26
avr

La poule et l’œuf

 

Nan, rassurez-vous, je ne vais pas vous infliger une réflexion sur lequel est venu en premier, de la poule ou de l'œuf.

Juste vous dire qu'il y a peu, j'ai découvert les poules.

Oooh, je connais les poules hein, bien sûr.  Enfin surtout les poulets... rôtis, à la broche, au curry, en dips, dans les bouchées à la reine...

Mais les poules, les vraies, je connaissais finalement très peu.

Jusqu'à ce que j'aille rendre visite à une amie, qui vient de s'installer à la campagne.  Pas la rase campagne, non, mais par rapport à moi, la campagne.

D'autant qu'elle y vit avec un chat, un lapin, des chèvres, des canards et ... des poules.

Et c'est à ce moment que j'ai vraiment observé une poule.  Une poule vivante.

Avez-vous déjà observé une poule ?

De prime abord, l'animal me semblait antipathique.  J'ai un peu peur des volatiles au sol, je l'avoue.  Ceux qui volent aussi, surtout quand ils font des proutes mouillées au-dessus de ma tête.  Mais ceux au sol, c'est pire.  Déjà, ils sont plus gros.  Et puis ils attaquent.  Siiiii, ils attaquent, surtout les oies, ces garces sans cœur.  Et les poules, ça n'a pas une belle tête, il faut le reconnaître.  Ce petit bec.  Ces trucs rouges un peu partout, qui pendouillent.  Je vais peut-être vous choquer, mais cette peau molle et flasque, ça me fait penser à ... rhooo, non, je ne peux l'avouer, sauf si vous insister... non, je ne peux, c'est indécent... zavez qu'à deviner.  Allez, ça ne vous rappelle rien ?  Songez à un corps humain.  Un corps mâle... Bon, changeons de sujet.

Donc, la tête de la poule, j'aime pas.  Et que dire de ses pattes.  Des pattes de canard, c'est joli, palmé, esthétique.  Mais des pattes de poule, c'est crochu, avec des griffes au bout (enfin dans le genre), et tout fripé, et puis ça sert à la magie noire, les pattes de poule.  Donc, les pattes de poule, j'aime pas.

Mais en voyant vivre une poule, j'ai décidé que finalement, j'aimais les poules.  Plus précisément en voyant déambuler une poule.  Avez-vous déjà vu courir une poule ?  Non ?  Vous devriez !  Fou-rire garanti.  Une poule qui court, c'est extraordinaire.  Elle se dandine, faisant balancer son cul de matrone mexicaine, ou espagnole, ou africaine (pourquoi j'imagine les culs rebondis uniquement là-bas, moi ?) de gauche à droite, puis de droite à gauche, balançant sa tête au même rythme.

Oh oui, j'ai pris un pied d'enfer en regardant la poule de mon amie se balader dans son jardin.  Même qu'elle n'en revenait pas de voir ma joie.  Pas la  poule, mon amie.

En plus, elle a plusieurs sortes de poules : des « classiques », grosses, rousses, à crête rouge, et des plus petites, d'une variété dont j'ai oublié le nom (me demande si elles viennent pas d'Angleterre), avec des plumes plein les pattes, ce qui les rend jolies, les pattes.  Et aussi de toutes petites poules, adorables.

Mais toutes ont un point commun : elles se dandinent d'une façon incroyable.

Et toutes ont un autre point commun : elles pondent.

Et j'ai eu le plaisir de déguster le produit de ces « accouchements » (oui, paraît que c'est la même souffrance, j'ai d'ailleurs lu un jour que quelqu'un avait inventé la péridurale pour poule, je vous le jure, c'est véridique, mais je doute que ça ait eu du succès).

Car j'ai reçu six œufs.  Des gros et des petits, en fonction du format du bestiau.

Et là, làààààààààààààààà, c'est quelque chose d'extraordinaire, de manger des œufs de vraies poules, de vrais œufs.  Si extraordinaire que je vous le raconterai demain, tant qu'à faire.

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23
avr

La stagiaire

Ce titre sonne comme un roman chick lit, ne trouvez-vous pas ?  L'histoire d'une jolie stagiaire blonde et pétillante, qui rencontre un homme d'affaires pour qui elle travaille.  Il est si hautain de prime abord qu'elle n'ose pas lui parler.  Puis, petit à petit, il la remarque.  Et ça se termine en big mariage entre l'homme d'affaires richissime et séduisant et la stagiaire.

Harlequin, me voilà.

Et bien que nenni.

