8
jui

Les collègues, parfois… c’est gonflant !

Lundi matin, j'arrive au travail, après un week-end bien rempli.   

Une collègue m'interpelle dès mon arrivée « ça va Anaïs ?  T'as l'air gonflée ».

Oups.  Gonflée ?  Gonflée par la semaine de boulot qui se profile à l'horizon, oui, sans doute. 

Mais non, elle veut dire gonflée gonflée, au premier sens du terme.

Je lui rétorque, avec mon humour inégalable, que j'ai dû abuser de Vahiné (Vahiné, c'est gooooonflééééé).

Mais elle insiste lourdement sur mon drôle d'air.  Ma sale gueule quoi.  Appelons un chat un chat.  Toujours pleine d'humour, je lui réponds que ma sale gueule, j'ai l'habitude, elle fait partie de moi depuis ma naissance, ah ah ah.

Le pire, c'est qu'elle insiste, je suis gonflée, c'est un fait.

Vu mon regard exagérément outré (et si possible meurtrier), elle tente alors de se rattraper, insistant sur le fait que seuls mes yeux sont goooonflés.

Je pense alors les deux changements survenus depuis la semaine précédente :

- j'ai, ce matin, décidé de me maquiller un tantinet, chose que je ne fais que quand j'ai l'envie et le temps, soit la semaine des quatre jeudis

- j'ai fait une coloration de cheveux le samedi qui précède, désespérée par un second cheveu blanc trouvé à l'arrière de ma tête - le premier étant sur ma tempe droite (ne me demandez pas pourquoi je regardais l'arrière de ma tête - par le biais de trois miroirs, c'est assez facile finalement - toute femme le fait, pour vérifier que ses cheveux se mettent bien, les miens ne le font jamais, se mettre bien, mais on vit d'espoir hein).

Dois-je en conclure que ma nouvelle couleur et mon maquillage me donnent un air gonflé, bouffi, soufflé, vahiné, bref une sale gueule ?  Oups... 

Entrez entrez, gentes dames et damoiseaux, venez admirer notre nouvelle attraction unique au monde : Anaïs LA bonhomme Michelin, gonflée comme une pâte Vahiné, soufflée comme un vase de Murano, bouffie comme un vampire (librement inspirée de Buffy contre les vampires, of course, ah ah ah, keskon se marre).

Image provenant, apparemment de : http://www.maliki.com/, et reflétant mes envies pour le prochain commentaire de ce genre, un lundi matin, non mais.

envie-de-meurtre

15
jui

Petit à petit, l’oiseau fait son nid…

Au bureau, j'ai une fenêtre.  Elle n'est pas en face de moi mais sur le côté.  La vue de cette fenêtre est aussi dégagée que l'autoroute du soleil un 1er juillet, vu que, à moins de deux mètres se trouve un énooooorme sapin bien vert bien touffu bien en forme.  Donc, par cette fenêtre, où que je regarde, je vois du sapin vert.  C'est ainsi et pas autrement.  Ça pourrait être pire, je pourrais avoir vue sur un mur en totale décrépitude, sur un cimetière, sur une centrale nucléaire.  Là, je vois du vert.

A l'occasion, quand les températures le permettent, je vois du blanc, quand le sapin se couvre de neige.  C'est tout choli tout meugnon tout hivernal tout frisquet.

Mais il y a quelque semaines, il se tramait une chose incroyable dans mon sapin vert que je suis la seule à voir quand je bosse.  Une chose super émouvante et super captivante.  Une chose qui a rapidement troublé ma quiétude et m'a déconcentrée de mon travail captivant.

Deux pigeons se préparent pour un heureux événement.  Enfin pas des pigeons, des tourterelles, il paraît.  Bien plus joli.  Racé.  Distingué.  Mince.  Gris clair avec un petit liseré noir en guise de collier.  Un peu comme ces oiseaux blancs qu'on lâche pour une occasion super particulière.  Comment ça s'appelle déjà ?  Remi Brica en avait toujours sur l'épaule (C'est la vie, en couleurs, tiens voilà le marchand de ballons...).  Et me voilà sur Google à chercher « oiseau de Remi Brica », « oiseau que Remi Brica avait sur l'épaule », en vain.  Puis je pense aux occasions pour lesquelles on lâche ces oiseaux blancs : mariage, commémoration, symbole de paix.  Bingo : des colombes.

