Peu importe son prix, non indiqué (illégal ça, ma bonne dame), c'est la seule balle de toute la ville de Namur, je la veux.

Je me rue donc à la caisse, munie de mon précieux achat.  Et je demande un emballage cadeau.  Le regard de la vendeuse me glace.  Apparemment, elle aime pas faire des emballages cadeau.  Ou alors elle aime pas emballer des balles.  Ou encore les deux.  Mais j'insiste.  Et elle obtempère, non sans m'avoir lancé plusieurs « ça va pas être facile », « ça sera pas beau hein », « pffffffffffffff », « repfffffffffffff », « re repfffffffffffffff ».

Je sors enfin du magasin, ma balle emballée (elle a raison, c'est moche, une balle emballée, mais on s'en fout) sous le bras.

Une fois chez moi, je réalise que j'ai oublié la carte d'anniversaire...

Le lendemain, j'offre ma balle.  Et le plus rigolo dans l'histoire, c'est que, si nous, les adultes, pouvons, d'un regard sur le contenant, savoir l'emballage, deviner le contenu (ooooh, un CD, ooooh, un DVD, oooooh, une raquette de tennis, oooooh, une guitare), il semble que les fillettes de six ans, pardon sept ans, en voyant un emballage moche et rond, totalement rond, ne réalisent qu'il s'agit d'une balle qu'après l'avoir déchiré, pour s'écrier « ooooooooooooooh une balle », les yeux pétillants et le sourire banane.

Ouf, elle aime sa balle Princesse Lilifée.  Ou bien elle fait semblant.  Tant mieux, sinon je la lui aurais fait avaler.  Non mais.

11
mar

Y’a du chameau dans l’air

Je lis hier dans un Elle relativement récent, soit de 2007 (l'ancienneté des magazines étant toute relative pour moi), qu'Alix Girod de l'Ain a testé une journée sans culotte.  Comme quoi, je ne suis pas la seule à avoir ce genre d'idées (zavez pas lu que j'ai osé vivre nue ?).  Sauf qu'Alix, elle est payée pour le faire.  Pas moi.  "Inéquitabilité" de la vie.  Elle opte pour un pantalon et commente, je cite « ma fille de 14 ans m'informe discrètement de l'effet 'pied de chameau' de mon entrejambe ».  Il m'a fallu un long moment de réflexion pour comprendre le sens de cette expression.  Soudain, j'ai tilté.  Une histoire de chameau.

Quelques heures plus tard, je feuillette un autre magazine, lorsque j'y découvre une photo en gros plan d'une tête de chameau.  Après examen approfondi, j'en conclus que j'aurais plutôt, pour ma part, intitulé ce problème d'entrejambe sans culotte l'effet 'museau de chameau'.  Une histoire de chameau.

Hier également, une lectrice adorable m'informe de l'histoire de cette Australienne, fan des animaux exotiques, qui a reçu un chameau pour son anniversaire.  L'animal en rut, qui avait déjà tenté de violer la chèvre de sa propriétaire, s'est pris d'une soudaine envie de copuler avec celle-ci (la propriétaire, pas la chèvre), et l'a écrasée.  Morte.  Elle est.  Une autre histoire de chameau.

Dois-je voir un signe dans cette apparition soudaine des chameaux dans mon humble existence ?  Que j'ai un caractère de chameau ?  Que je vais rencontrer un homme doté d'un tel caractère ?  Que je vais tester une journée sans culotte avec entrejambe 'museau de chameau' ? 

Qu'importe, il est de toute façon clair que plus jamais je ne regarderai un chameau comme avant... des pieds à la tête !

Merci à Flo pour ce cham... euh ce dromadaire. Titchu, c'est quoi ce binz, un dromadaire !

NDLR : la lectrice sympa est finalement une vilaine fille, qui m'a harcelée depuis des semaines afin que je poste ce billet écrit y'a un petit temps.  Le voici donc, contrainte et forcée que j'ai été.

NDLR : ce billet est vieux comme le monde, au point que je ne sais même plus de quelle lectrice je parlais, shame on me, si elle se reconnaît, qu'elle soit heureuse, voici enfin ce billet...

chameau

7
mar

Un mythe s'effondre...

... enfin pas pour moi.  Car ça, je le savais.  Mais j'ai cru, aussi, il y a quelques années, que les écrivains étaient richissimes.  Finalement, à moins de s'appeler Levy ou Musso, peu le sont.  Et quand on me dit "oh, tu écris des livres, tu es riche alors", je rigole bien.

Intéressant article paru sur Références : combien gagne un auteur

Derrière les droits d'auteur mirifiques d'un Marc Lévy, qui pèse 80,6 millions d'euros, Anna Gavalda (50,3 millions) ou Fred Vargas (33,6 millions d'euros) et les confortables « à valoir » (avance sur les ventes) d'une poignée d'auteurs « bankable », se cache la réalité souvent précaire du métier d'écrivain.


En réalité, la littérature ne nourrit pas souvent son homme. Si aucune étude ne recense le nombre d'auteurs en Belgique et leurs revenus, ils ne seraient qu'une vingtaine à vivre réellement de leurs œuvres. Rien de nouveau : Maupassant était bien journaliste au Gaulois, Chateaubriand secrétaire d'ambassade et Malarmé professeur d'anglais.

Plusieurs jobs pour survivre

Les monomaniaques qui se font un sang d'encre pour vivre de leur clavier cumulent des jobs paralittéraires : lecture publique, atelier d'écriture, chroniques dans la presse, intervention en milieu scolaire...