La stagiaire, enfin les stagiaires, c'est pas du roman, c'est la réalité du boulot.  Moi qui fêterai ce 26 avril mes... quinze ans d'ancienneté (rhaaaaaaaaaaaaaa, je veux mourir et me réincarner en adolescente boutonneuse), je ne vous dis pas le nombre de stagiaires que j'ai déjà connus dans ma courte (sic) carrière professionnelle.  D'ailleurs, je suis atteinte de l'oubliestagiairite aigüe, la plupart du temps, car me souvenir de toutes et tous relève de l'exploit.  Et régulièrement, avec Mostek, c'est le grand débat pour se souvenir de qui était là l'an passé, l'année d'avant, celle d'encore avant et ainsi de suite.  Les négociations vont bon train, car moi je crois cela, Mostek ceci, et nous essayons, par tous moyens, de retrouver des moments clés prouvant la présence d'untel ou unetelle telle ou telle année.  L'intérêt ?  Ben aucun, juste tenter de remettre de l'ordre dans nos neurones alzheimeriens.

Et je vous jure qu'en quinze ans, on a eu de tout, du sympa, du hautain, du bosseur, du paresseux, du marrant, du croque-mort... ça mériterait un billet, mais je suis tenue au secret professionnel... quoique...

Cette année, notre stagiaire est jolie, blonde et pétillante, comme dans un roman Harlequin.  Elle est rigolote. Elle aime les séries télé.  Elle bosse super bien.  Bref, elle serait parfaite, si ce n'était son âge totalement indécent : 19 ans (enfin 20 depuis quelques jours, y'a une justice en ce bas monde).

Et dans le monde des stagiaires, tout se sait.  Ainsi, celle de l'an passé avait deviné que j'étais Anaïs Valente, apparemment par hasard, en lisant un billet sur mon blog, qui lui a rappelé un épisode du bureau.  Une de ses amies avait d'ailleurs acheté « La célib'attitude » totalement par hasard, j'adore ce genre de hasard, c'est à mourir de rire.  Bref, elle s'est empressée de dire à la stagiaire de cette année qui j'étais.  Adieu mon anonymat auquel je m'accroche désespérément, comme un naufragé à une bouée percée qui, indubitablement, se vide de sa substance, savoir de son air.  Mon anonymat, c'est du passé, clair et net. 

Notre petite jolie blonde pétillante stagiaire - remettez-moi ça dans le bon ordre (et jeune aussi, oui, bon, ça va) sait donc que j'écris des bêtises sur internet.  Et l'autre jour, on en discutait un peu entre collègues, surtout de ma propension actuelle à adoooorer écrire du morbide de chez morbide.  Oui, j'écris du morbide, mais je ne le publie pas trop ici.  Je lui ai donc fait lire mon billet « 5 minutes »  et puis celui « d'un regard ».

Rien que du banal, quoi.  Mais j'ai eu une envie de parler d'un autre truc que j'ai écrit, bien sanglant.  Un truc lu par personne à ce jour, bien caché dans un tiroir de mon ordinateur pour un projet top secret que j'ai (j'ai cinquante projets top secret qui n'aboutiront sans doute jamais, mais c'est pô grave hein, le jour où je serai aussi célèbre que Guillaume, on les ressortira de leurs tiroirs).  J'en ai parlé et parlé et parlé.  Et ça a attisé sa curiosité, of course. 

Alors, elle m'a fait son petit regard de jeune jolie espiègle stagiaire blonde, et j'ai décidé de lui faire lire, en exclusivité mondiale et même ailleurs ce texte morbide et sanglant. 

Quant à vous, ô lecteurs vénérés, vous aurez juste droit à un tout petit minuscule extrait, na :

« Elle ne bouge plus depuis deux minutes déjà, mais il frappe encore et encore ».

PS : Si vous le demandez gentiment, et si je vous connais depuis vraiment très très loooooooooongteeeeeeeeeeeeeeemps, je peux réfléchir à l'éventualité éventuelle de vous l'envoyer par mail.  Je sais, je suis formidaaaable.

PS2 : Question du jour : peut-on faire confiance aux jeunes jolies stagiaires blondes ?  Angoisse angoisse...

21
avr

Je me lance comme conseillère matrimoniale

J'ai raté ma vocation.

C'est indéniable.

Quoique...

Il n'est pas trop tard, si ?

Je vois déjà la plaque sur ma porte « Anaïs Valente, conseillère matrimoniale - tous problèmes, retour d'affection, magies noire et blanche, rites vaudous, conseils en tous genres, pas cher ma bonne Dame, pas cher du tout ».

Ça fait un peu pub ornée d'une photo d'un grand mage noir en robe blanche avec chapeau assorti, qu'on distribue dans les boîtes aux lettres.