Je n'ai bien sûr pas immédiatement compris, passque moi, ma bonne Dame, je me concentre sur mon travail hein, savoir sur les clients toujours adorables au téléphone, sur les courriers passionnants à rédiger, sur les fournisseurs à engueuler passqu'une clé USB, c'est censé fonctionner et pas faire émettre au pc des messages abominables genre « le péripérique n'a pas été reconnu ».  Mais mon attention était attirée, régulièrement, par du mouvement, là, sur ma droite.  Ben oui, à force d'avoir vue sur un sapin vert, qui est, par définitition, totalement immobile, dès qu'un moustique se pose sur une branche ou qu'un escargot entame l'ascension de ce Mont Vert, mon œil de lynx myope repère son manège.

C'était un ballet incessant, je ne vous dis que ça.  Pire que le bagne, hein, de construire un nid, brin après brin.  Et donc, à chaque minute de la journée, de 7h30 à pas d'heure (impossible de vous dire quand ces bestiaux se couchent, j'avais quitté le bureau bien avant), j'ai pu les observer.  Et que je m'envole pour revenir deux minutes plus tard, bec chargé d'une brindille.  Et que je reparte me poser sur un autre sapin (là où je bosse, c'est comme les Carpates sans Dracula, ou sans le monstre qui tue les pauvres fadas d'alpinisme dans Vertige, ce film abominablement angoissant dont je vous ai parlé) pour y voler de petites branches mortes.  Et que je reparte et reparte encore.  Rien qu'à les regarder, j'en étais épuisée.

Et puis le ballet a cessé.

Le nid était trop profondément enfui dans les branches pour que je puisse le distinguer.  J'ai bien envisagé le coup de l'échelle posée sur le tronc, mais va savoir si ces bestioles là, pigeons, colombes, tourterelles, ne deviennent pas d'une agressivité hitchcockienne s'ils se sentent menacés par une maladroite et pleine de vertige Anaïs juchée sur son échelle ?

Donc je me suis abstiendue et j'ai continué ma petite vie, imaginant bien que les naissances, enfin les pontes, avaient eu lieu et que miss tourterelle couvait.  Pour palier à ce manque cruel de volatiles, je me suis concentrée sur les cygnes et autres oies que j'ai photographiés comme si que je voulais en faire un livre et tout et tout.

Et un matin... un matin...

J'aurais aimé vous dire : « un matin, j'ai entendu un léger « toc toc » contre la vitre, un petit frottement d'ailes sur mon appui de fenêtre, et de petits gazouillis : miss tourterelle était venue me présenter ses bébés ». Mais ça, c'est dans les contes de fées.

Un matin, j'ai enfin revu une tourterelle.  Enfin deux.  Qui se bécotaient.  J'ai dit à Mostek « rhoooooooooo viens voir, y'a les tourterelles qui se font des mamours sur la branche ».  Et quand on s'est approchées, on a réalisé qu'en fait il y en avait trois : miss tourterelle, bébé tourterelle 1 et bébé tourterelle 2.  Et qu'en réalité, miss tourterelle ne bécotait personne : elle nourrissait sa progéniture.  Progéniture déjà quasi adulte, puisqu'ayant quitté le nid, mais toujours avide de la boustifaille apportée par môman.  Y aurait-il des Tanguy dans le règne animal aussi ?

Très rapidement, j'ai réalisé que cela ne durerait plus.  Les petits restaient toute la journée sur la branche, commençaient à battre des ailes et à montrer des signes d'impatience.

Et un beau matin, en effet, ils avaient disparu.

Quitté le nid.

Partis pour vivre leur vie de tourterelles devenues adultes.

Je reste là, seule, avec mon PC pour compagnon (et Mostek comme gai luron, ouf), les clients toujours adorables au téléphone, les courriers passionnants à rédiger et les fournisseurs à engueuler.

tourterelle

17
mai

La princesse et les palmipèdes

Il était une fois une petite ville perdue dans un pays à l'époque encore appelé Gelbique (n'en déplaise à certains).  Cette ville était bordée par un fleuve, près duquel vivaient des palmipèdes de tous poils, de toutes plumes pardon.  Il y en avait des blancs, des beiges, des noirs, des tachetés, des mouchetés, des vilains, des beaux, des méchants, des gentils.  Parenthèse (Et c'est là que l'auteur réalise combien les palmipèdes sont semblables aux humains, tout compte fait.) fin de la parenthèse

Un beau matin, une jeune princesse dénommée Anaïs, qui vivait dans un tout petit château tout bordélique, tout kitsch, tout encombré de livres et qui ressemblait à tout sauf à un château (mais dans les contes de fées, y'a toujours un château, alors nous dirons que c'était un château), donc, un beau matin, la princesse Anaïs apprit d'une autre princesse, la Princesse Mostek, qu'un couple de cygnes avait établi sa résidence en bord du fleuve, à un endroit visible de tous.