D'autres, et non des moindres, ne survivent que grâce à des petits boulots. Les plus chanceux cèdent leurs droits d'adaptation cinématographique (50/50 avec l'éditeur) ou obtiennent auprès des collectivités le statut d' « écrivain en résidence ». Installés six mois dans la maison d'un auteur célèbre, ils arrivent à toucher jusqu'à 1600€ mensuels pour produire leur œuvre.

Droits d'auteur

Ce sont les droits que lui rapportent les ventes de son livre. A chaque fois qu'il s'en vend un exemplaire, l'auteur touche un certain pourcentage, fixé par contrat, de son prix hors taxe. Ce pourcentage varie d'un éditeur à l'autre. En théorie, il est de 10% pour un roman, de 5% pour un beau livre, nettement plus onéreux.

Une maison financièrement respectable ne descendra pas au-dessous du seuil de 8% de droits d'auteur alors qu'un petit éditeur, sous prétexte qu'il est petit justement et n'a donc pas beaucoup d'argent, peut dégringoler à 3%, voire moins. Le code de bonne conduite éditoriale veut aussi que les droits augmentent avec les ventes : l'auteur perçoit entre 8% et 10% jusqu'à 10 000 à 15 000 exemplaires vendus, puis 12%, puis 14%.


L'auteur devra patienter avant de pouvoir toucher ses droits : ils ne lui seront versés que six mois après la clôture de l'exercice de l'année au cours de laquelle il a publié son livre. Si celui-ci est sorti en janvier 2010 par exemple, il lui faudra attendre juin 2011, au plus tôt, pour recevoir son chèque.

Les éditeurs traînent beaucoup des pieds quand il s'agit de payer et il n'est pas rare de devoir leur réclamer son dû. En proportion, on peut dire que la vente d'un livre peut rapporter jusqu'à 3 mois de salaire alors qu'il faut en moyenne une année pour écrire un livre.

Entre l'à-valoir et les ventes de son livre, l'auteur n'est même pas sûr, en définitive, de toucher le moindre euro de droits. Admettons que son livre soit vendu 20 euros HT ; s'il a reçu 2 000 euros d'avance, il doit dépasser les 1 000 exemplaires vendus avant de commence à engranger des sous.

Or, 1 000 exemplaires est aujourd'hui tout ce que peut espérer un premier roman...

L'à-valoir

Pour tenir financièrement le temps de toucher ses droits, l'auteur ne peut compter que sur ses réserves, ou sur un revenu annexe. Les bonnes maisons d'édition filent un petit coup de main en lui versant un à-valoir, une petite somme dont la moitié est remise lors de la signature du contrat, le reste lors de la livraison du manuscrit.

Attention, l'à-valoir n'est pas une subvention mais une avance sur les droits d'auteur, et l'éditeur la déduira de ces derniers au moment de les régler.


L'à valoir, une fois versé, est considéré comme acquis, il appartient définitivement à l'auteur ; l'éditeur ne peut pas lui en réclamer le remboursement si les ventes ne décollent pas et ne couvrent pas la somme qu'il a du débourser. Il en sera alors de sa poche, et c'est pourquoi les petites maisons d'éditions, économiquement fragiles, font généralement l'impasse sur l'à-valoir.

Vivre de sa plume

Ce n'est pas impossible, à condition de publier régulièrement, une fois par an, des livres dont il s'écoulera à coup sûr au moins 10 000 exemplaires. Et d'avoir un éditeur compréhensif, dont les généreux à-valoir compenseront les mois de disette entre deux chèques de droits d'auteurs.

Mais qui, aujourd'hui, peut être certain que son livre sera vendu à 10 000 exemplaires, ce qui est considéré comme un joli succès ? Le tirage moyen d'un livre est de moins de 8 000 exemplaires. Si on met de coté les best-sellers qui se vendent à des centaines de milliers d'exemplaires, le gros du peloton livre s'écoule entre 500 et 2000 exemplaires.

Aucun auteur, même le plus célèbre, le plus riche et le plus reconnu ne peut être assuré de vendre son prochain opus aussi bien que le précédent.

Ecrivain à tirage moyenA partir de 7800 exemplaires.
Droits d'auteur8 à 14%
Prix du livre moyen15€
Revenu annuelEnviron 11 500 €
  
Ecrivain (très petit tirage)Entre 300 et 700 exemplaires
Droits d'auteur4 à 10%
Prix moyen du livre15€
Revenu annuelEntre 450 et 1050€


Texte: Rafal Naczyk

2
mar

Quand on a l'esprit mal tourné...

Conversation entre Mostek et myself.

Moi (innocente comme l'agneau qui vient de naître) : "le problème c'est que je ne sais jamais si elle va être molle ou dure".

Elle (sourire en coin de celle qui a l'esprit mal tourné) : "moi elle est molle, et en plus ça pue, mais c'est mon seul plaisir de la journée, alors bon".

Et voilà comme une conversation totalement anodine se transforme, sans le vouloir, en une conversation à l'allure très "printanièro-érotique".

Que nenni... jugez plutôt :

Moi, ouvrant une barre de céréales péchée dans mon tiroir qui en est plein, datant d'époque différente et sans date de péremption : "le problème c'est que je ne sais jamais si elle va être molle ou dure".

Elle, épluchant sa banane, seul en-cas qu'elle s'autorise : "moi elle est molle, et en plus ça pue, mais c'est mon seul plaisir de la journée, alors bon".

Vous voyez, deux agneaux je vous dis.

C'est juste le soleil, les perce-neige, les crocus et les jonquilles qui nous travaillent un peu, mais si peu.