Passqu'on a beau dire, j'ai beau être célibataire, je suis régulièrement consultée pour des conseils matrimoniaux.  Je suis la reine des conseils matrimoniaux.  Je suis l'experte en problèmes matrimoniaux.

Comme si, n'en ayant pas moi-même, de ces problèmes, et pour cause, j'avais de plus grosses antennes pour observer ce qui se passe autour de moi.

C'est peut-être ça, en effet... chais pas. 

Mais je suis la pro.  C'est clair et net.  A tous niveaux, les disputes, les engueulades (je sais, ça veut dire la même chose, oooh, ça va), les doutes, les coups de foudre, les triangles amoureux, les angoisses, les retours de flamme, les séparations, les divorces, les désamours, les réconciliations, les retrouvailles, les je t'aime moi non plus, les je t'aime plus moi si, les je l'aime mais lui pas, les je veux l'aimer mais j'y arrive pas... tout tout tout.

Et je conseille, j'interroge, je dispense, je propose, je réfléchis, je fais réfléchir, je dis, j'écoute.   Et parfois.  Parfois.  Je tombe dans le mille.  J'ai tout compris.  Mieux qu'elles.  Ou qu'eux.  Et parfois, vraiment parfois, je suis utile.

Mais parfois, ça me fait chier.  Mais chier.  Déjà, je me sens pas cap de donner de bons conseils.  Puis c'est parfois saoulant d'être l'oreille qui écoute, l'épaule sur laquelle les larmes coulent.  Egoïste moi ?  Parfois oui, c'est clair.  Et puis parfois, y'a des baffes qui se perdent.  Quand une gamine de vingt ans se lamente sur son célibat.  Des baffes.  Quand le mec qui me fait craquer depuis trois baux me raconte sa soirée baise de la veille.  Des baffes.  Quand mon meilleur pote me demande si coucher sans sentiment, c'est tromper.  Des baffes.  Quand elle veut divorcer.  Des baffes.  Quand il hésite à se marier, tout bien réfléchi.  Des baffes.

Et puis, parfois aussi, j'ai envie de tendre un papier vert à mes patients, après la consultation, et d'encaisser mes honoraires.  Tant qu'à faire.

 

20
avr

Y'a de l'animation à Namur le soir...

19
avr

La sorcière et Leenbakker (un peu comme le corbeau et le renard)

L'autre vendredi, celui où il faisait plein soleil, j'ai eu un moment de folie hystérique chez Leenbakker : j'ai acheté une chaise longue, une chaise à dossier qui descend (ça doit bien porter un nom officiel, mais lequel ?), et quatre chaises bistro, le tout en genre de textilène gris, pour ma terrasse.  D'habitude, je réfléchis dix mois avant d'acheter le moindre clou, la moindre ficelle, mais là, une pulsion.  Le soleil sans doute.

J'ai d'abord repéré la chaise longue.

J'ai déjà une chaise longue.

Correction, j'ai déjà deux chaises longues.

Achetées en 2005.  Waw, le temps passe vite.

2005.  J'achète donc ma première chaise longue en textilène, chez Casa.  Elle est en genre de U à base très large, avec deux pieds aux extrémités de la base, vous voyez ?  Le souci, c'est qu'à l'usage, c'est de la vraie crotte, cette chaise.  Dès qu'on s'assied (pour ensuite se coucher), la pression exercée sur le textilène fait remonter le côté à la verticale, et puis on peut plus le redescendre, sauf à le plier totalement, puis le déplier ensuite.  Vraiment d'un pratique fou.  Et ce risque d'être prise en sandwich à chaque moment, assassinnée par une chaise longue rebelle, c'est pas la joie.

Trois jours après, désespérée, j'achète ma seconde chaise longue en textilène, chez Hema. Et là, nous vivons heureuses et avons beaucoup de petits bains de soleil ensemble.  Elle est pliante, ce qui est pratique, car je peux la rentrer en hiver.  Elle est pas trop moche pour une chaise longue.  Elle ressemble à un lit de camp, en fait, mais en textilène blanc.

2006.  La vie est belle.

2007. La vie est belle.

2008. La vie est belle.

2009. La vie est moins belle.

A force de poser mon gros postérieur bien gras sur ma chaise longue, elle se laisse aller.  Le textilène, c'est mou et élastique, alors, avec les années, ben ça se ramollit encore plus.  Et s'asseoir sur ma chaise longue, en 2009, c'était comme tester la vie de fakir, car y'a plein de trucs qui me rentrent dans les fesses, les cuisses, les mollets, le dos et la tête.  Douloureux.  Et puis elle a perdu son joli coloris blanc (enfin, bon, blanc, c'est pas une couleur mais soit) pour osciller entre le jaune pisse et le gris crasse.   Et elle rouille.