Elle qui vouait aux animaux une passion inébranlable décida de se rendre sur place pour admirer les bestiaux.

Elle enfila sa plus jolie robe sur ses jupons de crinoline se glissa dans un vieux jeans et ramassa un pull poussiéreux qui traînait sur le sol, se para de mille diamants prit son sac argenté rempli de victuailles pour la route et fit seller un cheval emporta son lecteur MP3 sur lequel étaient téléchargés de morceaux de Mozart opéra rock.

Elle marcha deux lieues avant de parvenir à destination et de découvrir le nid, fait de branchages et de déchets quelconques (bouts de plastique, emballages de biscuits, caoutchouc..., le monde moderne était déjà aux portes du royaume à l'époque).  Il avait été construit en surplomb du fleuve, permettant à ses occupants d'aller et de venir à leur guise, en fonction de leurs besoins.  La mère cygne quittait cependant rarement les lieux, occupée qu'elle était à couver ses œufs. 

La princesse prit la décision de revenir chaque jour afin d'observer le nid et de rédiger, de sa plus belle plume d'oie, une étude sur la vie des cygnes au XXXXXIVIIIXXXXMMMMTTTTTTEZOPLKUGDe siècle.  Elle n'était pas la seule à se passionner pour la chose.  Ainsi, à chacune de ses escapades sur les lieux, elle croisait qui un vieux monsieur qui lui expliquait la vie des cygnes et autres volatiles, qui un chien qui fantasmait à l'idée de croquer les cygneaux une fois nés, qui une famille entière qui, à grands cris de joie, attendait l'heureux événement.  Point de prince brun et ténébreux, à son grand regret.  Mais quelle convivialité, quel bonheur que ces échanges, dans un monde habituellement si silencieux.

Les jours passaient, le rituel était immuable.  Tout comme la situation en bord de fleuve.  Les œufs, d'abord au nombre de cinq, s'étaient réduits à trois, sans doute par la faute d'un prédateur ou d'un manant de mauvaise vie qui passait par là.

Anaïs n'avait qu'un rêve, assister en direct live à l'éclosion des œufs (on vit d'espoir).   Mais rien ne se passait.  A peine si la mère cygne daignait soulever son arrière train occasionnellement pour aérer sa future progéniture, provoquant à chaque fois une bouffée d'espoir dans le regard de notre princesse.  En vain.

Un soir d'avril, alors que le soleil se couchait, après avoir réchauffé le royaume durant toute la journée, la princesse se rendit, comme à l'accoutumée, sur place.  Elle ne put réprimer un cri d'effroi en remarquant un énorme rat brun aux abords du nid.  Elle n'avait vu que son arrière-train tout brun et sa longue queue glabre, mais cela avait suffi à lui faire réaliser l'ampleur de la catastrophe qui s'était sans doute jouée peu de temps auparavant.  Les parents cygnes s'étaient éloignés du nid, peut-être sous l'effet de morsures du rongeur.  Les trois œufs étaient abandonnés.  Pire encore, l'un d'entre eux était troué.  Troué !

Anaïs plongea alors dans un désespoir aussi profond que ses latrines et, persuadée que les bébés cygnes ne verraient jamais le jour, elle se résolut à ne plus jamais se rendre aux abords du fleuve, tant sa tristesse était grande et sa peine trop lourde à porter (surtout quand on trimballe des crinolines, un sac énoooorme et un lecteur MP3).  Elle décida de rentrer chez elle, de sortir sa boîte à couture pour se piquer à une épingle et dormir cent ans, et adviendrait que pourrait, ou un truc du genre.

Quelques semaines plus tard, une princesse d'un village voisin rendit visite à Anaïs, la réveilla d'un coup de baguette magique et l'incita à aller prendre l'air, passque, on a beau être une princesse, des semaines au lit, ça donne une haleine de chacal et des aisselles de babouin.  Elles se transportèrent alors, sur leurs fidèles destriers, jusqu'au fleuve.  Anaïs tremblait à l'idée de revoir le lieu du carnage d'antan, mais elle avait le courage d'une grande dame et n'hésita pas à approcher lentement de la rive.

Le spectacle qu'elle y découvrit fut de toute beauté.  Des trois œufs qu'elle pensait dévorés par le rat, seul un avait réellement été détruit.  Les deux autres avaient muté en deux splendides petits cygneaux.  L'un était doré comme le blé, l'autre aussi gris que les sous-vêtements d'Anaïs (voilà ce qui arrive quand on n'utilise pas Dash).

Notre princesse ne se lassa pas de contempler le spectacle qui s'offrait à elle.  Elle revint, jour après jour après jour après jour, afin d'observer cette nouvelle famille dans sa vie quotidienne. 

Par la même occasion, elle fit la connaissance de toutes les autres familles de palmipèdes qui peuplaient les rives du fleuve, ainsi que de tous les vieux princes et les familles royales qui faisaient de même, mais c'est une autre histoire, que nous vous conterons prochainement...

 

Photo 1 : moi je couve, toi tu surveilles, et ne te retourne pas, y'a un intrus

Photo 2 : attends, je checke nos petits, un, deux, trois, c'est bon

Photo 3 : coucou, vous m'avez vu ?  Allez, là, à gauche, le petit gris, c'est moua

Photo 4 : notre repas de famille

Photo 5 : balade digestive

En bonus exclusif, une photo prise hier par Mostek...

cygnesmontage

cygnesmostekpt

15
mai

LES ADDICTIONS D'ANAIS…

(Dans la série nostalgie Anaïs fait son nettoyage de printemps et publie ses vieux écrits, trois textes écrits sur mes addictions, pour une participation sur un site web dont j'ai oublié le nom, ça doit faire trois ans...)

Accro du shopping

Scénario : Le ciel est bleu, pas un nuage, la vie est belle, je suis belle, je suis la plus belle, c'est décidé !  Je m'en vais shoppinger.  Claquer du fric.  Faire valser les billets.  Faire voler la carte de crédit.  Vider la bourse.   J'ai lu que nous ne pouvons être tenus responsables des achats compulsifs que nous faisons.  C'est la faute à la dopamine.  Elle nous pousse à acheter pour assouvir un besoin de plaisir immédiat et éphémère.  Tant mieux.  Adieu culpabilité. 

Trois heures plus tard...

Je bondis de joie, je saute tel un cabri dans la prairie humide de rosée du matin, mes achats à la main, je jouis de ce bonheur qui m'anime.  Ces chaussures, ces fringues, ces livres, ces DVD, ces produits qui vont me rendre plus belle que belle.  L'extase à l'état pur.  Et patatras.  Je réalise que la guerre avec mon compte en banque est déclarée, que ma Visa va me faire la gueule trois mois durant, que je suis condamnée à ne m'alimenter que de pâtes sauce tomate jusqu'à la fin du mois et à déménager pour parvenir à stocker mes achats compulsifs.

Dieu sait pourtant que je suis stable, raisonnable, équilibrée, organisée, jeune, belle, fashion victim et propre sur moi, mais quand le Dieu shopping s'offre à moi, je ne peux définitivement y résister.

C'est grave docteur ?

 

Accro au chocolat

Bonjour, je m'appelle Anaïs et je viens de m'inscrire aux "dévoreurs de chocolat anonymes". 

Non, je ne suis plus une adolescente attardée vautrée sur son canapé et complètement accro au chocolat et ses ersatz.  Je suis une adulte équilibrée (ou presque), j'aime aimer, j'aime danser, j'aime rire, j'aime écrire, j'aime profiter de la vie, mais j'aime par-dessus tout manger du chocolat.  Et le mot est faible : j'adore dévorer du chocolat, je me repais d'engloutir du chocolat, je bave lorsque j'engouffre du chocolat, je jouis à chaque fois que mes papilles gustatives rencontrent du chocolat.  Manger du chocolat : un orgasme gustatif assuré.

Que la dépendance au chocolat soit due aux substances diaboliques qu'il renferme ou qu'elle soit simplement psychologie, générée par son goût divin, qu'importe.  Je m'en moque.  J'aime le chocolat.  C'est aussi simple que ça.

Sous toutes ses formes : le pain au chocolat du petit déjeuner accompagné d'un chocolat chaud (plus chocolat que chaud d'ailleurs), les barres chocolatées en veux-tu en voilà, le milk-shake chocolat et sa crêpe au chocolat chaud dégoulinant, les œufs de Pâques, les œufs de toute l'année farcis d'une surprise enfantine régressive, les biscuits recouverts d'un succulent glaçage à déguster morceau par morceau, la pâte à tartiner qui ne se mange qu'à la louche, j'en passe et des meilleurs... (NDLR là, j'ajouterais le blanc spéculoos, mon addiction actuelle).