Donc cette année, direction Leenbakker pour voir un peu ce qui s'y vend.  Avec Mostek, dont la voiture ressemble à un petit pois évidé.  Grise, mais format petit pois.

Entre les chaises longues non pliantes et celles en tek, trop lourdes pour mes petits biskotos ramollos, je repère une chaise longue en textilène gris, superbe, classe, à l'allure d'une vraie chaise longue de compétition.  Et pliable.  Le bonheur.  Sur terre.  J'adore j'adhère.

Et j'envisage de la ramener en bus, because le petit pois de Mostek incapable de transporter une chaise longue, même pliante.  Jusqu'à ce que je voie la taille de la boîte : un cercueil.  Un peu court, un peu haut, mais un volume de cercueil.

Bon.

En bus, ça ne le fera pas.  Me faut un véhicule.  Me faut trouver quelqu'un qui a un gros véhicule. 

Le temps de dire à la vendeuse (qui m'a gentiment communiqué le prix, non indiqué, après qu'un vilain vendeur pas beau m'ait dit « je reviens de suite » et ait disparu durant une petite demi-heure au bas mot, le saligaud) que je tente de trouver quelqu'un qui viendra chercher l'objet, elle me prépare déjà une facture.  Oups. Rapide, la miss.

Je vous passe les détails des « bon, ben comme vous savez pas l'emporter illico presto je vous en commande une autre pour mercredi », « mais finalement j'ai quelqu'un pour venir la chercher », « ok venez de suite la prendre, et que ça saute », (une demi-heure passe) « bonjour, je reviens comme convenu pour la chaise », « ben on n'a plus votre chaise », « hein quoi comment ? c'est une blague hein, dites-le que c'est une blague », « ah c'est vous (la chieuse à la chaise), voilà votre chaise finalement »...

La chaise est dans la tuture.  Et tant que j'ai un gros véhicule sous la main, j'ai une folle envie d'une chaise dont le dossier descend vers l'arrière, pour qu'on s'endorme au soleil, un livre ouvert sur le poitrail. Et de chaises bistrot pour remplacer les miennes, toutes rouillées aussi.

La chaise à dossier qui descend, y'a.  Mais les chaises bistrot, faut commander pour mercredi.

Et c'est là que ça devient intéressant.  Tout ce que j'ai écrit avant, c'était le préambule. Long, mais inutile.  L'histoire commence ici.

Elle commence mercredi, à midi et deux minutes, pour être précise.  Quand la sorcière vendeuse de Leenbakker m'appelle :

« Madame Valente ?  C'est crkkkkkkkkkksssssssssss tssssssrqqqqqqqqqqqq »

« Pardon ? »

« C'EST LEEENBAKKER VOS CHAISES SONT ARRIVEES »

« Oh merci (air jovial, que du bonheur MES chaises, yessss, le bonheur, le soleil, l'été, la vie, le rêve, un livre, un cocktail, mes chaises) »

« Vous pensez venir les chercher quand ? »

« Euh (recontacter le proprio du véhicule de vendredi, voir son emploi du temps, le supplier de me venir encore en aide, s'organiser, retrouver le bon de commande), ça sera soit ce soir, soit... »

« Oui, ben, faut venir les chercher le plus rapidement possible hein, au revoir Madame ».

Ma question est : pourquoi elle me demande quand je pense venir les chercher, puisque ma réponse elle s'en fout, tout ce qui lui importe c'est de se débarrasser des chaises illico presto ?

Chais pas pourquoi, j'ai comme la sensation que quand on ira chercher mes chaises, j'aurai droit à un « zavez trop traîné, ça fait exactement 18 heures et 12 minutes que vous étiez avertie de leur disponibilité, on les a vendues à quelqu'un de plus rapide ». 

Chais pas pourquoi hein, mais je sens que je passerai mon été sur quatre chaises rouillées.

Pourquoi je dis ça ?  Passque la chaise longue achetée vendredi, ben y'avait le nom de quelqu'un d'autre dessus, sur un papier, collé.  Mais ça n'a interloqué personne dans le magasin, qu'on me vende la chaise de quelqu'un d'autre, qui a, par ma faute passé son week-end sur une chaise longue rouillée, si ça tombe.  Donc, si y'a une justice, je vais payer cette injustice, et j'aurai pas mes chaises.  Monde cruel.  Vendeuse cruelle. 

Illu de Invasion de Schtroumpfs.

mer