Rien que de l'écrire, j'en bave.  Et je pars de ce pas acquérir un stock de victuailles plus chocolatées les unes que les autres.  Ne m'en veuillez pas, je ne peux plus résister...

Au secours !

 

Accro aux séries télé

Je suis raide dingue des séries télé.  En tous genres.  Raide dingue tout court dites-vous ?  Non, juste un peu ado attardée qui adore se repaître de la vie des autres, vibrer avec eux, aimer avec eux, rire avec eux.

Quand j'étais ado, j'étais folle des séries pour ados (c'est d'une logique implacable). 

Maintenant que j'en suis au stade de "l'adulescence", à savoir que je suis adulte, fraîche, moderne, que je bosse toute ma sacro-sainte semaine pour gagner ma croûte, mais que je suis néanmoins bloquée au stade mental de l'adolescence, je suis folle de toutes les séries, non seulement celle pour ados mais aussi toutes les autres.  Et quand je dis folle, le mot est faible.  C'est une véritable dépendance.  Si je n'ai pas mon quota hebdomadaire télévisuel, je craque, j'entre en crise de manque, je me rue chez le premier revendeur venu pour acheter ma dose (de DVD).

Mon dernier coup de folie en date : Prison Break.  Trois épisodes chaque mercredi.  Le nirvana à coup sûr.  Chaque mercredi, dès l'aube, à l'heure où blanchit la campagne, je me prépare psychologiquement à ce moment de béatitude qui m'attend.  Plus l'heure de diffusion approche, plus je frémis d'impatience.  Mais, ô rage ô désespoir, tout a une fin.  Depuis, je souffre d'un terrible vide dans ma vie, au point de tenter de trouver des bribes d'épisodes sur le net, tel la cigale cherchant de quoi manger une fois la bise venue.

Si une des séries ne passe pas encore à la TV, je squatte chez l'un ou l'autre détenant le sacro saint sésame permettant l'accès aux dernières saisons de mes séries vénérées : le décodeur BeTV.  En cas d'absence, je les soudoie, je les supplie de m'enregistrer les épisodes tant attendus.  Au besoin, j'exerce un chantage crapuleux. 

Je suis diabolique... et séries addict.

 

(Oufti, comme c'est périmé tout ça, Prison Break, saison 1, j'ai l'impression de relire des trucs écrits y'a des années... ah ben oui, écrits y'a des années, c'est le cas.  Ça me fait tout drôle de relire ça, car c'était caché, tapi au fond d'un document word, et je le relis après des années, je le redécouvre...)

 

5
mai

Quand des filles s’organisent…

Et quand je dis « filles », pour une fois, je ne m'inclus pas.  J'ai opté, sur ce coup-là, pour une retraite sécurisée, admirant l'organisation de loin, n'intervenant jamais, à la fois amusée et exaspérée que j'étais...

De mon temps, voyez-vous, quand on devait s'organiser, y'avait que le téléphone.  Et c'était facturé à la minute, donc on s'organisait vite (enfin ça, c'est vite dit, vu le nombre de fois où ma mère a surgi durant une de mes conversations pour me faire des signes furieux ou me dire « héééééé, Anaïs, pas deux heures hein », mais soit, on oublie, on va dire que c'était rapide) :

 

Organisation pour un départ à la capitale, version 1989 :

Début de l'appel, vendredi, 19 h 03

« - allo...

- coucou, on s'organise comment pour demain ?

- oh ben, on part à 16 heures, je passe te prendre ?

- ok, j'avertis les deux autres filles, à demain.

- à demain bisous. »

Fin de l'appel, vendredi, 19h07

Mais en 2010, on a beaucoup plus de moyens de communication, grâce aux mails, aux gsm et aux sms, hormis la ligne fixe, donc s'organiser est bien plus simple, jugez plutôt avec ce tout petit résumé des mails échangés.

(pour garantir l'anonymat des protagonistes, les noms ont bien sûr été supprimés)

 

Organisation pour un départ à la capitale, version 2010 :

Echanges de mails entre Miss 1 et Miss 2, Miss 3 et Miss 4, savoir moi :

Lundi 19 avril 2010, 17h52
Salut les filles,
comment on s'arrange pour samedi ?

(une question simple de Miss 1, concise et claire)


Lun 19 avril 2010, 20 h 43 min 12 s
Re : Coucou
Moi je sais partir vers 16h15 samedi, pas avant...

(une réponse simple de Miss 2, concise et claire)


Vendredi 23 avril 2010, 12h56

Re : Re : Qui prend sa voiture? 

par contre, faudrait se donner rdv en ville, ça sera plus simple

(c'est là que le dialogue de sourds commence vraiment, avec des questions sans réponse... et des réponses sans question)


Fri, 23 Apr 2010 05:59:42 -0700
Re : Re : Re : Moi je sais être à Namur à 16h30, ca vous arrange si on part à cette heure là ?

On ne laisserait pas plutôt les voitures près de chez Anaïs ?

(premier changement d'heure - sous-question en matière de véhicule)


Vendredi 23 avril 2010, 13h21

Re : Re : Re : Re : Coucou,
pour la tuture, la mienne sera au garage ...
 
(intervention unique de Miss 3, qui ne fait pas avancer le schmilblik d'un iota)

Ven 23 avril 2010, 19 h 07 min 23 s
Re : Re : Re : Re : Re : recoucou

N'importe tu habites où toi? on peut se garer chez toi aussi, moi c'est kif

(ne jamais utiliser l'expression « n'importe », elle brouille les pistes)


Vendredi 23 avril 2010, 21h22

Re : Re : Re : Re : Re : Re : Moi, j'habite lààààààà.  on peut se donner rdv chez Anaïs, pas de problème... mais je pense qu'on aurait peut-être tout intérêt à s'attendre en ville.

(et ça continue encore et encore...)

 

Sam 24 avril 2010, 8 h 47 min 27 s

Re : Re : Re : Re : Re : Re : Re : Recoucou,

Et si on partait de lààààààààà plutôt ? ce serait plus simple et au moins suis sûre d'être à l'heure sans les embouteillages.

Ce serait pas mieux ? Et comme ça on est vraiment à l'entrée de l'autoroute.

Si jamais, envoyez-moi sms pour me dire quoi car je ne saurai plus consulter mes mails today,

Ca va si on s'attend à 16h45 - 17h ?

(Re-changement d'heure, et ça se corse, car plus d'accès à boîte mail...)

 

Sam 24 avril 2010, 10 h 23

Re : Re : Re : Re : Re : Re : Re : Re : pour moi, ça va...

(Euh, ça va quoi ? Quoi ?  Quoi ?   Et si on récapépétait tout depuis le début...)

 

Et là, je vous ai passé le détail de tout le reste de l'organisation : qui imprime les papiers nécessaires, les fringues qu'on portera, qui prend un appareil photo / des sparadraps / un CD pour la voiture / un vibromasseur pour passer le temps..., la bouffe qu'on emportera, le temps qu'il fera... oui, bon j'exagère un peu, mais c'est pour que vous compreniez bien quoi, hein, et pour scénariser un peu mieux la scène.

Vous imaginez, si au lieu de les laisser causer à deux, on avait causé par mail à quatre Miss ensemble, ajoutant au passage des objections ou des suggestions aussi diverses que variées...  De quoi écrire un roman en quatre volumes, un par Miss...

A ce moment-là, on n'en est bien sûr encore nulle part, l'heure du départ n'est pas fixée, ni le lieu du départ.  Et plus d'accès aux mails.  Bref, tout ça pour rien...  Alors, on se téléphone...

 

Appels téléphoniques, samedi 24 avril, entre 14h03 et 14h25 :

- premier appel de Miss 3 à Miss 2, pour avoir des détails sur tout ce blabla par mail

- appel de Miss 3 à Miss 4 alias moi, pour répéter la conversation avec Miss 2 et trouver une solution niveau endroit du départ, afin de gagner du temps

- appel de Miss 4 donc moi à Miss 1 pour répéter les deux conversations qui précèdent et proposer la solution envisagée, qui ne convient pas, discussion pour une autre solution

- appel de Miss 4 à Miss 3 pour répéter les trois conversations et proposer la nouvelle solution

- appel de Miss 3 à Miss 2 pour tout répéter et tout proposer

- appel de Miss 3 à Miss 4 pour répéter, bafouiller, pleurnicher, déprimer et confirmer les directives définitives.

 

Et voilà, tout est réglé comme du papier à musique.  Finger in the noze.

 

Mais après tout ça, et si on allait plutôt se coucher, au lieu d'aller au Télévie, c'est épuisant non, toute cette organisation... ou alors, je dis ça je dis rien, si on allait manger des pizzas tomates scampis basilic au Don Antonio ?

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